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Full text of "Annales [du congrès]"

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ANN ALES DE LA 

jf^^^ration Btcb^ologique Si 1}tstotfqae ^e Selgique 



XII- CONGRfiS - MALINES 1897 






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■J*. 



c- 



Federation Archeologique & Historique 

de Belgique 

sous LE HAUT PATRONAGE DE S. M. LE KOI 

^NNALES 'DU XII- 

CongT&s Archeologique 

& HISTORIQUE 

Malines - 1897 

Louis STROOBAMT, Secn^talre gtn^ral 



MALINES 

/,. a ^. GO'DE'K'H.E, Imprimeurs ■ EdileuTS 
a8. Grand' Place, aS 



A*=«-A^^^ 



AUG tt 1920 



fib^ratlon Brcbiologique et titstorique 
&e Xelaique 



STATUTS 



I" La Federation est fondle en vue de cr6er des 
relations 6troites et permanentes entre les Societes qui 
s'occupent, 4 un point de Tue quelconque, de notre 
histoire nationale. 

Son but est de rechercher les meilleures methodes 
4 suivre dans les etudes archeologiques et historiques, 
d'imprimer plus d'unite d. ces etydes, d'interesser la 
gen6ralite aux recherches locales, et de vulgariser les 
r^sultats acquis. 

1° La Federation comprend les Societes adherentes 
appartenant i la Belgique actuelle et aux localites 
ayant fait partie du territoire des dix-sept provinces des 
Pays-Bas et du pays de Li6ge. 

Z" La Federation affirme chaque annee son existence 
par un Congrfes tenu dans une ville beige, sous la direc- 
tion d'une ou dc plusieurs Societes locales adherentes, 
designees dans la derniere Assemblee generale de la 
session precedents 



^'rt^i 






J.?-.'. 



»il' 






— 2 — 

Si la Soci6te designee se trouvait dans Timpossibilite 
de remplir sa mission, elle en aviserait, le plus tot pos- 
sible, le Comit6 du Congr^s precedent, qui s'entendrait 
avec les Soci6t6s adherentes, pour fixer un autre lieu de 
reunion. 

49 Font partie du Congr^s : 

Sans cotisation, un delegu6 de chacune des Societes 
adherentes et les membres du Comite d'organisation. 

Au prix d'une cotisation de cinq francs, les membres 
de toutes les Societes adherentes qui souscrivent par 
rinterm^diaire du bureau de leur Societe. 

Au prix d'une cotisation de dix francs, tous les autres 
souscripteurs. 

5^ Le Congr^s a sa session chaque annee, a une 
epoque a determiner par la Societe organ isatrice. Sa 
duree est de deux a quatre jours. 

6° Les comptes-rendus des seances sont rediges par le 
Secretaire du Congres, assiste du Comite d'organisation ; 
ils peuvent se confondre avec les publications de la 
Societe qui organise le Congres; mais des tires a part, 
destines aux archives des cercles adherents, aux membres 
du Comit6, aux d6legues et aux souscripteurs, sont 
publics dans un format uniforme in-8^, sous le titre 
de : Annates dc la Federation Archiotogique et Historique 
de Belgiqtie. 

7*^ Les presents statuts ne pourront 6tre revises que 
sur la proposition de vingt membres au moins, et dans 
la session qui suivra celle dans laquelle la proposition 
de revision aura etc deposee. 




- 3 



1° La Societe, chargee de la direction du Congres, 
nomme son Comite general d'organisaticn, compose 
d'un President, d'un ou plusieurs Vice-Presidents, d'un 
Secretaire-general et d'un Tresorier. 

2® Le Comite fait les convocations, sollicite les sub- 
sides, assure au Congres des locaux convenables, elabore 
le programme et prend les mesures necessaires a la redac- 
tion du compte-rendu. 

3" Le compte rendu est public au moins un mois avant 
i'ouverture de la session suivante, afin que les interesses 
puissent en prendre connaissance et que les reclamations 
auxquelles il pent donner lieu soient presentees a la 
premiere seance de cette session. 

4° Aprcs que les reclamations ont ete presentees, le 
Comite de la session precedecite remet ses pouvoirs au 
Comite local qui lui succede. 

5^ La seance d'ouverture est consacree a la nomination 
des Presidents, Vice-Presidents et Secretaires des sec- 
tions, apr^s entente prealable du Comite d'organisation 
avec les delegues des Societes adherentes. 

6° Les sections peuvent 6tre au nombre de trois, 
savoir : 

I'' Section : Etude des epoques prehistoriques. 
2* Section : Histoire,Geographiehistorique, Sciences 
populaires. Institutions civiles, religieuses et mi- 
litaires, Glossaires, Traditions, Legendes et 
Superstitions locales. Sagas, Chansons populaires. 
Costumes, etc. 
3* Section : Histoire de Tart, Archeologie, Diplo- 
matique, Epigraphie, Numismatique, Arts in- 
dustriels. 
Les sections peuvent etre reunies ou subdivisees. 



— 4 — 

7*^ Le Congr^s se reunit en seances gfenerales et en 
sections. 

Les stances g6n6rales sont consacrees aux questions 
d'inter^t general, i la lecture des rapports sur les discus- 
sions qui ont eu lieu dans les sections, et au vote sur les 
propositions et voeux 6mis par elles. 

Ainsi arr^te et adopts en stance g^n^rale du Congrds. 

Anvers, les 28-29 septembre i885. 



Le Suritaire dt VAcademU, Le PresidtHt, 

P. Henrard. Edm. Reuskns. 



Le Secrilaire-giiierit! du Congri 
P. G^NARD. 



RfiGLEMENT SPECIAL 



CONGRES DE MALINES 



8-II Aout 1897 

Art. I". — Les presidents des differentes sections regle- 
ront I'ordre du jour de chaque seance. La priorite est 
donnee aux questions figurant au programme arrets par 
le bureau. 

II est tenu, dans chaque section, une liste de presence, 
que les membres sent instamment pries de signer. Cette 
liste est transmise au secretaire-general, avec le proces- 
verbal de la seance. 

Le rapporteur et le secretaire s'entendent pour se par- 
tager la tenue des notes assez completes et d6taill6es, 
pour que les proces-verbaitx, rediges par eux, aussitot que 
possible, puissent etre imprimes dans le volume des 
Ades du Cotigres, sans nouveau remaniement. Ces proces- 
verbaux sont transmis au secretaire-general du Congr^s, 
sans retard. 



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»■.■■ ■ 

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— 6 — 

Le rapport, presente en assemblee generale, pour le 
vote des voeux, peut etre repris par le rapporteur, a fin 
de revision, s'il le desire; mais il doit aussi etre rentre 
avant la fin du mois. 

Art. II. — Les orateurs qui font une communication 
en section, ne peuvent occuper la tribune pendant plus 
de vingt minutes; et ceux qui interviennent dans une 
discussion, pendant plus de dix minutes, a moins d'une 
decision contraire de TAssemblee. La meme personne 
ne peut parler plus de deux fois sur le meme sujct, i 
moins que TAssemblee n'en decide autrement. 

Les membres du Congres qui prennent la parole dans 
une discussion, doivent remettre aussitot, au secretaire de 
TAssemblee, un resume sommaire des observations qu'ils 
ont presentees. Des feuilles imprimees speciales sont 
mises a leur disposition a cette fin, dans toutes les salles 
de reunion. A defaut de ce resume, le proces-verbal du 
secretaire en tient lieu, ou bien la mention de la com- 
munication figure seulc au proces-verbal. 

Art. III. — Aucune proposition, voeu ou amendement 
ne peut etre soumis au vote en section, s*il n'est remis 
par ecrit au president. Toute proposition adoptee est 
signee par le president et le secretaire de la section et 
remise aussitot au secretaire, pour etre jointe a son pro- 
ces-verbal, ou au rapporteur, pour etre lue en Assemblee 
generale, si la section Ta ainsi decide. 

Art. IV\ — Tout membre dcsireux de traitcr une 
question qui ne figure pas au programme du Congres, 
doit la faire connaitre avant la seance, au president de 
sa Section, afin qu'il puisse regler Tordre des discus- 
sions. 

Art. V. — Aucune proposition ni communication ne 
pourra etre presentee en seance generale, sans avoir ete 
prealablemcnt admise par le bureau du Congres, ou 
examinee et appuyee par une Section. 

Tout voeu soumis a la ratification de I'Assemblee gene- 



rale ou toute proposition destinee k lui etre faite, n'est 
propose au vote que sur un texte libelle par ecrit. 

Art. YI. — Les rapports et memoires qui n'ont 
pu etre presentes en seance, a defaut de temps, sont 
remis par les rapporteurs au bureau du Congres. Gelui- 
ci examine s'il y a lieu de les publier dans le compte- 
rendu. . . 

Le bureau se reserve le droit de demander des reduc- 
tions aux auteurs de memoires ou de communications, 
et de decider meme, le cas echeant, que le titre seul en 
figure dans les publications du Congrfes. II decide 
egalement s'il y a lieu de publier les planches jointes auX 
memoires. 

Art. VII. — Aux termes du contrat conclu avec Tim- 
primeur, les frais des corrections modificatives et des 
remaniements sont a charge de la Commission. Les 
auteurs sont done invites a revoir avec soin leur manus- 
crits, afin qu'il n'y ait plus a faire, dans les epreuves, que 
la correction typographique et orthographique. Si les 
auteurs jugent d^autres corrections indispensables, ils 
tacheront de se borner a remplacer les mots supprimes 
par des modifications 6gales en longueur, afin d'eviter 
des remaniements dispendieux dont ils devraient d'ail- 
leurs supporter les frais. 

Art. VIII. — Les membres du Congres regoivent une 
carte d*identite, a leur nom. Cette carte doit etre portee 
d'unc manicrc apparentc, pour donncr acccs aux seances 
et a toutes les reunions, conferences, excursions, fetes, 
etc., auxquelles les membres du Congres sont convies. 
Cette carte, qui est personnelle, ne pent 6tre pret6e, sous 
peine d'annulation immediate. 

Art. IX. — Tous les frais de voyage, excursions et 
banquet, sont a charge des membres du Congres qui 
veulent y souscrire. 

Les membres qui ne feront pas connaitre leur adhesion 
en temps opportun, sont exposes k ne plus pouvoir 6tre 



admis aux excursions, banquet, etc., ou du moins i. ne 
les suivre qu'a leurs risques et perils, sans que le Comite 
leur garantisse, en aucune fa9on, les moyens de trans- 
port, repas, etc. 

Art. X. — Tous les cas non pr6vus dans le present 
r6glement, seront decides par le bureau du Congr^s, 

Ainsi arr6t6 en stance du Comite organisateur, du 
lojuin 1897. 



Le Prisidtui, Le Secreiairt-general, 

Chan. G. VAN CASTER. L. STROOBANT 



HORAIRE DU CONGRES 



S>fmancbe 8 aoAt 

lo heures. — Reunion du Comite organisateur et des 
del^gues des academies, cercles et soci6t6s adherentes, 
au Palais de Justice (Ancien Palais de Marguerite 
d'Autriche). — Entr6e par la rue de rEmpereur. 

Presentation des Candidatures aux fonctions de Pre- 
sidents, Vice-Presidents et Secretaire des sections. 

10 i'2 heures. — Reunion de tous les adherents du 
Congres, au Palais de justice, d'oii ils se rendront en 
corps & rh6tel de ville. 

Reception par I'Administration communale. 

11 hetires. — Stance solennelle d'ouverture au theatre. 
— Remise des pouvoirs du Comite executif de 1896. 

Discours inaugural par M. le Chanoine van Caster, 
President du Congres. 

Designation des bureaux des Sections. 

3 heures (i5 h.). — Visite des monuments : 

Ancienne Maison Echevinale (Vieux Palais), Dep6t 
des Archives, Halles, Musee communal, Palais du 



— 10 — 

Grand Conseil, Maisons anciennes de la Grand' place et 
du Marche-aux-Souliers (i). 

6 heures (i8 h.). — Banquet. 

Les Congressistes desireux d'y assister, sont instam- 
ment pries d*envoyer la formule d'adhesion ci-jointe a 
M. Magnus, rue de la Station, 42, a Malines, avant le 
3i jtiillet. Passe ce d6lai, le Comite ne pourra plus 
garantir de place aux retardataires. 

9 heures (21 h.). — Concert a la Grand' place, donn6 
par le Cercle Mozart. — Illumination. 

XunM 9 aoftt 

9 heures. — Reunion des Sections au Palais de 
Justice. 

II heures. — Visite des monuments : 

Eglise. Metropolitaine et Tour de Saint-Rombaut, 
Chapelle de la Table du Saint-Esprit*(Bureau de Bien- 
faisance), Maison Concordia. 

2 heures (14 h.). — Reunion des Sections au Palais 
de Justice. 

4 1/2 heures (16 1/2 h.). — Visite des monuments : 
Bailies de fer, Ancienne Maison des Archers, Grand- 
Pont, Quai-au-Sel, Quai-aux-Avoines, Maison de la 
Grande Arbalete, Haute Porte, Eglises Notre-Dame au- 
dela dc la Dyle et Notrc-Damc d^Hanswyck. 

8 heures (20 h.). — Audition de musique ancienne, au 
theatre. 

Le programme sera public ultcrieurement. II com- 
prendra Texecution d'oeuvres du XVI™*^ et XVI I"^' si^cle, 
interpretees par des choeurs mixtes et chceurs d'hommes, 
avec le concours de M. Van Waefelghem, de Paris, 



(i) Un Guide dc Malines, comprenant 60 pages de texte, 40 pholotypies 
et un plan de la ville, sera oflfert a tous les membres qui se rendront au 
Congres. 



— II -^ 

et de M. Kefer, de Bruxelles, qui joueront de la viole 
d'amour et du clavecin. 

L'entree du concert sera excliisivement reservee aux 
adherents du Congres. 

ADatM to aout 

9 heures. — Reunion des Sections. 

II heures. — Visite des monuments : 

Ancien Palais de Marguerite d'Autriche (Tribunal), 
Eglise des Saints Pierre et Paul, Ancienne Maison 
Prant (College Saint-Rombaut). 

1. 17 heure (13.17 h.). — Excursion a Lierre. Reunion 
a la gare du chemin de fer, a i h., depart a 1.17 h. (chan- 
gemerit de train i Contich); arrivee a Lierre, k 2.1 h. 
14.1 h.). 

Reception a Thotel de ville. 

Visite des monuments de Lierre : Maison Colibrant, 
Collegiale St-Gommaire, Chapelle St-Pierre, Eglise de 
THermitage, Hotel de ville et Beffroi, Musee communal, 
etc., etc., sous la conduite de M. Mast, echevin. 

Retour a Malines, a 5.18 h. [17.18 h.](changement de 
train a Contich), arrivee a Malines, a 6.18 h. (18.18 h.) 
Une notice sur les monuments de Lierre sera distribute 
aux excursionnistes. Les membres qui dcsirent prendre 
part a Texcursion, sont pries de rcnvoycr Ic bulletin de 
souscription ci-joint, avant le 3i juillet, a M. Magnus, 
rue de la Station, 42, a Malines. Prix de Texcursion 
(2"* classe en chemin de fer) : 2 fr. 

7.30 heures (19. 3o h.) — Concert a la Grand' place, 
offert aux Congressistes, par la musique du 2" Regiment 
d'Artillerie. 

8.30 heures (20.30 h.). — Concert de carillon, avec 
intermedes de choeurs et sonneries de trompettes et de 
cors, executes au haut de la tour. 



— 12 — 

Apr^s le concert, illumination au feu de bengale, em- 
brasement de la tour. 

Le jardin de M. Wittmann, rue A B, est mis i. la 
disposition de MM. les Congressistes etrangers, pour 
Taudition du concert de carillon. Le programme en 
parattra ult6rieurement. 

Aetcte&i 11 aoftt 

9 heures. ' — Reunion des Sections au Palais de 
Justice. 

II heures. — Visite des monuments : 

H6tel Busleyden, Eglise des Saints Jean-Baptiste et 
Evang6liste, Ancien Refuge de Saint-Trond (Cercle 
Militaire), Ancien Refuge de Tongerloo (Gendarmerie), 
Eglise Sainte- Catherine et Eglise du Beguinage (Saint- 
Alexis). 

3 heures (i5 h.). — Assemblee generale de cloture. 

LE comit6 organisateur : 



President, 
Chanoine G. van caster. 

Vice-Prcsidenis : 
Colonel BRUYLANT, 
D-- H. LE BLUS. 



Mcmhres : 



n. CONINCKX, 

H. CORDEMANS, 

E. DE MARNEFFE, 

Chevalier J. du TRIEU de TERDONCK, 

E MAGNUS, 



Secretaire general, 
Louis STROOBANT. 

lydsorier, 
L. VAN DEN BERGH. 



J. ROSIER, 
V. VAN DE WALLE, 
Dr G. VAN DOORSLAER, 
J. WILLEMS. 




DEVELOPPEMENT & CONCLUSIONS 



Questions soumises au Congres 



I" Section : fitubcs pr^bletoriques 



I. — Quelles sont les races qui ont concouru a former 
la population de I'ancien Belgium, et surtout des parties qui 
constituent la Belgique actueile? 

Les premidres races humaines qui ont paru dans 
I'Europe occidentale, ne paraissent pas avoir pu figurer 
parmi les ancetres des Beiges modernes. Les hommes 
des alluvions, anterieurs k la derni^re expansion des 
glaces, ont ete chasses par le renouvellement de ce 
phenomfene. Leurs successeurs, habitants des cavernes, 
ont dil fuir devant un autre phenomdne, egalement 
exclusif de la presence de Thomme, le ddveloppement 
des forfits, qui, pour de longs si^cles, ont envahi 



- 14 - 

TEurope centrale et occidentale, refoulant les habi- 
tants le long des cotes. lis ont pu y vegeter en France, 
mais le littoral beige traversait alors une phase de 
transformations qui le rendait inhabitable et inac- 
cessible du c6te de la mer. 

Les Neolithiques, representes par la petite race bra- 
chycephale brune (Ligures de M. d'Arbois de Jubain- 
ville), sont arrives, en remontant le Rhone, la Saone 
et la Meuse, sur un sol vierge d'habitants, et n'ont 
pu se fixer que sur les points ou Taridite du terrain 
avait maintenu des clairi^res. Leur isolement leur 
a fait conservei" Tindustrie de la pierre pendant une 
grande partie de Page du bronze de France et d'An- 
gleterre. lis n'ont progresse reellement qu'apres avoir 
refu des habitants du Jura, Tindustrie siderurgique, 
due a des populations ouralo-caspiennes (Periode 
d'Hallstatt). 

Les mouvements ethniques qui, i partir du VIII"*' 
si^cle, ont eu leur point de depart vers le Caucase et 
peut-etre plus loin encore, ont amene jusque sur les 
cotes de Gaule, des populations germaniques. Elles 
ont suivi deux routes, Tune m6diterraneenne, Tautre 
baltique, qui cotoyaient la zone forestiere. 

Les nouveaux venus semblent avoir expuls6 ou 
submerge les premiers occupants du pays, et depuis 
lors il }'' a eu, le long du Rhin, une infiltration constante 
de tribus germaines; les Romains Vont suspendue 
pour un temps, mais elle a repris au IV™* siecle, avec 
les Francs. 

Ceux-ci sont du reste les derniers etablis en Bel- 
gique, et les populations etrang^res qui ont eu apr^s 
eux des rapports politiques avec les Flandres, ont plus 
influe sur les mceurs que sur la race. 

(Voir, pour le surplus, le memoire insere dans les 
annales du Congres de Gand). 

F, DE ViLLENOISY, 



~ i5 - 

iments concemanl la prt'sence de rhomme 
le long du littoral Beige. 

lir pass6 successivement en revue les diffe- 
uvertes de silex faites le long du littoral 
;nal6es dans les annales de plusieuis aaso- 
entifiques, I'auteur decrit a son tour deux 
[aites dans les m^mes parages. L'une d'elles 
■e dans des circonstances particuli^rement 
Vyant mis a profit I'exploration d'une coupe 
lecessitfee pour la construction d'un mur 
1888, a Ostende, il a pu recueillir « in 
eau grattoir au sein de la tourbe. 
I de ces interessants objets est done 6tabli 
certaine. 

ensuite les travaux publics par diff6rents 
annals, et relatifs aux trouvailles d'objets 
.es dans les tourbieres du nord de la 
le D' Raeymackers les compare a celles 
les memes couches et sur notre sol. On 
5t, que Belpaire fut un des premiers a 
:tension de cette masse tourbeuse, depuis 
isqu'aux cotes du Danemark. II en arrive 
nuler certaines conclusions, qu'il compte 
dans un mfemoire qui sera pr^sente au 

D' Raeymackers. 

ES sont, en Belgique, les decouvertes relatives 
ites de Hallstatt, marnienne, de la T^ne ? — 
ihumation, a incineration. — Armes, vases, 
ers divers? 

Ed. FOURDRIGNIER. 

inait-on, en dehors des cenochoes, dites 
trouvailles de vases de bronze au type 



- i6- 

historle de ceux de la Hautc-Italie? des ceintures estampces 
d'Haguenan ? des torques creux de la Marne ? 

Ed. Fourdrignier. 

V. — Comment sont ornementes les vases de terre? 

Y a-t-on remarque une forme typique? des traces de 

peintures ? 

Ed. Fourdrignier. 

VI. — Y aurait-il a faire un rapprochement entre les 
noms de Skaldes, des musiciens qui se faisaient entendre a 
la cour du roi de Su^de olaf Skotkonung, et le nom Scaldis 
de TEscaut ? 

L'influence orientale, admise comma classique autre- 
fois, est maintenant assez contest^e. Ses adversaires 
s'appuyent sur de rigoristes observations, c'est pour- 
quoi la classification methodique des d6couvertes 
s'impose, pour etablir Tequite de leurs revendications. 

II faut plus que des faits isol6s. Leur nombre, leur 
localisation, puis les materiaux employes, les procedes 
de fabrication compares a ceux d'autres civilisations 
nettement connues, peuvent seuls offrir des temoi- 
gnages, soit d'importation, soit d'influence ou de 
spontaneite. 

Dans toute la region occidentale de TEurope, si peu 
connue de Tantiquite classique, des Tapparition des 
metaux et surtout celle du fer, les differences fla- 
grantes qui existent entre Tindustrie du nord et celle 
du littoral mediterraneen, certains synchronismes, la 
linguistique et bien d'autres considerations, laissent 
craindre que la chronologic admise pour les epoques 
d'Hallstatt, de la Marne, de la Tene n'aient bientot a 
subir de profondes modifications. 

C'est plus particuli6rement sur cette periode que 
nous desirons attirer I'attention. 



Si les sepultures varices a inhumation, k combustioii 
offrent deji una premiere indication, de bien plus 
precieuses sont fournies par Tetude de leurs mobiliers. 

Depuis longtemps, nous avons ete frappes de Tha- 
bilete technique qu'au commencement du deuxi6me 
millenaire avant notre 6re pratiquaient les Scandi- 
naves dans leurs oeuvres de bronze, ou Tart de la fonte 
domine presqu'exclusivement avec une si remarquable 
perfection. Fait a retenir, la soudure y est tout a fait 
inconnue. 

Cette perfection si surprenante n'a pu arriver a ce 
point qu'apr^s de longs essais, de bien avant T^e de 
la pierre : quand le bronze n'etait encore qu'un metal 
fort recherche. II faudrait done remonter de plusieurs 
siecles pour atteindre Taurore de cette industrie. 

Apr6s la fonte, Tart du martelage ne se manifeste 
que bien longtemps plus loin, tout au plus vers le 
VIP" siecle. Et c'est sans doute de ce moyen industriel 
qu'est advenue Tutilisation du fer, que nous voyons 
apparaitre, en effet, peu apres, se substituant dans les 
objets usuels ^ ceux de bronze, comme lui-m6me avait 
ete substitue i la pierre. 

Cet art du martelage du bronze, suivi de pres par 
Testampage, nous le retrouvons dans tout son eclat 
imagant les situles historiees des vallees du Haut 
Danube, a Tepoque Hallstattienne; dans les cistes a 
cordons de Tltalie, de TAustro-Hongrie, de la Bour- 
gogne et des bords du Rhin. En Alsace, i Haguenau, 
cette industrie se constate sur des plaques, ou la 
zoomorphie fait place au dessin rectiligne, puis aussi 
sur d'autres exemplaires de la Franche-Comte. 

Dans la Champagne, Testampage se revele sur les 
cocardes du casque et les esses du char de la Gorge- 
Meillet, sur Tecusson k trois tetes humaines de Marson, 
et surtout sur les torques creux a dcssins rectilignes, 
imitant des tissus. Mais dans la Marne, nous consta- 



— i8 — 

tons, en m^me temps que ces oeuvres estampees, des 
bronzes coules tr6s abondants, qui sont representes 
par les nombreux bracelets et les torques a boutons, 
ou Tornement en S et a meandres particuliers domine. 

Or, ces sepultures i inhumation au type marnien, 
dont Taire geographique est circonscrite entre la Seine 
et la Marne, remontent les vallees de la Somme et de 
la Meuse, se retrouvent dans le Hainaut, les Ardennes 
et jusqu'a la rive gauche du Rhin, s'etendant done 
bien au-dela vers le nord. 

Nous nous sommes demande si ces deux moyens 
d'ouvrer le bronze, le coulage, puis le martelage, ne 
s'etaient pas propages successivement en descendant 
des regions septentrionales, pour recevoir le choc de la 
culture mediterraneenne, ou alors cette Industrie prit 
tout son essor au contact des populations plus elevees 
de la Haute-Italie et de la Thrace. 

Sans vouloir insister sur les considerations qu'il y 
aurait a retenir sur cet expose, qui demanderait un 
tout autre developpement, rappelons qu'un mouvement 
similaire s'est produit k Tepoque merovingienne, ou 
nous voyons des civilisations du nord venir en contact 
avec Byzance, s'y caracteriser, pour devenir ce que 
nous les retrouvons au moyen age et presque jusqu'aux 
temps modernes. 

Pour Tart de la terre, dont le transport des oeuvres 
est plus difficile, la matiere utilisee, la cuisson plus 
ou moins parfaite, sont a voir : car bien que la terre 
employee par les potiers se trouve presque semblabl e 
partout, au feu elle se teint differemment, puis Tana- 
lyse microscopique de la surface donne bien des in- 
dices sur une importation ou une production locale. 

Les vases de terre sont plus nombreux que les pro- 
duits metalliques ; la conservation de la terre cuite est 
considerable et la facilite du travail permet de repro- 
duire bien plus certains types, Certaines formes, 



^ ig ^ 

Certains ornements localises sont encore de precieux 
revelateurs. 

Ainsi, les vases carenes de laMarne ne se rencontrent 
ni a Hallstatt, ni a la T6ne : ce qui d6ja, dans une 
certaine mesure, pent determiner ces gisements. Nous 
les retrouvons cependant dans la Somme, les Ar- 
dennes, certainement dans le Hainaut et jusque pr6s 
de Bruxelles. 

Voili done une forme caracterisee (jui nous renseigne 
jusqu'ou s'etend le type marnien proprement dit, que 
Ton veut, malgre cette premiere difference, identifier 
avec la T6ne. 

Mais en plus de cette absence de vases carenes, un 
examen serieux revile d'autres observations, qui nous 
amenent k donner aux sepultures de la Marne, une 
anteriorite differente, car la T6ne est presque contem- 
poraine de Toccupation des Gaules. 

Dans un expos6 aussi restreint, bien des questions 
de detail, ayant toutefois leur importance, doivent 
etre delaissees a regret : telles que celle de Tambre, du 
corail, de la pate de verre des perles, de la coloration 
artificielle des poteries, ou persistent parfois les traces 
intentionnelles de dessins. Enfin, pour la metallurgie, 
la question du fer et tout ce qui pent nous en reveler 
Tanalyse chimique. 

Les mensurations anthropologiques ont une place 
toute marquee, dont Timportance dans ce debat est 
trop evidente, pour avoir a insister sur leur yaleur. 

Tous ces problemes, sans esperer qu'ils soient de 
suite completement resolus, peuvent etre singuliere- 
ment elucides par la liste methodique des decouvertes, 
leur pointage sur les cartes et surtout la reproduction 
photographique des objets, ou tout au moins leur 
figuration, bien plus puissante pour en faire ressortir 
rinteret que toute description. 

Le resultat d'une telle enqu6te, rigoureusement 



— 20 — 

menee, peut nous temoigner ce qu'il y a a retenir sur 
r « influence orientale », que revendique avec une 
autorite mena^ante !'« influence septentrionale », ques- 
tion si considerable pour Thistoire de nos origines. 

Edouard Fourdrignier. 

VII. — II a ete trouve recemment, au cimetiere remain, a 
Test de Tongres, une importante sepulture franque, et a 
proximite de celle-ci, plusieurs autres. La grande sepulture 
contenait des vases remarquables, les debris d'une lance et 
un beau baton de commandement. 

A propos de cette trouvaille, on demande quels ont ete 
les chefs ou rois francs de la Thuringie ou Tungrie, ayant 
reside a Tongres, et quels sont les principaux caract^res de 
sepultures franques de la Thuringie. 

Les Francs se sont installes timidement au III""* 
siecle, le long du Demer. 

Sous la conduite de leur chef, ils ont occupe d6fini- 
tivement k Tongres, apr^s Tinvasion des Vandales, 
c'est-a-dire apr^s 406, les fortifications abandonnees 
des Romains, et le chef franc et ses successeurs ont 
occupe, pendant une partie du V"* siecle, a Tongres, 
un Stein, villa ou forteresse qui porte encore leur nom. 

HUYBRIGTS^ 




2r Section : ftistoire 



I. — Quelles sont les coiirs Kodaks ou censales qui ont 
existe dans la ville de Malines et dans son territoire extra- 
muros ? 

Leurs proprietaires primitifs etaient-ils de la race des 
Berthoul? 

< 
Les cours ftodales et censales de Maiines qui ont 
laissfi le plus de traces, sont : 

La Coiir lie Duffel. Le si6ge en etait situc k I'endroit 
ou se trouve actuellement la rue d'Egmont. Elle 6tait 
tenue, en i5ig, de Guillaume II de Merode, seigneur 
de Duffel. 

La Cour dc Cortenback, Marche aux Grains, Un acte 
par lequel fut vendu, en 1648, I'hotel appele actuel- 
lement I'auberge Frankfort, dit que cet immeuble 6tait 
tenu en fief du seigneur de Cortenbach. 

II est certain que ces deux cours provenaient des 
Berthout, dont les families de Merode et de Corten- 
bach etaient issues. 



— 22 — 

La Cotir de Milscn, dont la denomination existe en- 
core. II conste du livre censal de 1438, qu'elle appar- 
tenait alors a Jean d'Oyenbrugge. Ce livre renseigne 
comme mouvant de cette cour, des cens hypotheques 
sur plusieurs maisons des rues Haute, Notre-Dame, 
Hanswyck et de Bruxelles. 

La Coiir d'Aa. On n'en connait Texistence que par 
la vente de Thotel de Gottignies, en 1647 (actuellemcnt 
proprietc de M. Jules Wittmann, fils), qui la renseigne 
censive du seigneur van der Aa. 

Cette famille tres ancienne a Malines poss6dait un 
hotel rue du Bruel (les n"*' 55-57 actuels), probablement 
siege de cette cour feodale. 

La Cour de Bautershem, au sud de la ville, et la Cour 
de Hooybergen au nord. 

Son registre de i564 a 17 19, mentionne des cens sur 
differentes maisons des rues des Beguines, des Draps, 
de Beffer, etc., et sur des terres dans la partie extra- 
muros. 

Les chateaux de Bautershem et dc Hooybergen, ou 
Blauwensteen, ont ete demolis au commencement de ce 
sifecle. 

Le bicn de Bautershem est actuellement possede 
par la D'* Gilles de s'Gravenwezel, nee de Broeck- 
hoven de Bergeyck, et celui de Hooybergen, par le 
vicomte Helman de Grimberghe, baron de Wille- 
broeck. 

La Cour de Beffer, qui finit par etre etablie a Tinte- 
rieur de la ville, n'y exer^ait aucune juridiction. 

Elle etait chef-banc du Pays de Malines, mais 
absolument etrangere a la ville et a la seigneurie de 
ce nom. 

Ad. Reydams. 



— 23 — 

II. — Quelles sont les plus anciennes monnaies frappees 

a Malines ? 

L. Van den Bergh. 

III. — Faire connaitre les medecins Malinois et leurs 
ecrits, et ^tablir par leur biographic et une bibliographie rai- 
sonn^e, la part qu'ils ont prise dans le progres des sciences 
medicales. 

L'histoire generale do la medecine beige reste en- 
core cL faire. Elle comprend deux parties : Tune est 
rhistoire materielle, qui s'occupe des homnies, des 
dates, de la chronologie m6dicale; Tautre est Thistoire 
philosophique, qui s'attache aux systfemes et apprecie 
leur influence.. 

L'on n'y parviendra qu'en rassemblant les diverses 
histoires medicales locales. 

Afin d'atteindre ce but, il serait desirable que chaque 
ville trouvat son historien. Deja les docteurs Broeckx, 
De Meyer, De Mersseman, Burggraeve, Van Meer- 
beeck, D'Avoine et autres, ont apporte leur pierre a 
Tedifice. 

Tout archeologue peut collaborer a la partie mate- 
rielle de ce travail, en adressant aux societes archeolo- 
giques locales, les notes medicales eparses, recueillies 
pendant ses recherches. 

II serait egalement utile de publier, comme cela 
s'est fait pour Tuniversite de Cologne, les registres 
d'inscriptions de Tancienne universite de Louvain. 

D' G. Van Doorslaer. 

IV. — Bibliographie Malinoise. — Origine de Timprime- 
rie a Malines. 

H. CORDEMANS. 



— 24 — 

V. — Le peintre.Frans Hals est-il originaire de Ma- 
lines? 

. Aucun document officiel n'etablit le lieu de nais- 
sance de Frans Hals. 

Diff6rents actes de naissance de ses enfants, k Haar- 
lem, disent que F. Hals 6tait d'Anvers, sans specifier 
qu'il y etait n6. 

D'autre part, les biographes anciens disent que 
F. Hals est un geboren maaftbhcsscher, sobriquet donne 
aux Malinois. 

La destruction d'une grande partie des registres 
paroissiaux de Malines n'a pas permis de rechercher si 
reellement Hals est originaire de Malines. 

Nous avons, 4 Taide des actes scabinaux, dresse 
une genealogie des Hals de Malines, et nous Pavons 
rapprochee de la genealogie du peintre Frans 
Hals. 

II resulte de Tetude comparative de ces deux docu- 
ments : 

1" Que le premier fragment genealogique s'arrete 
la ou le second commence ; 

2^ Que le nom de Hals disparait des registres scabi- 
naux de Malines, vers Tepoque de la naissance de 
Frans ; 

30 Que la similitude des prenoms et d'autres details 
permettent d'etablir que le second fragment est bien 
la continuation du premier ; 

4° Que Frans Hals est peut-6tre ne accidentellement 
dans une autre ville (comme Rubens est ne ^ Cologne), 
mais que Taffirmation des anciens biographes lui don- 
nant une origine malinoise, doit etre admise comme 
exacte. 



— 25 — 

D'ailleurs, la tradition veut que la famille Hals, ainsi 
que beaucoup d'autres families malinoises, a emigre 
dans la secondc moitie du XVI™^ si6cle, a cause des 
troubles. 

L. Stroobant. 

VI. — Quelle est Torigine des Grimberghe et des Bert- 
hout, c^ui en sent issus, et quelle etait leur condition sociale 
et politique? 

J.-Th, de Ri\ADT et E. DE Marneffe. 

VII. — La situation des peuples qui habitaient la Bel- 
gique, a Tarrivee de Cesar, correspond beaucoup plus 
exactement qu'on ne le suppose generalement aujour- 
d'hui, avec les divisions ecclesiastiques de notre pays au 
moyen ige. 

La situation des peuples qui habitaient la Bel- 
gique, a Tarrivee de Cesar, correspond beaucoup plus 
exactement qu'on ne le suppose generalement, aux 
divisions ecclesiastiques de notre pays au moyen 
age. 

A Tepoque de la creation de nos eveches, les Morins 
habitaient le territoire de Tev^che de Th6rouanne, les 
Atr6bates celui d'Arras, les Menapiens celui de Tour- 
nai, les Nerviens celui de Cambrai, les Taxandrcs et 
Tongrois celui de Maestricht-Tongres-I^iege, les Tre- 
vires celui de Treves, les Bataves et Prisons celui 
d'Utrecht, les Gugernes, Ubiens et Sicambres celui de 
Cologne, etc. 

A Tarrivee de Cesar, ce tableau de repartition 
etait sensiblement le meme, sauf que : 

1° Le territoire des Taxandres et Tongrois etait 



— 26 — 

occup6 par les Aduatiques et les Eburons, ceux-ci 
s'etendant jusqu'au Rhin; 

2^ Que les Menapiens habitaient, outre le terri- 
toire du diocese posterieur de Tournai, la Flandre 
Zelandaise et les iles de la Zelande, jusqu'au-delA 
du Rhin. 

N. B. On est prie de ne pas confondre les eveches 
du moyen age avec ceux crees depuis i56o, et de bicn 
se penetrer de leur etendue et de leurs limites. 

Jules Frederichs. 

VIII. — La question des avoueries en Belgique, mise au 

concours par T Academic Royale, en 1834, a laquelle repon- 

dit M. le baron de Saint-Genois, par un memoire couronnc, 

public apres remaniement, en 1837, a-t-elle fait quelque pro- 

gres depuis cette epoque? On cite bien un discours de 

M. De Mol, a Saint-Trond, en 1856; peut-etre existe-t-il 

d'autres travaux. Ne serait-il pas utile de reprendre cette 

question ? 

A. Delvigne. 

IX. — Peut-on formuler certaines regies en vue de I'ex- 
plication etymologique des noms de lieux.^ 

E. DE Marneffe. 

X. — Comment faut-il publier les textes anciens ? 

E. DE Marneffe. 

XL — Quels sont les plus anciens sceaux armories en 

Europe? 

J.-Th. de Raadt. 

XII. — Rectification des armoiries communales inexactes. 

J.-Th. de Raadt. 



— 27 — 

XIII. — II est desirable que dans tous les etablissements 
d'enseignement moyen, les cours d'histoire et de gtogra- 
phie soient confi^s a des specialistes possedant le diplome 
de docteur en philosophie et lettres. 

A. Cauchie. 

XIV. — Quel role les chapitres ecclesiastiques ont-ils 
exerce dans les Pays-Bas sur Torganisation de I'enseigne- 
ment? 

Un capitulaire adresse en 787, par Tempereur Char- 
lemagne k Baugulf, abb6 de Fulde, a tous les ev^ques 
et a tous les monasteres, ordonne Tinstitution d'ecol4- 
tres capables pr6s des cath6drales et des monasteres. 
Des chapitres, composes de pr6tres, avaient ete fondes 
en bon nombre dans les provinces beiges. La plupart 
organis^rent des ecoles publiques, sous la direction de 
Tecolatre. 

L'action de ces chapitres sur Torganisation de Ten- 
seignement ne se limita pas i la localite ou ils sie- 
geaient. On demande de signaler les documents qui 
determinent la mesure dans laquelle les chapitres 
travaill6rent en Belgique a etendre Tinstruction en " 
dehors du si^ge de leur etablissement. 

Ernest Matthieu. 

XV. — Sur les emprunts faits par les villes de la province 

de Flandre, de 1550 a 1665, pour subvenir aux frais de la 

guerre. 

C" G. DE Hauteclocque. 

XVI. — Quelle est Torigine du conseil des finances des 

anciens Pays-Bas? 

EuG. Lameere. 



— 28 — 

XVII. — De ia publication sur fiches de la Bibliographic 
courante de I'histoire de Belgique. 

EuG. Lameere. 

XVIII. — De I'institution de cours populaires et locaux 
d'histoire et d'arch^ologie de Belgique. 

EuG. Lameere. 



3"« Section : flrcb^oloflic 



I. — De la publication par fiches des inventaires arch^o- 
logiques. 

II est superflu de rappelev combien de fois on a 
reclame la publication d'inventaires des oeuvres d'art 
contenues dans nos collections publiques et particu- 
]i6res. L'utilit6 du but n'6chappe A personne, mais tout 
le monde aussi se rend compte des difficultes nom- 
breuses inherentes it la redaction et A la publication 
d'un catalogue gen6ral et detaiil6, de toutes les ri- 
chesses que le passe nous a logu6es dans les differentes 
branches de I'art. 

Difficiillis de la redaction. — Personne ne poss6de des 
connaissances assez encyclopediques pour assumer la 
responsabilitd d'un pareil travail. II faut done dvidem- 
ment recourir a la cooperation des specialistes, et c'est 
ici qu'apparait nettement I'utiliti des soci6t6s d'ar- 
ch6o logic. 

Di^ulUde la publication. — Cet obstacle est peut-6tre 
plus important encore. A raison de I'etendue du sujet, 
des mois, des ann6es s'dcouleront avant que toutes les 
notices soient redig^es et classics dans un ordre m6- 
hodique. Un tel inventaire exige, en effet, que toutes 



-3o - 

ses parties soient non seulement k pied d'oeuvre, mais 
completement achevees, avant d'6tre livrees a Timpri- 
meur. Au bout de peu de temps, I'activite des collabo- 
rateurs se ralentit; les notices dorment dans un carton, 
sans utility pour persohne. Pour y remedier, je pro- 
pose de publier les catalogues sous forme de fiches 
libres, independantes. Chaque fiche est consacr6e a 
un objet, dont elle donne un croquis, accompagn6 d'un 
texte redige par un homme competent en la mati^re 
speciale dont il s'agit; les fiches sont sign6es et datees, 
ce qui leur confere une valeur propre et determinee. 
La fiche, dont Tutilit^ n'est contestee par aucun tra- 
vailleur, a des avantages immenses. Grace a elle, on 
pent commencer tout de suite k iniprimer. Le classe- 
ment se fait au grc de chacun et non plus suivant 
un plan uniforme, qui peut 6tre excellent, mais qui 
ne repond jamais aux exigences de tous les specia- 
listes. 

Si de nouvelles decouvertes viennent infirmer les 
assertions d'une description, inutile de le mentionner 
dans des errata que personne ne lit. On reimprime la 
fiche et on supprime Tancienne. Le texte doit 6tre 
concis et clair, et indiquer avec soin la bibliographie 
du sujet. 

Voir, comme specimen, les deux premieres livraisons 
de VInvefttaire archiologiqiie, public sur le plan propos6 
par M. A. Heins et moi, par la Societe d'histoire et 
d'archeologie de Gand. 

Paul Bergmans. 

II. — A quelle epoque la fl^che a renflements apparait- 
elle dans les mouvements de Tarchitecture des Pays-Bas ? 

Quel a ^te le rdle des architecles malinois dans sa propa- 
gation ? 

La fl6che k renflements ou fl^che bulbeuse date des 



r 



— 3r — 

derniers temps de Tart ogival et a etd adoptee ensuite 
par les constructeurs de la Renaissance. Les Kelder- 
mans en ont ete les plus grands propagateurs; on en 
trouve dans beaucoup d'edifices batis par eux. Examen 
detaille de chaque exemple. 

Paul Saintenoy. 

III. — Le fac-simil<^ du plan, public en 1843, P^^ ^' Cha- 
lon, comme etant celui de Sainte-Waudru a Mens, n'est-il 
pas plutot celui de la tour de Saint-Rombaut a Malines? 

Pourrait-ori achever notre tour d'apr^s ce plan? 

Dans la reponse a la premiere question, nous pro- 
cedons par comparaison. Le plan vise reproduit pres- 
que fidfelement tout ce qui existe de la tour malinoise. 
La tour Ste-Waudru, au contraire, a avec lui une dis- 
semblance indeniable et notez qu'elle devait s'accentuer 
a mesure que la tour montoise serait arrivee a une 
plus grande elevation : le contre-fort du milieu faisant 
defaut. 

Nous nous appuyons d'autre part sur des extraits 
des registres de la fabrique d'eglise de Ste-Waudru, qui 
donnent clairement les demarches faites a Malines 
pour obtenir le plan de la tour malinoise. 

Nous finissons par dire qu'il est parti de chez nous 
et que plusieurs siecles apres, une erreur d'archeologue 
Ta affuble d'un nom erronne. 

Pourrait-on achever la tour? Nous repondons affir- 
mativement. Nous examinons le sol et les fondations, 
nous calculons la pe^anteur actuelle, le poids de la 
fl^che absente, et nous disons que,compte fait de tout 
ce qui pourrait infirmer la stabilite du monument, le 
sol travaillerait avec un coefficient de securite suffisant. 
Nous appuyons nos donnees sur des exemples. 

Ph. Van Boxmeer, 



-32 - 

IV. — Examiner la gravure de la tour de Saint-Rombaut 
a Malines, faite par Wenceslos Hollar, en 1649, et reproduite 
dans Touvrage Brabantia, et la publication de Renier Chalon, 
sous le litre de fac-simile du plan original de la tour de 
Sainte-Waudru a Mons; comparer c^s dessins aux deux 
tours et celles-ci entre elles. 

J. Hubert. 

V. — Quelles considerations devraient presider a la res- 
tauration des Halles et du Palais du Grand Conseil, a 
Malines ? 

Dans la restauration des antiques monuments en 
question, 11 est de necessite primordiale de conserver 
rintegrite de la conception premiere a chacun d'eux : 
le Palais du Grand Conseil et les Halles. On ne pour- 
rait faire disparaitre Tun pour completer Tautre, ni 
faire subir a Tun ou a Tautre une transformation afin 
d'obtenir une note harmonique quelconque, etrang^re 
a cet accouplement essentiellement heterogene. 

Plusieurs projets mis en avant jadis, pechaient par 
la. 

Une seconde consideration, d'un ordre non settle- 
ment archeologique mais encore economique, doit 
nous guider dans la restauration. II faut que le monu- 
ment regoive une destination, et celle-ci doit bien s'ac- 
commoder de Tordonnance des batiments; les facades 
restaur6es doivent servir de physionomie 4 des salles 
dont ils reflfetent plus ou moins Tusage. C'est ainsi que 
derriere les lourds barreaux de fenetres opaques, on 
ne pourrait trouver, par des stratag^mes quelconques, 
des appartements inondes d'un soleil d6tourn6. II ne 
s'agit 6videmment pas de ressusciter le Grand Conseil 
et ses membres 6minents, ni nos vieux marchands de 
drap ; mais le mdme esprit de gravite ou de suprema- 



— 33 -^ 

tie, de negoce ou de civisme, devrait respectivcment 
occuper ces lieux. 

Le monument restaure devrait avoir une enseigne 
vraie, sinon, contentons-nous de le preserver des ou- 
trages du temps. Ces murs ronges, dans leur saveur 
antique, au moins ne mentiront pas : ils diront loyale- 
ment a la post6rite dans quel but et par quels* genies 
ils virent le jour. 

Ph. Van Boxmeer. 

VI. — Quel est I'auteur des fresques qui decorent une 
dts salles de Thotel Busleyden, a Malines? 

Les fresques de Thotel Busleyden furent executees 
pour Jerome, seigneur de ce nom, entre les annees 
i5o5 et iSiy. Leur auteur est inconnu. Certains indices 
permettent de les attribuer a Mabiise. Le docteur 
Gurlitt, en decrivant les fresques de Tancien cloitre 
du « Paulinum kloster », a Leipzig, signale qu'une 
partie de celles-ci fut peinte par un certain Hans, alors 
au service du prince electeur Frederic.* Ce prince 
voyaga dans les Pays-Bas, en compagniede son peintre, 
et il passu par Malines, ou il laissa qitelqiics tableaux de la 
main de Hans. Le docteur Gurlitt presume que ce 
peintre n'est autre que Jean de Mabuse. 

N'y a-t-il pas une correlation entre ce voyage et 
Texecution des fresques de Busle3^den ? 

Hyac. Coninckx. 

VII. — Que connait-on de Tancienne Industrie Malinoise 
si renommee, de la fonderie des cloches, clochettes, carillons, 
sonnettes, mortiers et pieces d'artillerie ? 

C" DE Marsy, 



- 34- 

VIII. — Mesures a conseiller pour la conservation des 
dentelles. 

Les dentelles anciennes m^ritent d'etre bien entre- 
tenues, puisque leur valour augmenteen raison de leur 
conservation, non seulement pour leur beautc, leur 
raret6, mais aussi parce qu'elles sont travaillees en fil 
de lin, tandis que les modernes se travaillent en fil de 
coton. 

II faut done observer toutes les conditions ncces- 
saires a cet entretien, soit : 

les tenir en lieu sec; 

en oter tout appret ; 

eviter le blanchissage ; mais lorsqu'il est indispen- 
sable, le faire a Teau de pluie et au savon blanc; pas 
amidonner, ni appreter avec n'importe quel ingre- 
dient; 

ne jamais repasser au fer, mais epingler les dentelles 
sur un tambour, en relever et en glacer les fleurs, au 
moyen de petits outils en os ou en ivoire ; 

dans les 6coles et dans les communautes religieuses, 
donner un cours relatif a la connaissance et a Tentre- 
tien des dentelles; jadis c'etait un bon metier, et les 
femmes faisaient artistement le blanchissage et la re- 
paration des dentelles. 

Dans les villes principales, il y a encore des ateliers; 
mais le travail degenere au contact de toutes les den- 
telles de pacotille dont on fait usage aujourd'hui. 

Utiliser les vieux d6bris de dentelles precieuses hors 
d'usage, pour en reconstituer des specimens. 

Dans les inventaires des tresors d'eglises, de mu- 
sses, etc., etc., marquer en coton rouge les n°* sur les 
dentelles, afin d'eviter les erieurs, rcnseigner au n^* 
correspondant la provenance, la valcur, etc., afm 
d'aider les gardiens a reconnaitre le beau, le vrai, du 
faux I M'"* Daimeries. 



— 35 



^ 



IX. — Quelks sont les regies a suivre dans la polychro- 
mie dcs eglises, surtout au point de vue esthetique? 

La polychromie des 6glises a deja fait Tobjet de bien 
des debats. EUe a notamment ete discutee pendant 
plusieurs annees dans les divers congres de la Federa- 
tion archeologique et historique de Belgique; et des 
1889, le congres d'Anvers-Middelbourg adopta les deux 
voeux suivants : 

« i*^ La polychromie est Tach^vement desirable des 
edifices; neanmoins, la sage application de la polychro- 
mie aux monuments anciens qui lie conservent plus de 
traces suffisantes d'une polychromie anterieure, etant 
d'une tr^s grande difficulte, il n'y a lieu de la decider 
qu'avec une tres grande circonspection. 

» 2^ Le congres emet le voeu que le gouvernement 
veille non seulement a la conservation des restes des pein- 
tures murales decouvertes dans les anciennes eglises, 
mais qu'il prenne la genereuse initiative de restaurer 
celles qui offrent pour Tart un veritable inter^t. » 

Cette m6me question de la polychromie a fait aussi 
Tobjet d'un remarquable rapport de M. Jules Helbig, 
de Li6ge, k la section d'art de Tassemblee generale des 
catholiques, tenuei Malines, le 8 septembre 1891. 

Tout en maintenant les vceux precedemment adop- 
tes par la Federation, ne pourrait-on y ajouter certaines 
prescriptions generales dont il y aurait lieu de tenir 
compte, surtout dans la restauration des monuments 
anciens? En fait de regies materielles, M. Joseph Neve, 
dans sa brochure intitulee : « Quelques remarques a 
proposde la restauration des monuments d'art ancien», 
propose les suivantes : que toiUe restauration de peinture 
primitive doit d'abord etre precedce d'lin live exact et complet 
dcs parties anciennes et ensuite dc la production d'lme 
esquisse delaillee de tout le projet de restitution. 

Au point de vue esthetique, n'y aurait-il pas lieu de 



- 36 — 

prescrire des conseils semblables et d'emettre les con- 
clusions suivantes : 

I** Dans les edifices oil tine coloration natiirellc petit etrc 
tiree de I'effet prodttit par les materiaitx eux-memes, par les 
picrres, les marbres, les briqnes, il est desirable qiCaucnn 
autre travail de decoration pict urate n'intervienne. 

2^ Tout travail de peinture on de decoration polychrome 
doit etfe en harmonie parfaite avcc I'cemre architect urate, 
tant au poi?tt de vue du systeme de coloration que du style 
du monument. G. Zech-Du Biez. 

X. — Dans une eglise gothique ou romane, ayant un 
mobilier renaissance, faut-il, en cas de restauration, rempla- 
cer ce mobilier par un avtre, conforme au style de TSdiiice, 
ou bien faut-il restaurer Tancien? 

Cette question, comme la preccdente, faisait partie 
du programme soumis aux deliberations du congres 
de Gand. Le temps fit defaut pour en aborder la dis- 
cussion. 

Dans rintervalle des deux congres de Gand et de 
Malines, M. le chanoine Van den Gheyn Ta traitee 
dans une des seances du Cercle historiqueetarcheolo- 
gique de Gand, et son rapport a ete insure dans le 
bulletin de ce Cercle. 

Peut-etre le congres de Malines ferait-il oeuvre utile 
en reproduisant ce travail parmi scs documents. 

Je suis d'accord sur plusieurs points avec M. le 
chanoine Van den Gheyn, sur d'autres, je ne partage 
pas son opinion. 

Diff6rentes hypotheses peuvent se presenter. 

Si, dans Teglise qu'il s'agit de restaurer, le mobilier 
a une reelle valeur aitislique, il est a desirer qu'il soit 
conserve. 

S'il est depourvu de tout caractere d*art, si surtout il 
est mediocre, le meilleur parti k prendre est de se debar- 



-37- 

rasser du tout de la fafon la plus avantageuse et de le 
remplacer par un mobilier du meme style que Tedifice. 

D'autres conditions sont possibles : entre autres, 
supposons une eglise romane poss6dant un maitre- 
autel renaissance avec retable k sculptures et sujets 
d'une r6elle beaut6 et vraiment remarquable. II faut 
necessairement le conserver; mais comment faut-il Ten- 
cadrer? Les stalles sont en mauvais etat, la cloture du 
choeur est deplorable, Parce que le maitre-autel est en 
renaissance, doit-il commander au reste et faut-il que 
les autres meubles soient en renaissance, ou bien faut- 
il adopter le style roman pour les autres parties du 
mobilier? 

II y a certes encore bien d'autres cas qui peuvent 
surgir, mais voila entre autres un point que je laisse 
aux discussions du congr^s le soin d'eclaircir. 

G. Zech-Du Biez. 

XL — Quel est le meilleur systeme a suivre pour la 
reparation des eglises et autres monuments anciens; par 
exemple, pour retablir Tinterieur d'une eglise romane ou 
gothique dans son etat primitif, doit-on faire disparaitre 
tout ce que les siecles y ont accumule? 

L'auteur de la XI"' question estime qu'il y a lieu de 

ne pas faire disparaitre tout ce que les siecles ont 

accumule dans Tinterieur d'une efjlise, dont on fait la 

reslauration ; et au lieu dc reduire I'interiour de Teglise 

a la nudite de son etat primitif, consen'cr tout cc qui a 

unc valeur artistique ou historique. 

Ch. Casati, 

DeUgue officUl du Gouverucnient brau^ais. 

XII. — Recherches et etude de quelques peintures de 
Van der Weyden, en France. 

II existe t Abbeville, dans une maison particuli6re, 



— 38 — 

plusieurs panneaux peints, au nombre de sept (autre- 
fois huit), qui par leurs sujets et par la maniere, 
surtout, dont ils ont ete traites, appartiennent, a n'en 
pas douter, a TEcole flamande primitive de la secoude 
periode. 

Ces panneaux, au nombre de quatre, mais peints de 
chaque cote, ont ete rayes en deux dans leur epaisseur; 
trois representent la Cene, I'Ascefision et la Pentecote, 
le quatrieme representait, dit-on, la Passion, il a dis- 
paru; les quatre autres representent les figures en 
pied, ou bien i peu pr^s de grandeur naturelle, la 
Vicrge, S. Jean, S. Stiigner, 6veque de Lincoln, et 
5. Honore. 

lis proviennent, d'une maniere certaine, d'apr^s des 
documents irrecusablesqui seront fournis, de Tancienne 
Chartreuse qui existait au faubourg de Thuison-lez- 
Abbeville, et a qui ils ont ete donnes, selon toute 
vraisemblance, par Philippe-le-Bon, due de Bour-' 
gogne. 

Ces panneaux, d'une execution fort remarquable, 
paraissent se rattacher, sinon a I'ecole de Van Eyck, 
au moins et d'une maniere plus vraisembable, a leur 
disciple Van der Weyden. 

Cette assertion s'appuie sur la comparaison avec les 
peintures du meme maitre, qui se trouvent a Berlin 
et dans plusieurs villes de la Belgique, et particuliere- 
mcnt avec celles qui existent en France, au Musce du 
Louvre et a Thopital de Beaune. 

C'cst cette etude comparatrice que Tauteur se pro- 
pose de presenter dans Tetude indiquee. 

Em. D6lignieres. 

XIII. — L'abeille au point de vue de rarchcologie et du 
folklore. 

]. jyiS. SOIGNIES. 



XIV. — Communication de M. le comte G. dk Hautk- 
CLOCQUE, a propos d'un tableau, provenant de Malines, qui 
se trouve actuellement a h cathedrale d'Arras. 

XV. — CommuniL-ation de M. Hildebrand, delegue offi- 
ciei du gouvernement Suedois, au sujet d'un retable flamand 
acquis rtkremment pour le mustJe de Stockholm. 



NOTICE 



la Ville & les Monuments de Lierre 




N'histoire de Lierre et de ses monuments reli- 
gieux les plus anciens se lie intimement, pour 
les premiers temps, i. celle de saint Gommaire, 
► a qui la ville doit sa naissance et pour lequel 
ses habitants professent encore aujourd'hui la plus pro- 
fonde veneration. 

C'est i la vie de ce saint, 6crite par le moine Theobald, 
qui vecut au XIl' si^cle et d^dia son ceuvre ^ Siger, pre- 
mier prevot du Chapitre, que nous devons la connais- 
sance d'un grand nombre de particularites concernant 
rorigine et les premiers accroissements de notre ville. 

Le traite de Meersen, conclu en 870 et partageant le 
royaume de Lotharingie entre Charles le Chauve et son 
frere Louis le Germanique, est le premier acte public oil 
il est fait mention de notre ville, appelee alors encore 
Ledi. 

II serait difficile de preciser I'epoque A laquelle elle 



— 42 — 

obtint ses plus anciennes franchises, confirmees, pour la 
premiere fois, en 1174, par Godefroid III, due de Bra- 
bant. Henri P*', fils de Godefroid, eleva Lierre, vingt ans 
plus tard, au rang de ville et lui octroya, ainsi que ses 
successeurs, de nombreux et importants privileges. Des 
ce moment, Lierre acquit une importance d'autant plus 
grande qu'elle devint une residence de predilection pour 
les premiers dues de Brabant. Ces princes y avaient hors 
des murs, une maison de chasse, et dans Tenceinte de la 
ville, un palais, ou ils firent de longs et frequents sejours. 
L'acte par lequel H^nri II confirme la donation, faite par 
Wautier Berthout, a Teglise Notre-Dame de Leliendaal, 
a Malines, est date du palais de Lierre : Actum apzid 
Lyrafn in domo mea 1242. 

Butkens rapporte que le due Jean P', gravement blesse 
dans un Journoi, le septanti^me auquel il avait assiste, se 
fit transporter a Lierre, endroit repute pour sa salubrite, 
et y refut la visite de Gui de Dampierre, comte de 
Flandre, qui vint Tentretenir au sujet du mariage de sa 
iille avec le fils du roi d'Angleterre. 

C'est particulierement sous le regne d'Antoine, due de 
Bourgogne, a qui echut la souverainete du Brabant, 
en 1405, que notre ville atteignit un haut degre de pros- 
perite. Le due Antoine resida souvent a Lierre, pour y 
profiter du bon air. En 141 1, il y vint, accompagn6 de sa 
femme Elisabeth, fille de Jean de Luxembourg, et cinq 
fois, de 1407 a 141 5, il y rcunit les Etats-Generaux du 
Brabant, De leur cote les Lierrois se montrerent tou- 
jours prets a seconder le due chaque fois qu*il fit appel 
a leur devouement. 

Antoine de Bourgogne trouva la mort a la bataille 
d'Azincourt, au mois d'octobre 1415. Trois ans apres, 
son fils Jean IV fit sa joyeuse entree a Lierre, et t6moi- 
gna pour notre ville les m6mes bonnes dispositions que 
son pere. A son exemple, il y convoqua plusieurs lois 
les Etats du Brabant et confirma, en 1426, la derni^re 



^ 



-43- 

fois qu'on le vit ^ Lierre, tous les droits et franchises de 
la ville. Quelques annees plus tard, le palais des dues de 
Brabant fut ced6, comme refuge, 4 Tabbaye de Saint- 
Bernard. II fut remplacd par une construction nouvelle 
a laquelle se rattache un grand 6venement historique : 
c'est la que, le 20 octobre 1496, T^veque de Cambrai, 
Henri de Bei^hes, b6nit le mariage de Philippe-le- 
Beau et de Jeanne de Castille, deuxi^me fiUe du roi 
d'Espagne. 

Deji au XII P si^cle, sous Tegide des libert6s obtenues, 
on vit se fixer a Lierre differentes industries en meme 
temps que plusieurs etablissements religieux et chari- 
tables. De cette 6poque datent le B6guinage, un des 
trois plus anciens du Brabant; la cel^bre abbaye de 
Nazareth, incendiee en 1576, reconstruite en 1610 et 
vendue comme bien national, en 1797; quatre des prin- 
cipaux hospices et Thdpital Sainte-Elisabeth, qui prit 
naissance en ii3o et fut transf6re, en I236, dans Ten- 
ceinte de la ville, a la suite d'un incendie qui Tavait 
detruit de fond en comble. Les bcttiments de Thopital, 
souvent modifies et aujourd'hui convertis en etablisse- 
ments scolaires, n'offraient dans leur ensemble plus rien 
de bien remarquable; quelques salles pourtant avaient 
conserve intacte leur ordonnance primitive et renfer- 
maient un mobilier de nature a interesser vivement les 
archeologues. Plusieurs de ces meubles et notamment 
deux anciens vitraux a medai lions, magnifiques speci- 
mens de la meilleure epoque de la peinture sur verre, 
ont ete cedes a TEtat et sont alles enrichir le musee de 
la Porte de Hal a Bruxelles. D'autres objets interessants, 
tels que des panneaux de portes sculptees, des chassis 
et des volets de fen^tres garnis de belles ferrures, des 
carreaux en terre cuite de differentes couleurs, une grille 
dormante k oeils pratiques alternativement dans les mon- 
tants et les traverses, etc., etc., se conservent a la maison 
de ville et attirent Tattention des connaisseurs. 



— 44 — 

Cest surtout au XV* si^cle, apres que la ville se fut 
etendue par retablissement d'une seconde enceinte em- 
brassant un espace i peu pr6s double de celui circonscrit 
par les murs primitifs, alors que Tindustrie des draps, 
largement proteg6e par nos souverains, 6tait la plus flo- 
rissante, que Lierre se developpa rapidement. D'apr^s 
un recensement de 1496, la ville comprenait k Tinterieur 
de sa premiere enceinte, 553 maisons, entre les deux 
murailles 344 et sur son territoire hors des portes, 196 
habitations. Sa population depassait 7000 ames. 

Ddtel be ville et Xeffroi 

De toutes les constructions elevees au XI IT' et au 
XI V*" siecle, une seule, le beffroi, accole au cote gauche 
de THotel de ville, a survecu jusqu'a nos jours. 

La fabrication du drap, particuli6rement favorisee par 
retablissement du marche qu'octroya Jean III, en i338, 
avait pris une telle extension dans notre ville et ses envi- 
rons, qu'il etait devenu urgent de bitir une halle aux 
draps, devant, comme cela se pratiquait alors g^nerale- 
meht dans toutes les villes, servir en m^me temps de 
lieu de reunion pour le Magistrat. On tarda a donner 
suite a ce projet jusqu'en i367, lorsque les travaux de 
batisse furent mis en adjudication; en 1369, on posa les 
dernieres ardoises sur le toit, pendant que Ton s'occupait 
encore a voutcr les caves et a daller la sallc echevinale. 
Une gravure de 1717 nous donne une idee de cettc 
ancienne halle batie en pierres et d'une ordon nance fort 
simple. A la naissance du toit, enti6rement prive de ces 
riches decorations dont au XI 1 1" et au XIV* siecle on 
ornait les combles, regnait sur toule la longueur du bati- 
ment, une balustrade crenelee; plusieurs fen^tres de diflfe- 
rentes grandeurs et toutes de forme carree, eclairaient 
Tetage ct le rez-de-chaussee, auquel on avait acces par 



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-45- 

une double porte, dont le couronnement etait soutenu 
par des colonnes prenant naissance sur un large perron, 
borde d'une rampe en pierre. Au-dessus de la porte, on 
voyait une niche ornee d'une statue de la Sainte Vierge, 
ayantun ange a chaque cote. Ces statues, ainsi que la 
porte, etaient tout a fait dorees. Au cote gauche s'elevait 
le beffroi que M. Schayes, dans son Histoire de I'archi- 
teciitrc, decrit dans les lignes suivantes : « Le beffroi de 
» Lierre, qui flanque le cote gauche de THotel de ville, 
» jadis la Halle aux draps, fut commence en 1269, mais 
» la batisse, longtemps interrompue, ne fut terminee 
» qu'en 141 1. Cest une tour carree, longue, etroite et 
>» perc6e de quelques ouvertures en forme de meurtriferes. 
» Ses quatre angles sont surmontds de quatre clochetons 
» hexagones, en pierre de taille comme la tour, et qui 
» posent en encorbellement sur des arcatures ogivales et 
» trilobees. Un cordon de modillons ou corbeaux orne 
» leur base et contourne la tour en guise de machicoulis. 
» Une fleche et une lanterne en bois, octogones, pyra- 
» midales et couvertes en ardoises, comme le sont toutes 
ji nos filches en bois, sert de couronnement a ce beffroi, 
» qui retrace, a s'y m6prendre, un veritable donjon de 
» chateau »• 

L'ancienne halle ne conserva que peu de temps sa 
destination piimitive; des 1418, elle fut abandonnee par 
les drapiers et exclusivement affectee au service du Ma- 
gistrat. Fort delabree et ne suffisant plus aux besoins 
du temps, I'administration communale resolut sa demo- 
lition en 1741. Sur ses ruines on eleva THotel de ville 
actuel, sous la direction de Tarchitecte Van Baurscheit 
fils, qui, au meme moment, etait charge de la construc- 
tion de rh6tel du seigneur de s' Gravenwezel, aujour- 
d'hui le palais du Roi k Anvers. Bati dans un style plus 
simple que ce dernier, THotel de ville de Lierre, isole 
de toute autre construction, n'en presente pas moins un 
aspect imposant, Sa fafade principale, construite en 



-46- 

pierres de gr6s et en pierres de taille, est sobre d'or- 
nements. 

A rint6rieur, toutes les salles ont une decoration con- 
forme au style du monument. Dans le vestibule, on 
remarque un elegant escalier tournant, i rampe en bois 
sculpte. Un des tableaux que Ton y conserve a une 
grande valeur historique pour la ville. II represente 
Lierre avec ses rues et ses monuments, en iSgS, au mo- 
ment ou Heraugi^re, gotiverneur de Breda, tenta de s'en 
emparer pour compte des Provinces- Unies. La ville fut 
prise, mais, grace i la valeur de ses habitants secourus 
par ceux de Malines et d'Anvers, fut reprise le m6me 
jour, ainsi que le rappelle Tinscription suivante qui se 
trouve en t6te de ce tableau : 

En decimo quarto octobris 

Quod facta tulerunt 
hostibus expulsis, capta, 

ReCEPTA lira EST 

D. O. M. 

Et LIBERATiE CIVITATIS MEMORIiE 

S. p. Q. L. 
Fieri fecerunt. 

Comme nous Tavons dit, c'est a THotel de ville que se 
conservent quelques objets d'art, premier noyau d'un 
musee communal appele, esp6rons-le, k s'enrichir chaque 
jour. 



CoUdafale Saint '(Bommaire 

L'eglise coll6giale Saint-Gommaire, dont la construc- 
tion, commencee en 1377, a dure au-dela d'un si^cle, 
appartient ^ cette belle epoque de Tart bgival ou nos 
p6res, fermes et ardents dans la foi, elev6rent un grand 



— 47 — 

nombre de ces magnifiques monuments, qu'on ne se 
lasse jamais d'admirer. Son plan presente la forme d'une 
croix latine dont le sommet, figure par le choeur, est 
tourne vers Torient. Le choeur a chevet pentagonal est 
entoure d'un collateral donnant acces a onze chapelles, 
dont sept egalement baties sur plan pentagonal et les 
autres sur plan carre. Deux de ces dernieres, celle de la 
Sainte Vierge, au nord, et celle du Saint-Esprit, au sud, 
communiquent en outre avec les transepts. A partir des 
transepts jusqu'a Tentree principale de Teglise, celle-ci 
se compose d'une grande nef et de deux bas-cotes, dont 
celui du sud est borde de six petites chapelles et celui 
du nord de deux chapelles plus profondes. La tour, qui 
fait partie de la facade principale, estsoutenueaPint^rieur 
de r^glise, par deux grandes piles faisarit corps avec les 
premieres colonnes des travees, et est precedee par un 
porche ext6rieur k plate-forme. Un leger campanile sur- 
monte la grande voute, couronnant le centre de la croix 
form6e par le choeur, les transepts et les nefs. Cette voute, 
qui se ne distingue des autres que par son developpe- 
ment, est supportee, ainsi que les grands arcs entre 
lesquels elle se trouve renfermee, par quatre colonnes 
montaht sans interruption du sol au faite de Teglise et 
placees aux angles separant le choeur et la grande nef 
des transepts. Les arcs des travees de la nef principale 
et du choeur portent sur des colonnes toutes uniformes 
a futs cylindriques, s'elevant sur des socles de formes 
octogonale. Une double rangee de feuillages sculptes 
orne les chapiteaux. 

A Texterieur, les grands arcs-boutants qui soutiennent 
la nef et le choeur, ainsi que les doubles balustrades qui 
terminent les murs des nefs, sont du plus bel effet. La 
tour, d'une elevation d'environ 80 metres, se trouve 
masquee a sa base par un portail a plate-forme, qui la 
precede et cache en partie la grande fenetre eclairant la 
nef. Le premier 6tage, perce dans chacune de ses faces 



-48^ 

dc deux fen^tres ogivales, est couronne d'une balustrade. 
Le second etage faisant retraite sur le premier, est octo- 
gonal ; il est perce de huit fen^tres et egalement orne 
d'une galerie. Autrefois, la tour se terminait par une 
fl^che de 126 pieds d'elevation. Celle-ci, entierement 
detruite par le feu, erj 1609, et r6edifiee peu de temps 
apres, fut de nouveau incendiee par la foudre, en 1702, 
C'est apres ce d6sastre, rappele par le joli chronogramme : 
teMpestate CeCIDIt, que fut construit le disgracieux cou- 
ronnement actuel. 

L'harmonie parfaite qui r^gne entre toutes les parties 
de Teglise, Tunite et la purete de style que Ton admire 
dans son ensemble, ne laissent aucun doute qu'elle n*ait 
6tc construite d'apres un plan primitif et complet. Mai- 
heureusement, Tauteur en est inconnu; tout ce que Ton 
pent dire avec certitude, c'est que des le principe, les 
architectes les plus en renom, Henri Mys, Jean, Andre 
et Rombaut Keldermans, Herman le Vieux et son fils 
Dominique De Waghemakere, ont ete charges de la di- 
rection des travaux. 

Contrairement a la pratique suivie pour la plupart des 
eglises anciennes, la construction de celle de Lierre a 
commence par la tour; cette particularity s'explique 
aisement : il y a quatre ou cinq siecles, lorsque nos an- 
cetres projetaient leurs magnifiques blisses, ils n'avaient 
pas comme aujourd'hui i faire la justification des res- 
sources qu'ils possedaient; confiants dans Tavenir, ils 
comptaient sur la probite de ceux qui devaient executer 
leurs plans. Aussi ne faisaient-ils ni devis, ni cahiers des 
charges; un simple contrat de quelques lignes, auquel 
la bonne foi servait de base, determinait les conditions 
des adjudications les plus importantes; les subsides de 
TEtat, de la province ou de la commune, qui, a notre 
epoque entrent pour une si large part dans les moyens 
de faire face aux depenses, leur etaient inconnus; les 
seules ressources dont ils disposaient, se bornaient aux 



— 49 — 

revetius annuels, consistant principalement dans les 
offrandes periodiques des fiddles. Lorsque celles-ci ve- 
naient a faire defaut ou i &tve insuffisantes, les travaux 
se trouvaient forcement arretes et sou vent pour de 
longues annees; dans ces conditions Ton ne peut me- 
connaitre que c'etait une mesure tr6s sage de construire 
d'abord le choeur des eglises. Celui-ci une fois termine, 
plus rien n'empechait de proceder aux offices divins et 
Ton pouvait, arme de cette patience qui etait un des 
caract6res distinctifs de cette epoque, attendre des temps 
meilleurs pour achever ce qui restait encore k faire. 
Ainsi, nous voyons dans la plupart des monographies 
des anciennes eglises, qu'il n'etait pas rare qu'une partie 
de ces monuments fut consacree et livree au culle avant 
leur achfevement complet. Mais k Lierre, on n'avait a se 
preoccuper d'aucune consideration pouvant hater ou 
retarder la celebration des services divins, puisqu'on y 
disposait de Teglise primitive, b^tie pres de la chapelle 
Saint-Pierre et qui, bien que fort delabree et mena^ant 
mine depuis de longues annees, ainsi qu'il resulte des 
comptes, n*a ete demolie qu'en 1475. On avait tout inte- 
ret i la conserver le plus longtemps possible et a ne 
construire le nouveau choeur, occupant une partie de 
I'emplacement de Tancien, qu'en tout dernier lieu. 

Tout porte i croire que, d'apr^s le plan primitif, la 
tour faisait avant-corps a Teglise ; elle n'y a ete incorpor6e 
que plus tard, lorsque les nefs laterales ont ete prolongees 
jusqu'a la fa9ade principals En admettant cette suppo- 
sition, la tour, comme celle de Saint- Rombaut k Malines, 
formait vestibule a Teglise; c'etait la qu'anciennement 
se trouvait le jube, qui n'a disparu que longtemps aprfes 
la construction de celui place i Tentree du choeur. Mais 
quand les bas-cotes ont-ils ete prolonges et alignes avec 
la tour et quand a ete construit le porche ou peristyle 
qui precede la facade principale? Les archives n*en disent 
rien; mais un simple examen suffit pour se convaincre, 



— 5o - 

que ces constructions sont des additions faites posterieu- 
rement au monument, qui en conserve toutes les traces. 
Si, en effet, les nefs late rales n'avaient pas ete prolon- 
gees aprcs Tachevement de Teglise, pourquoi les parties 
adossees a la tour differeraient-elles par leur structure 
de toutes les autres et pour quelles raisons ofFriraient- 
elles, tant k Tinterieur qu'a Texterieur, un aspect si irre- 
gulier? Pourquoi ces parties de murs, que Ton voit a 
rinterieur de Teglise aux deux cotes de la tour, munies 
de plinthes exactement conformes a celles qui £ntourent 
tout le batiment a Texterieur, tandis que d'autres parties 
en sont depourvues? Cette derni^re circonstancaseule ne 
prouve-t-elle pas i Tevidence que, primitivement, ces 
portions de murs se trouvaient a Texterieur et faisaient 
partie des angles rentrants formes par Teglise.et la tour? 
N'en resulte-t-il pas que, dans le principe, cette derniere 
etait degagee, au nord et au sud, de toute esp^ce de con- 
struction? Pour ceux qui considereraient ces raisons 
comme insuffisantes, nous pourrions encore signaler a 
leur attention les montants et les arcs de forme grossiere 
sdparant les bas-cotes des parties que nous estimons etre 
ajoutees. Ces montants et ces arcs, de meme que les 
fenetres, trahissent clairement une construction post6- 
rieure a celle des nefs, Mais que penser des larges ouver- 
tures donnant passage de la grande nef sous la tour aux 
bas-cotes? Rien n'indique au juste quelle a ete la dispo- 
sition primitive, mais on ne pent douter qu'il s'est fait 
la une modification importante. A Tappui de cette opi- 
nion, nous citons ici un extrait du memoire historiqueet 
archeologique de M. Redig, ou il est dit que les arcs 
surmontant ces ouvertures « sont d'une grossierete toute 
» rustique et dont on ne trouverait d'exemple que dans 
» les barbares essais des temples grecs; tellement on a 
» pousse Toubli de toutes les conditions de Tart, en con- 
» struisant des arcs que nulle moulure ne d6core et ne 
» tend a en diminuer la pesanteur ». Ailleurs, le meme 



— 5i — 

auteur fait voir que tout ce qui tient k ces arcs et aux 
piliers qui les supportent, se ressent des modifications 
ex6cutees dans cette partie de Teglise. Comment, en 
effet, concilier ces imperfections avec le fini de style 
qui distingue partout ailleurs ce bel edifice, si I'on 
n'admet pas des changements notables ^ Tentree pri- 
mitive? 

Quant au porche qui s'el^ve au-devant de la tour, il est 
tout aussi difficile de croire qu'il faisait partie du plan 
primitif ; Ton ne peut raisonnablement supposer que Tar- 
chitecte, parvenu a produire une oeuvre telle que Teglise 
Saint-Gommaire, aurait neglige, pour une construction 
rarement ajoutee aux temples gothiques, un des plus 
beaux eflfets de lumi^re qu'on rencontre dans la plupart 
de ces monuments. Que primitivement une vaste fenfitre, 
m6nagee dans la facade principale, 6clairait la grande 
nef, nous en trouvons Tassurance dans la chronique de 
Van Graesen. D*apres les renseignements puises par cet 
ecrivain dans les comptes de 1426, qui malheureusement 
sont perdus, la grande fenetre sous la tour, au-dessus du 
portail, fit Tobjet d'une entreprise sp6ciale dont se char- 
gea Lambert Van den Eynde, pour !a mafonnerie, et 
maitre Claes de Louvain, pour le placement des verres. 
Des circonstances aussi d6taillees font supposer un tra- 
vail d'une importance toute particuliere et beaucoup plus 
grande que ne le comportait la construction de la fenetre 
existante, de moindre dimension que toutes les autres. 
On peut done a bon droit soutenir que la disposition 
actuelle n'est pas conforme k Tidee premiere et que la 
fenetre, telle que nous la voyons aujourd'hui, a subi de 
notables modifications, occasionnees, croyons-nous, par 
la construction du porche. Si nous ne craignions de nous 
engager trop loin dans le champ des suppositions, nous 
emettrions encore Topinion qu'alors, egalement, on rem- 
plaga Tare en ogive, qui probablement terminait la fene- 
tre dont parle Van Graesen, par un couronnement en 



- 52 - 

plein cintre, afin de compenser ainsi Teffet de lumi^re 
perdu dans rel6vation. 

Nous citons encore ici trois lignes de Touvrage de 
M. Redig, qui nous confirme dans cette id6e : « On ne 
» peut s'expliquer la presence de cette forme romane que 
)) par une restauration posterieure k Tach^vement de 
» Tedifice. A Tappui de cette opinion, on peut invoquer 
» quelques traces de changements que I'on voit encore 
» dans la maconnerie qui environne les fenetres ». 

Les diverses considerations que nous venons d'exposer 
permettentdesupposer qu'il s'est fait k une m6me epoque, 
un ensemble de travaux resultant Tun de Tautre et com- 
prenant la prolongation des nefs laterales, Touverture 
des arcades sous la tour, la construction du porche et la 
transformation de la grande fen^re. 

En 1435 et les annees suivantes, on travailla, sous la 
direction de Jean Keldermans, a la construction des 
piliers de la grande nef et des arcs ogives qu'ils sup- 
portent. La pierre employee pour cet ouvrage, ainsi 
que celle dont on se servit plus tard pour les transepts, fut 
tiree des carrieres d'Afflighem. Les chapiteaux des co- 
lonnes furent tailles a Malines, et transpoftes par eau 
jusqu'a Lierre. 

La construction des transepts remonte a Fannee 1460. 
Ainsi que cela eut lieu pour la tour et les nefs, la bsLtisse 
des transepts fut partagee en differentes parties, que Ton 
adjugea publiquement. La chapelle Sainte-Catherine, se 
trouvant au cote nord, dans Tangle forme par le transept 
et le bas-cote, a ete construite en 1463, tandis que sa 
voisine, d'abord dediee a Notre-Dame de Montserrat et 
servant aujourd'hui de baptistere, n'a ete construite qu'en 
J 577. La fenetre eclairant cette derniere chapelle, etait 
autrefois pourvue d*un magnifique vitrail, ou se trou- 
vaient representes les portraits des donateurs. 

En 1473, commencerent les travaux du choeur, qui ne 
furent acheves qu'en i5i5; ils se firent sous la direction 



— 53 — 

des cel6bres architectes Herman et Dominique De Wa- 
ghemakere. 

Vers cette meme epoque, on pla^a un grand nombre 
de verriferes remarquables, a en juger par ies fragments 
que Ton conserve encore. Plusieurs etaient Toeuvre du 
fameux verrier Rombaut Keldermans. 

En i5r7, Tempereur Maximiiien se trouvant a Lierre, 
avec son petit-fiis Charles, plus tard Charles-Quint, fit 
don a r^glise, de trois des cinq vitraux qui ornent encore 
Ies fenetres du chevet du choeur. A cette meme occasion, 
plusieurs autres verrieres furent offertes par Ies seigneurs 
et prelats de sa suite. 

De i53o a iS+o, on construisit le magnifique jube, 
richement sculpte en style flamboyant, qui precede le 
choeur. Ce chef-d'oeuvre de delicatesse et de travail, pour 
lequel on prit com me modele le jube de Teglise de Nec- 
kerspoel pr6s de Malines, se compose de trois arcades 
de face et de deux arcades de cote, retombant sur des 
colonnes en faisceaux, au-dessus desquelles s'etend une 
suite de niches ornees de groupes representant Ies scenes 
de la Passion. Une croix triomphale, entre Ies statues 
de la Sainte Vi«rge et de saint Jean, etait suspendue a 
la voute au-dessus du jube, sur lequel on plafa, lors de 
sa restauration, en i85o, une tourelle travaillee a jour, 
mais qui n'est pas k sa place sur Tambon. C'est de la que 
Tevangile se lisait autrefois au peuple. 

Dans le chonur, au cote de Tevangilc, fut elevc, en 
meme temps que le jub6, un tabernacle en pierre, con- 
forme a celui de I'eglise Saint- Pierre a Louvain. On con- 
serve dans Ies archives, le livre des comptes de ces deux 
remarquables constructions, oeuvres d'un architecte ma- 
linois, Frans Mijnsheeren, qui, avec Jean Wischaven, de 
la meme ville, entreprit Ies travaux, y compris la livrai- 
son et la taille des pierres. L'inspection du travail etait 
confiee au celebre architecte de Bruxelles, Henri Van 
Pede. 



-54- 

Le 9 avril i58o, Teglise Saint-Gommaire devint la 
proie des gueux. Tous les autels furent detruits, les sta- 
tues mutilees, les boiseiies arrachees, les tableaux de- 
chires et leurs debris jetes sur d'enormes brasiers allumes 
dans I'eglise m6me. 

En 1668, on trouva les ressources pour faire executer 
par Wirick Somers, orftvre-ciseleur k Anvers, la riche 
chasse de saint Gommaire, pesant i536 onces d'argent, 
et qu'on paya 5o58 florins. 

L'autel, erigeau choeur apr6s les pillages duXVPsiecIe, 
fut remplace en 1707, par Tautel actuel, qui a le defaut 
de n'etre pas dans le style de Feglise et qui n*a pas ete 
fait pour elle. On sait qu'il a ete achete au Chapitre de 
Saint-Bavon, a Gand. Le merite qu'il peut avoir ne com- 
pense certainement pas Teffet malheureux qu'il produit a 
la place qu'il occupe; sa disparition mettrait en evidence 
le chevet exceptionnellement beau de Teglise, qu'il offus- 
que compl6tement. Esperons qu'un jour on pourra le 
remplacer a son tour, par un retable conforme aux tradi- 
tions du moyen age, permettant de voir du choeur les 
belles verrieres qui decorent les fenetres de I'abside. 
Av^ant Tenlevement des objets d'art par les commissaires 
frangais, en 1794, le maitre-autel renfermait le tableau 
de Jordaens : Le Christ en craix, actuel lement a T^glise 
Saint-Andre a Bordeaux. En 1809, Corneille Gels, artiste 
distingu6, ne a Lierre, peignit la decollation de Saint Jean- 
Baptiste, pour remplacer Toeuvre de Jordaens. 

L'admirable triptyque de Tautel Saint-Christophe : les 
epotisailles de la Sainte Vierge, ainsi que les volets de l'au- 
tel Saint-Gomniaire, oeuvres marquantes du XV^siecle, 
dont malheureusement on ne connait pas les auteurs, 
font partie des rares objets echappes a tous les desastres 
de Teglise. M. Genard, dans une savante dissertation, 
inseree au Bulletin de I'Acade'mie n>yale de Belgique, a fait 
ressortir toute la valeur artistique du premier de ces 
tableaux. 



-^ 55 — 



Cbapelle Saint-* pictre 

L'eglise appelee la chapelle Saint-Pierre, est certaine- 
ment I'edifice le plus ancien de Lierre, mais aussi celui 
dont rhistoire est la moins connue. II est le seul en style 
roman que possede la ville. 

Ce monument est redevable de son origine, a saint 
Gommaire qui, a la place qu'occupe encore aujoard'hui 
cette eglisc, batit unc chapelle en hois, pres de laquelle 
il fonda un convent de religieuses. Dans la seconde moi- 
tie du IX' si^cle, apres la terrible invasion des barbares 
du Nord. dont notre pays eut tant a souffrir, la chapelle 
Saint -Pierre, qui, grace a intercession de son saint 
patron, echappa miraculeusement a ces desastres, fut 
reconstruite en pierre, 

Quelques restes de la chapelle primitive demeurent 
peut-etre encore debout; neanmois, c'est au XI P si6cle 
qu'il nous semble devoir attribuer la batisse de la nef et 
du choeur. 

Le chevet de la nef est plat ; une charmante petite 
abside en demi-cercle le termine. Cette derniere partie 
est eclairee par quatre baies romanes et ornees, a Texte- 
rieur, de colon nes engagces. 

Au c6t6 sud s'eleve un joli porche du XI IP* si6cle, i 
fronton triangulaire; sa profondeur est d'un metre et 
demi environ. 

Les bas-cotcs no remontent qu'au XVP ou XVIPsiecle. 

Suivant Thistorien Van Graesen, la toiture et la tourelle 
dateraient de i523, les voiites de 1477, et le chceur de 
1475. Quant a cette derniere date, on doit y rapporter 
une restauration ou un remaniement, qu'accuse une 
fenetre du XV' si6cle, perc6e au cote de Tevangile. La 
charpente est prirriitivc. 



56 



L'interieur du petit edifice est tout aussi irregulier. 
Remarquons-y, encastrees dans le mur au-dessus de Ten- 
tr6e m6ridionale, deux tetes sculpt6es, culs-de-lampes 
fort anciens. 



fidltse be rt)etmitade 

Nous lisons dans la vie de saint Gommaire, qu'apres 
avoir quitte la cour du roi Pepin le Bref, il entreprit, 
avec plusieurs de ses vassaux, un pelerinage k Rome, aux 
tombeaux des saints Apotres, et, qu'arrive aux bords de 
la Nethe, a Tendroit ou se trouve aujourd'hui Teglise de 
THermitage, il choisit cette place pour lieu de repos. Ses 
serviteurs y dress^rent leurs tentes et, pour les soutenir, 
couperent un ch6ne croissant dans le voisinage. Get acte 
irrita si violemment le proprietaire du champ ou Ton 
s'etait arrete, qu'aucune des offres faites pour le dedom- 
mager ne fut agreee. Ayant epuise tous les moyens 
humains de conciliation, saint Gommaire leva les 3''eux 
au ciel et pria Dieu de venir a son aide. Sa demande fut 
exaucee : un ange lui apparut dans la nuit et Tavertit de 
rajuster la partie coupee de Tarbre sur celle maintenue 
au sol et de lier Pune a Tautre au moyen de son ceintu- 
ron. Des le lendemain, Tarbre avait repris sa croissance 
et son ancienne vigueur. Quatre cents ans apres cet eve- 
nement, Theobald affirmc avoir vu encore cc chonc en 
pleine vegetation et portant les empreintes de la ligature. 

Gest a la place ou eut lieu ce miracle, qu'en 12 12, 
Ton construisit une chapelle demolie en 1410, et rem- 
placee par Teglise actuelle de I'Hermitage. B^tie en 
1413, elle n'offre rien de remarquable comme monument. 
Son vaisseau est partage en trois nefs, par deux rangs de 
colonnes cylindriques, portant sur des bases de forme 
octogonale. Les moulures des arcs qui couronnent les 
travees naissent directement du fut des colonnes depour- 



-57- 

vues de chapiteaux. Le choeur, sans collateraux, n'a 6te 
construit qu'en 1419 et sur6leve, vers i6o5, au m6me 
niveau que la nef principale. En t6te de T^glise surgit 
une tour en style gothique, constniction moderne, dis- 
proportionnee avec Teglise, qui, auparavant d6j4, avait 
perdu considerablement de son effet, par Texhaussement 
du terrain sur lequel elle se trouve. 

Au nombre des objets mobiliers, on montre un arbre 
en fer forge, dont la confection remonte ^ 1470 et merite 
toute Tattention. Fait en memoire du miracle que nous 
venons de relater, cet arbre repr6sente un chene k large 
couronne, garni de feuilles et de glands, dont la tige 
soutient une statue de saint Gommaire. II se trouvait 
primitivement au milieu du choeur, sur une dalle portant 
pour inscription : 

Dit is de plaatse, tcr goeder trouwen, 
Diiar S^ Gummar dedc den boom af houwen. 

En 1766, on transfera cet arbre du choeur au milieu 
de la grande nef, et on elagua ou raccourcit quelques- 
unes de ses branches interceptant trop la vue. II occupa 
cette place jusqu'au moment ou on le pla^a devant un 
pilier; il s'y trouve encore. 



n>ai0on Colibrant 

Parmi les maisons privees les plus anciennes que pos- 
sede la ville,* il en est une fort remarquable ct qui date 
de la fin du XIV* ou du commencement du XV* siecle. 
Batie par la famille Colibrant, dont plusieurs membres 
ont pris part a Tadministration de la ville, elle porte 
encore aujourd*hui un cachet de rare elegance. Sauf la 
porte, qui a ete deplacec, la fagade de ce b^timent a 
entierement conserve son caractere primitif. Le premier 
etage est eclaire par quatre fenetres que couronne un arc 



— 58 — 

ogival trilobe. La porte et les baies du rez-de-chaussee 
sont de meme structure que les fenetres de I'elage; au- 
dessus de ces dernifeies se trouve une troisi^me rangfee 
de fenetres ^ linteau horizontal, de mfime largeur que 
celles des stages inferieurs. II est i remarquer que toutes 
celles i I'extrimite droite sont plus larges que les autres. 
C'est ^videmment de ce c6t6 qu'd I'Drigine se trouvait 
I'entr^e de la maison, dont le faite se termine en pignon 
k angle aigu. A I'interieur, oii de nombreux changements 
ont ete operes, on remarque encore les supports en style 
gothique, d'une chemin^e et, au grenier, les volets de 
deux lucarnes richement sculptes et garnis de ferron- 
neries. 

(Extrait de la notice de M. Mast.) 



LISTE DES 

Academies et Soci6t6s affili^es 



BELGIQUE 



I. Academie Royale d' Archiologie de Belgique. 

Deli'ftucs : MM. Ic baron de Vinck de Winnezceic et F. Don- 
net. 

z. Academic Royale des Beanx-Aris. 
I Dilegu^s : MM. F. Donnet et Tli. Smekens. 

5. Comile des memhres correspondants de la Commission Royale des 
I monuments. 

4. Commission directrice du Miisee d'antiqiiites. 

Dd^gues : MM. F. Donnet et baron de Vinck de Winnezeele, 

5. Socieie des architectes anversois. 

! Dilegu^s : MM. J. Schaeps et J. Van Riel. 

i 



^ 



— 60 — 

6. Socieie des bibliophiles anversois, 

Diligue, M. F. Donnet. 

7. Societe Royale de geographic d'Anvers, 

Del^gues : MM. Th. Smekens et F. Donnet. 

8. Commission chargee de la publication des inscriptions funeraires et 

monumental es. 

Arlon 

9. Institut archeologique du Luxembourg. 

Di\igu6, M. Tandel. 

10. Commission provinciate des monuments du Luxembourg. 

Brugfes 

11. Societe archeologique. 

Deligui, Monseigneur F. baron B^thune. 

12. Societe d' Emulation pour l^ Etude de I'histoire et des antiquites de 

la Flandre. 

D<ilegue, M. le chanoine A. de Leyn. 

1 3. Commission provinciale des monuments de la Flandre Occidentale. 

Bruxelles 

14. Academic Royale des sciences, des leltres et des beaux-arts. 

DclegU(J, M. Marchal. 

15. Commission royale des monuments. 

16. Commission royale d'Histoire. 

17. Institut cartographique militaire. 

18. Societe d'archeologic de Bruxelles. 

Dvileguis : MM. P. Combaz, baron A. de Loe, P. Plisnier. 

19. Societe d' anthropologic. 

Dclegue, M. le D"" V. Jacques. 



20. Commission provinciale des monuments du Brabant. 

21. Commission directrice du Music royal d'Untiquites, 

22. Societe royale de numismatique, 

Pel^gu^, M. F. Vemieylen. 

2 J. Societe centrale d' architecture de Belgique. 
Delegui, M. P. Saintenoy. 

24. Societe nationale pour la protection des sites et monuments en Bel- 

gique. 

Diliguc, M. P. Saintenoy. 

25. Sociite royale beige de geographic. 

P^ligu^, M. A. Houzeau. 

26. Societe beige de geologic, de paleontologie et d'hyirologie. 

Deligui, M. le baron de Loe. 

27. Societe beige de folklore. 

Delegue, M. E. Monseur. 

Cliarleroi 

28. Societe paleontologique et archeologique de Charleroi. 

Deligues : MM. J. Kaisin et L Waulliy. 

£ii8:lileii 

29. Cercle archeologique d'Enghien, 

Dil^gufe : MM. H. de Cordes, E. Matthieu et Z. De Frenne. 

Gand 

50. Academic royale flamande. 

31. Messager des sciences historiques. 

52. Cercle historique et archeologique. 

Dd^gu^s : MM. le baron de Maere et P. Bergmans, 



^ 



-62- 

33. Commission provinciale des monuments de la Flandre occidentals 

Diliguis : MM. O. de Grave et E. Varenbergh. 

34. Chambre Syndicale provinciale des arts industriels. 



35. Cercle Archiologique du Geer. 

Hasselt 

36. Commission provinciale des monuments du Limhourg. 

37. Societe Les Milophiles, 

Ddigu^s : MM. le D' Bamps el H. Van Neuss. 

38. Cercle des Sciences et Beaux- Arts, 

Dilegui, M. Emile Wigny. 

39. Insiitut Archiologique liegeois. 

Ddigu^s : MM. J. Helbig et E. Piques. 

40. Societe d'emulation pour P encouragement des lettres, des sciences et 

des Arts, 

Dil^guis : MM. Ch. Comhaire et Ch.-J. Comhaire. 

41. Societi d'art et d^histoire, 

42. Commission provinciale des monuments de Litge. 

43. Sociiti des bibliophiles liigeois. 

44. Sociiti de littirature wallonne. 

45. Sociiti giologique de Belgique, 

D61egu4, M. G. De Walque. 

46. Sociiti Royale des sciences, 

47. Association des inginieurs. 



-65 — 

48. Les amis du vieux Litge. 

Deliguis : MM. Ch.-J. Comhaire et G. Jorissens. 

Lottvain 

49. Seminaire historique de V UniversitL 

Del^gu^, M. I'abb^ Cauchie. 

50. Cercle litUraire de T Universiti de Louvain, 



^ 
*> 



51. Gilde archeologique et artistique de Saint Luc, 
Deligui, M. C. Goffaerts. 

Malines 

5 2. Cercle archeologique, lilteraire et artistique de Malines. 

IIIO110 

5 3. Commission provinciate des monuments du Hainaut. 
Delegue, M. J. Hubert. 

^4. Societe des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, 
D61igu6s : MM. E. Hublard et A. Wins. 

55. Cercle archeologique de Mons. 

Ddeguis : MM. L. Devillers, le comte Alb. d'Auxy de Launois, 
et Em de la Roche de Marchiennes. 

56. Societe des bibliophiles Beiges, 

Ddeguis : MM. L. Dolez et L. Devillers. 

Namur 

57. Commission provinciale des monuments de Namur, 

Diligui, M. Boveroulle. 

58. Society archiologique de Namur, 

Deligui, M. Boveroulle. 

NiTelles 

59. Societi archiologique de Varrondissement de Nivelles. 



-64- 

Saint-Nicolas 

60. Cercle archeologique dti pays de Waes, 

Dileguis : MM. J. Verwilgen et C. De Bock-Bauwens. 

Soifirnies 

61. Cercle archeologique du canton de Soignies, 

D^ligu^, M. A; De Meuldre. 

Termonde 

62. Cercle archeologique de la ville et de Vancien pays de Termonde, 

Dil^gui, M. J. Broeckaert. 

XonsTCS 

63. Societe artistique et lit tir aire. 

Toumai 

64. Societi historique et archiologique de Tournai. 

Ddiguis : MM. E. Soil et A. d'Herbomez. 

65. Cercle artistique. 

66. Commission directrice des musees de tableaux et d'antiquites. 



67. Caveau vervietois. 

68. CEuvres des soirees populaires. 



PAYS ETR ANGERS 



FRANCE 



1. Le Ministtre de V Instruction publique et des Beaux- Arts, 

D^l^gu^^ M. Ch. Casati de Casatis. 

AbbeTllle 

2. Sociite d' Emulation, 

Diliguts : MM. Em. Deligni^res et J. Vayson. 

Amiens (Somme) 

3. Sociiti des antiquaires de Picardie, 

Del^gu^s : MM. R. Guerlin et Aug. Janvier. 

Arras (Pas-dc-Calais) 

4. Academie des sciences, lettres et arts, 

D^Iegui, M. le comte de Hauteclocque. 

5. Commission departementale des antiquites du Pas-de- Calais, 

ATCsnes (Nord) 

6. Sociite archiologique. 



— 66 — 

BeauTais (Oise) 

7. Sociele acadimique d'archeologie, sciences et arts. 

Diileguis : MM. le chanoine Marsaux et I'abbi Marielle. 

Caen (Calvados) 

8. Sociiti Frattfaise d'archeologie pour la conservation des monuments 

historiques. 

Ddligu^, M. le comte de Marsy. 

Cambral (Nord) 

9. Societe d' Emulation, 

Compl^Srn^ (Oisr) 

10. Sociiti historique de Compiigne. 

Deligui, M. A. Sorel. 

Dofiai (Nord) 

11. Sociiti d' agriculture, des sciences et arts du dipartement du Nord. 

12. Sociiti acadimique des sciences et lettres. 

DunlKerqtte (Nord) 

13. Comiti Flamand de France. 

Diligui, M. A. Eeckman. 

14. Sociiti dunkerquoise pour V encouragement des sciences, des lettres 

et des arts. 

UUe (Nord) 

15. Sociiti pour V encouragement des sciences, de V agriculture et des arts. 

16. Sociiti d'histoire du dipartement du Nord. 

17. Sociiti de giographie. 

Nancj (Meurihc et Moselle) 

18. Acadimie Stanislas. 

Dil^gu^, M. des Robert. 



-67 - 

19- Societe d'archeologie Lorraine. 
Dii^gui, L. Germain. 

ParUi 

20. Direction des Musics nationatix et de Vkole du Louvre. 

Ddigui, M. F. de Villenoisy. 

21. Sociiti de Vhistoire de France. 

22. Sociiti des antiquaires de France. 

23. Sociiti d^ anthropologic de Paris. 

24. Sociiti hibliographique de Paris. 

25. Sociiti centrale des architectes Franfais. 

Reims (Marne) 

26. Acadimie nationale de Reims. 

Roubate (Nord) 

27. Sociiti d* Emulation. 

Dilegu6, M. le D' A. Faidherbe. 

Saint-Omer (Pas-de-Calais) 

28. Sociiti des antiquaires de la Morinie. 

D^l^guis : MM. I'abbe Bled, F. de Monnecove, C. Legrand, 
Siurme et A. Boitel. 

Salnt-Queuntiii (Aisne) 

29. Sociiti acadimique des arts, des sciences et des belles-lettres. 



— 68 — 

Senlls (Oise) 

?o. Societe archlologique. 

Valencieniies (Nord) 

31. Societe d' agriculture, sciences et arts, 

Ddegu^i : MM. A. Richez et A. Doutriaux. 



HOLLANDE 



Amsterdam 

32. UniversitL 

33. Koninklijk ondheidkundig genootschap. 

Boi0-le«DiiG 

34. Provinciaal genootschap van kunsten en zuetenschappen, 

Lreeu^frarden 

35. Genootschap van geschicd-, oudheid- en taalkunde. 

I^ide 

56. Universite. 

37. Maatschappij der nederlandsche letterkunde. 

Ddigui, D-- J. ten Brink. 

Maestrlclft 

38. Societi historique et archeologique du Limbotirg. 



-69- 

Middelbonrs: 

39. Zeeuwsch genootschap der welenschappen. 

Utrecltt ' 

40. UmversilL \ 

41. Genootschap van kunsten en wetenschappen. j 



LUXEMBOURG 



42. Instiint grand-ducal d'archeologie. Section historique d-^s sciences. 
Delegui, M. C Arend. 

ALLEMAGNE 



DOsseldorf 



43. Dusseldorfer Geschichtsverein. 



ESPAGNE 



Madrid 



44. Academic royale d'histoire d'Espagne. 
Dd^gui^ M. Bug. Dognie. 



— 70 — 
SUEDE 

Stochbolm 

4j, Acadimie de Belhs-Utires, hisloire et antiquUes. 

D^l^gu^, M. H. Hildebrand, conservateur en chef des antiqui- 
ty du royaume, d^l^gu^ officiel du gouvemement Su^ois. 

PORTUGAL 



46. AssucJalton archhhgique de Liibomte. 

Delcgu^, M. J. I.cite dc Vasconctlios. 



LISTE DES 

Membres du Congres de Malines 

1897 



MM. 

Adriaenssens, Chailcs. coDseillcr communal, rue A B, Malines. 
Acrts, A., libraire, rue Conscience, 4. Malines. 
Aerts, GulUaume, pelntie, March^ &u bilail, 74. Malines. 
Aerts, P.-j. (Mgr), doyen du Chapltre. rue des Vaches. 54. Malines. 
Alberdingk-Thym, professeur a I'Universit^ de Louvaln, Kessel-Loo. 
Andi6, Alfred, ing^nleur, lue du Canal, 9, Malines. 

Aodries. Raymond, docteur en midccine, conselller communal, rue Leo- 
pold, Malines. 
Appelmans (abb^). professeur an Grand Semlnaire, Malines. 
Arend. Ctviiics, Luxembourg, Grand-Duch^ de Luxrmbouru. 
Arnould, Ainnuld. propriclaire, Bonssu-lcz-\Valronrt, 
Auliry, Camille, rue Tasson-Soci, 19, Brnxelles. 



Hackx. Joseph, rue du Poivre, 44, Malines. 
BallioD, Jean, chauss^e de Courtrai, 367, Gand. 

FJhJii fribislBritpiti (l). 

Bamps, Constant, docteur en mMecine, ancien 6chevin, rue Maegden- 
dries, it, Hasselt. 

L'bisloirt tl I'arcbiotefii if I'anciin Pays di Ltx^, — L'biiloiri naturtlli di It mime rtgiaa. 
.1 les iindet laxqueUcs se \mt spichlC' 



— 72 — 

Baudelet, Adh6mar, peintre, rue du f^^rand Cerf, 2, Bruxelles. 

Bayet, Louis, ingdnieur, Walcourt. 

Beernaert, A., Ministre d*Etat, President de la Chambre des Repr^sentants, 
President d'honneur. 

Behaegel, Alb^ric, attach^ au Ministire des Affaires 6traDg6res, rue Tra- 
versi^re, 23, St-Josse-ten-Noode. 

Bekaert, Maurice, Docteur en droit, attache a rinspeclion deS Beaux- Arts, 
rue Belliard, 45, Bruxelles. 

Bequet, Alfred, proprietaire, rue Grandgagnage, 8, Namur. 

ArcheoJogie et bistoire. 

Berdal, Fran9ois, architecte de la ville, rue de la Station, 78, Menin. 

Bergmans, Paul, docteur en philosophic et lettres, chef de bureau a la 
bibliotheque de T University, chauss^e de Courtrai, 97, Gand. 

Bihliograpbie . — Histoire liiteraire de [a Bclgique, — Musicolcgie. 

Bcrnaerts, Florimond (abbe), professeur a I'institut St- Louis, Bruxelles. 

B^thune (Mgr le baron F^lix), archidiacre, rue d' Argent, 40, Bruges. 

B^thune (le baron FraD9ois), professeur a TUniversite de Louvain, place 
de r University, 10, Louvain. 

B^thune (le baron Joseph), chalet de Rouxhove, Courtrai. 

Biermans, professeur au Petit-S^minaire, rue de la Blanchisserie, Malines. 

Bilmeyer, architecte, rue Appelmans, Anvers. 

Blanchaert, Leopold, sculpteur, St- Denis- Westrem, Maltebrugghe. 

Art chritien du moyen age. 

Blancquart, Camille, lieutenant-Colonel du 2<^ regiment d*Artillerie, rue 
Conscience, 29, Malines. 

Bled, O. (abb^), rue St-Denis, St-Omer (Pas- de-Calais). 

Histoire locale. 

Blomme, Arthur, president du tribunal civil, Termonde. 

Bloxnme, Leonard, architecte provincial, rue du Roi, 17, Anvers. 

Blondeau, Zenon» boulevard des Arbal^triers, Malines. 

Bogaerts, chanoine, rue des Beguines, 29, Malines. 

Bogaerts, professeur au Grand S6minaire, Malines. 

B3ghaert-Vach6, publiciste, chauss^e St-Pierre, 98, Etterbeek. 

Boissonnet (le baron Ernest), ancien magistrat, avocat. rue des Wet z, 3i, 
Douai (Nord). 

Art, arcbeologie el bistoire locale. 

Boitel, Augustc, rue du Lycee, 17, St-Omcr (Pas-de- Calais). 

Boon, chanoine, inspecteur, rue de la Blanchisserie, Malines. 

Bosteaux- Paris, archeologue, maire de Cernay, rue Chanzy, 16, Cernay- 
lez-Reims (Marne). 

Paleonlologie et arcbeologie des epoques gauloiie, gaJh-rom.iine el franque. 

Bouillet, Auguste (abb6). correspondant du comite des soci^tes des Beiux- 
•Arts, rue Corot, 4, Paris- Autcuil. 

Arcbeologie du moyen age. 



-73 



BoutOD, Victor, rue de Maubeuge, i5, Paris, membre honor aire. 

Hisioire du XI V^ sUcle, 

Boveroulle, P., architecte provincial, ru« Grandgagnage, Namur. 
Brahy-Prost, Edouard, rue Feronstr^e, 114, Li^ge. 

Arcbiologie, 

Branders, Arthur, rue Ste-Catherine, 11, Malines. 
Brassine-De Boeck, d^corateur, rue de la Cuiller, 3, Bruxelles. 

Printures murahs. — Restaur ation des vuMtumsnts anciens. 

Broeckaert, Jean, greffier au tribunal de i^*^ Instance, Termonde. 

Histoire et litter at ur e fiamande, 

Broers, Franz, avocat, vieille chauss^e de Bruxelles, 14, Malines. 

Bruffiiers, Ant., rue du Bruel, 53, Malines. 

Brusselmans, Jules, docteur en medccinc, marche aux Grains, Malines. 

Bruylant, Colonel commandant le 2'^ regiment d'Artillerie, rue des Vaches, 
95, Malines, Vice-president du Congrds. 

Bruylant (M"*<»), rue des Vaches, gS, Malines. 

Bruylant, Jean, 6tudiant, rue des Vaches, 95, Malines. 

Buedls, Edgar, marche au b^tail, Malines. 

Buisseret, Paul, industriel, Wavre. 

Burls (M"**), rue Van Br6e, 25, Anvers. 



Campers. P.-A.. rue du Nord, 12, Ledeberg (Gand). 
Carly, Jules, juge de paix, Florenville. 

Eludes prebi start lues et bistoriques, 

Carly, L.-F., chanoine titulaire, rue long fosse aux Polls, 85, Malines. 

Casati de Casatis, Charles, conseiller honoraire a la Cour de Paris, del6gu^ 
du ministre de Tlnstruction publique et des Beaux Arts de France, rue 
Alfred de Vigny, 16, Paris. 

Eludes juridiqufs et arcbeologiques. 

easier, Joseph, pi6sident de I'association Beige de Photographic, rue des 
Remouleurs, 91, Gand. 

P'itraux. 

Cauchie, Alfred, professeur a TUniversit^, directeur du S^minaire histo- 
rique. College du St- Esprit, Lou vain. 

Ceulemans, chanoine, professeur au Grand S6minairc, Malines. 

Charles, Edouard, rue du Persil, 16, Bruxelles. 

Chevalier, Jules, avocat, rue de Naples, 16, Ixelles. 

Chevalier (M"« Jules), rue de Naples, 16, Ixelles. 

Chevalier (M"*^ Pauline), rue de la Loi, 23o, Bruxelles. 

Clabots, Guillaume (abbe), rue sous la Tour, 10, Malines. 

Claerhout, Julien (abbe), directeur des 6coles, Pitthem (Flandre occ). 

Pbilologiej taponymie, arcbeologie. 



— 74 — 

Claes, Francois, rue de Beffer, lo, Malines. 

Claes, Louis, chanoine, rue des Vaches, i8, Malines. 

Claes, cur6 k Molenbeeck-St-Jean. 

Claeys, Prosper, avocat, rue Haute, i5, Gand. 

Etudes bistoriques. 

Clair, R.-P.-Charles, rue des S*» Peres, 76, Paris. 

Eilbelique, bistoire de Vari cbrefien dans ses rapports avec la liturgie, 

Clercx, Achille, notaire, rue de Charleroi, 53^«, Gilly. 

Cleynhens, Fran9ois-Hubert, cur6 de St- Joseph, avenue Moretus, 2, Anvers. 

Cloqiiet, L., professeur k TUniversit^ de Gand, rue St- Pierre, 2, Gand. 

Cluydts, Edmond, juge au Tribunal de i"^ Instance, rue d*£gmont, 19, 
Malines. 

Cluydts, Fran9ois, notaire, 6chevin, march^ aux Cuirs, 7, Malines. 

Cluytens-Suetens, peintre, rue de la Chauss^e, 54, Malines. 

Coemans, Eugene, major retrait^, rue Conscience, i, Malines. 

Coene, Ernest, chauss^e d'Hombeek, Malines. 

Coenen, L6on, 6tudiant en droit, Weerde. 

Cogels, Paul, president dc lasoci^te des Bibliophiles An vcrsois, chateau de 
Boeckenbergen, Deurne-lez- Anvers. 

Colens, Jules, conservateur des archives de TEtat, rue Haute, 2, Bruges. 

Histoire et arcbeologie, 

Coolen, Edouard, pharmacien, conseiller communal, rue de TEmpereur, 
Malines. 

Coolen, Francois, docteur en m^decine, rue dc TEmpereur, Malines. 

Combaz, Paul, major du G6nie en retraite, rue de la Banque, 10, Bruxelles. 

Arcbeologie en general', arcbileeture, constructions militaires; sciences prebistoriques. 

Comhaire, Charles, vice-president du tribunal civil, boulevard de la Sau- 
veni^re, 116, Liege. 

Histoire de Liege an moyen age. 

Comhaire. J.-Ch., archiviste de la society Les Amis du Vieux Liep^e, boule- 
vard do K Sauveniere, 116, Li^j[;e. 

/V('- rt ftrolohisloire; arclu'oloetlr ; folkhirr. 

Coninckx, H.-J.-B., professeur a rAcadf-mie <les Beaux-Arts, rue du Ruis- 
seau, 23, Malines. 

Arcbeologie ; histoire ', folklore. 

Coninckx (M"**^ Vv*^), nie du Ruisseau, 23, Maliues. 

Coppens, Edmond (abbe), professeur a TAthen^e Royal, rue dc la Blan- 
chisserie, 4, Malines. 

Cordemans, Henry, libraire, rue du Gentilhomme, 10, Bruxelles. 

Cordemans (M™<» H.), rue du Gentilhomme, 10, Bruxelles. 

Cortyl, Eugene, docteur en droit, rue d*Ypres, 46, Bailleul (Nordj. 

Etudes bistoriques, 

Coucke, Samuel, peintre verrier, rue courte des Foulons, 16, Bruges. 
Crets, Joseph, 6tudiant en droit, rue des L^preux, 14, Malines. 



-75- 

Cron, JulieD, greffier, rue de la Chauss^, 56, Malines. 

Croquet, Jean-Baptiste, cur6, Maulde. 

Cumont, Franz, professeur k TUniversit^ de Gand, rue Montoyer, 79, Bru- 
xelles. 
Archdologie antique. 

Cumont, Georges, avocat a la Cour d*appel de Bruxelles, rue de TAquc- 

due, 19, Bruxelles (St-Gilles). 
Numismafique, prekisiorique, arckeologie en general, 

Cuvelier, Charles, chanoine, chauss6e de Tervueren, 8, Malines. 

Cuyx, Jean- Arnold, cur6, Capelle-St-Ulric, Temath. 

D 

d'Acy, Ernest, boulevard Malesherbes, 40, Paris. 
Etudes prihistoriques. 

Daimenes, Anthyme, ingenieur, profess, a rUniversite librc, rue Royale, 4, 
Bruxelles. 
Geologie, mineralogie, cristaUographie, arckeologie prehistorique, technologie mi- 
nerale, 

Daimeries (M""), propri^taire, rue Royale, 4, Bruxelles. 

Denielles anciennes, 
Daimeries, P., propri6taire, rue Royale, 4, Bruxelles. 

Daniels, Polydore (abbe), a Vogelsanck (Zolder). 
Etudes kistoriques, archeologiques, numismatiques, 

d'Auxy de Launois (comte Alberic), vice-pr6sident du Cercle d'archeologie 
de Mons, boulevard Dolez, i3, Mons. 
Uepoque hdgo-romaine etfranque. 

De Bavay, Gustave, conseiller a la Cour de cassation, rue des Palais, 32, 
Schaerbeek. 

de Baye (baron Joseph), membre de la soci6t^ nationale des Antiquaires 
de France, avenue de la Grande Arm6e, 58, Paris. 

Archeologie prehistoriqtu, gauloise. Epoquc des ifwasions barbares du /<"" au :Y/« 
siccle de noire ere, 

de Behault de Dornon, Armand, indicateur du commerce et des consulats 
au minist^re des affaires 6trang6res, rue de Turquie, 56, Bruxelles. 
EpOijue Jranque, — Fortifications du moyen age, — A rtillerie des flandres sous 
les dues de Bourgogne, 

de Bertouch, Grand Vcneur de S. M. le roi de Danemarck, rue porte de 
Bruxelles, Malines, membre honoraire. 

De Bie, Auguste, professeur au college St-Rombaut, Malines. 

de Bisschop, Alphonse, licenci^ en sciences morales et historiques, rue de 
Lille, 82, Ypres. 
Histoire, 

De Blauw, Francois, rue de la Chauss^e, 19, Malines. 

De Bock-Bauwens, C, candidat notaire, conservateur 4u Musee, Saint- 
Nicolas. 



— 76 — 

de BoDnault (le baron Xavier), inspecteur de la Soci^t^ fran^aise d'archeo- 

lop'ie, chateau d*Hailles par Montreuil (Somme). 
dc BoDoault (M°^^), chateau d'Hailles par Montreuil (Somme). 
De Bruyn, Ministre des Beaux- Arts, rue de la Loi, Bruxelles, President 

dlionneur. 
De Camps, Alex.-Joseph, cur6, Harmiji^nies-lez-Mons. 
de Cannart d*Hamale, Art., avenue de 1' Hippodrome, 4S, Bruxelles. 
de Cannart d*Hamale, L6on, major au 2<^ Chasseurs k pied, boulevard Do- 

lez, 21, Mons. 
De Ceuleneer, Adolphe, professeur a TUniversite de Gand, rue de la Con- 

fr6rie, 5, Gand. 
Histoire romaine, dcs heaux-arts, geographic. 
De Clerck (Mgr), Vicaiie-General, rue de Stassart, Maliues. 
De Cocq, Fritz, rue d'Hanswyck, Malines. 
De Cordes, Henri, juge de paix, rue d*Hoves, 116. Enghien. 
De Coster, Jean, chanoine, superieur du Petit- S^minaire, rue de la Blan- 

chisserie, Malines. 
De Crane, L6on, rentier, rue Conscience, 62, Anvers. 
de Formanoir de la Cazerie, Aug., general d*Artillerie, en retralte, rue des 

J ^suites, 49, Tournai. 
de Ghellinck d*£lseghem (comte Amaury), Elseghem, pres Audenaerde. 

Histoire, genealogie. 
de Graux, ing^nieur, boulevard des Arbal^triers, 32, Malines. 
de Graux (M"**"), boulevard des Arbal^triers, 32, M^nes. 
De Grave, O., d^l^gue de la Chambre Syndicale provinciale des Arts indus- 

triels, Gand. 
De Grave, Ren6, magistrat, rue du Sud, 57, Fumes. 

Etudes historifjues, 
de Hauteclocque (le comte G.), rue Mcaulens, 2, Arras. 

Etudes historiques, 
De Herdt, cure, Bollebeeck. 
d*Herbomez, Armand, rue Beyaert, 53, Tournai. 
de Jamblinne de Meuse (le baron Theophilc), capitaine commandant aux 

Carabiniers, square Ambiorix, 48, Bruxelles. 

De Jode, Victor, avocat, rue des Augustins, i32, Malines. 

De Kegel, Felix, rentier, rue de la Station, 52, Soignies. 

De Kock, A., longue rue des Bateaux, Malines. 

De Kock (M<^'® Alice), quai au Sel, 9, Malines. 

De Kock (M"** L.), quai au Sel, 9, Malines. 

De Kock (M«"« Martha), quai au Sel, 9, Malines. 

Delacre, Ambroise, rue du beau Site, 24, Bruxelles. 

Delacre (M"»«), rue du beau Site, 24, Bruxelles. 



— 77 — 

de la Grange, Amaury, propri6taire, rue Victor Hugo, 197, Bois-de-Co- 
lombes par Paris. 
Etudes hisiariques ei archdohgiques, 

Delaite, Julien, docteur en sciences naturelles, rue Hors-ch4teau, 5o, Li^ge. 
Etudes waUotmes et folklore: 

de la Roche Marchiennes, Emile, propri^taire, Harvengt par Harmignies. 
Prchistoriques et helgo-rotnaines. 

de Latre du Bosqueau, Amaury, propri^taire, rue de Joncker, 9, Bruxelles. 
Epoques gaUo-rotnaine etfranque. 

Delbeke, Leopold, artiste-peintre, rue de Crenelle, 38, Paris. 
Etudes archeologiques d^architeciure, de peiniure et sculpture, 

Delessert, Eugene, ancien professeur, Ville-la-Rive, Cally (Suisse). 

de Leu de Cecil, commandant d'Artillerie, chateau de Beaulieu, chauss^e 
de Battel, Malines. 

de Leuze, Amand, docteur en th^ologte, cure de Graux-St-G^rard (Namur). 
Etudes kistariques et genealogiques, 

De Le3m, Alphonse, chanoine, docteur en droit, rue du Mar^cage, 52, 
Bruges. 
Hagiographie et biographie, 

Delhaire, Emile, industriel, rue des Ramars, Gosselies. 

Delignieres, Emile, avocat, ofticier de Tinstruction publique, rue des grandes 
Ecoles, 3, Abbeville. 
Etudes artistiques, historiques et archeologiques, 

de Limburg Stirum (le comtc Thierry), senateur, rue de la Loi, 116, Bru- 
xelles. 

de LoS (le baron Alfred), secretaire general de la soci^t^ d'arch^ologie de 
Bruxelles, rue de Londres, 4, Bruxelles. 

Palethnologie, antiquitds belgo-romaine etfranque. Etknographie, 

Delpy, Adrien, architecte, rue du Congr^s, 47, Bruxelles. 

Delvaux, notalre, rue Louise, Malines. 

Delvaux, Charles, ^tudiant, rue Louise, Malines. 

Delvaux, Emile, g6ologue, avenue Brugman, 216. Uccle. 
Geologie siraiigraphique, — Paleottt logie, — Anihropolngie, 

Delvigne, chanoine, rue de la Pacification, 14, St-Josse-ten-Noode. 

de Maere (le baron Aug.), president de la soci^t^ d'arch^ologie et d*his- 
toire de Gand, rue de la Valine, 70, Gand. 

de Maesschalck, P.-G., Termonde. 
Etudes archeologiques et artistiques^ 

de Marneffe, Edgard, sous-chef de section aux archives du royaume, bou- 
levard des Capucins, i63, Malines. 
Etudes historiques, 

de Marneffe (M"'^' Bdg.), boidevard des <Z)apucins, i63, Malines. 

de Marsy (le comte), directeur de la society fran^aise d'arch^ologie, rue 
de la Sous-pr6fecture, 6, Compi^gne, president d'bonneur. 
Histoire et archeohgie du moyen age. 



-7^- 



de M61olte de Lavaux (le chevalier Victor), ing^nieur, aux Awirr, par Engis. 

Demeuldre, Am^, ancien notaire, president du cercle arch6olcgi<iuc, rue 
Neuve, Soignies. 
Etudes hisioriqucs. 

Demeuldre (M™* Am^), rue Neuve, Soignies. 

de Nadaillac (le marquis), correspondant de Tlnstitut de France, rue 
Duphot, 1 8, Paris. 
Anihropologie. — Ethnographic. — Economic Politique. 

Denis, avocat, bourgmestre, rue Conscience, Malines, president dlion- 
neor. 

Denis, lieutenant d'Artillerie, chateau de Battel, Malines. 

De No3'ette, Modeste, architecte, rue de 1^6glise, Ledcberg. 

De Pauw, Ch.-G., chanoine, rue de Stassart, 24, Malines. 

De Pauw, Louis, conservateur des collections de 1* University et de la so- 
ci^te d*Anthropologie de Bruxelles, chauss^e St- Pierre, 74, Etterbeek. 
FoiMles romaines, franques, gauloises, 

de Pauw, Napoleon, avocat- g6n6ral i la Cour d*appel, rue des Violettes, 
279, Gand. 
Ancien droit Jlamand, histoire Belgique, gencalogic d heraldique. 

de Pierpont, Edouard, chateau de Riviere par Profondeville. 

Anthropologic, (thttographie, geologic, 

Depoin, Joseph, secretaire general de la soci^t^ historique du Vexin, rue 
Basse, 5o, Pontoise. 
Histoire ei archcologic du moyen age, gencalogic, etudes socialcs- 

De Pratere, Florent (Fabb^), professeur d'histoire k Tlnstitut St-Li6vin, 
rue d' Argent, i, Gand. 
Histoire, 

De Puydt, Marcel, vice-president de Tlnstitut arch6ologique Liegeois, 
boulevard de la Sauveni^re, 108, Li^ge. 
A rcheologie prehistoriquc, 

De Puydt, Oscar, organiste, rue des Vaches, Malines. 

de Raadt, Theodore, avenue Ducpetiaux, 53, St-Gilles (Bruxelles). 

de Radzitzky d*Ostrowick (baron Eug.), proprietaire, rue de Stassart, i, 
Malines. 

Derboven, V., conseiUer communal, rue Neckerspoel, Maline?. 

De Rees, Auguste, instituteur, rue des Tanneurs, 4, Malines. 

De Ridder, Paul, rue Joseph II, 96, Bruxelles. 

de Royer de Dour (le baron Hyppolyte), commissaire d'arrondisscment, 
avenue Louise, 114, Bruxelles. 

De Sch yver, Simon, vice-consul de Venezuela, rue Delocht, 16, Bruxelles. 

Desclee, Ren^, avocat, rue St-Jacques, 41, Tour9ai. 

de Selys Longchamps, Walter, senateur, Halloy pres Cine}'. 

Desmaisieres (le vicomte Albert), chd,teau de Heers par Looz (province 
de Limbourg). 

De Smet, Alois, maitre de chapelle, rue du Bruel, Malines. 



De Smeth, L^n, notaire, quai des Salines, 7, Tournai. 
De Sneth (M™^), qua! des Salines, 7, Tournai. 

De Smedt, R. P. S. J., BoUandiste, rue des Ursulines, 14, Bruxelles. 
De Soignie, Jules, directeur honoraire du Gouvernement du Hainaut, rue 
Traversi^re, i3, St-Josse-ten-Noode. 

Economie ruraU» 

Desiive, Isidore, vice-doyen-cur6, Quaroubles par Onnaing (Nord). 

Histoire el arcbeologie. 

Despret, ^F^lix, notaire, rue de Bouchaine, 16, Ath. 

Mobilier civil et arts decoratifs, 

des Robert, Louis- Emile- Ferdinand, de Tacad^mie de Stanislas, rue Villa 
de la P6piniere, Nancy. 

Campagnes de CbarUs IV en Flandre (i64S-i6$4). 

Destree, Joseph, conservateur aux Musses Royaux, chauss^c St-Pierre, 

109, Bruxelles. 
Deswatines, Gustave, juge de paix, Antoing. 

Ardtiologie, 

de Valois, Jules, propri^taire et maire, Aum^tre (Somme). 

Sepultures, 

de Vasconcellos, Joachim, Porto. 

De Villers, Leopold, conservateur des archives de TEtat, Pare, 24, Mons. 

Archives, histoire, arcbeologie, 

de Villenoisy, Francois, attache aux Musses nationaux de France, bi- 
blioth^caire-adjoint du mus^e du Louvre, rue Washington, 32, Paris. 

Arcbeologique prihistorique, geograpbie physique et bydrograpbie souterraine, 

de Vinck de Winnezeele (le baron), president de I'Acad^mie Royale d'ar- 

chtologie de Belgique, avenue des Arts, 139, Anvers. 
De Vos, Alphonse, conseiller communal, rue de la M^lane, Malines. 
De Vrle?, Emile (abb6), professeur au Petit-S^minaire, rue de la Blanchis- 

serie, 5, Malines. 
De Walque, Antoine, pr^fet des etudes a TAth^nce Royal, Malines. 
De Walque, Gustave, professeur ^merite a TUniversile de Liege, rue 

de la Paix, 17, Liege. 

£tudes prebistoriques. 

De Wandeleer, Guillaume, rue de la Constitution, Malines. 
de Wargny, Gaspard, rue du Bruel, Malines. 
de Wargny, juge d* Instruction, place Ragheno, Malines. 
De Weerdt, chanoine, professeur au Grand S^minaire, Malines. 
de Witte-Lousbergs, industriel, vice-consul de Portugpl, rue M^kne, 4, 
Malines. 

de Witte« Alphonse, rue du Tr6ne, 49, Bruxelles. 
Numismati^, 



— 8o — 

de Witte, sous-lieutenant d'ArtiUerie, rue des Begfuines, 26, Maline*. 

de Wouters de Bouchout (le chevali^ Joseph), boulevard des Arbaletriers, 
28, Malines. 

Dicgerick, Alphonse, conservateur des archives de TEtat, boulevard de la 
Citadelle, 14, Gand. 
Histoire, hihliographie. 
Diercxsens, L^on, avocat, rue du Bruel, 76. Malines. 
Dierickx-Beke, imprimeur, rue de la Chauss^e, Malines. 
Dieudonn^, Henri, docteur en m^decine, rue Notre- Dame, Malines. 
Dogn^e, Eug., Madrid. 

Donnet, Fernand, secretaire de TAcad^mie d'arch^ologie de Belgique, rue 
Longue-Lozane, 28, Anvers. 

Donny, L6oi>old, secretaire de legation de S. M. le Roi des Beiges, rue 
d*Arlon, 42, Bruxelles. 

Doppler, Pierre, docteur .en phllosophie et lettres, conservateur-adjoint 
des archives de FEtat, Maestricht. 

Dosveld, Louis, architecte de la ville, rue de la grosse pomme, 10, Mons. 

Archeologie monumentale, 
Doutriaux, Andre, rue d'Oultreman, 12, Valenciennes. 

A rckiologic du moyen dge (X^ au X VI« sieclc), 

Driesquc, J.-H-, huissier, rue du Bruel, Malines. 

Drion, Victor, rue Ducale, 19, Bruxelles. 

Dubois, Jean, rue du Bruel, 37, Malines. 

Duclos, Adolphe, chanoine, cure, Perwyse. 

Du Fief, Jean, professeur honoraire d*Athenee, rue de la Limite, 116, Bru- 
xelles. 

Geographic universelle et historique, 

Dupont, Henri, general major du Genie, en retraite, rue Charles Quint, 3i, 
Gand. 

Duthil, Jules, critique d'art k La Depfiche, rue du cure St-Etienne, Lille. 

A rt Hainand, peinture et architecture, 

du Trieu de Terdonck, Joseph, rue du Poivre, Malines. 

du Trieu de Terdonck (M"** J.), rue du Poivre, Malines. 

Dutry-Van Loo, Jules, negociant, rue des Champs, 14, Gand. 

E 

Eeckman, Alexandre, membre de la Commission des monum3nts histo- 

riques du Nord, rue Alexandre Leleux, 28, Lille. 

Archeologie prehistorique, romaine ct franque; Histoire et geographic de la 
Flandre, 

Elsen, cu.e, doyen, Anvers. 

. Evenepoel, Albert, rue Royale, 26, Bruxelles. 



— 8i 



Faidherbe, Alexandre-Joseph, docteur en medecine, rue de I'Hospice, 38, 
Roubaix. 

Histoire midicale, surtout en ce ^i concerne la Flanire ancienne. 

Favier, Alexandre, propri^taire, rue Saint-Jean, i8, Douai. 

Travttux d*art et d'arcbeologie. 

Festraets, Pierre, orfivre, rue du Bruel, Malines. 
Filet, Alexandre, cur^, place, Montreoeul-au-bois. 

Arcbeologie, 

Flahault, R., abb^, Dunkerque. 

Hagiographie de la Flandre marilime. 

Fourdrignier, Edouard, arch^ologue, Grande rue^ 112, Sevres. 

Arcbeologie et numismatique gauloise et mirovingienne ; industrie et art ciramique des 
periodes mycinienne et bellenique; musique ancienne, 

Francart, Adolphe, avocat, rue Grande triperie, 34, Mons. 

Francq, Paul, rentier, rue Conscience, Malines. 

Frans, capitaine commandant d'Artillerie, rue des Vaches, Malines. 

Fraipont, Julien, professeur k TUniversite de Li^ge, rue Mont-Ssunt-Mar- 
tin, 33, Li^ge. 

Paliontologie, antbropologie et arcbeologie prebistorique. 

Fr^d^richs, Jules, professeur d'histoire et de g^graphie a TAthen^e Royal, 
rue de la Chapelle, 49, Ostende. 

Histoire et arebiologie. 

Prison, Jules, conseiller k la Cour d'appel de Li^ge, rue de TOuest, i5, 
Li^ge. 

Histoire et arcbeologie, 

Fris, Victor, avocat, membre de la Chambre des Repr^sentants, rue d'Eg- 
mont, Malines. 

Fris, chanoine, inspecteur dioc^sain. Boulevard des Arbal^triers, Malines. 

Fris, P., notaire, rue des Vaches, 5i, Malines. 

Fromes, Armand, substitut du procureur du Roi, rue de la Station, 43, 
Malines. 



Cabaret, Alphonse, pharmacien, rue du Neckerspoel, 36, Malines 
Gaillard, Jos., cur6 de Geer (par Rosaux-Goyer). 
Galand, Cyprien-Joseph, instituteur, Latinne par Braives. 
Galioo, Auguste, ancien notaire, propri^taire, Radinghem (Nord). 

Etudes d'bistoire et de langue Jlamande en cequi concerne notamtnent les arrondissements 
de Dunkerque et Ha\ehrouck, 

Gautier (Mgr), pr^at domestique, rue Lotuse, Malines. 
Geefs, Eug6ne, architecte, rue Leopold, 45, Anvers. 

Architecture. 



- 8a - 

Oeens, employ^ au chemin de fer. Boulevard des Capucins, 198, Malines. 

Geerts, Joseph, ing^nieur, St-Nicolaa. 

Geirnaert, Henri, architecte, rue Nieuwpoort, xo, Gand. 

Gendebien, L6on, avocat, Thuin. 

Genonceaux, Pedro, rue Conscience, 60, Malines. 

Germain de Maidy, L^n, secretaire perp6tuel de la Society d'arch^ologie 
Lorraine, rue H^r^, 26, Nancy. 

Histoire et arcbiologU de la Lorraine, blason, epigrapbie et iconograpbU cbretiennes, 

Geudens, Albert, artiste-peintre, rue de la Ch^vre, 29, Malines. 

Geudens, F.-A.-Edmond, archiviste aux hospices civils d^Anvers, rue de 
TEmpereur, 3o, Anvers. 

Arcbeologie, bistoire, 

Geuens (M"^), sup6rieure du B6guinage, rue des Nonnes, Malines. 
Giard, Georges, rue des Famars, 92, Valenciennes. 

Questions d'bistoire locale, 

Gielis, Franz, docteur en m^ecine, rue des Vaches, 33, Malines. 

Giddelo, H., commis des t^l^aphes, rue Conscience, 27, Malines. 

Gill^s de P61ichy (le baron Ch.), licenci^ en sciences morales et histo- 
riques, chateau d'Iseghem. 

Histoire, arcbeologie, paleontologie, 

Gillis, Emmanuel, docteur en m6decine, rue Leopold, Malines. 
Gobbe, receveur des contributions, M61ane, Malines. 

Goblet d'Alviella (le comte), recteur de TUniversit^ de Bruxelles, au chateau 
de Court-St-Etienne. 

Histoire des religions; archiologie. 

Goblet, Alfred, avocat, rue Saint- Jacques, 6, Tournai. 

Histoire. 

Godenne, Alexandre, dditeur, grand' place, 28, Malines. 

Godenne, Lipoid, 6diteur, grand* place, 28, Malines. 

Goffaerts, Camille, president de la St-Lucas-kunstg]lde,Voer des Capucins, 
2o, Louvain. 

Arcbiologie religieuse au moyen dge, 

Goidts, Gust., cur6 des SS. Jean-Baptiste et Evang^liste, rue des Vaches, 
Malines. 

Goosscns, Edmond, juge de paix, rue Leopold, 22, Malines. 

Goossens, L6on, entrepreneur, rue du Bruel, 92, Malines. 

Goovaerts, Alphonse, archiviste-adjoiot du royaume, avenue Marie-Clo- 
tilde, 4, Watermael. 

Gosse, Hippolyte-Jean, professeur i TUniversite de Geneve, conservateur 
du mus^e archeologique, rue des Chaudronniers, 7, Geneve (Suisse). 

Grachet de Lary, rue Blanche, 5, Paris. 

Grafdau, Firmin, ing6nieur-directeur de sucrerie, Trogn^e (Avemas)* 

Orootaert, Ernest, ing^nieur, rue des Tisserands, x9, Gand« 



— S3 — 

Guerlin, Robert, president de la soci^t^ des antlquaires de Picardie, rue 
Lemerchier, 23, Amiens. 

Guillauxne, Fran90is, chef de bureau aux chemins de fer, rue aux herbes, 
33, Mallnes. 

Guilmot, Edgar, docteur en m6decine, rue H6tel des monnaies, 62, St- 
GiUes (Bnixelles). 

Guinard de Butteville, Ludovic- Leopold, vice-president de la Society 
d*histoire naturelle de Loir et Cher, chateau de Sans-Souci, a Chouzy 
(Loir et Cher). 

Etudes bisforiques, gaUo^iftnainetbelgo-romainetfranquet merovingienne; Mason, heral- 
difue andenne. 



Habets, Alfred, docteur en philosophie et lettres, professeur k rAth6n6e 
Royal, Ostende. 

Halflants, Paul, college du St-£sprit, Louvain. 

Hankar, Paul, architecte, rue de Facqz, 63, St-Gllles (Bruxelles). 

Antiquitis prihistoriqius et franques, 

HaUcin-Bailly, Joseph, docteur en philosophie et lettres, rue Dothde, 5o, 
Li^e. 

Etudes historiques, moyen age, 

Hambye, Adolphe, notaire, rue du Mont de pi6t6, 24, Mons. 

Hamy, Ernest, membre de Tlnstitut, professeur au museum d'histoire 
' naturelle, rue Geofiroy-St-Hilaire, 36, Paris. 

AtUhropologie el etbnograpbie, anatomie bumaine, geograpbie. 

Hanon de Louvet, Alphonse, propri^taire, ^chevin, rue St-Georges, 9, 
Nivelles. 

Etudes ^rebiohgiques, pbilologiques, Utteraires, etc, 

Hansen, C.-J., rue du Lion de Flandre, i. An vers. 
Haverland, Eug., rue de France, 124, Roubaix. 

Pribistorique, art du moyen age, 

Haubrechts dc Lombeek, chateau de Lombeek-Notre-Dame. 

Hecq, GaStan, capitaine commandant aux Grenadiers, rue de la Limite, 68, 
St-J osse-ten-Noode. 

Heins, Armand, artiste peintre, rue de Brabant, 9, Gand. 

Arcbeologie pittoresque. 

Hellemans, Louis, president du Tribunal de i^® Instance, rue de TEmpreur, 
36, Malines. 

Helbig, Jules, artiste peintre, rue de Joie, 8, Li^ge. 

Helsen, cur6-doyen, LonderzeeL 

Henrion, lieutenant d'Artillerie, march6 aux Cuirs, 33, Malines. 

Hermans, Victor, archiviste communal, rue des Vaches, Malines. 

Hertsens, Alphonse, entrepreneur^ Tuileries, 7, Malines. 



-84- 

Hippert, Theodore, vice-pr6sident du tribunal civil, rue de la Loi, 56, 
Bruxelles. 

Iconograpbie Br9ucelloise, gravure sur hois et metal. 

Hildebrand, Hans, ddUgud officid du Gouveruenunt Studais, antiquaire du 
royaume de SuMe, secretaire perp^tuel de TAcaddmie royale des Belles 
Lettres, dliistoire et des antiquit^s de Stockholm, membre d'honneur de 
plusieurs soci6t6s savantes. 

Hock, Adiien, ancien commissaire d'arrondissement, rue L6anne, lo, 
Namur. 

Etudes prebistoriques. 

Hochsteyn, J.-B., directeur de service honoraire k Tadnunistration des 
chemins de fer de TEtat, rue d'Artois, 6i, Bruxelles. 

Hocquet, Adolphe, archiviste de la viUe de Toumai, chauss^e de Wille- 
mean, 35, Tournai. 

Houbanckx, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Houz6, Emile, docteur en m^decine, professeur d*anthropologie i TUni- 

versite de Bruxelles, boulevard de Waterloo, 98, Bruxelles. 

Anatomie comparde des races bumaines et plus specialement etude des races de la Belgi^ 
^le. 

Houzeau de Lehaie, A., s^nateur, Mons (Hyon). 

Hubert, Joseph, architecte et ing6nieur, ruede la terredu Prince, 21, Mons. 

Arcbiologie tnonutnentale. 

Hublard, Emile, docteur en sciences naturelles, boulevard de Tlndustrie, 
27, Mons. 

Prebistoire, arcbiologie franque. 

Huybreghts, Auguste, vicatre k St-Rombaut, rue de Stassart, 4, Malines. 
Huybrigts, Francois, conducteur principal de i*^ classe des Fonts et chaus- 
s^es, Tongres. 

Antiquites Romaines a Tongres et aux environs ; mohilier funiraire romain ; monnaies 
germaniques et romaines. 

Huyghebaert, I., n^gociant, rue Sainte-Catherine, Malines. 

Hymans, Henri, conservateur i la Biblioth^que Royale, rue des deux 
^glises, i5, Bruxelles. 



Iserentant, Pierre, professeur k rAth^n^e Royal de Malines, Bruel, 84, 
Malines. 



Jacques, Victor, docteur en mddecine, professeur k TUniversit^ de Bru- 
xelles, rue de Ruysbroeck, 36, Bruxelles. 

Folklore, itudes prebistoriques, antbropologie. 

Jacops (Mgr), chanoine titulaire, rue des Vaches, 56, Malines. 



— 85 — 

Janssens, professeur au CoU^ St>Romba«tt march^ au B^tail, Malinbsi 

Janssens, Ach., march^ au B6tail, 38, Malines. 

Janssens, C, contr61eur des Contiibutions, rue Lipoid, 53, Malines. 

JanssenSf sous-lieutenant d'Artillerie, Malines. 

Janvier, Auguste, boulevard du Mail, 73, Amiens (Nord)« 

Hisioire dc la province de Picardu, plus parHcuUirenuntA miens et Vamienois. 

Jeghers, Oscar, professeur au Petit-S^minaire, Malines. 

Arckedogic religieuse, 

Jorissenne, Gustave, docteur en m^decine, boulevard de la Sauveni^re, i3o, 

Li^e. 



Kaisin, Joseph, propri^taire, rue de T^glise, Farciennes. 
Archeclogie et Hisioire. 

Karsseleers, cur^doyen, Hal. 

Kempeneer, Albert (abb6), professeur au College St-Jean Berchmans, place 
dc Meir, Anvers. 

Kempeneer, J.-B., avocat, rue des Vacbes, Malines. 
Archkiogie, hisioire. 

Kennis, H.-Th., aumdnier de la prison, rue des Ciseaux, 10, Malines. 

Kintschots, cur^ des SS. Michel et Pierre, Anvers. 

Kock, Auguste, rue de la Chauss6e, 18, Malines. 

Kremer, L6on, pharmacien, Couillet. 

Kumps, G., notaire, rue du-Liivre, 10, Malines. 



Lacave-Laplagne, Jean, avocat a la Cour d'appel de Paris, rue Pas- 
quier, 8, Paris. 
Archeologie, archicieciure, 

Lracquet, Ernest, mcmbre de la Commission locale des monuments, rue 
Ilaut Port, 10, Gand. 

L^enen, H.-M., curd a Berg-lez-Tongres. 

Laenen, Jos., docteur en mddecine, Wavre Ste-Catberine. 

Lraenen, Jos. (abbd), rue de la Princesse, 26, Anvers. 

Laenen, P. -J., grand* place, Malines. 

Laenen, R., docteur en m^ecine, Putte. 

Lagrange, Eugene, professeur 4 TEcole militaire, rue des Champs-]£lys6es, 
602, Ixelles. 

Lrabaise (Mgr), prdlat de I'Abbaye, Grimbergen. 

Langerock, Pierre, architecte, place St-Jacques, Louvain. 
Resiauration des (utciens mottumcKts. 



— 86 — 

Lavalette-Weinknecht, Victor, rentier, avenue Van Beveren, Uccle. 

Archeohgie, 

LafoUye, Paul, architecte, rue Condorcet, 34, Paris. 
Archeohgie rdigieuse. 

Lair (le comte Charles), inspecteur divisionnaire de la soci6t6 Fran^aise 
d'aich^ologie, chateau de Blou. 

Lameere, Eugene, docteur en philosophie et lettres, chauss6e de Char- 
leroi, 119, St-Gilles (Bruxeiles). 

Lambo, Aloys (abbe), professeur au Petit-Sdminaire, Malines. 
Nunt^matique, 

Lauwens, Alphonse, marche au Bdtail, 25, Malines. 

Lauwers, Edouard, professeur, rue de BeiSer, 12, Malines. 

Lauwers, Louis, professeur au Petit-S6minaire, rue de la Blanchisserie, 5, 
Malines. 

Lauwerys, chanoine, professeur au Grand S^minaire, Malines. 

Le Blus, Hector, docteur en m^decine, conselller provincial, longue rue 
des Bateaux, Malines, Vice-Pr6sident du Congrds. 

Le Blus (M™** H.), rue des Bateaux,- Malines. 

Le Bon, Henri, avocat, juge suppliant, Nivelles. 

Lebrun, Albert, capitaine-commandant, place du Tr6ne, 4, Bruxeiles. 

Lebrun, F., conseiller communal, rue Haute, 7, Malines. 

Lechat, Emile, commandant d'Artillerie, Neckerspoel-Xieuwendyck. 18, 
Malines. 

Lef^vre, Gabriel, bourgmestre, Landen. 

Lefebvre, L6on, imprimeur, rue de Tournai, Lille. 

Legrand, C, St-Omer.. 

Le Grelle (le comte Oscar), conseiller communal, rue des Pinsons, 17, 
Anvers. 

Leite de Vasconcellos, Jose, professeur a la Biblioth^que nationale deXis- 
bonne, directeur du musec Ethnologique Portugais, Bibliotheque natio- 
nale, Lisbonne. 
Ethnologie et phiblogie Portugaises, 

Leman, Charles, rue Lurlebio, 3i, Compiegne. 

Lemesle. chanoine, directeur du College St-Rombaut, Malines. 

Lemonnier, Alfred, ing6nieur, boulevard d'Anderlecht, 60, Bruxeiles. 

le Sergeant do Monnecove, Felix, ancien depute, rue St-Florentin, 4, 
St-Omcr. 
Recherches sur Fhistoire du Nord de la France, critique d'ari. 

Lesneucq-Jouret, Theodore, secretaire communal, Lessines. 
A rcheologie et hisioire. 

Le Tellier, Abel, rue de la grande Triperie, 3o, Mons. 

Gravures de Vecolefla$nande et koUandaise du X K/« et X VII' Steele. 

Leys, chanoine, professeur au Grand' Seminaire, Malines. " 



-87- 

Lhoest, Emile, avocat, rue de Suisse, X2, St-Gilles (Bruxeiles). 
FaSences d Porcdcdnes, 

Libotte, Francois, propri6taire, rue de Spa, 69, Bruxeiles. 

Licot, architecte provincial, Scbaerbeek. 

Lievevrouw-Coopman, chauss^e de Swjmaerde, 21, Gand. 

Lievevrouw-Coopman (M°^), chauss^e de Swynaerde, 21, Gand. 

Lion, D., march^ aux Grains, Malines. 

Loes, Francois, cure, Hondelange (Arlon). 

Lombaerts, Edmond, avenue des Arts, 146, Anvers. 

Numismafique et sigiUogtaphU, 

Loncin, Armand, secretaire 4 rarchev^ch^, cimetiere Notre- Dame, 
Malines. 

Loncin, Eugene, docteur en m^ecine, rue Louise, 33, Malines. 

Lop^, Joaquim-Mauricio, consul g^n^ral de Portugal, rue de I'Esplanade, 
3o, Anvers. 
Archiologic, histoire, 

Loret, Leopold, receveur Provincial, rue de la Raquette, 16, Mons. 
LUUraiurc, fhihlogu. 

Losset, Auguste, directeur honoraire de I'octroi municipal, Enclos du 
B6guinage, 18, Valenciennes. 
, Arckeologie, hisioire locale, 

Losseau, L^n, avocat, docteur en sciences politii^ues, rue de Nimy, 37, 
Mons. 

SociologU et droii, hibliogrAphk, 

Louchart, J., rue des Vaches, 69, Malines. 

Lourdault, Achille, organiste, rue du Comet, iSo, Etterbeek. 

Louveaux, Charles, docteur en m^decine, rue d*Hanswyck, Malines. 

Lucas, Charles, architecte, expert pr^s le tribunal civil de la Seine, rue de 
Dunkerque. 23, Paris. 

Lyon, Clement, publiciste, ancien officier de Farmee, rue de Montigny, xi, 
Charleroi. 
Etudes historiques sur le pays de la Sanibre, 

Lyon (M"»« Clement), nie de Montip^ny, u, Charleroi. 
Detttelles, ancieiis verves liefjeois, porcelaines, faiences, etc, 

Maere, Ren^, college du St-Esprit, Louvain. 

Maertens, Joseph, propri^taire, rue de Flandre, 33, Gand, membre hono- 
raire. 

Etudes de Varcheologie et des archives. 

Maes, Alphonse. professeur k Tath^nee, rue Notre- Dame, 19. Louvain. 
Maes, cui6-doyen, Lierre. 



^ 88 — 

Maeterlinck. Louis, artiste-peiatre, conservateur du mus^e de peinture, 
rue du CompromiSt 6, Gand. 
Recherches rdalives aux ctuvrcs d'art tulevus a la Bdgique a differentes epcquis. 

Magnus, Edmond, rue de la Station, 42, Malines. 

Magnus, Oswald, rue de la Station, Malines. 

Mahillon, Victor, conservateur du mus^e du Conservatoire Royal de mu- 
sique, avenue de Walermael, Boitsfort. 

Mahr^ Bailies de fer. Malines. 

Mahy, rue de Bodeghem, Bruxelles. 

Malaise, Constantin, professeur, rue lat^rale, Gembloux. 

Systemcs cambrun et silurien de Bdgique au point de vue staiigraphique et paUon- 
iologique, 

Malbecq. Edm., cure de St-Libert, Neckerspoel, Malines. 

Malfait, Francois, fils, sculpteur, rue du Marais, 99, Bruxelles. 

Arts decor atifs et architecture intirieure depuis Vepoqtte romanejusqu'a nos jours. 

Manteau, lieutenant d'Artillerie, Bailies de fer, i5, Malines. 

Marchal, secretaire perp^tuel de Tacad^mie des Beaux- Arts, Bruxelles. 

Marchoul, grand' place, 12, Malines. 

Marck, Polydore, march6 au betail, 9, Malines. 

Mardulyn, Jean, peinlrc-decorateur, ^rand' pont, Malines. 

Manage, Edouard, conseiller municipal, place de rh6pital genial, 2 et 4, 
Valenciennes. 
Histoire, topographic et archeologle locales, plus particulieremcut au Point de vue 
miliiaire, 

Marielle (abb^). place Ernest Gerard, Beauvais (Oise). 

Maroy, Richard- Louis, docteur en m6decine, rue de la Chancellerie, iS, 
Bruxelles. 

Marsaux, Leopold, H., chanoine honoraire, rue des Jacobins. 68, Beauvais. 
Liturgic, attciennes hroderies, histoire locale, 

Martyn-Loncent (M""*^ Vv«), 6crivain, rue de Bordeaux, 62, Bruxelles. 

Mast, E., ^chevin, Lierre. 

Mataigne, Alexandre, proprietaire, rue du pont neuf, 2, Wavre. 

Mathias, N., major d'Artillerie, rue Conscienco, 5, Malinei?. 

Matthieu, Ernest, avocat, Enghien. 

Recherches historiqiies sur le Hainaut. Histoire de I'emeiguemeni eft Belgique, 

Maurin de Nahuys (M™* la comtesse), chaussee de Charleroi, 123, Bru- 
xelles. 

Mees, professeur au Grand S^minaire, Malines. 

Mertens, Pierre, docteur, conseiller provincial, Gysegem. 

Mertens, conseiller communal, rue haute, Malines. 

Mertens, juge au Tribunal de i*"" Instance, rue d'Hanswyck, Malines. 

Meyns, H., architecte, longue rue des Bateaux, Malines. 

Michel, Edm.-Ch., rentier, Merchtem (Brabant). 
Archiologic moHUfneniale beige du moyen age. 



-89- 

Michiels-Moeremans, Ed., march6 aux Grains, Malines. 
Miertz, chanoine, pr6sident du Grand S^minaire, Malines. 

Moens, Jean, avocat, Lede. 

A rchcokgie prekisiorique. 

Moens, L^on, pharmacien, Grand' place, Malines. 

Moeremans, Fr., recteur de St-Joseph« cliauss6e de Tervueren* x8, Malines. 

Moons, Joseph, rue du poivre, 40, Malines. 

Monseur, £., president de la soci6t6 beige de folklore, rue Traversi^re, 92, 
Bruxelles. 

Morissens, Guillaume, 6chevin, rue Coxie, Malines. 

Morren, Prosper, photographe, rue du Bruel, 52, Malines. 

Muls, Henri, rue de la Chauss^e, Malines. 

Munz, J., rue de Befifer, 36, Malines. 

Muyldermans, chanoine, boulevaid des Arbal^triers, 47, Malines. 

N 

Nee£fs, Prosper, docteur en mddecine, rue Notre-Dame, 71, Malines. 

Neve, Eugene, ing^nieur architecte, rue Sl^vin, 36, Bruxelles. 
ArchiUciure, archeologic» 

Neve, Franz (abb6), rue de Namur, Louvain. 

Etudes hisioriques, speciaUmcnt de la situation dt la Bdgique depuis iSpS it 1^00, 
arckeologie, 

N6ve, Joseph, chef de division a 1* Administration des Beaux- Arts, rue de 
Namur, 59, Bruxelles. 

Nickers, Joseph, cur^, Halanzy. 
Archeohgu et paleontohgie, 

Niemants, J., juge honoraire, boulevard des Arbal^triers, Malines. 

Niemants (M«"«), rue du Bruel, Malines. 

Nobels, Jules, avocat, march6 aux Grains, 45, Malines. 

Nobels, Albert, avocat, march6 aux Grains, 45, Malines. 

Noefhet, Felix, Grand' place, Soignies. 

Notelteirs, J., n^gociant, march6 au B6tail, 54, Malines. 

Noyon, Joseph, profcsseur au College St-Rombaut, Malines. 

Nyssens, sous-lieutenant d'Artillerie, rue des B^guines, 20, Malines. 

O 

Ocreman, L^on, receveur des Hospices, place d*Egmont, Malines. 

Opdebeeck, Henri, conseiller communal, rue Notre-Dame, Malines. 

Opdebeeck (M*^"* C), rue de Beffer, 40, Malines. 

Ortegat, Jules, conseiller provincial, rue des Vaches, Malines. 

Osy de Zegwaert (le baron), gouverneur de la province d'Anvers, Presi- 
dent dlionneur. 



go 



Paques, Erasme, quai d'Amercoeur, 20, Liege. 

Paquet, G.* capitaine retrait6, chauss^e de Forest, 92, St-Gilles (Bruxelles). 

Pardoeiit L., industriel, inarch^ au B^tail, 27, Malines. 

Parmentier, v., v6t^rinaire du 2* regiment d*Artillerie, rue Leopold, 11, 
Malines. 

Paris, Louis, attach6 a la Biblioth^que Royale, rue d'Arlon, 39. Bruxelles. 

Pattyn, D6sir6-Pierre-Jean (abb6), recteur de Notre-Dame des Aveugles, 
rue des Boiteux, 4, Bruges. 

Peeters, Auguste, docteur en m^decine, long foss6 aux Polls, Malines. 

Peeters, J., professeur, Luxembourg. 

Peeters, F., chanoiae pl6ban, cimetiere Saint- Rombaut, Malines. 

Peeters, Henri, docteur en m^decine, Leegheid, 5, Malines. 

Peeters, Louis, rue Leegheid, x8, Malines. 

Pirenne, Henri, professeur k rUniverslt6 de Gand, rue neuve Saint-Pierre, 
z32, Gand. 

Plisnier, P., avenue de Kersbeek, 46, Forest. 

Pluys, Edouard, artiste-peintre verrier, rue de Befifer, 35, Malines. 

Pluys, Leopold, artiste-peintre verrier, rue de Befifer, 25, Malines. 
Hisioin de Vari, architecture, peinture sur verre. 

Poils, Jean- Francois, rue de la Source, 59. Saint-Giiles (Bruxelles). 

Poirier, Gustavc-G.-G., avocat, rue Scailquin, lo, St-Josse-ten-Noode. 

Poncelet, Edouard, conservateur adjoint des archives de I'Etat, rue de la 
Halle, 12, Mons. 
Etudes historiques. 

Por^e, Adolpbe, chanoine honoraire d'Evreux, cur6 de Bournainville par 
Chiberville (Eure). 
Hisioire et archeologie. 

Poullain, Henri, conducteur des ponts et chauss^es, historiographe, rue 
Stanislas Julien, 29, Orleans. 
Archeologie chreiieiine, 

Pourcelet, Julien, ancien notaire, rue de T^^lise, Ecaussinnes-d*Enghien. 
Etudes histoi iques. 

Poutjatine (le prince P.j, marechal de noblesse du district de Vichnj^- 
Volotchak-Zagorodnol[» 28, St-P6tersbourg (Russie). 

Anthrofologie et archeologie prehisioriques. 

Prisse (le baron Edouard), directeur honoraire du chemin de fer Anvers- 
Gand, rue Courtois, 33, Li^ge. 

Puttaert, Emile, artiste-peintre, rue de TEtang, 10, Etterbeek. 

Q 

Quarr^-Rey bourbon, Louis, proprietaire, boulevard de la Liberte, 70, Lille. 
Quoidbach, Fr., boulevard des Arbaletriers, loz, Malines. 



— 91 



Raeymaekers, Desire, m^decin au 3^ regiment d*Artillcne, rue des Augus- 
tins, x8, Tirlemont. 
Gioiogie UrHaire et archcologie Prihisioriques, 

Kaeymaeckers, Victor, professeur au College Saint-Rombaut, Malines. 

Rampelberg, capitaine en second, adj^-major d*Artillerie, rue Leopold, 
69, Malines. 

Ranschyn, Eugene, rue des Palais, 3o, Bruxelles. 

Ranschyn (M*'"^), rue des Palais, 3o, Bruxelles. 

Regnier, Louis, rue Chartraine, 59, Evreux (Eure). 

Archeologie monumentaU; histoire de Vart et des artistes; kistoire de Gisors ei du 
Vexin, 

Renard. Alphonse (abb^), professeur a TUniversit^ de Gand, rue de la 
Station, Wetteren. 

Reusens, Edm., professeur & TUniversitd de Louvain, rue de la Monnaie, 
Louvain. 

Reydams, Adolphe, gdom^tre du cadastre, rue des Tanneurs, 27, Malines. 
Archeologie et histoire locale, 

Richez, Alfred, architecte, rue de Lille, 71, Valenciennes. 
Archeologie, architecture et histoire locale, 

Roland, Ch.-G., cur^ i Bal&tre^ canton de Gembloux. 
Etudes historiques, genealogiques et toponymiques, 

Rondas, Auguste, docteur en m^decine, grand' place, i, Wavrc. 

Rops, Paul, docteur en droit, chateau de Thozee (Mettet). 
Etudes historiques, antiquites franques et gallo-romaines, 

Rosel, cur6 de Saint- Augustln, Anvers. 

Rosier, Jean, artiste-peintre, directeur de 1* Academic des Beaux- Arts de 
Malines. 

Rosier (M"° J.), rue Leopold, 4, Malines. 

Rutot, Aime. conservateur au mus^e d'histoire naturelle, rue de la loi, 177, 
Bruxelles. 
Archeologie prchistoriqtie, histoire du littoral beige, geologic aPpliquce a V archeo- 
logie. 

Ryckmans, Paul, conselUer provincial, rue de la chauss6e, Malines. 

S 

Saintenoy, Paul, architecte de S. A. R. le comte de Flandre, rue de TErmi- 
tage, 72, Bruxelles. 

Histoire de Varchitecture et en general des Beaux- Arts et des arts appUques. 

Saintenoy (M"« P.), rue de TErmitage, 72, Bruxelles. 

Salmon, Georges, professeur au College Saint-Rombaut, Malines. 

Sarmento, Francisco-Martinis, rue de D. Luiz, Guimaraes (Portugal). 



I 



— 92 — 

Sas, Jules, vicaire, rue Delporte, 48, Tirlemont. 

Scellier, Frederic, propri6taire, rue Saint-Fuscien, 26, Amiens. 

Schaeps, Jean, architecte, 58, rue de la province, Anvers (Sud). 
Architecture. 

Schaique, m^decin de regiment retrait<^» rue Louise. 34, Malines. 

Schepens, Oscar, directeur de la Soci6t6 beige de librairie, rue Treuren- 
berg, 16, Bruxelles. 
LtPguistique^ geographie historique, 

Scheyvaerts, Alphonse, avocat, rue d*Hanswyck, Malines. 

Scheyvaerts, L6on, juge au tribunal de i" instance, rue Leopold, 4, 
Malines. 

Schippers, Ed., place Ragheno, 25, Malines. 

Schippers, Fr.. place Ragheno, 25, Malines. 

Schoffer, G.-C. -Valentin, particulier, keizersgracht, 319, Amsterdam. 

SchoUaert, chanoine, directeur de Tecole normale catholique, Malines. 

SchoUaert, F., Ministre de Tlnt^rieur, Bruxelles, Prdsident d'honneur. 

SchroSter-Aerts, Emile, fabricant de cuivreries d'anciens styles, rue Con- 
science, 26, Malines. 

Schurmans, D. L., cur6 du Beguinage, rue Hovius, 23, Malines. 

Scrive de Negri, rue Gambetta, 292, Lille. 
Hisloire de Vindusirie. 

Semet-Francotte, C^lestin, rue St-Pia1, 88, Tournai. 

Sens, Georges, rue de Tarsenal, 8, Arras. 

Serbat, Emile, proprietaire, Saint-Saulve pr6s Valenciennes. 
Etudes historiques et litteraires. 

Serdobbel, Ernest, avcicat, avenue de la place d*armes, 5, Gand. 

Severo, Ricardo, ingenieur, rua de Bedofeita, 548. Porto, membre honoralre. 

Slotte-De Bert, Hector, avocat et juge suppliant, rue du Mont de Pi6te, 
19, Mons. 
Etudes historiques, 

Smekens, Tb., president du Tribunal de i*^ instance, avenue Quentin 
Metseys, 3i, Anvers. 

Smits, lieutenant d*Artillerie, rue des B^gutnes, 20, Malines. 

Sneyers, Emile, avocat-avou^, marche aux cuirs, Malines. 

Sneyers, Pierre, marche aux cuirs, Malines. 

Simon (Mgr), aumonier de la Cour, Laeken. 

Snoeck, C^sar, avocat, rue neuve St- Jacques, 38, Gand. 
Organologie musicale. 

Soenens (le chev. Em.), proprietaire, St- Denis, Wesirem. 

Soil, Am^d^e, rue Cottrel, Tournai. 

Soil, Eugene, juge d'instruction, rue Royale, 45, Tournai. 

Archeologie monuinetttale, arts industriels, hisioire et antiquites de Tournai, 

Sonneville^ C, architecte, rue Beyaert, 41, Tournai. 



-93- 

Sorel, Alexandre, president honoraire du tribunal civil, Compi^gne. 

SplUemaeckers, Fran90is. docteur en m^decine. Boom. 

Stainier, Emile, secretaire du Comity charbonnier, Ch^telet. 

Stevens, Edooard, grand* place, Malines. 

Stevens, Fr., grand'place, 19, Malines. 

Stevens, G., chanoine, rue d'Hanswyck, Malines. 

Sterckx, Ferdinand, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Stroobant, Louis, directeur de la prison cellulaire, chauss^e de Lierre, 
2, Malines, Secretaire general du Congre*. 

Beaux- avis, heraldique, hisioire, 

Stroobant (W^** L.), chauss^e de Lierre, 2, Malines. 

Struys, Alexandre, artiste-peintre, boulevard des Capucins, Malines. 

Sturoe, Emile, sculpteur, rue de Dunkerque, no, St-Omer. 

Arid archeologie du mcyen age, 
Suetens. Isidore, bailies de fer. Malines. 

Swennen. Gaspard- Joseph, abbe, k Bocholt par Bree (Limbourg). 
Swolfs, Jean, chanoine, avenue Van Beneden, Malines. 



Tahon, Victor- Laurent, inq;enteur civil, rue de la Loi, 159, Bruxelles. 
FouiUes heigo-romiiines eifranques, archiologie, mitallurgie, 

Tambuyser, Cyrille, docteur en medecine, rue d*Aieghem, 54, Malines. 

Tamine. Leon, avocat, rue de Bruxelles, Nivelles. 

Tandel, Emile, deiegue de Tlnstitut archeologlque du Luxembourg, Arlon. 

ten Brink, Jan, professeur a TUniversite, Apothekersdijk. 27 Leyde. 

Hisioire de la lUteraiure n'erlandaise europieHHe, Hisioire de la revoluOon fran- 
faise. 

Theodor, conducteur des Fonts et chauss^es, bDulevard des dpucins, 
Malines. 

Theunissens, L., tr^sorier de TAcaddmie d^arch^ologie, courte rue de Thd- 
pital, Anvers. 

Thys, chanoine, professeur au Grand Seminaire, Malines. 

Tilman, Charles, etudiant en theologie, rue Rogier, 214, Schaerbeek. 

Torfs, Alphonse, capitaine commandant au 2'^ regiment d*Artillerie, rue des 
Vaches, 19. Malines. 

Toumay, sous -lieutenant d'Artillerie, longue rue des Chevaliers, 10, 
Malines. 

Travers, Emile, archiviste pal6ographe, rue des Chanoines, 18, Caen. 
Arckeohgie, Heraidiqtie, Hisioire liiieraire. 

Troutowski, Waldemar, president de la society Numismatique de Moscou, 
palais des archives du Ministere des affaires etrangeres, Moscou (Russic). 

t*Serstevens-Troye, 4 la Pasture par Ham*sur-Heure. 






— 94 — 

Tulpinck, Camille, artiste- peintre, arch^ologue, rue Wallonne, Bruges. 
Paniure, 

Tuyls, Joseph, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Tysmans, professeur 4 I'^cole Normale, rue St-Catherine, Malines. 



V 



Uytterhoeven, J.-E., cur6 k Wavre Ste-Catherine. 



Van Assche, Auguste, architecte, membre de la Commission royale des 
Monuments, rue Ducale, x5, Gand. 

Van Bastelaer, D.-A., vice-president de 1' Academic Royale de m^decine, 
rue de I'Abondance, 24, Bruxelles. 
Epoque hetgo-ronuiine etfranque, HisUnre ei archeologie. Art ancUn, Hisioire de 
Charleroi. 

Van Bellinghen, Henri, notaire, rue Notre-Dame, Malines. 

Van Boxmeer, Ph., architecte de la ville, rue Leopold, 80, Malines. 
A rchiUcture. 

van Caster, F., conseiller provincial, Borgerhout. 

van Caster, G., chanoine, rue Notre-Dame, i23, Malines, president du 
Congr^B. 

ArcheologiCy hisioire locale. 

van Caster, J., avocat, Anvers. 

Van Craen, Eugene, boulevard des Arbal^triers, 204, Malines. 
Van de Kerckhove, Julien, architecte, rue Royale* 25, Toumai. 

Van De Mert, Jean-Antoine, chef de bureau au t^I^graphe, rue de la Con- 
stitution, 28, Malines. 

Van den Avond, Ph., directeur de ventes. Bailies de fer, 20, Malines. 

Van den Bemden, Ferd.-M., capitaine retrait^, avenue du Jardin Zoologique, 
Gand. 
A rchiologic et hisioire. 

Van den Bergh, Cyrille, longue rue des Chevaliers, 32, Malines. 

Van den Bergh, Fr., professeur, rue de la Montague, Malines. 

Van den Bcrgh, Leopold, longue rue des Chevaliers, 32, Malines. 
Numismaiique, 

van den Branden de Reeth (Mgr), 6v^que d'Erythr^e, Rome. 

van den Branden de Reeth, Gust., rue de la Blanchisserie, Malines. 

van den Branden dc Reeth, Raymond, avocat, rue de la Blanchisserie, 
Malines. 

Van den Broeck, Edouard, propri6taire, tr^sorier de la societ6 royale nu* 
mismatique, rue du Conunerce, 5o, Bruxelles. 
Numismaiique hruxeUoise. 

Van den Broeck, ]., march^ au B^tail, 4, Malines. 



95- 



Van den Broeck. professeux au College St-Rombaut, Malines. 

van den Corput, docteur en m^declne, s^nateur, avenue de la Toison d*Or, 
21^ Bnixelles. 
Histoire de la pUdecine, hiblio- et hiographie, arts appliques aux sciences. 

van den Corput, Fernand, docteut en droit, avenue de la Toison d*or, 2i, 
Bruxelles. 

Van den Eeckhoudt, Ren6, professeur au College Saint-Rombaut, Malines. 

van den Gheyn, Gab., chanoine, sup^rieur k Tinstitut St-Li^vain, rue 
d*Axgent, i, Gand. 

Archeologie. 
van den Gheyn, Joseph, BoUandiste, rue des Ursulines, 14. Bruxelles. 

LinguisHque, ethnographie, histoire de I'Orient et de Vepoque hyzaniine. 

Van den Hove, Arthur, n6gociant en vins, rue de la Caserne, 26, Bruxelles. 

Van den Hove, Jules, n^gociant en vins, rue de la Caserne, 26, Bruxelles. 

Van der Auwera, Alois, instituteur, rue de Beffer, 44, Malines. 

Van der Linden, Julien, avocat, membre de la Chambre des repr^sentants, 
rue de la Tribune, 4, Bruxelles. 
Histoire, histoire des arts industriels, 

van der Straiten Ponthoz (Ic comte Francois), rue de la Loi, 23, Bruxelles. 

Van Deuren, Victor, orfevre, rue des Vaches, Malines. 

Van de Walle, C, rue des Tanneurs, 25, Malines. 

Van de Walle, Victor, notaire, boulevard des Arbal^triers, Malines, membre 
honoraire. 

Van de Walle (M™* Victor), boulevard des Arbal^triers, Malines. 

Van Diepenbeeck, Louis, brasseur, rue de Beffer, Malines. 

Van Doorslaer, Georges, docteur en medecine, march6 au b^tail, 52, 
Malines. 
Histoire de la medecine. Musicohgie. 
Van Doorslaer (M«»« G.), marche au B6tail, Malines. 

Van Duyse, Herman, homme de lettres, conservateur du mus^e d'arch^o- 
logie, rue courte des Violettes, 21, Gand. 
Armcirie ancienne et architecture miliiaire. 

Van Dyck, Francois, architecte, avenue du Sud, 4, Anvers. 

Van Ertborn (baron), avenue du due, 38, Boitsfort. 

Van Ermcngem, cure de Saint- Jacques, Anvers. 

Van Gele, Auguste- Victor-Louis, professeur, rue des rentiers, 72, Etter- 
beek. 

Van Genechten, chanoine, rue Leopold, Malines. 
Van Hamm6e, Jacques, rue de Befifer, 11, Malines. 
Van Hamm^e, cur6 de N.-D. d*Hanswyck, rue d'Hanswyck, Malines. 
Van Havermaet, Henri, expert, rue des commer^ants, 82, Bruxelles. 
MoHographie des viUes et communes beiges. 

Van Hoey, Gustave, directeur de I'acad^mie de musique, rue des Vaches, 
Malines. 



-9^ 



van Hoobroeck de ten-Hulle, Gand. 

Van Hoof, Henri, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Van Hoof (MWo J.), rue de Beffer, 36, Malines. 

Van Hoof, Victor, agent de change, rue des Pores, 5, Malines. 

Van Hoof, docteur en m6decine, rue Sainte-Catherine, Malines. 

Van Hoogenbemt, Eng., inarch^ aux Poissons, 2, Malines. 

Van Hoorenbeeck, J. -Victor, pharmacien, rue des Vaches, 7, Malines. 

Van Hoorenbeeck, vicaire de Salnte-Gertrude, Louvain. 

Van Hove, A. (abb6), au College du St- Esprit, Louvain. 

Van Hoydonck, Jean, cur6 a Brusseghem-lez-Assche. 

Van Keerberghen, Jean, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Van Kesbeeck, conseiller communal, boulevard des Capucins, Malines. 

Van Loey, professeur au College St-Rombaut, Malines. 

Van Loovereu, huissier, rue Leopold, Malines. 

Van Malderghem, Jean, archiviste adjoint de la ville de Bruxelles, rue 
Anoul, 26, Ixelles (Bruxelles). 
Archiologu d histoire. 

Van Mechelen, Edgar, avocat, conseiller communal, rue Conscience, 
Malines. 

Van Melckebeke, Alfred, notaire, march^ aux Grains, Malines. 

Van Melckebeke, Prosper, pharmacien, rue du Serment, 27, Malines. 

Van Nerom, E., avocat k la Cour d'appel, rue du Commerce, 23, Bruxelles. 
Etudes historiques. 

Van Neuss, H., archiviste provincial, Hasselt. 

Van Op den Bosch, cur^ k SS. Pierre et Paul, Malines. 

Van Opslal, Jean, rue Etroite, Malines. 

Van Riel, Jos., architecte, rue Appelmans, 21, Anvers. 

Van Rocy, Aloys, cur6-doyen, Haecht. 

Van Roost, F., cure de St-Antoine, Anvers. 

Van Roost, M., curd de Ste-Marie, rue Seutin, Schaerbeek. 

Van Ryckevorsel, F., secretaire du « provinciaal genootschap van kunsten 
•^en wetenschappen », Peperstraat, Bois-le-Duc. 

Van Segvelt, Alexandre, ndgociant en vins, rue de la Chaussde, 2, 
Malines. 

Van Spilbeeck, directeur de Tabbaye, a Soleilmont, Gilly. 
Iconographie, hagiographie. 

Van Speybroeck, Aug., aum6nier chez le comte de Ribaucourt, au cha- 
teau de Perck (Vilvorde). 
Archeobgie, histoire, Unguistique. 

van Velsen, Raymond, dditeur, bailies de Fer, Malines. 

Van Weddingen, L., chanoine, boulevard des Capucins, Malines. 

Van Wint, J.-B., sculpteur, rue de la province Nord, 171, Anvers. 

Varenberg, Alfred, avocat, rue du Lac, 11, Gand. 



— 97 ^ 

Varenberg, Emile, conseiller provincial, rue du Lac, Gand. 
Etudes archeologiques et historiques, 

Vayson, Jean-Antoine, manufacturicr. chaussce d'Hocquot, Abbeville. 
Beaux-arts et arckeolo^ie. 

Verbeek, Joseph, employ^, marche au b^tail, Maliiies. 

Verbist, ciir6-doyea de Notre-Daine, Malines. 

Verhaert (abbe), recteur du pensionnat, Willebroeck. 

Verhaert, vicaire de Saint- Rombaut, Malines. 

Vermeulen, Ernest, docteur en droit, rue du Bruel, 45, Malines. 

Vermeulen, Georges, brasseur, rue des Nonnes, Malines. 

Vermeylen, Frantz, statuaire, rue des R6collets, 49, Louvain. 
Arckeologu, Numismatique. 

Verwilgcn, J., commissaire des arrondissements St-Nicolas et deTermonde, 
St-Nicolas. 

Vloeberghs (abbe), rue des Beggards, Malines. 

Voordecker, Alphonse, negociant en vins, rue de la Chaussee, 52, 
Malines. 

Voncken, Prosper, percepteur des tel6graphes, avenue Van Bsneden. 36, 
Malines. 

Vorsterman-Van Oyen, gen^alogiste, Geer^brug, 159, Ryswyck prds La 
Haye. 

Ginialogie, heraldique et archeologie, biographie tt bibliographic. 

Vrancken, Paul, etudiant au Grand Seminaire, Malines. 
Vrancx, cure-doyen de St-Sulpice, Diest. 



yv 



Wafelaer, Joseph, rue Etroite, 7, Malines. 

Wauters, Alphonse, archiviste de la ville de Bruxelles, rue de Spa, 22, 
Bnixelles. 

Wauters, Ernest, candidat-notaire, rue Leopold, 59, Malines. 

Wauters, Martin, rue longue des Bateaux, 7, Malines. 

Wauthy, L6on, docteur en medecine, quai de Brabant, 35, Charleroi. 
Histdre et archeologie, 

Wauwermans (le g6n6ral), rue St-Thomas, 36, Anvers. 

Wauwermans de Francquen (M°*®), rue St-Thomas, 36, Anvers. 

Weinmann, lieutenant d*Artillerie, rue de la Constitution, 19, Malines. 

Weyts, ingenieur, boulevard des Capucins, Maliftes.' 

Wigny, Emile, Huy. 

Willcms, ingenieur, place d'Egmont, Malines. 

Willems, Henri, banquier, boulevard des Arbaletrlers, 22, Malines. 

Willems, Joseph, statuaire, boulevard des Arbaletrlers, 59, Malines. 

Willems (M»« J.), boulevard des Arbal^triers, 59, Malines. 

7 



-98- 

Wilmotte, G., ing^nieur architecte, rue Andre Dumont, 22, Liege. 

Winckelmans, Gustave, au Petit-S^minaire, Malines. 

Winckelmans, Louis, docteur en m6decine, rue de Neckerspoel, Ma- 
lines. 

Wins, P.-Alphonse, juge au tribunal de i'« Instance, rue derriere la Halle, 
21, Mons. 
Histoire dis ancUns metiers. 

Wittamer, Edouard, docteur en droit, rue Jean Stas, 27, Bruxelles. 
Etudes forestures. 

Wittmann, Emile, receveur du Bureau de Bienfaisance, Malines. 

Wittmann, Jules, rue A B, 20, Malines, membre honoraire. 

Wittmann, Jules, s6nateur, rue du Sac, 3, Malines, membre honoraire. 

Wittmann QA^ J.), rue du Sac, 3, Malines. 

Wittmann (M«"« M.), rue du Sac, 3, Malines. 

Wouters, L., professeur au college St-Rombaut, ofiicier de Tinstniction 
publique, Malines. 

Wuyts, Joseph, chanoine, place St-Pierre, Malines. 

Wyckmans, J.-B., march^ au B<§tail, 2, Malines. 

Wydemans, Francois, candidat-notaire, rue Ther^sienne, Vilvorde. 



ZamaUi commissaire d*arrondissement. rue Conscience, 44, Malines. 

Zanardelli, Tito, professeur aux cours publics de la ville, rue St- Jean, 4«, 
Bruxelles. 

Zech-Dubiez, G., 6diteur, Braine-le-Comte. 
Histoire ft archeologie. 

Zech (M«"« E.;, pr6 aux Dies, Malines, 

Zech (M»^ H.), pr6 aux Oies, Malines. 

Zech, Maurice (abb6), pr^ aux Oies, Malines. 

Zech, Paul, etudiant. rue des bas Fosses, Braine-le-Comtc. 

Zech, Th^ophile, Braine-le-Comte. 




r 



Audition 



DE 



MUSIQUE ANCIENNE 



OFFERTE A 



^^. les ^embtes bu Congres 



AVEC LE CONCOURS DE 



M. L. VAN WAEFELGHEM, de la Socidte des Instru- 
incfUs anciens de Paris; 

M. G. KEFER, de Bruxelles, claveciniste ; 

rOcTUOR VOCAL, composc d'amateurs Malinois; 

quelques membres de la Soci6te chorale UAiirore, sous 
la direction de leur chsf, M. Cyrille VERELST, 
professeur k TAcademie de musique de Malines, 



k la (Branbe Salle ^e0 jfStce, rue &C0 IPacbee 



le Lundi 9 aout 1897, ii 8 h. du soir 




La viole d*amour, instniment ancien, a sept cordes en boyau et sept 
cordes sympathiques. Celles-ci ne sont pas ^branlces directement; elles 
vibrent sous rinfluence des cordes principales a Tunisson desquelles on 
les accorde. 



Le clavecin a 6t6 mis gracieusemcnt a la disposition dii Comite, 
par la Maison PLEYEL, rue Royale, 99, Bruxelles. 



PROGRAMME 
premiere partie 

CONSACB^E AUX MAITRES BELGES 



I. Choeur d'hommes. 

a) Vons qui brillez aus yeuz, chanson ... R. de Lassus. 

(i52o-i594) 
bj Naer OosUant wUlea wy ryden, chanson 

sur theme populaiie ancien, harmonist par Fl. Van Duyse. 

II. Choeurs mixtes. 

a) Signor io t'ho confitto, melodia spirituale . Jac. Feetrino. 

(i586) 
bJ Tu venx quitter encore, madrigal .... C. de Rore. 

(I5t6-l365) 
c) Qnaad daai I'aznr des clenz, madrigal , . Ph. de Monte. 
{i52i-i6o3) 
in. Pieces pour clavecin, ex6cut6es par M. G. K^fer. 

nj Caprice M. vanden Ghfvm, 

(1721-1785) 

bl Gavolte Chan. D. Raick. 

(1701-1764) 

c) Allcero J.-T. Bausteller. 

(1723-1780) 

IV. Pi6ce pour viole d'amour, execut6e par M. L. Van 

Waefelghem '** 

V. Choeurs mixtes. 

(0 Boqjoiir mon ctear, madrigal R. de Lassus. 

{i 520-1594) 

b) Le Solr le del te voile, madrigal . . MATuiEuiu Maistrb. 

(i5 -1577). 



102 — 



Dcuyi^mc ipartie 



CONSACR^K AUX MAITRES ETRANGERS 



I. Pieces pour clavecin, executees par M. G. Kefer. 

a) Gigue J.-B. de Lully. 

(1633-1687) 

b) Musette en rondeau J.-B. Rameau. 

(1683-1764) 

c) Les Tourbillons J.-F. Dandriev. 

(1684-1740) 

II. Choeurs mixtes avec soli. 

a) Air et choeiir d'Hippolyte et Aricie . . . J.-B. Rameau. 

(1683-1764) 

h) Ariette el choeiir dc La Mascarade de 

Versailles J.-B. de Lully. 

(1633-1687) 

III. Sonate pour viole d'amour, avec accompagnement 

de clavecin, par M. L. Van Waefelghem, 

a) Cantabilc et Allegro j 

b) AdaKio [ Attilio Ariosti. 

i ivyr . (1660-1730) 

c) Monuot ' 

IV. Trois senates pour clavecin, executees par M. G. 

K6fer D. Scarlatti. 

(1683-1756) 

V. Pieces pour viole d'amour seule, par M. L. Van 

Waefelghem. 

a) Prelud© J.-S. Bach. 

(i685-i75o) 

b) Menuet Milandre. 

(1768) 

VI. Choeurs mixtes. 

a) Languir' me fais, madrigal Cl. i^e SERmsY. 

(xvi© siecle) 

^/^..W Bonzornp BfadQnnai chanson Napolitaine. Ant. Scandbllo. 

(i52o-x58o) 



Textes et Notes Biographiques 



PREMIfiRE PARTIE 



r. A) Roland de I^assns 

Voiis qui brillez aux ycux, 

Astres si radieux, 

Qui vous a places 

Dans la vofite des cieux ? 

Et vous, riantes fleurs, 

Flcurs aux belles couleurs, 

Qui vous a parsem^es 

Sur nos rives aimees ? 
Cest notre Dieu, le Tout-Puissant, le Createur 
Dont nous chantons la puissance et la grandeur. 

Roland de Lassus naquit k Mons, en 1520. A Tdge de 12 ans, il 
quitta sa ville natale, pour se rendre en Italie, 011 il fut nommi maitre 
de chapelle k Saint- Jean de Latran. II conserva ces fonctions jus- 
qu'en 1548. Depuis cette ipoque, il visita divers pays de TEurope, 
cntr'autres TAngleterre et la France. II partit en 1557, pour Munich, 
oil le due de Baviire 1 avait fait appeler, et s'y maria I'ann^e sui- 
vante. Nomm^ maitre de la chapelle ducale en 1562, il resta k son 
poste jusqu"^ sa mort, en 1594. 

B) Naer oostlant willen wy ryden, 

Naer oostlant willen wy mefi, 
Al over die groene heiden, 
Frisch oyejr die heiden, 
Daer is er een betere ste6. 



11. A) 



— 104 — 

Als wy binnen oostiant komen 
Al onder dat hooge huis fyn, 
Daer worden \vy binnen gelaten, 

Frisch over die heiden, 
Zy heeten ons willekom zyn. 

Ja, willekom moeten wy wezen, 
Zeer willekom moeten wy zyn; 
Daer zullen wy avond en morgen, 

Frisch over die heiden. 
Nog drinken den koelen wyn. 

Wy drinken den wyn er uit schalen, 
En 't bier 00k zoo veel ons belieft ; 
Daer is het zoo vroolyk te leven, 

Frisch over die heiden, 
Daer woont er mj^n zoete lief. 

Jacques Peetrino 



MELODIA SPIRITUALE 



Sopraio 



Teior 



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Si-gnor 



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Si-gnor 




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Si- gnor 



io t'ho con - fit 



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SU ques-ta 






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ce dal mio de-lit- 






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to dal mio de-lit- 



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to nas-cc dal ml 






to dal mi-o 



ce dal mio de-lit- 



to 



nas- 



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ce dal mio 




de lit ' to 



m 



-£-.—r.i=x 



■y^V- 



de lit - to 

('S€igHeur, jc fat chuc sur cetie dure croi^, ei ta souffranu atroce nait de man 
itdquiU), 

Jacques Peetrino, compositeur malinois, v6cut en Italic, 4 ja fin 
du XVI* sifecle. 11 y publia plusieurs recueils de cantiques, de madri- 
gaux et de chansons. Le cantique « Melodia Spirituale » est extrait 
d'un ouvrage portant comme titre : Di Jacobo Peetrino da Malines il 
primo libro delle Melodie Spirituali a ire voci, scritto da Simone Vcro- 
vio. Romae, Martinus Van Buyten, Hollandus, incidit, 1586, in-4^. 



— io7 — 

B) Cyprien de Rore (van Roor) 

Tu veux quitter encore ' 
Ta m6re qui t'adore, 
Partir sur Tocean ; 
Mais vols mon tourment, 
Oiii, la mer est trompeusc. 
Car, si tu ne reviens pas, 

Moi. malheureuse, 

Tu seras certes 
La cause de mon trepas. 
O pres de moi, reste, 
O mon doux enfant, 
Ta mere t'aime tant ! 

Ce compositeur, un des plus grands musiciens du XVI* sitcle, 
naquit i Malines, en 151 6. Trhs jeune encore, il partit pour Tltalie. 
Li, ses compositions lui valurent bientot le surnom de // divino. II 
occupa les ionctions de maitre de chapelle, successivement ^ la Cour 
du due de Ferrare, i Parme, et d la cathidrale de St-Marc, a Venise. 
II mourut a Parme, en 1565. 

C PMlippe de Monte (van den Berghe) 

Quand dans Tazur des cieux, 
Roi de lumiere, 
Tu parais radieux, 
Lors la nature entiero, 
S'eveille en souriant. 
Des champs et des bois, 
La fleur se colore, 
L'oiseau par sa voix 
Salue aussi la belle aurore. 
Reprends ta lyre d'or 

Barde, chante encore. 

4. 

Le maitre flamand le plus estim^ apr^s Roland de Lassus, est n^ i 
Malines, eft 1521, chanoine et tresorier de Teglise de Cambrai. Pre- 
mier maitre de chapelle i la cour iraperiale de Vienne, en 1568, il 
occupa ces fonctions jusqu'ii sa mort en 1603. 



r 



— tog — 

III. A) Matltias Tan den Glieyii 

Issu de la calibre famille van den Gheyn, fondeurs de cloches, a 
Malines, Mathias naquil ^ Tirlemont, le 7 avril 1721. 

11 fut nommi organiste de St-Pierre, 4 Louvain. II fut aussi le plus 
grand carillonneur du sifecle dernier, van den Gheyn est mort i 
Louvain, en. 178 j. 

B) Oiendonn^ Ralcls 

est ne k Lifege, en 170 1. A Tdge de 8 ans, il fut enfant de choeur i 
la cathidrale de N.-D., i Anvers. Nommi organiste en 1721, il fut 
plus tard ordonnd pr^tre. II quitta Anvers, en 1727, et obtint le titre 
d*organiste de St-Pierre, i Louvain. II se fixa ensuite k Gand, 011 il 
devint organiste de St-Bavon. 

II retourna i Anvers, en 1757, et fut nonime chanoine. II y mourut 
en 1764. 

C) Jean-Conard Bausteller 

Musicien beige du XVIII' siicle. II composa plusleurs suites pour 
clavecin et publia aussi quelques sonates pour divers instruments, tels 
que : violon, hautbois, flute. 

V. A) Roland de I^asstis 

Bonjour, mon cceiir, bonjour, ma douce vie, 
Bonjour, mon ciel, bonjour, ma douce amie, 

He ! bonjour, ma tourterelle, 

Ma mignardise, bonjour! 

Mes delices, mon amour, 
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle. 
Mori doux plaisir, ma douce colombelle, 
Mon passereau, ma gente tourterelle, 

Bonjour, ma douce rebelle. 

B) Matliieu I^e Maistre 

Le soir le ciel se voile ; 
Vois-tu sclntiller Tetoile ? 
Du sombre et triste manoir 
Entends'tu la cloche du soir ? 
Brim^Braml 



— tio — 

Le soir la lune brille ; 
Au ciel I'etoile scintille ? 
Du sombre et triste manoir 
Entends-tu la cloche du soir? 
Brim-Bram ! 

Mathieu Le Maistre est nt k Liege, au commencement du XVI* 
siicle. En 1554, il itait maitre de chapelle de I'Electeur de Saxe, i 
Dresde. II composa plusieurs oeuvres vocales religieuses et profenes. 
II mourut en 1577. 



DEUXI£ME PARTIE 



I. A) Jean-Baptiste de I^nlly 

fondateur de I'op^ra fran^ais, naquit k Florence, en 1633. II vint en 
France, h Vige de treize ans. Habile violoniste, il abandonna plus 
tard cet instrument pour le clavecin. A Tdge de vingt ans, il jouissait 
d*une grande faveur i la cour de Louis XIV. II ^crivit dix-neuf operas 
dont le succfes fut considerable. II mourut i Paris, en 1687, 

B) Jean-Bapti«te Rameau 

le plus c^I^bre musicien fran^ais du dix-huiti^me si^cle, naquit a 
Dijon, le 25 octobre 1683. A Tdge de sept ans, il lisait et exicutait sur 
le clavecin, toute espfece de musique. Apris de nombreuses piJrtigri- 
nations, il finit par se fixer k Paris, en 1721, et y publia un trait6 
d'harmonie, science qui tut criie par lui. Hippolyte et Aricie, fut le 
premier d'une sirie d'opiras tris estimis. II mourut d Paris, en 1764. 

II. C) Jean-Frati9oi8 Dandrien 

organiste de Saint-Mery et de Saint-Barthilemy, naquit d Paris, en 
1684. II publia plusieurs livres de piices de clavecin, d'orgue, et des 
sonates pour violon. II d^cida d Paris, en 1740. 



— tif — 

A) J.-B. Rameau 

Chantons 
Sur la musette, 

Dansons, 
Que r^cho r6pete 
Nos tendres sons. 

Croissez, 
Naissante herbettc, 

Paisez, 
Bondissans moutons. 
Au son de la musette 
Dansons. 
Rossignols amoureux, r^pondez a ma voix 
Par la douceur de vos ramages, 
Rendcz les plus tendres hommages 
A la divinite qui r^gne dans nos bois. 

Chantons 
Sur la musette 



B) J.-B. de Lrully 

Soycz fidele, 

Le soin d'un amant, 

Pr6s d'une belle 

Trouve ais^mont 

I ;n heureux moment. 

Souvent une ame cruelle 

S'engage en depit d'elle, 
Cest lo grand secret que d'aimer constamment. 
Aux lois d'amour en vain Ton est rebelle, 
Chacun t6t ou tard suit un Dieu si charmant. 

Quand on salt plairc, 

Surtout a la cour, 

Que peut-on faire 

Et nuit et jour 

Sans un peu d*amour ? 

Un jeunc coeur sans affaire 

Ne se divertit guere. 
Que sert de charmer, si Ton n*aime a son tour ? 
N'attendez pas pour n'etre point severe 
Que vos plus beaux ans commencent tour a tour. 



— ii:i — 

III. AttiUo Ario9ti 

naquit i Bologne, en 1660, et s'adonna de bonne heure i I'itude de 
la musique. II fut plus tard nommi maitre de chapelle de Telectrice 
de Brandebourg. II ^crivit pour le thedtre, et a ses talents comme 
compositeur, il joignait le mirite d'etre habile executant sur la viole 
d'amour. II mourut a Bologne, vers 1730. 

■ 

IV. Oominique Scarlatti 

nc i Naples, en 1683, eut pour premier maitre son pere Alexandre, 
compositeur trfes estimi. II devint le plus grand claveciniste de Tltalie. 
Ce fut un compositeur trts fecond; ses oeuvres se distinguent par 
une prodigieuse vari^ti dans la nature des idees et une grande difti- 
culti d'execution. 11 mourut i Madrid, en 1757. 

V. A) Jean-S^bastien Bacli 

un des plus grands musiciens de TAllemagne, naquit i Eisenach, en 
1685. II occupa les plus hautes fonctions a la cour. II icrivit beaucoup 
pour Torgue et le clavecin; la reputation de ses fugues est universelle. 
II mourut, aveugle, en 1750. 

B) Milandre 

musicien attach^ k la musique de la chambre de Louis XV, pour la 
viole. II publia en 1782, une mithode facile pour la viole d'amour. 
D'autres compositions datent des ann^es 1768 et 1776. 

VI. A) Claude de Semiisy 

Languir me fais sans t'avoir offens^e : 
Plus ne m*escrips, plus de moy ne t'enquiers ; 
Mais non obstant. autre dame ne quiers : 
Plus tost mourir que changer ma pensee. 

Je ne dy pas t'amour estre effacee, 
Mais je me plains de I'ennuy que j*acquiers, 
Et loing de toy humblement te requiers 
Que loing de toy de moy ne sois fasch^e. 



— n3 — 

Claude dc Serniisy, compositeur fr-ancais du seizicme siecle, est 
disigne habituellement par le nom de Claudin, Maitre de chapelle 
de Francois V^ et de Henri II, il publia plusieurs chansons et autre 
compositions vocales, depuis 1528 jusqu'en 1583. 

B) Antonio Scandello 

Bonzomo, madonna, ben vegna, 
Voi sete bella, galante, polita. 
Sarest'anche piu bella 
Se voi non fusti tanto vecchiarella 
Tan tan daridon ! 

(Bonjour, Madame^ sf^yez la hienveniUf 
Vous eies belle, galante, aimable, 
Voi4S series encore plus belle, 
Si vous n'eiiez fas si vieilloite. 
Tan fan daridon !) 

Antonio Scandello, ne a Naples, vers 1520. Maitre de chapelle au 
service de Telecteur de Saxe, il remplit ces fonctions jusqu'd sa mort, 
en 1580. 




8 



PROGRAMME 

DU 

Concert ^onnt k in ILouv St-IRombaut 

le 10 aout, h S 1I2 hemes du soir 



I. Sonnerie ancienne (i), execut^e du haut de la tour, 
par les trompettes du 2"" Regiment d'Artil- 
lerie, sous la direction de M. Coutelier. 

II. Carillon. 

3"°' Sonatine, jouee par M. J. Denyn, carillon- 
neur de la ville. 

a) Mode ra to 
h) Expressive 
e} Allegro Rondo 



III. Chant avec accompagnement d'instruments tl 
anches, execute par des membres de la societe 
L'Aiirore, sous la direction de M. Cyrille 
Verelst. 

Ik ken eea lied W. Dit Mol. 



(i) L'ei^DtioD du soDDCiies el dei chccurt le fen du tdit ourst de 1 lour, in-Jeims 
dn pOTUil I'eatree f riacipiU. 




ii6 



IV. Carillon. 



a) Rose inhumaine Campra. 

U710) 

b) Dans noire village (brunette) 

(xvn«^ siecle) 

c) L'amour au mois de mai J. Lefkvre. 

(i6i3) 

V. Sonneries anciennes pour trompettes. 
VI. Carillon. 

^me Prelude Mat. VAN DEN GhEYN. 

(I72I-I785) 

VII. Intermede pour instruments a anches. 
VIII. Carillon. Anciennes melodies flamandes. 

rt; Het Visschertje 

h) Het roosje uit de dalen Volckerick. 

IX. Intermede pour cor. 

Chant clu veilleur de nuit, de Franciscus . . . . Tinel. 

X. Chant avec accompagnement d^nstruments a 
anches, et variations au carillon. 

Hymne & Stc C^cile 

(xv© siecle) 

XI. Sonnerie ancienne pour trompettes. 
XII. Embrasement de la tour au feu de bengale. 

Retraite et couvre-feu, sonnes par les trompettes du 
2™* Regiment d'Artillerie. 










COMPTE- RENDU 

hc& asecmbUes g^n^rales, fees K^unions 
et 6es Stances &e section 



Ditnanche 8 aoilt 1897 

, dix heures, le Comite organisateur et les dele- 

I gues des gouvernements, academies et societes 

federees se reunissent dans le superbe et an- 

a cieii palais de Marguerite d'Autriche (actuel- 

lement Palais de Justice). 

Cette reunion preparatoire est presidee par M. le Cha- 
noine G. van Caster, Prdsident du Congi^s. 

A 10 h. 20, M. le President ouvre la seance et donne 
la parole a M. L. Stroobant, Secretaire general. 

M. L. Stroobant, Secretaire general. — Mesdames et 
Messieurs, le Comite organisateur a Thonneur de vous 
proposer de voter comme suit la composition des bureaux 
des Sections : 

l« Section : £tu&es pribtstotlques 

Presidents : M. le comte G. de Hautecloque, delegu6 
de TAcademie des sciences, lettres et arts d'Arras; 
M. D.-A. Van Bastelaer, Vice-President de I'Academie 
Royale de M6deciiie de Belgique. 



— ii8 — 

Vice-Presidents : M. le baron Alfred de Loe, Secretaire 
de la Societe d'archeologie de Bruxelles, delegue de 
plusieurs societ6s savantes; M. le baron Ch. Gill^s de 
Pelichy. 

Rapporteur : M. Francois de Villenoisy, delegue des 
Musees Nationaux de France et de TEcole du Louvre. 

Secretaire : M. J.-Ch. Comhaire, del6gue de la Societe 
d'emulation pour Tencouragement des lettres, des sciences 
et des arts, de Lifege. 

2mc Section : f>i9tofte 

Presidents : M. Hans Hildebrand, delegue officiel du 
Gouvernement Suedois et de TAcademie des Belles- 
lettres, histoire et antiquites de Stockholm; M. le baron 
Aug. de Maere, delegue du Cercle historique et arch6o- 
logique de Gand. 

Vice-Presidents : M. Jan ten Brink, delegue de la 
Maatschappij der Nederlandsche letterkunde de Leide; 
M. Leopold De Villers, d6legue du Cercle archeologique 
de Mons. 

Rapporteur : M. Theodore de Raadt. 

Secretaire : M. Fernand Donnet, delegue de PAcademie 
Royale d'archeologie de Belgique et de plusieurs autres 
societes savantes. 

3mc Section : Hrcbioloaie 

Presidents : M. Charles Casati de Casatis, d6l6gue 
officiel du Gouvernement Frangais; M. le general Wau- 
wermans. 

Vice-Presidents : M, Robert Guerlin, delegue de la So- 
ciete des antiquaires de Picardie; M. Henry Hymans. 

Rapporteur : M. Paul Saintenoy, delegue de plusieurs 
societes savantes. 

Secretaire ; M. le comte Amaury de Ghellinck d'Else- 
ghem. 



— iig — 

M. le Chanoine van Caster, president. — Mesdames 
et Messieurs, quelqu'un demande-t-il la parole au sujet 
de ces propositions? Aiors, je declare le vote admis. II 
sera soumis a la ratification de Tassemblee generate. 

Mesdames et Messieurs, c'etait la seule ceremonie qui 
devait avoir lieu ici, par consequent, je leve la seance 
pour nous permettre de nous rendre k Thotel de ville. 






L'antique cloche Salvator souligne de ses sons graves 
la Brabangonne, qu'execute le carillon de la tour Saint- 
Rombaut, tandis que les Congressistes, en un long cor- 
tege, se dirigent vers Thotel de ville. Toute la cite est 
en liesse. Ce ne sont partout que drapeaux et oriflammes 
et la population Malinoise examine avec une sympathie 
curieuse, les nombreux etrangers qui se sont donnes 
rendez-vous dans leur coquette ville. 

M. Tavocat Denis, bourgmestre, MM. les notaires 
Van de Walle et Cluydts, echevins, en grand uniforme, 
accompagnes de nombreux membres du Conseil Com- 
munal, resolvent les membres du Congres dans la grande 
salle de gala. 

M. le Chanoine van Caster, president, presente MM. 
les Congressistes : 

« Monsieur le Bourgmestre, Messieurs, lorsque Tan 
dernier, au Congres de Gand, nous acceptames la charge 
d'organiser le XII™'' Congr6s de la Federation Archeo- 
logique et Historique de Belgique en notre ville, nous 
n'etions pas sans une certaine crainte de ne pouvoir 
mener ^ bonne fin une si grande entreprise. Aujourd'hui, 
grace a Tactivite et au devouement des membres de notre 
Comite organisateur, nous pouvons nous montrer satis- 
faits du resultat. Les archeologues, les artistes et les 
amateurs d'art sont venus en grand nombre, et de divers 
pays, pour prendre part d. nos travaux. Tout en se reu- 



1 



— 120 — 

nissant ici pour traitcr les questions d'un interet general, 
ils s'occuperont aussi particulierement de tout ce qui est 
d*interet purement local. Ils visiteront avec satisfaction, 
je n'en doute pas, les anciens monuments de notre ville, 
dont plusieurs rappellent de bien glorieux souvenirs. 

» J'ai rhonneur de vous presenter, Messieurs, les 
membres du XII™'' Congres de la Federation Archeo- 
logique et Historique de Belgique w. 

M. Denis, bourgmestre, souhaite la bienvenue en ces 
termes : 

cc-Mesdames, Messieurs, j'ai I'honneur de vous sou- 
haiter la bienvenue dans notre ville. 

» Nous en sommes d'autant plus heureux, que nous 
suivrons avec une attention toute particuliere vos dis- 
cussions, qui, non seulement dans leur programme se 
rapportent a la science archcologique en general, mais 
comprennent de nombreux points relatifs a notre ville. 

)) Je ne sais, Messieurs, si vous avez voulu quclque 
peu choyer notre amour de clocher, mais quoiqu'il en 
soit, nous vous en adressons tous nos remerciments. 

5) J'espere, Messieurs, que le Congres laissera parmi 
vous, comme pour nous, un sentiment reciproquo de 
bienveillance et de sympathie (Applmidissements) ». 

M. Denis, bourgmestre. — Mesdames et Messieurs, 
M. Techevin Van de Walle desire vous adresser egale- 
ment quelques mots. 

M. Van de Walle, echevin. — Mesdames et Messieurs, 
en ma qualite d'echevin de Tinstruction publique, sp6cia- 
lement charge par mes coUegues de tout ce qui concerne 
les arts et les sciences, je me joins a M. le Bourgmestre, 
pour vous souhaiter la bienvenue parmi nous. 

Nous saluons en vous les representants les plus auto- 
rises et les plus eminents de cette science archeologique 
qui a fait dans les dernieres annees des progres si rapides 
et dont rimportance devient de jour en jour plus incon- 
testable. Comme vous Ta dit M, le Bourgmestre, la ville 



i 



— 121 — 

de Malines, avec ses vieux edifices, ses anciens palais, 
SOS belles cglises, d'une architecture si remarquable, avec 
ses nombreux vestiges du passe, offre un champ fertile a 
votre noble activite. 

Nous souhaitons que le sejour de notre ville vous soit 
agreable. 

Faut-il vous traduire les sentiments qui nous animent? 
Nous nous interessons vivement ^ vos travaux, nous 
avons vu avec une reelle satisfaction que parmi les 
questions — toutes de la plus haute importance — qui 
figurent k Tordre du jour de votre Congr6s, il en est plus 
d'une qui interesse tout particulierement Malines, son 
histoire, ses monuments, et nous tenons a vous le dire, 
Mesdames et Messieurs, combien nous sommes heureux 
de cette sollicitude pour la ville que nous avons Thonneur 
de representer. 

Au nom du Conseil Communal, au nom de la popula- 
tion Malinoise toute entiere, nous vous temoignons notre 
reconnaissance bien vive et bien sincere (Applaudisse- 
ments). 

Mesdames et Messieurs, j'ai Thonneur de boire a la 
sante des archeologues eminents ici reunis, et k la reus- 
site du Congres auquel vous allez prendre part (Applait- 
dissements). 

Le vin d'honneur circule et on boit gaiment au succes 
de la XII™' session de la Federation Archeologique. A ce 
moment, la salle de Thotel de ville, ou se presse une 
nombreuse assistance, presente un spectacle des plus 
animes. Yieux et jeunes archeologues sont heureux de se 
retrouver et ce ne sont que presentations et serrements 
de mains. Plusieurs senateurs et representants de la 
deputation de Malines sont la. Nous y remarquons aussi 
M. le general Wauwermans et sa famille, M. Casati de 
Casatis, M. le professeur Hildebrand, M. le prince Pout- 
jatine, M. le colonel Bruylant, M. et M'^'" Guerlin, M. le 
comte de Marsy, M. le baron de Maere, M. et M""' Sain- 



— 122 — 

tenoy, M. le comte F. van der Straeten-Ponthoz, M. Jan 
ten Brink, M. le Chanoine Van den Gheyn, M. Schoffer, 
M. le comte de Ghellinck d'Elseghem, M. le baron de 
Loe, M. le baron Gilles de Pelichy, M. Henri Hymans, 
M. Clement Lyon, M. P. Bergmans, M. le comte Lair, 
M. Lagrange, M. Hubert, M. le commandant Hecq, 
M. A. Heins, M. T. de Raadt, M. Matthieu, M. le major 
et M"' de Cannart d'Hamale, M. et M"'" Daimeries, 
M. Cloquet, M™*" Burls, M. le Sergeant de Monnecove, 
M. Guinard de Butteville, M. le comte de Hauteclocque, 
MM. F. Donnet, le baron B6thune, le docteur Jacques, 
rabb6 Cauchie, Delignieres, Vayson, le Chanoine Mar- 
saux, de Villenoisy, Van Bastelaer, Doutriaux, Leite 
de Vasconcellos et bien d'autres notabilites du monde 
archeologique dont les noms nous 6chappent. 

A II 1/2 heures, les Congressistes se reunissent pour 
Tassemblee generale d*ouverture, au theatre communal. 

Stance solennelle d'ouverture du Congr^s 

Le Comite du congres de 1896, represente par M. le 
baron de Maere et M. le Chanoine Van den Gheyn, 
respectivement President et Secretaire general, prend 
place au bureau. 

M. le baron de Maere. — Mesdames et Messieurs, 
en vertu des prescriptions des statuts federaux archeo- 
logiques, je suis appele a Thonneur d'ouvrir la seance 
de ce jour, de remettre ^ mon successeur, Thonorable 
M. van Caster, la mission qui m*a ete confiee Tannee 
derni^re, et aussi de soumettre a Tapprobation des ora- 
teurs du dernier congres, le compte-rendu des debats 
auxquels ils ont pris part, compte-rendu qui leur a ete 
envoye depuis six semaines. 

Un president, Messieurs, doit etre Tesclave des tradi- 
tions, II en r6sulte que je suis oblige de terminer cet 



— 123 — 

important congrfes, en donnant la parole i^. Van den 
Gheyn. 

M. Van den Gheyn. — Mesdames et Messieurs, c'est 
rhabitude de demander aux membres si le compte- 
rendu du Congres passe leur est bien parvenu. 

Je crois devoir faire connaitre que le deuxifeme volume 
du congres, qui a paru le 27 du mois de juin, done il y 
a un mois, n'a pas ete remis k tous les Congressistes. 
A ma grande stupefaction, j'ai appris que des libraires 
etrangers i la ville de Gand se sont permis de garder les 
volumes qui leur ont 6t6 adresses, et c'est ainsi qu'a Bru- 
xelles, je crois, les membres Congressistes n'ont regu leur 
compte-rendu qu'il y a deux ou trois jours. 

Des Membres. — Hier! 

M. Van den Gheyn. — Eh bien. Messieurs, vous le 
voyez bien, et je vous prie de ne pas en vouloir au 
Secretaire general. II y a quinze jours, j'ai 6te forc6 
d'agir envers ces Messieurs, sinon vous n'auriez pas encore 
refu de si tot le volume qui vous etait destin6. 

Nous avons cm. Messieurs, prendre la voie la meil- 
leure, en adressant ce volume 4 un libraire, qui 6tait 
charge de les distribuer, et ce afin d'6viter les degS.ts qui 
auraient pu se commettre k la poste. Malheureusement, 
vous savez que les meilleures volont6s sont parfois 
d^fues. 

Je vous prie done, Messieurs, s'il y a encore des Con- 
gressistes qui n'ont pas refu le deuxifeme volume, de 
me le faire savoir, afin que nous leur puissions donner 
immediatement satisfaction. 

Je regrette. Messieurs, ne pouvoir rester au Congres 
de Malines. J'y aurais certainement pose la question 
que voici : 

Au Congres de Gand, M. Beernaert a pris Tengage- 
ment formel de vouloir bien user de son initiative par- 
lemcntaire pour donner suite aux desiderata si souvent 
exprimds et manifest6s par les congres de Belgique. 



— 124 — 

Nous avons transmis aux Chambres et au pouvoir 
cxecutif de Belgique, ce qui a etc arrete dans la seance 
du lundi 5 aout. Nous avons egalement rappel6 a 
M. Beernaert, la promesse si obligeante qu'il avait bien 
voulu faire. 

Evidemment, Messieurs, je ne fais pas ici le proces 
aux Chambres ni aux membres si devoues qui, a Gand, 
ont voulu prendre la defense de nos int6rets; mais puis- 
que le Congres archeologique se reunit de nouveau a 
Malines, je crois qu^il serait urgent de vouloir insister 
une fois de plus aupres de Monsieur Beernaert, pour 
qu'il donne suite a ces desiderata. 

Je demande done que de nouvelles et pressantes de- 
marches soient tentees a ce sujet, par le Congres de 
Malines; je demande meme d'exiger du Comite de ce 
Congres, de reprendre la cause de Gand et d'aller trou- 
ver M. Beernaert (Applaiidissements). 

M. LE President. — Messieurs, quelqu'un deman- 
de-t-il la parole sur la proposition de Thonorable M. Van 
den Gheyn? L'assistance fait-elle siennes ces proposi- 
tions? 

De toutes parts. — Oui, oui. 

M. LE President. — II est done entendu que le Con- 
gres de Malines donnera les suites necessaires a cette 
proposition. 

Je declare maintenant le Congres de Gand definitive- 
ment clos, et je prie Thonorable Chanoine M. van Caster, 
de vouloir ouvrir celui de Malines (Applaiidissements). 

MM. le baron de Maere et le Chanoine Van den 
Gheyn cedent le bureau au Comite organisateur du 
Congres ide Malines. 

Prennent place : MM. le Chanoine van Caster, presi- 
dent; le colonel Bruylant et le docteur Le Blus, con- 
seiller provincial, Vice-Presidents; L. Stroobant, Secre- 
taire general, 

Prennent aussi place au bureau : MM. le comte de 



125 — 

Marsy, le baron de Maere, Casati de Casatis, delegue du 
minist6re des Beaux-Arts, de Paris, Hans Hildebrand, 
delegue du Gouvernement de Suede, M. H. Hymans et 
les membres du Comite organisateur. 

Discours inaugural de M. le Chanoine van Caster 

President du Congr^s 

Messieurs, 

Je suis sans doute le plus surpris de nous tous, en me 
voyant au fauteuil de la pr6sidence. Lorsque Tan dernier 
Malines fut proposee pour la reunion du XII™* congres, 
nous ne voulions pas decliner cet honneur sans avoir 
examine si nous etions en etat de r^aliser ce que Ton 
serait en droit d'exiger de nous. Les statuts accordent 
un delai raisonnable dans ce but. Reflexion faite, nous 
avons cru pouvoir assumer la tache, et nous avons fait 
de notre mieux pour la remplir. Vous jugerez si nous 
avons reussi. 

L'ordre du jour de cette seance d'ouverture porte : 
Discours inaugural du President. J'avais trouve cela un 
peu trop solennel; mais on m'a observe que Tusage le 
voulait ainsi. Je ne vous ferai pourtant pas de discours. 
Je me contenterai de vous dire quelques mots de notre 
bonne ville. 






Malines a un passe glorieux, et il lui reste des souve- 
nirs historiques qui m6ritent, a plus d'un point de vue, 
d'attirer Tattention des visiteurs intelligents, venus en si 
grand nombre pour assister a ce Congres. Vous voudrez 
bien me permettre que tout siniplement je vous signale 
les monuments qui attendent votre visite. 

Ces monuments sont des souvenirs, justement vene- 



— 126 — 

rabies, parce qu'ils portent rempreinte de leur passe. 
Les visites que vous leur ferez, vous seront, sans doute, 
une agreable distraction pendant les moments de liberte 
que vous laisseront les discussions s6rieuses auxquelles 
vous allez vous livrer, 

Cest de la Malines d'autrefois que je veux vous entre- 
tenir. Elle 6tait habitue par une population industrielle 
et commergante, qui sut s'imposer des sacrifices pour cle- 
ver ces nombreux monuments civils et religieux dont 
quelques-uns se dressent encore devant nous avec une 
majest6 que les si^cles ont rendue plus respectable, tan- 
dis que d'autres n'offrent plus a nos regards que des 
murs en mines, t6moins de leur ancienne splendeur. 
Mais ces pierres orient, elles esperent et attendent. 
Nous esperons avec elles que vous voudrez bien pronon- 
cer, en leur faveur, un jugement favorable, pour que les 
autorites comp6tentes s'int6ressent k leur sort, et nous 
aident a relever de leur 6tat de d6labrement les oeuvres 
de nos grands architectes d'autrefois. 

« * 

Les constructions anciennes sont nombreuses et fort 
varices. 

Le XI IP si^cle nous a laiss6 un specimen de nos for- 
tifications, la Haute-Porte, dite Nouvelle Porte de Bru- 
xelles. A cette epoque Malines avait douze portes, dont 
sept grandes, d'ou partaient les routes de communica- 
tion avec les villes voisines. La Haute-Porte est encore 
1^ toute fiere dans sa majestueuse simplicite (je fais 
naturellement abstraction de la coiffure pyramidale que 
le dix-septi6me siecle lui a imposee). La vieille herse est 
toujours suspendue dans ses coulisses. Elle y dort d'un 
sommeil seculaire pour ne plus se reveiller. 

Puis, il y a le Grand-Pont dont la construction re- 
monte ^ i25o au moins. Les injures du temps lui ont ete 



— 127 — 

beaucoup moins desastreuses que les maladresses de 
ceux qui, en 1728, pretendaient le sauver d'une destruc- 
tion imminente. 

Et nos Halles m6ritent bien que j'attire sur elle votre 
attention. Elles ont succede a d'autres, beaucoup plus 
anciennes, dont un seul pan de mur a survecu k tous les 
remaniements. Les halles de Malines sont une imitation 
de celles de Bruges. En i3i7, notre magistrat fit querir 
les plans de ces dernieres. Ces plans servirent de guide 
pour la construction que Ton voulait elever ici, et furent 
suivis assez fidelement. 

Nos halles, en efFet, comme celles de Bruges, se com- 
posent de quatre corps de batiments entourant une cour 
quadrilatere, mais de moindre etendue. II y a une dif- 
ference aussi dans les materiaux employes. A Bruges, 
on s'est servi de briques, tandis qu'^ Malines, tout le 
revetement exterieur des murs est en pierre. Nos halles 
devaient avoir aussi leur beffroi, mais cette construction 
a 6te arr6t6e ^ hauteur du premier 6tage. La ruine de 
nos draperies en a emp6ch6 rach^vement. 






II nous reste plus de souvenirs du XV' si^cle, mais 
pen d'entre eux attirent encore Inattention des passants. 
A cette serie se rapporte une partie des batiments de 
rhotel de ville, et la facade du local ou nous sommes r6u- 
nis en ce moment. Cette fagade est Tunique reste du 
palais que le Magistrat de Malines fit batir, en 1480, 
pour Marguerite d'York, veuve du due de Bourgogne, 
Charles le Temeraire, qui etait venue se fixer ici apr^s 
la mort de son epoux. Cette habitation, plutot bourgeoise 
que princi6re, abrita dans ses murs Tarchiduc Philippe 
d'Autriche, qui y resida pendant dix ans. Ce prince y fit 
clever ses enfants parmi lesquels le jeune Charles, qui y 



— 128 — 



demeura jusqu'en i5i5, et devint plus tard Charles- 
Quint. La residence de souverains, commenc6e par 
Marguerite d'York, et continuee pendant un demi-siecle, 
jusqu'^ la mort de Marguerite d'Autriche, avait fait de 
Malines la capitale des Pays-Bas. 






Le magistrat qui avait si bien abouti dans ses de- 
marches, lorsqu'il s'etait agi d'6tablir le siege du Parle- 
ment, mieux connu sous le nom de Grand-Conseil, fit 
des sacrifices extraord in aires pour offrir a la tante de 
Charles-Quint, une residence digne d'elle. Marguerite, 
toute occupee de la construction de Teglise de Brou, 
qu'elle faisait elever pres Bourg-en-Bresse, d'apres le 
desir de Tarchiduc Philibert, son defunt mari, ne put 
contribuer elle-m6me que pour une part fort minime 
dans les depenses. 

Le batiment d'entree de ce palais est la premiere 
construction de Renaissance elevee en Belgique. Je ne 
vais pas vous aligner des dates. Je vous dirai simple- 
ment que le Vieux Louvre ne fut bati qu^en 1546, et 
que Frangois P' n'a commence le chateau de Chambord 
qu'en i526; tandis que Taile du palais que nous signa- 
lons date de iSiy. 

Les comptes de la ville nous donnent avec un soin 
scrupuleux tous les details desirables. Les depenses faites 
pour le palais sont la plupart du temps mentionn6es en 
chapitrc special. II n^ a pas a s*y tromper. Ces faits sont 
acquis a Thistoire depuis un quart de siecle (i). 

Ce beau palais, vous aurez Toccasion de Tctudier a 



(i) Hei Keizers hof et kd hof van Marfiareta van Oosienryck, door F. Stevrs. 
Mechelen, 1870. 



r 



— 12^ — 

raise, et de Tadmirer — le comite organisateur du Con- 
gres a obtenu de la Deputation permanente du Conseil 
provincial, la faveur d'y tenir les seances des Sec- 
tions, — vous y verrez d'un cote le style national, le vieil 
art qui se meurt, et de Taut re. Tart nouveau, la renais- 
sance du classique. 

Cette nouveaute 6tait due sans doute k Tarchiduchesse 

Marguerite, qui avait conserve de sa residence en Savoie, 

aux portes dltalie, des souvenirs artistiques qu'elle cher- 

chait a realiser ici. Elle trouva dans Rombaut Kelder- 

mans, un artiste hors ligne, le plus grand architecte de 

nos provinces k cette epoque. Je n'exag^re pas; c'est bien 

k lui que nous devons la plupart des anciens monuments 

de Malines, et nous pouvons ajouter avec une legitime 

fierte, un grand nombre de constructions remarquables 

de la Belgique. Ne lui doit-on pas, en effet, Tancienne 

Cour de Bruxelles, Thdtel de ville de Gand, la fl^che de 

la tour d' An vers, la tour de Zierickzee, et enfin le projet 

d'ach^vement de rincomparable tour de Saint-Rombaut? 

II etait connu et consulte partout. Tous les monuments 

de la derni^re 6poque ogivale, ici et ailleurs dans le pays, 

se ressentent de son coup de crayon. II les a au moins 

inspires, et souvent aide k les construire. On reconnait 

facilement ses oeuvres. Cest Texag^ration et le fouille 

des details et de Tornementation. II oubliait la nature 

de la pierre, et la modelait pour ainsi dire, afin de lui 

donner les formes ogivales les plus varices. Chose eton- 

I nante, c'est pendant ce m6me temps qu'il eleve le palais 

de la gouvernante. II y batit simultanement une aile 

j dans son style 4 lui, et une autre d'apr^s le gout nouveau. 

! Et dans cette derni^re encore (nous voulons parler du 

i batiment d'entree), on voit tres bien Tinfluence des tra- 

i ditions ogivales. Keldermans, qui etait si penetre de cet 

I art ancien, a su admirablement le fusionner avec Tart 

j nouveau. En le faisant, ils'est plie sans doute aux desirs 

( de la princesse, car en iSig, nous le voyons produire le 

\ 9 



— i3o — 

module du nouveau palais que la Ville voulait b^tir pour 
le Grand Conseil. On pr6f6rait ici le vieux style, qui 6tait 
du reste plus conforme au gout de Keldermans lui-m6me. 
Le dessin original du maitre, execul6 sur parchemin, est 
conserve aux archives de la ville. Ce palais, 6lev6 sur une 
aile des Halles, avait sa facade soutenue par une rangee 
d'arcades. Les trumeaux etaient couverts de faisceaux 
de moulures, et les alleges d6corees d'une dentelle de 
pierre entourant gracieusement des medallions aux effi- 
gies des souverains. Du cote de la place devait se dresser 
une facade a pignon, avec portique et balcon sur toute 
sa largeur. La construction a ete arretee aux croisiflons 
des fenetres. Les difficultds du temps sont venues Tiftter- 
rompre, et elle est li depuis pres de quatre si6cles, 
attendant qu'on veuille la relever de ses ruines. 






Cest a ce m6me maitre, Rombaut Keldermans, que 
nous devons le plan de la flfeche qui doit couronner la 
tour de notre eglise m6tropolitaine. Le plan, publi6 il y 
a un demi-siecle, comme etant celui de Sainte-Waudru 
de Mons, est bien celui de notre monument. Apres les 
etudes comparatives faites par des hommes comp6t6nts, 
cette question pourrait difficilement 6tre mise en doute. 
Mais il en est une aiitre plus importante que je ne veux 
toucher qu'incidemment, c'est celle de Tachfevement de 
notre tour. Et pourquoi done ne pourrait-on pas parfaire 
cette belle oeuvre? II semble que pour un bon architecte 
la conception d'un plan et la rdalisation de celui-ci, sont 
si intimement liees, qu'il ne saurait y avoir de doute 
dans le cas qui nous occupe. Keldermans 6tait un con- 
structeur experimente, il connaissait son art i fond;^ et 
s'il a congu la bellefleche destin6e A couronner Toeuvre 
commencee par ses predecesseurs, il a du apprecier les 



- I3I — 

moyens pratiques de l'ex6cution. La question est inscrite 
a notre programme, et elle attend Tavis des specialistes 
qui voudront bien s'en occuper k la III"** section. 

Je passe k Tfeglise. Comme la plupart des monuments 
religieux, elle est Toeuvre de plusieurs generations, mais 
les derni^res venues ont, ici comme ailleurs, porte une 
main d6vastatrice sur les souvenirs des ancetres. L'eglise 
proprement dite, c'est-a-dire les trois nefs avec les tran- 
septs, etait termin6e vers i25o. Cest la partie la plus 
ancienne, car il ne reste pas de trace de la premiere 
eglise construite par S. Rumold lui-m6me; mais c'est 
aussi celle qui a le plus souffert, d'abord de Tincendie 
de 1342, et ensuite du mauvais gout qui a g2Lt6 tous nos 
edifices religieux au dix-huiti6me si6cle. Lorsqu'il fallut 
faire les preparatifs du jubile millenaire de S. Rumold, 
notre apotre et notre premier pere dans la foi catholique 
romaine, on fit, en 1774, une oeuvre de destruction, dont 
nous avons encore a deplorer les suites. Les chapiteaux 
des colonnes furent converts de sculptures en bois blanc, 
et les murs decores de festons. Des cariatides symboli- 
sant les vertus, des cartouches et d'autres ornements dans 
le style de Tepoque, avaient transforme la grande nef et 
Tavaient rendue meconnaissable. Un revirement s opera 
en i85o. Une restauration interieure fut r6solue. La 
bonne volonte y etait sans doute, mais la science faisait 
encore d6faut. L'ancien crepi fut remplace par un nou- 
veau, plus dpais ; et pour donner a la nef une decoration 
plus en harmonie avec celle du choeur, on couvrit les 
crochets des chapiteaux de choux frises en plat re. Au- 
jourd'hui, les crimes de ce genre ne se commettraient 
plus. , 

Les oeuvres d'art n'abondent pas a Saint-Rombaut. 
Quelques triptyques estimes, dont trois de Michel Coxie, 
le Raphael flamand, provenant d'autels d'anciennes cor- 
porations, et un beau tableau de Van Dyck, en font 
toute la richesse. 



— l52 



4t 



Un mot pour T^glise de Notre- Dame au-dela de la 
Dyle. Cest un monument k grandes proportions, bati 
au XV"" sifecle. Le choeur fut commence en i5oo, mais 
Tabside n'y fut ajoutee que i5o ans plus tard.' Cette 
partie de la construction est fort mediocre. Dans cette 
eglise se trouve le fameux triptyque de la peche mira- 
culeuse, peint en 1618, par Rubens, pour la corporation 
des Poissonniers. 

On conserve dans Teglise des saints Jean-Baptiste et 
Jean TEvang^liste, un autre triptyque du meme maitre, 
Tadoration des Mages. II fut peint pour le maitre-autel, 
en 1616, pour la somme de iSoo florins. Tout le travail 
est de Rubens lui-meme. On conserve k la sacristie, la 
quittance originale 6crite de sa main. S'il y a signale 
cette particularite, c'est qu'il lui arrivait assez rarement 
de peindre entiferement lui-meme ses tableaux. Quant a 
la valeur de Tceuvre, Thistoire rapporte que Rubens avait 
coutume de dire aux amateurs, et aux artistes qui lui 
parlaient de ses peintures : « Avez-vous vu mon adora- 
tion des Mages k Malines? » 

L'eglise Sainte-Catherine est un charmant modele 
d'eglise paroissiale, avec sa tour au centre, et sa chapelle 
des fonts baptismaux faisant saillie sur la facade. Les 
fenetres hautes, autrefois en forme de roues, symbol!- 
saient I'instrument du martyre de la patronne. La res- 
tauration de ce petit monument, commencee il y a peu 
de temps, permet deja de se faire idee de ce qu'il sera 
plus tard. 

Voili pour nos 6glises en style ogival. Le XVII"'' siecle 
en a vu construire trois en style de Renaissance.' La 
premiere est celle du Beguinage; importante par ses 
dimensions, mais fort simple. Cest du dessin lineaire 
sans autres ornements que les chapiteaux corinthiens des 
pilastres de la grande nef. La deuxifeme 6glise est celle 



— i33 — 

des saints Pierre et Paul. EUe est k trois nefs sans claire 
voie, L'architecte n'a pas ete heureux dans le plan de la 
fagade, ou rentablement du grand ordre corinthicn est 
maiadroitement interrompu par unc fenetre. L'attique, 
qui forme le pignon de la fagade, construit beaucoup plus 
tard, est fort mediocre. 

Je termine mon apergu sur les eglises par le sanctuaire 
de Notre-Dame d'Hanswyck. Le plan est de Fayd'herbe, 
sculpteur, eleve et ami intime de Rubens. II vecut pen- 
dant trois ans dans la maison de son maitre, et fut un 
veritable Rubens dans son art k lui. Mais comme son 
maitre aussi, il n'avait pas les connaissances indispen- 
sables pour etre bon architecte. Autre chose, en effet, est 
dessiner de Tarchitecture, autre chose, Texdcuter. N*en 
avons-nous pas encore journellement des preuves dans 
les edifices publics comme dans les constructions privees? 
A Hanswyck, Fayd'herbe n'a pas ete i la hauteur, quand 
il s'est agi de realiser le plan qu'il avait congu. Les 
supports sont trop faibles, et malgr6 les renforcements 
de la mafonnerie, et les ancrages, il n'a pu terminer son 
oeuvre. D'apres son plan, il fallait encore un etage en 
attique au-dessus du tambour existant. Mais les colonnes 
qui portent d6ja si peniblement le d6me actuel, auraient 
flechi sous cette nouvelle charge. Malgre cela, Teffet de 
ce dome eleve de 34 metres est saisissant pour le specta- 
teur qui n'analyse point. Les deux immenses haut- reliefs 
de la Nativite et du Portement de croix, que Fayd'herbe 
a imagines pour masquer en partie les defauts de sa 
construction, decorent si bien Tint^rieur du d6me, qu'on 
Ta cru parfois fait pour eux. 






II me faut encore signaler les habitations privees. 
Les personnages attaches au parlement avaient de 
splendides residences, dont les h6tels d'Hoogstraeten et 



— i34 — 

de Busleyden donnaient une parfaite idee. II ne reste du 
premier que la tourelle mutilee, mais le second, afFecte 
depuis 1620 au service de Mont-de-Piete, est conserve 
dans son entier. II fut 6leve en i5o3, et comprend trois 
ailes de batiments. La fafade donnant sur le jardin a, au 
rez-de-chaussee et i Tetage, une galerie a colonnade. 
Un des appartements est decore de peintures murales 
attribuees a Mabuse. 

Je passe aux maisons. Nous en avons deja vu detruire 
beaucoup; mais le nombre de celles qui nous restent est 
peut-etre plus grand que dans bien d'autres villes, et 
incontestablement plus varie. 

Ainsi, la Grand' Place est decoree de plusieurs facades 
fort interessantes, parmi lesquelles de tres anciennes. 
Quelques pignons ont ete restaures avec intelligence, 
dans ces derniers temps. 

Et les quais? C'est la qu'etait la vie autrefois. Le Quai 
au sel, et le Quai aux avoines. Deux noms qui rappellent 
de grands privileges accordes a notre ville, et que jalou- 
saient fort les commerfants d'une cite voisine. La faveur 
de la vente de poisson, sel et avoine se trouva confirmee 
par les souverains ^ diverses reprises; et a leur inaugu- 
ration, ils juraient de la maintenir. Les quais, bien ani- 
mes autrefois, ne le sont plus autant de nos jours, mais 
ils ont conserv6 assez de facades remarquables en styles 
divers, qui temoignent du bon gout et de Taisance dont 
jouissaient ceux qui les firent elever. Les poissonniers, 
qui formaient une des plus importantes corporations, 
baLtirent, en i53o, la nouvelle fagade du Saumon. Les 
divers etages sont decores d'ordres differents. On y a 
suivi la disposition adoptde par Tarchitecte du Colysee 
de Rome. Les trumeaux sont decores de demi-colonnes 
doriques au rez-de-chaussee, ioniques au premier etage, 
et composites, un peu fantaisistes, au second. Au Colysee, 
les chapiteaux du second etage sont corinthiens. La dif- 
ference de ce petit detail est negligeable. 



— i35 — 

Les colonncs des Stages sont portees en surplomb, par 
de gracieuses consoles, et les tympans des arcades qui 
supportent les entablements, sont decorcs de sculptures. 
Cette riche fagade, entierement en pierre, fut restauree 
et peinte vers i85o. Tout pres du Saumon se trouve une 
mai^on, batie au XVII"* siede. Les bossages qui coupent 
les fnoulures des arcades, dispositions qu'afFectionnait 
beaucoup Luc Fayd'Herbe et que Ton retrouve dans 
toutes ses oeuvres, permettent dc supposer que le plan de 
cette batise est du a cet artiste. J'ajouterai k Tappui de 
cette hypothese, que des membres de la famille Fayd'- 
herbe ont habite cette maison jusqu'au commencement 
du XIX™* sifecle. 

Au XV"* siecle s'etait introduit Tusage des maisons en 
bois. Celles dont les fafades regardaient le nord ont et6 
le mieux conservees, Jc me rappelle encore Tepoque ofi 
les proprietaires de ces maisons recevaient 200 frs de 
subside pour les demolir. L'appat de ce petit gain en a 
fait detruire un grand nombre; mais il nous en reste 
quelques-unes, parmi lesquelles la maison vulgairement 
dite des diablcs. Les consoles en forme de satyres, qui 
portent T^tage en surplomb, Font fait nommer ainsi 
par le peuple. 

Les pignons du XVI I"* siecle aboixient encore, lis 
etaient fort nombreux aux Bailies de fer; mais quelques- 
uns ont 6t6 sacrifies dans les dernieres annees, par le 
mauvais gout des proprietaires. Les croisillons des 
fen^tres et les petites vitres genaient leur curiosite. Les 
plus anciens de ces pignons sont garnis d'enroulements 
entrecoup6s parfois d'un gradin. 

Ceux de la seconde moitie du siecle sont d'une allure 
plus libre, mais aussi moins rationnelle. lis dfepassent 
demesurement la charpente du toit, et Ton a ete sou- 
vent oblige de les relier i celle-ci, pour les empecher 
de perdre leur aplomb et de se precipiter sur les 
passants. 



— i36 — 

Le nombre des facades elev6es pendant le XVI 11"^ 
si^cle est extraordinaire. On n'en construisit pas moins 
de cent trente, de 1771 a 1775. Cette derniere annee etait 
celle du mill6naire du martyre de saint Rumold. 






Vous voyez done que Part d. la rue n'est pas precise- 
ment une nouveaute, puisque nos aieux Tont exercc 
pendant plusieurs siecles, si bien et si solidement que 
leurs ceuvres existent encore. 

Mais Telan que nous venons de signaler fut arr6te 
bientot par la revolution frangaise. Les Republicains, 
qui pr6tendaient tout sauver dans notre pays, ne sont 
parvenus qu'a faire des ruines, et n'ont jamais pu rem- 
placer ce qu'ils avaient detruit. II s'en suivit, pour Tart 
en general, une periode de langueur qui dura longtemps. 
Aujourd'hui, on cherche ^ mieux faire, on ne se contente 
plus de facades rectangulaires avec portes et fenetres de 
la meme iorme, prdtentieusement d^corees de moulages 
en plaltre ou en ciment. Nous louons fort les architectes 
d'etre entres dans cette voie nouvelle, et nous faisons des 
voeux pour que leurs efforts soient couronnes de succ6s 
pers6verantc. 

II en sera ainsi, s'ils ne negligent pas la logigue pour 
suivre exclusivement la fantaisie. Qui a des droits, a 
aussi des devoirs. L'art a la rue est peut-^tre vincule plus 
que tout autre, parce qu'il doit tenir compte du climat. 
Et s'il le neglige, il aura A lutter avec un adversaire qui 
lui fera payer son ctourderie, par la destruction de son 
oeuvre k bref delai. 

Mais ce n'est pas le moment de faire de la didactique. 
J'ai voulu, comme je Tai dit en commenfant, vous 
donner une idee de notre ville et de ses monuments. 
J'ai dej^ trop longtemps peut-etre abuse de votre pa- 
tience. Et pourtant, j*ai encore un petit mot a ajouter. II 



r 



- i37- 

a trait au programme, dont quelques points ont pu 
paraitre dictes par esprit de clocher. Eh bien, oui ; 
pourquoi ne pas avouer cela? S*il y a faute, elle sera deja, 
d'apres le proverbe, a moitie pardonnee par mon aveu. 
Et puis, je Tespere du moins, la raison que je vais vous 
donner, nous fera pardonner Tautre moitie. II me semble 
tr^s raisonnable de traiter sur place les questions locales. 
Je pense meme que cela vaut mieux, parce que les 
etrangers peuvent plus facilement s'en rendre compte, et 
prendre part aux debats qu'elles pourraient susciter. Je 
suis stir que vous ne nous en voudrez point d'avoir 
recours a vos talents, et de vous demander avis et 
conseil sur toutes ces questions, qui sont pour nous du 
plus grand interet. 

Je termine en vous souhaitant cordialement la bien- 
venue parmi nous. 

Cette eloquente allocution est vivement applaudie. 

M. le Chanoine van Caster, president. — La pa- 
role est a M. L. Stroobant, secretaire general du 
Congres. 

M. L. Stroobant, secretaire general. — Mesdames et 
Messieurs, le point suivant de Pordre du jour de cette 
seance consiste dans la designation de ceux d'entre vous 
appeles a faire partie des bureaux. 

Voici les noms que nous avons Thonneur de proposer 
a vos suffrages, ensuite de la reunion preparatoire des 
deleguds, tenue ce matin. 

Le Secretaire general donne lecture de la liste ci- 
dessus. 

Ces candidatures sont adoptees par acclamation. 

M. L. Stroobant, secretaire general, fait ensuite 
connaitre que les adherents du Congres, dont les noms 
suivent, s'excusent de ne pouvoir assister a la seance 
d'ouverture : MM. le R. P. De Smet, C. Bamps, L. Ger- 
main de Maidy, Tabbe Pattyn, Depoin, Victor Bouton, 
A. Vorsterman-Van Oyen, Gallois, Dewalque, E. Van 



— i38 — 

Overloop, Joseph N6ve, A. de Behault de Dornon, 
L. De Smeth, E. de la Roche Marchiennes, De Maes- 
schalck, Houzeau de Lehaye, C* Goblet d'Alviella. 

Le Secretaire general depose une longue liste de tra- 
vaux archeologiques et historiques, offerts aii Congr^s, 
par leurs auteurs, et propose de voter des remerciments 
aux donateurs (Applatidisscments). 

II fait connaitre que M. Paul Hankar remplacera 
M. Plisnier, comme delegue suppleant de la societe d'ar- 
cheologie de Bruxelles. 

II informe les adherents que le guide de Malines, qui 
leur est offert, sera distribue imm6diatement apres la 
seance, au Palais de Justice, ou un bureau de renseigne- 
ments se trouve etabli en permanence, pendant toute la 
duree du Congr^s. Le 2™' fascicule des documents com- 
prenant la notice sur Lierre, la liste des soci6tes fede- 
rees, des delegu6s et des adherents, le programme de 
Taudition de musique ancienne et du concert de carillon 
s'y trouvera egalement k leur disposition, de meme que 
les cartes pour le banquet. 

M. le Secr6taire general termine la seance en faisant 
connaitre le programme de la journee. La visite des 
monuments de la ville devant commencer par la Grand' 
place, il propose a Tassemblee de se reunir au musee 
communal (Marques d'adhesion). 

La seance est lev6e a midi 3o. 



Visite du Mus6e 

Bien avant 3 heures, les salles du musee communal 
sont bondees de Congressistes, curieux de ccJntempIer 
les souvenirs locaux. Tons sont porteurs du guide de 
Malines, qui leur a ete distribue le matin, par les soins 
du bureau. Ce charmant petit volume, qui sort des presses 
des freres Godenne, de Malines, comprend 55 pages de 



— iSg — 

texte, 40 phototypies et un plan de la ville. II obtient le 
plus vif succes, et chacun felicite Tauteur qui n'est autre 
que le President du Congrfes, M. le Chanoine van Caster. 
Celui-ci, ainsi que d'autres Membres du Cercle archeo- 
logique de Malines, servent de cic6rone aux etrangers, et 
passent en revue les nombrevix souvenirs de nos anciennes 
gildes, dont les magnifiques torcheres sont surtout ad- 
mirees. Vif succes egalernent pour la tr^s int6ressante 
collection de cuivres graves, par Joseph Hunin, de 
Malines, Timportante s6rie des anciens poids et mesures 
types en bronze, et les collections d'estampes relatives 
aux jubil6s cel^bres de S. Rombaut. Le musee lapidaire, 
ainsi que les magnifiques portraits des anciens chefs des 
gildes, excitent aussi une vive admiration. 

Le Mus6e fut cre6 en 1844. Les divers objets offrant 
un int6ret historique ou artistique, conserves dans dif- 
ferents batiments communaux, furent reunis d'abord k 
rhospice St-Julien, puis 4 celui de Ste-Barbe et, enfin, 
en 1846, a Tancienne maison echevinale. Les collections 
s'enrichirent successivement par des acquisitions de tout 
genre et aussi par des dons particuliers. Le bitiment qui 
les abritrait ayant regu une autre destination, le musee 
fut transfere aux Halles, au mois de mars de cette annee 
1897. II comprend deux sections; la premiere est celle 
des objets d'art ou d'industrie qui ont rapport k Thistoire 
de la Ville ou qui sont oeuvres de Malinois. Les objets 
n'ayant ni Tune ni Tautre de ces qualites, forment la 
seconde section. 

Les objets de la premiere section sont exposes dans 
plusieurs salles, dont la premiere et la principale etait 
connue jusqu'a ce jour, sous la denomination de Salle des 
Giants, parce qu'elle servait autrefois de residence «l la 
famille des Geants, qui figurent dans nos cavalcades 
depuis quatre si^cles. EUe est devenue la salle des por- 
traits. On y voit ceux des archeveques : Antoine Perre- 
not, cardinal de Granvelle (i559-i583), Jean Hauchin 



— 140 — 

(i583-i589), Jean van Wachtendonck (1667), Humbert 
Guillaume de Precipiano (1690-1711), et Thomas-Phi- 
lippe de Bossu, cardinal d'Alsace (1719-1759); deGrand- 
maitres de Tancien ordre Teutonique et de Comman- 
deurs de Pitsembourg, maison du meme ordre a Malines, 
de Chef-hommes, sous-chefs et membres des Gildes et 
des Corporations. Parmi ces tableaux, tons interessants 
pour rhistoire de la Ville, il s'en trouve plusieurs qui ne 
manquent pas de valeur artistique. Dans cette meme 
salle, se trouvent les torcheres des anciens metiers des 
Forgerons (1645), des Magons (i65i) et des Brouetteurs 

(1791)- 

Dans la deuxieme salle, se trouvent cinq toiles a la 

detrempe, figurant des seances du Grand Conseil : en 
1474, 1593 et 1616, presidees respectivement par Charles- 
le-Temeraire, Philippe-le-Beau et les archiducs Albert et 
Isabelle, Tancienne potence, le pilori, le cheval d'expo- 
sition, des carcans et des menottes. La meme salle ren- 
ferme encore une ancienne cheminee provenant du palais 
de Marguerite dTork, b4ti en 1480, de nombreuses 
sculptures en pierre, telles que : gargouilles, chapiteaux, 
fleurons et autres ornements, provenant de Teglise me- 
tropolitaine, des enseignes de maisons, etc. 

Dans les salles III i VII, situees ^ Tetage, sont expo- 
sees les oeuvres d'artistes Malinois et les portraits mo- 
deles ou peints de plusieurs d'entre eux, les types en 
bronze des anciennes mesures, coulees en i573, par 
Pierre van den Gheyn, les types des poids officiels da- 
tant de 1664, les poin^ons de Tancienne Draperie et 
ceux des orftvres; quelques tableaux historiques assez 
originaux, tels que : le Si^ge de Neuss, ou les Gildes 
de Malines se distingu^rent particuli^rement par leur 
bravoure, que Charles-le-Temeraire donna a leurs mem- 
bres le privilege d'un insigne particulier, a fixer sur la 
manche de leur tabbart, et la Delivrance de Lierre par 
les Malinois, en 1596; une collection de dentelles en 



— HI — 
point de Malines, des planches en cuivre, gravees, et 
une quantity d'objets en 6tain et autres produits d'an- 
ciennes industries locales. 

La huitifeme salle sert aux reunions du Cercle Archeo- 
logique de Malines. Les visiteurs du musee y ont acc6s. 

La deuxi^me section, comprenant les objets d'art : 
tableaux, sculptures et dessins, qui n'ont pas rapport a 
I'histoire locale, occupe les salles IX et X. 

Les Halles 

Una premiere halle avait 6te construite au XIII' sifecle. 
II n'en existe plus qu'un pan de mur. Devenue insuffi- 
sante d6s le commencement du siecle suivant. le Ma- 
gistrat r^solut de construire des Halles spacieuses. 
L'amman et un des 
Maitres des Hallis 
furent envoyds A 
Bruges, en i320, 
pour y examiner les 
Halles et en rappor- 
ter les plans. Ces 
plans devaient sei- 
vir de guide pour 
la construction pro- 
jetde. Les Halles 
de Malines, comme 
celles de Bruges, 
comprennentquatre 
ailes de batiments 
disposes autour d'u n 
preau. Le beffroi, 
qui devait s'elever 
au milieu de la facade principale, n'est termine que 
jusqu'au premier 6tage. II est couvert d'un toit pyrami- 
dal, flanqu6 de deux tourelles octogones, auxquelles les 



1 



— 142 — 

encorbellements des echauguettes primitives servent de 
base. 

Sur I'aile du b&timent longeant la rue de Befferen, 
I fut commencce.en 
i52g, la conslruc- 
■ tion du palais des- 
I tin6au Grand Con- 
I seil. Ce splendide 
i monument est de- 
j meure inacheve. 
Les travaux, pous- 
I s6s d'abord avec 
: assezd'activite.fu- 
' rent interrompusi 
I cause des troubles 
I politiques et, plus 
tard, on ne songea 
plus i les repren- 
dre. Le plan origi- 
nal sur parchemin 
estconserveauxar- . 
chives de la Ville. 
11 couta 4 livres, 
dont 2 1/2 pour 
I'auteur Rombaut 
Keldermans, et r 
1/2 pour son neveu 
Laurent, qui tra- 
vaillait sous ses or- 
dres. Les comptes 
de la Ville nous 
apprennent cette 
particularite : Hem gegevai mcestir Romont Keldermans, vovr 
zyn moyte van d' beworpe van dcr kallcn, ij L. x s. Etide Laii- 
reysen Keldermans (sic) voer zynen arbeyt xxx s. samen iiij L, 
Nous donnons ci-dessus une phototypie de ce plan. 



r 



- 143 - 

Grand' place 

On passe ensuite 4 la Grand' place, fort int^ressante 
par le grand nombre de fapades de diverses epoques que 
Ton y trouve en- 
core. Le Pavilion 
Beige et La Grue, 
du c6t6 nord, et 
une ancienne ha- 
bitation de phar- 
macien, du c6t6 
sud. Cette der- 
nifere est decoree 
de bas-reliefs. Au 
pignon se trou- 
vent ces inscrip- 
tions :«MEDCI- 
NA (sic) SANI- 
TATIS CON- 
SERVATRIX 
— MEDCINA 
MORBORVM 
CVRATRIX. » 

A Test se trou- 
vent les Halles, 

quenous venons de visiter, et du c6t& oppose, quelques 
pignons r6cemment restaur6s. 

Au milieu de la place, on remarque un cadran en pierre 
blanche, de dimension colossale. C'est un fac-simil6 des 
cadrans de la tour de Saint- Rombaut. 

H6tel de ville (anden Beyaert) 

L'hfitel de ville actuel se compose de plusieurs bati- 
ments, dont le plus ancien, comprenant le vestibule, 
date du commencement du XIV"" sidcle. Le Magistrat 



^ 144 — 

de Malines en fit Tacquisition en i383, et y tint ses 
seances ; mais le Large Conseil s'assemblait a la maison 
echevinale, batie en 1374, et cedee au Grand Conseil, 
un siecle plus tard. 

Le Beyaert fut entierement transforme en lyiS. Les 
nombreuses fenfitres du toit disparurent, pour faire place 
a une enorme corniche. Celles de la facade perdirent^ 
avec leurs croisillons, leurs vieux chassis a petites vitres 
plombees. On les decora de faux balcons et de volets a 
jalousies. 

Dans le vestibule se trouvent les statues en pierre dc 
Luc Fayd'herbe, par Joseph de Bay, de Michel Coxie, 
par Louis Royer, et de Cyprien Rore, par Louis Groo 
laers. Un escalief a double rampe donne acces a Tan- 
cienne Viei'schaere, ou TEcoutete rendait justice. 

Quelques marches menent de la a une suite de trois 
salons. Dans celui du milieu se trouve un petit triptyque, 
fait pouB la Ville, en i5i7, par Jean van Battele. Au 
panneau central est represente Charles- Quint, en cos- 
tume imperial, et entoure d'un cercle de blasons. Les 
volets sont egalement couvetts d'armoiries. Une inscrip- 
tion rappelle les nombreux titres du jeune souverain. La 
cheminee est decoree de sculptures. Au milieu se trouvent 
les armoiries de Malines, avec la devise In fide constans. 
Aux deux cotes sont des embl^mes charges de bande- 
lettes, sur lesquelles on lit : Magnificcntia, Bellum, Sapieii- 
tia, Fortihido, Pax, Mngnanimitas. 

Les murs du dernier salon sont couverts de lambris 
en bois peint et dore. Le plafond est orne de peintures ; 
on y voit des genies supportant les sceaux des souverains 
qui accorderent des privileges a la Ville, et tenant une 
banderole avec legende. 

Prcs de la Vierschaere se trouve l^ancienne chapelle ou 
le Magistrat assistait a la Messe, avant cVentrer en seance. 
Le privilege de la Messe avait etc accorde en i38o, par 
Gerard de Dainville, eveque de Cambrai, Sous la cha- 



r 



- 145- 

pclle existc une place vout6e qui a setvi au depot des 
archives commuoales, jusqu'A leur transfer! au Vieux 
Palais, en 1897. 

Marche aux SouUers 

Au March6 aux Souliers, contigu ^ la Grand' place, on 
remarque deux maisons du XVII""' si6cle. Elles offrent 
cette particularite, d'avoir plus d'un etage; fort peu de 
maisons de cette epoque ont cette 
disposition. Leurs facades sont 
bjtties aussi en surplomb, sur ar- 
cades portees par des consoles. La 
maison qui fait Tangle du March6 
aux Souliers et de la Grand' place, 
appelde Sidkerhuis, date de 1716. 

C'est la que naquit le peintre de genre, Aloys Hunin, Ic 
8 decembre 1808. 

Vieux Palais 

(anciaine maison echevinalc, actitellement Dipdt des Archives) 

La Maison echevinale, Schepen huys, fut batie en 1374. 
Elle est isolee de trois cotes. La fafade qui regarde 
la Place de la Boucherie a deux pignons a gradins, au 
has desquels se trouvaient primitivement des tourelles, 
bAties en encorbellement, et reliees par un chemin de 
ronde qui passait egalement au pied des versants e.xte- 
rieurs des combles. Les faces du biLtiment etaient autre- 
fois d^corees de niches A dais, plac6es entre les fen^tres 
de I'etage. Un grand perron convert donnait acc6s A 
I'entree, 

Le Grand Conseil, institu6 en 1474, fut installe dans 
la Maison echevinale, qui refut d6s lors le nom de 
Palais du Conseil ; et lorsque celui-ci eut ete transfere, 
en 1618, dans I'ancienne demeure de Marguerite d'Au- 



— 146 — 

triche, la Maison echevinale conserva le nom de Vieux 
Palais. 

En 1654, on y tint la premiere stance de la Chambrc, 
mi-partie composee des cnvoycs dc I'Espagiie et de la 
Hollande, charges de veiller a I'ex^cution du traite de 
Munster. Les reunions de cette Chambre se prolongfirent 
jusqu'en 1667. 

Les Arquebusiors obtinrcnt alors I'usage du bMiment 
delais36, mais la salle du rez-de-t:hauss6e lut rdservee 
aux representations dramatiques de la soci6t6 litt6raire 
La Pivoine, 

En 1791, on logea au Vieux Palais, les dragons du 
rdgimenf de la Tour, qui d6- 
coup6rent les cuirs dor6s de la 
salle des Arquebusiers, et bri- 
s^rent les meubles. Les soldats 
franfais completfirent la des- 
truction en 1793. 

L'academie de dessin et de 

sculpture en occupa les locaux 

jusqu'en 1846. On y installa 

alors le Musee, commence en 

1844, A I'hospice Saint-Julien, et transi6r6 peu aprfes 

dans I'ancienne chapeile de I'hospice Sainte-Barbe. Les 

collections du Mus6e furent conservees au Vieux Palais 

pendant un demi-siecle. Au mois de mars 1897, elles 

furent transferees aux Halles, pour faire place au d6p6t 

des Archives communales et k la bibliothfeque de la Ville. 

Archives Communales 

Aux archives, oii se rendent ensuite les Congressistes, 
chacun veut voir le cel6bre manuscrit ayant appartenu k 
Marguerite d'Autriche. Cast un gtaduel compose par le 
musicien flamand, Pierre de la Rue. Ses enluminures 
splendides sent attributes A I'^cole de Mabuse. 



— 147 — 

Nos archives sont des plus importantes. M. Victor 
Hermans, prepose k leur garde depuis 1870, en a fait un 
classement nouveau et complet, et un catalogue qui 
forme le VHP tome de VInventairc des archives de la ville 
de Malines. Ce catalogue, tres ddtaille, est d'une utilite 
incomparable pour les amateurs, auxquels il epargne des 
recherches inutiles, en leur permettant d'avoir de suite 
sous la main les documents relatifs k Tobjet de leurs 
investigations. 

Une serie de trois mille registres de formats divers, et 
d'une conservation admirable, se divise en plusieurs 
collections, dont la premiere, celle des Chartes, est appe- 
I6e par Gachard, unique en son genre, au inoins en Belgiqtte. 
Elie se compose de six volumes en parchemin, dans 
lesquels sont transcrits un grand nombre de documents, 
datant de la premiere moitie du XI 11™^ siecle, jusqu'en 
1702. Apres chaque document se trouve figure le sceau 
appendu k Toriginal, tel quel. Cest par les soins de 
Tarchiviste Daniel-Franfois Cuypers, que ce travail a et6 
execut6 aux frais de la ville. Chaque copie de document 
a ete revue par Tarchiviste susdit, et authentique par 
lui. Les Comptes de la ville, de i3ii k 1792, compris 
dans quatre cent soixante-six registres in-folio, offrent 
une lacune de quatorze annees, non successives, au XIV"*" 
si6cle, et une au XV"*. Quarante livres de Caisse, de 
1572 a 1703, font suite aux Comptes. Nous.pensons 
qu'aucune ville ne possede une collection aussi com- 
plete. Les ordonnances, resolutions, correspondances, 
etc., du Magistrat, sont renfermes dans deux cent et onze 
volumes. II y en a cent quarante-trois relatifs aux Me- 
tiers, Glides et Chambres de Rhetorique. Les actes de 
mutations de proprietes forment une serie de quatre cent 
douze registres, Goedenisboeken, commencee en i345 et 
termin6e en 1796. La derni^re moitie de ces volumes a 
une double table alphabetique, contenant les noms des 
vendeurs et celle des acquereurs. Dans les autres, la liste 



— 148 — 

des noms des vendeurs ne figure point. Vient ensuite la 
Chambre ptipillaire, comprenant les 6tats des biens des 
mineurs, de i5io a i8o5, et tout ce qui concernait leur 
administration; documents parfois importants, et ties 
interessants sous plus d'un rapport, conserves dans deux 
cent quarante-six volumes. Une collection de cinq cent 
soixante registres nous fait connaitre Texercice de la jus- 
tice depuis 142 1, par les diverses jxiridictions : Eckevins, 
Commtine'tnaistres, Ecoutete, Doyen des Drapiers, Pension- 
naires, Parlement et Grand Conseil. 

Ajoutons, pour terminer ce rapide cojap d'oeil, les 
quatre cent quarante-six registres aux impots, et, enfin, 
les deux cent quatrevingt-un volumes relatifs aux tra- 
vayx publics. 

La Biblioth^que de la Ville est conservee dans le mSme 
locaj que les archives. Monsieur Hermans en a fait 6ga- 
lempnt un catalogue methodique, public en 1881, sous 
les hospices de Tadministration oemmunale. 

Le Banquet 

A 6 heures, les Congres^istes, au nombre de plus 
de cent, se reunissent pour le banquet, qui termine la 
journ6e d'inaugu ration. Celui-ci a lieu aux Halles, dans 
I'antique salle des Grants, garnie d'anciens portraits 
provenant des Glides et des Corporations. 

La table d'honneur est presid6e par M. le Chanoine 
van Caster. A sa droite, se trouvent M. Beernaert, Pre- 
sident de la Chambre des Representants, M. Casati de 
Casatis, d6legue du Gouvernement Franfais, M. Denis, 
Bourgmestre de Malines, M. le Comte de Marsy, M. le 
Colonel Bruylant, vice-Pr6sident du Congr^s, M. Guer- 
lin, M. Jan ten Brinck, M. le Senateur Wittmann. — A 
la gauche du Pr6sident, M. Schollaert, Ministre de Tln- 
tferieur, M. HansHildebrand, d6l6gu6 du Gouvernement 
Su^dois, le prince Poutjatine, M. le baron de Maere, 



— i5i — 

M. le docteur Le Blus, Conseiller Provincial, vice-Pre- 
sident du Congr^s, M. L. Stroobant, Secretaire general. 

Le menu du banquet est un petit chef-d'oeuvre gta^ 
cieusement offert au Congres, par un de nos plus habiles 
artistes, M.J. Rosier, directeur de rAcademie des Beaux- 
Arts de Malines, et membre du Comite organisateur du 
Congres. Nous donnpns ci-contre, unc reproduction de 
je charmant souvenir. 

Le repas, confie a M. Arthur Branders, limonadier du 
Cercle La Loyaute, est declare succulent. Un vif entrain 
regne parmi les Congressistes et le coup d'oeil est su- 
perbe. Sur la Grand' place, brillamment illurainee, ou 
est situe le local du banquet, sc donne en ce moment 
un concert par le Cercle Mozart. Comme k chacune de 
ses auditions, la brillante phalange musicale attire en 
foule la population Malinoise. 

A rheure des toasts, le President du Congres se leve 
et porte la sante du Roi en ces termes : 

« Mesdames et Messieurs, j'ai Thonneur de vous pro- 
poser de boire a la sante de S. M. le Roi, protecteur dc 
notre Federation archeologique et historique (Longucs 
acclamaHons), a la sante de Messieurs les Ministres, 
qui ont daigne s'arracher a leurs multiples occupations, 
pour venir rehausser cette fete de leur presence (Applaii- 
dissements). 

» A Sa Majeste le Roi! a Messieurs les Ministres! 
(Applaiidisscments prolongis) ». 

M. ScHOLLAHRT, Miuistrc de Tlnterieur. — Je remerrie 
M. le President dc la Societe d'Archeologie, du toast 
qu'il a bien voulu nous porter; et lorsqu'il a dit que nous 
nous arrachions>M. le President de la Chambre et moi, 
a des preoccupations multiples, il a oubli6 de dire que 
c'ctait pour nous un veritable bonheur dc temoigner nos 
vives sympathies envers ceux qui consacrent leurs soins 
au relevement de Tart en Belgique. 

Le passe nous a laisse de superbes monuments et, 



— l52 — 

malheureusement, nous n'avons pas su les bien conscrver. 
Cest done a vous autres d'en etre les gardiens vigilants. 

Nous esperons que vous continuerez ce devouement 
dans la voie que vous avez suivie depuis tant d'annees, 
et que nous pourrons toujours compter sur votre con- 
cours, pour que de nouveaux actes de vandalisme ne se 
commettent plus. 

Je suis heureux, Messieurs, de trouver egalement ici 
de nombreux etrangers; je les remercie du fond de mon 
coeur, d'avoir voulu se souvenir de Thospitalite du sol 
beige. 

Je propose k Tassemblee d'acclamer ces Strangers qui 
ont montre de nouveau combien ils avaient de sympathie 
pour notre cher petit pays (Applaudissements). 

Les etrangers qui viennent au milieu de nous, savent 
combien nous avons toujours eu de bonnes relations avec 
eux. J'esp^re que chaque fois que nos congres se reuni- 
ront, nous pourrons les voir prendre le chemin de la 
Belgique, pour y apporter le precieux concours de leurs 
connaissances et de leur experience (Longiies acclama- 
tions). 

M. L. Stroobant, Secretaire general. — Mesdames 
et Messieurs, chaque annee nous voyons la participation 
de Messieurs les etrangers a nos congres devenir plus 
active. 

Aujourd'hui, nous avons Thonneur d'avoir au milieu 
de nous, les del6gues officiels de deux gouvernements 
etrangers : M. Casati de Casatis, representant de Mon- 
sieur le President de la Republique Fran^aise, et 
M. Hans Hildebrand, representant de S. M. le Roi de 
Suede (Applaudissements). 

Je les remercie de la precieuse collaboration qu*ils 
veulent bien apporter a nos travaux, et suis heureux, 
Mesdames et Messieurs, de boire a la sante de Monsieur 
le President de la Republique Frangaise et i celle de Sa 
Majest6 le Roi de Su6de (Vifs applaudissements), a leurs 



— i53 — 

delegu^s (Applaudissements), aux nombreux etrangers qui 
sont ici presents et qui font le succ6s de notre Congr^s 
(Applaudissements prolongis). 

M. Casati de Casatis, del6gue du Gouvernement 
Franfais. — Mesdames et Messieurs, je crois ne pouvoir 
mieux repondre au toast qui vient d'etre porte i M. le 
President de la R6publique Frangaise et ^ S. M. le Roi 
de Suede, qu'en m'associant a celui port6 par M. le 
President du Congres k Sa Majeste Leopold II, et en 
offrant mes hommages a ce roi eminent, protecteur des 
arts et des sciences (Vifs applaudissements). 

Je suis heureux. Messieurs, de pouvoir adresser tous 
mes remerciments a M. le Chanoine van Caster et a 
M. Stroobant. Je vous demanderai de les adresser aussi 
aux membres du Conseil Communal, 4 MM. les Bourg- 
mestre et Echevins, qui nous ont regu d'une fafon si 
charmante, dans cette ville qui renferme tant de pr6cieux 
souvenirs (Applaudissements). 

Je bois. Messieurs, a MM. les Bourgmestre et Echevins 
de la ville de Malines (Applaudissements prolongis). 

M. Denis, Bourgmestre de Malines. — Mesdames et 
Messieurs, je remercie infiniment M. Casati des bonnes 
et genereuses paroles qu'il vient d'adresser a notre Ville. 

Je ne demande qu'une seule chose ^ Messieurs les 
Membres du Congres Archeologique, c'est de repeter 
dans un avenir tr^s rapproche, une nouvelle reunion 
dans nos murs. 

lis seront re^us a bras ouverts et nous tacherons alors 
de faire mieux que nous n'avons fait jusqu'ici (Applau- 
dissements). 

M. Van de Walle, echevin de Malines, — Mesdames 
et Messieurs, je vous propose un toast, qui, bien certai- 
nement, sera accueilli avec enthousiasme par vous tous! 
Je vous propose, en vidant nos verres, de rendre hom- 
mage au president si actif de notre Comite organisateur 
(Applaudissements). 



— i54 — 

Au savant consciencieux ! 

A Tarcheologue distingue ! 

Au pr^tre largement tolerant! 

Au donateur genereux, qui a si richement dote notre 
mus6e communal ! 

Honneur ^ M. le Chanoine van Caster! (Longues accla- 
mations). 

C'est de tout coeur, Mesdames et Messieurs, que je 
bois ^ sa sant6 precieuse (Applaudissements prolonges). 

M. HiLDEBRAND, d6l6gue du Gouvernement Suedois. — 
Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous dire 
d'abord que je suis etonne de voir inaugurer les tra- 
vaux de ce Congr^s par un banquet. Cela ne me semble 
pas juste. On ne pent, d6s le premier jour, fcter des 
travaux qui n'ont pas encore eu lieu. 

Toutefois, il y a deux circonstances qui pourront nous 
donner Tassurance de la reussite de co Congr^s. 

La premiere circonstance, c'est de voir le grand nom- 
bre d'adherents. II y a, en effet, plus de srpt cents 
membres. 

Ce nombre 61eve est la preuve apparente de votre 
succ6s et demontre que Tetude des arts historiques a 
provoque dans la Belgique, si richc en monuments et si 
cel6bre en faits glorieux, un mouvement des plus heu- 
reux. 

Une autre circonstance, c'est la connaissance que tout 
le monde professe ici pour son histoire. 

Les historiens Beiges ont 6t6 les historiens de Tart 
et se sont payes, pour les etudes archeologiques et pre- 
historiques, bien des sacrifices. 

Les savants Beiges, Messieurs, ont fait pour Fhistoire 
des arts, des choses merveilleuses. 

J'ai rhonneur de boire a la science beige (Applaudisse- 
ments prolonges). 

M. Jan ten Brink. — Mesdames et Messieurs, parmi 



— i55 — 

les etrangers, je crois que je suis le seul hollandais ici 
pr6sent. 

Une voix. — Non, non. 

Tout ce que je tiens a dire, c'est que la Hollande et 
la Belgique sont des pays de beaucoup et d'anciennes 
de relations. 

Nous avons ensemble une histoire brillante et nous 
sommes tous unis dans la voie de Thistoire, 

Nous avons toujours le coeur n6erlandais qui bat. Votre 
langue est la m6me que la ndtre. Notre passe est plein 
d'enseignements pour la. science et les arts (Applaudis- 
sements). 

Beiges et Neerlandais, ce sont les mfemes coeurs qui 
battent ici k Tunisson (Applaudissements). 

De divers points de la table on demanda A entendre 
M. Beemaert, 

M. Beernaert, President de la Chambre des Repr6- 
sentants. — Mesdames et Messieurs, c'est en notre nom 
a tous deux, que M. le Ministre de Tlnterieur vous a 
remerci6 tout sL Pheure de Taccueil si cordial que vous 
nous reservez; mais puisque vous voulez que moi aussi 
je prenne la parole, je veux vous proposer une sante bien 
essentielle, et cependant jusqu'ici oubliee. 

Vous avez bu au Roi et k ses Ministres, qui se portent 
tr^s bien, aux strangers assis k cette table et qui ne sont 
pas moins bien portants, k la ville de Malines, dont mon 
voisin. Monsieur le Bourgmestre de Malines, nous ferait 
reproche de mettre la sant6 en doute, mais, personne n'a 
song6 a ces vieux et ven6rables monuments du pass6, en 
rhonneur desquels nous voici rdunis et dont beaucoup 

soufFrent cependant, les uns de la maladie, les autres 

du m6decin (Rites). 

Et il y a d'autant plus lieu de lever nos verres en leur 
honneur, que nous avons parmi nous le pharmacien en 
chef, M. le Ministre de Pinterieur, qui dispose presque 
toujours de remfedes infaillibles, sous forme de sub- 



— i56 — 

sides, pourvu qu'ils soient bien appliques (Rires et applaii- 
disscments). 

Jadis, il n'y avait pas de pays plus riche que le n6tre 
dans tous les domaines de Tart, le grand art et Tart de 
tous les jours. L'un avait convert notre sol de monuments 
merveilleux; Tautre se mfilait sous toutes les formes a 
notre vie domestique. Et nos meubles, nos orftvreries, 
nos tapisseries, nos cuivres, que sais-je encore, etaient 
au premier rang, — Les musees de I'^tranger sent 
remplis — bien plus h6las que les ndtres — de chefs- 
d'oeuvre de nos vieilles industries ; mais lorsqu'on songe 
aux richesses aujourd'hui 6parpillees et qui, il y a wi 
siecle et demi, remplissaient notre pays, ne devait-il pas 
apparaitre aux etrangers qui le traversaient, comme H«e 
terre benie de Tart ? (Applaudissements). 

Helas, que de monuments disparus ou denatures! 

Que de prose et de mauvaise prose, au lieu de la poesie 
d'autrefois ! 

Que de traditions perdues! 

Mais la reaction s'est faite et il faut bien qu'elle soit 
puissante,puisque voici non seulem^nt des voisins comme 
MM. ten Brinck et Casati, mais des honnnes tels que 
M. Hildebrand et le prince Poutjatine, accourus des 
extr6mit6s du Nord, qui nous apportent le concours de 
leur savoir et de leur sympathie (Applaudissements). 

Voici qu'on comprend a quel point les monuments d'un 
pays sont li6s a sa vie Nationale ; qu'on sent a nouveau 
ce qu'il y a de charme dans les vieux murs, qu'on 6coute 
ce que racontent ces pierres grises, ces vieilles pierres, 
qui, a un premier regard, semblent dormir du sommeil 
des temps pass6s, mais qui nous racontent leur histoire 
comme des aieules, et sont autant de marques qui 
animent la terre de . la vie et de la domination de 
rhomme (Applaudissements). 

Et il nous reste encore beaucoup d'edifices, beaucoup 
d'oeuvres d'art i sauver, tandis que sur d'autres terrains 



- i57- 

il faut revenir en arrifere et, tournant le dos au laid et au 
trivial qui nous submergent, reintroduire Tart dans la 
vie quotidienne, comme un de nos premiers besoins. 

VoiU, Messieurs, k quoi vous nous aiderez, a quoi 
votre presence nous aide deji, et c'est de tout cceur que 
je vous remercie de cette sainte croisade entreprise en 
rhonneur de Tart. 

Mais defiez-vous de certains medecins. II y a des gens 
et parfois d'habiles gens, qui, sous pretexte de restaurer, 
demolissent et reconstruisent, — reconstruisent en per- 
fectionnant, comme pour montrer qu'ils en savent plus 
long que leurs aines. 

Pour les vieux monuments, voili des amis aussi dan- 
gereux que des ennemis et je souhaite que M. le Ministre 
de I'Interieur les protege contre les uns comme contre 
les autres (Applatidissements). 

Buvons done, Mesdames et Messieurs, a nos pauvres 
et chers malades, aux impotents, k ceux qui dans la 
bataille des ann6es ont perdu un bras ou une jambe. 
Puissions-nous toujours garder respectueusement ce qui 
en reste et inspirons-nous de leurs modeles (Longues 
acclamations). 

M. A. DE Cannart d*Hamale lit ensuite d'une voix 
vibrante, les odes patriotiques ci-dessous, qui sont vive- 
ment applaudies : 

Fort de son loyalisme, adroit, pers6v6rant, 
Avide de lauriers, le Beige entreprenant 
Excelle dans les arts, les lettres, la science, 
Voit croitre tous les jours sa force et son aisance, 
Se plait dans la concordc, et d'un constant labeur 
Goilite la jouissance au sein de la splendeur. 

Salut doux sol natal, salut terre ch6rie, 

Salut lihre pays, salut belle patrie! 

Fruit d*un antique hymen, indoroptable lion; 

Pousse ton cri puissant : ma force dans TUnion! 

Sous r^gide des lois, du rulte et des princes, 

Montre au monde 6blouis les plus riches provinces. 



— i58 — 

Peuple sens6. croyant, instruit, brave et traoquille, 
Ta gloire est bienfaisante et ton triomphe utile, 
Tes succ^ merveilleux et ta prosp6rit6 
Prouvent qu'on suit, unis« Tordre et la liberty ; 
Ta conqu6te a pour but : r6g6n6rer TAfrique, 
Montrer comment grandit un peuple pacifique. 

Debout, beiges, debout ! un prince v^n^r6 
Offire les mllle dons d'un sol inexplor6. 
Debout, beiges, debout, debout pour la patrie 
Fr6res, agrandi pour notre terre cherie, 
Que le sol libre et franc, la terre du Lion, 
Brille de plus en plus, brille par Tunion. 

M. le Comte de Marcy. — Mesdames et Messieurs, 
apres les toasts officiels qui viennent d'etre portes, je me 
permettrai d'ajouter un mot au nom de la societe d'ar- 
cheologie frangaise, la seule socidte de ce genre dont Sa 
Majeste le Roi des Beiges a voulu 6tre le protccteur 
(Applatidissements) , 

Je me sens heureux de porter un toast a Tune des 
societes qui, a peine entree dans sa neuvieme annec 
d'existence, a pu s'assumer la responsabilite de ce 
Congrfes. 

Je bois au Cercle Archeologique de Malines (Applaii- 
dissemcnts). 

Je bois, par anticipation, k MM. les Membres du 
bureau, dont le devouement nous est completement 
assure. 

Je bois aussi a Messieurs les Membres du bureau du 
Congres passe et, particuli^rement, a M. le Chanoine 
Van den Gheyn, le zele Secretaire general, qui a consa- 
ere des mois au travail du compte-rendu des travaux 
(Applaudissenients) . 

M. le Prince Poutjatinh:. — Comme etranger. Mes- 
sieurs, je ne puis laisser passer ces instants d'agrement 
qui inaugarent nos travaux, sans vous exprimer a mon 



— iSg — 

tour nos sentiments de gratitude pour cette belle Bel- 
gique, si riche en sciences et en arts. 

Oui, nous sommes heureux de nous trouver au milieu 
de vous, pour venir nous fortifier dans cette belle science 
de rhistoire, et nous fprmojjs^les voeux les plus ardents, 
pour que vos travaux soient couronnes des plus grands 
succes (Applavdissements). 

II est dix heures lorsquc les convives quittent la salle 
du banquet. 

C'est le signal attendu pour Tembrascment des fon- 
taines lumineuses et des chandelles romaines, brillant 
feu d'artifice, qui cl6ture dignement cette belle journ6e. 



-^i^^»« 



XunM 9 aoftt 1897 

De 9 a II heures le matin et de 2 a 4 heures I'apres- 
midi, ont lieu les reunions des sections au Palais de 
Justice. Nous en rendrons compte sous une rubrique 
speciale. De 11 heures a midi et de 4 ct 6 heures, se font 
la visite des monuments designes ci-apr6s : eglise metro- 
p>olitaine et tour de Saint- Rombaut, chapelle de la 
Table du Saint-Esprit, Maison Concordia, Bailies de 
fer, ancienne maison des Archers, Grand' Pont, Quai au 
Sel, Quai aux Avoines, maison de la Grande Arbalete, 
Haute-Porte, eglise Notre-Dame au-del^ de la Dyle et 
Notre-Dame d'Hanswyck. 

Nous croyons faire plaisir k ceux des adherents qui 
n*ont pu assister a cette promenade archeologique, en 
donnant ci-dessous quelques notes sur les principaux de 
ces monuments. Ces notes sont extraites du « Guide de 
Malines, par M. le Chanoine van Caster ». 



— i6o — 

Eglise m£tropolitaine de Saint-Rombaut 

L'eglise actuelle de Saint-Rombaut, tout en 6tant 
construite entifirement en style ogival, porte dans ses 



differentes parties le caractfire de I'epoque de leur con- 

Rtnirtifin. 



struction 



— i6i ^ 

Les nefs et les transepts sont les parties les plus 
ancienncs. Elles datent du XIII™* siecle. On y ajouta 
peu apr^s, les trois premieres travees du choeur. L'incen- 
die du 29 mai 1342, qui detruisit une grande partie de 
la ville, n'epargna pas Teglise, dont la toiture fut entie- 
rement consumee par les flammes. Les traces de cet 
incendie sont encore visibles a la partie superieure dcs 
murs, dont le revetement du cote des combles, est calcine 
en beaucoup d'endroits. La quatrifeme travee du choeur, 
ainsi que la partie absidale, furent terminees dans la 
premiere moiti6 du XV™* si6cle. Au commencement du 
siecle suivant, on ajouta les chapelles qui longent le cote 
nord du vaisseau, k Texception de celle de la derniere 
travee contre le transept, qui est plus ancienne. 

A Texterieur, les nefs sont d6pourvues d'ornements. 
Le garde-corps au bas du comble est perce de quatre- 
feuilles encadr6es. Celui du choeur est forme de deux 
rangees d'arcatures trilobees, entierement k jour. Les 
pigrions des chapelles qui entourent le choeur, sont aussi 
decores d'arcatures, et les contreforts snrmontes de pina- 
cles avec niches. Les fenetres rayonnantes des chapelles 
de la 2' et de la 3' trav6e sont de beaux modeles de genre. 
II faut en dire autant des grandes fendtres percees dans 
les pignons du transept, 

A rinterieur, I'eglise a conserve un aspect imposant, 
malgr6 les mutilations de quelques details. En 1774, les 
chapiteatix des colonnes qui separent les nefs, furent 
charg6s de sculptures en bois du plus mauvais gout. Des 
ornaments du meme genre furent adapt6s aux murs, aux 
sommets des grandes arcades, et des cariatides, symbo- 
lisant les vertus, placees k la hauteur du triforium, sous 
les retomb6es des nervures des voutes. Toutes ces pr6- 
tendues d6corations, executees par Pierre Valckx, pour 
le jubil6 mill6naire de saint Rumold, disparurent en 
i85o, lorsqu'on enleva le badigeon qui couvrait les murs 
de Tedifice. II fallait alors monger k la restauration des 

ZI 



— l62 — 

chapiteaux. Les feuillages et les crochets, demeures in- 
tacts, sembls^ient indiquer tout naturellement la voie d. 
suivre. On pr6fera pourtant les choux frisks, afin d*6tablir 
par ce moyen une esp6ce d'uniformit6 de decoration avec 
les chapiteaux du choeur. 

En 1896, on a commenc6 une restauration mieux 
entendue. La pile nord-ouest du transept, une des co- 
lonnes de la grande nef, et une du chceur viennent d'etre 
d^barrass^es de Tignoble plitrage qui les couvrait. 

II est ^ remarquer que les colonnes qui s^parent les 
nefs sont construites en pierre de Tournai, de grand 
appareil. Parmi les grandes arcades, il y en a de chaque 
c6t6 trois en pierre bleue, tandis que pour les autres 
on a employ^ la pierre blanche, sauf aux reins, dont 
quelques claveaux sont bleus. On se tromperait, croyons- 
nous, en concluant de cette irr6gularit6 partielle, k la 
necessite d'un crepi ou d'un badigeon. 

D'abord, le cr6pi ne pent s'appliquer raisonnablement 
que sur les briques et pour autant que Ton veuille decorer 
un mur au moyen de peintures. II serait absurde d'en 
couvrir un revfitement en pierre cis^le. Ensuite, les. deco- 
rations en couleurs, decouvertes apr^s Tenl^vement du 
cr6pi des colonnes, son appliqu^es dircdement sur la 
pierre. Enfin, sous le cr^pi lui-m^nxe, so trouve une 
couche de lait de chaux. 

Or, le badigeonnage de nos 6glises ne remonte g^n^ra- 
lement qu'aux premieres annees du XVII"* si^cle. Avant 
cette 6poque, les murs de nos monuments religieux 
n'6taient d6cores que par parties, d'apr6s la devotion des 
bienfaiteurs g^nereux, qui en supportaient les frais. II 
n'y a, pensons-nous, que de rares exceptions d cet usage. 

Rien d'6tonnant done qu'^i notre 6glise metropolitaine, 
nous trouvions le premier badigeon appliqu6 tantdt sur un 
reste de peinture decorative, tantdt sur la pierre nue. Ce 
qu'il importe surtout de constater, c'est qu'^ aucun 
endroit de I'^glise, un cripi quelconque n'a iU employi 



— i63 — 

primitivemeni potir couvrir I'apparcil da la comtrudion. 
Le triforium m^rite une attention spdciale. La paitie la 
plus, ancienne se trouve dans ie transept, au-dessus des 
entries des basses nefs. II n'y a pas d'appui entre les 

pieds droits 
desarcatures 
de ce trifo- 
rium. Celui 
de la grand e 
nef est d'une 
construction 
post6rieure 
4 I'incendie 
de 1342, et 
ses appuis 
sont perces 
de quatre- 
feuilles encadr^s. Dans celui du choeur, la tablette 
d'appui est soutenue par un arc triloba. Les meneaiHC 
y sont prismatiques, mais 4 la nef ils sont 4 moulures, 
Ao choeur, les dcoin^ons, (ormes paries grandes arcades 
des travees, sont decerns de panneaux 4 quatre-feuilJes 
pointus encadrfes. Sur les cotes du triforium et des fe- 
nfetres, ces panneaux portent des arcatures trilobees. 

Les arcatures qui decorent les murs du transept nord 
ont leurs 
6coinfons 
orn6s de 
feuillages 
.les plus 
varies. 
Dans la 
nef lat6- 
rale, c6t6 

sud, des feuilles de chardon, trfes fouill6es, sont pres- 
qu'exciusivement employees pour cette ornementation. 



~ 164 — 

Le maitre-autel, oeuvre de Luc Fayd'herbe, a 6t6 
construit en i665, aux frais de Tarchev^ue Andr6 Crue- 
sen, C'est une esp^ce d'arc de triomphe colossal dont 
Touverture sort d'abri i la chasse de saint Rumold, 
et se ferme au moyen de vantaux charges de sculptures 
dor6es. 

Sur Tautel du transept sud on admire la sc6ne du Gal- 
vaire, une des plus grandes compositions d'Antoine Van 
Dyck. Le dessin, d'apr^s J.-B. Descamps, est plein de 
finesse, le Christ, d'une beaut6 surprenante, et la t^te de la 
Vierge, d'une expression admirable. La couleur, quoique 
belle en g6n6ral, parait un peu froide. 

L*6glise m6tropolitaine renferme cinq triptyques pro- 
venant d'autels d'anciennes corporations. Le premier, 
fut fait en i58o, par Michel Coxie, le Raphael flamand, 
pour les Masons. II repr6sente . la Circoncision de Notre 
Seigneur. La partie architectonique fut peinte par Hans 
de Vries, qui habita Malines pendant plusieurs annees. 
Le deuxifeme, la Resurrection du Sauveur, fut ex6cute 
en 1601, par Jean Snellinck, pour les Merciers. Le troi- 
si6me, peint par Michel Coxie, pour les Archers, en iSSj, 
figure le martyre de saint Sebastien. Le quatrifeme, fait 
pour les Peintres, par Abraham Janssens, figure saint 
Luc peignant la Sainte Vierge. Cette toile remplace un 
ancien tableau enlev6 par Tarchiduc Mathias, et trans- 
ports a Prague. Le cinquieme, du encore k Tinfatigable 
pinceau de Michel Coxie, fut peint pour le Serment de 
la Grande Arbal6te. L'artiste a signe son oeuvre : Michael 
de Coxi¥n, pictor regis tnefedt anno 1S88, anno cetatis 88. 

La Tour de Saint-Rombaut 

La tour, placee devant la grande nef de TSglise m6tro- 
politaine et que Vauban appelait la huitifeme merveille 
du monde, fut commencee vers le milieu du XV** si6cle, 

et la premi6re pierre fut pos6e le i*" mai 1452. La con- 



— i65 — 

itruction a 6t£ arrdt6e i. la hauteur d'environ 98 metres. 
l!e monument colossal a plus de vingt-cinq mitres de 
argeur, en y comprenant les 
:ontreforts qui s'avancent de 
:haque c6t6 i une distance de 
(..5o mitres. Les murs, qui me- 
jurent A peu pris trois mitres 
i'ipaisseur, ne sent reliis qu'4 
.eur partie supirieure, par une 
/cute. Au-dessus de celle-ci, 
1 s'en trouve une seconde, en 
i6me, destinie 4 servir de base 
i une grande fliche ajourie qui 
ievait atteindre une ilivation 
Je six cents pieds, mesure de 
Vfalines {i58 mitres). La 
Dlanche ci-contre, d'apris une 
jravure de J. Hunin, est une 
riduction au milliime de la 
^ndeur d'exicution. La tour 
;st 6vidie jusqu'A la hauteur 
le la grande nef, 4 laquelle elle 
ionne ainsi un prolongement 
le seize mitres. Chacune des 
aces de la tour porte un ca- 
Iran de 144 pieds (41 mitres) 
ie circonfirence. La longueur 
les chiffres qui marquent les 
leures, est de 1.96 mitre, et 
:elle de I'aiguille, 3.65 mitres. 
Les cadrans et leurs acces- 
joires furent fails en 1708, par 
.'horloger Jacques Willemore, 
inglais de naissance mais bour- 
geois de Malines, et coutirent 
i la ville au-delA de dix mille fiancs, plus une pension de 



— i66 — 

200 florins, dont Thorloger jouit pendant quatorze ans (i). 
La question de Tach^vement de la tour, qui se trouvait 
au programme du Congrds, est traitee plus loin dans le 
compte-rendu de la 3™^ section, ou elle a fait Tobjet d'une 
interessante discussion . 



Les Cloches et le Carillon 

II y a dans la tour de Saint- Rombaut six cloches, dont 
la plus grande p6se 8146 kilogrammes. Refondues une 
premiere fois en 1498, quelques-unes d'entre elles le 
furent encore depuis lors, a Texception de la quatrieme, 
qui resiste depuis quatre siecles. Elle fut coulee en 1498, 
et porte pour legende : Maria es minen soeten name, myn 
gheluyt sy Gode bequame, meester Synion Waghevens gaf myni 
accoort, M. CCCC. XCVIIL screef men voort. En dehors 

^ UlFtwjBf ett txotttru xitrttiu 



at aituo Doxiixtii 




m^ 



de ces six cloches, mobiles, employees pour les services, 
il y en a encore trente-deux, coul6es par Pierre Hemony 



rr 



(i) Plusieurs journaux ont public, en aoiit 1890, sous la rubrique La plus 
raiide hnrlo/^£ du monde, des details sur une horloge que Ton se disposait k 
placer dans la tour de rh6tel de ville de Philadelphie, et qui, d*apr^ Tau- 
teur de Tarticle, devait etre gigantesque. Le tableau suivant des mesures 
de rinstrument si vant^, mises en regard de celles de notre horloge, prouve 
que Ic cadran de Malines tient encore toujours la palmc. 



Diam^tre du cadran 
Circonfference 
Aiguille des heures 
Aiguille des minutes 
Chiifres des heures 



Malines Philadelphie 

i3.5o 10,00 

41.00 3i.oo 

3.62 2.5o 

absente 4.00 

1.96 pas indiqu^e. 



J 



— i67 — 
d'Amsterdam, en 1674, et achet^es par la ville de Malines 
en 1680, pour remplacer une s6rie de cloches cfedfees i 
I'iglise Notre-Dame au-del4 de la Dyle. Deux autres 
cloches, coulees respectivement par Henri et Georges 
Waghevens, raeritent d'etre signal^es. La plus ancienne, 
d6di6e au Sauveur, date de 1480, et porte cette l6gende : 
Yhesus est nomen ttuiim. Henriais Wagkevem me fecit anno 
domini M. CCCC. LXXX. L'autre porte cette inscription ; 
Michael . vocor . et .facta . sum . per . Georgium . Waghevens . 
anno . dni . M. CCCCC. XV. Plus has on lit encore : 
Yn dit seive iaer waren rentmeesters van der siadt kcer Aert 
van Diest ende jan van der Aa ctt Yacob Robbyns; Yan Staes. 
Plus bas encore se trouve d'un c6t6 : Barbara Avil (peut- 
€tre le nom de la donatrice), et de l'autre, au-dessus d'nn 
cerceuil, une banderole avec l6gende : 



Le carillon de Malines n'est 'com parable qu'4 celui de 
Bruges. Ce dernier est plus complet de deux notes, dans 
les octaves superieures; mais celui de Malines I'emporte 
pour les notes basses. Le bourdon pfese environ 3ooo kilo- 
grammes de plus que celui de Bruges. Le tambour du 
carillon fut coul6 en laiton, par Alexis Julien, dans la 
cour des Halles, le 9 septembre 1733; on le paya 3244 
florins. Jean de Hondt travailla pendant deux annees k 
percer les 16200 ouvertures carries dans lesquelles on 
fixe les dents qui servent k mouvoir les marteaux des 
cloches. La ville paya de ce chef 4045 florins. 



— i68 — 

La chronique rapporte que, le g decembre i635, le 
tambour fut traine, de la Halle jusqu'au pied de la tour, 
par les enfants de la ville, qui refurent chacun une 
couque et deux Hards pour leur peine. La circonference 
du tambour comprend 164 mesures, dont 108 pour Tair 
de rheure, 48 pour celui de la demi-heure, et 8 pour le 
quart. Quant au jeu libre, il se fait par les battants des 
cloches, mis en mouvement par les touches d'un clavier, 
Le carillon se fait ehtendre tous les dimanches et grands 
jours de fete, de 11 h. a midi, le lundi, de 11 a 11 h. 1/2, 
et le samedi de 11 h. 1/2 ^ midi. Depuis quelques ann6es, 
ces deux derniers jeux sont supprimes et remplaces par 
un jeu d'une heure complete, le lundi, de 7 a 8 h. du 
soir, pendant les mois de juin, aoilt et septembre. 

Chapelle du Saint -Esprit 

La chapelle du Saint-Esprit est situ6e vis-a-vis de 
Tentr^e principale de T^glise m6tropolitaine. Ce petit 
sanctuaire date du XIII™*' si^cle. On y remarque une 
petite fenetre laterale, divisee en deux faces, par une 
colonnette avec chapiteau et crochets ; a Tinterieur de la 
chapelle se trouve conservee la piscine form6e d'une 
niche a arc trilobe retombant de part et d'autre sur une 
colonnette. Cette chapelle appartenait autrefois a la 
Mense du Saint-Esprit (Heilig-Geest Tafel) de Saint- 
Rombaut. Les Pauvres de la paroisse, secourus par cette 
institution de charite, y assistaient a la Sainte Messe, 
les jours auxquels on leur distribuait des aumones. 

Maison Concordia 



Cette maison, situ6e k Tancien cimeti6re de Saint- 
Rombaut, 6tait autrefois la cave franche. EUe parait 
avoir ete batie vers la fin du quinzi^me siecle ; mais la 



- j69- 

substruction est du treizi6me, k en juger par les chapi- 
taux des colonnes qui portent les 
1 voijtes. 

voisine etait habitee 
au XVI "« si^cle, 
par le medecin 
Jcachim Roelants. 
La facade a etc 
enti^rement mo- 
dernisee, mais il 
est restd de I'an- 
cienne' construc- 
tion, un charmant 
souvenir. C'est une 
absidiole k trois 
pans, parens cha- 
cun d'une fen^tre. 
Sous celle du milieu, il y a une petite niche aux c6t6s 
de laquelle deux banderoles portent en latin ; Venez A 
mot votis qui souffrez ct je voiis sotUagerai. L'image du 
Sauveur, que Ton voit actuellement dans la niche, y a 
ete mise il y a une vingtaine d'annees. 

A 4 1/2 heures, les Congressistes continuent la visite 
des monuments. 

Bailies de fer 

La place de ce nom est traversee dans sa longueur, 
par un canal sur les bords duquel on pla9a, de i53i 
^ i534, les belles rampes en fer forge que nous y 
voyons encore. Ce sont de fort beaux specimens de la 
grosse ferronnerie du XVI"" siecle. Le canal fut voiite 
en 1674. 

A I'extr^mit^ nord de la place, on volt la. facade de 
Tancienne maison des Archers, bAtie en 1728. 



1 



Le Grand Pont 

Ce pont, construit au XIII"' si^cle, est form6 de trois 
arches en plein cintre. Sur celle du milieu, en amont, se 
trouvait autrefois un crucifix en fer forg6. D'apr^s les 
comptes de la Ville, de 1594-95, ce monument subit 
d'importantes reparations. On plapi sur la croix renou- 
velee, un Christ en cuivre, fondu par Jean Cauthals, 



d'apr^s le modMe de Jean van Dorme. Des branches en 
fer, attachfees ^ la croix, portaient des lanternes. Le pont 
etait primitivement bordd de parapets, qui furent rem- 
places, en 1728, par les rampes en fer actuellcs. A cette 
m^me 6poque, on sacrifia les 6chaugettes et Ton d6mo- 
lit, du c6t6 amont, les massifs cylindriques qui leur ser- 
vaient de support. On voulut ainsi diminuer la charge 
des piles; mais, experience faite, on acquit la conviction 
d'avoir mal agi. C'est gr4ce a ce mecompte que la tele 
du cote aval fut 6pargn6e. Nous y trouvons encore les 
demi-cylindres soutenus par un encorbellement reposant 
lui-m6me sur I'^peron de la pile. 



— 171 — 
L'arche du milieu mesure, en largeur, 7.86 metres, 
deux metres de plus que ses voisines. Elle est aussi plus 
eiev6e. Les piles ont une epaisseur de deux metres at se 



trouvent dispos^es obliquement, par rapport A. I'axe du 
pont, mais dans le sens du courant de I'eau. Le tablier, 
d'une longueur de 24 metres, pr6sente deux pentes. II 
mesure en largeiJr, du cote sud, i3.5o metres, et deux 
metres de moins du c6t6 nord. ' 
Du pont, on jouit de trSs belles vues sur la Dyle. 

Quai au Sel 

La facade n° 5 est en pierre, et parait remonter au 
commencement du XVI 1""' si6cle. Les arcades qui portent 
i'etage, ont leurs moulures couples par des bandes en 
bossage, decoration particulierement aimee par le sculp- 
leur Faid'herbe. On pourrait peut-etre considerer cet 
artiste comme I'auteur de cettc construction, quand on 
sait que des membres de sa famille ont habit6 cette 
maison jusqu'au commencement du XIX"" sifecle. 

Le Satimon, n° g, appele ainsi depuis bien longtemps, 
lorsque les Poissonniers en firent I'acquisition en iSig, 



— 172 — 

ne fut pas rebAti par cette corporation, comme on I'a 
rep6t6 souvent. Les Poissonniers_ se content^rent d'y 
mettre une nouvelle facade en i53o. Les trumeaux des 
ien^tres sont decorfis de demi-colonnes doriques au rez- 
de-chauss6e, ioniques au premier 6tage et composites au 
second. De gracieuses consoles leurs servant de support. 
Les tympans 
des arcades, qui 
soutiennent les 
entablements 
des divers sta- 
ges, sontd6cor6s 
de sculptures. 
Un balcon s'6- 
tendait surtoute 
la largeur de la 
fa^de, au bas 
du pignon; mais 
au commencei- 
mentduXVII"' 
si6cle,onensup- 
prima la balus- 
trade, qui mena^ait ruine. Le pignon fut modifie A. la 
meme occasion. 

La facade du Saumon, enti^rement en pierre, fut res- 
taur^e et peinte vers i85o. Le panneau sous la fen^tre, A 
droite de la porte d'entr^e, est ancien ; mais ceux places 
sous les deux autres fenfitres, sont des moulages en 
mjistic, reproduisant le premier. 

La maison n° 23, appel^e communement Lepelaer, se 
compose de trois Stages. La porte d'entree a un arc 
triloba au-dessus duquel un ecusson entre deux tritons. 
Les fenetres du premier et du troisi^me sont couronn^es 
aussi d'arcs trilob^s, reposant sur des colonnettes. Les 
arcades du second sont ondul^es. Les tympans sont 
orn^ de monstres marins au rez-de-chauss^, et aux 



1 



-173- 

stages de menceaux flamboyants. Au-dessus des fen^tres 
de I'etage superieur, un groupe de tritons alterne avec 
deux enfants, tenant un 
cr4ne. Le pignon, autrefois 
i gradins, ne masque plus 
la pente du comble; mais 
il est au contraire couvert- 
par le rampant de la toi- 
ture. Comme la decoration 
de cette facade a quelques 
ressemblances de detail 
avec celle du Saumon, on a 
suppose autrefois que la 
maison Lepdaer avait 6te 
celle des Poissonniers avant 
leur installation dans le 
Saumon. Mais il appert des 
r^istres de leur corpora- 
tion, qu'avant d'avoir achet6 
cette derniere maison, lis 
n'en possddaient pas a leur 
usage, mais se r^unissaient 
tantot dans une auberge, 
tantot dans une autre. 

Revenant sur ses pas et poursuivant la route par les 
rues du Serment et des Pierres, on arrive au Quai aux 
Avoines. 

Quai aux Avoines 

Au coin de la rue "de la Grue se trouve le Paradis. La 
facade de cette habitation necomprend que deux trav6es 
on entre-colonnements. Les chapiteaux des colonnes 
re^oivent les arcs en ogive tr6s surbaiss6s, dont les tym- 
pans sont d^cores de sculptures repr6sentant ; I'arbre de 
la science du bien et du mal, sur le tronc duquel un serpent 



— 174 — 
est enroule, et Adam ct Eve fiiyant daant I'avgc au glaive 
flamboy>anf. 

A cote du Paradis se trouve une ancienne facade en 
bois, la plus ornee et la mieux consei"\^ee des nombreuses 
constructions elevfees au XV'I"" siecle. Les consoles qui 
portent I'encartellement des etages sont decorees de 
satyres. De 1^ le nom de Maison des diables, sous lequcl 



cette habitation est actuetlement connue. La facade a 
6te restauree avec beaucoup de sobrifite et de bon gout, 
il y a une trentaine d'ann^es. 

La maison voisine, dite Saint-Josepk, est un joli speci- 
men de i66g. Trois arcades portent I'dtage. Leurs tym- 
pans sont ornes de cartouches, celui du milieu est decor6 
d'un medallion : saint Joseph avec I'enfant J6sus. 

Ces belles ia^ades que nous venons d'admirer ont par- 
fois excit6 la convoitise de nos voisins meridionaux, au 
point qu'ils les ont publics en lithographic, avec cette 
souscription : Maisons anciennes a Caen! 



r 



-175- 

Maison de la Grande Arbalite 

Les membres des Glides ou Serments formaient, au 
moyen 4ge, une milice au devouement de laquelle on 
avait souvent recours, pour maintenir la paix, en pr^ve- 
nant ou emp^chant les troubles int^rieurs de la cit6. On 
les appelait parfois aussi au combat contre Tennemi du 
dehors. II y avait k Malines, cinq gildes, qui se distin- 
guaient principalement par I'arme et !e costume que 



portaient leurs membres. Les r^lements donn^ ou 
approuv^-s par le Magistrat, ^taient les mSmes quant au 
fond. 

Les Arbal^tno'S 6taient les plus anciens, Leur organi- 
sation est anterieure ^ i3i5. lis poss6daient un local pour 
I'exercice au tir et une maison pour leurs reunions et 



— 176 — 

leurs fetes. lis firent Tacquisition de cette derniere, en 
1604, et en renouvel^rent la facade. La partie anciennc 
du batiment, qui remonte au commencement du XVI"* 
siecle, est'surmontee d*une espece de belvedere ou cham- 
brette, qui servait exclusivement aux reunions du Conseil 
des Anciens, Pendant leurs deliberations, un huissier so 
tenait tout arme sur Tescalier, pour defendre a tout 
profane Tentree du local. La cage d'escalier, en forme de 
tourelle octogone, s*eleva de plusieurs metres au-dessus 
du belvedere. 

Au XV™'' siecle, les candidats arbaletriers se presen- 
tcrent en si grand nombre, qu'il fallut depasser le chiffre 
de 60, fixe pour les membres; une seconde gilde fut alors 
organisee en 1431, sous le nom de Petite Arbalete, au 
chiffre de 40 compagnons seulement. Leur local etait 
situe vis-a-vis du precedent. La facade, qui existe encore, 
portait un pignon au milieu duquel se trouvait dans une 
niche, une statue de S. Georges a cheval. Ce pignon fut 
demoli d. la suite d*un incendie, en 1843. 

Les Archers (urent reunis en serment, en 1423. Leur 
nombre etait limite ^ 40. lis se distinguerent au siege de 
Neuss et regurent, par octroi du 26 fevrier 1474, I'autori- 
sation de porter comme parement, deux Arches en sau- 
toir, tenues par un briquet. lis etaient au service de la 
Ville et devaient s'engager pour deux annees. Lorsqu'ils 
etaient de semaine, on leur payait 12 gros (3o centimes) 
par jour. Les aides recevaient la moiti6 et le chef-homme 
le double de cette solde. Les archers avaient leur local 
aux Bailies de Fer et leur jardin d'exercice dans la rue 
aux Herbes. 

Les Arquebiisiers ou Couleuvriniers existaient depuis 1453; 
mais ils ne regurent leurs reglements qu'en 1504. Leur 
nombre, limite d'abord i 28, finit par etre porte a 40. 
En temps de guerre, la Gilde enrolait encore des hommes 
de bonne volont6. En 1477, les Arquebusiers, requis par 
le Magistral de Lille, pour defendre cette cite centre 



r 



- 177 — 

Louis XI, se distingu6rent par leur bravoure. On conserve 
aux archives, la lettre du Magistral de Lille, adressee a 
celui de Malines, dont voici quelques passages a la louan- 
ge de nos preux d'alors : Honorables et discrets Seigneurs... 

nous vous tenons bien recors comme a notre pry ere votis 

410US. envoyastes de la ville de Malines jusqties an nombre de 
XIII compaignons Conlenvrieurs pour nous servir it noz gaiges 
et soldees pour le garde et deffense de ceste ville de Lille et 
depuis aulcuns aultres compaignom de la dicte ville de Malines 
se sont avoulentez de nous venir servir tous lesquels com- 
paignons estant en nombre de XXXVI ou environ, nous ont 
bien vt loyalement servi et se sont conduits et gouvernez en ceste 
ville bien doulcement et honestement, tellement qtie ilz en sont 

a louer et recoinmander, et sommes deulx tres content sil 

est chose que pourfaire puissions it voire significations, nous le 
ferons de bon ccetir ce stet Dieu qui vous donest sa grace. Escrit 
au dit lieu de Lille, ce XXIII jour de fivrier a° (XV') 
LXXVII. 

Les Arquebusiers avaient un local de tir situe le long 
du boulevard, entre la rue aux Herbes et la rue Louise. 

Les Escrimeurs ou Hallebardiers commencferent i former 
une gilde vers i5oo. En i526, ils se procurerent un local 
pour leurs exercices d'escrime, et en iSgS, une maison 
pour les reunions et les banquets. 

Les Glides furent supprimees en 1794, et leurs locaux 
confisques et vendus. EUes avaient generalement pour 
leurs services religieux, un autel particulier dans une des 
eglises de la ville. Les peintures qui decoraient ces autels 
sont conservees pour la plupart. II en est fait mention 
dans la description des eglises ou elles se trouvent 
auiourd'hui. 

Nouvelle Porte de Bruxelles 

L'ancienne enceinte de Malines etait percee de douze 
portes, dont la construction remontait au XI 1 1""' et au 

12 



- 178- 

commencement du XIV"' sifecle. Sept d'entre elles s'ou- 
vraient sur les routes de Malines aux villes voisines. 
Quelques-unes de ces portes furent d6molies au XVI"" 
sifecle, d'autres furent sacrifices comme masures encom- 
brantes, dans la premiere moiti6 du XVIIP, La Nouvelle 
parte de Bn/xelles a seule echapp6 i la destruction. Elle 
etait primitivement tr6s 6Iev6e, comme on peut le voir 
sur I'avant- dernier des 
tableaux de rhistoire de 
saint Rumold, qui se 
trouvent k I'^glise m^tro- 
politaine; et comme elle 
d^passait de beaucoup 
toutes les autres, il n'est 
pas^tonnantqu'onl'aitap- 
pel6e Porta superior, Over- 
ste poorte ou Haute parte. 
Elle est flanqu^e de 
deux tours circulaires du 
c6t6 de la campagne, 
tandis que du c6t6 de la 
ville elle offre une fa- 
fade bade en pierres de 
deux nuances, employees 
alternativement, aussi 
bien pour I'appareil du mur que pour les ciaveaux des 
arcs. Cette facade est perc6e dans sa partie inf6rieure, de 
trois grandes ogives, et 4 I'dtage de quatre fenfitres 4 
croisillons, et deux autres A plein cintre. La vieille herse 
est encore toujours suspendue dans ses coulisses. Au rez- 
de-chaussee de chacune des tours, se trouve une salle 
circulaire vofit6e; mais i I'^tage, deux salles pareilles 
communiquent avec celle du milieu, situ^e au-dessus du 
passage, et dont la voute est port^e par deux colonnes 
cylindriques. Les chapiteaux de ces colonnes sont ernes 
de quatre-feuilles dont les extremit^s enrouUes sou- 



r 



— '79 — 

tiennent les angles coupes des tailloirs et qui sont sepd- 
rees a leurs bases par de petites palmettes. 

Au commencement du XVII"'' siecle, la Haute porte fut 
modifi6e et reduitea sa forme actuelle. 

Eglise de Notre-Dame au-dela de la Dyle 

La paroisse Notre-Dame a ete erigee en 1255. L'eglise 
actuelle date du XV"* siecle. Le chceur fut commence en 
i5oo. Au bas du pilier nord-est du transept, on lit cette 
inscription : 

Bnno Domini 1500 

poauit me Bdibiue 

^e J9U6C0, pastor bujue ecclcdiac, 

tempore pbflippt BrcbiDucie Bustdae, t 

ASasimiliani. regie IRomanorum fllii. 

Gilles Van den Bossche, cure de cette eglise, me plagd, Van 
du Seigneur iSoo, au temps de Philippe, Archiduc d'Autrichc, 
fils de Maximilien, roi des Romains. 

Le pignon du transept cote nord, porte a son somm^t 
la date de 1548, celui du sud, celle de 1572. Cest chose 
assez 6tonnante qtie Ton ait continue a travailler a Teglise, 
en pleine epoque des troubles religieux. II n'est pas moins 
etonnant que le style ogival ait ete maintenu, alors que 
la renaissance avait deja preside a la construction d'une 
partie du palais de Marguerite d*Autriche et de la facade 
de la maison des Poissonniers, avant i53c). 

La partie absidale fut elevee de 1642 ^ i652. La tour, 
plus ancienne que Peglise, est digne d'attention. EUe est 
un peu moins large que la nef, et n'a pas de contreforts 
de ce cote, mais des cages d'escaliers en tiennent lieu. 
Ceuxdes angles de la fafade principale sont tres massifs. 
Les facades lat6rales sont flanquees chacune d'une cage 
d'escalier, Le sommet de la tour est couronn6 d*un toit 
pyramidal dojit la partie sup6rieure fut tronqueeauXVI"^'' 



— iSo — 

si^e et surmontSe d^ine lanteroe ^ur IcfplaGenent Ahm 
carillon, dont les cloches furent en-levdesen 1798. 
A I'extSrieur de la nef, oil VDitlesipieFresd'attcnte des 
'arcs-boutants. 
Les portails la- 
t6raux sent 
dignes d'atten- 
tion ; celui du 
nord a deux 
portes. Sur le 
trumeau qui -les 
s6pare se trouve 
une statue de la 
-Vierge. Le por- 
tetl sud , sans 
'trumeau, a son 
tympan dfecort 
ile trois niches. 
L'interieurde 
r6glise est partag6 en trois n6fs, par des colonnes cylin- 
dti<)ues portatlt des chaptteaux t choux fris^. Au co- 
lonnes du c6t6 sud, le fdt reparalt ati-dessus du chapi- 
teau, "et les moillures "des arcades y, prennent directement 
naissance en cet endroit. Les colonnes du choeur sont 
cantonnfies de colonnettes engagSes, recevant la retombte 
des nervures des voGtes, tandis que^ des -espfices de.pi- 
lastVes lesflanquent sous les intnidosdesgrandesarcades. 
Cette disposition s'explique par le> pen d'oncorfjellffliient 
des chapiteaux, qui ne permettrait 1 pas au-^tailloir -de 
porter les moulures-des arcades. Un triforium. trts 6lev6 
rfigne sous les claires^'voiea dans toute l-'Sglise., Les tym- 
pans des fenfitres offrent des dessins trte vari^. Les 
murs sous les fenfitres des bas c6t6s «emMeht de amples 
alleges, et les areatures (qui les- ornent ^ pardissMt one 
continuation de la fenfitre mfime,- dont les menwux, 



r 



passant d travers les tablettes d'appui, coupent les quatre- 
feuilles inscrits dans lesrecoin^ons, et descendent jusqu'-au 
banc inferieur. 

La statue de la Vierge k kt pik nord-ouest du transept, 
fut faite pour 3io florins, par Luc Faid'herbe, d'apres un 
croquis de Rubens. 

Au petit autel dedrqite, k Fentrde du choeur, on admire 
une Mater Dolorosa pleine d'expression , faite en 1626, 
par Antoine Fayd'herbc, oncle de Luc, pour }a Confrerie 
de N,-D, des VII Douleurs. L'artiste regut 70 florins 
pour son travail. 

Le maitre-autel est un immense arc de triomphe en 
bois de sapin marbre, fait en 1690, d'apr^s les dessins de 
Pastorana, qui refut pour ses dessins et son concours, 
une somme de 2o65 fl. 5 s. 2 d. II occupe toute la largeur 
du choBur et s'dlive juaqu'^ la voute, dont la hauteur est 
de nonante pieds. Au milieu se trouve un tableau de 
Quellyn. II est sign6 Erasmus Qitellyn pictor Cesareae 
Majestatis i6go. La composition est originale. Les con- 
vives sont aasis sur uae terrasse, et separ^ du premier 
plan par un garde-corps en marbre. Le troisidme per- 
sonnage ^ gauche du tableau, est le portrait de Gilles 
de Wit, cure de 1684 k 1691. La tradition veut aussi que 
QiielUn se soit figur6 d^iis le personnage du premier 
plan, au milieia du tab^bav. L'execulioja des parties artis- 
tiqu^es fiat eon^oe aux aeiaiplieui^s Malioois : Boeckstuyns, 
Langhmans et van der Meulen. Ce dernier &t lioutes les 
dteorations fbuillees. 

La trcHsi^Q^ cjbfipejle 4u pQ^rtour^ cate ja.ord, est 
dedi6e k saint Antoine Permite. Le triptyque de Tautel 
est de Miobel Coxie, le jeune, qui le peignit en 1607, 
pmr les Jutdmiers. Lai^geode de saint Antoioe est &%yx- 
ree sur le |i>aiu»eiiu pricicipal. Les volets afe^pri^seotont 
S. Paul msUant 5. Antmie, et 5. Antoine rendant les der- 
fliers devoirs h S9n ami. Sous la fenitre, un bas celief, par 
Luc Faydlierbe, le Christ ilevi en croix. 



— l82 — 

Derriere le maitre-autel se trouve Toratoire du Bon- 
Larron ou de Saint-Disme. C'est la que nous avons 
admire les superbes peintures que P. P. Rubens fit en 
1618, pour la corporation des Poissonnicrs. lis payerent 
1600 florins pour le triptyque et les trois petits tableaux 
places sous le panneau du milieu. Le registre des comptes 
de la corporation le mentionne en ces termes : Bctacli 
ae7i Hcer Petre Panlis Ruhens, schilder, woGncnde tot Ant- 
wefpcn van hot schilderen van om ambachtstafereel met de 
deiirtn bmnen en bityteuj en dry stuckskcns in den voct, achier-^ 
volgois hct accoord acn hem besteed door order van degeswoimc 
en oiiders, ter presentic vau Heer Philips Van D(? Kerchovcn 
en Jan Gootcns, volgens syn qidttancie; compt 1600 guldens^ 
Le panneau du milieu represente la P eche miraculeuse ; ' 
sur le volet droit, I'archange Raphael avec le jettne Tobie; 
sur celui de gauche, les Apotres tronvant la monnaie du 
tribitt dans un poisson. S. Pierre et son frere-S. Andr6 
s6»f peints sur les cotes exterieurs. 

Vis-i-vis de la chapelle du Bon-Larron, au revers du 
maitre-autel, se trouve une magnifique toile de Corneille 
Huysmahs, dit de Malines : Le Sauveur avec les, deux 
disciples, Amaon et Cleophas, a Emmaiis. 

La chapelle suivante, vers le sud, est ornee d*un trip- 
tyque peint par Jean le Sayve, le vieux. On y voit Ic 
Mar tyre de sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des 
Bateliers; sur les volets : Ste Catherine dcvant sesjuges, et 
son ensevelissement. 

Eglise de Notre-Dame d'Hanswyck 

Ce monument, dont Fayd'herbe fournit les plans, a 
trois nefs, coupees vers le milieu de leur longueur, par 
une rotonde surmontee d'un dome. Huit colonnes relives 
deux 4 deux par des magonneries et des ti rants en fer 
supportent peniblement tout le poids de la construction. 
Comme Teglise n*est pas batie en croix, Tarchitecte s'est 



r 



— i83 — 
vu forc6 de remplir par des haut-reliefs d'une dimension 
colossale, le vide laisse sous les arcs de decharge figurant 
les penetrations que formeraient les voiites des transepts, 
s'ils existaient. II n'y a pas de pendentifs proprement 
dits. Ce soiit des murs dont les assises sup6iieures, pla- 
c6es quelque peu en encorbcllement, vont rencontrer-Ie 
plan circulaire compris entre les sommets des quatre 
grands arcs. Cette partie de la construction est assez 
embarrass6e ; il a fallu I'etayer par des massifs de ma- 
fonnerie qui s'appuyent jusque sur les murs exterieurs 
de I'edifice et traversent les toitures des bas cotes d'une 
fafon fort disgracieuse. Le 
tambour de la coupole est 
perce de douze fenfitres, et 
couvert d'une voute h6mis- 
pherique, perc^e en son 
milieu d'une ouverture de 
1 5 pieds de diam6tre. Ce 
tambour devait porter en- 
core un 6tage en forme 
d'attique, un peu en retraite, entour6 d'une balustrade, 
et couvert d'une voute que devaient ^clairer une rang6e 
de douze fen6tres percees dans I'attique. Cette seconde 
voute elait sans doute dcslince A un sujet de peinture, 
rAssomption probablement, que Ton aurait aperfue par 
I'ouverture de la voute inferieure. 

A I'interieur, I'eglise est belle. L'effet de cette coupole, 
elevee de 34 metres, est saisissant. Les haut-reliefs sont 
la si bien k leur place, que Ton a cru parfois la coupole 
construite pour eux. L'afTreuse nudit6 des grands ecoin- 
Cons, servant de pendentifs, contraste avec le reste de 
rornementation. Ccs fenormes pans de mur devraient 
porter en medaillon^-circulaires les figures des evange- 
listes. C'est 14 I'usage generalement appl;qu6 en Italic, 
dans toutes les 6glises i dome, II semble qu'4 Hanswyck 



— i84 — 

aussi, elles completeraient la decoration interieure de 
Teglise, sans nuire aux oeuvres de Fayd'herbe. 

Dans les bas-cotes de la rotonde, se trouvent quatre con- 
fessionnaux de J.-Fr. Boeckstuyns. La chaire de verite 
fut execut^e, de 1743 a 1745, par Th6odore Verhagen, 
sculpteur de grand merite, qui taillait directement le 
bois d'apr^s de simples croquis, sans modelage. On y 
voit le P^re eternel, sous forme de vieillard, s'adressant 
k Adam, et lui montrant d'une main le serpent, et de 
I'autre, la Vierge avec TEnfant Jesus repr6sentes dans un 
medaillon sur le devant de la tribune. L'abat-voix est 
forme par des rameaux d'un arbre touffu entre lesquels 
flotte un nuage. L'assomption de la Vierge le couronne, 
Verhagen avait entrepris cette oeuvre pour la somme de 
4000 florins, dont 3ooo furent pay6s par Alex. -Jos. Ru- 
bens, receveur des domaines k Malines, et petit-fils du 
celebre peintre Pierre-Paul. 

L'audition de musique ancienne 

Cette solennite musicale avait attire en foule les Gon- 
gressistes dans la salle des fetes de la ville. 

Le compte-rendu que nous en donnons ci-apres, est 
extrait du rapport de M. Paul Bergmans (i), le musico- 
logue bien connu, dont la competence est indiscutable : 

« Le concert a remport6 le plus vif et le plus legitime 
succ^s. Compose avec beaucoup de gout, le programme 
comprenait des chansons religieuses et profanes de rios 
vieux compositeurs, et notamment de Jacques Peetrino, 
Cyprien de Rore et Philippe de Monte, trois maitres 
Malinois ; les compositeurs etrangers etaient representes 
par une charmante chanson napolitaine d' Antonio Scan- 
dello, un madrigal de Claudin ou Claude de Sermisy, et 
des choeurs de Lully et de Rameau. Tous ces morceaux 



(r) Paul Bergmans, Rapport sur h Congres Hisioriqtu d Archeohgiqtu de 
Malines, present^ a la Soci^t6 d'Histoire et d'Arch^ologie de Gand. 



1 

J 



r 



- iS5 - 

ont etc executes avec une perfection veritable par un 
Octuor d'amateurs, dirige par M. Cyrille Verelst. Cet 
artiste distingue a montre qu'il comprenait A merveille 
les beautes de nos anciennes oeuvres musicales; il merite 
tous nos 6loges pour avoir fait chanter les oeuvres telles 
qu'elles ont 6te ecrites, sans vouloir y introduire les 
nuances de la musique moderne, et sans faire aucune 
concession aux gouts du jour. Cette interpretation simple 
et fidele fait reellement honneur au bon gout de ce musi- 
cien. La partie instrumentale etait confine k MM. G. Kefer 
et L. Van Waefelghem. Le premier a execute avec virtuo- 
site des pieces de clavecin de maitres beiges ^t etrangers, 
notamment de Dieudonn6 Raick, qui fut, pendant plu- 
sieurs ann6es, maitre de chapelle de notre cathedrale de 
Saint-Bavon. M. Van Waefelghem s'est vivement fait ap- 
plaudir en jouant tres artistement sur la viole d'amour des 
oeuvres de Bach, de Milandre, et une sonate du Bolonais 
Attilio Ariosti.Tout le concert fait le plus grand honneur 
a son organisateur,M. leD' Van Doorslaer,qui n'a menage 
ni son temps ni ses peines pour en assurer la reussite. » 

Qu'il nous soit permis de remercier ici 4 notre tour, 
notre devoue coHaborateur M. Van Doorslaer qui, pen- 
dant de longs mois, nous a seconde avec le plus grand 
devouement dans Torganisation f^es festivites du Congres. 

nDarM 10 aoOt 

Apres la reunion des Sections, les Congressistes vi- 
sitent les monuments ci apres : 

Palais de Justice (ancicn hotel de Savoie) . 

Marguerite dAutriche, douairiere de Philibert de 
Savoie, goiivernante des Pays-Bas, vint s'installer, en 



— i86 — 

i5o7, dans I'ancienne habitation ou Marguerite d'York 
avail passe les derni6res annees de sa vie. Cette demeure, 
dont s'ctait contentee la veuve du Tenneiaiie, ne pouvait 
convenir a la nouvelle, gouvernante pour y etablir sa 
Cour. Aussi le Magistral de la ville s'empressa-t-il d'ac- 
querii" les maisons voisines, et d'elever, en leur place, 
les constructions que nous y ad mirons encore aujourd'hui. 
Marguerite ne contribua que pour une faible part dans 
les frais,^ cause des depenses que lui occasionnait I'eglise 
de Brou, elevee en accomplissement d'un voeu de sa 
belle-m^re, Marguerite de Bourbon. 

La fafade du palais, dans la rue de I'Empereur, fut 
commencee en i5iy. Elle est en premiere Renaissance. 



On ignore I'auteur dcs plans; mais on sail (]ue Rombaut 
Keldermans, architecte de la ville, les executa. 

11 n'est pasetonnant des lors d'y voir, au porche, des arcs 
en ogive, a moulures renaissance, et des colonnes a deux 



■ - i87 - 
faces, dont I'une rappelle le moyen age qui s'en va, et dont 
I'autre montie, quoiquc timidement encore, le nouveau 
style desireux de s'affranchir des regies et des traditions. 

Beaucoup de chroniqueurs ont dit que le batiment 
d'entr^e, dont nous venons d'apprecier la construction, 
avait etc eleve au commencement du XVII"" siecle. lis 
le confondent avec la construction voisine, qui renferme 
la grande salle d'audience du tribunal, et qui fut elevee 
en 1612, apres que la Ville eiit rachete le palais pour y 
transferer le Grand Conseil. 

D6s i5io, Marguerite put prendre possession des par- 
ties nouvelles de sa demeure, formant Tangle de la rue 
Vooght. Cette mfime annee, la Ville acheta encore deux 
maisons, et les travaux continuerent tres activement pen- 
dant une quinzaine d'annees. 

En i5i7, fut construit le vestibule et Tescalier d'hon- 
neur, 6clair6s par deux grandes fenStres ogivales il tym- 
pan ; et Ton 
poursuivit I'a- 
chSvement de 
lasomptueuse 
demeure ; 
mais en i526, 
les travaux 
furentarrfetds. 
Ilsavaientdu- 
r6 vingt ans. I 

Les deuxl 
grandes ailes I 
du palais, lon- 

geant I'une la rue Vooght, I'autre le cimetiere Saint- 
Pierre, (itaicnt alors terminees. Les appartements etaient 
princicrement tapisses et decorcs. La gouvernante avait 
aussi sa librairie ou bibliotheque, richement fournie. Des 
armoiries garnies de portes a treilHs 6taient disposees 
contre les parois d'une vaste salle, Un grand siege d. haut 



— i88 — 

dossier avec baldaquin 6tait place d. Tune des extremit6s. 
Les bustes en marbre de Marguerite et de son epoux 
regrett6 faisaicnt partie de la decoration (i). L'armure 
complete du due s'y trouvait dressee sur un support en 
fer 6tame (2). 

Tons les plans d'agrandissement projetes pour le palais 
de Marguerite n'etaient pas encore executes, lorsque 
Tarchiduchesse mourut, le 3o novembre i53a, des suites 
d'une tumeur a la jambe gauche, dent elle soufFrait dej4 
depuis une dizaine d'annees. D^s^iSai, on lui avait fait 
un fauteuil ^ brancards, parce que la marche lui 6tait 
parfois impossible (3). 

Marie de Hongrie remplafa sa tante dans Tadministra- 
tiondu pays. Elle revenditle palais aumagistratde la Ville. 

Charles-Quint aurait voulu y installer le Grand Con- 
seil. Les n6gociations durerent jusqu'en i56i, lorsque la 
Ville vendit le palais au nouvel archevdque, Antoine 
Perrenot de Granvelle. La Ville racheta de nouveau le 
palais le 12 septembre 1609, et I'appropria pour le Grand 
Conseil, qui Toccupa jusqu'en 1794. En 1876, la Ville 
ceda les bsLtiments k la Province, qui en decida la restau- 
ration. Les travaux durferent 10 ans. 

« L'histoire de ce monument », disait VArt moderne a 
cette occasion, « n'est bien connue que depuis peu de 
temps, gr^ce aux travaux constairt^ et aux recherches 
patientes d'un 6crivain Malinois, Steurs, qui s'est mis en 
rapport avec Tarchitecte Blomme, et dont celui-ci, avec 
une modestie et une intelligence exemplaire, a s«ivi pas 
a pas les d6couvertes. » 



(i) *AuJires pieces estant en la Uhraiyie, dovt la declaraiion s'ensuyi : pffntkr, la 
reprcseniation de feu Monsieur de Savoie, que Dieu pardoittt, feie de tna^bre blanc, de 
la main de matin Conrai. — Son harnast compht, — La represeulation de Madame, 
fete de meme main et marbre que le precedent, 

(2) Item van eenen ijzeren voete vertint, daer 't *s hertogs van Savoye harnasch op 
staet iij s- (Comptes de la Ville, i322*i523). 

(3) Comptes de la Ville, de 1526-21. Item betaeli Gheerden (van dtr Vecken) 
voerschreven van ij wagheschoote boomen dienende totten seetele daer Myvrouwen met 
gedragheu wort, — Coste xv d. 



— iBg — 

Nous regrettons pourtant la modification que I'on a 
fait subir au pignon principal. 11 est hors de doute que 
les enroulements places dans les angles rentrants ne 



sauraient 6tre justifies. Les deux vignettes qui accom- 
pagnent cet article pennettent au lecteur d'apprfecier la 
justesse de notre opinion. 

Vis-d-vis de l'entr6e princjpale du tribunal, se trouve 
I'ancien palais de Marguerite dTork, actuellement le 
theatre. 



— tgo — 
Palais de Marguerite d'York 

Le Magistrat de la Ville avait contribue, en 1480, a 
la construction d*un batiment avec salle de reception, a 
cote de Tancien palais de Cambrai, ou la veuve du 
Temeraire, Marguerite d^York, s'6tait retiree apr6s la 
mort de son epoux. II ne reste de cette habitation qu'une 
tourelle, cage d*escalier, et la facade, restauree en i8g3, 
par les soins de Tadministration communale. L'histoire 
de cette demeure, qui servit successivement de residence 
a Marguerite dTork, k son petit-fils, Philippe d'Autrichc 
et aux enfants de ce dernier, est succintement rappelee 
dans cette inscription : 

W 2)omini • m • cccc . Ixu • l>d6 aebcd ea^trueit 

et ab annum uaque . m * cccc • l^tvv . inbabitavit 

ASargarcta Bngliae, Caroli bucid JSucgunbiae vibua 

pbiUppu6 arcbibus Budttiae 

pet becennfum infbt redebft 

et anno • m • b . i . Ubetoa ebucanbos midit 

:6le(>noram, jeCidabetb, ASatiam 

Catolum prfncipem bimulum 

auem anno • m . bivl . in tegem bispanatium 

6fbi ablatum boluit /becblinia 

yi^adf0ttatu0 urbid 

Quam tot ptfncipum beavit fncondolatud 

unicam quae be eonim bomo eupereet ab x>iam patietem 

actatum tniuria tatidcentem 
ab eictbfo vtnbicavft anno . m . b • ccciciii • (i). 



(i) Marguerite d'Angleterre, veuve de Charles, due de Bourgogne, b^tit 
cette maison en 1480, et Thabita jusqu'en 148^. — Philippe, arrhiduc d'Au- 
triche, y r^sida pendant dix ans, et y fit elever ses enfants : Eleonore, Eli- 
sabeth, Marie et Charles, jeune prince de deux ans, que Malines eut la 
dculeur de se voir enlevcr, pour devenir roi d'Espagne. — En 1893, le roa- 
gislrat de celt \ ville, honore par la residence de tant de princes, prot^gea 
contre les injures du temps la facade de leur palais, seul reste de leur 
aucienne demeure. 



— igi — 

Une belle cheminfie en pierre blanche, provenant de 
I'ancien palais de Cambrai, se trouve actuellement au 
musee communal, dans la salle II. 

Marguerite d'York n'habita pas longtemps ce palais; 
eile I'abandonna, pour se retirer dans une habitation 
beaucoup plus modeste, situ6e alors demure I'eglise des 
saints Pierre et Paul. C'est la qu'elle mourut, le 23 no- 
vembre i5o3. 

A c6l6 de I'ancien palais d'York, nous voyons I'eglise 
des SS. Pierre et Paul. 

Eglise des SS. Pierre et Paul 

pris Saint- Franfois-Xavier 

Cette 6glise, bAtie par les Jesuites, fut commenc6e en 
1670, le 3d6cembre, fete de S. Fran^ois-Xavier, auquel 
on la d6dia. Elle fut ouverte au public, le 16 mai 1677. 



Un menibre de la Compagnie, Antoine Losson, en avait, 
parait-il, donn6 les plans et supportfe, avec son fr6re 
Andr6, les trois quarts des frais de construction, qui 



— 1^4 — 

s'eleverent a i32.ooo florins. La facade du monument est 
ornee de pilastres et de demicolonnes d'ordre corinthien, 
supportant un entablement dont la frise est decoree de 
sculptures. II est regrettable que cet entablement soit si 
disgracieus^meqt interrompu et coup6 par la fenetre du 
milieu. La grande porte d'entree est ornee de demi- 
colonnes a bossjagQS, et s.urmont6e d'une niche. Deux 
fausses portes figurent les entrees des nefs laterales. Le 
pignop de la f^^^ade, en forme d'attique, couronne d*un 
fronton triangulaire, fut acheve en 1709, aux frais de 
Tarcheveque Humbert de Precipiano. Cette construction 
est au moins mediocre. On y voyait autrefois en sculp- 
ture, saint Frangois-Xavier porte sur des nuages. Les 
republicains de la fin du XVIII™* siecle firent disparaitre 
cette oeuvre d'art, en meme temps que les statues figurant 
les quatre parties du monde, qu'ils avaient prises pour 
des images de saints. 

L'interieur est partag6 en trois nefs. De belles boise- 
ries relient les confessionnaux le long des murs lateraux. 
La partie artistique de ces "revetements est due au ciseau 
de Nicolas van der Veken. Au-dessus de ces boiseries, 
se trouvent 10 grands tableaux, dont plusieurs sont diis 
au talent d'artistes distingues. Lorsque Teglise fut trans- 
form6e en ^temple de la Raison, on couvrit les tabJeaux 
de placards emblematiques, et c*est ainsi qu'ils echap- 
perent k la destruction dont ils avaient 6te menaces. 

Chacune des nefs est termin6e par une abside circu- 
laire, formant le choeur, et deux chapelles. Le maitre- 
autel, en marbre blanc, est d'un auteur inconnu. Deux 
indiens agenouilles soutiennent la table du sacrifice, sous 
laquelle le grand thaumaturge est figure dans Tattitude 
de la mort. Les autels lateraux sont traites dans le 
genre du XVI I™*^ siecle. Dans celui de gauche, on re- 
niarque une statue de la Sainte Vierge, attribuee a Luc 
Fayd'herbe. 

La chaire .de verite, par Henri Verbruggen,. se com- 



' — ig^ — 

pose d'une tribune ornee de medallions, supportee par 
quatre personnages figurant les quatre parties du monde. 
La rampe de Tescalier est habilement travaillee, Les 
statues des saints Pierre et Paul, placees au has, furent 
ajoutees plus tard. 

Le banc de communion est divise en differents com- 
pairtiments ornes d'arabesques. Les consoles qui les se- 
parent sont chargees de medaillons, portant des tetes de 
types vari6s. 

Au-dessus du portail interieur se trouve le jub6, que 
Ton cite parmi les plus beaux du genre. II s'6tend sur 
toute la largeur de Teglise. La construction est appuy6e 
sur quatre colonnes de marbre rouge. Le garde-corps est 
forme d'une rangee de balustres en marbre de m^me 
couleur. 

En sortant de Teglise, tournant a droite, nous decou- 
vrons les restes d'une riche habitation du XVI I""* siecle, 
portant pour enseigne : 

College Saint-Rombaut 

(anciennc inaison Prant-van Home, Marchi an bitail) 

La facade, large de i5 metres, est decoree de pilastres 
i bossages, avec chapiteaux composites. L'entablement 
porte une esp6ce de stylobate, ou soubassement continu, 
mais divise, comme la fagade, en trois parties, par des 
piedestaux charges de sculptures. Chacune des trois di- 
visions est percee d'une fenetre a fronton triangulaire, 
flanquee d'enroulements, et surmontee d'un pignon dont 
le sommet portait primitivement une figure d'animal. 

Les sculptures de cette facade si monumentale, et 
meme le parement uni, sont si frustes, qu'une restaura- 
tion complete parait urgente. 

Au-dessus de la porte d'entree se trouvent les armoiries 
de C6me Prant : d'or ct trots chicots brulants, en forme de 

z3 



— 194 — 
flambeaux de sable, issanis en pal, bandi et barri d'une 
motUagtie h trois coupeaux de sinople, et celles de sa femme 
Marguerite van Home : d'or d la fasce dc gucides, accom- 
pa^ 
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sous 
cable 

tron 

ville, saint 

Rombaut. 

Les locaux anciens furent remplac^s, en i885, iSgS et 
1896, par des constructions plus spacieuses, d'aprfis les 
plans de M. H. Meyns, qui ont obtenu Tapprobation des 
visiteurs. L'architecture en est simple et rappelle le style 
des habitations de la fin du XVI"" si6cle. 

Excursion k Lierre 

La visite des monuments de Lierre est favoris6e par 
un temps superbe. Le depart en chemin de fer a lieu 
A I h. 17, et 4 2 h. I nous debarquons ^ Lierre. L'an- 
cienne petite ville a un air de f^te et le long cortege, 
comprenant plus de 200 Congressistes, lui donne un as- 
pect des plus animes. 

La reception officielle a lieu i I'hdtel de ville, par 
M. le Bourgmestre Van Cauwenberg, membre de la 



— igS -— 

Chambre des Representants, accompagne du College 

echevinal et des Conseillers. 

M. le Chanoine van Caster presente les Congressistes : 

« Monsieur leBourgmestre, Messieurs, j'ai Thonneur de 

vous presenter Messieurs les Membres du Congrfes. Nous 

avons pens6 qu'une excursion a Lierre serait pour eux 

une distraction agreable et utile a plus d'un point de 

vue. Nous ne nous sommes pas trompes. Vous voyez 

qu'ils ont repondu tr6s nombreux.cL Tinvitation. Je re- 

mercie TAdministration communale de Lierre, de Thon- 

neur qu'elle nous fait, en nous recevant d'une manifere 

aussi solennelle et, au nom du Congres, nous lui en 

sommes bien reconnaissants ». 

Monsieur le Bourgmestre souhaite la bienvenue en ces 

termes : 

« Messieurs, 

» Au nom de TAdministration communale de Lierre, 
je vous souhaite la bienvenue dans cette ville. 

» Vous venez y voir des monuments qui, certes, ne sont 
pas de premier ordre et ne peuvent rivaliser avec les 
beaux types d'architecture gothique de France, d'Alle- 
magne et d'Angleterre, mais qui presentent pour vous un 
interet serieux. 

» lis vous rappelleront, en effet, toute la vie d'une cite ; 
depuis cette chapelle primitive erigee par son fondateur, 
au Vlll'^^'si^cle, et reconstruite apres Tinvasion normande, 
en passant par ces siecles de prosp6rite que furent le 
j^jyme g|. yj^g partie du XV""*, et qui nous laisserent le 
beffroi de Photel de ville, Teglise de THermitage et la 
magnifique collegiale, jusqu'au XVI 1 1""% avec ses mai- 
sons de corporation et modernes cglises de cette 6poque 
jusqu'au notre, pauvre en monuments nouveaux, mais 
important par le soin mis a etudier les monuments de 
Tantiquite, a en conserver les moindres reliques, a les 
restaurer avec un soin scrupuleux et un desir sincere 
(i'dtre fiddle a la verite. 



— 196 — 

» A obtenir ce resultat, vous avez puissamment contri- 
bue, Messieurs les Membres du Congr^s, que de progr^s 
vous avez faits dans Tetude des vieux monuments durant 
ce dernier demi-siecle, quelle regeneration de I'art an- 
cien, que d'etudes minutieuses, que de resultats obtenus, 
grace aux travaux des nombreux savants que j'ai Thon- 
neur de saluer ici. • 

» Dans peu de jours, nous inaugurons la statue d'un 
homme qui a illustre sa ville natale par ses travaux litte- 
raires et historiques. Nous lui devons une bonne histoire 
de notre patrie, et cette oeuvre il la commen^a par ces 
mots : « ne pas savoir ce qui se passu avant notre ipoque, dest 
roster lottjoiirs enfant »; il disait vrai pour Thistoire, il 
disait vrai aussi pour Tarcheologie, cette science de This- 
toire de nos monuments et de nos moeurs, science fon- 
dee moins sur les traditions orales ou 6crites, que sur 
Tctude et Tanalyse des monuments ven6rables de Tanti- 
quite. 

» Vous faites parler les pierres, les temoins muets des 
suites de grandeur passee, vous reconstituez au moyen 
de ces reliques, et nos vieux monuments et la vie de nos 
ancetres, leurs contemporains. 

» Grace a vous, nous connaissons mieux Tantiquite, nous 
aimons davantage un passe glorieux et vous donnez une 
impulsion energique aux 6tudes artistiques de Tavenir. 

» Parmi vous, Messieurs, se trouvent plusieurs etran- 
gers de distinction. Je leur souhaite i eux une bien- 
venue toute fraternelle. 

w Les Beiges ont toujours ete hospitaliers et ils sont 
heureux d*accueillir chez eux les representants des pays 
amis de leur patrie; je suis heureux de leur exprimer ici 
nos vraies sympathies. 

» II nous reste, Messieurs, a vous remercier de tout coeur 
de rhonneur que vous voulez nous faire, en venant visiter 
notre humble cite; nous vous reiterons nos souhaits de 
biehvenue, et nous vous prions de bien vouloir nous 



— 197 — 

permeltre d'etre a votre disposition, pour vous faciliter 
les visiles que vous avez projetees » (Afplcudissements), 

M. le Comte de Marsy, au nom des etrangers presents, 
remercie M. le Bourgmestre de son aimable et cordiale 
reception {Applattdissements). 

L'honorable echevin, M. Mast, qui devait nous piloter 
a travers cette ancienne cite, etant indispose, c'est M. le 
Bourgmestre Van Cauwenbergh qui le remplace comme 
cicerone et qui nous detaille, avec une bonne grace ex- 
quise, les beautes des principaux edifices de la cite. Les 
Congressistes visitent d'abord en detail Thotel de ville, o£i 
les deux salons du plus pur Louis XV sont tres admires. 
De rhotel de ville ils se rendent a la collegiale et aux 
autres monuments detailles dans la notice historique 
ci-avant (page 41). 

Et Ton s'attarde dans la contemplation des coins deli- 
cieux que Ton decouvre et que le programme n'indique 
pas. Ici c'est une ruelle aux habitations vieillottes, d'une 
couleur etonnante, au milieu de laquelle s'alignent des 
dentelli^res aux caracteristiques bonnets. Plus loin, un 
ancien fosse de la ville baigne de ses eaux noires un 
debris d'habitation feodale; puis le silencieux begui- 
nage, si mystique et si beau, avec ses pctites maisons 
du XVI I™^ siecle. Tout cela a le charme intime des choses 
mortes et Ton songe aux magistrales descriptions de 
Bruges, par Rodenbach, d'une psychologic si penetrante. 

Mais les heures passent, et c'est au pas de course qu'il 
nous iaut mener la promenade et la visite du musee, 
pour reprendre le chemin de Malines, ou nous arrivons 
vers 6 heures. 

Le Concert de carillon 

M. le colonel Bruylant, commandant le 2"'* regiment 
d'Artillerie, et vice-president du Congres, avait eu la 
delicate attention de faire preceder le concert de carillon, 



— 196 — 

qui n'avait lieu qu'a g heures du soir/d'un concert donne 
a la grand' place, par Texcellente phalange musicale du 
regiment. 

Ce concert, tres applaudi, est suivi du concert de carillon 
donne a la tour St-Rombaut. Les Congressistes etrangers, 
parmi lesquels beaucoup de dames, se retrouvent dans 
les jardins, discretement eclaires, de Tancien hotel occupe 
par M. Wittmann-Bernaerts. Le succ6s de cette audition 
est considerable et enthousiasme tous les etrangers qui 
ignorent les qualites harmoniques de notre cel^bre caril- 
lon. Devant nous se decoupe, noire, dans le ciel etoile, la 
silhouette hardie de notre antique beffroi. De la-haut 
tombe, vibrante, dans le silence de cette superbe nuit 
d'^te, une sonnerie de trompettes Thebaines, annon^ant 
le concert, Celui-ci se compose de sonatines, chants avec 
accompagnement de hautbois, anciennes melodies fla- 
mandes, avec intermdde pour cor, dont on trouvera le 
programme renseigne a la page ii5. Tous ces numeros 
sont executes avec une veritable maitrise, par Tartiste 
carillonneur malinois, J. Denyn, assist6 de M. Coutelier, 
le devoue chef de musique du 2"^ regiment d'Artillerie, 
dont les trompettes executent les sonneries. 

Bornons-nous, pour attester le succes de cette audition, 
a citer ici quelques extraits de compte-rendus de cette fete^ 

« Les sons argentins des cloches, si habilement mises 
en branle par Tartiste malinois, s'egrenaient comme des 
perles dans la nuit, alternant avec d'anciennes sonneries 
de trompettes et des choeurs accompagnes de clarinettes 
et de bassons. La sonorite plaintive et penetrante de 
ces instruments k anche produisait une impression vrai- 
ment etrange, et les voix paraissaient venir de loin, de 
tres loin, du pays du mystere (i) 



(i) P. Bergman, Rapport d la Socictc d'histoire et d'archeoIogU de Gand, sur U 
Cottgres archeologique de Malines, 



— 199 — 

Un long fr^missement a parcouru la foule massee pr6s 
de la tour, au moment ou, dans le majestueux silence de 
la nuit, s'eleva la suave m6lodie de Demol : Ik ken een 
lied, et, un peu plus tard, Thymne ^ sainte Cecile. On 
a fait une ovation, a la descente, a M. Cyiille Verelst, 
rintelligent directeur de la society L*Aurore, dont les 
membres ont execute les chants a la tour, ainsi qu'au 
maitre carillonneur, M. J. Denyn (i) » 

cc Le concert de carillon, avec intermedes musicaux, a 
produit sur les etrangers une impression indicible. Cetait 
de Tenthousiasme, c'etait du delire. Et quand, a la fin, 
Tcnorme tour s*est embras6e aux feux de Bengale, eta- 
lant avec coquetterie les fines dentelures dont elle est 
parsemee, les acclamations se sont elevees vibrantes, 
chaleureuses. Le fait est que ces fetes nocturnes k la tour 
sont attrayantes au possible. Lorsqu'elles seront bien 
connues, lorsque la publicite aura claironne au loin tous 
leurs charmes, la ville de Malines pent etre assuree d'un 
succ6s immense et durable (2). 

riDercrcM U aoftt 

Apr^s la reunion des sections, les Congressistes conti- 
nuent la visite des monuments de Malines : 

H6tel de Busleyden (Mont-de-Piite) 

Ce magnifique hotel fut biti par Jerome de Busleyden, 
nomme conseiller et maitre des requetes au Grand Con- 
seil, en i5o3. La Ville accorda divers subsides pour 



(1) Le Petii Beige, 12 aoilt 1897. 

(2) Li Soir» la BOiXi 1897. 



I'ach^vement de cette maison vraiment princiere. Jerome 
de Busleyden fonda a Louvain le college de son nom, 
appele aussi Collegium trilingue, College des trois 
langties. II mourut i Bordeaux, le 27 aout iSiy, au retour 
d'un voyage en Espagne, oii I'avait envoye I'Empereur 
Charles-Quint. Sa depouille mortelle, transportSe a Ma- 
lines, fut, d'apres son desir, enterree au chceur de I'eglise 
mfetropolitaine, a cote du maitre-autel. Son hotel de 
Malines passa success ivement en differentes mains et 
fut acquis, en 1620, pour devenir un Mont-de-PiHi. 

L'ancien h6tel de Busleyden comprend 
timents. Celle du Sud a, 
in, une facade monumen- 
au rez-de-chaussee et a 
erie a colonnade sur la- 
quelle s'ouvrent les is- 
sues de divers apparte- 
ments. Un petit perron 
couvert donne acc6s A. 
une salle orn6e d'une 
grande cheminee. Les 
murs de la place voisine 
etaient autrefois cou- 
verts de peintures mu- 
rales, dont il reste des 
traces. La facade de I'hotel de Busleyden fut restauree 
en 1864. Pour conserver le souvenir de cette restaura- 
tion, on playa cette inscription au-dessus de la porte^d'un 
des appartements : constrvctvm anno domini mille- 

SIMO QVINTECENTESIMO SEPTIMO. RESTAVRATVM ANNO DO- 
MINI OCTINGENTESIMO SEXAGESIMO QVARTO. En 1875, On 

construisit dans la rue Saint-Jean, une porta grill^e, qui 
permet aux passants de voir le monument. Les armoiiies 
des de Busleyden figurent au-dessus de cette porte, Une 
croix, chargee des emblemes de la passion, est placde 
au-dessus de I'entree principale, dans la rue des Vaches. 



— 20I — 

EUe date de 1620. On voit le memc embleme au-dessiis 
d'une petite porte qui donne acc^s aux bureaux du Mont- 
de-Piete, avec cette 
inscription : monts (sic) 
PIETAT. 1620. 

Una dependance de 
rhotel de Busleyden a 
et6 lebatie en 1884, 
pour servir d'ecole gar- 
dienne. II est a regret- 
ter que la construction 
de ce batiment soit si 
mal comprise. Le mur 
qui longe la rue est 
surmonte de cr^neaux, 
comme un mur d'en- 
ceinte. II porte, de 
plus, un pignon k gra- 
dins, qui n'a aucune 
raison d'etre, puisqu'il 
nefermepasdecomble. 
Derri6re les cr6neaux 
surgissent des lanter- 

naux, dont la vue contraste singuli6rement avec les 
bAtisses du XVI"" sitele, qui les entourent. 

Eglise des saints Jean-Baptiste et 
Jean I'Evang^liste 

L'eglise actuelle etait en construction en 1451. Le 
transept fut commence en 1462, et la consecration du 
monument put avoir lieu en 1483. La chapelle du Tres 
Saint Sacrement, batie a Tangle du chceur et du tran- 
sept nord, date de 1546. 

Sous la tribune de I'orgue, sont places, d'un cote, le 
banc des Maitres des pauvres, et de I'autre, celui des 



— 202 — 

Proviseurs de la Confrerie de la Sainte Trinite. Le haut 
dossier de ces bancs est orne de grands bas-reliefs : la 
multiplication des pains et le rachat des esclaves chritiens. 

Le tableau de Tautel : saint Roch gitirissant les pestiferes, 
est le panneau principal d'un triptique peint par Luc 
Franchoys, le jeune. Les volets et les trois petits tableaux 
de la predella se trouvent plus loin dans Tdglise. L'artiste 
regut pour les huits peintures, la somme de i8o florins. 
D'apres le contrat fait le i" septembre 1671, il n'avait 
droit qu'ct i36 florins. Sur Tautel se trouve une petite 
statue de la Sainte Vierge, par Antoine Fayd'herbe, faite 
du bois de Tarbre dans lequel fut trouvde la celebre 
image de N.-D. de Montaigu. On la paya 7 florins. 

Dans la chapelle du Tr6s Saint Sacrement, on re- 
marque, a gauche, un monument fun6bre dont le groupe 
en marbre blanc, sainte Anne et la Sainte Vierge, est attri- 
bue k Jerome Du Quesnoy. 

Le maitre-autel, execute par Pierre Valckx, d'apres les 
dessins de Theodore Verhagen, fut termine en 1769. On 
y plaga le triptyque de Rubens, dont les panneaux sont 
cit6s parmi les plus belles productions de Tecole flamande. 
La pi^ce principale est I' Adoration des Mages; le volet 
droit : le Bapteme dti Christ, et au revers : la Decollation 
de saint Jean-Baptiste ; celui de gauche, saint Jean I'Evan- 
gdliste icrivant I'apocalypse dans Vile de Pathmos, et au 
revers : le mime Saint jeti dans I'huile bouillante. Le cure 
de Teglise fit la commande de ces tableaux le 27 decembre 
1616. lis furent places en septembre 1617; mais il faut 
croire qu'ils n'etaient pas suffisamment acheves, car Ru- 
bens vint plusieurs fois encore leur donner des retouches. 
Le payement du prix convenu, de 1800 florins, se fit par 
i comptes, et en 1624, Rubens donne quittance complete 
de la somme. Cette quittance, entierement ecrite de la 
main du grand artiste, et conservee a la sacristie de 
r^glise, est ainsi confue : 

Ick onderschreven, bekenne in diversche paijen ontfanghen te 



— 2o3 — 

hebben uil de handen van Mynheer den Pastoir van Sint Jans 
kcrcke tot Mechelen, de sotnme van achttien kondert guldens 
etns, lot volcovien betaelinghe van ecn autaer lafel met detiren, 
op de voorzeyde kerckens kooghcn autaer staende, met myn 
kaiidt gkemaeckt, ende t'oirconde der waerkeyt hebbe ick deze 
qitiltancie met myn eygken handi gkeschreven cndeonderleecketit. 
Tot Antwerpen, dczcn 12 Martii 1624. 
Pietro Pauolo Rubens. 

Anciens Refuges de St-Trond et de Tongerloo 

(rtie de I'Ecoutete) 

On ignore a quelle 6poque I'abbaye de Saint-Trond a 
fait ba,tir son Refuge 4 Malines. Le plus ancien docu- 
ment y relatif est un acte 
de r6ii, par lequel les reli- 
gieux le c6d6rent au cha- 
noine Van Wou. Cette ha- 
bitation a pass6 depuis lors 
en diff6rentes mains, et di- 
verses ceuvres de charitfe y 
ont leurs locaux de reunion. 
Le cercle militaire est 6ga- 
lement ^tabli dans une des 
dependances. La vue des 
bdtiments, prise du pent de 
I'ancre, est connue des arfia- 
teurs et des touristes. 

L'ancien Refuge de Ton- 
gerloo se trouve dans la 
meme rue, au coin de la 
rue du Poivre. 11 sert de- I 

puis longtemps de caserne pour la Gendarmerie. Les 
religieux pr6montr6s firent I'acquisitionde cette propriete 
en 1483. Les b^timents qu'ils y 61ev6rent peu aprfes, sub- 



— 204 — 
sistent encore, et I'on s'occupe de leur lestauiation. La 
porte d'entree est remarquable par ses vieilles pentures 
que Ton a appliqu6es sur de nouveaux ais en chene, il y 
a quelqucs ann^es. 

Eglise de Sainte-Cath^rine 

Elle fut commencce en i336 et a du etre termince, 
ou a peu pr6s, en 1342, puisque les chanoines de Saint- 
Rombaut s'y retir6rent alors, pour celebrer Toffice divin, 
jusqu'aprfes la restauration de leur collegiale incendiee. 
La facade fut achevee au moyen des offrandes du jubile 

de 145 X, ac- 
cords par Ni- 
colas V, dont 
les armoiries 
se trouvent 
au-dessus de 
la fenetre. 
La chapelle 
des fonts bap- 
tismaux fait 
saillic sur le 
devajit. Les 

fengtres 
hautes de la 
grande nef 
dtaient autre- 
fois circulaires, symbolisant la roue, instrument du mar- 
tyre de sainte Catherine. La tour est placee entre la nef 
et le choeur. 

L'eglise Sainte-Cath^rine eiit beaucoup a soufTrir, en 
1572, de la jjart des soldats espagnols, et plus encore, en 
l58o, de la part des gueux, qui enleverent une grande 
partie du mobilier, ne laissant que ce qu'ils ne pouvaient 
emporter. Elle iut employee comme ecuriejusqu'en i585. 



— 205 — 

Rendue au culte, elle fut consacree le 20 aotit de cette 
ann6e, par Jean Hauchin. Les fenetres etaient bouchees 
avec du chaume; et des chassis vitrei, places 9a et IcL, 
eclairaient les nefs. En 1797, Teglise fut achetee au prix 
de 2o5.ooo frs, en assignats, et restituee en 1804. 

Les nefs sont couvertes de voutes en bardeaux. Cest 
une restitution recente a T^tat primitif. On ne sait pour 
quel motif, un bienfaiteur, plus genereux qu'eclaire, y 
avait fait mettre des voutes en briques, en 1771. Elles 
furent enlevees en iSgS. 

Cette eglise renferme une toile de premier ordre, 
r Adoration des Mages, que Rubens, a en croire une tra- 
dition locale, ne manquait jamais de visiter lorsqu'il 
venait a Malines. L'artiste qui produisit cette peinture 
remarquable n'est pas positivement connu. La tradition 
le nomme Maur Moreels, et ajoute qu'il fit ce tableau 
comme ex voto de reconnaissance pour Teglise dans la- 
quelle il avait eu le bonheur de recevoir le bapteme. 
Moreels mourut le i5 octobre i63r. Parmi les tresors 
apportes par des Mages, figure un plat au milieu duquel 
est grave un ecusson a deux massties croisees, en abtme, a 
trots tetes de maures : detix en chef et une en pointe. 

Les murs lateraux du chceur sont revetus de boiseries 
avec bas-reliefs, qui ferment le haut dossier des bancs 
du clerge. Ces sculptures comptent parmi les meilleures 
productions de Pierre Valckx. Elles representent, du cote 
nord : le Bapteme de sainte Catherine, et la Sainte Vierge 
presentant I' Enfant Jesus a la Sainte; du cote sud : sainte 
Catherine disputant avec les philosophes, et son martyre. 

Eglise de Saint- Alexis et Sainte-Catherine, 

au Grand Beguinage 

Ce monument fut commence en 1629, d'aprfes les plans 
de Francquart, L'archeveque Jacques Boonen posa la 



— io6 ~ 

premiere pierre^. le i5 juiri, en presence des autorit^s 
communales, et P6difice put servir au culte d6s i638; mais 
les voutes ne furent construites que sept ans plus tard. 

La fagade de I'eglise est d'un certain effet. Le rez-de- 
chaussee est orn6 de pilastres et de demi-colonnes io- 
niques ; Pordre corinthien fait Tornementation de Tetage, 
et Tattique qui le surmonte est d6cor6 d'un haut-relief 
representant le P6re eternel, par Luc Fayd'herbe, qui 
avait dirige les travaux de Teglise apres la mort de Par- 
chitecte Franquart. 

A rinterieur, centre le mur de la facade, se trouve 
adosse un beau portail en marbre noir, dont le frontispice 
porte en haut-relief un buste de saint Pierre, en marbre 
blanc. Aux c6tes du portail, deux anges en marbre blanc 
tiennent chacun un b6nitier. Ces statues, quoiqu'un peu 
manierees, ne sont pas sansmerite; aussi le gouverneur 
fran^ais les avait-il designees pour 6tre transportees au 
Louvre. Un amateur, prevenu de ce projet, les enleva 
pendant la nuit et les cacha en terre. Apres la tourmente, 
il les restitua a Teglise. 

Au-dessus du portail on voit une Ascensiofi par de 
Crayer, provenant de Tabbaye de Grimbergen, Un peu 
plus bas, deux volets de Jean Cossiers : samt Christopfie 
et saint Sebastien. A droite et a gauche du portail se trouve 
un confessionnal. II y en a encore un au fond de chaque 
nef laterale. On pent les compter parmi les plus riches 
de ce genre qui soient i Malines. Au-dessus de ces der- 
niers, on apergoit, dans la nef du sud, une grande statue 
du Sauveur, b6nissant d'une main et tenant le globe ter- 
restre de Tautre. C'est un ex voto offert par les beguines, 
Marie et Claire Capello. Le pendant, dans la nef nord, 
est une Mater Dolorosa. Ces deux statues sont de Luc 
Fayd^herbe. La derni^re, surtout, est belle; elle fut exe- 
cutee dans la maison de Rubens, ou Fayd'herbe habita 
pendant trois annees, et sous les yeux du maitre, qui 
nous a conserve ces details historiques avec son appre- 



— 207 — 

* 

ciation personnelle, tr6s 6logieuse pour Fartiste mali- 
nois (i). 

Sous les fenetres de Teglise, on remarque les tableaux 
de differents maitres. Le troisi6me, du c6t6 nord : la 
tentation de saint Antoine, par Jean Cossiers, est de loin 
le meilleur. La tfite de Termite est si bien touch6e, qu'on 
a souvent attribue cette oeuvre k D. Teniers. Sous la 
quatrifeme fenfetre, un petit portail en marbre noir est 
surmonte d'un buste de sainte Ursule. L'ordonnance et 
Texecution de cet 6dicule sont de J.-F. Boeckstuyns. II 
en est de m6me du banc de communion, qui mesure pr6s 
de cent pieds de longueur, et s6pare les autels des nefs. 

L'ordonnance du maitre-autel est de Van der Steen, 
qui executa kii-m^me son plan. La statue de la M6re 
de Dieu, qui couronne le sommet, est Toeuvre de Luc 
Fayd'herbe. L'entre-colonnement est d6core d'un double 
tableau, mobile sur pivot, representant d'un c6t6 FAs- 
somption, par Luc Franchoys, le jeune, et de Tautre, le 
mariage mystique de sainte Catherine, par Boeyermans. Aux 
cotes de Tautel se trouvent les statues des patrons de 
Teglise, saint Alexis et sainte Catherine. Au-dessus de 
Tautel, trois tableaux, de vingt-neuf pieds de hauteur 



(i) Voici en quels terxnes Rubens a fait T^lof^e de celte oeuvre : 
Ick ondergeschreven , verclaere en atiestere miis desen, waarackHg te wesen dat mon- 
sieur Lucas Fayd*herbe over dt dry jaeren by my ghewooni heeft ende myn discipel 
gkeweest is, ende door de ghemenschap die ome consie van schUdry en heeldh'^uwery 
tzaemtn kebben, mtt myn insiruciie en syne neersiicheid ende goede gheest, seer veel 
gheprofiieeri heeft in syn consfe, en voor my getnaeckt heeft diver sche werchen in 
ivoor seer loffelyck en seer wel uytgevoerf, gelyck blyck by de stucken, en bovenal is 
consider abel de figuere van O.L,V, van de Beggyne kercke tot MecJtelen, de welcke hy 
alleen tot mynen huyse (sonder dat er iemand anders syne hand heeft aengesteken) 
soo uyinemende fraey heeft vitghewercki dat ick niet en myne dat se door eenen beelthou- 
wer in ketgeheei landt sonde konnen verbetert worden ; soo dat my dunk dat alleHeeren 
ende magistraten van steden hem behooren te favoriseren ende te animeren met eere, 
vrydom en privilegien om syn domicilium by haer te nemen ende syn woningh met 
syn werchen te vercieren. Dat hebbe ick ter goude irouwen met myne eyghen hand 
geschreven ende onderteeckent. 

Tot AntwerPen, den S April 1640, 

Pistro-Paulo Rubens, 



— 2o8 — 

sur onze et demi de largeur, couvrent les trois pans du 
fond de Tabside. lis furent paints vers i657, par Jean 
Cossiers, aux frais du cure Charles T'Servrancx. Ces 
trois tableaux concourerit au meme sujet, le Calvaire. 
Toutes les figures sont colossales et d'une grande vigueur 
de dessin. 

Aux cotes du maitre-autel, au-dessus des portes qui 
m^nent aux sacristies, se trouvent deux bons tableaux 
de Theodore Van Loon : la Visitation et I' Adoration des 
Mages. 

On admire a la sacristie, un Christ en ivoire, d'unc 
piece, oeuvre de Jer6me Du Quesnoy. II mesure 76 cen- 
timetres. Le Sauveur est represents mourant. L'expres- 
sion de la tete est particuliSrement admirable. 

L'eglise du Beguinage est en partie batie sur le terrain 
de Tancien convent des Freres Cellites. Le chanoine 
Schaeffer a cru y trouver le motif pour lequel Teglise 
aurait ete dediee i saint Alexis, patron des FrSres 
Cellites. C'est une grande erreur. Saint Alexis, vivant 
en retraite dans la maison de ses parents, est un patron 
celebre dans un grand nombre de beguinages. Ceux-ci, 
du reste, n'ont de commun avec sainte Begge, qu'une 
similitude de nom; et Thistoire prouve que pas un 
beguinage fort ancien n*a ete mis sous la protection de 
cette sainte. A Malines, saint Alexis etait le patron 
tutelaire de Teglise du Beguinage des le XIII"*'' siecle, 
et sainte Catherine d'Alexandrie y etait honoree comme 
patronne secondaire. Ce n'est qu'a partir du XVII'"* siecle, 
que Toffice de sainte Begge y a 6te celebr6. 

Assembl6e generate de cloture 

A trois heures, les Congressistes se reunissent, pour la 
derniSre fois, dans la salle du theatre communal. 

Le bureau est compose de MM. le Chanoine van Caster, 
president, de Casatis, le general Wauwermans, le comtc 



• • * 

de Marsy, de Villenoisy, Hymans, Hildebrand, Sain- 
tenoy, de Raadt et Stroobant, secretaire general. 

M. LE President. — Messieurs, je declare la seance 
ouverte. M. de Villenoisy, rapporteur de la premiere sec- 
tion, voudra bien nous donner la lecture du rapport sur 
les travaux de cette section. 

Happort 0ut Ics travauj be la l** Section 

Mesdames, Messieurs, 

La premiere section, dont j'ai I'honneur de r6sumer 
les travaux devant vous, a eu le regret de voir son pro- 
gramme considerablemeht reduit, par suite de Tabsence 
de M. Fourdrignier, auteur d'un certain nombre de ques- 
tions. Celles restantes ont cependant suffii a provoquer 
des discussions pleines d'interfit. 

Celle abordee la premiere est relative k la formation 
et aux origines de la Race Beige; le cumul des roles d'au- 
teur et de rapporteur me causerait en ce moment un cer- 
tain embarras, si je n'avais la ressource de me referer a 
rexpos6 du sujet qui se trouve dans le premier fascicule 
du Congres, et que la plupart des personnes presentes ont 
pu lire. Je le resume rapidement : « Le territoire de la 
future . Belgique semble avoir perdu presque tous ses 
habitants entre les deux periodes de la pierre. Si parmi 
les habitants actuels on retrouve quelques exemples des 
types quaternaires, ils sont diis au retour dans le pays de 
leurs peres de quelques descendants des races anciennes. 

La cause de ce fait, en apparence inexpliquable, 
Tabandon complet du pays, repeuple ensuite a nouveau, 
doit 6trecherchee dans les phenomenes climateriquesqui, 
apr^s avoir, a la fin du quaternaire, substitue des steppes 
puis des glaces aux anciennes forets ou avaient vecu les 
elephants, ont graduellement retabli le regime humide, 
et de nouvelles forets sur le sol vegetal enfin reconsti- 



— 210 — 

tue. Les arbr^s ont alors occupe seuls toute la surface du 
pays, refoulant les hommes le long de la c6te et dans les 
endroits arides. Or, le sejour dans les forets est impos- 
sible, tant A cause de la fievre que par suite de la pre- 
sence des betes feroces, et les cotes beiges etaient alors 
tr^s instables; Temigration vers le sud s'imposait. Lors- 
que la foret s est usee elle-m6me, suivant les lois connues 
de tous les botanistes, et a recul6 a son tour, une popu- 
lation nouvelle est venue s'etablir sur le sol vierge, arri- 
vant par les vallees du Danube, du P6, les cols des Alpes, 
le Rhone et la Sa6ne. Ses premiers representants etaient 
brachycephales, de meme race que les Ligures ou proto- 
etrusques. A cette epoque, la grande zone forestifere, qui 
s'etendait de la Gaule a la Russie, formait une barri^re 
infranchissable, et formait les peuples en migration a 
suivre deux routes distinctes : celle de la Baltique, 
adoptee par les races germaniques, et celle de la M6di- 
terranee, prise par les tribus helleniques, latines et cel- 
tiques. La Belgique est sur le point extreme oH les deux 
courants se sont rejoints. Les mdridionaux, arrives les 
premiers, y ont veg6te longtemps, prives de la plupart 
des progr^s decouverts par leurs fr^res de Gaule et d'lta- 
lie; ils ont conserve Tusage de la pierre pendant une 
grande partie de Tage du bronze, et ne sont arrives reel- 
lement a la civilisation qu'sL partir du jour ou les tribus 
hallstattiennes, venues par le Jura, leur ont apporte la 
connaissance du fer, qui est devenue Tindustrie beige par 
excellence. Puis a eu lieu Tinfiltration des tribus germa- 
niques, qui s'est poursuivie jusqu'a I'epoque merovin- 
gienne ». 

Le docteur Gosse, qui a pris le premier la parole 
dans la discussion generale, a signale Texistence d'un 
premier courant sib6rien meridional dont on retrouve 
les traces sur TObi, puis d'un second qui s'est divis6 en 
trois branches et a p6netre dans le Caucase par les 
gorges de Dari, a suivi en second lieu le Danube et en- 



— 211 — 

gage son troisieme rameau sur le Don, pour atteindre la 
Baltiquc. Le premier usage du fer a Tepoque myce- 
nienne, semble devoir etre rattache a Tutilisation des me- 
teroites. U ne croit pas que les forets aient joue le role 
considerable que je leur attribue. 

Tel n'est pas Tavis de Son Excellence le prince Pout- 
jatine; il les considere comme absolument infranchis- 
sables. Ainsi, les populations prehistoriques du sud de la 
Russie n'ont absolument rien de commun avec celles qui 
occupaient le nord de la zone des forets. 

MM. Gosse et Hublard ont insiste sur le role des 
rivieres comme voie de penetration, et le Docteur Gosse 
a rappele que, suivant les saisons, les tribus changeaient 
de cantonnement. 

Cette question epuisee, M. Van Bastelaer, president, a 
presente a Tappui d'un memoire du D' Raeymaekers, 
des photographies des megalithes de Brileux, et donne 
des details sur ceux de Sivry, Goze et Helle. 

Au cours de la longue discussion qui a suivi la lecture 
d'un travail de M. Hock, relatif a des alignements de 
marchets situes a Han-sur-Lesse, le baron de Loe a defini 
les marchets : « un las de pierres generalement eleve 
sur une sepulture a inhumination, ou Ton ne rencontre 
jamais de pierres, generalement du bronze. Ce genre de 
construction s'est continue jusqu'a Tepoque romaine ». 
De Tensemble du debat, il semble resulter que les mar- 
chets de Han-sur-Lesse provienncnt de Tepierrement des 
champs et n'ont rien a voir avec Tarcheologie. M. Marcel 
de Puydt et le prince Poutjatine ont presente des obser- 
vations qui, jointes a celles du president, ont contribue 
a faire la lumi6re sur ce point. 

Le memoire suivant, lu par M. Huybrigts, a pour titre : 
Les Francs a Toiigrcs an III'*" Steele, tombe d'ttn ehef. Depuis 
quelque temps, on execute dans cette ville des travaux 
necessitant des fouilles profondes autant qu'importantes. 
M. Huybrigts en a profite pouretendre ses etudes sur le 



— 212 — 

Tongres romain et franc. La plus interessante de ses 
dernidres decouvertes est celle d'une tombe k inhuma- 
tion sise a cinq metres de profondeur, orientee comma 
le sont toutes les tombes franques de Belgique, et pour- 
vue d'un mobilier assez riche, mais que malheureusement 
les ouvriers ont saccag6 au moment de la mise au jour. 
Dans une fosse rectangulaire, large de plusieurs metres, 
on avait 6tendu sous le cercueil, un lit de sable blanc. 
Des bouteilles de verre blanc et des vases de terre rouge 
romaine se trouvaient ranges a la hauteur des mains. On 
a encore recueilli les fragments d'une lance de fer, ou 
framee, des lames de bronze ayant servi k plaquer un 
coffret de bois, en fin deux objets qui ont provoque dans 
notre section une vive surprise, tant k cause de leur con- 
servation plus grande que celles des autres objets, que 
pour leur style qui n'est ni romain ni merovingien. L'un 
est une poignee de coffret ou de meuble en bronze, 
Tautre une baguette de jayet fagonnee au tour, et portant 
au centre et a I'une des extr6mit6s, des trous qui ont pu 
livrer passage k des fils. L'aspect nettement Louis XV 
de ces objets, permettant de se demander s'ils ne sont pas 
venus au niveau de la tombe avec des terres eboulees de 
la surface, ce qui est toujours possible dans une fouille 
profonde de cinq metres, ou s'ils n'ont pas et6 introduits 
en fraude par Tun des ouvriers, fait dont on a eu aussi 
trop d'exemples, nous avons fait appel aux lumieres de 
nos collogues de la troisi6me section, plus comp6tents 
que des prehistoriciens, pour des objets reclames au pro- 
fit des arts romain ou franc. Malgre leur aide, la question 
n'a pu 6tre complfetement resolue, et on doit regretter 
que la hate avec laquelle les ouvriers se sont saisi des 
objets places dans la tombe, ait mis M. Huybrigts, dans 
I'impossibilite de dresser un plan sommaire et une liste 
complete du mobilier. Peut-etre ces elements nous 
auraient-ils permis de trancher la difficulte. 

A la stance de mardi matin, il a et6* proc6d6 k la 



— 2l3 — 

lecture du m6moire du D' Raeymaekers sur les dfecou- 
vertes de silex pal6olithiques faites le long du littoral 
beige. 

Son Excellence le prince Poutjatine a ensuite fait un 
int6ressant expose du pr^historique de Russie, si impor- 
tant et cependant si peu connu de la plupart d'entre 
nous. 

A la base, les restes du mammouth portent des traces 
incontestables de travail humain. Les kjoekkenmoeding 
de la periode suivante sont enti^rement terrestres. Parfois 
les coquilles d'escargot qui les composent ont ete pil6es, 
puis introduites dans la terre dont sont formes les vases. 
La poterie neolitique, extr^mement grqssi^re au debut, 
acqui6re plus tard une extreme finesse; puis on assiste k 
sa decadence. La decoration, qui s'6tendait souvent ^ 
rinterieur aussi bien qu'i Text^rieur, etait obtenue par 
Tapposition de timbres de terre cuite, de cordelettes et 
enfin, k la roulette. Ce n'est qu'au sud de la zone fores- 
tiere que Ton rencontre des vases k anses. 

Les huttes neolithiques etaient semblables A celles 
dont on retrouve les fonds de cabane en Hesbaie; par- 
fois, cependant, la fosse s'^tendait obliquement au dehors, 
Sous la terre vierge. A I'approche de la mauvaise saison, 
il y avait emigration vers le sud. 

Avec le fer paraissent de grandes urnes cin6raires, ot 
Ton deposait toujours un couteau de ce m6tal. 

M. Eeckmann a demande au prince, s'il connaissait 
en Russie des pointes de filches de silex k pedoncule et 
a bords droits, semblables ^ celle dont il presentait un 
specimen; elles sont fort epaisses et comme enlevees k 
Temporte- piece dans une lame de cinq millimetres 
d'6paisseur. Ce type ne s'est encore rencontre que dans 
la Flandre franfaise. Leur mode de fabrication reste 
enigmatique. 

A la derniere seance, M. Comhaire a presente une carte 
des tumulus belgo-romains. lis sont tous dans un triangle 



— 214 — 

compris entre Huy, Tirlemont et Tongres; le centre en 
est a Waren. 

M. Comhaire, egalement, a rendu compte de ses fouilles 
sur la voie romaine de Tongres a Treves, au lieu dit 
Cokefaines. II ne s*y trouve depuis longtemps aucune 
trace de construction, et cependant un paysan dit que 
son pere lui avait toujours affirme que notre coUegue 
\k s'61evait la seule maison qu'il y eut sur la route de 
Tongres a Treves; et ce lieu, situe a egale distance des 
deux villes, porte dans les documents du moyen age, le 
nom caracteristique de THopital. II est curieux de voir 
la tradition populaire, sans Taide d'aucun signe exterieur, 
conserver apres tant de siecles, le souvenir de Tancien 
relais, Thospitium de la route romaine. 

Le prince Poutjatine a dit encore quelques mots de la 
station de Bologoe, dont on pent voir les pioduits de ses 
fouilles exposes en ce moment a Bruxelles, a la section 
des sciences. A la base, on rencontre une couche paleoli- 
thique avec faune post-diluvienne de petits animaux. Le 
fer existe au sommet, mais il n^ a pas de bronze dans 
la couche intermediaire dont les poteries sont cependant 
analogues a celles de l^age du bronze de Gaule. Certains 
vases atteignent une hauteur de cinquante centimetres. 

La section a terminc ses travaux apr6s une commu- 
nication du baron de Pelichy, relative a ses fouilles de la 
necropole de Emelghem, dans des sablieres pres d'lse- 
ghem. II a explore vingt-sept tombes dont trois seulement 
ne sont pas k incineration. Les plus anciennes sont peu 
anterieures a Inoccupation romaine, et le cimetiere a con- 
tinue de servir jusqu*a Tepoque franque. Celles du pre- 
mier groupe sont hallstattiennes, les dernieresont fourni 
entre autres objets, des pat^res de terre grise, un vase de 
forme exceptionnelle, un scramasax et une framee dont 
il a pu recueillir encore un morceau de la hampe de bois 
(Applaudissemcnts prolonges). 

F. DE ViLLENOISY. 



— 2l5 — 

M. LE President. — La parole est ^ M. de Raadt, 
rapporteur de la deuxi^me section. 



Itappott 0ur Ie0 trat)aus De la 2"*« Section 

Monsieur le President, Mesdames, Messieurs, 

Presid6e alternativement par MM. Hans Hildebrand 
et le baron de Maere, la deuxi^me section a tenu quatre 
seances interessantes et fructueuses. 

La premiere fut inaugur6e par Texamen d'une question 
(IX) discut6e deja, mais d'une fafon incomplete, au Con- 
gres de Tournai : Comment fa^it-il publier les textes anciens? 

M. Edgar de Marneffe nous resuma les diverses ma- 
ni^res usitees en Belgique et k T^tranger, et, sollicite par 
le President, M. le baron de Maere, de presenter ses 
conclusions sous la forme precise d'un voeu, il nous 
soumit cette formule : 

« La reproduction des documents historiques et litte- 
» raires anciens doit 6tre telle que le lecteur connaisse 
» tout ce qui se trouve dans le texte reproduit. Les abr6- 
)) viations, Torthographe et la ponctuation seront scni- 
» puleusement conservees ». 

M. Gaetan Hecq rappelle ensuite, bri^vement, les 
observations presentees par lui, sur la mati^re, au Con- 
gres de Tournai, et se declare partisan du syst^me pr6- 
conis6 par le rapporteur. 

.11 voudrait voir les pouvoirs publics doter les impri- 
meurs officiels d'un materiel plus complet, facilitant la 
reproduction fidfele des textes. 

M. Tabbe Cauchie, emettant certaines objections contre 
le procedd dont M. de Marneffe s'est fait le ddfenseur, 
propose le triple voeu suivant : 

cc i^ Que les editeurs des textes historiques les repro- 
» duisent aussi fidelement que possible ; 



— 2l6 — 

» 2" que les photographies, phototypies et autres repro- 
» ductions artistiques se multiplient; 

» 3° toutefois, abstraction faite du point de vue 
» archeologique, que les editeurs facilitent aux historiens 
» la lecture des anciens textes jusqu'au moment ou Texac- 
» titude et la fid61ite ne sont pas compromises ». 

Ce qui revient a dire — ainsi qu'il resulte de la dis- 
cussion — que les editeurs auront a d6velopper les mots 
abreges, a employer des majuscules, des minuscules et la 
ponctuation selon les regies en usage de nos jours, etc. 
En d'autres termes, Torateur se dit adherent des regies 
formul6es nagu^re, par la Commission royale d*histoire. 

M. de Raadt estime qu'il incombe, en tr^s grande 
partie, aux societ6s savantes, de veiller a ce que leurs 
imprimeurs completent leur materiel de fagon a fournir 
aux editeurs la possibilite d'adopter, dans toute sa 
rigueur, le syst^me de Marneffe, dans la publication de 
textes diplomatiques et litteraires. 

MM. Hecq et de Raadt deposeqt, en consequence, le 
double voeu suivant : 

« De voir les pouvoirs publics s'employer a doter les 
» ateliers typographiques officiels des abreviations paleo- 
» graphiques necessaires a la reproduction exacte des 
» anciens textes ; 

» et de recommander aux soci^tes savantes d'insister 
» aupres de leurs imprimeurs, pour obtenir d'eux ces 
» memes signes abreviatifs ». 

M. Henri Cordemans croit pouvoir concilier les deux 
methodes qui se trouvent en opposition, en demandant 
aux editeurs d'expliquer ou de justifier, par des notes, 
les developpements d'abreviations discutables. 

M. Hans Hildebrand s'associe a M. de Marneffe et 
declare qu'en Su^de, Tusage commence a prevaloir, de 
publier fidelement les chartes avec tons leurs signes abre- 
viatifs et leur ponctuation. Dans son pays, Timprimerie 
royale a, depuis longtemps, fait Tacquisition de tous les 



— 217 — 

signes speciaux, et les autres imprimeurs n'ont pas tarde 
a i miter cet exemple. 

Apres un 6change de vues entre les membres deja cites 
et M. Bergmans, M. le President fait proceder au vote 
des trois voeux mentionnes ci-dessus : 

celui de M. de MarnefFe est rejet6, 4 parite de voix; 

celui de MM. Hecq et de Raadt est adopts ; 

celui de M. Tabbe Cauchie est 6galement adopts. 

M. le baron de Maere, president, fait remanjuer que, 
pendant le vote, interrompu a plusieurs reprises, par la 
discussion, certains membres ont quitt6 la salle et que 
d'autres y sont entr6s ; qu'il semblerait done que le resul- 
tat du vote ne put pas etre consider^ comme absolument 
concluant et dut 6tre revis6 par I'assemblee generale. 

Tel est egalement Tavis de M. de Raadt, qui estime 
que, par le fait meme de Tadoption du vceu presente par 
M. Hecq et lui-m6me, a titre de corollaire du voeu de 
M. de MarnefFe, la formule de ce confrere devrait 6tre 
consideree comme virtuellement adopt6e par Tassemblee. 

Pour que la portee des votes put etre prise en con- 
sideration serieuse, ceux-ci devraient se faire par appel 
nominal. 

Les membres de la section entendirent, enfin, la lec- 
ture d'un memoire de 

M. L. Van den Bergh, repondant a la II™'' question : 
Quelles sont les plus anciennes monnaies f rappees h M alines? 

A la deuxi^me seance, M. Tabbe Cauchie aborda la 
XIII"* question, relative aux cours d'histoire et de geo- 
graphic dans Penseignement moyen. 

Les conclusions de notre confrere furent vivement 
appuy6es par M. rabb6 Renard, qui, dans un long dis- 
cours, developpa les ameliorations a apporter ct Tensei- 
gnement de la science geographique. 

A son tour, M. le general Wauwermans ^dhera aux 
desiderata erais par les deux orateurs precedents et les 



— 2l8 — 

accentua meme, en exprimant le desir de voir le Gouver- 
nement inslituer des bourses d'etudes, pour permettre i 
quelques candidats de choix d'aller se perfectionner a 
Berlin, cL Vienne et notanwnent en Suisse, pays ou Ten- 
seignement, donne par des professeurs formes a Berlin, 
se trouve k la hauteur de tous les progres de la science 
moderne. 

M. E. Matthieu croit utile qu'un voeu formule d'apres 
les conclusions de M. Tabbe Cauchie, renforcees par 
celles de MM. Tabbe Renard et le general Wauwermans, 
soit transmis non seulement au Gouvernement, mais 
aussi aux directeurs des etablissements d'enseignement 
libre. 

Ayant entendu encore quelques observations de M. 
Frederichs, la section adopta le triple vceu suivant : 

« II est desirable : 

» 1° que, dans tous les etablissements d'enseignement 
» moyen, les cours d'histoire et de geographic soient 
)) confies a des specialistes possedant le diplome de doc- 
'» teur en philosophic et lettres; 

» 2° que, dans la formation universitaire, il soit ac- 
» corde une place plus considerable a Tenseignement de 
» la geographic ; 

» 3<^ et qu'en attendant la creation d*un doctorat sp6- 
» cial en geographic, Tenseignement de la geographic 
» physique soit confiee a un docteur en sciences ». 

Selon la proposition de M. Matthieu, la section prie 
le bureau du Congres de transmettre ces desiderata au 
Gouvernement et aux personnes ayant la direction d'eta- 
blissements d'enseignement moyen libre. 

Quelle est I'origine des Grimbergke et des Bcrthottt, qui 
en sont issus, et quelle etait leiir condition sociale et politique? 

Telle est la question (VI"''') k laquelle repond ensuite 
M. Edg. de Marneffe, en faisant connaitre le resultat de 
longues investigations dans les documents medievaux, 



— i^ig — 

et constate que, selon toutes les apparences, cette puis- 
sante race constitue une branche cadette de la maison 
ducale de Louvain. 

Le peintre Frans Hals est 41 originaire de M alines? (V™* 
question). 

Les historiens de Tart seront, certes, desireux d'ap- 
prendre la solution de ce problfeme qui, pour n'avoir pas 
fait verser autant de flots d'encre que la question du lieu 
de naissance de Rubens, n'en a pas moins ete agite a 
mainte reprise. 

M. Louis Stroobant a entrepris de patientes recherches 
sur Torigine de Frans Hals. Bien que n'ayant pas reussi 
encore a trancher la question d'une fagon definitive, M. le 
Secretaire general du Congres conclut que le qualificatif 
de maanblusscher, sobriquet revendique jalousement par 
les Malinois et applique par les biographes anciens a 
Frans Hals, est une tr^s forte pr^somption pour Torigine 
malinoise de cet artiste. A cette presomption viennent 
se joindre plusieurs autres dont Tenumeration d^passe- 
rait le cadre impose k ce rapport. 

M. Jules Frederichs nous resume, enfin, une etude 
sur les peuples qui habitaient la Belgique, a Tarrivee de 
Cesar, et constate, k Taide des ecrits a nous legues par 
les historiens anciens, que leur situation correspond beau- 
coup plus exactement qu'il ne Pa ete suppose par les 
auteurs modernes, avec les divisions eccl6siastiques de 
not re pays au moyen age. 

A la troisi6me stance de notre section, nous avons 
entendu, d'abord, la lecture, par M. E. Matthieu, d'un 
memoire sur le role exerce par les chapitres ecclesias- 
tiques, dans les Pays-Has, sur Torganisation de Tensei- 
gnement (question XIV). 

Puis, M. E. de Marneffe nous a expose une mdthode 
scientifique nouvelle pour expliquer Tetymologie des 
noms de lieux, en illustrant sa theorie de nombreux 



— 220 — 

exemples releves au cours de ses recherches diploma- 
tiques (question IX). 

M. Felix de Monnecove a bien voulu nous soumettre, 
en suite de cette communication, quelques souvenirs de 
ses propres etudes, et nous rappeler les pr6ceptes des 
professeurs frangais dont il se declare le fervent adherent. 

A la demande d'un membre, M. Hildebrand nous a 
entretenu des etudes faites en Suede, dans le m^me 
ordre d'idees, et nous a cite des exemples de la topony- 
mie de ce pays et les explications quails comportent. En 
Scandinavie, les ^tymologistes observent des regies qui 
ont une grande analogie avec celles appliquees par M. de 
Marneffe, et, a Tinstar de celui-ci, ont reussi a deduire 
de leurs etudes etymologiques d'interessantes conclusions 
historiques. Passant a la toponymie de Danemark, Tora- 
teur fait de tres curieux rapprochements entre des noms 
de lieu appartenant k ce pays et des noms de lieu de 
Normandie. 

M. Guignard de Butteville, lui aussi, signale quelques 
cas curieux — empruntes k la toponymie de France — 
demontrant Timportance des constatations historiques 
qui peuvent se degager d'etudes 6tymologiques. 

A la discussion qui s'en est suivi de ces diverses com- 
munications, ont pris part MM. Tabbe Cauchie, E. Mat- 
thieu, les membres qui etaient deja intervenus dans 
I'examen de cette question et plusieurs autres. 

Enfin, la section a vote ce voeu, pr6sentc par M. E. 
Matthieu et amende par M. de Marneffe : 

« De voir les societes fed6rees publier des glossaires 
» toponymiques des communes de leur region, avec 
» indication trds precise des sources ». 



Qiielles sont les plus anciens sceaitx armories en Europe? 

A cette question (la XI'"'), M. de Raadt repond que 
Texemple le plus ancien connu d'un sceau armorie au- 
thentique est le sceau, de type equestre, de Philipp)e 



— 221 — 

d'Alsace, comte de Flandre : il est appendu a un acte 
de 1161. L'auteur de la question serait reconnaissant aux 
specialistes, de lui signaler des sceaux armories plus 
anciens a leur connaissance. 

En Su6de, nous a appris M. Hildebrand, le plus 
ancien exemple connu date de 12 19. 

Voici arriver notre quatri^me et derni^re stance. 

Elle fut inaugur6 par M. le comte G. de Hautecloque, 
qui donna lecture d'un memoire sur la XV"' question : 

Sur les einprunts fails par les villes de la province de Flandre, 
de iSSo il 166S, pour subvenir attx frais de la guerre. 

A propos de la III"' question : 

Faire connaitre les medecins ntalincis et leurs Merits, etc., 
M- le D' G. Van Doorslaer emet le voeu suivant, qui fut 
ratifie par la Section : 

« De voir les travailleurs signaler tous les documents 
» interessants, alors meme qu'ils ne rentreraient pas 
» dans le cadre special de leurs etudes, aux cercles 
» archeologiques des localites que ces documents con- 
» cernent. » 

Abordant la IV"' question : 

Bibliographie malinoise. Origine de I' imprinter ie, M . H . Cor- 
demans de Bruyne etablit que vers 1467, la xylographie 
ayant existe deja anterieurement au convent deBethanie, 
i Malines, se completa par Tintroduction de caracteres 
mobiles, puisque, en cette ann6e, parut un imprime, 
comprenant des textes imprimes xylographiquement et 
des passages composes en caracteres mobiles. 

L'orateur fit circuler un inventaire original de 1465, 
qui constate I'existence, dans le dit convent, d^un mate- 
riel xylographique, et analysa divers chapitres d'un tra- 
vail public par lui, dans une des dernieres livraisons du 
cercle de Malines, 



M. P. Bergmans presenta quelques observations sur 
les textes produits par M. Cordemans et dont Tinterpre- 
tation ne lui parait pas certaine; a son avis, les preuves 
manquent pour pouvoir affirmer que le mot formerij doit 
se traduire par imprimerie. D'autre part, le placard im- 
prim6 a Malines, en 1467, presente des particularites, 
tant au point de vue de la redaction que de rimpression, 
qui ne permettent pas 4 M. Bergmans d'admettre Tau- 
thenticite de Tensemble du document. 

L'orateur croit done que le travail de M. Cordemans 
est des plus interessant au point de vue de I'histoire de la 
la xylographie en Belgique, mais qu'il ne prouve pas 
qu'il ait existe au convent de Bethanie un atelier de 
typographic en caracteres mobiles. 

Une discussion fort intcressante 2i lieu a la suite de 
cet cchange d*observations; y prennent part, les deux 
orateurs cites, MM. de Marneffe, Guignard de Butteville 
et de Raadt, ces trois derniers presentant des arguments 
qui semblent militer en faveur de la th^se defendue par 
M.. Cordemans. 

En reponse a la XVI™*" question : 

« Quelle ist rorigine du conseil des finances des ancitns 
PayS'Bas? M. Eug. Lameere resume les differents tra- 
vaux relatifs a Torigine du Grand Conseil ambulatoire, 
intimement liee a celle du Conseil des Finances, et ex- 
pose que ce dernier conseil fut, vraisemblablement, cree 
en 1438. Les ordonnances subsequentes ou Ton trouve 
des renseignements sur ce conseil, sont des annees 1447, 
1467, 1471, 1487, 1497. L'ordonnance de 1487 fixe defi- 
nitivement la competence du conseil; celle de 1497 con- 
tient la plupart des clauses definitives que nous retrou- 
vons dans les ordonnances du XVI™* siecle. 

La VIII"'*' question que Ton pent resumer ainsi : 

L' etude sur les avoueries en Belgique, mise en concours par 



I 



— 223 — 

P Academic royale, en iS34y a-t-elle fait des pr ogres serieux 
defnds lots? fut traitee par M. Ernest Matthieu. 

Notre confrere rappelle que cette question a ete exa- 
minee au congres de Bruxelles (1891). Les avoueries se 
rattachent intimement k Timmunit^; elles existent dans 
les pays de droit franc. II convient de rejeter la distinc- 
tion faite par le baron J. de Saint-G6nois, entre Tavoue- 
rie militaire et Tavouerie judiciaire, distinction que les 
textes ne justifient pas. 

L'avouerie devint fief. EUe fut, d'abord, protection et 
bienfait, et d6s le XI I""* si6cle, elle se transforma en une 
charge lourde et onereuse. 

La rectification des armoiries commtinales (question XII) 
fait Tobjet d'une courte communication de M. de Raadt, 
notamment en ce qui concerne le blason de la ville 
de Malines et les travaux presentes aux congres ante- 
rieurs. 

M. E. Matthieu nous entretint, ensuite, des armes de 
Binche. 

La XVI P question : « De la publication surfiches de la 
Bibliographie courante de rhistoire de Belgique » fut develop- 
pee par M. Eug. Lameere, qui conclut par la presentation 
de ce voeu : 

« Le Congrfes, reconnaissant Tutilite de la publication 
» d'une Bibliographie courante de Thistoire et de Tar- 
» cheologie de Belgique, invite les societ6s federees a 
» envoyer r6gulierement le sommaire des articles parus 
» dans les recueils periodiques qu'elles publient, ou ces 
» memes recueils, a la redaction du bureau historique et 
» archeologique de Bruxelles ». 

Ce voeu fut ratifie par la section. 

M. Eug. Lameere traita, ensuite, la XVIIP question : 
« De Vinstittition de cours populaires et locaux d'kistoire et 



— 224 — 

d! archiologie de Belgique », et proposa, en terminant, ce 
voeu : 

« De voir les societes federees organiser des cours po- 
» pulaires d'histoire et d'archeologie de Belgique ». 

Une communication de M. Clement Lyon : Sur la 
Conservation des registres paroissiatix, donna lieu a une dis- 
cussion assez longue, A laquelle prirent part MM. Berg- 
mans, Matthieu et de Raadt. 

L'auteur avait soumis ^ la commission ce triple voeu : 

« i^ De voir le gouvernement decider que tous les 
» anciens registres paroissiaux des pays, deposes actuelle- 
» ment dans les bureaux d'etat-civil, dans les greffes des 
» tribunaux ou chez des particuliers, soient verses dans 
)) les depdts de TEtat reserves aux archives provinciales, 
» ou ils pourraient etre plus facilement consultes par les 
» interess6s; 

» 2^ qu'aussitot ce depot effectue, il soit, par les soins 
» des archivistes, dresse des tables, d*apres une m6thode 
» adoptee et uniforme; 

» 30 que des mesures soient prises pour assurer leur 
)) bonne conservation pour la reliure ou la reparation des 
» pages moisies ou lacerees ». 

La section n'ayant cru pouvoir adopter ce voeu, M. 
Lyon le modifia ainsi, en suite d'une proposition de 
M. Tabbe Cauchie : 

« Etant donne Timportance des anciens registres pa- 
» roissiaux, le Congres prie le Gouvernement de prendre 
)j des mesures pour leur conservation )>. 

Dans cette redaction, le voeu do M. Lyon fut adopte 
par la section. 

M. Guignard de Butteville nous entretient encore de 
la Transformation des fleurs de lis, appliqiiee aux arvioiries, 
notamment chez les peuples winiles, en soumettant a la 
section un grand nombre de reproductions de monu- 



— 225 — 

ments antiques ornes de fleurons, dans lesquels il recon- 
nait la fleur de lis heraldique. 

L'orateur entre dans des considerations historiques sur 
les races dent les armoiries presentent cet embl6me, races 
qui, dans sa pensee, seraient d'une souche commune, 

M. de Raadt rappelle que Torigine et le symbolisme 
des fleurs de lis ont et6 trail6s, il y a peu d'annees, par 
M. Jean van Malderghero, dans un m6moire public par 
la Society d'arch6ologie de Bruxelles. 

M. le prince Poutjati^e cite des exemples de la migra- 
tion de symboles et appuie les conclusions du travail 
presente par M. Guignard de Butteville. 

Enfin, M. Fernand Donnet lit une s6rie de notes ine- 
dites sur des artistes et savants malinois et, conformement 
au voeu presente par M. le D' Van Doorslaer, promet de 
remettre au Cercle de Malines, une notice sur un phar- 
macien malinois, dont il poss6de une curieuse correspon- 
dance. 

Voila, Mesdames et Messieurs, dans les grandes lignes, 
le resume impartial et fidele des travaux executes par 
la Deuxieme Section de notre Congr^s. 

En ma qualite de rapporteur, il ne m'appartient pas 
d'emettre des approbations sur la valeur des travaux. 

A vous d'en juger. 

J.-Th. de Raadt. 

( Applaudissements prolonges). 

A la suite de ce rapport, quelques observations sont 
encore present6es par M. Tabbe Cauchie au sujet de la 
mani^re de publier les anciens textes. Ces observations 
donnent lieu a une discussion a laquelle prennent part 
MM. de Marneffe, de Raadt, Matthieu et Zech-Dubiez. 

M. DE Raadt. — Je demanderais que la question soit 
de nouveau soumise au Congr^s Tannee prochaine. Je 

l5 



\ — 226 — 

prierais done le Burd^u de vouloir s'en saisir. Je deman- 
derais en outre, qu'a^ ravenir, les votes se fassent par 
appel nominal. ^ 

M. le comte de Marsy.\ — Messieurs, nous nous trou- 
vons en presence de deux oj^nnions; et une voix seulement 
a suffi pour faire triompher \Vune de I'autre. 

La question est d'inter^t capital, et je demande instam- 
ment que cette question soit refnise a Tordre du jour de 
la prochaine session du Congrcs, mais a la condition 
qu'il n'y ait pas trois questions. Je demanderais qu'une 
stance speciale soit resei^vee en dehors de toute heure de 
discussion des sections. Cela serait, me semble-t-il, le 
seul moyen pour arriver a une solution prompte et nette. 

M. Hymans. — II est done bien entendu que cette 
question sera discut6e en sections r6unies. 

M. LE President. — Messieurs, n'y a-t-il pas d*oppo- 
sition a cette proposition? Elle est done adoptee. 

Messieurs, le cas de cette question, relative au mode 
de publication des textes anciens, resolue par une voix, 
n'est pas isole. Les assistants aux travaux des sections 
ne sont pas toujours les memes, du commencement a la 
fin d'une seance. Au moment du vote sur une question, 
il pent arriver, et il arrive bien souvent, que plusieurs 
des membres presents n'ont entendu qu'une partie de la 
discussion. II semble que dans ces conditions le resultat 
du vote n'est pas precisement convaincant. Je pense que 
ce resultat serait plus probant si les votants prenaient la 
responsabilite (si je puis le dire) de leur decision. A cet 
effet, je crois, comme plusieurs d*entre vous, avee M. le 
Rapporteur, que le vote par appel nominal pourrait por- 
ter remdde a Tinconvenient que je viens de signaler. Si 
personne ne s'y oppose, nous pourrions ajouter ce deside- 
ratum aux questions a soumettre au Congres prochain. 



— 227 — 

La parole est a M. Saintenoy, rapporteur de la troi- 
sieme section. 



Happort 9ur les travauj be la 3*"^ Section 

Mesdames, Messieurs, 

La troisi^me section avait a son programme nombre 
de questions bien interessantes, qui ont provoque de non 
moins interessantes discussions. 

Vous allez juger de nos travaux par ce resum6 succinct 
que le vous presente, en collaboration de mon aimable 
confrere, M. le comte Amaury de Ghellinck d'Elseghem, 
qui a partage avec moi la mission de rapporteur. 

La premiere question qui s'est presentee est celle 
des Inventaires archeologiques que vous avez etudiee 
dans plusieurs de nos congres precedents, Depuis, 
elle a refu de la part du Cercle archeologique de Gand, 
une solution bien ingenieuse, que nous a fait connaitre 
M.. Paul Bergmans. Notre aimable et savant collogue 
nous a donne les developpements des principes qui 
reglent Torganisation de Tlnventaire archeologique de 
Gand, et voudrait voir les autres Societes dans la meme 
voie. II a rappele qu'au Congres historique et archeo- 
logique de Gand, M. Victor Van der Haeghen attira 
Tattention sur la redaction d^une statistique generale des 
monuments beiges et des maisons interessantes. Comme 
suite a cette proposition, M. Hermann van Duyse si- 
gnala Tutilite de faire le relevc complet des richesses en 
sculptures, orfevrerie, etc. des eglises et des collections. 

Le 8 decembre 1896, MM. Paul Bergmans et Armand 
Heins proposerent a la Societe d'histoire et d'archeo- 
logie de Gand, de publier, sous forme de fiches libres, 
independantes, un inventaire illustre de tous les monu- 
mentSj oeuvres d'art et documents gantois, depuis les 
origines jusqu'en i83o. 



— 228 — 

De la fusion de ces divers projets est issu VInventaire 
archiologiqiie de Gand, dont la publication a 6t6 d6cidee 
par le Comit6 directeur de la Soci6t6 d'histoire et d'ar- 
ch6ologie, le 6 Janvier 1897, sur les modeles commu- 
niques par MM. Bergmans et Heins. 

M. de Marsy voudrait restreindre Tinventaire aux 
monuments et aux objets mobiliers et ne pas y voir figu- 
rer, par exemple, des documents pal6ographiques. 

M. Hymans a signaie a ce propos, le travail de M. 
Lotz, qui presente une 6tude des objets d'art de plu- 
sieurs de nos villes et qui a servi de modeleau Cicerone 
de Burckhardt. 

M. Destree voudrait, pour le travail de la Soci6t6 de 
Gand, des bibliographies plus completes. 

M. Neve, chef de division des Beaux- Arts, voudrait 
que les principes de Tlnventaire soient prealablement 
6tablis, II a cit6 le schema propose jadis par la Com- 
mission des monuments, 

M. Destr6e voudrait des notations differentes pour 
chaque categorie de monuments. 

Apres ce disconrs, la section a approuve Pessai tente it Gand, 
et exprime le vceii de voir d'autres societis stiivre le bon 
exeinpie de ncs zelis Confreres Gantois. Je suis heureux de 
pouvoir me joindre a cet hommage, tres merite par 
I'activite et Tardeur de cette vaillante soci6t6. 

La deuxi^me question a ete traitee par votre rappor- 
teur, qui a signaie le role des architectes Keldermans, 
dans la propagation des Arches k renflements, aux 
debuts du XVI"* si^cle, tout k la fin de T^poque go- 
thique. 

M. Destree a cite comme anterieurs encore, certains 
retables du Musee de Bruxelles et certaines peintures. 

Votre rapporteur a repondu que cela prouve une fois 
de plus que Schoy avait raison de dire que Tarchitecture 
de la Renaissance a 6te d'abord peinte et sculptee dans 
les Pays-Bas avant d'etre construite. 



— 229 — 

M. de Marsy a cite les filches bulbeuses de Su^de. 
II croit paradoxal de dire que la Renaissance a ete peinte 
et sculpt6e avant d'etre construite. 

M. Hubert appuie les conclusions de M. Paul Sain- 
tenoy, ainsi que M. Hymans, qui a prouv6 par des 
exemples, que la gravure a precede la peinture dans 
I'adoption de le Renaissance et que dans la plupart des 
cas, au point de vue des elements decoratifs, les pein- 
tres ont adopte la Renaissance avant les architectes. 

M. Hubert a cite i ce propos, Texemple donne par les 
peintres verriers, dans maintes de leurs oeuvres. 

Notre section a ensuite 6tudie le plan de la tour de 
Sainte-Waudru, i Mons, et celui de la tour de St-Rom- 
baut, a Malines, grav6 par Wenceslas Hollar, en 1649. 

M. Kempeneer a etabli que les deux questions sont 
connexes. II propose de donner la parole a M. Hubert, 
qui, depuis 1884, etudie cette question. Celui-ci etablit 
les faits : La decouverte du « patron » par Chalon, en 
1837, et sa publication en 1844, comme 6tant la tour de 
Mons, erreur repetee depuis par Tarchitecte Van Yzen- 
dyck. II 6tablit que le dessin de Chalon n'a pas ete fait 
pour la tour de Mons, mais est une variante du plan de 
la tour de Saint-Rombaut, de Malines. 

Cette discussion a provoqu6 une polemique dans le 
Journal de Mons des 14 et 16 aout. Voici la lettre qui y a 
donn6 lieu : 

cc Les archeologues sent parfois Xxhs amusants ! Lundi dernier, ii la 
reunion de la F^d^ration archeoiogique de Belgique, qui s'est tenue 
4 Malines, un membre avait pos^ cette question : Decider si le plan 
de la tour, que poss^daient jadis les archives du chapitre de Sainte- 
Waudru — qui a kii public par M. Renier Chalon, et dont un fac- 
simile est affichi dans notre collegiale — est bien celui que les cha- 
noinesses de Mons ont dress^ pour Tel^vation de la tour de leur 
eglise, ou si ce n'est qu'un dessin de la tour de St-Rombaut, de Ma- 
lines, tel qu'il a 6t6 dressi par les architectes de ce dernier monu- 
ment 

» Cette question a amene une tr^s longue discussion, oi!i les opi- 



— 23o — 

nions les plus opposecs se sont produites. Un orateur a parle de la 
mtinicipalite de Mom — on est an XVI"* iitcle — qui aiirait envoye 
un artiste pour prendre le dcssin de la tour malinoise, et il a pretendu 
que le plan en divation, 6dit6 par M. Chalon, reproduisait celle-ci. 

» Un autre archeologue a demande que Ton suive ce plan pour 
achcver la tour de Saint-Rombaut, car il est plus fidele que tous autres 
et que celui de Tarchitecte Hollar, dresse au XVII"* si^cle. II est vral 
que ces opinions plus que fantaisistes n'ont pas 6t6 prises par ['assis- 
tance comme paroles d'Evangile, car finalement la discussion s'est 
tellement compliquie, que Ton a oublii de resoudre la question qui y 
avait donn^ lieu. 

» Pr^tendre que le plan dit de Sainte-Waudru n'est qu'une repro- 
duction de la tour de Saint-Rombaut, est pour nous Tune de ces hy- 
potheses gratuites qui se produisent partout en ce sifecle ou Ton 
discute tout, mSme Tividence, simplement pour trouver du nouveau. 

» La tour de Saint-Rombaut n'a jamais et^ achevee. L'artiste mon- 
tois, c'etait Jean de Thuin, — envoy^ non par la municipalite de Mons 
mais par les chanoinesses de Sainte-Waudru — n'a pu done la repro- 
duire de visu. II devait, pour en prendre connaissance, obtenir les 
plans de Tarchitecte qui les avait dresses, ou de ses successeurs, et, 
pour qui connait la jalousie des anciens maitres d'ceuvres, Pextreme 
soin avec lequel ils riservaient leurs plans et devis avant realisation 
complete, cela n'est gufere probable. Nous ne voyons pas pourquoi 
maitre Jean de Thuin aurait eti plus favorisi qu'un autre. 

» Du dibat fort embrouille, reste sans conclusion, qui s'est engag^ 
au Congrfes de Malines, on doit d^duire que la question d'identit^ 
n'est rien moins qu'itablie. 

» Et dans ce cas, jusqu'a preuve du contraire, pourquoi ne pas 
suivre la tradition et croire que le plan reproduit par M. Chalon est 
bien un projet dresst^ pour la tour de Sainte-Waudru? 

» Ce plan a, pendant trois sitcles, ^\^ conserve dans les archives 
du chapitre de Mons. A la suite des (^venements de la Revolution, il 
a ete recouvre par le pfere de M. Chalon, qui faisait partie de la fabrique 
de Sainte-Waudru. 

)) Au point de vue architectural, on remarque de notables diffe- 
rences entre ce plan et la partie ex^cut^e de la tour de Malines. Ceci a 
ete bien mis en relief au Congrfes tenu en cette dernifere ville. Si on 
compare le dessin de Mons avec le plan de Hollar, par exemple, dans 
Tapparence gcnerale, il y a analogic; mais quand on examine la dis- 
tribution des etages, leur percemenl, les galeries, la disposition des 
contreforts, on voic aisement qu'il y a la deux ccuvres difftrentes. 

i> Quand on compare le plan en question avec la base de la tour de 



r 



— 23l — 

Sainte - Waudru, existant actuelleaiCTt, on remarque qu'il y a bien 
moins de divergences eotee ces deux objets qu'entrc le premier et la 
tour de St-Romlsattit. Cette base ne r6pond pas exactement au plan de 
M. Chalon, nous le conciJons; mais n'oublions pas que les travaux 
de la tour de la coUegiale montoise ont eti executes, pour la plus 
grande partie, de 1610 a 1660, i une 6poque de decadence ogivale. 
Les architectes d'alors, tout i Tart Renaissance, ne connaissaient plus 
les regies du style de I'ogive, mime de la dernifere ipoque. 

» Pour nous r^sumer, notre opinion est que le plan de M. Chalon 
est bien un projet special dresse pour T^glise de Sainte- Waudru, par 
Maitre Jean de Thuin. 11 a pu prendre comme module de la base de 
cette construction fce qui existe de la tour de Saint-Rombaut, mais il 
a puis6 ailleurs. Dans son oeuvre, nous trouvons des emprunts faits i 
la tour de Saint-Michel, a Anvers. D'aprfes les comptes du chapitre de 
Sainte- Waudru, il avait vu aussi les fitches des ^glises de Bonnc-Es- 
perance, de Cambrai, de Lille et d'ailleurs, tous monuments disparus 
aujourd'hui et dont nous n'avons pas de dessins ou des dessins 
incomplets. 

» Charg^ de completer notre collegiale dans un style qui n'etait plus 
de mode, qu'il n'avait pas ^tudie d fond, n'esi-il pas plus simple de 
supposer que I'arliste montois a du s'en reftrer aux monuments go- 
thiqiies qui existaient i son ^poque, les copier, prendre un detail i 
Tun, un detail i Tautre, les coordonncr et arriver i une conception 
riellement remarquable? Combien d'architectes de nos jours qui ne 
font autre chose et qui riussissent a laire considirer leur projets com- 
me originaux? G. D. » 

Nous recevons de M. J. Hubert, architecte, la lettre 
suivante, en reponse a un article qui a paru dans nos 
colonnes : 

(c Mons, le 16 aout. 

» Monsieur TEditeur du Journal de Mons, 

» J'ai assiste au Congris arch^ologique et historique de Malines et 
je viens vous prier de me permettre d'ajouter quelques renseigne- 
ments precis i ceux qui ont et6 pubhes dans le numero du 14 aout 
de votre estimable journal. 

» La question (posee par moi) itait celle-ci : 

« Examiner la gravure de la tour de Saint-Rombaut i Malines, faite 
» par Hollar, et la publication de Chalon, sous le titre de fac-simil6 du 
y> plan original de la tour de Sainte- Waudru k Mons ; comparer ces 



— 232 — 

» dessins aux deux tours et celles-ci entre elles. » (Documents du 
Congris de Malines, 1897, i*"^ fascicule, p. 32.) 

» Votre collaborateur 6crit que « finalement la discussion s'est telle- 
» naent compHqu^e que Ton a oubli^ de risoudre la question qui y 
» avait donne lieu ». 

» Evidemment, il y a li erreur ; car aprts une discussion trfes simple, 
voici textuellement la decision qui a ^te votie h VunanimUt : 

« Bien que ces dessins soient i des dchelles distinctes et pris de 
» points de vue difFirents, et que tons les details n'en soient pas 
» identiques, la section reconnait qu'ils ne presentent pas deux projets, 
» mais deux variantes dfun seul et mime projeU 

» Si elle les compare i la tour de Malines, elle voit une ressem- 
» blance trfes grande : i chaque etage, deux fenfetres tris haiites, par- 
» tout une decoration riche, abondante, mouvementie. Quand, d'autre 
» part, elle les rapproche de la tour de Mons, qui n'a qu'une seule 
» fenfetre, elle ne recontre que des dissemblances. 

» Les deux tours elles-memes sont absolument distinctes, elles dif- 
» ferent autant que peuvent difEirer des constructions similaires, 
» d'importance analogue, de m&me style, de meme ipoque et de mfeme 
» pays »• 

» Ces textes officiels itablissent exactement ce qui s'est pass^. 

» Cependant, votre collaborateur icrit : « Du dibat fort embrouille, 
» reste sans conclusion, qui s'est engag^ au congrfes de Malines, on 
» doit d^duire que la question d'identiti n'est rien moins qu'^tablie ». 

» Le dibat, au contraire, a ite trfes clair, et il est resti si peu sans con- 
clusion, que le vote en section que je viens de rappeler a iii confirm^ 
par acclamation de Tassemblie g^n^rale. 

» La persistance de votre collaborateur me force i entrer dans les 
details. Voici, textuellement encore, ce qui s'est pass6 i l'assembI6e 
g^n^rale : 

i( Je suis chargd (y ai-je dit) par un grand nombre de coUfegues, 
» de proposer un vceu au Congrfes. 

» En Belgique, comme partout, les grands monuments gothiques 
» sont restis inacheves, et ce sont presque toujours les tours qui 
» manquent. 

» On ne songe pas 4 les continuer, ce serait crier du neogothique 
sans valeur, ce serait meme dipricier Toeuvre ancienne. 

» A Malines, un cas exceptionnel se prcsente; on possWe le plan 
» de I'architecte, il ne s'agit que d'une realisation materielle, c'est 
» simplement comme s'il etait question d'imprimer un livre pricieux 
» dont on aurait le manuscrit. 



— 233 — 

■ 

» L'oeuvre est de Tun des plus grands maitres du monde entier. 

» Son nom illustre la Belgique, d'autant mieux qu'il rappelle une 
» pl^iade d'artistes de grand m^rite. 

» L'achfevement de la tour de Tiglise mitropolitaine serait une 
» oeuvre nationale; pour aucune autre de I'espfece, I'appui des pouvoirs 
» publics ne pourrait ^tre aussi bien justifi6. 

» Dans ces conditions, Mesdames et Messieurs, nous avons Thon- 
» neur de vous proposer le vote suivant : 

flf Le Congrh, sous Vimpression de ses sentiments patriotiques et archeo- 
j» logiqueSj emet le voeu de voir achever la tour de Saint- Rombaut. » 

» Ce vceu, comme je Tai dit plus haut, a 6te vot6 par acclamation. 

» La conclusion est done que le Congrfes, tout entier, reconnait que 
le fac-simil^ public par Chalon, represente la tour de Malines et non 
celle de Mons. 

» II est k remarquer que Hollar 6tait graveur — pas architecte, 
comme le dit Tarticle auquel je riponds — et que sa reproduction 
de la tour est fiaite d'apr^s un plan de Rombaut Keldermans. Celui 
qui appartenait i Chalon, qui est aujourdhui h, la Biblioth^que royale 
de Bruxelles, est du m£me Keldermans, c'est probablement un origi- 
nal et il est k une dchelle cinq fois plus grande. Ces avantages sont 
tr&s importants pour Texactitude de la continuation de la tour. 

» Je m'arrSte, ma lettre est diji beaucoup trop longue, je vous prie 
de Texcuser; les personnes qui disireraient plus de details, en trou- 
veraient dans le compte-rendu du Congrts de Mons, 1895, vol. II, 
p. 291. 

Coniiant dans le bon accueil que vous daignerez faire i ma lettre, 
je vous prie. Monsieur TEditeur, de vouloir agrier, avec mes remercie- 
meuts anticip^s, Texpression de mes sentiments les plus distingu^s. 

» J. Hubert. » 

Ajoutons que M. Hubert a fait figurer ces plans a notre exposition, 
en y inscrivant : 

« L'examen des figures 7 i 14 donne la preuve mathematique que 
» les pretendus plans originaux de Teglise de Sainte- Waudru, i Mons^ 
» conserves aux Archives de I'Etat, sont : Tun le traci de la cathidrale 
» d'Amiens; Tautre, un dessin absolument Stranger i ces dtux idi- 
» fices; le troisiime, une representation de la tour de Malines. » 
(Note de Texposant J. Hubert). 

J'ajoute que je suis tout i fait de son avis. 

P. S. 



— 234 — 

M. Van Boxmeer reprend Texpose des m6mes faits, 
en les appuyant de citations des archives de Mons, de- 
couvertes jadis par notre eminent confrere, M. Leopold 
Devillers. 

M. Kempeneer s'est ensuite demande, si jamais on 
acheve la tour, quel plan suivra-t-on? Le plan de Hol- 
lar, de 1649, ou le plan de Chalon? 

II pense que le couronnement donne par Hollar, doit 
6tre prefere. Wenceslas Hollar a pu prendre connais- 
sance des plans de Rombaut Keldermans ici memo a 
Malines, ou il se trouvait encore en 1643. 

M. Hermans a appuye cette opinion, en disant que le 
plan original a disparu en 1572, des archives de la ville 
de Malines, et qu'il peut encore exister. En effet, rachete 
par Matthieu Heyns, il a ete copie par Francois de 
Witte, en 1643; Cleynstekere, en iSyS, pour la Ville. 
C*est lui done que Hollar a du graver. 

M. Van Boxmeer aime mieux croire que le plan pu- 
blic par Chalon est plus fidele que celui de Hollar, 

M. Saintenoy n'admet pas la ressemblance si absolue 
des documents Hollar et Chalon. II est d'avis que le plan 
Hollar est d'un style architectural d'environ vingt ans 
post6rieur a celui de Mons. II croit qu'il vaut mieux 
s'en tenir au document certain, donne par Hollar, que 
de suivre, malgre tout son merite, le plan de Chalon, 
d'une date anterieure et d'un style different quant a la 
fleche. 

M. le Chanoine van Caster ne partage pas la maniere 
de voir de M. Kempeneer, mais il est en partie d'accord 
avec M. Saintenoy, pour ne pas admettre la ressem- 
blance absolue des deux plans. Le plan de Mons lui 
semble, comme dessin, beaucoup anterieur a celui de 
Hollar. II le considere comme une copie bien plus fiddle 
de Toriginal, faite avant le milieu du XVI"** siecle, Le 
plan de Hollar aurait pu servir de guide, en I'absence 
de meilleur; mais etant donnee Texistence du plan re- 



— 235 — 

trouve a Mons, et reconnu comme celui de la tour de 
Saint- Rombaut, il estime qu'il faudrait donner la prefe- 
rence a ce dernier. 

M. Van Boxmeer a etabli ensuite qu'il y a moyen de 
terminer la tour de Saint-Rombaut ; que les parties con- 
struites peuvent supporter la surcharge a leur donner, 
pour monter Tedifice k une hauteur de i6o metres. Sans 
entrer dans cette question, M. Kempeneer a insiste 
encore sur Texactitude du dessin de la tour, grave par 
W. Hollar, en 1649, II a propos6 d'emettre le voeu de 
voir des qtudes nouvelles 6tre faites de cette question, 
qui doit 6tre resolue avec prudence et non pas apres 
quelques trop courtes discussions. L'avenir dira ce qu'il 
faut faire. 

M. le President resume Topinion de la section, qui 
est d'avis i^ que le plan Chalon est bien ttne variant c du 
patrmi de la tour de Saint-Rombaut, de M alines, et non pas 
le patron de la tour de Sainte- Waudru, a Mons ; 2° qu'il faut 
attendre des itudes tres completes de la tour de Saint-Rombaut, 
avant de rien decider au sujet de son complement. 

Une autre question a ete soulevee par notre confrere, 
M. Van Boxmeer, qui voudrait voir les halles et le palais 
du Grand Conseil, completes dans leurs parties inache- 
vees, d'apr^s le projet qu'il en a dresse. 

M. Kempeneer a appuye le principe de ce voeu, que 
M. N6ve ne pent admettre, si Ton enleve aux halles les 
parties qui datent du XVII'"'' si^cle. M. Saintenoy a 
appuye cette thfese, en ajoutant que la restauration du 
palais du Grand Conseil, sur le patron que nous posse- 
dons, peut se faire, si Ton agit avec talent et prudence; 
mais que, quant aux halles, il n'y faut toucher que pour 
conserver ce qui existe, sans rien y changer. 

M. Ic Chanoine van Caster, president du Congr^s, a 
appuye le voeu de MM. Neve et Saintenoy, qui de- 
mandent de ne pas toucher aux halles et de borner le vmi de 



— 236 — 

la section d la restauration du Palais du Grand Conseil, dont 
les plans existent. Ce qui a et6 adopte. 

M. Coninckx a donn6 ensuite lecture de son travail 
sur Tattribution des peintures de Thotel de Busleyden, i 
Jean Mabuse, ce qui n'a pas souleve d'objections de la 
part de la section. 

M. de Marsy a developp6 sa question sur Tancienne 
Industrie maliiioise, de la fonderie des cloches, clochettes, 
carillons, sonnettes, mortiers et pieces d'artillerie. 

II a rappele les oeuvres des Van den Gheyn, connus 
depuis iSog ou i5io, a Malines, et d'autres fondeurs de 
cette ville, comme par exemple, les Van den Eynde ou 
A Fine. II croit que Tornementation de leurs oeuvres se 
Taisait par des empreintes ou matrices appliqu6es au ha- 
sard et est fantaisiste. 

M. le Chanoine van Caster appuye par d'autres exem- 
ples cette observation. II cite des clochettes qui portent 
des sujets profanes k cote de sujets religieux, au hasard 
du placement des monies. II dit que les manches repr6- 
sentent souvent deux ou trois personnages dont le sujet 
est difficile k preciser. 

M. Guerlin montre a la section, la photographic d'un 
tableau existant k Amiens, et provenant de la famille de 
Buscher de Bruges. C'est le portrait du peintre malinois, 
Lucas Franchoys et sa famille. 

M. Kempeneer a observ6 que Le Magasin pittoresquc, 
il y a une douzaine d'annees, a public un portrait sem- 
blable de Franchoys, et qu'il y a peut-etre similitude 
entre ces oeuvres. 

M. Hermans, le savant archiviste de cette ville, a 
ensuite donn6 de curieux details sur les fondeurs en 
cuivre de Malines. II a cite les travaux de MM. Van 



— 237 — 

Elewyck, Steurs et Neefs, sur les Van den Gheyn. II 
a cite une liste de 77 noms de fondeurs. 

M"* Daimeries 6tablit, apres cette communication, les 
regies a suivre pour la conservation des anciennes den- 
telles. 

M. Coninckx a signals celles du Beguinage de Malines. 

M. le colonel Bruylant a signale la belle collection 
de M, Vermeulen, et croit pouvoir annoncer le don de 
ces belles dentelles au Mus6e communal de Malines, 
dans un temps rapproche. M"* Daimeries a immediate- 
ment offert de donner dans ce cas, au m^me musee, des 
echantillons. 

Des applaudissements ont tout naturellement accueilli 
ces off res si gen6reuses. 

M. Coninckx a donne d'interessants details sur les 
moyens k employer pour renover ici Tindustrie dentel- 
liere, et M. le colonel Bruylant a signale Texistence de 
quelques factoresses qui travaillent encore. 

Savoir quelles sont les regies a suivre dans la poly- 
chromie des eglises, surtout au point de vue esthetique, 
a occup6 ensuite la section, qui a entendu avec plaisir le 
rapport de M. Zech, sur cette importante question. 

M. le Chanoine van Caster etablit qu'a Malines, au- 
cune eglise n'a 6te polychrom6e enti^rement, et d'apr^s 
un plan d'ensemble. Les seules traces de polychromie 
que I'on y a retrouvees, sont des restes d'ex voto, de 
tableaux mureaux tout exceptionnels. A Saint- Rombaut, 
le badigeon doit 6tre enleve ; mais une polychromie ne 
peut 6tre appliquee. Incidemment, M. le Chanoine van 
Caster a demands k la section comment pourraient etre 
restaures les chapiteaux de la nef. M. Cloquet a ensuite 
affirm^ I'intention de tous les constructeurs du moyen 
slge, de polychromer leurs edifices. 

M. le Chanoine van Caster, considerant que les f euil- 



— 238 — 

lages des chapiteaux sont tres varies aux colonnes enga- 
gees du transept et aux colonnettes des fenetres, il en 
conclut que cette diversite a 6te voulue expressement par 
les constructeurs de cette partie de Teglise, et que, par 
consequent, on respecterait davantage leur id6e, en 
admettant une decoration variee pour les chapiteaux de 
la grande nef. 

M. Cloquet croit ces chapiteaux d'origine tournai- 
sienne, et les prefererait tous semblables a un modele 
unique. 

Plusieurs membres ont ensuite approuve la motion de 
M. Neve, disant qu'avant leur restauration, les anciennes 
polychromies doivent etre fidelement calquees." 

M. Doutriaux, de Valenciennes, a longuement defendu 
le principe pictural des anciens monuments. 

M. Coninckx a insiste pour qu'on conserve fidelement 
les peintures murales dans les eglises de Malines, lors 
qu'il s'en decouvre. 

M. Hymans a affirme Texistence de certaines parties 
peintes dans la plupart des eglises du moyen ^ge. Le 
principe est admis, mais il n'en est pas de mdme quant 
a la polychromie totale. Ici nous cessons d'etre d'accord, 
et avec raison. II dit que si la polychromie etait generale 
au moyen age, il est bien etonnant que les peintres du 
XV"'*" siecle aient toujours represente des eglises mono- 
chromes. Sur les milliers de tableaux qu'il a vus, un 
seul, a Madrid, presente de la polychromie dans Tedifice 
reproduit. 

M. Saintenoy dit qu'il n'y a pas, a sa connaissance, 
en Belgique, un seul monument construit d'apres le 
principe de la polychromie, par Temploi de plusieurs 
materiaux de coloration differente. 

M. le general Wauwermans a repris les voeux formes 
anterieurement par nos congr^s, et a propose d'en rester 
a ces voeux. 

M, le comte van der Straeten-Ponthoz a approuve 



— 239 — 

Topinion de M. Wauwermans, dont M. Cloquet ne par- 
tage pas les preventions centre la polychromie. 

M. Delignieres, notre savant collogue d' Abbeville, a 
signale quelques peintures attributes a Van der Weyde, 
existant a Abbeville. 

Cette communication fort interessante a ete suivie 
par une note de M. le comte de Hauteclocque, qui a 
signale le tableau de la cathedrale d' Arras, provenant de 
Malines; puis M. de Monnechove a cite les oeuvres de 
de la Pasture, a Beauve, au Louvre, a Leyde, ^ Berlin 
et k La Haye, et les a comparees aux tableaux signales 
par M. Delignieres. 

Notre collogue, M. De Soignies, Tauteur de nom- 
breuses etudes sur Tabeille, dans Thistoire et Tarcheolo- 
gie, a lu des notes interessantes sur ce curieux sujet, qui 
a provoque des observations deM.de Ghellinck, a pro- 
pos de la Duchesse du Maine et de sa devise. 

A propos de la restauration des edifices, MM. Zech- 
Du Biez et Casati de Casatis ont enumere certains 
principes que Ton devrait toujours suivre dans la restau- 
ration des monuments. Notre savant president a examine 
la question avec grande competence. 

M. Casati a parle comme simple membre du Congres 
et non comme delegue officiel en une question delicate, 
dont la solution pent dependre de Tetat du monument' 
et de la destination qu'il a refue. 

La question porte uniquement sur les immeubles par 
destination et celles dans les murs, maitres-autels, colon- 
nades, tombeaux, etc. II est de Tavis que Ton doit, autant 
que possible, dans la restauration des monuments civils 
et religieux, conserver tout ce qui a une valeur artistique 
ou historique, et ne pas faire disparaitre tout ce que les 
sidcles y ont amasse de precieux. II cite de nombreux 
exemples, qui demontrent que ce serait une veritable 



— 240 — 

barbaric de faire disparaltre de nos anciennes 6glises, 
des chefs-d'oeuvre qui sont d'un autre si6cle, vestiges des 
temps passes, qui doivent fetre respectes. 

MM. N6ve, Tabbe Flahault, Doutriaux et Guerlin 
sont intervenus dans cet interessant d6bat, qui a et6 
resume par M. le general Wauwermans, avec la science 
que nous lui connaissons tous. 

Tels sont les travaux de notre troisi^me section du 

Congr^s de Malines, 

Paul Saintenoy. 

(Applaudissements proloftg^sj. 

M. LE President. — II s'agit maintenant de la pro- 
position relative ^.u projet de loi sur la conservation des 
monuments. Le Gouvernement a Tintention de d6poser ce 
projet. Je crois done que nous pourrions attendre jusqu'a 
ce que nous ayons pris connaissance de ce projet de loi. 

M. DE Casatis. — M. le President estime que rien ne 
soit decide pour le moment. Je crois, au contraire, que 
nous devrions formuler ici un voeu general de voir res- 
taurer nos vieux monuments. 

M. Hubert. — Je suis charg6 par un grand nombre 
de collogues, de proposer un voeu au Congr6s, 

En Belgique, comme partout, les grands monuments 
gothiques sont restes inacheves, et ce sont presque tou- 
jours les tours qui manquent. 

On ne songe pas k les continuer, ce serait creer du 
n6ogothique sans valeur, ce serait m6me deprecier Toeu- 
vre ancienne. 

A Malines, un cas exceptionnel se pr6sente; on pos- 
s6de le plan de Tarchitecte, il ne s'agit que d'une r6ali- 
sation materielle; c'est simplement comme s'il etait 
question d'imprimer un livre precieux dont on aurait le 
manuscrit. 



— 241 — 

Uoeuvre est de Tun des plus grands maitres du monde 
entier. Son nom illustre la Belgique, d'autant mieux 
qu'il rappelle une pleiade d'artistes de grand merite. 

Dans ces conditions, Tachevement de la tour de Teglise 
metropolitaine serait une oeuvre nationale. Pour aucune 
autre de Tespece, Tappui des pouvoirs publics ne pour- 
rait etre aussi bien justifie. 

Dans c^s conditions, Mesdames et Messieurs, nous 
avons rhonneur de vous proposer le vote suivant : 

« Le Congres, sous Timpression de ces sentiments 
» patriotiques et archeologiques, emet le voeu de voir 
» achever la tour de Saint- Rombaut. » 

M. Casati. — Je dois y ajouter encore un voeu, c'est 
celui exprime par la section, de voir Tachevement se 
realiser dans les meilleures conditions, suivant le plan 
de Keldermans. 

M. LE Secretaire general. — La deuxieme assem- 
blee generale du Congres n'a pas eu lieu, a la demande 
generale de MM. les Congressistes, qui ont prefere con- 
tinuer la visite si interessante des monuments anciens de 
Malines. A Tordre du jour de cette assemblee figurait 
I'election des Presidents d'Honneur. Voici les noms que 
j'ai rhonneur de soumettre a vos suffrages : 

MM. Beernaert, President de la Chambre des Kepre- 

sentants; 
Schollaert, Ministre de Tlnterieur; 
Casati de Casatis, Delegue du Gouvernement 

Frangais ; 
Hildebrand, Delegue du Gouvernement Suedois; 
Comte de Marsy, Directeur de la Societe.frangaise 

d'Archeologie ; 
Baron Osy, Gouverneur de la Province ; 
Denis, Bourgmestre de Malines. 
(Applaudisscments prolonges). 

I6 



— 242 — 

M. LE PriSsident. — II nous reste, Messieurs, a 
decider ou se tiendra le prochain Congres. Quelqu'un 
demande-t-il la parole pour faire des propositions? 

M. De Meuldre. — Depuis tres longtemps nous de- 
sirerions nous reunir dans la province de Luxembourg, 
ou il n'y pas de societe d'archeologie. Je proposerais 
d'aller par la Tannee prochaine, et d'aller visiter le cha- 
teau de Bouillon. On pourrait s'entendre pour fusionner 
les deux Congres de Belgique et de France, et se rendre 
a Luxembourg et a Treves. Je proposerais de soumettre 
ce projet k Texamen d'un comite special. 

M. de Marsy. — Nous serions fort heureux, Messieurs, 
de nous unir aux federes beiges, mais a cette excellente 
proposition, je vois malheureusement se presenter una 
difficulte. Les questions, en Belgique, sont tr6s nom- 
breuses et animent ordinairement 3oo congressistes. Si 
dans le pays de Bouillon il y avait un peu plu3 de voi- 
tures, la question ne serait pas difficile a resoudre; mais 
vous comprenez que si nous devons arriver dans ces 
endroits, en nombre aussi considerable, nous nous trou- 
verions dans un grand embarras. Vous avez toujours 
tenu vos reunions dans une ville qui puisse donner Thos- 
pitalite a un grand nombre d'etrangers. Dans quelle ville 
du Luxembourg pourrait-on trouver cette faculty? 

Nous serions charmes, Messieurs, si ce projet pouvait 
se r6aliser, et nous vous accompagnerions m6me jus- 
qu'au-dela de la frontiere, mais je ne trouve pas la fusion 
* realisable. 

Je me permets de vous faire remarquer encore que 
nous nous reunissons toujours avant les vacances, ce qui 
n'est pas le cas chez vous. Vous devriez done faire un 
changement complet daus vos traditions. 

M. LE President. — J'ai entendu parler a voix basse 



— 243 — 

d'une excursion a Enghien et dans les environs. Y aurait- 
il quelqu'un qui desirerait faire une proposition? 

M. Matthieu. — La proposition de M. Demeuldre, 
de se reunir dans le Luxembourg, ne parait pas rencon- 
trer beaucoup d'adherents ; le bureau vient de mettre en 
avant le nom de la ville d'Enghien. La mission d'orga- 
niser un Congr^s, est une lourde tache pour une societe 
d'un modeste chef-lieu de canton. Neanmoins, le Cercle 
archeologique d'Enghien ne croit pas devoir se sous- 
traire a Thonneur que lui fait la Federation, en lui con- 
fiant la direction de ses prochaines assises. 

Nous estimons qu'il est du devoir de toutes les asso- 
ciations federees de contribuer, dans la mesure de leurs 
forces, au maintien et au developpement de Tunion si 
feconde, et chaque annee mieux appreciee, qui groupe 
nos societes d'histoire et d'archeplogie. Aussi, je n'hesite 
pas a accepter, au nom du Cercle archeologique d'En- 
ghien, la proposition faite par le Bureau, de designer 
notre ville pour le siege du Congres en 1898. 

Nous pouvons assumer la mission de Torganisation 
materielle, mais il importe, Mesdames et Messieurs, que 
tous vous consentiez a nous apporter un concours utile 
pour la partie scientifique de nos reunions. 

M. LE President. — Quelqu'un demande-t-il la parole 
au sujet de cette proposition? 

Le projet de la reunion prochaine a Enghien est done 
provisoirement adopte. Vous savez, Messieurs, qu'il vous 
est donne quelque temps pour reflechir aux moyens de 
realisation de ce projet; si apres ce temps, vous pensez 
ne pouvoir y donner suite, nous vous prions de vouloir 
bien nous en avertir, conformement a Tarticle 3 des 
statuts de notre Federation. 

M. DE Casatis, — Mesdames et Messieurs, je ne puis 



— 244 — 

laisser lever cette seance sans exprimer, au nom des dele- 
gues etrangers^toute notre reconnaissance, pour Taccueil 
si bienveillant qui nous a ete reserve par les habitants 
de cette bonne et artistique ville de Malines. Nous con- 
serverons le meilleur souvenir de notre sejour dans cette 
cit6, ou, grace au concours de savants distingues, nous 
avons examine d'importantes questions et exprime des 
voeux que nous esperons voir se realiser bientot. 

M. LE President. — Je desire exprimer ma recon- 
naissance toute personnelle aux delegues etrangers qui 
ont tant contribue au succ^s de ce Congres. Je les 
remercie tout specialement parce quails nous ont si puis- 
samment aide de leurs lumiefes, et je crois etre Tinter- 
prete de tous les membres du Congres pour leur expri- 
mer notre plus profonde reconnaissance. 

M. le L* General Wauwermans. — Je demande, Mes- 
dames et Messieurs, de joindre aux remerciments qui 
viennent d'etre exprimcs, ceux que je suis heureux 
d'adresser aux autorites communales de Malines et de 
Lierre, dont Taccueil si gracieux nous laissera le meil- 
leur des souvenirs. 

En constatant aujourdh'ui le succes de ce Congres, 
nous devons reconnaitre qu'il est dii en grande partie 
au zele de notre infatigable president, dont Tautorite 
s'est manifestee dans la discussion des questions impor- 
tantes qui nous ont ete soumises, et que nous pouvons 
acclamer comme Tun des historiens les plus erudits de 
Malines (Applaiidissements), 

Puisque je parle ici d'histoire, Messieurs, permettez- 
moi de vous dire que j'avais quelque crainte en me ren- 
dant a Malines. J'avais souvenir du recit que nous fit un 
jour notre president a Anvers, des cruelles aventures 
d'un Anversois, que vint autrefois visiter votre ville. Son 
petit mannequin se trouve encore, m'assure-t-on, prison- 




— 245 — 

nier dans la tour de Thotel de ville, expose a Taffreuse 
injure d'etre devor6 par les mites... Bruxellois masque 
en Anversois, n'allais-je pas etre expos6 aux m6mes pe- 
rils. Je me faisais peut-6tre illusion sur la satisfaction 
gastronomique que je pourrais offrir aux impitoyables 
persecutrices du pauvre Signortje! C'est pourquoi j'ai 
juge prudent de ne me rendre a Malines qu'escorte par 
d'aimables dames (Rires). Aujourd'hui, je suis convaincu 
que je pourrai retourner sain et sauf. Avant notre depart, 
je vous demande, par charite, au nom de ces dames, la 
liberte de votre prisonnier, dont la place est toute mar- 
quee, apres avoir fait peau et habits neufs, dans votre 
musee communal... II represente une des naives tradi- 
tions de nos peres, qui fait la joie de Tenfance sans avoir 
jamais trouble le repos des parents. Je suis heureux 
d'exprimer encore une fois toute notre reconnaissance a 
Texcellent Chanoine van Caster, qui a si largement con- 
tribue a rendre notre sejour agreable et nous a inities a 
rinteressante histoire de sa ville natale (Applaudisse- 
mcntsj. 

M. LE President. — Plus personne ne demande-t-il 
la parole? Je declare la seance generale levee et la ses- 
sion du XII""^ Congres- terminee pour le moment. Elle 
sera reprise a I'ouverture du congres prochain, pour y 
6tre close par les formalites d'usage. 



Stances be la I'' Section 

Etudes pre- et protohistoriques 

Bureau : MM. le comte G. de Hauteclocque (Arras) et 
D.-A. Van Bastelaer (Bruxelles), presidents; baron Alfred 
de Loe (Bruxelles) et baron Ch. Gilles de P6lichy (Ise- 



— 246 — 

ghem), vice-pr6sidents ; Fr. de Villenoisy (Paris), rap- 
porteur; Ch.-J. Comhaire (Liege) et Alex. Eeckman 
(Lille), secretaires. 

i'^'' Stance : lundi 9 aout, matin 

La seance est ouverte a 9 heures, sous la presidence 
de M. D.-A. Van Bastelaer, president; M. Ch.-J. Com- 
haire remplit les fonctions de secretaire. 

Prennent egalement place au bureau : MM. le comte 
de Hauteclocque, president, Fr. de Villenoisy, rappor- 
teur, et S. Ex. le prince Poutjatine (St-Petersbourg). 

Signent en outre la liste de presence : MM. baron de 
Loe et baron Ch. Gilles de Pelichy, vice-presidents, 
Eeckman, secretaire, abbe Renard, Ernest Serdobbel, 
chevalier Em. Soenens, Ludovic Guignard (Chouzy, 
Loir-et-Cher), Anth. Daimeries, Emile Hublard, profes- 
seur D' Gosse (Geneve), H. Le Bon, Er. Paques, A. 
Campers, D' Victor Jacques, Huybrichts, Eugene Mon- 
seur, vicaire Verhaert, M. et M"^ Lievevrouv^-Coupuron, 
M™' Wouwermans, M™* Burls, M""baronne Van Zuylen, 
M"^ comtesse de Nahuys, MM. Adrien Hock, Ed, de 
Pierpont, Mgr Gautier, MM. D'.Andries, Jean Poils, 
De Bock-Bauwens, J. Verwilgen. 

M. LE President donne lecture de la premiere ques- 
tion mise a Tordre du jour et ouvre les debats sur ce 
sujet : Quelles soni les premieres races hinnaines qui ont 
concourii h former la population de I'ancien Belgiufn, et surtout 
des parties qui constituent la Belgiqtie actuelle ? 

M. DE Villenoisy developpe en ces termes la premiere 
question : 

Messieurs, 

La question que je dois developper devant vous, n'a 
pu etre etudiee a fond par le Congres de Gand, auquel 



— 247 — 

elle avait ete deji soumise; mais depuis un an les termes 
du probl^me ne se sont. pas modifies d'une maniere sen- 
sible, aussi m'excuserez-vous de me referer dans une large 
mesure aux Actes du dernier Congr^s, qui contiennent 
mon premier memoire sur cette mati^re. 

J'avais pris comme point de depart de mes observa- 
tions, le phenomene si controverse encore de Thiatus que 
Ton constate entre les temps quaternaires et le debut de 
la periode actuelle. Certains savants n'y ont voulu voir 
qu'une lacune de nos connaissances, s*en rapportant pour 
la combler a des decouvertes a venir. D'autres, et je suis 
du nombre, le considerent comme reel, et estiment que 
pendant une suite plus ou moins longue de si^cles, une 
partie de TEurope centrale et occidentale s'est trouv6e 
priv6e de pre^sque tous, peut-etre de tous ses anciens 
habitants. Je ne reviens pas sur les motifs d'ordre stati- 
graphique qui me paraissent militer en faveur de cette 
maniere de voir, je les ai developpes ^ Mons; mais 
comment expliquer ce fait, en apparence invraisembla- 
ble, d'une population, deja nombreuse, desertant pour 
toujours le sol sur lequel elle avait vecu jusqu'alors? 

Je crois en trouver la cause dans un fait d'ordre tout 
physique, I'adoucissement de la temperature et la cessa- 
tion du regime de froid sec qui avait caracterise la 
periode du renne. Les essences forestieres ont alors pu 
reparaitre sur un sol qui ne connaissait depuis long- 
temps qu'une flore de steppes. 

Lente et difficile au debut, la reconstitution des forets 
est ensuite devenue si active, qu'elles ont convert la 
presque totalite de TEurope, de TAtlantique a TOural. 

Get ocean vegetal, limits au sud par le Danube et le 
48°** degre de latitude, s'etendait au nord jusque vers 
le 5l'"^ Tel est Tennemi qui, d'une marche lente mais 
implacable, a refoule Thomme le long des cotes et jusque 
sur les contreforts des Pyrenees. Les grottes lui avaient 
ete enlevees, lorsque le degel du sol, en atteignant le 



— 248 — 

plafond, y avait deverse les eaux calcaires qui ont pro- 
duit le plancher de stalagmite. L'emigration du renne, 
qui ne supporte pas les clirfiats humides, avait bouleverse 
ses ressources alimentaires et industrielles; rexpansion 
de la foret lui a enleve jusqu'au sol. 

En effet, il ne faut pas se representer les forets vierges 
d'apr^s celles ou il est si agreable de nous promener ou 
de louer des chasses. La veritable foret vierge est, toujours 
et en tout, mauvaise a Thomme, qui n'y pent penetrer que 
dans des circonstances graves et sur une faible profon- 
deur. Elle Test par les fievres que Thumidite engendre, 
par les obstacles infranchissables que les troncs secu- 
laires renvers6s opposent a la marche, par les betes 
feroces dont Tindividu isole devient in6vitablement la 
proie; elle Test, enfin, par sa profonde et debiiitante ob- 
scurite qui egare le voyageur. Le jour n'y penetre jamais 
et bien des parties sont marecageuses. 

Entre les deux regions, separees par une foret de 
quelqu'etendue, on trouve toujours une difference sen- 
sible dans les moeurs et la race des habitants, parfois 
dans le climat, et tons ceux qui ont ete a meme de 
parcourir une veritable foret vierge, reconnaissent qu'elle 
oppose a rhomme un obstacle, sinon absoiument in- 
franchissable, au moins aussi serieux que la mer Medi- 
terranee ou le Sahara. 

Devant la constitution de cette immense nappe 
boisee, qui k la fin de son existence etait connue sous le 
nom de foret Hercynienne, et dont la foret des Ardennes 
et celles situees entre la Seine et la Loire n'etaient que 
des parties, Thomme ne pouvait que partir ou se refugier 
sur les points que leur aridite protegeait. Peut-etre 
quelques stations ont-elles subsiste dans les clairieres 
les plus considerables du territoirc Beige ; mais la civi- 
lisation paleolithique n*en a pas moins disparu comple- 
tement, par suite du depart de ceux qui la representaient, 
et c'est sur un sol vierge d'habitants que des colonisa- 



— 249 — 

teurs nouveaux sont venus plus tard, lorsque la foret 
reculait a son tour, frayer la voie aux civilisations dont 
nous sommes les confinuateurs. 

En efFet, s'il n'est pas possible d'etablir un lien entre 
les deux civilisations de la pierre, il n'en est pas de meme 
entre le neolithique et toutes celles qui ont suivi ; elles 
derivent les unes des autres, et la population arriv6e la 
premiere n'a fait que recevoir des apports nouveaux. 

Les stations neolithiques les plus anciennes d'Europe 
semblent etre celles de la Russie meridionale, voisines 
de la mer Noire. Lentement leurs habitants ont gagn6 
du terrain vers TOuest, mais le long ruban de forets qui 
formait une barriere depuis les cotes de la Manche 
jusqu'a la frontiere asiatique, reglait leur marche et leur 
interdisait toute digression du nord au sud. De la deux 
courants absolument distincts et qui se retrouvent dans 
toutes les migrations europeennes. 

Le courant meridional ou mediterraneen, qui com- 
prend les races hellenique, latine et celtique, se montre 
partout identique a ses debuts et les stations primitives 
de TEmilie ou de la Savoie sont e^actement les memes 
que celles de la Hesbaye. Venus des confins de la mer 
Noire, ces hommes ont remonte le cours du bas et 
moyen Danube, ]a Save, traverse le pays de Laybach, 
la Venetie, le bassin du P6, les Alpes, et suivi enfin les 
grandes voies fluviales de Gaule : Rhone et Saonc, Loire, 
Seine, Garonne, etc. Les stations Alpines nous font con- 
naitre leurs itineraires pour penetrer en dega des Alpes. 
Trois routes s'offraient alors : la voie Heraclienne, qui 
menait aux Pyrenees, la route d'Armorique par la Loire, 
enfin celle de Belgique par le Rhone, la Saone et la 
Meuse. Le long de chacune, on trouve de nombreuses 
stations de la pierre et des cachettes de bronze. A cette 
race qui, la premiere peut-etre en Europe, a parle une 
langue aryenne, je crois pouvoir donner le nom d^Italo- 
Damibienne. De son morcellement en national ites dis- 



— 25o — 

tinctes sont issues toutes les nations antiques de TEurope 
meridionale. 

Le bassin de la Baltique a 6t6 le domaine des races 
germaniques, parties plus tard des m^mes regions que 
leurs devanciferes, et qui Pont atteint en remontant le 
Dnieper et descendant la Vistule, Lorsqu'ils ont franchi 
le Rhin et penetre en Belgique, ils y ont trouve des tri- 
bus venues du sud par la Saone et la Meuse et habitant 
les villages explores en Hesbaye par M. de Puydt. Ceux- 
ci avaient-ils pu voir des descendants des anciennes races 
paleolithiques, la chose est douteuse? Cependant quel- 
ques-uns avaient peut-etre subsiste dans les Kjoekken- 
moedings du littoral ou suivi les nouveaux arrivants 
apres avoir vecu plus au sud pendant leur long exil. 

L:a dccouverte du bronze semble due aux Italo- 
Danubiens du versant meridional des Alpes; mais la 
Belgique est restee plus ou moins etrangere au commerce 
qui en est resulte; le pays etait alors une impasse, si 
tant est que les clairieres, dans lesquelles les emigrants 
s'etaient fraye une route, ne se soient pas refermees der- 
ri^re eux. En tout cas, la p6riode du bronze ne tient que 
bien peu de place dans Thistoire de la Belgique antique. 

Ce retard dans la civilisation a cesse lorsque le fer 
a fait son apparition, vulgarise par les hommes auxquels 
on doit la periode de Halsstatt. Toute Tantiquite a fa- 
brique le fer par la methode catalane, qui consomme 
une enorme quantite de charbon de bois et necessite un 
mineral tres riche, puisque 3o ^/o du metal restent dans 
les laitiers. D6s lors, les pays remplissant les conditions 
voulues etaient assures d'un brillant avenir; ce fut le cas 
pour les Noriques, le Jura et TEntre-Sambre et Meuse. 
Les forgerons s'etablissaient dans la for^t et leur In- 
dustrie elargissait sans cesse la clairiere dont leur four- 
neau occupait le centre. Les tombes du premier age du 
fer sont repandues le long des anciennes routes des Alpes 
et font defaut dans les autres vallees. On suit Tindustrie 



— 25l — 

du fer dans le Jura, ou les scories antiques abondent 
sur cert-ains points; mais c'est en Belgique que Ton en 
rencontre le plus, a tel point que les « crayats des 
sarrasins » ont pu 6tre, pendant plus de cinquante ans, 
utilises comme mineral par les usines. 

A Halsstadt, la necropole type du premier age. du 
fer, des inhumes nombreux paraissent a cote des tombes 
les plus riches, qui sont a incineration ; ce sont les 
premiers repr6sentants d'un groupe nouveau. 

lis commencent a s'infiltrer le long du Danube et 
bientot ils y joueront un role considerable, ainsi qu'en 
Italic, en Gaule et en Gr^ce. Avec eux, les races germa- 
niques entrent en sc6ne. lis descendent des anciens ad- 
versaires des sars d'Assyrie, les Gimmiri du Caucase, 
disperses par les Scythes, en juillet 5gy, et ils prendront 
les noms de Celtes, Galates, Cesates et Beiges. Se sepa- 
rant vers le Dnieper, au point de bifurcation des deux 
routes europeennes, les Galates suivirent celle du sud, 
tandis que les Beiges s'engageaient vers celle de la 
Baltique, ou ils furent suivis par un second courant plus 
specialement appele Germains, et auquel appartenaient 
les Condrusiens, les Eburons, les Ceroesiens et les Poe- 
maniens. 

Ainsi nous trouvons successivement en Belgique, 
depuis rinstant ou arrivent les premiers representants 
de la civilisation neolithique : les constructeurs des vil- 
lages Hesbayens, dont Tetat social se rapproche beaucoup 
de celui decrit par Diodore, v. Sg, a propos des Ligures; 
puis la race initiatrice du fer, et probablement aussi 
des langues de la famille celtique. (C'est le lieu de rap- 
peler le texte d'apr^s lequel les Celtes auraient chasses 
de Belgique les Ligures), ces deux groupes sont d'origine 
meridionale; puis les Germains, arrives par les deux 
voies, les Galates du sud, les Beiges au nord. L'expan- 
sion de la puissance romaine ayant ferme la voie du sud 
aux peuples en migration, le mouvement d'expansion 



— 252 — 

germanique ne se continue plus que par le nord, ou il 
ne tardera pas d'etre egalement enraye par les Remains. 
Apres une interruption de plusieurs siecles, il reprend, 
et les bandes franques occupent toute la Belgique. 

Avec les compagnons de Clovis, la liste des migra- 
tions est close, et la race Beige- constituee dans ses 
elements essentiels. Je ne connais aucun argument pour 
soutenir que les bandes Normandes aient p6netre de ce 
c6te, non plus que les Saxons. Les communes flamandes 
etaient trop jalouses de leur independance, pour qu'il fut 
possible aux princes de la maison de Bourgogne d'intro- 
duire dans le pays des etrangers en nombre un peu con- 
siderable. Seuls, les Espagnols ont pu le faire; mais ici 
nous sommes arrives aux temps modernes et les archeo- 
logues doivent s'efFacer devant les historiens. 

M. LE President remercie Thonorable rapporteur de 
sa brillante exposition. 

M. le baron de Lo£. — M. de Villenoisy m'a paru 
considerer les brachycephales neolithiques comme re- 
presentant la race la plus ancienne en Belgique. Ne 
tient-il pas compte de la race dite de Neanderthal, 
rencontree egalement a Canstadt et a Spy? Pourquoi? 
Cette race dolichocephale a certainement persiste. 

M. DK Villenoisy ne s'occupe que des races dont il 
subsiste des traces aujourd'hui. II prend les brachyce- 
phales comme nouveaux venus. Quelques families ante- 
rieures se maintinrent peut-etre dans les clairi^res ; mais 
durent plutot rentrer chez elles. 

M. DE Lo£. — La race primitive aurait alors disparu 
entierement a Tarrivee des brachycephales? 

M. le professeur Gosse. — Cost en quelque sorte la 



— 253 — 

question discutee en ce moment, qui m'a engage a venir 
chez vous, Messieurs, la question anthropologique etant 
liee a la question archeologique. Vous comprendrez et 
me pardonnerez que je suis embarrasse pour ce qui con- 
cerne la Belgique, puisque la question est deja si difficile 
pour nous, dans notre propre petit pays (la Suisse). — 
Tout en reconnaissant tres bien qu'il y a eu, dans les 
epoques historiques primitives, des for^ts beaucoup plus 
considerables que celles qui existent de nos jours, je 
ne crois pas qu'elles aient ete une cause d*arret aux mi- 
grations des peuples. Quand vous prenez les voyageurs 
qui font des explorations dans les pays lointains, vous 
voyez quails utilisent les rivieres pour mener leur explo- 
ration a bien, et qu'ils peuvent de cette fafon traverser les 
plus epaisses forets. 

Permettez-moi d'ouvrir ici une parenthese : M. de 
Villenoisy passe, a mon avis,trop rapidement de Tepoque 
de TElephas primigenius, si bien caracterisee aux pe- 
riodes suivantes dont la faune renferme le cervus taran- 
dus et surtout a la periode n6olithique, mais dont elles 
sont separees par des milliers d'annees. Du reste, les 
traces de ces grandes divisions, que Ton a appele ^ges 
de la pierre, du bronze, du fer, se retrouvent encore sur 
bien des points de notre globe, aussi bien au bord de 
la mer de Behring qu'a la Terre de feu. Elles montrent 
la marche de la civilisation, mais ne peuvent donner 
aucune indication au point de vue chronologique. 

La question du materiel employe par les hommes 
dans certains pays, pent etre utilise quelquefois pour 
Tetude anthropologique, mais elle n'a pas Timportance 
que certaines personnes lui ont attribuee. 

M. de Villenoisy admet deux courants de population 
neolithiques, dont le point de depart a ete la mer Noire. 
Beaucoup d'archeologues, et je partage leur opinion, 
voient les peuples arriver d'Asie vers la mer Caspienne, 
ou ils se divisent, Un des groupes ne traverse pas le 



— 254 — 

Caucase, mais passe par TAsie Mineure, la Macedoine, 
la Lombardie et parvient au Rhone, Un second flot suit 
la mer Caspienne et remonte au nord, en suivant le 
Volga. Le troisieme courant, plus considerable, traverse 
le Caucase, par les gorges du Darien, et se subdivise en 
plusieurs groupes. L'un suit les bords de la Mer noire 
et du Danube, arrive en Hongrie et dans la Foret noire, 
les autres remontent le Don, ou, ainsi que Tindique 
M. de Villenoisy, suivent le Dnieper et le Deniestre, 
pour descendre ensuite la Vistule et atteindre la Bal- 
tique. Ces courants de populations, encore a la periode 
neolithique, ont ete etudies en Russie, il y a 20 ans, 
par le professeur Przyborowski, et nous voyons plus 
tard d'autres savants, tels qu*Erasme de Majewski, trou- 
ver 82 stations, rien que le long de la riviere Schodnia, 
le D** Lissauer indiquer 388 trouvailles de cette epoque 
dans la partie occidentale de la Pomeranie; puis, dans 
une etude semblable, on ne pent oublier le remarquable 
travail de Worsaie, sur la colonisation de la Russie et 
du nord Scandinave. Ces populations utilis^rent plus 
tard le bronze, puis ils se mirent a employer le fer, et 
au debut ce furent des blocs de fer provenant d'aero- 
lithes qui furent utilises. Aussi Ton voit dans les poemes 
d'Homere, citer sept fois des armes de heros faits en 
. ,. tandis que les autres etaient toutes en Xaixo;. 

M. DE Villenoisy. — seulement trois fois! 

M. GossE. — Je croyais sept fois, mais cela n'a du 
reste pas d^importance. Ainsi, pour la Grece, le fer n'est 
arrive qu'a Tepoque de la guerre de Troie. 

Plus tard, ainsi que Findique tres bien M. de Ville- 
noisy, le fer a ete utilise dans I'Europe occidentale, par 
le moyen des forges catalanes, aussi bien en Belgique 
que dans le Jura, oii il fut 6tudie par Quiquerez et, par 
moi, dans la Haute Savoie. La aussi les scories ont ete 



— 255 — 

utilisees par les fondeurs jusqu'il y a une trentaine 
d'annees. 

Je crois que les populations qui ont participe dans une 
large part a la formation de la population Beige, se sont 
suivies k des periodes beaucoup plus restreintes que ne 
le croit M. de Villenoisy, et nous voyons en Suisse, des 
habitations lacustres de Tage du bronze, superposees a 
des palafittes de Tage de la pierre. 

.M. DE Villenoisy. — Au contraire, je crois a des 
epoques peu espacees. 

M. GossE. — Cela est probable pour les peuples 
primitifs, mais non pour ceux qui sont survenus dans les 
sifecles qui ont precede ou suivi de pres le commence- 
ment de Tere chretienne. 

Je n'ose pas prendre de determination sur les peuples 
qui ont servi de base au peuplement de la Belgique. II 
nous faut attendre que nous ayons plus de donnees. Ce 
qu'il y a de positif, c'est qu'avant les populations de race 
Aryenne, qui ont ete etudiees par Tillustre Adolphe Pictet 
et sont venues d'Asie en Europe, Ton retrouve dans 
certains points d'Europe, ainsi en Biscaye, un peuple 
d'une toute autre race, ainsi que le demontre son Ian- 
gage, qui a ete repousse a Toccident par les nouveaux 
venus. II me semble que dans le produit de fouilles de 
M. Edouard Dupont, Ton pourrait peut-etre retrouver 
des traces d'une population analogue. Les brachyce- 
phales ont joue un role plus considerable chez eux que 
les dolichocephales, que Ton retrouve plus nombreux 
dans le sud. 

Je m'excuse de vous avoir parle si longtemps, mais 
cela prouve Tinter^t que je porte au travail de notre rap- 
porteur (Applaudissements). 

S. Ex. le prince Poutjatine. — La discussion pr6- 



— 256 — 

sente me mets dans une certaine perplexite. Des doli- 
chocephales, il en reste tr6s peu aujourd'hui en Rus- 
sie; mais il y a une premiere cause a mettre en avant 
pour expliquer cette disparition. Chez nous, dans les 
kourganes, on trouve des dolichocephales, alors qu'il 
n*y en a presque plus dans la population d'aujourd'hui. 
Le crane de Neanderthal, lui, n'a ete reconnu crclne 
de race qu'apres la trouvaille de Spy. On croyait a 
un cas pathologique. II est certain qu'un type n'est 
determine que par la concordance de plusieurs exern- 
plaires; il faut quatre ou cinq exemplaires semblables 
au moins pour caracteriser une race, comme c'est ar- 
rive k Spy — tous les cranes qu'on y a trouve etaient 
dolichocephales — . L'atavisme des caracteres dolichoce- 
phales neandertalo'ides est a present une rarete, alors 
que chez les paleolithiques de Spy, c'etait le propre de 
la race. 

Pour les routes suivies par les races paleolithiques, je 
suis d'avis qu'il y a eu deux grands courants. Mais on ne 
doit pas envisager les forets d'autrefois de la meme fagon 
qu'on voit le regime de celles d'aujourd'hui. Les grands 
vents, autrefois, avaient une grande influence : les arbres 
deracines et brises, jetes pele-mele, etaient tres difficiles 
a franchir par Thomme paleolithique. La foret Her- 
cymienne, qui se prolongeait en Lithuanie et jusque 
chez nous — elle a laisse quelques debris, et des chenes 
fossiles, dans un de mes domaines, a Bratskoie, gouver- 
nement de Twer — , etait certes infranchissable. A pre- 
sent, les chenes, en tant que constituant des forets, ne 
sont plus dans notre voisinage. Le chene, en suite des 
lois climateriques, n^est plus un arbre; c'est devenu un 
buisson. 

Je dois signaler ici que la poterie primitive du sud de 
la Russie est fort differente de celle du nord du pays. 
Par excmple plusieurs vases du sud possedent des anses, 
tandis qu'on n'en trouve pas ci ceux du nord. 



— 257 — 

La route da nord, suivie apres la fonte des glaciers, 
etait sur les limites de leur fonte; car le chasseur y trou- 
vait la nourriture necessaire k ses troupeaux de cervus 
tarandus, qiji etaient indispensables a son existence. 
(Schweizerbild, Thayingen, Thiede, Westeregeln, etc., 
etc.). Apres vient Tindustrie campignienne, avec le tran- 
chet, et rhomme commence a utiliser le bois, qui devient 
encore plus indispensable a son existence pour creer les ' 
produits qui lui ont donne la possibilite d'extraire les 
fibres pour les travaux textiles, comme le font encore 
quelques indigenes de TAmerique du Nord (fibre de pin), 
pour cuire les poteries, etc., etc. 

M. Eeckman. — J'appelle Tattention de M. de Ville- 
noisy sur ce fait, que Ton a trouve dans la foret de 
Mormal, la plus antique du departement, des vestiges 
gaulois, gallo-romains et francs. Bien plus tard, un ermi- 
tage y fut meme 6tabli, et on en voit encore des frag- 
ments de muraille. 

M. LuDovic GuiNARD. — Les populations primitives 
ont tres bien pu franchir les grandes forets par de puis- 
santes tranchees produites a la suite de violents orages. 
J'ai retrouve des stations sur le bord de vallees, qui pa- 
raissent creusees apres coup, semble-t-il. Les populations 
prehistoriques pouvaient profiter de ces accidents de 
terrain pour penetrer dans le pays. 

M. Tabbe Renard. — Lorsque les arbres sont abbatus 

dans les forets, soit par des orages ou par Phomme, les 

drones accumules determinent la formation de marais 

^ourbeux, qui sont plus infranchissables meme que la 

or6t. Je ne puis pas admettre non plus que des puis- 

intes tranchees soient creusees par de violents orages. 

v'erosion des vallees est due aux eaux courantes et pas 

ux agents atmospheriques proprement dits. 

17 



— 258 — 

M. HuBLARD. — Je ne m'explique pas trop cette fafon 
de traverser les forets. On suit les rivieres d'ordinaire en 
bateau, et il n'est nul besoin de tranchees accidentelles. 
Cest au bord des rivieres qu'on peut trouver des sta- 
tions. 

M. Eeckman. — On a constats dans le departement 
du Nord, des silex tailles du Grand Pressigny. Cest par 
les cours d'eau, evidemment, qu'ils y sont arrives. A ce 
sujet, il ne me semble pas douteux que les forets n'ont 
jamais oppose un obstacle infranchissable aux migra- 
tions des peuples, loin de 1^. Les cours d'eau, en ces 
temps prehistoriques, ont toujours fraye leur route a 
travers les for6ts. Les grands fleuves des deux Am6riques, 
ceux de Tlndo-Chine, etc., ne roulent-ils pas impetueux 
au milieu des forets vierges? 

Et les indigenes, de nos jours encore, ne sont-ils pas 
d'une adresse inou'ie k franchir dans leurs pirogues, creu- 
sees dans des troncs d'arbres, les rapides les plus torren- 
tueux? Ceux de TAfrique centrale, sur la cote occidentale 
et ailleurs, aux barres inabordables aux Europ6ens, ils 
excellent a braver les obstacles les plus dangereux et se 
jouent de toutes les entraves de la nature. 

M. GossE. — En Suisse, nous n'avons pas de gise- 
ments de silex iet, pourtant, on a de nombreux objets en 
silex et notamment du Grand Pressigny; mais les frag- 
ments sont plutot petits. On a tout utilise. II ne faut pas 
croire que nos ancetres ne voyageaient pas. Quand nous 
voyons Keller trouver pres de Zurich, une cyprea tigris, 
coquille de TOcean Indicn, ct en Savoie, je decouvre des 
coquilles de la Mediterranee. Dans les premiers sifecles 
de r^re chr6tienne. Ton trouve chez nous des objets ei 
verre de la Syrie et de la Ph6nicie. 

M. DE ViLLENoiSY. — Certes, les faits que signale le 



— 259 — 

D"^ Gosse m'interessent vivement ; mais ce serait, je crois, 
tomber dans Terreur, que de vouloir systematiquement 
les expliquer par des migrations venues d'Orient. Chaque 
instrument de civilisation ne caracterise pas une race 
particuli^re; les hommes ont pris leur bien ou ils le 
trouvaient, autrefois aussi bien que maintenant, et lors- 
que leur pays ne leur fournissait pas tout ce dont ils 
avaient besoin, ils recouraient au commerce. Les silex 
du Grand Pressigny et les coquillages de rOc6an Indien 
en sent la preuve; car s'ils avaient appartenu a des 
bandes venues de ces pays, au lieu d'etre isoles au milieu 
d'objets en pierre locale, ils seraient accompagnes de 
tout un mobilier exotique, que nous ne rencontrons pas. 
S'il y a eu des migrations, s'il y a meme des peuples qui 
par une sorte de caractere ethnique, semblent indefini- 
ment voues au nomadisme, et s'il y a aussi des pays de 
plaines qui, dans une certaine mesure, imposent la vie 
nomade a toutes les populations qui n'ont pas depasse 
un certain developpement social, il y a en revanche des 
races qui sont essentiellement sedentaires et cultivatrices 
quand meme; ce sont des vues que j'ai developpees 
ailleurs recemment (i). De ce nombre sont les races 
aryennes, auxquelles je n'hesite pas a rattacher les Italo- 
Danubiens. Les habitants des palafittes des Alpes et des 
villages neolithiques hesbaiens etaient agriculteurs et 
sedentaires. Tout au plus, peut-etre, avaient-ils des resi- 
dences d'ete et d'hiver, pour parer a la rigueur des 
saisons, et les grottes de Menton ont pu etre habitees 
dans la saison froide, par des montagnards de la Suisse 
ou de la Savoie; mais nous-memes en faisons autant. 

Les pierres rares de la famille de la jadeite ne sont 
pas venues d'Orient, la preuve mineralogique en est faite, 
et le bronze lui-meme est une decouverte locale, faite 



(i) Melanges. Charles de Harlez, Leide, J. Brill, 1896, pages 349 et 
suiv. Ethnographic de la Chine sepientrionale et son influence sitr V Europe, 



— 26o — 

probableraent sur le versant Italien des Alpes, les gise- 
ments de cuivre ne sont pas rares, et il n'est pas en 
France de poche d'etain, si faible soit-elle, qui n'ait ete 
exploitee aux temps ante-historiques. Ma conviction est 
que ces populations de la pierrc et du bronze ne se sont 
repandues que lentement dans les pays qui s'ouvrirent 
devant elles, formant en quelque sorte tache d'huile a 
mesure que leur densite excedait les ressources du sol. 
Je ne conteste pas le role considerable des grands cours 
d'eau dans la dispersion des races et de la civilisation, 
j'ai dejA signale celui du Dnieper prolonge par la Vistule; 
on en trouve deux autres exemples dans les monuments 
m6galithiques r6pandus le long des c6tes et des arteres 
fluviales, et dans le bronze dont le commerce a descendu 
le cours de la Garonne, de la Loire et de la Seine, et 
remonte celui du Rhone et de la Saone, pour suivre en- 
suite la Meuse. II y a eu plusieurs provinces du bronze, 
et la Belgique parait se rattacher a celle qui a eu son 
centre dans le bassin de la Loire, et alimentait les iles 
Britanniques et les cotes de la Manche. 

M. le baron de Lofi. — Dans une de nos plus 
anciennes for^ts de TArdenne, dans celle de Freyr, il 
parait exister de nombreuses tombelles. 

M. DE ViLLENoiSY. — Pour le travail du fer, les indi- 
genes devaient necessairement habiter le voisinage im- 
mediat de la foret. 

S. Ex. le prince Poutjatine. — Et m^me deja pour 
le travail du bois, on devait employer le silex, comme le 
prouvent au surplus les objets en bois que M. Wolma 
Smith a fafonne avec des tranchets. Je suis d'accon 
avec MM. Hublard et Gosse, pour croire que les bore 
des rivieres et des lacs, ou Thomme trouvait du poissoi 
et des coquillages en abondance pour nourriture, et d(. 



r 



— 261 — 

Teau pure pour boisson, etaient plus ais6s pour les 
migrations des peuplades neolithiques et retablissement 
de leurs stations. Les animaux sauvages ne recherchent- 
ils pas aussi les bords des rivieres et des lacs? Et la 
chasse, on le sait, jouait un grand role chez Thomme nco- 
lithique, muni de Tare et de filches k pointe de silex. 

M. LE President. — Quelqu'un demande-t-il encore 
la parole? Nous pourrons du reste repretidre demain 
la discussion sur ce debat. Ayant une communication 
a faire, je prie M. de Villenoisy de prendre la pr6si- 
dence. 

M. D.-A. Van Bastelaer. — Je vous int6resserai sans 
doute en vous donnant des nouvelles de trois monuments 
megalithiques du Hainaut. D'abord, voici les photogra- 
phies des quatres faces de la Pierre-qui'tourne entre Bai- 
leux et Gonrieux,' qui etait renversee et que le Gouver- 
nement vient, a ma demande et par mes soins, de faire 
redresser (les quatres planches sont exposees). 

Cette pierre se trouve au haut d'une cote fort elevee, 
formant un sommet qui domine au loin Thorizon. EUe 
est en gres landenien et I'on rencontre aux environs, et 
isoles, ayant ete transportes pour servir de bornes, 
d'autres blocs de mSme roche, qui ont pu servir d'aco- 
lythes a 1^ pierre principale. 

Cette dernierc est, de toute evidence, un menhir. 
Depuis Torigine des temps historiques, c'estune proprie- 
ty publique qui sert de borne limitative entre les deux 
comtes ou pays de Namur et de Hainaut, et les deux 
'•ommunes de Baileux et de Gonrieux, et, aujourd'hui 
>core, de ces deux communes et de ces deux provinces. 
Permettez-moi aussi de vous donner quelques nou- 
illes, toutes recentes, de deux autres monuments mega- 
:hiques du pays, qui vous sont deja connus : la Zeupire 
5 Gozee et la Pierre-qui'tourne de Sivry-Santain. 




— 262 — ' 

La Zeupire etait restee depuis Tantiquite debout et 
seulement fortement inclinee. EUe avait ete, en outre, 
enterree en partie par le remblai de la voie romaine sur 
le cote de laquelle elle se trouvait, et qui aujourd'hui est 
cultivee sur ce point. 

Sur mes instances, ce monument a ete achete par 
TEtat et Ton est occupe k lui rendre son aspect, en la 
degageant et la redressant. 

Quant au monument de Sivry, il est forme de deux 
monolithes enormes, de gres landcnien comme les autres, 
qui, au commencement de ce si^cle, etaient encore debout, 
L*un fut renvcrse vers cette epoque; I'autre le fut en 
i835, par T Ad ministration communale, en quete d'un 
tresor pour ameliorer les chemins du village. Malheu- 
reusement, en tombant, la pierre fut brisee en deux mor- 
ceaux, et de tresor, point naturellement. 

Cest ce monument encore que, sur mes instances, 
le Gouvernement va faire restaurer. Le Hainaut pos- 
sedera ainsi de beaux specimens de monuments mega- 
lithiques. 

Je desire constater ici Texistence d'une Pierre du diable 
que personne n'a signal6e aux archeologues. Elle existe 
a Alle-sur-Semois. 

A Tendroit de la riviere, ou Ton va se baigner et ou la 
profondeur est grande, se trouvent trois immenses pierres, 
dont la principale est sur le bord, baignant dans Teau. 
Un immense chene seculaire Tabrite, et ses racines Tem- 
brassent d'un cote; et ce vieux chfine fut toujours res- 
pect6 par les bucherons du bois voisin. Cette pierre a ses 
legendes : les chevriers viennent y passer leurs loisirs 
pendant (jue les betes broutent les environs. Le peuple 
semble affectionner ce monolithe. Plus avant dans le cou- 
rant, se trouvent les deux acolytes respectes de la Pierre 
dii diable; Tun, la Pierre chiiree ou dechiree, en forme de 
baignoire, ou viennent se reposer les nageurs, et Tautre, 
la Pierre plate, carree et d*une trcs grande surface. 



— 263 — 

M. H. Le Bon voudrait savoir si toutes ces pierres et 
monuments sont de m^me nature que la roche du pays? 

M. D.-A. Van Bastelaer. — La Zetipire et les Pierres 
qui tournent de Boileux et de Sivry sont, comme presque 
tous les menhirs du pays, en gr6s landenien. Cela ne 
veut pas dire qu'ils aient 6te transportes par Thomme, 
loin de la! Celui-ci s'est contente de les choisir et de les 
dresser, sur place, d'ordinaire. N'a-t-il pas m6me parfois 
consacre a son culte, unc roche qui Tavait frappe? 

Quant aux Pierres du diable de Alle, ce n'est pas la 
meme chose. Elles sont de m6me roche que les contre- 
forts voisins de la vallee. 

Dans cette vallee de la Semois, comme dans toutes 
les vallees, selon les detours de la riviere, la rive est 
rocheuse et presqu'a pic, d'un cote au moins. L'autre 
cote est parfois en pente douce. Ici, il est evident pour 
Tobservateur, que les Pierres du diable ont d6gringole du 
contrefort de roches voisines, ct sont venues s'abattre 
dans le cours de Teau, ou Thomme les a trouvees et bap- 
tisees en place. 

M. Van Bastelaer reprend la presidence. 

M. LE President. — Nous n'avons pas le temps d'a- 
border la discussion de la seconde question. Quelqu'un 
d'entre vous. Messieurs, a-t-il une communication assez 
courte k faire pendant le quart d'heure qui nous reste? 

M. Adrien Hock demande la parole pour donner 
quelques details sur ses d6couvertes sur la Lesse. II 
expose divers plans et croquis, et donne lecture d*un 
chapitre d'un puvrage qu*il se propose de publier pro- 
chainement. 

Voici en resume sa communication : 

Sur le plateau aride et sauvage denomme le Chession 



— 264 — 

(Chateld, castellum) de Han-sur-Lesse, se trouvent des 
centaines de marchets, ou tas de pierrailles, alignes 
reguli^rement sur quatre grandes rangees ou lignes 
paralleles. Un certain nombre de ces marchets, assez 
differents de forme et de taille, sont surmontes d'une 
grosse et longue pierre dressee a la fagon d'un menhir, 
et le tertre est contourne d'un cercle ou couronne de 
pierres longues lichees dans le sol. 

Le plateau du Chession est defendu par des murs con- 
siderables de fortifications sans rapport direct avec les 
marchets; mais dans le principe,* ces murailles ont pu 
etre des separations entre les membres des tribus. 

Dans Tensemble et dans les details de cette vaste 
necropole, on retrouve, ajoute M. Hock, les rites d'une 
religion etablie, la religion des Scandinaves. Ce sont 
les Beiges, les Fir-Bolgs, qui importerent dans nos Ar- 
dennes ces croyances, sept siecles avant notre ere. Ces 
Fir-Bolgs passerent aussi en Bretagne et en Irlande. 

La discussion en aura lieu, cette apres-midi. 

La seance est levee a 11 heures. 

Le Sccreiairc ff,, 

Ch.-J. Comhaire. 
2°''' Seance : lundi g aotit, apres-midi 

La seance est ouverte a 2 1/2 heures, sous la presi- 
dence de M. D.-A.Van Bastclaer, president, M. Ch.-J. 
Comhaire, secretaire, remplit les fonctions de secretaire. 

Prennent encore place au bureau : M. de Villenoisy, 
rapporteur, et S. Ex. le prince Poutjatine. 

Sont en outre presents : MM. le baron de Lo^ et le 
baron Ch. Gill6s de Pelichy, vice-presidents, A. Eeck- 
man, secretaire, le D' V. Jacques, Ed. de Pierpont, 
Marcel de Puydt, Leite de Vasconcellos (Lisbonne), 
Adrien Hock, A. Demeuldre, F. Noefnet, Huybrichts, 
abbe Rcnard, chanoine baron Felix Bethune, Em. Hu- 



— 265 — 

blard, A. Daimeries, chanoine Swolfs, G.- Sens, Er. 
Paques, Kempeneer, Leop. Godenne, Jean Polls, L. 
Wouters, abbe Laenen, A. Habets, Paul Bergmans, 
F. Donnet, de Raadt. 

La discussion est ouverte sur la communication faite 
ce matin par M. Hock. 

M. LE President croit etre Pinterpr^te des membres 
de Tassemblee pour demander a M. Hock quels sont les 
caracteresarcheologiquesdesmarchets qu'il a decou verts. 

M. le baron de Lofi reclame egalement de M. Hock, 
les preuves sur lesquelles il s'appuie pour declarer que 
ce sont des marchets. 

Une discussion diffuse s'ensuit; M. Hock, reprenant de 
tres longs passages de son manuscrit, specialement ceux 
relatifs aux marchets de Han. 

M. LE President prie M. Hock d'etre bref et de 
repondre directement a la question pos'ee. 

■ S. Ex. le prince Poutjatine demande quelle est la 
faune des marchets de M. Hock. 

M. HocK declare ne pas la connaitre. 

M. le baron de Lo£. — Dans mes fouilles de marchets, 
a Ave-et-Auffe, notamment, j'ai rencontre des debris de 
repas. C'etaient des ossements de cheval, de cochon (ou 
de sanglier) et de boeuf. 

M. De Puydt voudrait savoir quels sont les objets 
trouves par M. Hock. S'il n'y a pas d'objets de mobi- 
lier, il ne pent s'agir ici de monuments prehistoriques. 

M. Hock declare n'en pas connaitre. 



— 266 — 

M. LE President voudrait savoir ce que Ton en tend 
exactement par marchets. II faut s'cntendre et bien pre- 
ciser Tobjet du d6bat. 

M. le baron de Lofi en donne une definition complete : 
le vulgaire entend par marchets, dans le Namurois sur- 
tout, un amoncellement quelconque de pierrailles. Le 
cultivateur qui epierre son terrain, rassemble a Tecart 
les cailloux qui genent sa culture, et fait ainsi un 
« marchet ». Mais on rencontre egalement des amas 
de pierres, de forme toujours plus ou moins circulaires, 
mais de largeur et de hauteur varices, indistincts des 
autres pour un oeil peu exerce, qui sont d'antiques sepul- 
tures. Les uns recouvrent une tombe a inhumation ; pres 
du squelette se voient quelques debris de poterie gros- 
siere et parfois, mais tres rarement, un peu de bronze. 
Quelques autres recouvrent des sepultures a incineration. 
Les deux modes se rencontrent aussi dans le meme 
« marchet ». II n'est pas rare d'y recueillir 6galement 
des fragments de poterie romaine, mais jamais de silex 

miles an dipot funeraire. L'antiquite des marchets ne nous 

• 

parait pas devoir aller au-dela de la premiere 6poque du 
fer ou cpoque du cimetierc de Hallstadt. La presence, 
dans bon nombre de marchets, d'une poterie beaucoup 
moins grossiere et parfois meme assez fine, faite au tour, 
nous indique egalement que la coutume d'elever des tom- 
belles en pierres s'est continuee pendant les premiers 
temps de la domination romaine. 

M. le professeur Gosse. — Dans la Savoie romande, 
la Haute Savoie, le pays de Grenoble, nous avons exac- 
tement les memes monuments. Le seul animal que nous 
y retrouvions, c'est le Stis scrofa palnstris . Quelques-unes 
de ces tombelles presentent sur le sol un cordon circu- 
laire de pierrailles. 



— 267 — 

S. Ex. le prince Poutjatine. — La presence des ani- 
maux palustres, Sus scrofa palitstris et autres, indique la 
transition du paleolithique ou neolithique. On ne com- 
prend pas trop le terme marchet. L'expression ttimnltis ne 
conviendrait pas non plus. 

M. le baron de Lofi. — Le mot marchet renferme Videe 
de picrres. Je me reserve de le prouver ulterieurement 
par de nombreux exemples, pris non seulement en Bel- 
gique, mais aussi a Petranger (France, Suisse). 

M. LE President. — Personne ne demandant plus la 
parole, nous passons a la 2™*" question : Quels sont les 
documents concernant la presence de I'homme prehistorique le 
long du littoral beige ? 

M. le President a refu une note manuscrite de M. le 
D*^ Ramaeckers. II est d'avis de la soumettre a une com- 
mission, pour decider si elle sera inseree in extenso ou 
en resume, a moins que Tauteur ne se presente pour la 
discuter. 

M. le D' Jacques propose d'attendre Tarrivee de Tau- 
teur avant de ne rien decider. — (Adopte). 

M. LE President reserve, par suite de Tabsence de 
M. Ed. Fourdrignier, les questions 3 a 7, que notre 
collegue a posees et doit venir developper. 

La discussion est ouverte sur la 7™"" question : 
« II a ete trouve recemment, au cimeti6re romain, a 
Test de Tongres, une importante sepulture franque, et a 
proximite de celle-ci, plusieurs autres. La grande sepul- 
ture contenait des vases remarquables, les debris d'une 
lance et un beau baton de commandement. 

» A propos de cette trouvaille, on demande quels ont 



— 268 — 

ete les chefs ou rois francs de la Thuringie ou Tungrie, 
ayant reside a Tongres, et quels sont les principaux 
caracteres de sepultures franques de la Thuringie? 

» Les Francs se sont install6s timidement au III™* 
siecle, le long du Demer. 

» Sous la conduite de leur chef, ils ont occup6 defini- 
tivement 4 Tongres, apres Tinvasion des Vandales, c'est- 
cL-dire apr^s 406, les fortifications abandonnees des Ro- 
mains, et le chef franc et ses successeurs ont occupe, 
pendant une partie du V'"* siecle, k Tongres, un Stein, 
villa ou forteresse qui porte encore leur nom. » 

M. HuYBRiGTS commence la lecture d'un rapport sur 
ses trouvailles faites aux environs de Tongres. II expose 
differents objets, entre autres un batonnet en jayet et 
une poignee de coffre en bronze. 

La plupart des membres emettent aussitot des doutcs 
sur I'epoque que M. Huybrigts assigne a ces objets; ils 
croient la poignee d'epoque Louis XV, le batonnet plus 
r6cent encore, et nullement merovingien. 

M. LE President, en presence de ces violentes objec- 
tions, demande que quelques membres de Tassemblee 
soient designes pour juger Tepoque de ces objets discutes. 

M. le D' Jacques demande de laisser tout au njoins 
achever la lecture du memoire. Au surplus, il proteste 
contre la nomination d'une commission. On ne decide 
pas, par un vote en assemblee, des questions scienti- 
fiques. Un auteur emet une opinion et c'est sous sa res- 
ponsabilite personnellc qu^elle est publiee. 

M. LE President. — Nous nous trouvons en presence 
de cette question : Le Congres doit publier un long 
memoire avec planches. N6cessairement, le Comite du 
Congres ne pourra inserer dans le volume des comptes- 
rendus, toutes les communications presentees; il devra 



— 7.b(j — 

choisir les meilleures et il rejettera les memoires ou notes 
signalees comme erronnees ou qui ne meritent pas Tim- 
pression. Tel sera le cas pour des objets que la grande 
majorite des membres regarderait comme d'origine dou- 
teuse ou entS.ches d'erreur. II est necessaire que le Con- 
gres, qui a une veritable responsabilit6 morale et scien- 
tifique dans ce qu'il publiera, n'ins^re que les choses les 
moins discutables. 

M. le baron de Lofi. — II ne me semble pas qu'il 
s'agisse de voter par oui ou par non, si j'ai bien compris 
M. le President; mais plutot de nommer une commission 
qui donnera son appreciation, murement reflechie, sur 
le memoire en litige. 

M. HuYBRiGTs continue sa lecture. 

M. LE PriSsident lit Tarticle des statuts qui dit que 
« le Bureau du Congr^s se reserve le droit de demander 
des reductions aux auteurs de memoires ou de commu- 
nications, et de decider mfeme, le cas echeant, que le 
titre seul en figure dans les publications du Congr6s. II 
decide egalement s'il y a lieu de publier les planches 
jointes aux memoires ». 

M. le baron de Lofi. — II est trop tard pour discuter. 
II nous faut lever la seance. Je propose de voter sur la 
question de savoir s'il y a lieu de nommer une commis- 
sion speciale pour examiner le memoire deM. Huybrigts. 

M. LE President. — Cest le bureau du Congres qui 
doit d6cider maintenant de cette question, en vertu de 
I'article VI que je viens de vous lire. ^ 

La seance est levee k 4 1/4 heures. 

Le Secretaire ff., 

Ch.-J. Comhaire. 




— 270 — 

3""^ Seance : mardi 10 aotit, matin 

La seance est ouverte a 9 heures, sous la presidence 
de M. le comte de Hauteclocque, president; M. Ch.-J. 
Comhaire remplit les fonctions de secretaire. 

Prennent egalement place au bureau : M. de Ville- 
noisy, rapporteur, et S. Ex. le prince Poutjatine. 

Signent la liste de presence : MM. le baron Ch. Gilles 
de Pelichy, vice-president, Eeckman, secretaire, D' Victor 
Jacques, abbe Renard, Anth. Daimeries, Huybrigts, 
J.Vayson, Jean Poils, Em. Hublard, A. Campers, L. 
Wouters, Ch. Leman, M. et M"'^ Lievevrouw-Coopman, 
M"' Julia van Reeth. 

M. LE President, regrettant Tabsence de M. le D' Ra- 
maeckers, prie M. le Secretaire de donner lecture de son 
memoire, et ouvre la discussion sur cette question de la 
presence de I'hojume prehistoriqtie le long du littoral beige. 

M. LE Secretaire donne lecture du susdit memoire 
de M. le D' Ramaeckers, qui sera insere dans le second 
volume des annales. 

M. le baron Ch. Gill^s de P^lichy. — L'honorable 
D' Ramaeckers ne fait pas de distinction, me semble-t-il, 
entre silex neolithiques et silex paleolithiques. Des ves- 
tiges de ces deux epoques se rencontrent cependant le 
long de nos cotes beiges; mais, tandis que les silex neo- 
lithiques proviennent du sous-sol des tourbi^res, ou on 
les rencontre dans leur position primitive, les silex paleo- 
lithiques, recueillis en cet endroit, semblent avoir ete 
importes, post6rieurement k leur taille, par des 6vene- 
ments etrangers k Taction de Thomme. D'apr6s les con- 
clusions du savant m6moire de M. Tingdnieur Rutot, 
public en 1896, dans le compte-rendu du Congrfes de 



— 271 — 

Gand, ces silex ont 6te arraches des plateaux qui do- 
minent les cretes de TArtois ; ils furent charries par les 
eaux, avec d'autres cailloux roules, et amenes sur nos 
plages, tels que les avait abandonnes Thomme quater- 
naire du nord de la France. 

Void, pour joindre au relev6 de notre collogue, quel- 
ques lames de silex neolithiques ramassees par moi- 
m^me sur la plage d'Ostende, a Mariakerke. 

M. CoMHAiRE voudrait savoir si ces silex ne pro- 
viennent pas de stations gisant dans des terrains aujour- 
d'hui recou verts par les eaux de la mer et autrefois 
emerges. 

M. le baron Ch. Gill^s de P^lichy, — Les silex 
neolithiques trouves le long de nos cotes, proviennent 
tous, comme je Tai dit, du sous-sol des tourbi^res. En 
plusieurs endroits, ces gisements s'avancent sous I'ocean, 
bien au-dela de la limite du territoire d'aujourd'hui. Ce 
sous-sol, jadis foule par les peuplades neolithiques, ne 
fut submerge, par un retour offensif de la mer, que vers 
la fin de la domination romaine, temoin les nombreuscs 
poteries de cette epoque, exhumees des tourbieres, no- 
tamment a Zuyenkerke (collection de Mgr Bethune, 
poteries dites samiennes), a Lisseweghe (explorations de 
M. Rutot) ^t plusieurs autres localites citees dans I'ou- 
vrage du chanoine de Bast. 

M. DE ViLLENOiSY. — II cst Certain qu'il y a, le long 
de toutes nos cotes, des mouvements successifs d*abais- 
sement et de surelevation. II faudrait voir ce qui se 
passe sur la cote beige. 

M. rabb6 Renard donne quelques explications. 

M. DE ViLLENOiSY. — Je voudrais pr6ciser. Nous trou- 
vons une couche de tourbe entre deux couches de sable, 



— 272 — 

sur le littoral beige. Quand s'est formee la couche de 
tourbe et quelle est son epaisseur? 

M. le D' Jacques. — EUe s'est formee a la fin des 
temps quaternaires, sur des points nettement determines 
aujourd'hui ; en has, on trouve du neolithique et vers le 
haut du romain. II y a d'autres formations encore. 

L'epaisseur en est de 6 a 7 metres, mais se rcpartit 
d'une fafon extremement variable. 

M. LE President. — La discussion etant close sur ce 
point, nous aliens ouvrir les debats sur la communication 
faite hier apr^s-midi, par M. Huybrigts. 

M. Huybrigts ach6ve la lecture de son memoire. 

M. le baron Ch. Gilles de Pelichy demande des 
details precis sur cette trouvaille, dont les deux objets 
present6s aux membres de la section ne paraissent point 
porter les caract^res de Tepoque merovingienne. 

M. Huybrigts donne des details sur les circonstances 
de la decouverte. C'etait au cours de travaux, a Templa- 
cement du cimetiere romain, a Test de la ville. On avait 
trouve des tessons de ceramique romaine 4 i m. 5o de 
profondeur, reste d'une sepulture (ce qui indique toujours 
un remaniement du sol pour confectionner utie sepulture 
plus inferieure), puis des restes du squelette d*un cheval 
avec un fragment de mors en bronze, place sur une 
couche de terre glaise d'une dizaine de centimetres d'e- 
paisseur. M. Huybrigts donna des ordres pour faire unc 
fouille et descendre plus profondement. A 2 m. 25 plus 
bas, soit a 3 m. yS du niveau du sol, dans le sable 
presque blanc, on trouvait la sepulture disposee de TEst 
k rOuest. Du coffre funeraire, on ne voyait que les traces 
en poussiere blanche de bois disparu, et quelques menus 
fragments. Du squelette subsistaient quelques os, notam- 



— 27^ — 

ment ceux du cr4ne. Aussitot le premier vase rencontr6, 
les ouvriers, une dizaine, se sont precipites et ont 
ramasse tout ce que j'ai. J'ai recueilli les debris d'une 
quinzaine de vases ayant ces formes-ci (il dessine), dont 
3 ou 4 entiers, un fragment de lame en fer", le baton de 
commandement en jayet, qu'un coup de pioche avait 
brise vers Textremit^, une quantite enorme de clous. Le 
sable blanc avait m6me ete rougi par Toxydation des 
ferrailles. A noter, la couche de terre glaise placee a 
I m. 75 au-dessus de la sepulture, pour empecher les 
eaux d'abimer le mobilier de celle-ci, et le cheval sacrifie 
sur la sepulture. 

A noter encore, qu'aupres de Tongres, les sepultures 
des Romains se rencontrent dans I'argile, celles des Ro- 
mains Chretiens ^ la partie superieure de la couche de 
sable, et celle des Francs dans le sable, entre trois et 
quatre metres de profondeur. 

M. le baron Ch. Gill^s de P^lichy. — II serait dif- 
ficile de donner une appreciation definitive sur cette 
decouverte avant d'en avoir etudie plus a fond le produit 
et les circonstances ambiantes. Je crois utile cependant 
de remarquer que, d'apres les indications fournies par 
M. Huybrigts, la forme des vases dont il nous a parle 
semble indiquer une origine plutot belgo-romaine que 
franque. 

Quant au pretendu sceptre ou baton de commande- 
ment et i la poignee de coffre, dont il est question dans 
la presente communication, je me demande*si leur pre- 
sence au m^me niveau que les vases precites ne doit pas 
Stre attribute a feffondrement des couches superieures, 
_)roduit pendant les importants travaux de deblaiement 
que necessiterent les fouilles, 

Le fait que dix hommes au moins se sont precipites 
dans la fosse, au moment de la decouverte, avant meme 
I'arrivee de Tauteur de ce memoire, peut avoir determine 

z8 



— 274 — 

des eboulements de ce genre ; ce ne serait d'ailleurs pas 
la premiere fois que, sous ^influence des memes causes, 
de pareilles intrusions se soient produites dans le do- 
maine de la science. 

M, CoMHAiRE, secretaire, ayant lu, depuis la seance 
de hier, le manuscrit de M. Huybrigts, fait remarquer 
qu'il s'agit en realite de trois notices parfaitement dis- 
tinctes : la premiere concerne la tombe franque renfer- 
mant les deux objets tant discutes; la seconde est la des- 
cription d'un bracteate faisant partie du tr6sor de N.-D. 
a Tongres, et dont il serait peut-^tre utile de publier 
une chromolithographie, si ce bijou est reste inedit; la 
troisieme renferme des considerations sur les chefs francs 
qui resider«nt k Tongres. II est d'avis de publier ces 
trois notices (i). 

M. HuBLARD ne pouvant assister d. la stance de 
demain, tient k declarer qu'il fait les plus grandes re- 
serves au sujet de certaines conclusions formulees par 
M. Huybrigts. 

Je ne partage pas, ditil, Topinion de M. Huybrigts, 
lorsqu'il pretend que ces deux objets sont de fabrication 



(i) Du rapport particulier adress^ au Comity organisateur du Congrds, 
par M. le Secretaire de la i'<^ section, sur les travaux de cette section, il 
resulterait : 

Que la premiere notice de M. Hu^-brigts a d^ja paru, sauf quelqucs 
phrases introductives, dans le compte-rendu du Congr^s tenu a Gand, en 
1896 (vol. II, pp. 97-99)1 dans le Journal du Limbourg, paraissant a Tongres 
(n*> du 6 f6vrier 1897), et, d'apr^s ce dernier, dans le journal Le Vicux Liege 
(a® du m^me jour); 

Que, posterieurcment au Congr^s de Malines, en septembre, elle a ^6 
ins^r^e dans le Bulletin de la Societe Scientifique et Litteraire d4 Tongres (t. XVII, 
icr fascicule), et dans des tir^s a part parus sous le titre : Aniiquites romaines 
a Tongres, in-8°, Collee, p. 87; 

Que la seconde notice a paru dans le meme Bulletin ct dans le m^me tir6 
a part, pp. 114-115; 

Et que la troisieme a egalement ele inseree dans le Bulletin et dans le tire 
k part, p. 53. 

Qu*il n*y a done plus lieu de les publier ici. 



— 275 — 

franque. Quant k moi, je ne puis les considerer comme 
etant un produit de Tart franc; car ils ne presentent pas, 
i mon avis, les caract6res propres k cet art. Je n'ai pas k 
leur assigner une date ni ^ rechercher si le baton est 
bien un baton de commandement ; je me borne a consta- 
ter que les motifs d'ornementation qui les decorent, ne 
rappellent pas du tout le style franc tel que je le connais, 
par le mobilier des cimetieres decouverts dans les pro- 
vinces de Hainaut et de Namur. 

En exprimant ces reserves, je n'ai pas le dessein de 
vouloir amoindrir le merite des travaux de notre hono- 
rable coUegue qui, par ses fouilles dans la region de 
Tongres, a conlribue, je le reconnais bien volontiers, 
aux progr^s de Tarcheologie. 

M. HuYBRiGTS demande a ses contradicteurs de venir 
constater sur les lieux, les details de la trouvaille et d^n- 
terroger les dix ou douze personnes qui y assist^rent. 

M. LE President. — La parole est donnee i M. le 
prince Poutjatine, qui veut nous presenter quelques 
remarques sur Tarcheologie prehistorique de la Russie. 

S. Ex. le prince Poutjatine donne d'abord des details 
sur les poteries de la Russie, Les recherches archeolo- 
giques, dit-il, sont entreprises un peu partout dans nos 
provinces. Pr^s de Kiev, on a du paleolithique, un peu 
moins ancien que celui de chez vous. Cest du mammuth, 
de I'ours brun. L'Ursus spelaea ne se rencontre que dans 
les grottes, vers le Caucase seulement. Les autres grands 
felides carnassiers n'ont pas ete connus par Thomme 
prehistorique de la Russie. 

L'eau recouvrait alors une grande partie du sud de la 
Russie. Apr^s la fonte des glaciers, les eaux de la mer 
Caspienne s'etendaient loin vers le nord de la Russie et 
separaient celle-ci de la Siberie. Le sol etait en grande 



— 276 — 

partie, dans les autres r6gions, trfes mar6cageux. H6ro- 
dote, Strabon, Hippocrate et autres parlent du mauvais 
climat du sud de la Russie et de son influence sur la 
sant6 des Scythes, qui habitaient les bords de la mer 
Noire et de la mer Caspienne. 

L'homme est probablcment venu en Russie de la Mo- 
ravie, par la Pologne. Le comte Zawicha a retrouve des 
habitats de r6poque du mammuth dans les cavernes de 
Pologne. Au congr^s tenu a Tiflis, en 1881, M. Kel- 
sieff a prouve que Thomme prehistoi ique des environs de 
Woron^ge employait de grandes lames de silex pour 
depecer le mammuth. 

Puis, apr6s la disparition du viammttth et T^migration 
des troupeaux du Cervtis tarandtis vers le Nord, se forme 
rhomme des Kj5kkenm<3ddings, avec Tindustrie campi- 
gnienne (Salomon). Tres developpe chez nous, le niveau 
campignien git sur le magdalenien qui se caracterise par 
inammutk et Cerviis tarandtis, comme le prouvent les fouilles 
du comte Ouwaroff. On trouve les ossements de mam- 
muth loin au nord. Dans nos fouilles k Bologo^, je n'ai 
rencontr6 que de tr^s petits fragments de defenses de cet 
animal, avec du magdalenien. On a trouve a Bologo^ : 
Castor fiber, Stis scrofa. Bos brachyceros. Bos primigenitis 
russe. Cams ladogensis, Canis Snostrcnzevii, Myoxiis glis, At- 
vicola amphibiiis, A rvicola arvalis, Mtistela foina et Martes, 
etc., etc. Les Kj5kkenm5ddings du Danemark sont-ils 
plus anciens que les notres? (C'est encore k discuter et 
je suis plutot d'avis que plusieurs Kjokkenm5ddings du 
continent sont plus anciens). Quant aux coquilles des 
Kj5kkenm5ddings, on pourrait dire que Temploi des 
coquilles marines n'est pas plus ancien que Temploi des 
coquilles terrestres dans les KjOkkenmOddings du conti- 
nent. A Menton, dans les groltes, les coquilles em- 
ployees, par rhomme ctaient non seulement marines, 
mais aussi des coquilles terrestres. Chez nous, ce sont 
des coquilles lacustres (Unio lateralis, etc., etc.); mais de 



— '^n — 

nos jours on n'utilise plus cellevS-ci, comme nourriture. 
L'argile des poteries renferme des fragments de ces co- 
quilles broy6es. D'apr^s quelques auteurs, c'est Targile 
qui renferme naturellement les coquilles, et leur presence 
dans la poterie serait accidentelle. Je crois, au contraire, 
que ce n'est pas toujours le cas, que les coquilles ont et6 
placees pour la plupart volontairement, et ce qui le 
prouve, c'est la grandeur presque 6gale de leurs frag- 
ments. On y trouve du reste aussi des plumes d'oiseaux. 
Pres du feu, on sechait doucement Targile d'un cote, 
puis on retournait le vase, Cette pate est tres fragile, 
tres epaisse et grossiere. J'ai ecrit i M. Emile Rivii^re 
et a d'autres, pour savoir si chez eux on retrouvait des 
vases neolithiques en argile petrie, avec des coquilles; je 
n'ai pas eu de reponse sur Templacement des trouvailles. 
Mais on en a retrouve chez les Indiens des bords du 
Mississipi, a cc que m'a affirme M. Thomas Wilson; on 
en connait aussi en Siberie. J'en ai vu plusieurs dans la 
collection presentee au congres international de Moscou, 
par M. Jadrinzeff. Peut-etre trouverait-on ainsi le chemin 
d'une migration de peuples en Amerique, par la Siberie. 
Dans ces derniers temps, on a parle beaucoup de liai- 
son, de rapports entre TAmerique et TEurope par TAt- 
lantide, pendant le palcolithique. Dans son dernier tra- 
vail, V Atlantide ct le Renne (Revue mensuelle de TEcole 
d'Anthropologie de Paris, 1897), M. Salmon est d'accord 
avec plusieurs geologues, sur Texistence d'une commu- 
nication pendant le magdalenien (ccrvus tarandus) avec 
TAmerique. II y aurait eu, par consequent, pendant le 
palcolithique, deux voies de communication, deux routes, 
par TAtlantide et par la Siberie. 

Les habitations lacustres sont moins anciennes que 
celles des Kjokkenm5ddings (D' Gross, Les Protohcl- 
vetes. — M. Robert Munro, Ancient Sckottisch Lake- 
Dwelings or crannogs, 1882, etc., etc.). 

Le n^olithique chez nous : les poteries sont orn6es 



— 278 — 

de dessins. J'ai vu chez vous, au musee archeologique 
de Namur, deux vases avec des empreintes d'ongles et 
rornement fait avec Tos d'un petit animal, qui n'est pas 
rare a Bologoe. Mais, pour la plupart, nos vases ne res- 
semblent pas aux votres. Les dessins sont tres varies; 
les poteries, depuis Kazan jusqu'au Nord, se ressemblent 
dans toutes nos stations neolithiques. La roulette et dif- 
ferents estampages sont employes, non au bord, mais en 
diagonale, avec des lignes brisees. Avec les estampages 
quadrangulaires, on formait des groupes de quatre et 
six Carres contigus; quelques estampages ont ete faits 
avec des marques en argile cuite. 

Pour parler des formes, les vases ont Taspect de bols, 
de coupes, sont coniques comme des nids; vers la fin 
on trouve des goulots; quelques-uns ont des coUerettes 
parfois recourbees en haut, vers Texterieur, et avec un 
fond horizontal; parfois ils sont en forme de poires. A 
Tage du fer, se produiscnt les formes plus ou moins 
ventrues. Parfois un vase tres grand sert a Tincineration. 

A noter que les parties des vases sont, en Russia, 
denommees comme les parties du corps humain : on cite 
le cou, les oreilles, les cotes, le pied, les mains, etc, Un 
vase casse se dit un crcLne brise (cherepock). 

Nous avons en Russic, des trouvailles de fonds de 
cabanes. Sous la couchc de verre noire, on trouve des 
fosses; sur le trou on elevait une hutte en branchages, 
couverte peut-ctre de gazon, comme le font encore nos 
paysans d'aujourd'hui. 

Les neolithiques emigr^rent vers le sud, avec les recru- 
descences de froid, et, pendant les chaleurs, revenaient 
a leurs anciennes cabanes (Applaudissements). 

M. LE President remercie le prince Poutjatine de 
son interessante communication. Nous sommes hcureux, 
ajoute-t-il, d'avoir tous ces renscignements sur le prehis- 
torique russe. 



— 279 — 

M. CoMHAiRE est trapp6 de la ressemblance qu'il y a 
entre ces vases du nord de la Russie et ceux de notre 
age du fer, de nos tombelles halstattiennes. 

S. Ex. le prince Poutjatine. — Dans le sud, on 
trouve de ces vases portant des anses, mais dans le nord 
on ne rencontre pas d'anses. On trouve parfois une deco- 
ration i rinterieur m6me du vase, vers le bord. Les des- 
sins de M. Piette ont quelque ressemblance avec les 
notres. Une chose curieuse k signaler, c'est que M, Piette 
a trouve des rapports entre les lettres de Talphabet et 
ces dessins geometriques des galets colories. Moi aussi, 
j'ai dit au Congres d'Odessa, qu'on pent rapprocher cer- 
tains caract^res vieux pheniciens et quelques anciens 
hieroglyphes 6gyptiens de ces ornements; ce doit 6tre 
aussi des prototypes des signes Cypriotes, faisant les 
ornements geometriques des poteries. Seulement, les 
galets sont plus anciens, ils sont paleolithiques. C'est 
revolution des ornements sur les poteries neolithiques. 

M. Eeckman. — A propos de la communication de 
M. le prince Poutjatine, je voudrais savoir si on trouve 
cette pointe de fl6che-ci en Russie, munie d'un grand 
pedoncule? 

S. Ex. le prince Poutjatine. — Oui, il y a quelques 
exemplaires de ce genre; mais M. Gabriel de Mortillet 
dispute ces formes dites des trouvailles d'ltalie. 

La seance est levee si ii heures. 

Le Secretaire ff., 

Ch.-J. Comhaire. 

4°''' Stance : mercredi ii aoilt, matin 

La stance est ouverte k g heures, sous la pr6sidence 
de M. le baron de Loe, vice-president. M. Comhaire 
remplit les fonctions de secretaire. 



— 28o — 

Prennent aussi place au bureau : M. de Villcnoisy, 
rapporteur, et S. Ex. le prince Poutjatine. 

Signent la liste de presence : MM. le baron Ch. Gilles 
de P6lichy, vice-pr6sident, D' Victor Jacques, A. Dai- 
meries, Jean Poils, abbe J. Claerhout, M^"*" Julia Van 
Reeth. 

M. CoMHAiRE montre a ses collegues quelques photo- 
graphies de bronzes de differentes epoques, du musee 
de Gand, que vient de lui adresser M. Edouard Fourdri- 
gnier, lui annon^ant en meme temps son impossibilite 
d'assister au Congres. 

M. DE ViLLENOiSY est Tinterpr^te des membres de la 
section, en regrettant Tabsence de M. Fourdrignier. Les 
debats qu'eussent souleves les questions qu'il a posees, 
auraient certes ete extrdmement instructifs. 

M. LE President. — Nous nous voyons forces de 
renvoyer au prochain Congres, les questions posees par 
M. Fourdrignier. 

M.Ch.-J. Comhaire deplore vivement ce contre-temps, 
qui .oblige notre savant coUegue d'etre loin de nous. II 
cut vivement desire discuter ici differents points de cette 
interessante periode des ages prehistoriques du metal, 
surtout qu'il continue scs recherches sur nos regions de 
TEscaut et de la Meuse et qu'il publiera sous peu un 
Supplement a son memoire de 1892 (Bulletin de la So- 
ciete d'Anthropologie de Bruxelles, 1894). 

Ses recherches ont sp6cialement porte sur les traces 
qui subsistaient a Tepoque romaine et jusqu'a nos jours. 
II cite par exemple ces immenses tumults en terre, ele- 
ves sous la domination romaine, renfermant une sepul- 
ture k incineration, avec mobilier absolument romain 
et qui, pour lui, ne contiennent certainement que la 
depouille funebre de quelque indigene, Beige romanise. 



— 28l — 

Selon toute vraisemblance, les cendres des rares fonc- 
tionnaires envoyes chez nous et qui ont pu deceder au 
cours de leurs fonctions, ont dti 6tre renvoy6es a Rome, 
pour 6tre deposees dans le columbarium familial. Un 
fait important, qui semble prouver la th^se et qui a sa 
valeur sp6ciale, c'est que ces tumulus sont particuliers a 
la Hesbaye. Comma Tindique un schema inachev6 de 
carte, que M. Comhaire publiera sous peu avec une 6tude 
detaillee, ces sepultures sont concentrees — 80 ou 100 
— dans un triangle qui a pour base Tongres, Tirlemont 
et Huy. En rayonnant autour de ce triangle, on en ren- 
contre de moins en moins. Ces tumulus ne sont que des 
tombelles des descendants des peuplades de Tage du 
fer; les m6mes croyances et les memes principes ont 
preside «t la confection des tombelles prehistoriqucs 
d'epoque Hallstattienne et des puissants tumulus belgo- 
romains. M. Comhaire est porte.a les attribuer plus spe- 
cialement aux Tongrois. 

On trouve pour centre de leur ere de dispersion, la 
petite ville de Waremme. Or, aupr^s de cette localite, 
on connait la villa romaine dite d!Anttiaxhe (Voir Congres 
de Li^ge, iSgo, p. 191), qu'il faut rapprocher du nom de 
Atuatiica Tnngrorum, que portait Tongres et du fameux 
Attiatuca Eburonum, cclebre par le massacre des cohortes 
de Sabinus et de Cotta, camps beiges que la presque 
totalite des historians ont place dans cette region. Les 
Tongrois ayant succede aux Eburons, c'est un argument 
a presenter pour la th^se des tumulus des Tongrois 
rom anises. 

Sur sa carte, M. Comhaire a indique les principales 
voies romaines. A propos de voies romaines, il tient des 
aujourd'hui ^ signaler a ses collogues, une survivance 
folklorique eminemment interessante. II y a quelques 
annees, au cours de fouilles qu'il avait entreprises dans les 
Hautes Fagnes, proches de Spa (a Coque-e-fagne, Sart), 
a Templacement que le cadastre, comme la croyance 



— 282 — 

populaire et les documents historiques indiquaient pour 
celui d'un hopital, il a trouve un ermitage du XVI"*siecle, 
Un campagnard vint lui tenir cet 6trange propos : que 
detait la la seule maison entre Tongres et Treves. Apr6s un 
habile interrogatoire, il etait prouve que le paysan ne 
connaissait ni Treves, ni Tongres, mais qu'il repetait 
inconsciemment ce propos conserve de generation en 
generation. En efFet, k cet endroit dit « hdpital », passait 
un tronfon de chaussee romaine, encore visible k pen de 
distance, et connue sous le nom de la Pavee du Diable, 
etudi6e naguere par MM. Schuermans, J.-S. Renier et 
d'autres. Or, M. Comhaire apu, par ses recherches, join- 
dre, les uns aux autres, toute une serie de tronfons des 
voies antiques et r6tablir ainsi, d'une fa^on a peu pr6s 
complete, la voie romaine de Tongres a Treves, qui 
passait par THdpital. Bien plus, cette voie est la plus 
courte d'une de ces villes a Pautre ; elle est la seule direcie, 
et THopital se trouve a 54.000 metres environ de Ton- 
gres, soit une bonne etape de pieton, pr6s de onze de 
nos lieues modernes. D'autre part, Tespace qui s6pare 
THopital de Coque-6-fagne de Treves est k peu pr6s 
semblable. Le voyageur qui se rendait pedestrement, 
ou m6me k cheval (changeant de monture k un relai que 
je puis indiquer, car il existe encore traditionnellement ! 
Cest la vieille auberge de la Clef, pr^s de Fl^ron!), 
devait passer la nuit a « Thopital ». Ce mot se retrouve 
dans de plus anciens documents que le XVI"* sitele; 
deji au X"M Hopital, hospitalium chez les Romains, 
indique non pas un refuge pour malades, mais bien une 
auberge, une hotellerie; c'etait bien la seule habitation 
publique — car il y avait des villas sur le bord du che- 
min — , la seule maison, comme disait mon paysan, entre 
Tongres et Treves. On voit par cet exemple aussi, com- 
bien sont importantes les 6tudes folkloriques et Tutilite 
d'assimiler dans les recherches historiques des elements 
de sources tr6s varices. 



— 283 — 

N'est-ce pas encore un paysan ardennais qui, non loin 
de cet endroit, repondait k M. Schuermans ou i M. Albin 
Body, je ne me souviens plus, se trouvant sur une vieille 
route perdue dans les Fagnes : « Oh! Monsieur, mon 
pere m'a toujours dit que ce chemin conduisait ^ Rome ! » 
Et c'etait, en effet, une voie romaine! 

Une autre question que j'aurais voulu traiter, si notre 
collogue M. Fourdrignier etait des notres en ce moment, 
c'est de ce curieux vase dit de Jupille, et dont notre 
estimable rapporteur, M. de Villenoisy, nous revela na- 
gu6re rimportance. Ce grand vase, orn6 de sept bustes 
humains, fut trouv6 dans la riche ville belgo-romaine 
de Jupille, pr6s de Li6ge. 

Ce vase, quoique romain de fabrication comme de 
date, doit etre la reproduction d'un vase beaucoup plus 
ancien, germanique ou beige, et les bustes seraient des 
figurations de divinites.. Lorsque M. de Villenoisy a 
entrepris sa notice parue en 1892, j 'avals moi-meme com- 
mence une semblable demonstration a la suite de cette 
publication du vase de Gundestrup, qui venait de pa- 
raitre. Depuis, nos recherches ont permis de retrouver 
onze exemplaires de ce vase, avec des variantes, improu- 
vant parfaitement la valeur liturgique du recipient. De 
plus, tons ces vases sont r6partis dans la zone meridio- 
nale de la Belgique. II y a longtemps que ces recherches 
pourraicnt etre publiees, mais le temps, les occupa- 
tions... 

M. DE Villenoisy. — II y a tout particulierement a 
citer parmi ces vases, celui qui se trouve au musee de 
Valenciennes, et qui porte le serpent et le belier si con- 
nus dans Ticonographie gauloise. 

S. Ex. le prince Poutjatine donne de nombreux 
details sur Tinteressante trouvaille de Bologoe, interme- 
diaire entre le paleolithique et le neolithique, et qui 



— 284 — 

pent etre etudiee en bonne partie sur les silex et les pho- 
tographies qu'il expose en ce moment i Bruxelles (i). 

II parle de Touvrage de M..Hackman, sur la poterie 
de Tage du bronze en Finlande, qui est identique ^ celui 
du centre de TEurope. En Russie, on ne trouve pas 
d'age du bronze, mais seulement le premier age du fer. 

II donne aussi des details sur les Kourganes, les camps 
retranches, les fonds de cabane, etc. de la Russie, et 
montre le S™*" volume des comptes-rendus du Congres de 



(i) II n'cst pas inutile de publier la bibliographie de cette fouille de Bolo- 
goe, et que vient de nous envoyer son auteur, S. Ex. le prince Paul 
Poutjatine : 

a) Ouvrages Merits en frangais : 

Note sur la station de Bologoe'i — Congres International d' Anthropologic et 
d'Archeologique pr6historiques. Congres de Paris, 1889, 4™" question, c.-r., 
p. 220. 

Dtt dcveloppement dUmpreintes de produits texiiUs sur les poteries russes, et de leur 
conformiie avec des produits similaires de VAmerique du Nord, — Congres interna- 
tional des Am6ricanistes, 8«»<» session. Paris, 1890, c.-r., pp. 5o7-5i2. 

Prince P. -A. Poutjatine et Thomas Wilson. Exposition composee d'esiam- 
pages de Poteries russes et nord-americaines portant empreintes de produits textiles. — 
Idem, pp. 5i2-5i3, p. 95. 

Compte-rendu du D"" Hamy du Congres de Paris, 1889, p. 27. Extrait de 
ma communication au Congres. 

Les traces des morsures sur Us ossemenis des piriodes paleoliihique et neoUthique. — 
Congres International, Moscou« 1892, t. I, p. i3i. 

Communication a propos de la discussion sur les cranes allonges et les 
Clones courts. — Idem. 3"° seance des sections, c.-r.. p. 19 des proems- verba ux. 

Vestiges du premier age du fer a Bologoje (Russie), — Annales de la Societ6 
d'arch^ologie de Bruxelles, t. VII, 1893. 

Etc., etc. 

h) Remarques faites par differents savants : 

Annalen des K. K. Naturhistorischen Hofmus6um, 1894, S. 38; 1893, S. 35. 

Mat6riaux pour Thistoire primitive et naturelle de I'homme, 1886, p. 271. 

Remarque de M. Virchow in Zeitschrift fiir Ethnologie, XXV, S. 335-337. 

Bulletin de la Soc. d'Anthropologie de Paris, article du baron de Baye, 
4™o s6rie, t. IV. . 

Archiv. filr Anthropologic, B. XXIV, N**" i et 2, S. 209. 

Etc., etc. 

c) Ouvrages 6crits en Russe : 

Sur les fouilles pres de Bologoje. — Memoires de la Soci6t6 imp^riale russe 
archeologique, t. IV, p. IX, p. XIV. 

Des pierres a ecuelles du gouvernement dc Novgorod, — Congres archeologique 
de Tiflts, pp. LXV et 19-20. 



— 285 — 

Moscou, 1890, dont les planches donnent une excellente 
idee de la ceramique, si orn6e, du nord et du sud de la 
Russie. 

M. le comte de Hauteclocque, entrant dans Taudi- 
toire, est invite a prendre la presidence. 

M. le baron Ch. GiLLfes de Pi^lichy donne lecture 
d'une note sur ses recherches dans le cimeti^re antique 
d'Ewelghem, qui sera ins6ree dans le second volume des 
annales. 

M. DE ViLLENOisY. — Comme Tordre du jour est 
est epuis6, nous pourrions cl6turer la stance et nous 



OrnemeniaHon de la ceramique ancienne, — Congr^s arch^oiogique d' Odessa, 
t. I, pp. 72-83. 

Le couteau en silex et son evoluHon, — Cosgr^s archeologique deVilna, stance 
du 9 aodt. 

De I'art du Potter a Vdge de la pierre. — Nouvelles (Izwestia) de la Soci6t6 
imp^riale de G^ographie, t. X, publication 3, pp. 280-309. 

De hfaune, de Vdge de la pier re, des fouilles de Bologoe, au point de vue paUthno- 
logigue. — Bull, de la Soc. anthropologique de TUniversit^ imp6riale de 
St-P6tersbourg. 

De Vdge Pateolithtque en Europe, — Ibidem, t. IV et V, pp, 74 et 75. 

Des squeleiies de la periode neoliihique trouves a Bologoe. — Ibidem, 1889, 
pp. 26-35. 

Des tnoyens defaire des ouvertnres sur les coth des vases a la periode neoliihique, — 
8™« Congr^s des naturalistes russes, 1889. 

La chirurgie exisiait-eUe a Vdge de la pierre? — Ouvrages de la Soci6t6 anthro- 
pologique de TAcad^mie imp^riale de m6decine, t. I, livr. 2, 1894. 

Etc., etc. 

d) Remarques iaites par diff^rents savants : 
. Sabanieff : Analyse des scories de fer de la collection du prince Pouijatine. — 
Annexe au X**^ tome des M^moires de la Soci^t^ impdriale russe d*arch^o- 
logie, pp. 24-26. 

Prof. Anoutchine : U excursion a Bologoe, 188S, Les Antiquites, — Ibidem, 
t. XI, livr. 2, pp. 64-68. 

Kalatchov. — L'excursion des auditeurs de VInstitui archeologique, — Recueil 
de rinst. arch., t. V, p. 4. 

Laskovsky et Lachkow : L'inveniaire du musee de Novgorod, p. 56. 

Indicateur du Mus^e imperial historique de Moscou, pp. i3, 20-22. 

ScHROCHNiKOV. — Lcs ouvrages en silex du district WaldaX, — Congr^s arch. 
de Tiflis, p. LXVI. 

£tCM etc. 



— 286 — 

rendre a la 3"* section, CHi» certes, nous attendant les 
debats de questions qui nous interessent, 

M. LE President, avant de lever la stance, tient a 
remercier M. le Secretaire, du soin minutieux qull amis 
a tenir les proc^s-verbaux des diff6rentes reunions de la 
section, ses collogues du bureau de Tavoir seconde, et en 
particulier, notre rapporteur, M. de Villenoisy, enfin 
tous les savants qui ont bien voulu prendre la parole au 
cours de ces debats, en particulier son Ex. le prince 
Poutjatine, et nous communiquer le resultat de leurs 
int6ressantes recherches ou nous aider de leur puissante 
Erudition. 

La seance est levee a lo 1/4 heures. 

Lc Secretaire ffn 

Ch.-J. Comhaire. 

stances be la 2"^" Section 

HISTOIRE 

Stance du lundi 9 aotlt, a 9 heures du matin 

Prennent place au bureau : MM. Hans Hildebrand et 
baron de Maere, presidents, Fernand Donnet, secretaire, 
et Th, de Raadt, rapporteur. 

Ont signe la liste de presence : MM. Felix de Monne- 
cove, E. Matthieu, H. Cordemans, J. Kaisin, Jules Fr6- 
derichs, Eug. Lameere, G. Hecq, Ed. de Marneffe, abbe 
Cauchie, Paul Bergmans, major de Cannart d^Hamale, 
R. Maere et G. Sens. 

M. le baron de Maere, qui preside la seance, donne 
quelques indications utiles pour la bonne marche des 
seances de la section; il engage tous les membres qui 
prendront la parole, d6s que leur communication sera 



— 287 — 

terminde, k la resumer par ecrit et k la transmettre au 
bureau. 

Cest par la Question X. de son programme que la 
section entame ses travaux. 

Comment faut-il ptiblier les textes anciens ? 

M. E. DE Marneffe expose que dans la publication de 
tous textes anciens, deux buts principaux doivent 6tre 
vises, c'est-a-dire la conservation et la vulgarisation. Pour 
atteindre ce double but, il n'y a pas de proced6 plus sur 
que la phototypie; malheureusement, Tusage en est 
couteux. Dans tous les cas, la reproduction devrait etre 
textuelle; et il ne faudrait pas introduire dans le docu- 
ment une ponctuation regime sur Tusage moderne, car 
les lois de la ponctuation, etablies par les grammairiens 
romains, ont des regies connues et parfaitement ration- 
nelles. II ne faudrait pas davantage completer les abr6- 
viations, ce qui bien souvent donne lieu k des interpre- 
tations erronees. II conclut en demandant que les textes 
anciens soient reproduits avec la plus grande fid61ite 
possible, et que dans cette reproduction, la ponctuation 
et les abreviations originelles soient scrupuleusement 
observees. 

M. G. Hecq appuye les observations de M. de Mar- 
neffe; il emet le vceu de voir les pouvoirs publics s'occu- 
per de la question, et fournir k certains ateliers les 
moyens necessaires pour acqu6rir les signes d'abreviation 
et autres caracteres speciaux, necessaires pour Timpres- 
sion des documents anciens. 

M. Tabbe Cauchie, tout en 6tant d'accord en principe 
avec les orateurs precedents^ voudrait voir les abrevia- 
tions compl6tees par Fediteur, de mani6re a en faciliter 
la comprehension aux lecteurs. Toutefois, cette interpr6- 



— 288 — 

tation ne devrait se faire que pour autant que Texactitude 
et la fidelity en soient parfaitement assurees. 

M. Hecq n'est pas de cet avis. II existe une difference 
entre editer et vulgariser, et ici on recherche une repro- 
duction fidele des textes; autre chose serait s'il s'agissait 
de les vulgariser ou de les commenter. 

M. DE Raadt trouve egalement qu'il y aurait lieu 
d'insister aupres des societes savantes, pour qu'elles 
engagent les imprimeurs, sur lesquels elles ont de Tin- 
fluence, a se fournir de signes d'abreviation. 

M. HiLDEBRAND croit que ce but peut 6tre atteint sans 
intervention officielle; Texemple de la Suede est 1^ pour 
le prouver. 

M. Bergmans n'est pas partisan d'une reproduction 
tout a fait textuelle. 

Le voeu de M. de Marneffe, tendant k voir les textes 
anciens fidelement reproduits, en respectant les abrevia- 
tions et la ponctuation primitives, est rejete .par parite 
de voix. Celui de MM. Hecq et de Raadt, souhaitant 
de voir les pouvoirs publics doter les ateliers officiels 
de signes paleographiques, et les societes engager leurs 
imprimeurs k les acquerir, est adopte. 

11""* Question. — - Quellcs sont les plus ancienncs monnaics 
frappecs a M alines ? 

M. L. Van den Bergh lit un chapitre d'un ouvrage 
qu'il se propose de publier, relatif a Thistoire monetaire 
de la seigneurie de Malines. II veut combler une lacune 
existant ici, tandis que sur ce point toutes les autres 
villes beiges ont deja une histoire parfaitement 6tablie. 



PC^n 



— 289 — 

L'origine des premieres monnaies malinoises n*est pas 
clairement prouvee; toutefois, Tavis g6n6ral est, qu'il 
faudrait consid6rer comme les plus anciennes pieces 
connues, celles qui furent frapp6es au IX™* sifecle, sous 
Tepiscopat de Notger. M. Van den Bergh fournit encore 
nombre de details au sujet des premieres monnaies 
connues, et decrit les pieces qui en proviennent. 

M. DE Raadt fait quelques restrictions relatives k la 
partie historique du travail dont il vient d'etre donn6 
lecture. 

La stance est levee a 11 heures. 

Le Secretaire, 

Fernand Donnet. 

S6ance du lundi g aout, k 2 heures 

Le bureau est compose de : MM. Hans Hildebrand, 
president, Fernand Donnet, secretaire, et Th. de Raadt, 
rapporteur. 

Sont presents : MM"*" Wauwermans, Burls, comtesse 
de Nahuys, baronne van Zuylen; MM. J. Willems, du 
Trieu de Terdonck, Leop. Godenne, Henri Op de Beeck, 
Ed. Magnus, van Hoobroeck de ten-Hulle, Alf. Andre, 
Cron, A. Habets, Kaisin, Felix de Monnecove, L. Vau- 
tier, Th. Janssens, A. Janvier, abbe N6ve, general Wau- 
wermans, G. Hecq, abbe Renard, A. Eeckman, abbe 
Flahault, E. Matthieu, A. Demeuldre, Boissonnet, Paul 
Bergmans, C. Snoeck, E. Serdobbel, chevalier Soenens, 
baron R. van den Branden de Reeth, L. Van den Bergh, 
H. Cordemans, Ed. Poncclet, comte F. van der Strae- 
ten-Ponthoz, Aug. Van Speybrouck, Alb. Nobels, Fre- 
derichs, L. Stroobant. 

Xni"* Question. — // est desirable que dans tons les 
itablissements d'etiseignement 77ioyen, les coiirs d'histoire et de 

19 



1 



— 2go — 

geographic soient confies h des specialistes possedant le dipldme 
de jiodeur en philcscphie et lettres. 

M* Tabbe Cauchie, I'auteur du voeu imprime dans le 
programme du Congr^s, demande que les cours d'his- 
toire et de geographic soient disjoints dans les etablisse- 
ments d'instruction. lis ont chacun une importance assez 
grande, pour que des professeurs speciaux soient mis a 
leur t6te. 

M. Tabbe Renard appuye vivement la proposition de 
M. Tabbe Cauchie. II trouve egalement que partout This- 
toire est tout a fait favorisee au detriment de la geogra- 
phic. Le programme des etudes de Tuniversitfe de TEtat 
en fournit une preuve peiemptoire. Neuf heures soht, 
par semaine, r6servees a Thistoire, tandis qu'une seule 
heure est consacree a la geographic. De plus, le premier 
enseignement se donne pendant deux ann6es, tandis que 
le Second est termine en un an. Autrefois, Timportance 
de la geographic etait bien mieux appreciee, et aujour- 
d'hui encore, il faudrait contribuer k la diffusion de cette 
science si utile et k laquelle tant de personnes s'inte- 
ressent, comme le prouve surabondamment la vogue 
incontest6e dont ont joui toutes les communications 
quelconques qui avaient rapport aux derni^res explora- 
tions, telles que celles de Stanley, Nansen, etc. L'orateur 
conclut en emettant le voeu de voir apporter des modifi- 
cations au programme de Tenseignement universitaire, 
en accordant une part plus importante aux cours de geo- 
graphic, et en instituant des professeurs speciaux pour 
etre places a leur t6te. 

M. le L^ g6n6ral Wauwermans, A son tour, appuye les 
voeux emis par les deux orateurs precedents; toutefois, 
il fait remarquer que la r6forme demand 6e serait assez 
difficile ^ obtenir, vu que par suite de rinf&riorit^ actuelle 



— 291 — 

de Tenseignement geographique, les professeurs capables 
seraient difficiles a recruter, et qu'il faudrait peut-etre 
s'adresser 4 T^tranger pour en trouver. 

M. JuLBS Frederichs n'est pas tout k fait du m6me 
avis; il critique Textension qu*on voudrait donner a la 
geographic, et trouve que les cours sont actuellement 
deja assez surcharges. 

M. Tabbe Renard lui repond, et insiste encore sur la 
necessite de separer Tenseignement de Thistoire d'avec 
celui de la geographic. Le voeu qu'il soumet au bureau 
est adopte par la section. 

M. Matthieu. — Le voeu formule par M. Tabbe Cau- 
chie rencontrera certainement Tappui de toute Tassem- 
bl6e. Mais il convient de chercher k lui faire produire 
des effets pratiques; et dans ce but, je demanderai a la 
section de le completer, en priant le bureau du Congrds 
de vouloir bien Padresser non seulement au Gouverne- 
ment, mais en outre a tous les directeurs d'6tablisse- 
ments d'enseignement moyen libres. 

Voici comment je formule cette proposition : 

« II est desirable : 

» jo que, dans tous les etablissements d'enseignement 
» moyen, les cours d'histoire et de geographic soient 
» confies a des specialistes possedant le diplome de doc- 
» teur en philosophic et lettres ; 

» 2° que, dans la formation universitaire, il soit ac- 
» corde une place plus considerable a renseignement de 
» la geographic ; 

» 3^ qu'en attendant la creation d'un doctorat spe- 
» cial en geographic, renseignement de la geographic 
» physique soit confiee a un docteur en sciences ». 

Les njembres se declarent d'accord sur ce point. 



1 



— 292 — 

VI"* Question. — Quelle est Vorigine des Grimberghe et 
des Berthout qui en sont issus, et quelle itait leur condition 
sociale et politique ? 

M. DE Makneffe fait part du r6sultat des recherches 
qu'il a faites sur ce sujet et qui lui font supposer que, 
suivant toute vraisemblance, les Berthout formeraient 
une branche cadette de la famille des comtes de Louvain 
et seraient allies aux dues de Brabant. Au XII"* siecle, 
les membres de cette puissante famille jouent un role 
important; on les voit figurer dans une foule d'actes de 
donations et autres; leurs biens sont immenses et de- 
notent une grande richesse. Une charte de ii34, inte- 
ressant les d'Aerschot, montre des membres de la famille 
Berthout figurant parmi les signataires, ce qui ferait 
6galenient pr6sumer des liens de parents. 

M. DE Raadt confirme les deductions deM.de Mar- 
neffe et donne quelques details sur la puissance de la 
famille Berthout. 

V"' Question. — Le peinire Fratis Hals est-il originaire 
de M alines ? 

M. L. Stroobant croit, apr^s recherches dont il ex- 
pose le resultat, pouvoir affirmer que Frans Hals est 
Malinois. Jusqu'ici Torigine de ce peintre n'avait jamais 
encore 6t6 positivement 6tablie. Dans les actes de nais- 
sance de plusieurs de ses enfants, n6s d. Harlem, il figure 
sous la qualification d'Anversois; par contre, des biogra- 
phies de Tepoque le decorent du sobriquet de geboren 
maanblusscher, ce qui constituerait un argument en faveur 
de Malines. M. Stroobant a tache de reconstituer la g6- 
nealogie des Hals. II a reussi i les retrouver nombreux 4 
Malines, et a 6tablir leur descendance jusqu'd. un certain 
Frans Hals; 4 partir de cette epoque, ils disparaissent 



r 



— 293 — 

de Malines. Par centre, avec le peintre Frans Hals, 
ils paraissent et se multiplient k Harlem. Se basant sur 
ces concordances, sur les similitudes de prenoms et sur 
d'autres presomptions, M. Stroobant, sans pouvoir ce- 
pendant produire de preuve positive, croit pouvoir affir- 
mer Torigine malinoise du c6lfebre artiste. 

Vn°* Question. — La situation des peupies qui habitaient 
la Belgique d I'arrivie de Cisar, correspond beaucoup plus 
exactetnent qtion ne le suppose generalement aujourd'hui avec 
les divisiofis eccUsiastiques de notre pays an moyen age. 

M. Jules Fr^derichs, Tauteur de cette question, 
prouve sa th6se au moyen de nombreux arguments pul- 
ses dans rhistoire des premiers temps de la conquete 
romaine. On trouve, k cette epoque, les Morins occupant 
le territoire qui, plus tard, forma I'6v6ch6 de Therouane, 
tel qu'il fut constitu6 apr^s Tintroduction du christia- 
nisme dans nos contr6es, et tel qu'il subsista jusqu'^ la 
creation, en iSSg, sous Philippe H, des nouveaux ev6- 
ches. Cest ainsi encore que les Atrebates habitaient dans 
les limites attributes dans la suite a Tev^che d' Arras, les 
Nerviens dans celui de Cambrai, les Trevires dans celui 
de Treves, les Bataves et les Frisons dans celui d'Utrecht, 
etc. II n'y a lieu de faire une leg6re exception que pour 
les M6napiens, les Aduatiques et les Eburons qui, ^ 
Parriv6e de C6sar, occupaient en partie des territoires 
plus etendus et appartenant aux peuplades voisines. 

La seance est lev^e k 4 heures. 

Le SecrHaire, 

Fernand Donnet. 



— 294 — 
Seance du mardi lo aoilt, a g heures 

Prennent place au bureau : MM. Hans Hildebrand et 
baron de Maere, presidents, Fernand Donnet, secretaire, 
et Th. de Raadt, rapporteur. 

Sont presents : MM. L. Guignard de Butteville, Felix 
de Monnecove, Tabbe Deselve, A. Favier, Boissonnet, 
H. Cordemans, L. Paris, Ed. de Marneffe, Eug. La- 
meere, Ernest Coene, chevalier Soenens, abbe Cauchie, 
Snoeck, Lebon, Clement Lyon, Stroobant, Leon de 
Cannart d'Hamale, vicomte Desmaisieres, Jules Frede- 
richs, Van den Bergh, H. Le Bon, D' Jacques, D*^ Van 
Doorslaer. 

La seance est pr6sidee par M. le baron de Maere. 

XI V"^ Question. — Quel role les chapitres ecclesiastiques 
ont-ils exerce dans les Pays-Bas, stir I' organisation de Ven- 
seignement ? 

M. Ernest Matthieu prouve le role important que 
les chapitres ecclesiastiques ont exerce dans les Pays- 
Bas, sur Torganisation de Tenseignement. D6ja en 787, 
Charlemagne ordonne aux eveques et aux monasteres de 
creer des ecolatres capables de diriger la marche de I'en- 
seignement dans les ressorts des cath6drales et des 
monasteres. M. Matthieu passe ensuite en revue les 
divers chapitres qui furent crees si nombreux dans nos 
provinces et constate que presque tous ouvrirent des 
ecoles publiques ; il signale en m^me temps quels etaient 
les droits et prerogatives qu'ils concedaient aux ecolatres. 

IX™* Question. — Peut-on forntuler certaines regies en 
vtie de I' explication itymologique des notns de lieux ? 

M. DE Marneffe, 6tudiant cette question, pose en fait 
que les noms de lieux ont et6 donnes pour une raison 



— 295 — 

quelconque et qu'ils ont done k t^ute evidence, une 
signification d6terminee. La diffigalte de retrduver cette 
cause premiere est parfois fort grande, aussi ne faut-il 
pas s'etonner de voir beaucoup de ces problfemes r^solus 
d'une maniere trfes hasardee. Ces solutions vicieuscs sont 
parfaitement compr6hensibles et ceux qui les ont com- 
n>ises, ont agi ainsi faute de mdtbode raisonnee et faute 
d'etude scientifiquement conduite. II faudrait done £ta- 
Wir des regies permettant d'obtenir un r6sultat exact, et 
dans c^ ordre d'idees, I'orateur donne quelques indica- 
tix>ns generales. II faudrait d'abord proceder a une iden- 
tification preliminaire, puis controler soigneusement la 
source d'ou les noms sont extraits; ensuite observer et 
classer, d*apr6s les lois phon6tiques, les Elements divers 
dont ils sont composes, tels que : radical, desinence, etc. 
II serait 6galement tr^s utile de dresser des cartes per- 
mettant de reconnaitre les parages dans lesquels pa- 
raissent reguli^rement un nom ou un radical determine. 

M. DE MoNNECovE trouvc qu'il est p6rilleux d'etablir 
des regies g6nerales; dans tous les cas, il y a lieu de re- 
monter ^ I'origine du nom, tout en consid6rant que la 
voie 4 suivre peut differer suivant la langue qui a ete 
employee. A ce sujet il expose les preceptes enseignes en 
France, par les principaux professeurs, et il y joint cer- 
tains exemples qu'il a pu relever au cours de ses etudes 
personnel les. 

■ 

M. Hans Hildebrand expose 4 son tour quelles ont 
6te les etudes produites en Suede, sur ce m6me sujet. II 
cite de nombreux exemples et les r6soud au moyen des 
lois de la toponymie, en honneur dans sa patrie. II y a 
lieu d'observer que ces lois, fort judicieuses, sont appli- 
queesd*apresdes principes ayant une grande analogic avec 
ceux que M. de Marneffe vient de prcconiser. II cite 
ensuite d'autres exemples encore, puises dans la topolo- 



— 296 — 

m 

gie danoise, et constate de curieux rapprochements avec 
des noms de lieux usites en Normandie. 

M. E. Matthieu est d'avis que les iddes que vient de 
developper M. de Marneffe sont excellentes. Toutefois, 
il ne faut pas oublier qu'il importe de se preoccuper de 
recueillir d'une maniere systematique et complete tous 
les noms de lieux. L'utilit6 de ces travaux a et6 d6mon- 
tree au Congrfes de Namur, par un de nos historiens les 
plus eminents, M. G. Kurth. Un specimen de semblable 
etude a ete public dans les Annales de la Federation; 
M, Kurth a tenu, en effet, apris avoir sollicite tous les 
travailleurs a s'occuper de cette int6ressante question, a 
montrer le premier Texemple. Nos societes federees n'ont 
gu^re jusqu'ici edite de ces glossaires toponymiques, et 
il y aurait avantage A les amener i entrer dans la voie 
qui leur a ete indiquee des les premieres reunions de 
notre Federation. II demande en consequence a la sec- 
tion, de vouloir bien renouveler le voeu si eloquemment 
d6veloppe k Namur, par M. Kurth. 

Void en quels termes il pourrait 6tre formule : 
<c Le Congr^s, reconnaissant la haute utilite des etudes 
» etymologiques, emet le voeu de voir des societes fede- 
» rees publier des glossaires toponymiques des com- 
» munes de leur region, avec indication tr6s precise des 
» sources ». 

XI"**" Question. — Quels sont les plus anciens sceatix 
armories en Europe ? 

M. DE Raadt expose rapidement les circonstances qui 
amen^rent la creation des armoiries et signale le sceau 
de Philippe d' Alsace, comte de Flandre, comme le plus 
ancjen qui ait ete rencontre jusqu'a present. II se trouve 
appendu a des chartes de 1161 a 1177 et porte un lion. 

Un des plus anciens sceaux armories connus est celui 



r 



Fig. t. — Sceau de Philippe d'Alsace, 



- Coatre-scel de Piui.u>pe d'Alsacx, comte de Fliuitli« 

(dVprti DOC dune dc ii$>) 



— 299 — 

de Rasse de Gavre, de 1179. Le cavalier porte un bou- 
clier que Ton remarque sur le contre-scel d'un autre Rasse 
de Gavre, seigneur de Boulaere, d'apr6s une charte 
de 1210. 

Ces importants documents sigillaires ont et6 repro- 
duits par M. le comte de Limburg-Stirum, dans son 
memoire intitule : Les sceatix de la famillc de Gairre (Bru- 
xelles, 1891). 

Ce fut dans la seconde moitie du XI I""* siecle que 
beaucoup de families dynastiques adopterent des armoi- 
ries dans leurs sceaux. D'autres, et non des moins puis- 
santes, n'en adopterent que vers la fin de ce siecle, ou au 
commencement du XIII"*. 

Cest ainsi queGodefroid III, le Courageux, comte de 
Louvain et due de Lothier, ne poss^de pas encore de 
sceau armori6 (fig. 3, page suivante). 

Son successeur, Henri P', est le premier prince bra- 
banfon qui orne son bouclier d'un blason : le lion. 

M. de Raadt exprime le voeu de voir signaler des 
sceaux armories anterieurs k celui de Philippe d'Al- 
sace. 

M. Stroobant appelle Tattention des jnembres de la 
section, sur Toeuvre considerable, actuellement en cours 
de publication, de Thonorable preopinant. Les Sceaux 
armories des Pays-Bas et des pays avoisinants sont de nature 
a rendre de signales services aux h6raldistes, aux histo- 
riens, ainsi qu'aux genealogistes. Les fascicules parus 
contiennent une foule de renseignements inedits et int6- 
ressants sur les families de notfe pays. Outre la descrip- 
tion du sceau porte par le personnage renseigne, Tauteur 
donne Tanalyse sommaire des actes ou le sceau decrit se 
trouve appendu. Le tout est puise a des sources purcs, 
soigneusement indiquees, qui permettent au chercheur 
d'y recourir sans difficulte. 



— 3oo — 

M. PoNCELET fait parvenir k la section la note sui- 
vante : 

On peut constater, en 6tudiant les chartes du moyen 
^e, notamment celles des XIII"" et XIV°" siecles, I'im- 
portance de la sigillographie, non seulement au point de 
vue de I'identification des personnages qui figurent dans 
les actes comme comparants ou comme temoins, mais 
aussi pour I'^tymologie des noms de licux. 



Fig. 3. — Sceau de Gouefroid III, comte de Louvain, due de Lothier 



Ainsi, les seigneurs ou chevaliers de Familleureux sent 



— 3oi — 

ordinairement qualifies sur leurs sceaux : Le famil- 
leux (i). 

Le nom de Bienne-Iez-Happart, commune de la pro- 
vince actuelle de Hainaut, a fait naitre les interpretations 
les plus diverses et les plus extraordinaires ; on a 6te jus- 
qu'a y trouver un Haut port (2); or, nous avons trouve une 
charte, d'avril 1271, portant, d'aprfes le contexte, le sceau 
du chevalier Pierre de Bievcne, ancienne forme des mots 
Bienne, Biesme, etc. Or, le sceau en question porte le 
blason de la famille de Bienne (un ecu k la fasce et au 
lion brochant) et la legende suivante : ►J^ S* Pieron Ha- 
part sing, de Bievne [chevaliejr (3). 

Happart est done le nom ou le sobriquet du seigneur 
d^ Bienne, et la terre de Bienne a pris, conime cela 
arrivait parfois, le nom du seigneur (4). 

M. HiLDEBRAND ajoute qu'en SuMe, le plus ancien 
sceau armorie connu date de 12 19. 
La stance est levee an heures. 

Le Secretaire, 

Fernand Donnet. 

Stance du mercredi 11 aout, k g heures 

Le bureau est compos6 de : MM. Hans Hildebrand, 



(i) Voyez la charte de Tabbaye de Bonne- Esp^rance, de Tan 1271, par 
laquelle Nicole, sire de Familleureux, declare n'avoir nul droit de faire nl 
de tailler chemin, ni voie ni devise, ni cerquemana^e en tout le territoire 
de Courri^res; le sceau porte la 16gende s' Nicholai U famiW militis, — Dans 
une charte de la m^me abbaye, de Tan 1276, Colart de Familleureux use 
d*un sceau portant Tinscription : 5. Colart le Famillevs (Archives del'Etaf, d 
Moms). 

(2) Chotin, Etudes archeologiques et c/ymologigtus sur le Hainaut, /». 33S. 

(3) Charte originale de Tabbaye de Bonne- Esp6rance. Voyez J.-Th..de 
Raadt, Sceaux armories des Pays-Bas et des pays avoisiiianis, p. 25o. 

(4) Notamment Villers Sire Nicole, commune du d6partement du Nord, qui 
doit son nom k Sire Nicole de Barbanson, 



— 3o2 — 

president, Fernand Donnet, secretaire, et Th. de Raadt, 
rapporteur. 

Ont signe la liste de presence : MM. Clement-Lyon, 
Matthieu, Frederichs, abbe Cauchie, Paul Bergmans, 
H. Cordemans, Van Doorslaer, Guignard de Butteville, 
A. Favier, de Marneffe, Magnus, chevalier Soenens, 
abbe Kempeneer, G. Sens, Lameere, Van den Bergh, 
Stroobant, Daimeries, Foils, A. Demeuldre, Willems, 
Felix de Monnecove, comte van der Straeten-Ponthoz, 
Jos. N6ve, de Villenoisy, D' Jacques, A. Habets, baron 
Ch. Gilles de Pelichy, Alois Vaiiderauwera, prince Paul 
Poutjatine, Ernest Coene. 

XV"* Question. — Sur les emprnnts f aits par les villes de 
la province de Flandre, de iSSo It i66S, pour subvenir aux 
frais de la guerre. 

M. le comte de Hauteclocque lit un travail sur cette 
question, dans lequel il enum^re, en les detaillant, toutes 
les levees de fonds qui durent etre faites pour permettre 
de couvrir les grandes ddpenses occasionnees par les 
luttes nombreuses dans lesquelles la Flandre dut inter- 
venir pendant la periode de i55o k i665. 

IV"' Question. — Bibliographie Malinoise. Origifie dc 
rimprimerie a M alines, 

M. Cordemans assure que Ton doit remonter fort haut 
pour retrouver trace de Tintroduction de Timprimerie a 
Malines. Celle-ci aurait, pour la premiere fois, ete mise 
en pratique au convent de Bethanie. Cest dans Tenceinte 
de ce monastere de religieuses, ofi, depuis longtemps on 
s'occupait de la copie des manuscrits, qu'en 1464 on edifia 
un batiment special pourune imprimerie xylographique. 
Peu apres, Tart typographique y aurait et6 importe, pro- 
bablement d'AUemagne, les religieuses de B6thanie d6- 



— 3o3 — 

pendant du monast^re d'Hildesheim. L'orateur trouve 
des arguments pour appuyer sa th6se, dans un inventaire 
manuscrit de 1466, des biens de la dame d'Heynsberg, 
qui habitait et deceda au convent, ainsi que dans la 
production de diffe rentes pieces sorties des presses de 
B6thanie, et dans lesquelles on remarque des parties 
imprimees xylographiquement et d'autres obtenues au 
moyen de caract^res mobiles. 

M. Paul Bergmans conteste la valeur des arguments 
produits par M. Cordemans. D'apres lui, le mot formcrij 
qui se trouve dans Tinventaire, n'indique pas une impri- 
merie, mais probablement rinfirmerie. II doute egalement 
de Tauthenticite du placard de 1467. II en analyse la 
composition et les details d'impression et se declare tres 
incredule quant k son authenticity. II conclut en con- 
statant qu'on imprimait au XV™' siecle, au convent de 
B6thanie, des images pieuses, mais que rien ne prouve 
I'existence, ^ cette epoque, d'un atelier typographique. 

A propos d'une remarque de M. Bergmans, qui trouve 
etrange qu'a la fin de la piece les noms de Beighe, Loin, 
Heijnsberch, etc., figurent sans pr6noms, M. de Raadt 
fait remarquer que cette objection est tres sferjeuse, at- 
tendu que, en effet, autrefois, le prenom louait un role 
preponderant, au detriment du nom de famille. 

Toutefois, la reponse n'est pas difficile. 

Ces noms : Berghe, Loen, Heijnsberch, Rijswijck, Chaboih, 
Nassau, etc., appartiennent a des jeunes fiUes qui, d'apres 
la chronique conventuelle, entrerent, toutes, a Bethanie, 
en 1455, et qui auront fonde, dans leur convent, des an- 
niversaires pour leurs plus proches parents decedes. 

Les noms de la pi^ce ne se rapportent done pas — 
ainsi que le pense M. Cordemans, — aux demoiselles 
elles-mdmes, mais aux membres de leurs families, cit6s 
dans les actes de fondationt 



— 3o4 — 

D'ailleurs, Odile de Nassau vivait encore en 1474! 

Bidde voer die van berghe, etc., est une fagon de parler, 
parfaitement en rapport avec le style des XIV"*" et XV"** 
si^cles. Cela revient k dire : « Priez pour ceux des mai- 
sons de Berg-op-Zoom, Looz, etc. ». 

MM. Cordemans et Bergmans echangent encore une 
suite d'id6es, pour defendre leur thfese mutuelle, et per- 
sistent chacun dans leur mani^re de voir personnelle. 

XVI""* Question. — Quelle est I'origine du conseil des 
finances des anciens Pays-Bas ? 

M. KuG. Lameere presente un tableau r6capitulatif 
de tons les travaux qui prec^demment ont ete publics et 
qui s'occupaient du conseil ambulatoire et du conseil des 
finances, dont Texistence offre tant de similitudes. Quant 
a Porigine du dernier, il croit pouvoir la fixer ci rann6e 
1438. Plus tard, de nombreuses ordonnances ont 6te 
edict ees pour en regler les droits et prerogatives et dans 
cet ordre d'idees, il y a lieu de specialement rappeler 
celles qui datent de 1447, 1467, 1471, 1487, 1497. Parmi 
ces documents officiels, celui de 1487 a une importance 
particuli^re, parce qu'il definit clairement la competence 
du Conseil, et celui de 1497 egalement, parce qu'il sert 
de base k toutes les prescriptions qui furent edict6es 
posterieurement. 

Ill"'* Question. — Faire connaitre les medecins malinoh 
et leurs ecrits, et etablir par leur biographie et une biogra- 
phie raisonnee, la part qu'ils ont prise dans le pr ogres des 
sciences medicates. 

M. le D' G. Van Doorslaer voudrait que dans chaque 
ville on s'occupslt a rassembler les documents int6ressant 
directement Thistoire medicale locale, afin de permettre 
un jour de composer, au moyen de monographies exactes, 



— 3o5 — 

une histoire g6n6rale de la medecine en Belgique. II 
convie les arch6ologues a recueillir tous les documents 
de ce genre qu'ils pourraient rencontrer dans leurs 
recherches, et a les communiquer aux societes historiques 
locales. 

M. Fernand Donnet, pour r6pondre 3l cet appel, dit 
qu'il a reussi, il y a quelques annees, a se rendre acqu6- 
reur de tous les papiers delaisses par le pharmacien 
malinois Rymenans, qui a joue un role important dans 
sa ville natale, sous Toccupation franfaise. II promet 
d'en faire part au Cercle Arch6ologique de Malines. 

VI 1 1*"* Question. — La question des avoueries en Bel- 
giquc, mise au concourspar I'Academie Roy ale en 1834, a-t-elle 
fait quelque progris depuis cette epoque ? Ne serait-il pas utile 
de reprendre cette question ? 

M. Ernest Matthieu regrette Tabsence de M. le 
Chanoine Delvigne, qui a propos6 Texamen de la ques- 
tion des avoueries. Le Congr^s de Bruxelles, en 1891, 
s'est occup6 deja de ce sujet (i). Son origine se rattache 
intimement au droit de Timmunite. 

L*avou6, au moyen age, etait plus specialement celui 
qui jurait de proteger et d'assister un etablissement ou 
une communaute religieuse. . 

L'institution des avoues en Belgique remonte aux pre- 
miers temps de notre histoire. Un diplome de 644, 
emane du roi Clotaire III, est le plus ancien acte ou le 
mot advocatus est employ6 dans le sens special de protec- 
teur d'une institution ecclesiastique. 

II faut rejeter la distinction proposee par le baron de 
Saint-Genois, entre Tavouerie militaire et Tavouerie judi- 
ciaire; elle ne se justifie par aucun texte. 



(i) Annales de la Fidiration Archcologiquc ei Hisiorique de Belgique, t. VII, 
^m partie, pp. 288-291, 323-326. 



20 



— 3o6 — 

L'avouerie eut dans les provinces beiges un caractdre 
exclusivement eccl6siastique. EUe finit par se transfor- 
mer, sous Tempire de la feodalite, en fief. 

A Torigine, elle presenta des avantages, et fut rcgardee 
comme une protection et un bienfait. Mais a dater du 
XII™'' siecle, elle commen^a a etre regardee comme une 
charge lourde et onereuse pour les abbayes, et ces insti- 
tutions s'efforc^rent de s*en affranchir. 

II serait interessant d'etudier dans des monographies 
speciales, I'origine, les vicissitudes et les transformations 
de chaque avouerie des provinces beiges. Ce serait le 
moyen de degager de ces divers travaux des conclusions 
historiques indiscu tables. M. Matthieu a public une 
etude sur l' Avouerie de Mons, et il a pu etablir qu'il s'agis- 
sait d'un avoue subalterne sur lequel le comte de Hainaut 
se dechargea d'une partie de ses obligations, comme 
avoue du chapitre de Sainte-Waudru, a Mons. 

M. Tabbe Cauchie analyse les publications diverses 
qui, pendant ces dernieres annees, ont ete publiees et 
qui s'occupent specialement des avoueries. 

XII"'' Question. — Rectifications des armoiries commu- 
nales inexact es. 

M. DE Raadt constate que cette question figure a 
Tordre du jour de nos congres depuis Tannee 1891, et 
que, depuis lors, il en a demande le maintien, pour qu'il 
soit montre aux chercheurs que nous n'avons discontinue 
de nous interesser a la rectification des nombreuses ar- 
moiries communales inexactes. 

II rappelle s'etre occupe, dans une etude speciale (1), 
de celles de Malines, et avoir retrace leur historique, 
avec pieces a Tappui. 



(i) Les Armoiries des Berihout et de Malines (Malines, saus dale) [iSqx]. 



— 3o7 — 

D'apres lui, cette cite devrait porter : d'or i trois pals 
de gueules, charge en cceur d'un ecusson d'or, a I'aigle 
de sable, si Ton veut, languee, becquee et membree de 
gueules. L'ecu somme, on d'une couronne, et, alors, ni 



Fig. 4. — Armoiries actucUes de la ville de Malines 

casque, ni cimier, ou bien d'un casque couronn6 (c'est-a- 
dire couvert de I'antique couronne heraldique). Lambre- 
quins : d'or et de gueules. Cimier : un ecran echancr^, 
aux armes de I'ficu, sans I'ecusson en cceur, les pointes 
garnies de plumails de sable, cimier primitif des Ber- 
thout, ou bien, si on le prefere, un dragon entier. 
Tenants ; les deux hommes d'armes que Ton remarque 
sur les sceaux des ^chevins de Malines. Devise : In 
TROUWEN VAST, en lettres d'or, sur un Hstel de sable. 

Sa fafon de voir, dit M. de Raadt, est enti^rement 
partagee par M. V. Hermans, I'archiviste de Malines, et, 
il y a plusieurs ann6es, M. Broers, bourgmestre de cette 
ville, a bien voulu lui faire esp6rer une d6marche du 
conseil communal, tendant k obtenir une rectification 
des armoiries sur les bases indiqu^es ci-dessus. 



— 3o8 — 

M. DE Raadt exprime le voeu de voir le Cercle ar- 
ch6ologique de Malines reprendre, prochainement, cette 
question. 



M. Matthieu. — La rectification des armoiries com- 
munales incorrectes que reclame M. de Raadt, soulfeve 
un probleme tres complexe. Quelles sont les regies a 
suivre en cette matiere? Le sceau doit-il simplement 
reproduire les armes de la ville, ou doit-on y faire figurer 
les meubles, en s'inspirant des anciens monuments sphra- 
gistiques? Ce cas se presente actuellement pour la ville 
de Binche. Des documents posilifs attestent que les 
armoiries de la cite etaient un lion; on les retrouve 
notamment sur le linteau d'une cheminee antique de 
rhotel de ville. Les sceaux representent un chateau; le 
type le plus ancien, appendu k un acte de 1246, donne 
un chateau muni de cinq creneaux ; le contre-scel porte 
une banni^re au lion rampant, senestre d'un chateau. 
Les matrices furent renouvelees a diverses 6poques, 
notamment en 1579, en vertu d'un octroi du grand bailli 
de Hainaut. Ce dernier sceau off re en demi- relief un 
chateau flanque de quatre tours cylindriques, A, dextre, 
Tecu aux quatre lions, armoiries du Hainaut, et a se- 
nestre, Tecusson aux arnles de Binche : un lion. Ces 
matrices, qu'on possede encore, furent gravees par Jean 
Gouvion, orf^vre montois. 

En execution de Tarrete royal du 6 fevrier 1837, la 
ville de Binche obtint, le 3o juin i838, Tautorisation de 
reprendre ses anciennes armoiries : dWgent ^ un lion de 
sable, arm6 ct lampasse de gueules. Plus tard, Tadmi- 
nistration communale reclama une rectification et fut 
autorisee, par arrete du 26 mai 1857, ^ reprendre les 
armoiries conformes au sceau de 1579, et decrites en ces 
termes : d'azur au chateau d'or, accompagn6 de deux 
6cus8ons; celui t dextre, aux armes du Hainaut; Tautre 



I 



I 

I 



— 309 — 

k senestre, d'argent au lion de sable, arme et lampasse 
de gueules (i). 

Entre ces deux sceaux moderncs, Tun comprenant 
exclasivement les armoiries de la ville, Tautre reprodui- 
sant le type des anciennes matrices, lequel doit ctre 
considere comme absolument correct? M. de Raadt, qui 
a une grande competence en ces matieres, ne voudrait-il 
pas donner une solution? 

XVII ""-' Question. — De la publication, stir fichcs, de la 
bibliographie courante de I'histoirc de Bclgiquc. 



M. EuG. Lameere trouve qu'il y aurait une reelle uti- 

lite pour les chercheurs, k 6tre tenus minutieusement au 

courant de tout ce qui, en Belgique, pent offrir un interet 

direct pour Thistoire ou Tarch^ologie. Dans cet ordre 

I d'idees, il serait desirable que les Societes federees en- 

[ voyent reguliferement a Bruxelles, a la redaction du 

bureau historique et archeologique, les publications di- 

5 verses qu'elles editent, ou tout au moins le sommaire 

des matieres pajues dans les publications ou discutees 

dans leurs reunions. 



XVIII*"^ Question. — De rinstitittion de cotirs populaires 
et locaux d'histoire et d'archeologie de Belgique. 

M. EuG. Lameere emet le vceu de voir les societes 
federees organiser des cours populaires d'histoire et 
d'archeologie de Belgique, de maniere a initier le plus 
possible le public a des sciences qui ne seraient pas assez 
etudiees et connues s'il 6tait laisse k initiative particu- 
lifere de chacun, le choix de s'y appliquer. 



(i) Sur les sceaux et armoiries de Binchc, voir Th. Lejeunk, Hisioirc de la 
viUe de Binche, — E. Matthieu, Les sceaux de la ville de Binche, Louvain, 1888. 
— AnnaUs du Cercle archeologique de Mons, tome II, pp. gz et suiv.; tome XXII, 
pp. i3 et siiiv. 



— 3io — 

M. Matthieu. — La mesure preconisee par M. La- 
meere a deja ete realisee, sous certains rapports, par le 
Cercle archeologique de Soignies. Cette societe, jeune 
encore mais trfes active, organise chaque hiver des confe- 
rences locales bien suivies, sur des questions d'histoire 
et d'archeologie. L'exemple est utile a signaler a nos 
associations et serait un moyen pratique d'atteindre le 
but vise par la proposition de M. Lameere. 

Voeu de M. Clement Lyon, sur Tetat-civil ancien : 

« i^ De voir le gouvernement decider que tous les 
» anciens registres paroissiaux des pays, deposes actuel- 
» lement dans les bureaux d'etat-civil, dans les greffes 
» des tribunaux ou chez des particuliers, soient verses 
» dans les depots de TEtat, reserves aux archives provin- 
» ciales, oil ils pourraient etre plus facilement consultes 
» par les interesses ; 

w Qu'aussitot ce depot effectue, il soit, par les soins 
)) des archivistes, dresse des tables d^apres une mdthode 
w adoptee et uniforme ; 

» 3° que des mesures soient prises pour assurer leur 
» bonne conservation pour la reliure ou la reparation 
» des pages moisies ou lac^rees ». 

La section ayant rejete ce voeu, M. Lyon le modifia 
ainsi, en suite d'une proposition de M. Tabb^ Cauchie : 

« Etant donne Timportance des anciens registres pa- 
» roissiaux, le Congres prie le Gouvernement de prendre 
» des mesures pour leur conservation. » 

M. Clement Lyon se plaint de Tetat miserable dans 
lequel se trouvent, dans beaucoup de communes, les re- 
gistres paroissiaux, II voudrait voir tous ceux qui actuel- 
lement sont deposes dans les bureaux d'etat-civil, dans 
les greffes des tribunaux ou chez des particuliers, reunis 
et confies aux depots d'archives provinciaux. Les archi- 
vistes seraient alors charges d'assurer leur conservation 



I 



— 3ii — 

materiell^ et devraient faire dresser des tables qui per- 
mettraient de les consulter plus facilement. 

Les membres presents i la seance ne sont pas du tout 
partisans de ce syst6me, ils reconnaissent Timportance 
des anciens registres paroissiaux, mais sans preconiser 
aucune mesure de centralisation ou de vulgarisation ; ils 
sont simplement d'avis que le Gouvcrnement pourrait 
intervenir pour assurer leur conservation. 

M. Matthieu. — La realisation des voeux formules 
par M. C. Lyon se heurte a de tres graves questions 
juridiques. Les mesures de conservation des anciens 
registres paroissiaux de T^tat-civil sont de la plus haute 
importance, et il est regrettable que le peu d'heures dont 
nous disposons ne permettent de discuter d'une mani6re 
approfondie les propositions dont nous sommes saisies, 
Les intentions de M. Lyon rencontrent, je n'en doute 
pas, Tentiere approbation de la section; mais nous ne 
pouvons, me semble-t-il, 6mettre en ce moment des voeux 
qui n'aboutiront a aucun resultat. Notre code civil et 
Tarticle de la Constitution attribuent au pouvoir com- 
munal la redaction et la conservation des registres de 
Tetat-civil. Jamais nous n'obtiendrons urie revision de 
cette disposition constitutionnelle, en vue de realiser les 
mesures preconisees par M. Lyon. Le Gouvernement 
nous opposera une fin de non recevoir. Dans un ordre 
d'idees bien moins grave que celui aborde par Thono- 
rable auteur des vceux que nous examinons, on s*est 
trouve aux prises avec la meme difficult^. Au Congres 
de Namur, la Federation avait adopte le vceu de voir 
deposer dans les. archives de TEtat, un double des tables 
alphab6tiques des registres paroissiaux de Tetat-civil. 
Le Gouvernement a fait connaitre que cette proposition 
exigeait une revision de la legislation sur Tetat-civil et 
qu'il ne jugeait pas utile de soumettre aux Chambres, 
un projet de loi modifiant les dispositions en vigueur. 



— 3l2 — 

La meme reponse serait faite si la section adoptait les 
propositions de M. C. Lyon. Si le Gouvernement n'a 
pas voulu admettre le depot des doubles des tables dans 
les archives de I'Etat, 4 fortiori se refusera-t-il a pres- 
crire Tenvoi des registres eux-mfemes dans ces etablis- 
sements. 

J'estime, avecM. Lyon, qu*il y a necessite de pourvoir 
a la conservation de ces precieux registres, mais le temps 
nous fait defaut, et j 'engage mon honorable collogue a 
remettre au prochain Congres Texamen de cette question 
d'un si haut inter^t historique. 

M, Fernand Donnet donne quelques details au sujet 
de deux faits qui interesseraient directement Thistoire lo- 
cale de Malines. lis se rapportent ct la refonte, par un 
fondeur Malinois, de Tartillerie d*une gilde bourgeoise 
d'Anvers et surtout a la confection de Tancienne chasse de 
S. Rombaut, dont toutes les parties sculptees ont ete 
executees par des orffevres anversois. 

M. GuiGNARD DE BuTTEViLLE prescntc quelques consi- 
derations sur la persistance de certains symboles h6ral- 
diques et leur transmission, d'une peuple a Tautre, et 
d'une famille a I'autre, et se plaint de n'avoir pu faire 
inserer ses observations dans les publications du dernier 
Congres. 

M. Matthieu. — La reclamation que Thonorable M. 
Guignard vient de formuler, au sujet des comptes rendus 
de sa communication, me vise directement. J'ai, en effet, 
rempli au Congres de Gand, avec M. Tabbe Cauchie, 
les fonctions de secretaire de la seconde section. II me 
suffira de rappeler a notre estim6 collogue, que si I'ex- 
pose de ses investigations, pour lesquelles il a recueilli 
de si nombreux documents, ne rend pas exactement sa 
pensee, il doit s'en prendre a lui seul. L'article II du 



— 3i3 — 

Reglement special du Congr6s de Gand present, aux 
membres qui prennent la parole, de remettre aussitot au 
secretaire, un resume sommaire des observations qu*ils 
ont presentees. M. Guignard aurait du me transmettre, 
en temps utile, le texte de sa communication, qui aurait 
ete ins6r6 au compte rendu de la seconde section. Toute 
facilite lui a ete accordee pour se conformer au regle- 
ment. Comme il ne Ta pas fait, Thonorable membre en 
subit les inconvenients et je n'ai pas, pour ma part, a 
encourir ses reproches. 

M. Fernand Donnet croit pouvoir se faire Tinterprete 
de la section, alu moment de la cloture des travaux, pour 
remercier les deux presidents : MM. le baron de Mae re 
et Hans Hildebrand, qui ont dirige avec tant d'autorite 
et de competence les d6bats. 

Cette proposition est unanimement acclamee. 

La seance est levee an heures. 

Le Secretaire, 

Fernand Donnet. 

proems -"X^er ban J De la 3*"^ Sectton 



Stance du lundi 9 aout, matin 

La seance est ouverte a g heures. 

Prennent place au bureau : M. C. Casati de Casatis, 
delegue du Ministre de Tlnstruction publique et des 
Beaux- Arts, de France, president; MM. les comtes de 
Marsy et Fr. van der Straeten-Ponthoz, general Wau- 
wermans, H. Hymans et Rob. Guerlin, vice-pr6sidents 
et membres du bureau; MM. Saintenoy et de Ghellinck 
d'Elseghem, rapporteur et secretaire. 

La premiere question a Tordre du jour est celle qui 



— 3i4 — 

concerne la publication par fiches des inventaires archeolo- 
giques. 

M. Paul Bergmans developpe la question proposee 
par lui. Bien souvent, deja, on a reclame la publication 
d^inventaires c^es oeuvres d'art contenues dans les collec- 
tions publiques et particulieres, L'utilite de ces inven- 
taires n'echappe a personne; mais tout le monde aussi se 
rend compte des diffirultes nombreuscs inherentes a la 
redaction et a la publication d*un catalogue general et 
detaille de toutes les richesses que le passe nous a leguees 
dans les differentes branches de Tart : 

i^ Difficultes de redaction. Personne ne possede des 
connaissances encyclopediques assez vastes pour assumer 
la responsabilite d'un pareil travail. II faut done evidem- 
ment recourir a la cooperation des specialistes, et c'est 
ici qu'apparait nettement Tutilite des societes d'archeo- 
logie. 

2^ Difficultes de la publication. Cet obstacle est peut- 
etre plus important encore. 

A raison de Tetendue du sujet, des mois,-des annees 
s'ecouleront avant que toutes les notices soient redigees 
et classees dans un ordre methodique. Un tel inventaire 
exige, en effet, que toutes ses parties soient non seule- 
ment a pied d'oeuvre, mais completement achevees, 
avant d'etre livrees a Timprimeur. Au bout de peu de 
temps, Tactivite des collaborateurs se ralentit, les notices 
dorment dans un carton, sans utilite pour personne. 
Pour y remedier, je propose de publier les catalogues 
sous forme de fiches libres, independantes. Chaque fiche 
est consacree a un objet, dont elle donne un croquis 
accompagne d'un texte redige par un homme competent 
en la matiere speciale dont il s'agit; les fiches sont 
signees et datees, ce qui leur confere une valeur propre 
et determinee. La fiche dont Tutilite n'est contcstee 
par aucun travailleur, a des avantages im menses. Grace 



r 

i 



— 3r5 — 

a elle, on peut commencer de suite a imprimer. Le 
classement se fait au.gre de chacun, et non plus suivant 
un plan uniforme, qui peut etre excellent, mais qui ne 
repond^mais aux exigences de tons les specialistes. Si 
\es decouvertes viennent infirmer les assertions 
iescription, inutile de le mentionner dans des 
que personne ne lit. On reimprime la fiche et on 
Trime Tancienne. Le texte doit etre concis et clair, et 
Iquer avec soin la bibliographic du sujet. 
. Bergmans montre comme specimen les deux pre- 
iieres livraisons de YInventairc archeologiqiie, public sur 
le plan propose par M. A. Heins et lui, a la Societe 
d'histoire et d'archeologie de Gand. 

Cette m^me question avait ete soulevee au Congres de 
Gand de i8g6, ou M. Victor Van der Haeghen appela 
I'attention sur la redaction d^une statistique generale des 
monuments beiges et des maisons interessantes. Comme 
;uite k cette proposition, M. Hermann Van Duyse signa- 
Tutilite de faire le releve complet des richessesdu pays 
sculptures, orfevreries, etc., se trouvant dans les eglises 
[les collections publiques et privees. Le 8 decembre 
^6, MM. Bergmans et Heins proposerent a la Societe 
•cheologie de Gand, la publication, sous forme de 
es, de tous les monuments, oeuvres d'art et documents 
LUtois, depuis les origines jusqu'en i83o. De la fusion 
[e ces divers projets est issu VInventaire archeologique, 
dont la publication fut d6cidee par le comite directeur 
de la Society d'histoire et d'arch6ologie de Gand, le 
6 Janvier 1897, sur les modeles communiques par MM. 
Bergmans et Heins. 

En terminant, M. Bergmans exprime le voeu que d'au- 
tres societes archeologiques entreprennent la publication 
d*inventaires locaux, en se servant egalement du precede 
d'impression par fiches. 

M. le comte de MARsy, approuvant en principe le 



— 3i4 — 

concerne la publication par fiches des inventaires archiolo- 
giques. 

M. Paul Bergmans developpe la question proposee 
par lui, Bien souvent, deja, on a reclame la publication 
cnnventaires c^es oeuvres d'art contenues dans les collec- 
tions publiques et particulieres. L'utiiite do ces inven- 
taires n'echappe a personne; mais tout le monde aussi so 
rend compte des diffinultes nombreuscs inherentes a la 
redaction et a la publication d'un catalogue general et 
detaille de toutes les richesses que le passe nous a leguees 
dans les diffe rentes branches de Tart : 

i^ Difficultes de redaction. Personne ne possede des 
connaissances encyclopediques assez vastes pour assumer 
la responsabilite d'un pareil travail. II faut done evidem- 
ment recourir a la cooperation des specialistes, et c'est 
ici qu'apparait nettement l'utiiite des societes d'archeo- 
logie. 

2^ Difficultes de la publication. Cet obstacle est peut- 
etre plus important encore. 

A raison de Tetendue du sujet, des mois, des annees 
s'ecouleront avant que toutes les notices soient redigees 
et classees dans un ordre methodique. Un tel inventaire 
exige, en effet, que toutes ses parties soient non scule- 
ment a pied d'oeuvre, mais completement achevees, 
avant d'etre livrces a Timprimeur. Au bout de peu de 
temps, Tactivite des collaborateurs se ralentit, les notices 
dorment dans un carton, sans utilite pour personne. 
Pour y remedier, je propose de publier les catalogues 
sous forme de fiches libres, independantes. Chaque fiche 
est consacree a un objet, dont elle donne un croquis 
accompagne d'un texte redige par un homme competent 
en la mati^re speciale dont il s'agit; les fiches sont 
signees et datees, ce qui leur confere une valeur propre 
et determinee. La fiche dont Tutilite n'est contcstce 
par aucun travailleur, a des avantages immenses. Grace 



— 3i5 — 

k elle, on peut commencer de suite a imprimer. Le 
classement se fait au.gre de chacun, et non plus suivant 
un plan uniforme, qui peut etre excellent, mais qui ne 
repond jamais aux exigences de tons les specialistes. Si 
de nouvelles decouvertes viennent infirmer les assertions 
d'une description, inutile de le mentionner dans des 
errata que personne ne lit. On reimprime la fiche et on 
supprime Tancienne. Le texte doit etre concis et clair, et 
indiquer avec soin la bibliographie du sujet. 

M. Bergmans montre corpme specimen les deux pre- 
mieres livraisons de VInventairc archiologiqiie, publie sur 
le plan propose par M, A. Heins et lui, a la Societe 
d'histoire et d'archeologie de Gand. 

Cette m^me question avait 6te soulevee au Congres de 
Gand de 1896, ou M. Victor Van der Haeghen appela 
Tattention sur la redaction d'une statistique g6nerale des 
monuments beiges et des maisons int6ressantes. Comme 
suite a cette proposition, M. Hermann Van Duyse signa- 
la Tutilite de faire le relev6 complet des richessesdu pays 
en sculptures, orfevreries, etc., se trouvant dans les eglises 
et les collections publiques et privees. Le 8 decembre 
1896, MM. Bergmans et Heins proposerent a la Societe 
d'archeologie de Gand, la publication, sous forme de 
fiches, de tons les monuments, ceuvres d'art et documents 
gantois, depuis les origines jusqu'en i83o. De la fusion 
de ces divers projets est issu VInventaire archeologique, 
dont la publication fut decidee par le comit6 directeur 
de la Societe d'histoire et d'archefologie de Gand, le 
6 Janvier 1897, sur les modules communiques par MM. 
Bergmans et Heins. 

En terminant, M. Bergmans exprime le voeu que d'au- 
trcs soci6tes archeologiques entreprennent la publication 
d'inventaires locaux, en se servant egalement du procede 
d'impression par fiches. 

M. le comte de Marsy, approuvant en principe le 



— 3i6 — 

projet confu par le Cercle archeologique de Gand, se 
demande si le plan n'est pas trop vaste, et s'il y avait lieu 
d'y comprendre, comme on Ta fait, les manuscrits et les 
chartes. Le motif qui le porte a ecarter ces documents, 
est la crainte de donner trop d'extension au travail. Les 
monuments et les ceuvres d'art forment un ensemble deja 
tr^s suffisant. 

M. Hymans ne croit pas qu'il faille trop restreindre, et 
cite a cet effet le « Cicerone » de Burckardt, fait sur le 
plan de la « Kunst-Topographie » de Lotz. 

M. Dkstr^e voudrait, pour le travail de la Societe de 
Gand, des bibliographies plus completes, et trouve que 
Ton ne peut dedaigner les recherches de contemporains 
ou de devanciers, qui souvent nous ont mis sur la bonne 
voie. 

M. NfevE insiste sur la necessite de proceder a Tinven- 
taire par fiches, d'apres un plan methodique et raisonne. 
Pour atteindre ce resultat, il conviendrait de bien d6fi- 
nir, avant de commencer ce vaste travail, les mentions a 
faire figurer sur chaque fiche, et d'arr6ter pour chaque 
categorie de monuments ou d'objets d'art, des types de 
descriptions auxquels les divers collaborateurs de Tinven- 
taire devraient, autant que possibje, se conformer, 

M. Destree propose le numerotage des fiches. II 
serait tr6s utile de reporter les fiches d'apres des catego- 
ries indiquees par des chiffres romains. Par exemple : 
L pour Tarchitecture, IL pour la sculpture. Ce systeme 
faciliterait la consultation de Tinventaire et les renvois 
bibliographiques. 

M. Hymans trouve du danger a adopter ce systeme. 
On enleverait au travail ce qu'il y a de vivant, d'inte- 
ressant. 




- 3i7 - 

La section approuve I'essai tente a Gand et exprime 
le voeu de voir d'autres societes savantes suivre le bon 
exemple donn6 par la Society d'histoire et d'archeologie 
de Gand. 

• 

M. LE President declare la discussion close, remercie 
les divers orateurs qui ont pris part aux debats, et 
demande de passer ^ la seconde question. 

II™* Question. — A quelle ipoque la fleche h renflements 
apparait-elle dans les monuments de I' architecture dcs Pays- 
Bos? 

Quel a etc le role dcs architectes malinois dans sa propaga- 
tion ? 

M. Saintenoy. — Mesdames et Messieurs, un des 
elements les plus originaux, sinon des plus rationnels 
de Tarchitecture des Pays-Bas, est certes la fl6che i 
renflements. 

Victor Hugo, dans le Rhin, dit, a propos de la fleche 
de Givet : « Le clocher du Grand Givet est d'une archi- 
» tecture plus oompliqu6e et plus savante. Voici, evidem- 
» ment, comment Tinventeur Ta compose : le brave 
» architecte a pris un bonnet carrc de pretre ou d^sivocat. 
» Sur ce bonnet carre il a echafaude un saladier renverse ; 
» sur le fond de ce saladier, devenu plate-forme, il a 
» pose un sucrier, sur le sucrier une bouteille, sur la 
» bouteille un soleil emmanche dans le goulot par le 
» rayon inferieur vertical, et, enfin, sur le soleil, un coq 
» embroche dans le rayon vertical superieur 

» Get artiste devait 6tre flamand ». 

Je ne saurais le dire, mais en tout cas il me semble 
que les Pays-Bas flamands ont ete le centre, ou sinon, un 
des centres de propagation de ce singulier 6lement archi- 
tectural qui s'est r6pandu dans le Nord de la France et 
dans les contr^es germaniques. La fleche k renflements 



— 3i8 — 

s'y observe, en effet, a Bruxelles, au palais de Nassau, 
dans les constructions 6levees jusqu'en i524, k Thotel de 
ville d'Audenarde (iSaS-iSag), a Thotel de ville de Mid- 
delbourg (i5o7-i5i3), etc., ce qui nous permet d'assigner 
Tepoque de i5io i iSaS comme ayant vu naitre lafleche 
a renflements. 

A cote de ces monuments ^ dates certaines et k auteur 
connus, viennent se grouper d'autres qui s'en rapprochent 
teliement, qu'on peut les attribuer a la meme periods 
d*annees. 

Ce sont tout d'abord : 

i^ Le document graphique qui fait partie de mes collec- 
tions, et qui a 6te dessine pour servir de « patron » a un 
clocher, peut-6tre par un des Keldermans, et, semble-t-il, 
pour Teglise d'Anderlecht, si Ton en croit certains indices 
assez plausibles. 

Ce dessin presente une fleche k renflements, tr^s 
caracterisee, et ornee de crochets a ses nervures d'an- 
gles; 

2° La terminaison de filches a renflements et crochets 
gothiques du musce de Lille; 

3° La fleche gothique de Zalt-Bommel, qui date des 
debuts du XVI'"'= siecle; 

4^ La fleche gothique de Thotel de ville de Rampen, 
qui presente la meme particularity; 

5^ Enfiu, dans le retable de Lombeek-Notre-Dame, la 
fleche a renflements d'un des bas-reliefs. 

II resulte de ces documents, que la fleche a renfle- 
ments date bien des dernieres annees de la periode 
gothique, mais aussi qu'elle precede immediatement 
Tapparition de la Renaissance, qui se montre des iSiy, 
dans ce palais de Marguerite d'Autriche, k Malines. 

Voila done un premier point etabli. 

Si maintenant on examine quels sont les auteurs des 
6difices ci-dessus mentionnes, on trouve comme ayant 
travaill6 : 



— 3i9 — 

1° Au palais de Nassau, Henri Van PMe, Louis Van 
Boghem et Laurent Keldermans; 

2° A rh6tel de ville d'Audenaerde, Henri Van P6de ; 

3° A rhotel de ville de Middelbourg, Antoine, Rom- 
baut et Josse Keldermans. 

Ce qui prouve que les Keldermans et Henri Van Pede 
en ont 6t6 les propagateurs, sinon les plus grands, ce qui 
pent s'augurer. 

J'ajoute que le dessin de ma collection pent etre attri- 
bue ii Tun des Keldermans, quant a son style, et que, s'il 
a et6 fait pour Teglise St-Guidon, d'Anderlecht, le fait 
devient certain, car on trouve parmi les maitres des 
oeuvres, qui y ont travaille, Matthieu Keldermans, qui se 
chargea, en iSiy, de la continuation des travaux. 

Dans un memoire dont les presentes communications 
ne sont que le resume, j'examine a loisir en differents 
exemples gothiques, des fleches k renflements. II me 
parait inutile d'insister davantage sur ces conclusions 
que je soumets a votre discussion, ne desirant pas con- 
clure ex fyrofesso, mais bien aider la verite historique cL se 
faire jour. 

M. Destr-6e. — Je veux presenter quelques observa- 
tions et dire que je mets, a ce point de vue, les con- 
structeurs de retables sur le meme pied que les archi- 
tectes. 

Les tours bulbeuses sont anterieures aa XVI™'' siecle. 
On pent en trouver des prototypes dans des retables, 
lesquels doivent etre consideres comme des oeuvres 
architectu rales. Ceux qui les concevaient etaient des 
hommes a m6me de construire un edifice religieux et 
civil. Je me reserve de soumettre les documents; pour le 
moment, je me bornerai a signaler les bulbes du retable 
bruxellois, seconde moitie du XV"'' siecle, ayant appar- 
tenu A M. de Villa; les Elements similaires du retable 
bruxellois de St-L6onard k Leau, de la m^me 6poque; 



— 320 — 

enfin, le dais bulbeux surmontant une statuette de S. 
Pierre, a Louvain, appartenant k Tart brabangon. 

M. Saintenoy repond que cela prouve une fois de 
plus que Tarchitecture de la Renaissance a 6te d'abord 
peinte et sculpt^e dans les Pays-Bas, avant d'etre con- 
struite, mais demande un exemple de tourell^s bul- 
beuses baties en plein air, avant Tan i5oo. La est la 
question. 

M. le comte de Marsy dit que Ton trouve un tr^s grand 
nombre de specimens de ces fleches bulbeuses en Suede. 
II regrette que M. Hildebrand soit retenu a la seconde 
Section, car il aurait pu fournir des renseignements pre- 
cieux a ce sujet. L'orateur croit paradoxal de dire que 
la Renaissance a ete peinte et sculptee avant d'etre con- 
struite. 

M. Hubert appuie les conclusions de M. Saintenoy 
et constate aussi que la Renaissance, a ete introduite en 
Belgique par les peintres, ce qui n'est plus discute dans 
notre pays. 

M. Hymans dit que la gravure a precede la peinture 
dans la plupart des cas, au point de vue des elements 
decoratifs de la Renaissance. II en cite des exemples et 
reconnait s'etre lui-m^me tromp6 a ce sujet, comme on 
le lui a demontre depuis lors, avec pieces a Tappui. 

M. Hubert cite a ce propos, Texemple donne par les 
peintres verriers dans maintes de leurs oeuvres. 

M. le president Casati declare la discussion close, son 
opinion est que les peintres doivent en cette question 
avoir la priorite sur les graveurs. 

On passe ensuite a la discussion de la III"* Question. 



r^ 



— 321 — 

M. Kempeneer trouve que la III"* et la IV°' Ques- 
tion se confpndent, et propose de discuter d'abord la 
IV"* Question. 

Ill"* Question. — Pourrait-on achever la tour de Saint- 
Rombatft, a Malines, d'apres le plan publie en 1844^ par 
Renter Chalon? 

IV"* Question. — Comparer le plan, publie en 1844, par 
Renter Chalon, comme plan original de la tour de Sainte- 
Waudrti, d Mons, avec la gravure de- la tour de Saint-Rom- 
baut, it Malines, faite par Wenceslas Hollar, en i64g, et 
reprodiiite dans Vouvrage Brabantia. 

M. Hubert. — Le 6 aout 1839, M. R. Chalon annon- 
gait, dans la Revue de Bruxelles, qu'il possedait le plan 
original de la tour de Sainte-Waudru. 

En 1844, M. Chalon fit paraitre ce plan. 

La publication ne .fit pas grande sensation, peut-etre 
parce qu'elle etait annoncee depuis cinq ans. Elle ne fut 
pas discutee. 

Longtemps apres, M. Van Ysendyck, dans son ouvrage : 
Documents classes de Vart dans les Pays-Bas, produisit une 
reduction de ce plan. II reproduisit aussi la gravure de 
la tour de Saint-Rombaut, faite en 1644, par Hollar 
(voir au mot : Tour). 

Je mets ces deux dessins sous vos yeux. 

La question est de savoir s'ils representent deux clo- 
chers distincts ou deux variantes cVun m6me projet? 

Ma reponse est celle-ci : 

Bien qu'ils soient a des 6chelles distinctes et pris de 
points de vue differents, et que tous les details n'en 
soient pas identiques, vous ne tarderez pas a reconnaitre 
qu'ils ne representent pas deux clochers distincts, mais 
deux variantes d'un seul et m6me projet. 

II ne vous sera pas moins facile de trouver a laquelle 
des deux tours les dessins ressemblent ; car celles-ci dif- 

21 



— 322 — 

ferent entre elles, autant que peuvent difF6rer des con- 
structions similaires de meme style et de m^me 6poque. 

Quand vous les comparez a la tour de Malines, vous 
voyez une ressemblance tr6s grande : 4 chaque 6tage, 
deux fenetres tres hautes, partout une decoration riche, 
abondante, mouvement6e. 

Quand, au contraire, vous les rapprochez a la tour de 
Mons, vous ne rencontrez que des dissemblances : la 
tour de Mons n*a qu'une seule fenetre, nuUement elan- 
cee, et ne ressemblant en rien k celles de la cathedrale de 
Malines; mais ayant, au contraire, la forme et les dimen- 
sions des fenetres de la nef et des faces laterales du 
transept de Teglise de Mons; d'un autre cote, la decora- 
tion de la tour de Mons est partout relativement simple 
et sans surcharge de details. Le resultat de Texamen ne 
saurait laisser de doute : la tour de Mons ne ressemble 
pas au dessin public par Chalon. Si Tarchitecte de la 
tour de Malines, Keldermans, avait confu le plan de la 
tour de Mons, on y retrouverait sa mani^re, qui est 
reconnaissable, comme on la retrouve dans les oeuvres 
qui ont illustre sgn nom, dans les hotels de ville de 
Gand, de Middelbourg, de Zierikzee, et dans le Palais 
du Grand Conseil de Malines, oeuvres dont rexub6rance 
contraste avec la simplicite de la tour de la coUegiale de 
Mons. 

M. Van Boxmeer reprend Texpose des memes faits, 
en les appuyant de citations des archives de Mons, de- 
couvertes jadis par M. Leopold de Villers. II conclut 
que le plan est parti de Malines pour Mons, et que plu- 
sieurs si^cles apr^s, une erreur d'archeologie Ta affubld 
d*un nom eiTone. 

M. Kempeneer. — Messieurs, je demande i Tassem- 
blee de pouvoir Tentretenir sur un objet d'interet essen- 
tiellement local. La question est celle-ci : 



^ 323 — 

Si jamais on acheve la tour de St-Rombaut, quel est 
celui des deux plans qu'on adopterait? 

Examinons le plan de Hollar. II date de 1649 et est 
intitule : 

« EKTUPON TURRIS ELEGANTlSSIMiE S. RVMOLDI 

MECHLIN I^, si ut exhibetur hoc in typo, tandem 
aliquando perficiatur. m 

« Den Torre van S. Rombant tot M EC HELEN soo den 
selven met der tyt naer syne eerste voorghenomen Modelle vol- 
maeckt moet worden. » 

Cet intitule semble indiquer que c'est le plan origi- 
nal; il est evident que Hollar n'6tait pas au courant des 
modifications de style qu'a subies la tour. Ceux qui sont 
un peu au courant de Tarcheologie malinoise, sauront 
bien qu'entre 1452, date du commencement de la tour, 
et i53o, date de la mort de Rombaut Keldermans, il y a 
eu des transformations du plan primitif qui n'a pas ete 
suivi completement, quant aux details. 

Ou, maintenant, Hollar a-t-il trouve le plan qu'il a 
grave ? 

Ce n'est pas une vue d'apres nature. La vue de la 
cathedrale d'Anvers, qu'il a gravee en 1649, est une vue 
pittoresque, tandis que le plan grave de la tour de Saint- 
Rombaut Test evidemment d'apres un dessin d'architecte. 

Dans la gravure Hollar, la fleche et la balustrade d'ou 
elle surgit, font corps, et sont separees de la partie car- 
ree de la tour. N'en faut-il pas conclure que c'est un seul 
et meme architecte qui a donne le dessin de la fleche et 
de cette balustrade? Or, la balustrade du plan Chalon 
est bien differente de celle qui existe, tandis que la res- 
semblance est frappante pour le plan Hollar. La fleche 
du plan Chalon se superpose beaucoup plus difficilement 
a la partie achevee de la tour. 

Je conclus que le plan de Hollar est le plan de la 
fleche, telle qu'on se proposait de Texecuter au XV I""* 
sitele. 



^ 



— 324 — 

Le plan de la fl6che, faisariit corps avec la balustrade, 
est le plan d'apr^s lequel la tour devrait etre achevee. 
Ici ii Malines, on n'a pas le plan original qui a servi a 
Hollar, et dont Texhibition trancherait la question. 

M. Hermans. — Dans les archives, on parle d'un plan 
original disparu en 1572. Ce plan, retrouve en 1574, doit, 
d'apr^s nous, avoir ete le plan original de Rombaut Kel- 
dermans, tel qu'il est designe dans le compte communal 
de i5i6-i5i7. Cest le plus ancien plan connu de la tour; 
il doit remonter de i5iy a i52i. L'ancien plan achete 
pour le compte de la ville, 2 ou 3 ans apr^s le sac de 
celle-ci, a servi de modele k celui commande par le 
magistrat, en 1643, pour etre ofFert a Son Excellence 
Cantelmo. Cest ce plan qui a ete reproduit par Hollar. 

M. Kempeneer. — Hollar a pu se procurer ce plan a 
Anvers, quand il etait Ik. Ce plan reposait peut-etre chez 
la famille de Keldermans. 

Je conclus en disant que ce n'est pas d'apr^s le plan 
de Mons, mais d'apres celui qui a servi k la gravure de 
Hollar qu'on aurait construit la partie non achev6e de la 
tour de Malines. 

M. Van Boxmeer. — II me semble que si la proposi- 
tion de M. Hubert est acceptee, nous tombons d'accord 
avec M. Kempeneer. Le plan de Hollar est une corrup- 
tion du plan primitif. Faites la comparaison et vous 
verrez que les motifs se rencontrent partout. Le plan a 
6te dessine comme on dessihait au XVI""* siecle. 

Voici le document de Mons, il est sur parchemin e'" 
represente la fa? on de dessiner de Keldermans ; il est di 
meme composition et repcte tous les fragments. 

}e conclus en disant que le plan Chalon n'est pas Tori 
ginal de Keldermans : c'est bien le style de Keldermans, 
mais tout au moins la copie. 



— 325 — 

M. Saintenoy n'admet pas la ressemblance si absolue 
des documents Hollar et Chalon, et croit que si on ter- 
minait la tour de Saint -Rombaut, on ne devrait pas 
necessairement suivre le plan Chalon. II est d^avis que 
le plan de Hollar est d'un style architectural d'environ 
vingt ans posterieur. Architecturalement parlant, le plan 
Chalon est le plus ancien. II n'y a pas de trilobe, mais 
une ogive; il n'y a pas d'arc-boutant dans le plan de 
Mons. 

II croit qu'il vaut mieux s'en tenir au document cer- 
tain donne par Hollar, que de suivre, malgre tout son 
merite, le plan Chalon, d'une date anterieure et d*un 
style different quant a la fleche. 

M. le Chanoine van Caster, president du Congrfes, ne 
partage pas Topinion de M. Saintenoy, quand il pense 
que Ton ne devrait pas suivre ti6cessairement le plan 
Chalon. II voudrait, au contraire, le voir suivi, meme 
dans ses details, comme etant de loin le plus authen- 
tique. Le plan Chalon a, notamment dans sa fleche, des 
details architecturaux de la fin du XV'"'' siecle; ce qui 
permet de le regarder comme anterieur de plus d'un 
siecle k celui de Hollar. 

II donne tout 4 fait raison a M. Saintenoy, quand 
celui-ci n'admet pas la ressemblance si absolue des plans 
en question. II lui est avis que le plan Hollar, comme 
toutes les gravures de monuments exet:utecs apr6s le 
XVI"* siecle, est tout a fait defectucux dans les details 
de Tornementation architecturale; il le croit meme inexe- 
cutable en ce qui regarde les parties superieures de la 
fleche. Le plan Chalon est infiniment plus clair pour 
ces m6mes parties, et trahit la main d'un architecte con- 
structeur bien entendu. 

II est convaincu qu'une etude comparative de tous les 
details de la partie existante de la tour de St-Rombaut, 
mise en regard avec les details correspondants du plan 



— 326 — 

Chalon, devrait servir de base a toute appreciation. La 
concordance qui existe entre ces details permettant de 
supposer qu'il en serait de mdme pour la fl^che, si elle 
avait ete executee, 11 croit done devoir donner la prefe- 
rence au plan Chalon. 

La seance est levee an heures. 

Stance du lundi g aoiit, apr^s-midi 

La seance est reprise a 2 heures (14 heures). 

M. Van Boxmeer expose ses id6es sur la restau ration 
de la tour de St-Rombaut. 

II etablit qu'il y a moyen de ternniner la tour, que les 
parties deja construites peuvent supporter la surcharge 
^ leur donner, pour monter Tedifice ^ une hauteur de 
160 metres. 

M. Kempp:neer constate que le projet soumis par 
M. Van Boxmeer pent s'appliquer aussi bien au plan de 
Hollar qu'a celui de Chalon. II insiste encore sur Texacti- 
tude du dessin de la tour, grave en 1649, par W. Hollar, 
et propose d'6mettre le vceu de voir faire des etudes 
nouvelles sur cette question, qui doit etre resolue avec 
prudence, et non pas apres quelques trop courtes discus- 
sions. L'avenir dira ce qu'il faut faire. II voudrait voir 
une commission d'etude se former, pour etudier les plans 
convenant le mieux a Tachevement de la tour de Saint- 
Rombaut, et reunir tous les documents qui s'y rapportent. 

M. le President resume Topinion de la Section, qui 
est d'avis : i^ que le plan public par Chalon est bien une 
variante du « patron » de St-Rombaut de Malines et non 
le (c patron » de la tour de Ste-Waudru a Mons ; 2° qu'il 
faut attendre des etudes tres completes de la tour de 
St-Rombaut avant de rien decider au sujet de son com- 
pl6ment par la fldche, dont Texecution est fort desirable. 



— 327 — 

On aborde ensuite la discussion de la V""" Question : 
Quclles considirations devraient prisider ct la restauration 
des Halles et du Palais dti Grand Conseil ct M alines ? 

M. Van Boxmeer, architecte de la villa de Malines, 
soumet k la section, un projet qu'il a dresse pour la res- 
tauration et Tachevement des Halles et du Grand Con- 
seil. Dans la restauration de ces antiques monuments, il 
est de necessite primordiale de conserver Tintegrit^ de 
la conception premiere de chacun d'eux. On ne pourrait 
faire disparaitre Tun pour completer Tautre, ni faire subir 
a Tun ou a Tautre une transformation, afin d'obtenir une 
note harmonique quelconque, etrangfere a cet accouple- 
ment essentiellement heterogene. Plusieurs projets mis 
en avant jadis, pechaicnt par la. 

Une seconde consideration, d'un ordre non seulement 
archeologique mais encore economique, doit nous guider 
dans la restauration. II faut que le monument refoive 
une destination, et celle-ci doit bien s'accommoder de Tor- 
donnance des batiments; les facades restaurees doivent 
servir de physionomie a des salles dont ils refletent plus 
ou moins Tusage. Cest ainsi que derriere les lourds bar- 
reaux de fenetres opaques, on ne pourrait trouver, par 
des stratSigemes quelconques, des appartements inondes 
d'un soleil detourne. II ne s'agit cvidemment pas de res- 
susciter le Grand Conseil et scs membros eminents, ni 
nos vieux marchands de drap, niais le mcmc esprit de 
gravite ou de suprematie, de negoce ou de civismc 
devrait respectivement occuper ces lieux. 

Le monument restaure devrait avoir une enseigne 
vraie, sinon, contentons-nous de le preserver des outrages 
du temps. Ces murs ronges dans leur saveur antique, au 
moins ne mentiront pas : ils diront loyalement a la pos- 
terite, dans quel but et par quels genies ils virent le jour. 

M. Kempeneer appuye M. Van Boxmeer et trouve 



— 328 — 

que son plan est le seul rationnel pour une restauration 
eventuelle des Halles et du Palais du Grand Conseil. 

M. NfevE. — M. Van Boxmeer a formula, en matiere 
de restauration, des principes auxquels tout le monde 
applaudira; il estime avec tous les artistes que le travail 
des restaurateurs doit respecter ce qui existe, et qu'il ne 
faut pas trop sacrifier a ce que Ton appelle I'unite de style 
et le plan primitif. Je regrette de constater que le projet 
de restauration des Halles, dessine par M. Van Box- 
meer, ne semble pas confu d'aprfes ces regies si sages. Je 
constate, en effet, non sans surprise, que le projet en 
question supprime le pignon de Taile gauche, pignon 
elev6 posterieurement au corps principal du batiment, 
et dans un style different, il est vrai, mais dont la sil- 
houette ne manque pas de charme. Ce pignon date du 
XVII'^'^si^cle, il a droit au respect de Tarcheologue. Pour 
ma part, je regretterais de le voir d6molir, pour faire 
place k une reconstitution plus ou moins conjecturale, et 
je suis convaincu que mon regret serait partage par beau- 
coup d*artistes. Nous ne devons pas oublier que le sort 
subi par le batiment des Halles de Malines est commun 
a presque tous les anciens monuments de notre pays. II 
en est peu, parmi les temoins de notre architecture du 
moyen slge, qui soient arrives jusqu'a nous dans Tinte- 
grite de leur plan primitif, et qui n'aient pas, au con- 
traire, subi, au cours des siecles, de profondes alterations. 
Ces alterations qui font revivre k nos yeux Thistoire de 
Tart, font partie aujourd'hui de la physionomie de nos 
vieux monuments. Je souhaiterais de voir les projets qui 
seront arretes pour la restauration des Halles, s'inspirer 
de sentiments plus conservateurs. 

M. Saintenoy appuye cette maniere de voir, et prend 
la parole comme delegue de la Societe pour la protec- 
tion des monuments en Belgique. La restauration du 



— 329 — 

palais du Grand Conseil, sur le patron que Ton possede, 
peut se faire, si Ton agit avec talent et prudence; mais 
quant aux Halles, il n'y faut toucher que pour conserver 
ce qui existe, sans rien y changer, car si on enleve le 
pignon qui y existe, on enleve une page de Thistoire 
locale. 

M. Van Boxmeer trouve que Ton attache beaucoup 
trop d'importance a ce pignon. 

M. le Chanoine van Caster, president du Congres, 
fait remarquer que ce pignon ferme le comble de Taile 
sud des Halles, et que Tenl^vement du pignon entraine 
la refection de toute la toiture. II croit que Ton pourrait 
s'occuper du pignon plus tard ; il declare se rallier aux 
voeux de MM. N6ve et Saintenoy. 

M. LE President declare les debats clos, et met aux 
voix le voiu suivant : 

« La section emet le voeu de voir faire la restauration 
» du Palais du Grand Conseil, dont les plans existent, 
» et de laisser les Halles dans Tetat actuel, en orenant 
» les mesures de preservation n6cessaires ». 

Ce voeu est adopte. 

L'ordre du jour appelle ensuite la VI"" Question : 
Quel est rauteur des fresqucs qui decor ent une des salles de 
r hotel Busleyden, h M alines? 

M. H. CoNiNCKx donne lecture de son travail sur 
Tattribution des peintures de I'hotel de Busleyden. Ces 
fresques furent executees pour Jerome de Busleyden, 
entre i5o5 et iSiy. Leur auteur est inconnu, mais cer- 
tains indices permettent de les attribuer a Mabuse. 

Mabuse fut le protege de la maison de Bourgogne, ce 
qui lui permit de voir Tltalie. Le D' Gurlitt, en d6cri- 
vant les fresques de Tancien cloitre du Paulinum kloster, 



— 33o — 

a Leipzig, signale qu'une paitie de celles-ci fut peinte 
par un certain Hans, alors au service du prince 61ecteur 
Frederic; ce prince voyagea dans les Pays-Bas, en com- 
pagnie de son peintre, et passa par Malines, oic il laissa 
quelqnes tableaux de la main de Hans. Le D' Gurlilt pre- 
sume que ce peintre n'est autre que Jean de M abuse. N'y 
a-t-il pas une correlation entre ce voyage et I'execution 
des fresques en question? La famille de Busleyden, qui 
6tait puissante et fastueuse, pent tres bien avoir charge 
Jean de Mabuse de decorer son hotel. 

Ces fresques sont malheureusement dans un triste etat, 
et M. Coninckx demande que la section emette le voeu 
de voir reprodinre ces fresques et de voir prendre des mesures 
pour leur conservatioft, ce qui est ftpprouvc. 

L'ordre du jour appelle ensuite la discussion de la 
VII"" Question : 

Que connait'On de I'ancienne Industrie Malinoise si rcnom' 
mie, de la fonderie des cloches, clockettes, carillons, sonnettes, 
mortiers et pieces d'artillcrie ? 

Le comte de Marsy fait I'historique de cette industrie 
a Malines. II rappclle les ceuvres des van den Gheyn, 
connus depuis iSog et iSio, a Malines, et d'autres fon- 
deurs de cette ville. En fait de sonnettes, nous en con- 
naissons deux fabriques : i^^ celle des van den Ghej'n; 
2^ celle de Joannes a Fine (vanden Eynde). Les sonnettes 
provenant de ce dernier, sont bien plus estimees. On les 
a appelees « Sonnette de TAngelus ». Un fait frappant, 
c'est la presence, sur des pieces de van den Gheyn et de 
a Fine, de defauts similaires, qui prouveraient que cer- 
tains monies ont ete communs aux deux fabrications. On 
a attribue a des clochettes de van den Gheyn la date de 
1491. C'est une erreur, car il faut y voir un 5 mal fait. 

On trouve la scene de TAnnonciation non seulement 
sur les clochettes, tnais meme sur des mortiers, et 



— 33i — 

Torateur en conclut que les empreintes ne doivent pas 
etre consider6es comme symboliques, mais uniquement 
comme decoratives. 

M. le Chaqoine van Caster, president du Congres, 
appuie par d'autres exemples cette observation. II cite 
des clochettes qui portent des sujets profanes a c6te de 
sujets religieux, au hazard du placement des monies. II 
a trouve de ces petites sonnettes ayant d'un c6te le Christ 
en croix et de Tautre Orph6e. II en conclut qu'il ne faut 
ajouter aucune importance ^ ces decorations, qui etaient 
absolument fantaisistes. 

Le comte de Marsy croit que ces objets etaient sou- 
vent envoyes par mer, en cargaison, soit a Bayonne, 
soit a la Rochelle. On rencontre beaucoup de pieces dont 
les lettres chevauchent, sont tres mal disposees. Ce sont 
des objets de commerce courant. 

M. le Chanoine van Caster, president du Congres, 
appelle Tattention sur les manches de ces sonnettes, qui 
sont en general a deux ou trois personnages, et dont le 
sujet est difficile a preciser. 

Le President remercie le comte de Marsy de son 
interessante dissertation, et plus personne ne demandant 
la parole, la question est close. 

Le general Wauwermans signale a la section, un tra- 
vail fait il y a quelques annees, par le general Henrard, 
et qui sera public sous pen. 

M. GuERLiN montre a la section la photographic d'un 
tableau de Lucas Franchois, existant a Amiens, et ayant 
appartenu a la famille de Busscher, de Bruges. C'est le 
portrait du peintre Malinois et de sa famille. 



— 332 — 

M. Kempeneer dit qu'un tableau semblable a ete 
public il y a une vingtaine d'annees, par le Magasin pit- 
toresqiie, et qu'il y a probablement identite entrc ces 
oeuvres. 

La seance est levee a 4 heures (16 heures). 

Seance du mardi 10 aout, matin 

La seance est ouverte a 8 heures. 

Prennent place au bureau : MM. Casati de Casatis, 
president, le Chanoine van Caster, president du Congrcs, 
le general Wauwermans, le comte de Marsy, Hymans et 
Guerlin, vice-presidents et membres du bureau, Paul 
Saintenoy et de Ghellinck, rapporteur et secretaire. 

Ont sign6 la liste de presence : 

MM. H. Hymans, Casati, comte de Marsy, Robert 
Guerlin, Leopold Pluys, Joseph Neve, J. Willems, 
V. Hermans, J. Hubert, comte F. van der Straeten-Pon- 
thozi G. Zech-Dubiez, colonel Bruylant, N. Mathias, 
V. Vermeylen, Pauline Ranschyn, Daimeries, L. Stroc- 
bant, Pierre Verhaegen, chev. de Wauters de Bouchout, 
E. Magnus, Paul Zech, M. Burls, Ch. Wauwermans, 
baronne van Zuylen, comtesse de Nahuys, A. Doutriaux, 
A. Richez, F6lix-L. Despret, Leopold Delbeke, E. Van 
Loey, J. Wittmann, M™* Daimeries, Ch. Leman. 

La parole est d'abord donnee a M. Hermans, archi- 
viste de la ville de Malines, qui n*a pu assister a la 
seance du lundi apres-midi, pour une communication 
sur les fondeurs de cuivre de Malines. 

M. Hermans fait Thistorique des fondeurs Malinois et 
communique k la section, la g^nealogie, dressee par lui, 
des van den Gheyn. II a releve 77 noms differents. II 
cite les travaux de MM. Van Elewyck, Steurs et Neefs. 

Jean van den Gheyn, decede en 1545, laissa plusieurs 
enfants, parmi lesquels Jean II, age de 16 ans a la mort 



— 333 — 

de son pere. Jean II, n6 en i529, d6cede le 22 juillet 
1573, laij^sa trois enfants, dont Jean III, ne en i553, 
d6c6de en iSgo, qui epousa Catherine Pelsters, dont un 
fils, Jean IV, decede en 1618, marie deux fois, et laissant 
3 enfants du premier lit et 2 enfants du second lit. 

Jean P' avait eu deux freres : 1^ Antoine van den 
Gheyn, et 2^ Pierre van den Gheyn, qui deceda a 
Malines, paroisse Notre-Dame, le 14 mars i56i, epoux 
d'Anne van Dievoet, dont vint une nombreuse posterite. 

M. Hermans donne ensuite quelques details sur les 
« a Fine » (van den Eynde) et cite Guillaume et Jean 
van den Eynde, en i545. 

Uordre du jour appelle ensuite la discussion de la 
VIII"' Question : 

Mesurcs a conseiller pour la conservation des dentellcs. 

Madame Daimeries donne d'abord un apergu sur les 
denlelles de Malines et sur leur fabrication; puis enu- 
m6re les mesures a prendre pour la conservation des 
anciennes dentelles, dont la valeur augmente en raison 
de leur etat plus ou moins parfait. II faut les tenir en 
lieu sec, en oter tout appret, eviter le blanchissage, et, 
lorsqu'il devient indispensable, le faire a Peau de pluie 
et au savon blanc, ne pas amidonner ni appreter avec 
n'importe quel ingredient, ne jamais repasser au fer, 
mais epingler ces dentelles sur un tambour, en relever 
et en glacer les fleurs au moyen de petits outils en os ou 
en ivoire. II serait k desirer que dans les ecoles et les 
communautes religieuses, on puisse donner un cours 
relatif i la connaissance et a Tentretien des dentelles. 
Dans les villes principales, il y a encore des ateliers, 
mais ce travail degen^re au contact de toutes les den- 
telles de pacotille dont on fait usage aujourd'hui. 

Madame Daimeries conseille d'utiliser les vieux debris 
de dentelles pr6cieuses hors d*usage, pour en reconsti- 



— 334 — 

tuer des specimens. EUe conseille aussi de marqcier en 
coton rouge les numeros sur les dentelles, dans^les inven- 
taires de tresors d'eglises, de musees, etc., afin d^eviter 
les erreurs, renseigner au ir^ correspondant la prove- 
nance, la valeur, etc. 

M. CoNiNCKx signale a la section, les magnifiqucs 
dentelles de Teglise du Beguinage a Malines, qui sont 
d'une conservation splendide. Dans la meme eglise se 
trouvent des vetements sacerdotaux, brodes, duXVI"** sie- 
cle. A St-Pierre, se conserve une chasuble brodee et datee 
de 1483, d'une conservation parfaite, et non retouchee. 

M. le colonel Brxjylant. — Je crois devoir signaler 
qu'il existe a Malines une collection assez complete de 
specimens de dentelles de cette localite. Cette collection 
est entre les mains de M. Ernest Vermeulen, qui serait, 
m'a-t-on dit, tout dispose a en faire hommage au musee 
de la ville. II serait a desirer que le President du Con- 
gres fit personnellement un demarche pour hater Texc- 
cution de Tintention genereuse de M. Vermeulen. 

Madame Daimeries, comme suite a la communication 
faite par M. le colonel Bruylant, annonce (ju'elle aussi 
fera don au musee de Malines, de quelques beaux spe- 
cimens de dentelles de Malines, et qu'elle s'entendra avec 
M. Coninckx pour le classement (Des applaudissements 
accueillent ces offres si genereuses). 

M™"" Daimeries propose de faire une fiche pour le man- 
teau de Vierge de Teglise St-Nicolas a Bruxclles, piece 
tres rare, du XVII"''' siecle. 

EUe emet aussi le vceu de voir prendre des mesurcs 
pour la conservation des broderies et surtout pour en 
empecher les desastreuses reparations. 

Apr6s les remerciments adress6s par M. le President 



— 335 — 

a M"*" Daimeries, on aborde la discussion de la IX"* 
Question : 

Qiielles sont les regies A suivre dans la polychromie des 
eglises, surtout an point de mie esthitique ? 

M. Zech-Dubiez. — Faut-il polychromer ou non 
les eglises? Des i863, cette question a ete agitee aux 
Chambres, par MM. Kervyn de Lettenhove, Jacque- 
myns, Rogier, Van den Peereboom et Hymans. Divers 
congres de la Federation archeologique et historique de 
Belgique s'en sont occup6 et des 1889, le congres d'An- 
vers-Middelbourg adopta les deux voeux suivants : 

c< i^ La polychromie est Tach^vement desirable desedi- 
fices; neanmoins, la sage application de la polychromie, 
aux monuments anciens qui ne conservent plus de traces 
suffisantes d'une polychromie anterieure, etant d'une tres 
grande difficulte, il n'y a lieu de la decider qu'avec une 
trcs grande circonspection ; 

w 2" Le Congres emet le voeu que le Gouvernement veille 
non seulement a la conservation des restes des peintures 
mu rales dec9uvertes dans le'; anciennes eglises, mais 
qu'il prenne la genereuse initiative de restaurer celles 
qui offrent pour Tart un veritable interet ». 

Cette meme question de la polychromie a fait Tobjet 
d'un remarquable rapport de M. Jules Helbig, a la Sec- 
tion d'art de Tassemblee generale des catholiques, tenue 
a Malines, le 8 septembre 1891. 

Les anciens polychromaient beaucoup. Les Grecs 
peignaient leurs statues. Les catacombes portent des 
traces de polychromie. Pendant" la fin du XV"™* si6cle et 
au commencement du XVI"% la peinture tomba en deca- 
dence sous ce rapport. Ljl peinture a de plus en plus une 
tendance a se s6parer de Tarchitecture. 

A notre epoque, on a polychrome i outrance. II ne 
veut citer aucun monument en particulier, pour ne pas 
6veiller les susceptibilit6s ; mais il voudrait d'une fafon 




— 336 — 

generale, que le Congr^s 6tudie la question, s'il faut ou 
non poiychromer les eglises. II estime aussi que le 
decrepissage doit etre non blame, mais encourage. 

II est d'avis d'admettre les regies si sages proposees 
par M. J, Neve, dans sa brochure intitulee : « Quelques 
remarques a propos de la restauration des monuments 
d'art ancien ». Savoir : que toute restauration de pein- 
ture primitive doit d'abord etre precedee d*un leve exact 
et complet des parties anciennes, et ensuite de la produc- 
tion d'une esquisse detaillee de tout projet de restitution. 

M. Zech-Dubiez propose, en terminant, d'admettre 
les conclusions suivantes : 

1° Dans les edifices ou une coloration naturelle pent 
etre tiree de Teffet produit par les materiaux eux-memes, 
par les pierres, les marbres, les briques, il est desirable 
qu'aucun autre travail de decoration picturale n'inter- 
vienne ; 

2^ Tout travail de peinture ou de decoration poly- 
chrome doit etre en harmonic parfaite avec Tosuvre archi- 
tecturale, tant au point de vue du systeme de coloration 
que du style du monument. 

M. le Chanoine van Caster, president du Congr6s, 
croit que primitivement les eglises n^etaient pas peintes 
dans leur ensemble, dans nos contrees du moins; mais 
les peintures figuraient ga et la des rideaux, des ex voto, 
des effigies de patrons des donateurs, des emblemes de 
Gildes ou de Metiers, etc. II etablit que tel etait certai- 
nement le cas pour les eglises de Malines. A Saint-Rom- 
baut, le badigeon doit 6tre enleve. II fait observer que le 
travail executd actuellement, est tout cL fait preparatoire, 
et incidemment, demande a la section comment peuvent 
etre restaures les chapiteaux de la nef. Les crochets 
essayes a la premiere colonne, ne sont pas definitifs. Si 
on ne les trouve pas corrects, ils disparaitront. II est 



— 337 — 

d'avis qu'il faut etudier chaque monument dans sa loca- 
lite, ou chaque artiste travaillait d'apres ses idees, ache- 
vant, modelant selon son inspiration. II s'en suit done 
que les feuillages des colonnes devaient necessairement 
varier. On trouve un exemple de cette variete systema- 
tique aux colonnettes entourant les fen6tres, et des 
demi-colonnes du transept. II en est de m6me des cha- 
piteaux du choeur. En 1771 et 1775, on a mutile et 
badigeonne I'eglise; les chapiteaux ont ete marteles. II 
faut done, par les restaurations actuellement en cours, 
reparer ces deplorables mutilations. 

M. Cloquet. — Je ne veux pas laisser dire, sans affir- 
mer mon opinion contraire, que les eglises gothiques, 
comme celle de Saint-Rombaut, n'etaient pas destinees 
dans la pensee de leur constructeur, k etre couvertes 
d'une peinture polychrome suivant un plan d'ensemble. 
Tout le monde sait aujourd^hui que le decor polychrome 
des edifices a ete une pratique universelle de tous les 
peuples, dans tous les temps et sous tous les styles, sauf 
chez nous aux deux derniers siecles. II est egalement 
notoire que nos ancetres etaient des polychromistes de 
premier ordre. Comment peut-on admettre qu'ils aient 
renonce volontairement a peindre la cathedrale de Ma- 
lines? D'ailleurs, les exemples abondent de peintures 
murales dans les eglises du pays. De meme que le gros 
oeuvre des eglises qui nous occupent s'est eleve progres- 
sivement, comme on le sait, en commen^ant par le choeur, 
et s'est poursuivi lentement a mesure que la ferveur des 
fideles procurait les ressources necessaires, de meme la 
decoration picturale, qui etait ajoutee ensuite, tardait 
longtemps et parfois n'a pu etre entreprise par suite de 
I'epuisement des ressources. Aussi, dans les peintures 
isolees, locales, votives, que M. le Chanoine van Caster 
nous a signalees, il faut voir une satisfaction provisoire 
donnee aux voeux des fideles, impatients de voir decorer 

22 



1 
J 



— 338 — 

Teglise, mais non pas un parti definitif devant exclure 
une peinture d'ensemble. 

En ce qui concerne les sculptures de chapiteaux de la 
grande nef de la cathedrale, je ne suis pas d'avis que les 
fleurages doivent 6tre varies, ceux du moins des piles 
monocylindriques en pierre de Tournai. Ici nous sommes 
en pr6sence du type si connu de chapiteaux a crochets 
que tapissent, en r^gle generale, d'une mani^re uniforme, 
les corbeilles des' differents chapiteaux. Ces chapiteaux 
seront venus de Tournai, tout travailles, ou les ouvriers 
seront venjus avec la pierre. Les crochets ^ restaurer 
doivent etre imit6s d'apr^s les nombreux exen^ples qu'on 
rencontre dans d'autres eglises des Flandres. II va sans 
dire d'ailleurs qu'ils doivent etre refaits en pierre, non 
en ciment, independamment des bonnes raisons indi- 
quees par M. le Chanoine van Caster; il est clair que faits 
en une autre matifere, ils n'auraient pas, quant 'a la forme 
plastique, le cachet qui leur convient. D'autres parties 
du XIII™' si^cle, executees en pierre blanche, ont une 
decoration plus riche et plus variee, due a une autre 
main. II ne faut voir, M. le Chanoine van Caster nous 
Pa dit, dans le specimen qui nous a etc montr6, qu'un 
simple essai. J'ignore quels artistes ont ete employes 
pour le realiser, mais il est certain qu'on ne-peut faire 
choix d'un artiste trop habile pour la tiche delicate de 
creer le module de ces crochets. Ceux qu'on a pos6s con- 
viennent dans leur forme generale, mais lais^nt a desi- 
rer comme caractere; de plus, il scmble qu'il manque 
au-dessous de Tabaque, qui est fort maigre, une moulure 
correspondant au bord du vase ou calathos. 

M. le president Casati cite, a I'appui de ce que M. 
Cloquet avance sur la polychromie totale, certaines 
eglises en Italie, qui etaient entierement polychromees. 
II cite k Milan : San Mauritio, les fresques de Luino, et 
une 6glise de Padoue, 



— 339 — 

M. le Chanoine van Caster insiste sur le point qu'il 
faut absolument avoir la diversity des crochets, et aussi 
sur la polychromie partielle et non totale des 6glises. 

M. Cloquet dit que le crochet peut etre etudie sur les 
anciennes eglises du Tournaisis, ou ces crochets sont 
toujours les m6mes. 

II faut 6tudier un crochet type. 

II estirae qu'il faut attendre un temps ou le public soit 
g^nereux, et ou les artistes soient formes, pour faire une 
oeuvre toute neuve de la polychromie de St-Rombaut. 

M. J. NfevE. — Ceux qui sont au courant des travaux 
de restauration de polychromie, n^ignorent pas que ces 
travaux sont executes sous le controle de delegues dent 
la surveillance parait a premiere vue offrir toutes les 
garanties desirables. Malheureusement, dans bien des 
cas, pour ne pas dire dans tous, ce controle ne s'exerce 
que lorsque le travail est termine, c'est-a-dire, lorsqu41 
ne peut plus etre efficace. L'artiste restaurateur, en ache- 
vant son travail, a eu soin d'eflfacer toutes les. traces de 
raccord entre les parties anciennes et les parties renou- 
vclees. Ainsi remise a neuf, une peinture murale n'est 
plus digne d'inspirer confiance a Tartiste et a Tarcheo- 
logue. 

Le double voeu que j'ai eu ^occasion de formuler dans 
un travail cite par M. Zech-Dubiez, consistait a voir 
imposer aux peintres restaurateurs les .r,6gles suivantes : 

I® L'execution d'un leve exact et complet des parties 
anciennes, avec certitude que telle partie est nouvelle, 
telle autre ancienne ; 

2° L'execution de cartons detailles du projet de restau- 
ration. Ces caitons doivent permettre de faire, en temps 
utile, les observations et les corrections. 

Je doute que Ton parvienne, immediatement du moins, 
a faire observer strictement ces regies que je considere 



— 340 ^— 

comme tr6s importantes, Mais je serais heureux de voir 
le Congr^s les appuyer de son autorite et las faire ainsi 
p6n6trer progressivement dans la pratique. 

M. DouTRiAUx. — Dans la p6riode gothique, on pei- 
gnait les 6glises comme dans la periode romane et les 
belles p6riodes artistiques ant6rieures (Grece, Egypte, 
Perse), et du reste on en trouve des traces pour la p6riodc 
gothique. A Notre-Dame de Paris, toute la facade 6tait 
dor6e et peinte encore au XI V""" sifecle; dans TOise, des 
^glises rurales des XIII"' et XI V""*^ siecles sont couvertes 
de fragments de peinture; a Tournay , dans le bras gauche 
du transept, encore de tels fragments tr6s importants. 

On s'6l6ve aujourd'hui contre Tidee de peihdre monu- 
ments et statues; mais c'est seulement depuis le XVI"'*^ 
siecle qu'on a cette horreur. On doit tirer parti dans les 
arts, non seiijement de la forme, du trait, mais aussi de la 
couleur. Oil nous a repete depuis la Renaissance, que le 
monument esthetique devait 6tre incolore; c'est une idee 
fausse, il faut nous faire une sorte d'education de Tceil, 
il faut que nous en venions peu a peu a savoir employer 
et sentir la couleur comme nous sentons la forme. 

Si les grandes periodes esth6tiques ont polychrome, 
il ne faut pas dire qu'elles ont mal fait, il faut envisager 
en face cet important probl^me et Tetudier avant de le 
condamtier en bloc. 

M. CoNiNCKx 6met le vceu que I'on conserve autant 
que possible les peintures murales dans les cglises de 
Malines. 

M. Hymans. — II y a un point sur lequel on devrait 
se mettre d'accord. II y a eu une epoque oA, par prin- 
cipe, ou badigeonnait toutes les eglises. Or, 6taient-elles 
primitivement totalement ou partiellement polychro- 
m6es? 



— 341 — 

Ce mot de polychromie devient un peu plus grave 
lorsqu'on dit que toute une 6glise dtait peinte j usque 
dans la moindre de ses nervures. Si la polychromie etait 
generale au moyen sige, il est bien etonnant que les pein- 
tres du XV™* siecle aient toujours repr6sent6 des eglises 
monochromes. Sur des milliers de tableaux que j'ai vus, 
aucun ne represente des interieurs d'6glise polychromes, 
sauf un seul, existant au musee de Madrid, et encore la 
polychromie de Tedificc n'est-elle que partielle. 

M. Saintenoy dit qu'il n'y a pas, asa connaissance en 
Belgique, un seul monument construit d'apr^s le prin- 
cipe de la polychromie, par Temploi de plusieurs mate- 
riaux de coloration difFerente naturelle. 

M. Zech-Dubiez. — Approuveriez-vous de faire poly- 
chromer Teglise Sainte-Waudru, k Mons? 

Le general Wauwermans proteste contre la polychro- 
mie a outrance qui se fait actuellement dans les 6glises 
modernes, couleurs qui froissent les yeux. II rappelle les 
voeux votes anterieurement par nos congres, et estime 
qu'il faut se borner aux conclusions du congres de Mid- 
delbourg. 

M. Cloquet. — Je constate une contradiction com- 
plete cntre Ic sentiment des artistes charges des pein- 
tures actuelles decoratives dans les eglises et le sentiment 
esthetique de M. le general Wauwermans. Mais ici ce 
n'est plus une question d'archeologie, mais une question 
de gout personnel, et j'estime que dans ce differend, c'est 
ce dernier qui a tort. 

Le comte F. van der Straeten-Ponthoz approuve 
compl^tement la maniere de voir du general Wauwer- 
mans, dont M. Cloquet ne partage pas les preventions 



— 342 — 

centre la polychromie ; trouve egalement que les couleurs 
voyantes et criardes employees actuellement pour la 
decoration des eglises gothiques modernes produisent 
souvent un eflFet d6sastreux, et cite quelques exemples 
de cette polychromie exageree. 

II se range a Topinion de M. le Chanoine van Caster, 
et croit que jamais les eglises n'ont ete polychromees 
completement au moyen age. 

M. Cloquet. — J'ai tout a Theure exprime un peu 
vivement ma divergence de vues avec M. le general Wau- 
wermans; je ne voudrais pas toutefois manquer au res- 
pect que nous lui portons tous et auquel il a droit par 
son caractere, et m6me par le sentiment exquis dont il a 
fait preuve, notamment de Tart de la Renaissance qui lui 
a inspire ses plus belles pages; mais il a jete des pierres 
bien pointues a un groupe d'artistes, auxquels j^ai Thon- 
neur, je ne dirai pas d'appartenir, mais d'adherer, et 
j'estime qu'en cela il a abandonne le terrain de la dis- 
cussion archeologique, pour se placer sur un terrain tout 
autre. Cest pourquoi je me permets de penser que ses 
sentiments esthetiques personnels lui font juger fausse- 
ment Tart et les artistes qu'il vient d'attaquer. 

M. LE President fait remarquer que Theure fixee pour 
la duree de la seance est deja depassce de beaucoup et 
que Tordre du jour, tres charge, est loin d'etre epuise. 

La seance est done levee a 11 1/2 hcurcs. 

Seance du merer edi 11 aoiit, matin 

La seance est ouverte a 9 heures. 

Prennent place au bureau : M. C. Casati, president, 
le Chanoine van Caster, president du Congres, le comte 
de Marsy,'le general Wauwermans, M. Guerlin, vice- 



— 343 — 

president, et M. le comte de Ghellinck d'Elsegham, 
secretaire. 

La parole est d'abord don nee a M. L. Delbeke, de 
Paris, pour une communication. 

M. Delbeke propose a la section d'envoyer un mes- 
sage de felicitations a M. Moreau, conservateur du Musee 
Caranda, i Paris, entre dans sa loo""* annee, et qui, 
malgre son age si avance, s'occupe encore tous les jours 
de cette collection gallo-romaine, qui contient des bijoux 
mdrovingiens extrfemement remarquables. 

M. LE President lait remarquer que les reglements 
des Congres s'opposent a toute manifestation de ce genre, 
et que tout en reconnaissant le merite de M. Moreau 
et les droits qu'il a a la reconnaissance des arch6ologues, 
on ne pent lui envoyer officiellement des felicitations. II 
remercie le savant fran^ais du don qu'il a fait de deux 
exemplaires du « Petit Album Caranda ». 

D'apres Tordre du jour, on devrait aborde** la discus- 
sion des X™' et Xl"* questions, mais a la demande d*un 
des membres, on fait appeler d'abord la XII"'" question, 
un des orateurs inscrits pour cette question devant quit- 
ter Malines avant la fin de la seance. La parole est done 
donnee a M. Deligniercs, president de la Societe d'emu- 
lation d'Abbcvillc, sur la XII""' Question : 

Recherches et etudes de quelques peintttres de Van der Wey- 
den, en France. 

M. Em, DELiGNifeRES. — Aux XIII""^ et XIV™" siecles, 
il y avait k Thuison-lez-Abbeville, un convent de char- 
treux ou Philippe-le-Bon venait passer certains jours de 
retraite. II donna a une epoque, 4 tablea^jj^de bois 
dores. A quel peintre ou a quelle epoqiie determin6e ces 



n 



— 344 — 

tableaux sont-ils attribuables? Telles sont les questions 
que j'ai Thonneur de vous presenter; 

J'ai parle, Mesdames et Messieurs, de Philippe-le- 
Bon. II avait pour confident Jean Van Eyck, mort en 
1440. La premiere pensee est de se demander si Phi- 
lippe-le-Bon n'a pas fait peindre ces tableaux par son 
peintre ordinaire? Trois de ces panneaux representent la 
Cene, TAscension et la Pentecote, le quatrieme repre- 
sentait, dit-on, la Passion; il a disparu. II parait difficile 
de les attribuer a Jean Van Eyck, mais d'un autre cote, 
on remarque que la figure de la Vierge est d'un type 
splendide. On s'aventure done beaucoup dans ces re- 
cherches. 

J'ai cherche une autre piste que voici. Les tableaux ne 
seraient-ils pas Toeuvre de Van der Weyden, qui a ete le 
seul 6l6ve bien indique de Jean Van Eyck, et qui a laisse 
de ses oeuvres a Anvers? 

Dans le tableau des sept sacrements, j'ai retrouve 
quelques parties qui me rappellent un peu les panneaux 
qui nous occupent. Une chose m'a Irappe, c'est de trou- 
ver dans les sept sacrements, sur la figure de la Vierge, 
la meme intensite de vie et absolument la meme ressem- 
blance, comme il y en a dans d'autres parties. 

J'ai cherche les m^mes termes de comparaison dans le 
tryptique de Berlin, qui represente Notre Seigneur des- 
cendu de la Croix. Ce sont des encadrements represen- 
tant Tarchitecture de Tepoque a laquelle je fais allusion. 
Je trouve dans le troisieme panneau a droite, represen- 
tant Jesus-Christ apparaissant a Marie-Madeleine, la 
meme fixite et intensite de regards que les personnages 
figurant aux tableaux qui proviennent de la Chartreuse. 

Aux musees du Louvre, on remarque, dans le tableau 
du Christ, le meme type de figure que nous voyonsdans 
la Cene et Tx^scension. Figure allongee, bras allonges, 
il y a des particularites tres serieuses. 

APhopital de Beaune, nous remarquons dans le tableau 



— 345 — 

du jugement dernier, le m^me profil de vierge que nous 
voyons dans les trois sujets qui nous occupent. 

Je possede ici la reproduction de ces tableaux. Com- 
parez-les et vous verrez dans Texpression des figures une 
particularite qui se rapporte i nos panneaux. 

J'esp^re, Mesdames et Messieurs, que vous voudrez 
bien me guider dans mes recherches. Je serais heureux 
d'avoir votre appreciation sur cette question, et de savoir 
si je ne me suis pas trop hasarde d'attribuer ces panneaux 
a Van der Weyden. 

M. Delignieres fait circtiler les photographies de ces pan- 
neaux. 

La question est de savoir si on doit les attribuer ^ 
Jean Van Eyck, le confident et valet de chambre du 
prince^ ou a son eleve, Roger Van der Weyden. L'ora- 
teur parait pencher vers ce dernier, non a raison des 
points de similitude qu'il trouve par comparaison avec 
des oeuvres du meme maitre dans les Sept sacrements, 
d'Anvers, dans la Descente de croix, du Louvre, et aussi 
surtout dans le Jugement dernier, de Thopital de Beaune. 
II y a a rcmarquer surtout, Tintensite que Ton trouve 
dans les yeux des personnages. II appelle Tattention du 
Congres sur ces points de comparaison. Dans tous les 
ras, ces panneaux se rattachent a Tepoque du regne de 
Philippc-le-Bon, c'est-a-dire non au-dela de 1467, 6poque 
de la mort de ce prince, et a cause de cela ne peuvent 
guere etre attribues a des elcves; cc sont du reste des 
oeuvres de maitres. 

M. Felix de Monnecove. — Je ne puis apporter 
qu'une tr^s modeste contribution a Texamen de cette 
question, posee par M. Delignieres, president de la 
soci6te d'emulation d'Abbeville; en effet, si plusieurs 
tableaux sont inscrits dans les catalogues de divers 
musees franyais, sous le nom de Roger Van der Weyden, 
en dehors du ceiebre et remarquable polyptique apparte- 



1 



— 346 — 

nant a Thopital de Beaune, et qui represente le Jugement 
dernier, avec les portraits des donateurs, le chancelier 
palatin Rollin et sa femme (les memes que Van Eyck a 
places dans sa Vierge ate donatetir (n^ 1986 du musee du 
Louvre) ; Tauthenticite de quelques d'entre eux est serieu- 
sement contestee. Le catalogue du musee du Louvre 
comprend une Desccntc dc croix, n^ 2196, et une Vierge 
tenant I' enfant Jesus entre ses bras, n^ 2195. Au premier 
abord, ces deux panneaux ne paraissent pas de la meme 
main, et Tadministration du musee est d'avis qu'ils ne 
peuvent pas 6tre attribues a notre artiste, en toute certi- 
tude. Son wom a ete maintenu sur le cadre du premier, 
parce qu'il y figurait quand il fut donnc au Louvre; tou- 
tefois, on pent constater une certaine analogic entre ce 
tableau et plusieurs autres ouvrages qui sont certaine- 
ment du maitre. Quant au second, il est d'une technique 
toute differente. 

Le musee de Douai possede un panneau a deux faces, 
attribue a Roger Van der Weyden, et provenant de Tab- 
baye de Flines, mais que M. Henri Hymans croit etre 
de Jerome Bosch. II represente d^un cote I' apparition dc 
la Ste Vierge a un moine de Tordre de Citeaux ; de Tautre 
le Jugement dernier, au has et sur le premier plan, la 
donatricc, Isabelle de Malefiance, boursicrc en i5o6, a 
Tabbaye de Flines. Or, Roger Van der Weyden est mort 
vers 1464. 

M. Delignieres nous revcle Texistcnce a Abbeville, de 
sept panneaux dont il produit les photographies. Ccttc 
importante communication nous fait connaitre des ou- 
vrages vraiment remarquables, mais dont notre savant 
confrere ne precise pas absolument Tattribution. Sur Ic 
simple vu des photographies, une appreciation bonne est 
bien difficile; mais il est certain qu'il s'agit de peintures 
de premier ordre, et que si elles ne sont pas reellement 
de Roger Van der Weyden, il ne serait pas temerairc 
d'en rechercher la paternite du cote des freres Van Eyck. 



r 



- 347 — 

Je sortirais de la question, si je m'arretais longuement 
sur les tableaux inscrits sous le nom du meme maitre, 
qui appartiennent a d'autres musees. Quelques-uns sont 
des repliques, sans doute pr6s de lui, sans etre de lui. 
Anvers poss6de une oeuvre magistrale : les sept sacrements; 
La Haye montre une magnifique Deposition do croix; 
Bruxelles inscrit k son catalogue, dix tableaux, dont 
aucun, d'apr^s le catalogue raisonn6, public par MM. La- 
fenestre et Richtenberger, ne pent etre considere comme 
authentique. Berlin a cinq oeuvres remarquables, mal- 
heureusement retouchees, comme presque tous les primi- 
tifs de son musee. Le musee royal de Madrid renferme 
trois tableaux, dont un : la Descente de croix, avait ete 
fait pour Teglise de Notre-Dame hors la ville, a Louvain. 
Le musee Pitti, k Florence, en possede un; cinq pan- 
neaux et un dessin sont au musee Stadel, a Francfort 
s/Mein. Deux sont au musee du Belvedere, a Vienne. 
Quatre sont dans la National gallery, a Londres. Divers 
dessins figurent dans la collection de Tarchiduc Albert, a 
Vienne, au British museum, a Londres, a Christ-church 
d'Oxford. M. Alfred Armand avait reuni une collection 
considerable de photographies, de dessins et de gravures, 
en 23o volumes in-f'^, formant pour ainsi dire une histoire 
generale de Tart. II I'a leguee a la Bibliotheque nationale 
de France, oil la partie concernant Roger Van der Wey- 
den figure dans le departement des estampes, sous la cote 
AD, 34% 1 38. M. Courboier, sous-bibliothecaire a ce 
departement, en a dresse le catalogue imprimc, qui est 
inscrit sous la cote V, f. n°' 10, g, 6. Ces deux documents 
permettront d'etudier avec fruit Toeuvre de Roger \'an 
der Weyden (i). 

Le comte de Marsy croit qu'il serait tres utile de faire 
un travail sur fiches, pour les costumes dont les artistes 



(x) Voir le Journal des Artistes, Paris, Septembre 1897, n° 36, p. 1995, col. i. 




— 348 — 

revetaient leurs personiiages. Comme on le salt, les 
artistes du XV"'*" siecle avaient la coutume d'interpreter 
fort souvent les memes vetements somptueux, vetements 
qui formaient un des accessoires de leurs ateliers. Ces 
fiches faciliteraient beaucoup la recherche de Tauthen- 
ticite des tableaux primitifs. II cite divers tableaux, et 
notamment le retablc d*Ambierles, dans la Haute-Loire, 
execute vers 1480, pour Matthieu de Chougg. 

La parole est ensuite donnee au comte G. de Haute- 
clocque, de Tacademie d'Arras, pour une communication 
a propos d'un tableau provenant de Malines, et se trou- 
vant actuellement a la cathedrale d'Arras (XIV™^ question 
de I'ordre du jour). 

Le comte de Hauteclocque. — II existc dans la 
cathedrale d^Arras, un tableau provenant, dit-on, d'une 
eglise ou d'un convent de Malines; d'aprcs la tradition, 
il aurait ete offert a Mgr de la Tour d'Auvergne, ou 
achete par lui un prix peu cleve, a une dame d'Amiens, 
de sa connaissance, qui avait eprouve des revers de for- 
tune (1). Get eveque d'Arras fit don a sa cathedrale de ce 
beau tableau, et voici la description qu'en donne M. Le 
Gentil (2) : 

« Au bras de croix de droite, on remarque le magni- 
fique Van Thulden que Ton peut considerer, dit-on, 
comme I'cpuvre la plus importante, la micux roussie et la 
mieux conservee do ce maitre. 

» Au haut de la toile apparait, dans une lumincuse 
aureole, la Sainte Trinitc. Du flanc droit du Ghrist part 
un filet de sang qui tombe dans une fontaine dont nous 
allons parler. Au-dessus, a gauche, couronne une te*" 



(1) Inventaire de la cathedrale d' Arras. 

(2) Ce tableau, de grande dimension, qui commence a se deteriorer r 
suite de riiumidite, a ete restaur^ en 1862, avec bcaucouji d'mlcl'jgenc 
par M. Dunauz-Herbfct, peintre d'z\rrab. 



— 349 ^ 

vetue d'une longue robe bleue brodee d'or et de perles et 
portee sur un choeur d'anges chantant ses louanges; la 
Vierge fait jaillir de son sein un lait qui va se meler au 
sang de son fils et tombe dans le meme recipient. 

» Un peu plus bas, S. Bernard a droite, que couronne 
un ange doming lui-meme par trois antres anges, person- 
nifient les vertus theologales, tient a la main, toute arro- 
see du sang de Jesus et du lait de Marie, la plume avec 
laquelle il a ecrit le Memorare, TAve maris Stella, les 
commentaires du Salve et parait en entier devant la 
Vierge. 

» Au-dessous de S. Bernard, est la fontaine de la 
Sagesse, qu'ornent les attributs des quatre evangelistes, 
que surmontent les clefs de S. Pierre, qu'eclaire la lampe 
de la verite et au bas de laquelle Thydre de Terreur 
souffle en rugissant ses feux et ses flamnies. Sur celte 
fontaine sc groupcnt cinq petits anges : le premier, figu- 
rant Tinnocence, tient une branche de lys, symbole de 
la purcte; le second, la maceration, porte une discipline 
et foule aux pieds une couronne; le troisieme, la priere, 
prie, inspire; le quatrieme, la vigilance, veille attenti- 
vement sur la lampe confiee a sa surveillance; le cin- 
quieme, la puissance, porte un sceptre de roi. 

» Au-dessous de la Vierge, des nonncs dominicaines, 
ben6dictines, franciscaines, etc., viennent recueillir dans 
leurs ecritoires, le melange de sang et de lait qui coule 
de la fontaine. 

» Au loin on entrevoit vaguement Pegase, traversant 
Tespace, apres avoir, d'un coup de son sabot, fait jaillir 
de THelicon la fontaine d'Hippocrene, ou plusieurs 
pontes puisent Tinspiration ; au pied de cette montagne, 
Minerve, casque, portant Tegide et appuye sur sa lance, 
est salue par differentes figures my thologiques : Apollon 
et les Muses, ties probablement ; plus loin, un trou noir 
et beant, comme Tentree de TErebe. Peut-etre cela signi- 
fie-t-il qu'il y a loin de la sagesse humaine et de ses 



— 35o — 

deites depuis longtemps eclipsees a rinfaillible et immu- 
able sagesse divine, que Tune ne conduit qu'i rabime, 
tandis que Tautre mene au del (i). 

» Quoiqu^l en soit, ce tableau, dans lequel le symbo- 
lisme Chretien s'allie a Tallegorie mythologique, n*est 
point a Tabri de toute critique. Mais quelle coloration, 
quelle fraicheur, quelle harmonic, queiles carnations, 
quelle brillante execution. Vu a travers Tatmosphere 
d*or qui le voile i demi, le Christ est d'une noblesse 
vraiment celeste, et cette fois traduit bien THomme- 
Dieu. La Vierge, si elle ne rend pas precisement la 
chaste et immaculee Souveraine du ciel, represente au 
moins une des plus belles reines de la terre; la tete est 
aristocratique, et les mains effilees sont d'une blancheur 
sans egale. Quant aux anges, prcsqu'entierement quoique 
decemment nus, ils sont aussi, comme caractere et comme 
lignes, d'une delicatesse et d'une richesse exceptionnelle; 
celui surtout qui leve le bras et parait diriger le choeur, 
est d'une perfection qu'on ne saurait guere dcpasser. » 

Vient ensuite la XIII"''' Question : 

Uabcillc ail point dc vne de I'archeologie ct du folklore, 

M. De SoiGNiE fait Thistorique de Tabeille au point 
de vue archeologique. II decrit d'abord de nombreux 
joyaux se trouvant dans les collections egyptiennes des 
divers musees, joyaux figurant des abeilles; puis, ctu- 
diant la Grece, il cite d'anciennes monnaies d'Athenes et 
de Smyrne, sur lesquelles Tabeille se trouvc reproduite 
egalement. 

II donne ensuite les noms de plusieurs maisons nobles 
ayant pris les abeilles dans leurs armes et cite la devise 
de la petite fille du grand Conde, Anne de Bourbon, 



(i) Au bas d'une compositicn allegorique de Martin de Voss, grave par 
Jean Sadeler, on trouve un mont Parnasse, avec Apollon, les Muses et 
P6gase, dont Van Thulden parait s'fetre beaucoup inspire. 



I 



— 35i — 

duchesse du Maine : Je siiis petite, mais je pique. Devise 
qui lui avail ete donnee comme sobriquet par la Cour. 

M. DE Ghellinck d'Elseghem fait remarquer que la 
duchesse du Maine, qui 6tait petite, bossue et laide, 
mais fort spirituelle, avait clle-meme pris pour embl6me 
une abeille, avec cette devise tiree de VAininte du Tasse : 
« Piccola si ma fa pur gravile ferite ». Petite, oui, mais 
je fais de cruelles blessures. Ceci pour repondre aux rail- 
leries que Texiguile de sa taille lui attirait. 

Cette devise se retrouve en exergue autour d*une ruche, 
sur les reliures de la belle bibliotheque qu'elle avait 
reuni dans son chateau de Sceaux, ou elle s'etait retiree 
pour echapper aux tracasseries de la Cour. 

M, Hubert, comme suite a la discussion d'hier, pio- 
duit Textrait d'une resolution du chapitre de Teglise 
Ste-Waudru, k Mons. 

« Resolution du 28 juillet i55o, du chapitre de Teglise 
de Ste-Waudru, k Mons. 

» Conclud jaire venir le personnaige aiant fait la pour- 
traiture du clochier de Saint-Rombaut de Malines (i) 
pour la dite pourtraiture veoire et en jaire ce de raison. » 
(Memoire sur Teglise de Sainte-Waudru, a Mons, par 
Leopold Devillers [art. relatif a la Tour]). 

L'ou reprend ensuite Tordre du jour sur les X™'' et XI"'*" 
questions : 

X™* Question . — Dans tine eglise gothique ou roinane ay ant 
tin mobilier Renaissance, faut-il, en cas de restatiration, r em- 
placer ce mobilier par tin autre, coftforme ati style de I' edifice, 
ou bienfaut'il restaurer I'ancien? 

XI"" Question. — Quel est le meilleur systeme a suivrc 
pour la reparation des eglises et autres monuments anciens, par 



(i) Rombaut Keldermans est d6c6d^ en i53z. 



-^ 352 — 

exemple pour retablir rinUrieur d'une iglise romane on gothiqiie 
dans son etat primitif, doit-on fairc disparaitrc tout ce que les 
siecles y ont acciimule? 

M. Zech-Dubiez trouve que la XI"'"" question est plus 
restrictive que la X'"'' qu'il avait posee, et estime qu'il 
vaut mieux, pour le moment, se borner a elucider la 
XI™^ question. C'est pourquoi il c^de la parole a Torateur 
inscrit pour la XI""*" question. 

M. le president Casati parle comme simple membre 
du Congres et non comme delegue officiel en une question 
delicate dont la solution pent dependre de Tetat du mo- 
nument et de la destination quW veut lui donner. La 
quc^stion porte uniquement sur les immeubles par desti- 
nation, scelles dans les murs : maitre-autels, colonnades, 
tombeaux, etc.; il est d'avis que Ton doit, autant que 
possible, dans la restauration des monuments civils et 
religieux, conserver tout ce qui a une valeur artistique 
ou historique, et ne pas faire disparaitre tout ce que les 
siecles y ont amasse de precieux; il cite dc nombreux 
excmples qui demontrent que ce serait une veritable 
barbarie de faire disparaitre de nos anciennes eglises les 
chefs-d'oeuvre qui sont d'un autre style, d'une autre 
epoque, mais presentant un interet archeologique qui 
doit faire respecter ces vestiges et souvenirs precieux des 
siecles passes. 

M. Zech-Duhiez. — II s'agit de savoir ou commence 
rir.teret historique et ou il finit. Si vous consultiez le 
Congres sur la question de St-Bavon, vous trouveriez 
bien des opinions differentes. 

M. J. Neve se rallie entierement aux conclusions dc 
M. Casati. II souhaite de voir formuler quelques regies 
de nature k ecarter, autant que possible, les solutions 
arbitraires. 



~ 353 — 

M. Casati a indique comme devant 6tre respect6s par 
les restaurateurs, les monuments presentant un inter^t 
artistique ou historique. M. N6ve propose d'ajouter 4 
Tenumeration de ceux qu'une restauration scrupuleuse 
devra respecter, les monuments qui, sans 6tre des chefs- 
d'oeuvre de style ou des souvenirs historiques de premier 
ordre, se recommandent par la valeur ou la beaut6 des 
mat6riaux employes ou la qualite de la main-d'oeuvre. 

M. Casati declare qu'il approuve compl6tement Topi- 
nion de M. N6ve et se rallie k sa proposition. 

M. DouTRiAux. — M. Casati consid^re que lors de la 
restauration d'un monument, on doit conserver toutes les 
traces des generations successives qui ont decord a leur 
gotit respectifs le monument, et n'enlever aucun de tous 
ces elements disparates. 

II nous semble qu'il est necessaire ici de faire une dis- 
tinction et qu'il faut distinguer entre le monument en 
lui-meme et les objets mobiliers qui le decorent. 

Pour le monument, une reconstitution complete s'im- 
pose; il faut lui rendre le caractere qu'il avait a Pepoque 
oH il a ete construit. C'est ainsi qu'on ne pent que feii- 
citer les restaurateurs d'avoir enleve les platras qui re- 
couvraient les chapiteaux de N.-Dame de Paris et de 
Reims et qui donnaient k ces edifices un aspect d'eglises 
baties au XVI"^ siede, de temples greco-romains. Ceux 
qui ont construit un edifice, ceux qui ont ete a la peine, 
qui ont depense leur vie et leur argent, doivent etre a 
I'honneur, on ne doit pas leur enlever le produit de leurs 
eflforts. C'est en somme une question d'honn6tete artis- 
tique. 

Pour le mobilier, la question est beaucoup plus deli- 
cate ^ trancher. C'est, on peut dire, une question de fait 
qui n'est soumise a aucun principe bien fixe, II faut ici, 
pour chaque monument, s'en remettre au bon gout de 

23 



— 354 — 

ceux qui le reparent, en leur rappelant seulement, qti'il 
faut agir avec beaucoup de sagesse et enlever les objets 
qui seuls nuisent a Tordonnance et a Tensemble du mo- 
nument qui les contient. C'est ainsi qu'il serait tr6s desi- 
rable de voir disparaitre de beaucoup d'eglises gothiques, 
des immenses baldaquins des XVII™^ et XVIII"* siecles, 
qui cachent toute Tordonnance du choeur et enl6vent aux 
eglises toute leur unite d'aspect. Tandis que tout au con- 
traire, presque toujours, on pourrait conserver les stalles 
qui s'elevant moins haut, ne compensent pas les lignes 
du monument. 

Mais on ne saurait trop dire que pour le mobilier 
c'est une question d'appr6ciation, que celui qui repare le 
monument doit trancher et pent trancher mieux que 
personne en connaissance de cause. 

M. GuERLiN cite les stalles de la cathedrale d'Amiens, 
la gloire et la chaire de verit6, qui ne sont pas dans le 
style, mais qui pourtant ne pourraient a aucun prix etre 
enlevees. 

II est ensuite donne lecture d'une communication de 
M. Tabbe Flahault, au sujet de cette XI™*" question. 

M. Tabbe Flahault fait observer, au nom du comitc 
flamand de France, dont il est membre, qu'en these 
generale. Ton doit, autant que possible, rendre au monu- 
ment sa physionomic primitive. Mais cette r6gle n'a rien 
d'absolu, et dans toute la mesure du possible, Ton doit 
s'efforcer de conserver les objets d'uneepoqueposterieure, 
s'ils offrent un interet reel, soit historique soit artistique. 

Cest le conseil que le susdit abbe a donne k Tarchi- 
tecte charge en ce moment-ci de la restauration de I'eglise 
de Capellebrouck, commune de Tarrondissement de Dun- 
kerque, et du canton de Bourbourg. Ce tr6s curieux 
monument roman, de la fin du XI I"*' siecle, a et6 etudie 



— 355 — 

par M. Enbart, dans son ouvrage d'line importance capi- 
tale, public en iSgS, sur les monuments religieux de 
I'architecture romane et de transmission dans le nord de 
la France. 

Le choeur de cette eglise est sensiblement post^rieur a 
Tedifice et accuse le style gothique. II est orne d*une 
boiserie en sapin vermoulu, oeuvre toute moderne et sans 
la moindre valeur artistique. Aussi Tabbe Flahault, au 
nom du comite flamand, a-t-il temoigne le d6sir a Tarchi- 
tecte Cockenpot, de la faire disparaitre. 

L'enlevement de cette boiserie permettra a ceux qui 
sont charges de la restauration de Pedifice, de verifier 
Tetat des murs et peut-6tre de trouver soit des details 
d'architecture, soit peut-etre meme des traces de peinture 
polychrome. En tout cas, il permettra de rendre aux 
parties basses des murs leur physionomie ancienne. 

La partic principale de reglise de Cappcllebrouck 
ayant conscivc la nudite de son clat primitif, la restau- 
ration en sera facile. 

Plusieurs fois, le comite flamand de France a emis le 
voeu que Tadministration diocesaine de Cambrai nomme 
une commission en vue de presider aux travaux de res- 
tauration des eglises du d6partement du Nord. 

Le general Wauwermans resume les debats qui vien- 
nent d'avoir lieu sur cette question, et propose d'emettre 
un voeu ep favour de la presentation des monuments 
anciens. 

Ce qui est adoptc. 

Quant a la XV™*" question a Tordre du jour, relative a 
un retable flamand acquis pour le musee do Stockholm, 
Torateur inscrit, M. Hildebrand, delegue officiel du 
Gouvernement Suedois, fait savoir au bureau de la sec- 
tion, qu'ctant empeche par sa presidence a la 2"" section, 
il renonce a faire sa communication. 



— 356 — 

Avant de cloturer la stance, le president fait Tenume- 
ration des publications qui ont ete offertes a la section. 

Sur la proposition du President, la section vote des 
remerciments aux donateurs. 

Le President remercie les diff^rents orateurs qui ont 
pris part aux d6bats de la 3"' section, at ont contribue a 
elucider les diffferentes questions posees. II constate que 
les travaux ont 6t6 fructueux et qu'un nombre conside- 
rable de membres a suivi avec attention et assiduite les 



La s6ance est lev6e d. ii heures. 



Le Stcretau't, 

C. DE Ghellinck d'Elseghem. 



Duvrages offerts au Congrts 



lAKS, Paul. Nolices el Documents pour servir h I'hisloire litle- 

e et bibliographujue de la Belgique, in-S". Gand, 1896. 

Les imprimeurs beiges h I'etranger, in-S". Gand, 1897. 

I DE Casatis, Ch. Pelits musics dc Hollande el grauds pemlres 

r«,in-8°. Paris, 1881. 

Elements dit droit etritsque. Extrait de I'ouvrage his antiquum, 

". Paris, 1895. 

MRE, Ch.-J. Carte pre- et prolohtslorique de Belgique, in-S". 

l^, 1893. 

Le projet de carte prehhtorique de la Belgique, in-S". Li^ge, 1894. 

De la necessite d'uii classeuieut des baches poUes, m-8''. Liige, 

Les premiers ages du metal dans les basstns de la Meuse et de 

caul, in-8". Litge, 1894. 

La Chaptlle des mailres de la cite dans I'eglise Saint-Jacques, h 

'e,\n 12. Li^ge, 1896. 

Kinkempois, par un ami du l^ieux-Liige, in-12. Litge, 1896. 

Y DE Laukois (comte A,), Dolez, M. et Hublaro, E. Rapport 

lafouille de Monlignies-le;^- Lens, in-8", 1S96. 

VE (baron Joseph). Le Congris international d' Anlhropologie el 

chiologie prehistoriqties de Moscou, en i8<f2, in-8°. Paris, 1895. 

Note sur des bijoux arabes en forme de mouches, 'm-%°. Paris, 



— 358 — 

DE Marsy (comte). Loi du }o mars 1887, pour la conservation des 

monuments et objets d'art ayant un caract^re historique et artistique, 

in-8^ Caen, 1887. 

Idem. Les dicrets de 1889 sur la conservation des monuments et objets 
d'art ayant un interit historique et artistique, in-8®. Caen, 1889. 

Idem. Instructions de la Commission des monuments historiques pour le 

classement des objets mobiliers^ in- 8°. Caen, 1889. 
Idem. Discours d'ouverture du Congrts archeologique d'Evreux, le 

2 juillet 1889, in-8^ Caen. 
Idem. Discours d'ouverture du Congrts archeologique d' Abbeville, le 

27 juin i8pj, in-8°. Caen. 
Idem. Les instructions du Comite des travaux historiques et la Picardie, 

in-8*. Compifegne, 1890. 
Idem. Les corps des dernier s souverains de la Navarre. Caen, 1892. 
Idem. Jules de Lauritre et Leon Palustre. Caen, 1895. 
Idem. En Belgique. Aout-septembre 1894, Caen, 1895. 
Idem. Du mouvement des itudes sur I' architecture religieuse du moyen 

dge en France (1891-1894), in-8^ Bruxelles, 1895. 
Idem. Discours d^ouverture du Congris archeologique de Clermont- 
Ferrand. 
Idem. Tournai et Compitgne. Communication faite au Congrfcs arclie- 

ologique et historique de Tournai, in-8^ 1895. 
Idem. Notes sur diverses tapisseries flamandes. Extrait, in-8°. Bruxelles, 

1896. 
Idem. Louis Courajod^ in-8®. Caen, 1896. 
Idem. Les dalles tumulaires de la Belgique, in-8°. Caen, 1896. 
Idem. Le musee de la Commission des antiquites de la Cote-d'or, a 

Dijon. 
Idem. Un voyageur frangais ii Anvers, au milieu du XFIII*'*' silcle. 

Anvers, 1896. 
Idem. La Sociiti frangaise d'archeologie, et le departement de la Sarthe, 

in-8®. Mommers, 1897. 

Demeuldre, Ami. Archives des hospices civils de la ville de Soignies, 

in-80. 1896. 
Idem. Le compte iestamentaire d'un doyen de Soignies, en 1426, in- 8**. 

1896. 



— 359 — 

De Pauw, L.-F. et HuBLARD, Em. Notice preliminaire sur le cimetiire 

franc de Ciply (Hainaul), in* 8®. Mons, 1894. 
Idem. Tablettes du fouilleur des cimetUres francs, Mons, 1896. 

De Soignie, Jules. Les manvaises langues. Paris, 1889. 

Idem. Histoire des votes de communication par terre et par eati, princi- 

palement an point de vue du Hainaut. Mini, cour., in-8^ Mons, 

1874. 

de Vasconcellos, JoAauiM. Damido de Goes, pet. in-4**. Porto, 1897. 

Dubois, Andr^, et Comhaire, Ch.-J. Une excursion h I'iglise Saint- 
Stverin, en Condro:^ in- 12°. Lifege, 1896. 

Faid'herbe, a. Notes medicales sur I'ancienne Flandre. Lille, 1897. 

FouRDRiGKiER, Eo. DouhU sipulture gauloise de la Gorge-Meillet 

(Marne), in-4*'. Chdlons sur-Marne, 1878. 
Idem. Catalogue explicatif et illustre de la collection de M, Edouard 

Fourdrignier. Paris, 1878. 
Idem. Sur la decouverte de deux casques Gaulois h forme conique, dans 

les sepultures de Cuperly et de Thui^^y (Marne). Paris, 1880. 
Idem. Les casques gaulois a forme conique, V influence orientate. Tours, 

1880. 
Idem. Aperfu sur lesfouilles mysterieuses de Triel. Paris, 1882. 
Idem. Etudes sur les bracelets et colliers gaulois. Paris, 1892. 
Idem. Le menhir de Clamart. Paris, 1894. 

Guignard de Butteville, Ludovic. Une excursion it Verdes, in-8*'. 

Cbifeaudun, 1891. 
Idem. Une ville prehistorique A Aver don, in- 12. Blois, 1896. 

Hock, Adrien. Etudes sur quelqiies campagnes de Jules Cesar, dans la 
Gaule-Belgique, in-8«. Namur, 1897. 

Hubert, J. Des architectes de I'iglise collcgiale de Sainte-M'^audru, a 
Mons. Deux brochures in-8^ Bruxelles, 1889. 

Hublard, E. Sur r orientation des sipultures franques, in-8^. Tournay, 

1895. 
Idem. Une curiositi montoise disparue (Uhomme a Moulons), in-8". 

Mons, 1896. 



— 36o — 

HuBLARD, E. Lettre h Messieurs les President et Membres du Cercle 

archeologiqne dc Mons, in-8^ Mons, 1897. 
Idem. Les silex de Spienne, D^couveite d'un nouvcau gisement, par 

M. Rutot, in-8^ 1897. 

Janvier, A. La ligende de Sainte Ulphe, ln-4^ Amiens, 1863. 

Idem. Les Clabault, famille municipale Amiinoise, ia^^. Amiens, 

1889. 
Idem. Livre d'or de la municipaliti Amiepo^" ' -rf, 189 j. 

Idem. La Vierge au Palmier, tableat^ a confrerie du Puy 

d' Amiens, grand in-8°. Amiens, 
Idem. Congrts Archiologique de ^npte rendu, in-8°. Amiens, 

1897. ^ 

Idem. Passages et sijours de ^rles VI, h Amiens, in-8®. Amiens, 

1897. 

Knoetig. Sur V introduction de I'Imprimerie en Belgique. 

Lyon, Cl^m. Jean Giiyot de Chdtelet, illustre musicien wallon du 
XVI'"' siicle, premier maitre de chapelle de S, M. I'Empereur 
d'Allemagne Ferdinand t', in-8^ Charieroi, 1881. 

Marsaux (rabbi). Varietes liturgiques, in-8^ Beauvais, 1896. 

Idem. Tresor d'Antoing (Belgique), in-4^ Lille, 1896. 

Idem. La chasuble de Viry-Chatillon, in-8^ Corbeil, 1896. 

Idem. Congrts de Tournai et Exposition ritrospective d' Angers, in-8'*. 

Chdteau-Thierry, 1896. 
Idem. La rosiire de Salency, en J 774, in-S^ Beauvais, 1897. 

Matthieu, E, Uavouerie de Mons, in-S**. An vers, 1886. 
Idem. La Prairie de Silly et sesfiefs, in-8^ Louvain, 1891. 
Idem. Les abords du chateau des comtes de Hainaut, in-8°, Mons, 189J. 
Idem. Compte rendu du troisitme congrts scientifique international des 
catholiques, in-8°. Bruxelles, 1895. 

MoREAU, Fr. Petit Album faisant suite au catalogue des objets d'anti- 
quites aux epoques prehistorique, gauloise, romaine et franque, de la 
collection Caranda, grand in -8°. Saint- Quentin, 1896. 

Idem. Bibliothique et Archives de la collection Caranda, grand in-8®. 
Saint- Quentin, 1897. 



— 36i — 

NfevE, EuG. L'enseignemenl professionnel des Industries artisiiques en 
Europe, in- 12. Bruxelles, 1896. 

Neve, Fr. Louvain piltoresque, in- 12. Louvain, 1897. 

Neve, J. Quclques remarques h propos de la Restauration des Monu- 
ments d'art ancten, in- 8°. Bruxelles, 1896. 

Idem. La ligende de I'Arbre de la croix, avant Jesus-Christ, in-8°. 
Bruxelles, 1897. 

Idem. Notes sur quelques portraits de la Galerie d'Arenberg, in-8**. 
An vers, 1897. 

PouLLAiN, Hipp. Orliens (Orleans) renferme dans sa premitre enceinte, 

Vune des villes de la 4"^^ province Lyonnaise, in-8°. Orleans, 1885. 
Idem. Orleans 1461-148}. Rtgne de Louis le on:(itme, in-8*». Orleans, 

1885. 
Idem. Chdteau de Coligny, in-8®. Orleans, 189 1. 
Idem. Origine et lieu de naissance du titre de marichal de France, 

in-8^ 1891. 
Idem. Montargis, capitale du Ch&iinais orlianais, in-8** autogr. 1893. 
Idem. Renseignements complementaires des histoires ou notices concer- 

nant cette ville, in-8°. Orleans, 1 894. 
Idem. Magdunum (Meung-sur-Loire). Revue historique retrospective 

depuis la destruction de cette ville, par les Vandales, jusqu'en 

Tannee 1793, in-8° autogr. Orleans, 1897. 
Idem. Album d' architecture de divers styles^ format oblong. Lithogr., 

s. 1. n. d. 

PoRfeE (I'abbc). Notice sur un vitrail de Sainte-Foy de Conches, repre- 

sentant le triomphe de la Sainte Vierge, in-8®. Tours. 
Idem. Guillaume de la Tremblaye, sculpteur et architecte (1644-1715), 

in-8^ Caen, 1884. 
Idem. Un hisiorien normand, Gabriel du Moulin, in-8°. Caen, 1884. 
Idem. LHercule terrassant I'Hydre de Lerne de Puget, in-8**. Caen, 

1885. . 
Idem. UHercule du Thil (Eure), in-8°. Caen, i88j. 
Idem. Un peintre Bernayen, Michel Hubert. Discours (1707-1775), 

in-8^ Bernay, 1889. 
Idem. Gabriel Du Moulin, historien, in-8*>. Bernay, 1890. 



— 362 — 

PoREE (Tabbe). Les clotures des chapelles de. la cathedrale d'Evreux, 

in-S**. Evreux, 1890. 
Idem. Le nicrologe de I'abbaye de Saint- Tanrin d' Evreux, in-8**. Caen, 

189 1. 
Idem. Les sepultures des eveques d' Evreux, in-8°. Caen, 1891. 
Idem. Le Tresor de Vabbaye de Saint-Nicolas de Verneuil, in-8**. Caen, 

1891. 
Idem. Francois Bertinet, modeleur et fondeur en medailles, in-8\ Paris, 

1891. 

PoRfeE (le chanoine). L'if^Use abbatiale du Bee, d'aprds deux docu- 
ments inedils du Xyil"" siecle, in-8". Evrcu.x, 1894. 

Idem. Les apotres de Sainte- Croix de Bernay, in 8*^. Paris, 1896. 

Idem. Decouvertes archeologiques du R. P, De la Croix, au yUleret 
{Berthouville), en i8p6, in- 12. Evreux. 

Rousselle, Ch. Publications, in-8**. Mons, 1895. 

Van Bastelaer, D.-A. Memoires archeologiques, in-8^ Bruxelles, 1^97. 

Zech-Dubiez, G. Les sceaux de Braine-le-Comte, in-8**. Brainc-lc- 

Comte, 1896. 
Idem. Une promenade arcbeologique, U Olive et Maricmout, in- 8*. 

Braine-le-Comte, 1896. 

Boletim do real associa^ao dos architectos civis e archeologos Portu- 
guezes. 




MEMOIRES 



PRKSENTES AU Xll™** 



Oongr^e ^rcb^olooique d Jiistorique 



DE 



MALINES - 1897 



CIMETlfiRE 

a inhumation et a incineration 

D'EMELGHEM (Flandre Occidentale) 



Messieurs, 

i-:>^EUx d'entre nous qui ont visitc la Section des 
^-1 Sciences a rexposition de Bruxelles, auront 
peut-etre jete les yeux sui" une vitrine tenfer- 
mant des vases de formes varices, indiquaiit 
des origines bien differentes. 

Ces objets proviennent de la vaste necropole que nous 
explorons en ce moment a Emelghem, pros d'Iscghem, 
Sur une hauteur sablonneuse, appelee « Stuyvenberg », 
k gauche de la Mandel, au Carrcfour nomme « de \'ijf 
Wegen », s'elevait jadis un grand chene, lieu consacre 
par les legendes populaires qui en faisaient le lieu de 
rendez-vous des nains et des fees. C'est la qu'en septem- 
bre i8g3, nous decouvrimcs, dans la sabliere du fermier 
Van Ackere, une tombe i mobilier tres riche, mais mal- 
heureusement fort endommage, 

Depuis lors, deux autres sablieres ont 6te ouvertes, a 
200 metres environ de la premiere, k droite et i gauche 



— 368 — 

du chemiii de terre (actuellement un gravier) qui mene 
de cet endroit au hameau de St-Antoine. 

Les travaux, qui y furent entrepris durant les hi vers 
de 1894-95-96- et 97, amen^rent la decouverte de 35 
tombes nouvelles, sou vent tr^s espac6es, et creusees 
d'une fagon irr6guli6re. 

Les fouilles sont continu6es methodiquement. Nous 
faisons, nous-m6mes autant que possible, le releve exact 
du mobilier de chaque tombe. 

Le nombre des objets exposes a Bruxelles a 6te double 
par le produit des recherches execut6es durant cet ete, 

Selon toute probabilit6, nous nous trouvons en pre- 
sence du champ de repos choisi par une peuplade Gau- 
loise, durant la domination romaine. La majeure partie 
des tombes ^ incineration r6vele Tinfluence du peuple 
conqu6rant. Les Franks, lors de leurs migrations, se 
firent inhumer dans le mfime cimeti^re ; nous avons re- 
trouv6, m6l6es aux pr6cedentes, des sepultures k inhu- 
matk)n, pr6sentant tons les caract^res de cette epoque. 

Nous nous bornerons, aujourd'hui, 4 decrire trois 
tombes de chacune de ces periodes; sauf a reprendre 
notre etude avec plans et planches ^ Tappui, d^s que nos 
explorations auront ete menees k bonne fin. 

L — P6iiode Gallo -Romaine 

A. Dans la sablifere du fermier Van Ackere, en sep- 
tembre 1893, nous d6couvrtmes ^ o.5o m. de profondeur, 
une fosse de 2,00 m. sur 0,60 de largeur et 0,40 de 
profondeur, remplie de residus de cendres de bois. Le 
mobilier de la tombe s'enum6re comme suit : 

10 Une grande urne cineraire de poterie grossi^re i 
large pause et de forme arrondie, contenant des osse- 
ments calcin6s ; 

2° Deux petites coupes ou pat^res de poterie noir^tre 
et assez lisse, malheureusement fort endommagees ; 



— 369 — 

3^ Un vase de poterie tres fine, d'un gris pale et de 
forme Elegante, haut de o,i6 m., large de o,og m. ^ la 
panse, se retr6cissant fortement au pied et se terminant 
par un col droit assez 6lev6; 

4° Une anse et un fragment d-une petite cruche en po- 
terie rouge ; 

5° Une coupe de poterie rouge^tre, ^ petites rainures, 
fortement endommag6e; 

* 

6^ Un tesson de poterie rouge, assez fine, portant de 
profondes rainures ; 

y^ Des clous en grand nombre et quelques debris d'ob- 
jets en fer. 

B. En mars 1896, une tombe ^ incineration fut mise 
4 d6couvert ^ Textremitfe Nord d'une autre sabli6re, i 
gauche du chemin qui mene au hameau de St-Antoine. 
Les dimensions etaient quasi les m6mes que celles de la 
sepulture prec6dente. Le mobilier comprenait : 

1° Une urne cineraire de poterie assez grossi^re, con- 
tenant des cendres de bois et des residus d'ossements 
carbonis6s ; 

2^ Un petit vase de forme arrondie, k panse fort large 
et a ouverture tres 6troite, mesurant 0,09 m. de hauteur 
sur 0,09 m. de largeur. La poterie de ce dernier objet 
etait beaucoup plus fine et de couleur grise. 

C. Le 5 aout 1897, nous fouillsLmes une tombe k inci- 
neration, k quelques metres seulement de la riche s6pul- 
ture franke que nous d6crirons ci-apres. 

La tombe mesurait 1,90 m. de longueur, sur o,5o m. 
de largeur et 0,80 m. de profondeur. La couche de 
cendres atteignait une 6paisseur de o,3o m. Vers le milieu 
nous decouvrimes les d6bris d'une urne cineraire, de 
poterie grossi^re, manquant absolument de consistance. 
La sepulture etait dispos6e du Nord au Sud. A Textre- 
mit6 Nord, en dehors de la couche de cendres, mais 



— 370 — 

distants seulement de lo ou i5 centimetres de celle-ci, 
etaient deposes, places les uns dans les autres, un petit 
vase de o,ii m. de hauteur, a la forme arrondie et de 
poterie noiratre assez fine, un bol a bords bombes vers 
rinterieur et ornes de rainures, mesurant o,i3 de dia- 
metre; enfin une grande patere de terre rougeatre, dont 
le diametre atteint 0,21 m. Le vase contenait une boucle 
de bronze de faible dimension. 



II. — Periode Franke 

A. Le 5 aout 1897, nous decouvrimes, au centre du 
cimetiere, une tombe a inhumation. Les ossements 
avaient quasi totalement disparu. Cette sepulture consis- 
tait en une simple fosse orientee, sans parois de briques 
ou de pierres, mais facilement reconnaissable par une 
couche d^environ o,i5 m. d'6paisseur. La terre etaitd'une 
couleur un peu plus foncee. Nulles traces de cendres. La 
profondeur attcignait de 0,80 m., la longueur exactement 
de 2,00 m. et la largeur de o,5o (i). 

A Textremite Est, aux pieds du defunt, se trouvaient 
un ombilic ou umbo de bouclier en fer, et un vase de 
forme assez allongee, en poterie grise, ct larges rainures, 
haut de o,i5 m. et de 0,12 m. de diametre a sa plus 
grande largeur. Cette forme est assez rare. Nous avons 
remarque un vase quasi identique parmi les objets du 
cimetiere frank de Waasmunster exposes par le Cercle 
archeologique du Pays de Waas, a la section des Sciences 
de notre Worldsfair de 1897. 

A Textremite Quest, k droite du defunt, nous avons 
recueilli une superbe framee a volutes, longue de 0,41 m., 



(i) Une tombe k peu pres semblable, contenant une framee, un Scrama- 
saxe, un petit couteau, un ombilic ou umbo, une fiche, une grande boucle 
de ceinturon en fer et un vase quasi identique a celui de la tombe pr6cc- 
dente. 



-371 - 

et k gauche, mais un peu plus bas, un scramasaxe de 
o,58 m. de longueur, dont la poign6e conserve encore 
une partie notable du bois qui Tentourait. Ce riche mo- 
bilier etait encore complet6 par une belle boucle en fer 
damasquinee d'argent et rehauss6e de gros clous i t^te 
de bronze, retrouvee k la hauteur de la ceinture. 

B. Dans le courant du m6me mois, une autre tombe 
a inhumation fut decouverte k peu de distance de la pr6- 
cedente; elle contenait un petit couteau en fer, mesurant 
0,17 1/2 de longueur, et un vase en terre grissLtre, de 
forme et de fabrication nettement franke. 

C. Le 7 avril 1897, notre attention fut attir6e par la 
decouverte d'un vase de fabrication tr6s grossi^re, pr6- 
sentant beaucoup d'analogie avec la poterie n6olithique, 
depos6 dans une tombe k inhumation. Ce vase, fafonn6 
i la main, sans tour, a 0.07 1/2 m. de hauteur; ses parois 
sont verticales, grossi^res et orn6es, k la partie sup6- 
rieure, de quelques enfoncements produits dans la psLte 
a Taide du pouce. Sa largeur est de o.ii m. II 6tait 
accompagne d'une petite boucle en fer, de plusieurs clous 
et d'une pierre k aiguiser. 

Plusieurs vases et fragments de vases du m^me genre 
furent recueillis depuis dans le m6me cimetifere; ils 
sont en tout semblables k ceux que d6couvrit r6cemment 
la society archeologique de Namur, dans Timportante 
n6cropole de Pry-lez-Walcourt (i). 



(i) Voici comment les d^crits M. Becquet (Annales dc la socUie archeologique 
de Namur, t. XXI, p. 3x3) : « Nous devons signaler encore la trouvaille, 
» dans des sepultures d*enfants et de femmes, de dix vases grossiers pariai- 
» tement conserves, faits a la main, mal cuits et ayant tous les caract^res 
» des poteries pr^historiques. La pd.te en est 6paisse, imparfaitement p6trie, 
» et quelques-uns renferment une multitude de fragments de quarts. La 
» forme, en general, est celle d*une urne a large ouverture avec petit col 
» droit chez les plus grossi^res ». L'auteur suppose que ces poteries d'un 
Age anterieur ont et^ enlev^es par les femmes, plus soucieuses que les 
hommes de conserver leur vaisselle, aux nombreux marchets des environs. 



— 372 — 

D'apres la savante classification des migrations frankes, 
faite par M. A. Becquet, conservateur du musee de 
Namur, ce dernier cimeti6re appartiendrait au troisiSme 
courant d'invasion venu par la Hongrie et I'Europe cen- 
trale (i). Ces guerriers auraient 6t6 en rapports intimes 
avec les Goths, dont ils ont emprunte les principes de 
fabrication et les principaux motifs de leur art d6coratif. 
Ceci soil dit A titre de simple remarque, car l'6tat des 
fouilles d'Emelghem ne nous permet point encore de 
dire i quel courant d'invasion nous rattachons les tombes 
franques qui y furent d^couvertes. v 

B"" Ch. GiLLfeS DE PfiLICHY. 



(i) Le in^me auteur distingue encore : a) un courant qui prend sod point 
de depart des contr^es orientales de I'Europe, rcmonte la valine du Danube, 
du Rhin moyen et se trouve longiemps en contact avec la Civilisation 
TOmaine. I/) D'autres tribus suivircnt les vallecs du Dnieper, remonterent 
jusqu'^ la Baltique, lon^^rent la mer du Xord et p^ndtr^rent dans nos coq- 
Irees, par U 13atavie (M^me source, pp. Ill a i26). 



ame Section t Hlstolre 

VII"' QUESTION 

La situation des peitples qui habitaient la Bclgique, & I'arri- 
v6c de C^sar, correspond beaucoup plus exadeincnt qn'on nc 
le suppose girUralement aujourd'hui, aux divisions ecclesias- 
tiques de notre pays au moyen-dge. 



Messieurs, 

It A position des differents peuples qui habitaient 

w notre pays k I'^poque de Cesar, a fait I'objet 

V de travaux innombiables. Les theories les 

Jt plus arbitraires, les plus inadmissibles ont 

etd mises en avant et defendues avec una conviction et 

une chaleur dignes d'une meilleure cause. Je me propose 

de trailer une fois encore la question ici, en me pla^ant 

cL un point de vue qui, certes, est loin d'etre neuf, mais 

dont on n'a pas encore tire tout le parti possible. 

Depuis longtemps on a constate une certaine correla- 
tion entre les limites denes anciens 6veches et celles de 
nos anciennes circonscriptions territoriales, civitates, pagi. 
Cette concordance 6tait recommandde par les conciles. 
D'autre part, nos anciens dioceses porterent assez long- 
temps le nom des peuples du temps de Cesar, par ex- 



— 374 — 

emple Peveche de Therouanne, celui de episcopatm Mori- 
nensis. 

Est-il permis d'en conclure que les peuples de notre 
pays habitaient precisement le territoire des eveches 
crees aux si^cles posterieurs? II y a eu certaines modifi- 
cations dans Templacement des peuples, c'est incontes- 
table; mais en general, je pense qu'on a imagine des 
deplacements beaucoup trop nombreux, comme j'essaye- 
rai de le prouver plus loin. 

Quelles sont nos sources? Pour Tepoque de Tinvasion 
romaine, nous n'avons que Cesar; pour la periode sui- 
vante, Strabon et Pline TAncien, qui visiterent egale- 
ment nos regions. Les autres historiens et geographes 
romains ne parlent gu6re que d'apr^s eux. Des qu'ils s'en 
ecartent, ils racontent des choses invraisemblables. 

M. Vander Kindere fait observer a juste titre que les 
donnees des historiens du I" siecle avant J.-C. jusqu'au 
IV"''' si6cle apres J.-C. sont inconciliables. Nos modernes 
ont eu le tort de chercher a les concilier. lis ont attache 
a certains auteurs, surtout a Ptolemee, une valeur qu'ils 
n'ont pas; les temoignages de ce dernier sont bien sou- 
vent sujets ^ caution (i). 

Cesar lui-meme est une source bien imparfaite. Outre 
que ses renseignements sont forts incomplets, il est sou- 
vent fort confus et parfois inexact, surtout quand il parle 
de peuples qu'il n*a pas visites. 

C'est en considerant la mediocre qualite de nos sources, 
que nous en sommes arrives a proceder, dans la solution 
du probl^me qui nous occupe, d'une fagon diametrale- 
ment opposee a celle de nos devanciers. lis n'ont fait 
appel aux divisions ecclesiastiques de notre pays que 
pour combler les lacunes de Cesar ou pour eclairer ses 



(i) Outre les erreurs que nous rencontrons plus loin, notons entre autres 
choses, qu*il place Mayence dans la Germanic inferieure, et Spire au nord 
de Worms, et qu'il est Tinventeur de la ville de Suaiutanda, simple accou- 
plement d'un pronom personnel et d'un participe futur mal lus chez Tadte. 



— 375 — 

donnees. Nous ferons le contraire. Les limites de nos 
dioceses au moyen age nous sont connues d'une fafon 
fort satisfaisante. C'est un renseignement sur et serieux. 
Nous le prendrons pour point de depart, pour base de 
notre argumentation. Nous consid6rerons en consequence 
les limites de nos anciens dioceses comme conformes a 
celles de nos anciennes populations a Tarrivee de Cesar, 
potir aidant que nos sources ne s'y opposent pas formellement . 

J'insiste sur le mot formellement . II importe, en effet, de 
distinguer parmi les renseignements des auteurs, ceux 
qui sont categoriques et circonstancies, de fafon i ne 
laisser aucun doute sur leur valeur et les renseignements 
plus vagues qui souvent sont en contradiction avec les pre- 
miers, et battent de la sorte en br^che les meilleures 
theories. II faut une bonne fois faire table rase de ces 
derniers, ou du moins les reduire a leur juste valeur. 

Nous ne nous donnerons pas un mal infini pour cher- 
cher des emplacements pour certains peuples dont nous 
ne connaissons que le nom, ou sur lesquels nous n'avons 
que des renseignements insuffisants. Nous ne pretendons 
done pas a une tres grande precision, qui, dans Tespece, 
est impossible a obtenir. On sourit malgre soi lorsqu'on 
voit des auteurs declarer gravement que Cesar passa par 
les villes de Namur, de Bruxelles et d'Anvers. Nous 
n'irons pas si loin. Nous fixerons tout au plus quelques 
limites approximatives, mais nous combattrons les theo- 
ries trop erronees. 

Rappellons-nous, pour finir cette entree en matiere, 
qu'un petit coin d*un pagus etait parfois englobe dans un 
cveche etranger au reste de ce pagus, que certaines villes 
ont change de dioceise dans le cours des siecles, etc. 



* ♦ 



Voici quelle etait Tetendue approximative de nos eve- 
ches dans le haut moyen age. 



— 376 — 

L'eveche de Thiroiianne comprenait le pays situe entre 
TAa et TYzer. Celui d! Arras, Arras et les environs. Celui 
de Toitmai, les autres pays k TOuest de PEscaut, moins 
la Flandre Zelandaise. Celui de Cambrai, les pays sur la 
rive droite du m6me fleuve; cet 6v6che 6tait tr6s long, 
mais peu large, et s'etendait de Hoogstraeten k Cambrai, 
comprenant Anvers, Bruxelles, Alost et Mons. Le dio- 
cese de Tongres, plus tard Maestricht, puis Liige^ s'eten- 
dait au Nord jusqu'i la Meuse; il comprenait le Brabant 
septentrional, les deux Limbourg, les provinces de Liege 
et de Namur, une partie des deux Luxembourg et la 
partie restante du Hainaut, du Brabrant et d'Anvers. 
L'ev6ch6 d' Utrecht comprenait tous les pays du Nord, 
depuis le Sincfalla (Zwin) jusqu'au Lauwerzee. L'arche- 
v6che de Trives comprenait le reste des deux Luxembourg 
et s'etendait jusqu'au-dela du Rhin. Celui de Cologne etait 
aussi ^ cheval sur les deux rives de ce fleuve. 



* * 



Les MoRiNS, sur lesquels Cesar et Strabon (i) nous 
fournissent ces seuls renseignements, qu'ils habitaient 
les cotes du Pas-de-Calais, etaient voisins des Menapiens 
et possedaient Portus Itius, ont toujours occupe la plus 
grande partie de Teveche de Therouanne, forme au VII"' 
si6cle, de la reunion de ceux de Therouanne et de Bo- 
logne. Certains historiens etendent leur territoire jusqu'a 
TEscaut, uniquement parce qu'ils ont donne aux Mena- 
piens un emplacement errone, comme nous le verrons 
ci-apres. 

Les M6NAPIENS, a Tepoque de la fondation de Teveche 
de Tournai (484), occupaient vraisemblablement ce ter- 
ritoire; mais a Tepoque de Cesar, ils s'etendaient plus 
loin; Cesar lui-meme declare qu'ils habitaient les deux 



(1) C^sar, III, 21, 3; Strabon, V. 



— 377 — 

rives du Rhin (Vieux-Rhin), non loin de son embou- 
chure (i), et qu'ils touchaient aux Eburons; Strabon 
raconte la mfime chose et ajoute qu'ils etaient voisins des 
Morins sur la mer (2); enfin Pline, dans une Enumera- 
tion (3), semble les placer 4 TOuest de TEscaut. II en 
r6sulte que, outre Tevechd de Tournai, ils devaient occu- 
per la Flandre Z6landaise, ainsi que certaines ties de la 
Zelande et de la Hollande, tout au moins les plus Orien- 
tales (nous verrons plus bas pourquoi), et depassaient le 
Vieux-Rhin au Nord. 

Les auteurs qui placent les Menapiens au Nord de la 
province d'Anvers et dans le Brabant septentrional, ou- 
blient que les fiburons s'6tendaient jusqu'ct la mer, qui, 
A mar6e haute, y formait des lies (4). 

Ceux qui les placent sur le Rhin moyen, au Nord de 
Cologne, oublient que Cesar nous dit en termes formels, 
que les Usip6tes et les Tenctferes arriv6rent chez les 
M6napiens en passant le Rhin pr6s de son embouchure; 
ils avaient done contourne toute Tile des Bataves. S'ils 
n'ont pas franchi le Rhin 14 ou ils habitaient primiti- 
vement, c'est pour le bon motif que depuis trois ans 
ils avaient quitte ce pays et erre a travers la Germa- 
nic (5). 

Enfin, ceux qui placent les Menapiens dans le Lim- 
bourg hoUandais, se basent sur un passage de Ptol6- 
m6e(6), qui pr6tend qu'ils habitaient au-del4 de la Meuse, 
et que leur civitas s'appelait Castellum. On a vite fait 
d'identifier ce Castellum avec Kessel, pr6s de Ruremonde. 



(x) Strabon dit : les bouches; M. Plot pense a tort qu*ils habitaient enin 
les deux branches du Rhin (Vieux-Rhin et Wahal); C^sar dit formellement 
que les Menapiens habitaient les rives du Rhin (IV, 4). 

(2) Strabon. IV, III. 

(3) Pline, Hist nat, IV, 29, cf.; Dion, XXIX; Orose, X, 3. 

(4) C6sar, VI, 3i. 

(5) C6sar, IX, 4. 

(6) Ptol6m6e, G6ogr., II, 9, zo. 



— 378 — 

Non wseulement les Menapiens n'ont jamais habite la, 
puisque nous venons de voir qu'ils n'habitaient ni a TEst, 
ni a rOuest de ce pays, et qu'au Sud etaient les Eburons 
et au Nord les Bataves; mais a Tepoque de Ptolemee 
lui-m6me, ce pays etait occupe par d'autres peuples trans- 
plantes. De plus, Kessel se trouve sur la rive gauche de 
la Meuse. 

Le Castellum Menapiorum figure sur la carte de Peutin- 
ger. C'est Cassel. Cette ville, toutefois, se trouvait dans 
le diocese de Therouanne ou des Morins. Ce n'est pas 
une raison pour lire avec Desjardins Castellum Morino- 
rum, parce que dans ce cas les Morins auraient eu deux 
civitates. Cassel figure bien en territoire Menapien, avant 
la creation de Tevechd des Morins, de meme qu'il figure, 
apres sa creation, dans le Mempiscus, qui est le territoire 
des Menapiens. Tout le territoire situe entre TYzer et 
TYperl^e, et la limite entre les pagi de Therouanne et de 
Mempiscus, se trouve dans le meme cas. Qu'en conclure? 
C'est que lors de la creation du diocese de Therouanne, 
on a voulu lui donner i TEst des bornes naturelles, peut- 
etre parce que la limite entre Morins et Menapiens 
n'etait pas bien definie. Walckenaer, cite par M. Piot (i), 
a fait remarquer avec beaucoup d'a propos que Cesar 
accouple toujours les noms de ces deux peuples, qui nous 
apparaissent toujours vaguement confondus. 

Quand et comment les Menapiens ont-ils abandonne 
les lies Zelandaises? Nous Tignorons. A Tepoque de Pline 
ils ont fait place a d'autres. Ceux qui s'imaginent que 
les Menapiens n'habitaient pas la Flandre a Tepoque de 
Cesar, ont cherchc a expliquer leur retraite au Sud du 
Hont, en invoquant Tinvasion des Usipetes et des Ten- 
cteres, et une transplantation de Sueves et de Sicambres. 
Le premier evenement ne pent etre invoque, puisque 
Cesar nous dit qu'il a extermine ces peuples. Le second 



(i) Bull. Ac, 1897, p. 761. 



— 379 — 

n'est pas suffisamment prouv6. Strabon nous dit que 
les Sicambres et les Sueves s'etablirent sur les rives du 
Rhin (i). 

Les Menapiens battirent certainement en retraite de- 
vant les Prisons, qui depass^rent le Hont au Sud, si bien 
que Tev^che d'Utrecht, fond6 au VI 1 1°"^ si^cle, engloba 
les Quatre Metiers et m6me ^emplacement de T^cluse 
et de Damme. 






Cest le moment de dire un mot des notions geogra- 
phiques que poss6de C6sar sur la Hollande et ses fleuves. 
L'Escaut se jette dans la Meuse, laquelle refoit le Wahal, 
et se jette elle-meme dans le Rhin, ^ 80.000 pas de la 
mer (2). Le Rhin, arrive pres de la mer, se divise en 
plusieurs branches, formant beaucoup de grandes lies, 
dont la plupart sont habitees par des peuples sauvages, 
vivant de poissons et d'ceufs (3). Entre la Meuse, le Wahal 
et le Rhin se trouve Pile des Bataves. Tout cela n'est pas 
egalement clair. Pline, qui a visite ces contrees, vient 
heureusement A notre secours (4). Lui aussi ne considere 
pas TEscaut comme un fleuve. Lui aussi place Tile des 
Bataves entre les bras du Rhin, et lui donne une longueur 
de 100.000 pas, ce qui est exact. Cette ile est done beau- 
coup plus grande que la Betuwe actuelle. Quant au Rhin, 
il se partage en trois bras; celui du milieu se jette pure- 
ment et simplement dans la mer (c'est le vieux-Rhin); 
celui du Sud se jette dans la Meuse (c'est le Wahal) au 
Helium; celui du Nord (probablement TYssel) se jette 
dans le lac Flevo. 



(i) IV, III. 

(2) Cest sans nul doute 3o.ooo pas (iu*il faut lire, soit 44 1/2 kilometres. 

(3) Cdsar, VI, 33 ; IV, lo, i ; IV, 10. 
{4)HisLmt, IV, 29et3i. 



— 38o — 

Tacite (i), Pomponius Mela (2) et Ptolemee (3) con- 
firment cette mani^re de voir (4). 

Pline nous apprend encore qu'entre le Helium et Flevo 
se trouvent les iles des Prisons, Chami, Frisiaboni, Sturii 
et Marsacii. Quelques-uns de ces peuples au moins habi- 
taient done a son epoque au Sud du Rhin, II en etait de 
mfeme ^ Pepoque de Cesar, car par les grandes et nom- 
breuses iles dont il parle, il faut certainement compren- 
dre les iles des bouches de la Meuse et de I'Escaut. Ces 
peuples ichtyophages habitaient vraisemblablement les 
ties les plus occidentales du delta de ces fleuves, les 
Menapiens occupant les plus orientales pour reparaitre 
sur le continent au Nord de la Meuse (5). 

Les Nerviens habitaient le territoire de TevSche dc 
Cambrai (primitivement de Bavay). 

Au IV'^^'siecle, il est question d'un episcopiis Nerviorum, 
Superior, qui assista au concile de Cologne (346). Les 
actes de ce concile sont d'une authenticite douteuse. II 
n'en est pas moins vrai que la denomination d^episcopus 
Nerviorum existait. 

Cesar nous dit qu'ils touchaient aux Ambiens (pays 



(i) Tacite, Aitnales, 
{2)DeSituOrhis, 111,2. 

(3) Geogr,, II, 9. 

(4) Cf. Blink, Nederlanders zijn hewomrs, I, 372-374. 

(5) II rdsulte de ce qui pr6c6de, que les Menapiens doivent absolument 
habiter les c6tes de Tile des Bataves. M. Piot, qui admet que Tile des Ba- 
laves s'6tend entre le Rhin et le Wahal, dit que cette ile « n'avait rien de 
commun avec les Menapiens » et d'autre part, il les place en Flandre, en 
Z61ande et entre les deux branches du Rhin (Btdl. Acad,, p. 760, note). 

A rapprocher ici le fait que Aurelius Victor, 39, traite le Batave Carau- 
sius de Mefutpia civis. 

A r^poque d'Orose, qui cite comme habitant les c6tcs Menapiens ei Ba- 
taves, les premiers avaient battu en retraite vers le Sud et laiss^ la c6te 
aux derniers. 



— 38i — 

d'Amiens), et que la foret des Ardennes s'etendait jusque 
chezeux; enfin, il cite cinq peuples clients qu'il estabso- 
lument impossible d'identifier. Rien dans tout cela ne 
contredit notre theorie. 

Strabon nous dit bien que les Nerviens etaient voisins 
des Trevires, mais il a mal lu Cesar, qui dit quelque 
part qu'il quitte les Trevires pour se rendre chez les 
Nerviens. C6sar dit de meme qu'il arrive des Menapiens 
chez les Trevires, peuples qui certainement ne se tou- 
chaient pas (i). Cesar dit meme (2) que les Nerviens sont 
le peuple le plus eloigne des Remois, c'est-a-dire plus 
eloigne que les Atrebates, les Ambiens, les Morins, les 
Menapiens, les Caletes, les Velocasses, les Veromandois, 
les Aduatiques, les Condruses, les 6burons, les Cereses 
et les Pemanes, ce qui est naturellement inadmissible. 






Les Eburons et les Aduatiques n'existaient plus lors 
de la creation des ev^ches. D*autres peuples les avaient 
remplaces. De la sorte, la carte ethnogtaphique de notre 
pays ne se trouva guere derangee, et nous pouvons 
admettre d'une fa^on quasi certaine qu^Eburons et Adua- 
tiques habitaient Tancien eveche dont le si^ge fut suc- 
cessivement Tongres, Maestricht et Liege, avec cette 
simple ajoute, qu'ils s'etendaient a TEst jusqu'au Rhin, 
englobant done le territoire ou plus tard se fixerent les 
Ubiens, et qui a toujours fait partie de Tarcheveche de 
Cologne. 

Sur les Eburons, nous trouvons chez Cesar de nom- 
breux details. lis habitaient la rive gauche du Rhin, en 
face des Sicambres. lis touchaient k TOcean, qui formait 
en cet endroit des iles a maree haute (du cote du Bies- 



(i)VI,8, I. 
(2)11,4, 8- 

25 



— 382 — 

bosch probablement) ; ils touchaient aussi i TEscaut (ce 
passage n'est pas fort clair, mais rien ne s'oppose a 
admettre cette interpretation), en fin, au territoire des 
M6napiens, des Nerviens, des Aduatiques, des Segnes 
et des Condruses. La plus grande partie du leur etait 
situee entre la Meuse et le Rhin (i). 

Des Aduatiques, nous savons, par Cesar, qu'ils se 
trouvaient entre les Eburons et les Nerviens, et qu'Am- 
biorix traversa leur pays en quelques heures; et par Dion 
Cassius, que la part de TEburonie, dont les Aduatiques 
s'etaient empares, touchait aux Nerviens. 

Sans discuter longuement, on peut conclure qu'ils 
habitaient I'Entre-Sambre et Meuse, c'est-a-dire le pagiis 
de Lomme et non les bords de la Vesdre, comme Tont 
admis MM. De Vlaminck et Longnon. Cest dire que 
nous nous rallions entierement aux conclusions de MM. 
Vander Kindere et Piot (2) et n'entendons pas ici recom- 
mencer leur demonstration. Selon Spruner, le pagiis 
Lomacensis comprend, outre TEntre-Sambre et Meuse, 
une bande de territoire au nord de la Meuse, en aval 
de Namur, mais ne s'etendant pas jusqu'a Huy. Si les 
limites de ce pagus sont exactes, il nous serait impossible 
d'admettre que Voppidum des Aduatiques se trouvat sur 
le mont Falise, pr^s de Huy, bien que cet emplacement 
semble etre aujourd'hui le plus prone par les savants (3). 

Quant k Aduatuca, c'est bien certainement Tendroit 
devenu par la suite Aduatuca Tongrorum. Ce ne peut 
6tre qu'un camp etabli chez les Eburons par les Adua- 
tiques. II se trouvait au milieu de Tfiburonie. II n'y avait 
certainement pas deux Aduatuca. On ne peut qu'admettre 



(i) lis n'6taient pas clients des Tr^vires, comme Ta suppose M. Vander 
Kindere. C^sar (IV, 6, 4) en disant : in £nes Eburonum et Condnisorum, 
qui sunt Nevrorum clientes, n*entend donner ce quali£catif qu*aux Con- 
druses seuls. 

(2) Bull Acad,, i885 et 1897. 

(3) Hock, Eiudes sur qiUlqucs campagnts de JuUs Cesar, 1897. 



— 383 — 

que TAduatuca des Eburons soit devenue celle des 
Tongres. 

Apres Cesar, le nom d'Aduatiques et d'Eburons dispa- 
rut. Strabon, toutefois, nomme encore ces derniers. Mais 
Tacite parle dej^ des Tongres qui occupent TAduatuca 
de rfiburonie. Ce m^me nom de Tongres se rencontre 
aussi chez Pline, qui, dans une 6num6ration confuse de 
peuples, nous fait encore connaltre quelques noms nou- 
veaux : les Toxandres (Ammien Marcellin cite la Toxan- 
dria) etablis dans la Campine (Tessenderloo) ; les Baetasi 
qui rappellent les villages Geet-Betz et Walsbetz, pres 
de Tirlemont; les Guberni ou Gugerni, probablement 
etablis sous Auguste, en Tan 8, sur la rive gauche du 
Rhin ; les Sunuci, entre Aix et Duren. En Tan 38, Agrippa 
transplanta les Ubiens et fonda Cologne en 5o. 

Les Toxandres, cites plus haut, ne sont rien autre 
que les Menapiens qui ont quitte les lies Zelandaises. 
Ce mouvement a du se produire de bonne heure. Auguste 
divise les Menapiens par TEscaut. Dion et Strabon 
appellent les Toxandres les Menapiens de TEst, et Tacite 
rapporte que Civilis, quittant Vetera, passe la Meuse 
pour attaquer les Menapiens et les Morins (i). 



* 



Le reste du pays situ6 entre les Nerviens, les M6na- 
piens, la Meuse, le Rhin, les Trevires et les Aduatiques, 
etait entierement habite par les Eburons et deux autres 
peuples, dont le nom indique assez la situation : les 
CoNDRusES, clients des Trevires, etablis dans \e pagiis du 
Condroz, sur la rive droite de la Meuse, entre Liege et 
Dinant, et les P^manes, habitant la Famenne, au sud 
du territoire precedent. 



(i) Tacite, IV, 28. Ce passage a naturellement aid6 a propager Terreur 
de ceux qui prennent Kessel pour Castellum Menapiorum. 



384 



* 
* * 



Les Tr6vires peuplaient I'archeveche de Treves, mais 
seulement jusqu*au Rhin, limite de la Gaule (i). Dans 
ce diocese habitaient toutefois aussi les C^RfesEs, ctablis 
dans \e pagtis Carucum ou Carosgau [PrUm] (2). 






A propos des Segni, je me permets de proposer un 
nouvel emplacement. Au dire de C6sar, ils etaient, avec 
les Condruses, « de la race et du nombre des Germains, 
qui habitaient entre les Eburons et les Trevires », ce 
qui ne veut pas dire expressement que les Segnes en 
particulier touchaient a ces deux peuples. 

Je crois fermement que les Segni ne peuvent se trou- 
ver qu'au Sud des Condruses, ou plutot des P6manes, et 
k TEst des Aduatiques, c'est-4-dire dans le S.-E. de la 
province de Namur et le S.-O. du Luxembourg et le 
territoire frangais y adjacent. On y trouve Sugny, Signy, 
etc. Ce pays forma plus tard un pagns Castrensis, situe 
dans le diocese de Reims. 



* 



Nous avons garde pour la fin les Ambivarites, qu'on 
a place un peu partout et que d'aucuns veulent identifier 
avec les Aduatiques. II suffit de lire attentivement le seul 
passage de Cesar ou ce peuple est cite, pour se con- 
vaincre qu'il doit fitre place au-dela de la Meuse ou meme 
au-deU du Rhin. 



(i) C6sar (III, 2, i) se sert d'une expression Strange : les Tr6vires soiit« 
dit-il, « proximi fiumini Rheno ». Ils y touchent certainement. Mais d'autre 
part, les Eburons ne sont-ils par aussi pr6s du Rhin? 

(2) Vander Kindere, Introduction a VHist, des institutions de la Bdgique, 



r 



— 385 — 

Apr6s leurs invasions en Menapie, les Usipetes et 
Tencteres se repandent chez les Eburons et les Con- 
druses, au moment ou Cesar revient de Normandie. lis 
lui envoyent une ambassade pour le prier de ne pas se 
rapprocher de leur camp, et s'ofFrent de revenir negocier 
dans trois jours. Mais C6sar apprend qu'ils ont envoy6 
leur cavalerie chez les Ambivarites, au-deU de la Meuse, 
et suppose avec raison qu'ils en attendent le retour. lis 
reviennent trois jours apr6s et demandent de pouvoir 
envoyer une d6legation aux Ubiens : ils demandent en- 
core trois jours dans ce but. Le lendemain, ils attaquent 
les Romains (ils avaient eu le temps de rappeler leurs 
cavaliers d'au-del^ de la Meuse) et sont extermin6s. 

Ce long terme, cette delegation chez les Ubiens, tout 
concourt a faire admettre que les Ambivarites sont bien 
un peuple d'Outre-Rhin. Witkamp (i) place les Ambi- 
varites sur la Geulle et la Roer, et y rattache le nom 
du village Amby pres de Maestricht. D'autre part, Gre- 
goire de Tours (2), cite parmi les peuples transrhenans, 
et Witkamp les connait aussi, les Ampsivarii ou Amsi- 
varii, habitants de TEms (Amsis). M. Vuylsteke propose 
d'identifier les Ambivarites avec les Ampsivarii, et nous 
croyons pouvoir nous rallier a cette hypothese. 



* 



Les idees que je viens de developper forment un sys- 
teme qu'il faut admettre en bloc ou rejeter de meme. 
J'ose croire que les bases sur lesquelles il repose sont 
autrement s6rieuses que les discussions de textes fort 



(i) GeschUdenis dcr Zevenlien NederJanden, I, 3o (1873). 

(2) Hisi, Fraftc, II, 9, p. 75 (M. G.) : Arbogastis transgressus Rhenum, 

Bructeros ripae proxixnos, pa gum etiam quem Chamavi incolunt depopu- 
latus est, nullo unquam occursante, nisi quodpauci ex Ampsivariis et 
Catthis, Marcomexe duce, in ulterioribus coUium iugis apparuere. 



— 386 — 

souvent inconciliables auxquelles on s'est trop souvent 
livre, ou les hypotheses innombrables sur remplacement 
de certains lieux, qui, pour ainsi dire toujours, n'ont 
qu'une valeur tr6s subjective. Qu*on admette mon systeme 
et beaucoup de tatonnements disparaitront : on pourra 
commencer par deblayer le terrain de toutes les conclu- 
sions qui y sont contraires, ce qui fatalement circonscrira 
de beaucoup le champ des hypotheses pour les objets 
qui restent a decouvrir. 

Concluons : 

A Tepoque de Cesar, on trouvait sur Templacement de 
la Belgique actuelle, les peuples suivants : 

1° les Morins, entre TAa et la limite orientale du pagiis 
de Therouanne ; 

2° les Menapiens, sur la rive gauche de TEscaut, dans 
les lies Zelandaises et Hollande, jusqu'au-delct du Vieux- 
Rhin; 

3^ les Nerviens, sur la rive droite de TEscaut, dans 
Teveche de Cambrai ou les pagi de Rijen, Brabant, Hai- 
naut et Cambrai ; 

4^ les Aduatiques, dans TEntre-Sambre et Meuse ou 
le pagus de Lomme ; 

5^ les Condruses, dans le pagus du Condroz; 

6° les Pemanes, en Famenne; 

7° les Eburons, entre les cinq derniers peuples, les 
bouches de TEscaut, la Meuse, le Wahal, le Rhin et les 
limites des dioc6ses de Treves et de Reims; 

8^ les Trevires, dans le diocese de Treves jusqu'au 
Rhin; 

go les Cerises, dans le pays de Prlim; 

10° les Segnes, au confluent de la Meuse et de la 
Semois. 

Nous ignorons la position des autres. 



J. Fredericks. 



jma Section I Arcli^oloffle 

III"" QUESTION. 

LcfaC'Simile dti plan, publie en 1843, par R. Ckalon, comme 
£tant cclui de Saintc-Waiidrti, ^ Mons, n'est-il pas plutdt 
celui de la tour de Saint-Rombaut, h Malines ? 

Pourrait'on achcver noire tour d'aprts ce plan ? 




Messieurs, 

1 OUR la premiere partie de la question que 
> j'aurai Thonneur de trailer devant vous, je ne 
puis mieux faire que repeter ce que je disais 
I il y a dix ans d6j^, au sein de notre societ6 
(Le compte rendu de cette communication, plus docu- 
ment^e que la prSsente, figure dans le i" volume de nos 
annates, page 55). 

La meilleure preuve, selon nous, de I'erreur commise 
par M. Chalon, en affublant du nom de Sainte-Waudru 
le dessin decouvert 4 Mons, c'est qu'il ressemble 6tonam- 
ment k la tour de Malines, alors que la dissemblance 
avec la tour Montoise est fort importante. 

Tout jeune, je vis, pour la premiere fois, dans Tatelier 
de men pdre, le fac-simil6 du plan en question; il servait 



— 388 — 

a guider Tappareilleur dans la restauration de notre tour, 
Plus tard, moi-meme je recourus maintes fois a ce docu- 
ment, pour reconstituer des fragments d6molis ou dispa- 
rus. Je me demandais naturellement de bonne heure, 
comment un dessin aussi fidele de la tour de Malines 
pouvait porter Tenseigne d'une oeuvre etrangere, et je 
croyais 4 Texistence d'un sosie. Je fis un voyage k Mons, 
ou je finis par decouvrir un embryon de tour, n^ayant 
presque rien de commun avec le plan en litige. Sauf la 
masse du grand portail, Toeuvre de Mons echappe pour 
ainsi dire a toute comparaison avec le vieux plan. L'ab- 
sence du contrefort du milieu ordonne un dispositif tout 
autre que celui que nous avons k Malines, et que Ton 
retrouve dans le plan. 

La naissance de notre soci^te d'archeologie, que j'ai- 
dai d constituer, stimula mes recherches, et je finis par 
decouvrir, avec beaucoup d'apparences de certitude, la 
cause de cette substitution de nom. 

M. Tarchiviste Devillers, dans son memoire sur Teglise 
Sainte-Waudru, faisait deja entrevoir Terreur commise 
par M. Chalon. 

Dans les extraits des registres de la fabrique d'eglise, 
que le meme ouvrage nous donne, je cherche mes preuves. 
Lorsqu'en 1547, les Montois song^rent a completer leur 
magnifique collegiale, ils deput^rent a Malines trois des 
leurs, pour etudier le chef-d'oeuvre des Keldermans; ce 
furent le maitre-ma^on de Teglise : Jean Repu, le celebre 
tailleur damages Jean de Thuin, et le maitre de carrieres 
d'Ecaussines, Guillaume le Prinche. Les registres disent : 
« A maistre Jehan Repu, Jehan de Thuin et Guillaume 
le prinche, pour syx jours chacun par eulx emploj^et 
avoir este a Mallines visiter et prendre le patron de la 
thour Sainct-Rombault : leur a este payet au prix de 
XLVIIP par jour chacun, comme par descherge appert... 
XLIIJ' II IJ* ». Dans la quittance ils disent : « de quoy 
y avons mis aller et venir chacun VJ journ6es ». 



r^ 



— 389 — 

Au mois de decembre de la m6me annee, ils furent 
envoyes a Louvain et a Anvers, avec Eustache le Prinche, 
fils de Guillaume. lis passferent de nouveau par Malines 
et mirent i5 jours a effectuer ce voyage. 

Peu apres, le chapitre se r6unit et decide : « Apres 
que les commis de la fabricque et les commis aiant vizite 
les portaulx et thours de Malines, Aras, Marchiennes et 
autres; ensemble rapporte les pourtraitures en gros, 
meismes adviset la pourtraiture par eulx thir6e et mon- 
str6e a este conclud besognier selon la dite pourtraiture 
par eulx advisee et a diligence ». 

Une resolution du meme jour dit ceci : « Conclud faire 
venir le personnage aiant fait la pourtraiture du clochier 
de Malines pour la dite pourtraiture veoir et en faire ce que 
de raison » . 

Nous concluons de ces documents, que les Montois 
rentr^rent chez eux ayec des croquis : « des pourtraitures 
en gros » et qu'une autre personne, un Malinois d'apres 
nous, se rendit a Mons, pour faire voir au chapitre une 
copie, ou peut-etre bien le dessin original de la tour 
Saint-Rombaut. II faut en tout cas que ce fut un dessin 
complet, exact, attendu que des croquis leur avaient ete 
soumis par leurs commettants. Ceux-ci n'ont pu faire 
mieux pendant leur court sejour k Malines. Un rendu 
fidele aurait necessite des 6chafTaudages et des frais, 
que les comptes devraient mentionner. A Malines, les 
travaux n'etaient pas definitivement arretes, car en i583 
encore, les gueux enleverent une masse de pierres pre- 
parees pour Tedifice. Un homme de Tart etait done tou- 
jours attache aux travaux, et ce fut sans doute lui qui 
transmit au chapitre de Mons, le plan que nous trouvons 
plus tard dans ses archives : Toriginal ou la copie du 
plan dresse probablement par Rombaut Keldermans. 

Nous nommons celui-ci, car nous retrouvons dans la 
piece, sa manicre de dessiner, que nous connaiswsons par 
le plan du Grand Conseil, reposant aux archives com- 



— Sgo — 

munales. Le style est essentiellement particnlier 4 notre 
grand artiste. La conception initiale avait necessairement 
subi des transformations, sous la lignee des Keldermans, 
comme Tacheminement vers le style fleuri et fouille le 
demontre, a mesure que Ton s'approche du sommet de 
la tour; mais il est evident que la disposition du plan a 
necessairement limite les libertes des successeurs du pre- 
mier architecte. Son ceuvre, dans ses grandes lignes, a 
ete maintenue. 

Nous croyons avoir suffisamment demontre que le 
plan, sorti des archives du chapitre de Mons, loin d'etre 
le projet de la tour Sainte-Waudru, est uniquement le 
plan venu de Malines, pour inspirer les Montois, et nous 
pouvons considerer cette pi6ce comme notre propriete 
artistique. Prccieux document qui doit nous guider 
pour donner a notre tour un couronnement digne de ce 
qui existe. 

Nous voil^ arrives. Messieurs, au point epineux de 
notre communication. 

La fl^che etant connue, il s'agit de songer cL sa reali- 
sation. 

Avant tout, on se demande pourquoi nos ancetres ont 
pu abandonner un projet aussi grandiose? Nous repon- 
dons que ce sont les troubles religieux du XVI""* siecle 
qui occasionnerent ce retard, car les pierres preparees 
prirent le chemin de la Zelande. Nos peres n'avaient 
done aucune apprehension au sujet de la stabilite de 
leur ceuvre. 

Cependant, des crevasses assez importantes se decla- 
r6rent tres tot et lorsque vers le milieu de notre siecle un 
ancrage fut etabli sous la seconde galerie, on reconnut, 
d'apres le rapport de notre predecesseur Tarchitecte de 
la ville, Bouwens, que ces lezardes etaient vieilles. II 
les attribua, avec raison d'apres nous, a la difference de 
tassement que subissait Taxe du massif des fondations 
et les deux cotes de ce massif recevant toute la charge 



r 



— 391 — 

par suite de r6videment de la tour. Depuis lors, on ne 
constata plus aucune nouvelle fissure; preuve evidente 
que notre colosse a pris definitivement son assiette. 
L'ancrage, tout fort qu'il soit, ne pent empecher la dis- 
location, si jamais la tour y songe s6rieusement. 

II y a quelques annees, nous avons fait creuser une 
tranch6e au pied de la tour, afin de connaitre ses fonda- 
tions et la nature du sol. Le croquis que void donne le 
resultat de ce travail. L'empattement ne depasse done 
que de 5o cm. le nu de la plinthe, et nous obtenons une 
largeur totale de 26 m. 5o comme base de Tedifice; les 
fondations descendent cL 3 m. 5o sous terre. Elles re- 
posent sur un sable graveleux, verdsltre; Tinvasion des 
eaux nous obligea bientot a cesser notre exploration qui 
se fit d'ailleurs avec les moyens les plus elementaircs. 
Nous possedons toutefois le resultat de deux sondages 
effectues par le baron Van Ertborn, A une distance de 
160 et 25o m. de la tour. Ces notes prises lors du forage 
de puits artesiens dans les brasseries Richard Lamot, 
me des Draps, et Bernaerts, rue A-B, sont precieuses. 
Elles nous donnent la composition du sol, evidemment 
similaire ^ celle du terrain sous notre tour. Void ces 
renseignements : 

Brasserie Lamot 



orifice + 


5.00 








de 


i 


ipaisscur 


I"*" Couche, sable boulant 


0.00 


9.00 


9.00 


2 Sable fin, un peu argileux 


9.00 


18.00 


9.00 


3 Argile sableux, bleuatre 


18.00 


28.00 


10.00 


4 Argile bleue 


28.00 


38. 00 


10.00 


5 Sable glauconif^re, vert. 








aquifere 


38. 00 


40.00 


2.00 


6 Sable argileux, mele de 








rognons de gres, etc. 


40.00 


49.00 


9.00 



n 



commence i 


cpajsscur 


o.oo 


0.43 


0.45 


0.25 


0.70 


2.80 


3.5o 


5.5o 


i5.8o 


9,00 


24.80 


25.00 



— 392 — 

Brasserie Bernaerts 
orifice -f- 6.00 

1 Terrain rapporte 

2 Terre vegetale 

3 Argile d'alluvion jaunatre 

4 Sable vert mouvant 

5 Argile bleue, sableux 

6 Argile verte 

7 Sable blanc tr6s glauconiftre, avec 

rognons de gres nummilites, etc. 49.80 

Resultats qui se corroborent a peu pros. 

Jusqu'a la profondeur de 9 m. done, du sable mou- 
vant, et en-dessous, respectivemcnt d'apres Ics deux 
sondages, de Targile sableuse et du sable argileux (un 
melange de sable et d'argile plus ou moins prononce 
done), sur 20 k 36 metres d'epaisseur. 

Nous nous etions proposes de faire un sondage a pied 
d'oeuvre, de meme que nous aurions voulu executer une 
tranchee ayant la profondeur des fondations et s'cloi- 
gnant de la tour, a la recherche d'un cerclage en pal- 
planches qui pourrait bien exister. J'ai deux raisons pour 
le supposer; en premier lieu, la nature meme du terrain 
demande un encaissement : le sable mouvant a une pro- 
fondeur relativcment faible de 5 m. a 5.5o m. sur une 
couche d'argile! En second lieu, le cri populaire qui 
donne aux fondations une etendue bien plus grande que 
celle que nous connaissons. La tradition dit encore que 
la tour repose sur des peaux de vaches! Ne s'agit-il pas 
la d'un calfatage des palplanches, methode encore en 
usage de nos jours? 

Vous voyez, Messieurs, que la tradition n'est pas si 
legendaire en apparence. Je vous repete : « cet encaisse- 
ment me parait indispensable », car un creusage quelque 



— 393 — 

I 

peu important au pied de la tour {k cause du peu de 
profondeur des fondations), pourrait creer des affouille- 
ments nuisibles k Tedifice. Pourquoi cet 6loignement 
des palplanches? Parce que, plus il est grand, moins la 
pression exercee par le poids de la tour est directe et 
plus cette pression s'6puise. Nous exprimons le voeu de 
voir controler un jour cette presomption. 

Nous avons done comme nature du sol, une couche de 
5 m. 5o ^ 6 m. de sable sur une couche d'argile sableuse 
de 20 m. au moins. Absence complete de terrain limo- 
neux ou tourbeux pouvant nuire a la stabilite. Examinons 
maintenant la pression quesupporte la base. Le poids 
actuel de la tour (le m. cube de mafonnerie calcule ^ 
raison de 2000 kilogr.) serait, d'apres nos calculs, de 
31,404,960 kilogr., qui exercent leur pression sur une 
surface de 7,022,600 centimetres carres. Uniformement 
r6partie, il y aurait done une pression normale de 4 kil. 
47 par centimetres carre. Nous avons dresse differentes 
coupes de la fleche d'apr^s le plan trouve a Mons. Ces 
coupes nous permettent d'estimer i 8 millions 382,700 kil. 
le poids qu'il faudrait encore, pour voir la croix surmon- 
ter Toeuvre, et nous donnerait comme taux de travail a 
la base, 5 kil. 67 par centimetre carre. Ce taux tres elev6 
ne nous effraie pas, car tout fait supposer que le tasse- 
ment continuera a se produire regulierement, aucune 
depression anormale ne nous paraissant a craindre. 

Nous faisions d'autre part la coupe de la magonnerie, 
immediatement au-dessus de la base dans les bales de 
fenetres. Cest la ou elle est le plus fortement compres- 
see par suite de Tevidement qui porte toute la charge 
sur deux c6tes seulement de la construction. Nous obte- 
nons pour les points les plus exposes, une pression de 
19 kilos par centimetre carre, alors que la moyenne de 
la resistance k Tecrasement, d'apres des esvsais avec des 
vieilles briques de la tour, au banc d'epreuve, nous donne 
241 kilos. La fl6che construite, la pression serait de 



— 394 — 

28 kilos 78. Le coefficient de securite serait done encore 
de 8 au moins. Taux hardi, sans doute, mais remarquez 
que pour toutes les causes secondaires qui pourraient 
infirmer la stabilite, nous reservons les revetements en 
pierre de taille, calcaire tres dur, qui offre evidemment 
une resistance decuple de celle de la mafonnerie en 
briques. 

Au point de vue de Tequilibre naturel, notre tour 
resterait de beaucoup en-dessous de la proportionnelle 
desequilibrante qui se remarque dans d'autres construc- 
tions. Ainsi, pour ne citer que Malines : la cheminee de 
la fabrique St-Leonard a 63 m. f o de hauteur et 6 m. 10 
de cote a la base, soit 10 1/2 fois plus haut que large; 
Tancienne cheminee du magasin central avait, dit-on, 
plus de 12 fois en hauteur sa largeur a la base. 

La tour de Thotel de Busleyden mesure 3 m. 25 d'un 
cote et 40 m. de hauteur, ce qui fait 12 fois sa largeur. 
La tour Saint-Rombaut aurait en hauteur un peu plus 
de 6 fois sa base seulement. 

Nous devons vous dire. Messieurs, que les calculs qui 
precedent, pour etre peremptoires, devraient etre confir- 
mes par un releve minutieux du monument et un travail 
materiel prealable trop important pour que nous ayons 
pu le realiser. Je m'appuie cependant sur des chiffres 
qui se rapprochent plus ou moins de Inexactitude . 

Nous finissons par recommander a tous Tceuvre du 
parachevement de notre belle tour. Le grand ingenieur 
Vauban la considerait deja commc la huitieme merveille 
du monde; achevee, elle prendrait la toute premiere 
place parmi les monuments terrestres. Aucun, sauf des 
constructions recentes, en fer, n'atteindrait sa hauteur. 

D'apres le plan que nous venons de discuter, elle 
devrait avoir 160 metres ! 

Tachons de realiser ce beau projet, et nous m6riterons 
une place dans le livre d'or de la cite. 

Ph. Van Boxmeer. 



ame Section i Histolre 



IX"" QUESTION 



Peut'on formiiler ceriaines regies en vue de I'explication ity- 
mologiqiie des noms de lieiix? 




reponse k cette int^ressante question com- 
porte plus d'etendue qu'il nc nous est permis 
de lui en donner ici. Je me bornerai done a 
I quelques indications sommaires, qui seront Ic 
reflet des lemons de deux savants professeurs, MM. d'Ar- 
bois de Jubainville et Longnon, membres de I'lnstitut 
de France, pour I'Academie des Inscriptions et Belles- 
Lettres. 

Tout d'abord, il faut reconnaitre qu'il est difficile de 
formuler des regies gen6rales, les recherches et les solu- 
tions devant necessairement varier suivant la region et 
suivant la langue. Quand il s'agit d'une langue monosyl- 
labique, I'etymologie est g6nera!ement facile a trouver, 
^ moins que des alterations aient defigure la forme pri- 
mitive. Dans les langues d'aggluti nation, et surtout dans 
les formes polysinthetiques, le travail est plus p^nible, 
car il faut dem^ler des elements souvent multiples et les 
dfegager les uns des autres. Dans les langues k flexion, 



— 396 — 

I'operation devient encore plus difficile, par suite des 
transformations et des alterations successives que les 
noms de lieux ont subies. 

La premiere regie que les etymologistes aient formu- 
lee consiste a remonter aux formes anciennes. Assure- 
ment rien n'est plus judicieux, mais cette recherche 
m^me exige de la part de celui qui sy livre une grande 
variete de connaissances, en linguistique, en geogx'aphie, 
en histoire, sous peine de tomber dans le domaine de 
rimagination, d'accepter des legendes et de forger de 
toutes pieces des etymologies dont la plus simple critique 
demontre la faussete. 

Cette forme ancienne elle-meme, d^" re laquelle il 
peut s'en trouver une autre plus^ ^ encore qu'au- 

cun document ecrit ne revele, a ir Tinfluence de 

fci transformation du langage ou traduction en une 

autre langue, en cas de conquete exemple. On aper- 

goit de suite les difficultes aux 4es le chercheur se 
heurte tout d'abord, quand il doK remonter ainsi a tra- 
vers les ages et les evenements, pour chercher une ori- 
gine qui se derobe i chaque instant et qu'il finit par 
perdre de vue, lorsque le secours des manuscrits ou des 
inscriptions lui fait defaut. 

Qu^il me soit permis de citer en passant deux exemples 
des erreurs auxquelles on est expose quand on ne pousse 
pas assez loin les recherches en matiere d'etymologie des 
noms de lieux. 

Dans la preface de ses Etudes eiymologiques, historiqiies 
et comparatives stir les 7ioms des villes, boiirgs et villages du 
ddpartement du Nord, le regrette M. P. Mannier citait 
Texemple d'une ville du Pas-de-Calais qui, suivant Topi- 
nion d'un 6tymologiste, doit son nom a Tapparition d'un 
monstre marin sur ses rives, alors que la mer baignait 
ses murailles. Ce monstre n'avait qu'un ceil, et Ton disait 
de ce cy elope, monstrat oculum, d'ou le nom de Montreuil- 
sur-Mer. 



- 397 - 

M. le baron de Calonne, dans le Dictionnaire histo- 
rique et archiologique du departement du Pas-de-Calais, 
a retabli la verite, en rappelant que cette localite, que 
les Gaulois nommaient Brayum, avait pris le nom de 
M (master iolum, apr^s que Saint Sauve y eut fond6, au 
commencement 'du VII"^ si6cle, un monast^re bient6t 
devenu c6l6bre dans la contr6e, et que les transforma- 
tions successives : Monstriolum, Monstrioeul, avaient 
abouti au nom actuel. 

En r6digeant les notices sur les communes du canton 
de Fauquembergue (Pas-de-Calais), qui m'avaient ete 
demandees pour le m6me dictionnaire, je trouvai au 
cadastre de Fauquembergue, un lieu dit El bout de ville; 
sur la carte d'6tat-major, on avait pris ces mots pour du 
patois, et on avait cru faire preuve de sagacite en les tra- 
duisant par le bout de la ville; mais en remontant a la 
forme ancienne, Hellebodehem, demeure d'Hellebode 
ou d'Helleboud, Hellebodingahem, demeure des enfants 
d'Hellebode ou d'Helleboud, je n'hesitai pas a restituer 
a ce lieu dit son veritable nom : Hellebode ville, ou, en 
patois, Helleboudeville. 

Le sujet qui nous occupe a depuis longtemps eveille 
Tattention des savants; dans la preface de son diction- 
naire de la langue frangaise, Littr6 disait : « L'etymo- 
» logie a toujours excit6 la curiosite. II est, on pent le 
» dire, peu d'esprits qui ne s'interessent k ce genre de 
» recherches... Cet inter^t n'est ni vain ni de mauvais 
» aloi. P6n6trer dans Tintimite des mots, c'est penetrer 
» dans un c6t6 de Thistoire, et, de plus en plus, Thistoire 
» du pass6 devient importante pour le present et pour 
» Tavenir ». 

M, Champellion-Figeac, dans Tarticle Etymologie qu'il 
a donne i L' Encyclopedie moderne, publiee par Firmin 
Didot, freres, s'exprime ainsi : « La linguistique rend de 
» trop bons services a Thistoire pour que la veritable 
» science des etj'^mologies ne reprenne pas, dans Testime 

;5a 



^^n 



— 398 — 

» publique, la place qui lui est due. Cest aux savants, 
» dont TEurDpe lettree s'honore, k la lui assurer ». 

Dans L' Encyclopedic, publi6e par Diderot, le chevalier 
de Gonc(»urt signa Particle Art itymologique, dont j'extrais 
ce passage : « J'ai droit d'appuyer sur Tutilite dont 
» peuvent etre les etymologies pour T^claircissement de 
» Tancienne histoire et de la fable. Les melanges de 
» langues sei:vent a indiquer les melanges des peuples, 
» leurs courses, leurs transplantations, leurs navigations, 
» les colonies, qu'ils ont portees dans les contrees eloi- 
» gnees ». 

Ce qui fait pr6cisement Tobjet de nos recherches a cette 
heure me pai:a!t contenu dans Tarticle du chevalier de 
Goncourt, et je m'adresse k votre patience pour 6couter 
une citation qui pourra vous paraitre un peu longue, 
mais dojit Tinteret vous dedompiagera amplement : 

« L'origine d'un mot, en general, est un feit a deviner, 
» auquel on ne pent arriver que par des conjectures, en 
» partant de quelques faits connus. Le mot est donn6; 
» il faut chercher dans Pimmense variete des langues, 
» les differents mots dont il peut tirer son origine. La 
» ressemblance du son, Tanalogie du sens, Thistoire 
» des peuples qui ont successivement occupe la m6me 
» contree, ou qui ont entretenu un grand commerce, 
» sont les premiferes lueurs qu'on suit; on trouve enfin 
» un mot assez semblable k celui dont on cherche Vety- 
» mologie. 

» Ce n'est encore qu'une supposition, qui peut 6tre 
» vraie ou fausse; pour s'assurer de la v6rite, on examine 
» plus attentivement cette ressemblance; on suit les alte- 
» rations graduelles qui ont conduit successivement du 
» primitif au derive ; on p6se le plus ou moins de facilite 
» du changement de certaines lettres en d'autres ; on dis- 
» cute les rapports entre les concepts de Tesprit et les 
» analogies delicates qui ont pu guider les hommes dans 
» Tapplication d'un meme son A des idees tr6s difFe- 



— 399 — 

» rentes; on compare le mot k toutes les circonstances 
» de r^nigme : souvent il ne soutient pas cette 6preuve, 
» et on en cherche une autre; quelqiiefois (et c'est la pierre 
» de touche des etymologies, comme de toutes les verites 
» de fait) toutes les circonstances s'accordent parfai- 
» tement avec la supposition qu'on a faite; Taccord de 
» chacune en particulier forme une probabilite; cette 
» probabilite augmente dans une proportion rapide, a 
» mesure qu'il s'y joint de nouvelles ressemblances ; et 
» bientot, par Tappui mutuel que celles-ci se pr^tent, la 
» supposition n'en est plus une et acquiert la certitude 
» d'un fait. La force de chaque vraisemblance en parti- 
« culier et leur reunion sont done I'unique principe de 
» la certitude des etymologies, comme de tout autre 
» fait, et le fondement de la distinction entre les itymo- 
» logies possibles, probables et certaines... 

» Une memoire vaste et remplie, autant qu'il est pos- 
» sible, de toutes les connaissances relatives a Tobjet 
» dont on s'occupe, un esprit mene a obsei'ver, dans tous 
» les changements qui le frappent, Tenchainement des 
» objets et des causes, et a en tirer des analogies, sur- 
» tout rhabitude de se livrer a la meditation, voila, non 
» les regies de Tinvention, mais les dispositions neces- 
» saires a quiconque veut inventer, dans quelque genre 
» que ce soit, et nous n'avons plus ici qu'a en faire Tap- 
» plication aux recherches etymologiques... 

» II est naturel de ne pas chercher d'abord loin de soi 
» ce qu'on pent trouver sous la main. L'examen attentif 
» du mot meme dont on cherche I' itymologie et de tout 
» ce qu'il emprunte... de I'analogie propre de sa langue, 
» est done le premier pas ^ faire. Si c'est un derive, il 
» faut le rappeler k sa racine, en le depouillant de cet 
» appareil de terminaisons et d'inflexions grammaticales 
» qui le deguisent; si c'est un compose, il faut en sepa- 
» rer les differentes parties : ainsi, la connaissance pro- 
» fonde de la langue dont on veut eclairer les origines, 



■^ 



— 400 — 

» de sa grammaire, de son analogic, est le preliminaire 
» indispensable pour cette 6tude. 

» Souvent le r6sultat de cette decomposition se ter- 
» mine a des mots absolument hors d'usage ; il ne faut 
» pas perdre pour cela Tesperance de les eclaircir, sans 
» revenir k une langue etrang^re : la langue mfime dont 
» on s'occupe s'est alt6ree avec le temps; T^tude des 
» revolutions qu'elle a essuy6es fera voir, dans les mo- 
» numents des sifecles pass6s, ces m6mes mots dont 
» Tusage s'est perdu et dont on a conserve les derives... 

» Quelquefois les changements arrives dans la pronon- 
» ciation effacent dans le derive presque tons les vestiges 
» de sa racine. L'etude de Tancien langage et des dia- 
» lectes fournira aussi des exemples des variations les 
» plus communes de la prononciation, et ces exemples 
» autoriseront k supposer des variations pareilles dans 
» d'autres cas. L'orthographe, qui se conserve lorsque la 
» prononciation change, devient un temoin assez sAr de 
» Tancien etat de la langue, et indique aux etymologistes 
» la filiation des mots, lorsque la prononciation la leur 
» deguise... 

» La connaissance generale des langues, dont on pent 
» tirer des secours pour edairer les origines d'une langue 
» donnee, montre plutdt aux etymologistes Tespace ou 
» ils peuvent etendre leurs conjectures, qu'elle ne pent 
» servir k les diriger; il faut que ceux-ci tirent, de Texa- 
» men du mot dont ils cherchent Torigine, des circon- 
» stances ou des analogies sur lesquelles ils puissent 
w s'appuyer. Le sens est le premier guide qui se pre- 
» sente ; la connaissance detailiee de chaque chose expri- 
» mee par le mot et de ses circonstances principales, 
» pent ouvrir des vues. Par exemple, si c'est un lieu, sa 
» situation sur une montagne, dans une vallee, sur un 
» cours d'eau, pres d'un rivage... 

» La ressemblance des sons suffit pour supposer des 
» etymologies, sans aucun egard k la quantite, qui varie 



— 4^1 — 

» souvent dans la m6me langue d'une g6n6ration ^ 
» Tautre, ou d'une ville i une ville voisine... Lors mSme 
» que les sons ne sont pas compl^tement les mfemes, si 
» les consonnes se ressemblent, on n'aura pas beaucoup 
» d'6gards d. la diff6rence des voyelles; effectivement, 
» l'exp6rience nous prouve qu'elles sont beaucoup plus 
» sujettes d. varier que les consonnes... On ne s'arr^te pas 
» m^me lorsqu'il y a quelques difF6rences entre les con- 
» sonnes, pourvu qu'il reste entre elles quelque analogie, 
» et que les consonnes correspondantes dans le d6riv6 et 
» dans le primitif se forment par des mouvements sem- 
» blables des organes, en sorte que la prononciation, en 
» devenant plus forte ou plus faible, puisse changer ais6- 
» ment de Tune 4 Tautre. D'aprfes les observations faites 
» sur les changements habituels de certaines consonnes 
» en d'autres, les grammairiens les ont rangees par 
» classes, relatives aux difFerents organes qui servent ^ 
» les former... 

» Une syllabe longue autorise souvent i supposer la 
» construction de deux voyelles, et mfeme le retranche- 
.» ment d'une consonne intermediaire. 

» Un peuple adopte plus volontiers un mot nouveau 
» avec une id6e nouvelle, qu'il n'abandonne le nom des 
» objets anciens auxquels il est accoutum6. » 

Les diverses considerations que je viens de transcrire 
datent de plus d'un si6cle; elles 6manent d'un esprit 
judicieux et eclaire; ne pensez-vous pas. Messieurs, 
qu'elles renferment les regies les plus sages qu'on puisse 
formuler, et les meilleurs preceptes qu'on puisse suivre 
en matifere cT etymologies? En outre, et pour mon compte, 
je me rallierai, sans la moindre hesitation, 4 cette obser- 
vation formulae par un specialiste tr6s autoris6 et tres 
consciencieux, c'est que Tetude pr6alable de la langue 
celtique est le point de depart de toute recherche sur les 
etymologies topographiques. C'est k notre region surtout 
qu'on pent appliquer cet aphorisme, formule peut-6tre 



d'une fa^on un peu vive, mais absolumeiit sensfee : « avoir 
» la pretention de donner des solutions, quand on ignore 
» completement cet idi6me, est un veritable enfantil- 
» lage ». 

En resume, les noms de lieux ne sent pas le produit 
du hasard, ce n'est pas i des caprices qu'ils doivent leur 
naissance; pour remonter 4 leur origine, on ne saurait 
mieux faire que se rendre compte de I'aspect des regions 
oil ils se sont formes, rechercher les noms des tribus qui 
les ont occupies et des hommes qui les ont poss6d6es, 
s'enqu6rir des ev^nements dont elles ont 6t6 le theatre, 
afin de discerner, parmi ces causes multiples, ce qui fut 
de nature t frapper des populations primitives et a rester 
dans leur m^moire. 

F^LIX LE SeKGEANT DE MoNNECOVE. 



Vi.Jf. -■ 



jme Section t Arclitelocle 

V-" QUESTION 

Quellcs considirations devraient prisider h la restauration c 
Halles et du Palais du Grand Conseil, it Malines ? 



Messieurs, 

^I'est de notre Grand' place, se dessinent les 
silhouettes de vieux b4timents qui pr6oc- 
cupent depuis longtemps le monde arch6olo- 
I gique. Toute ^me Malinoise v6n6re ces vieilles 
pierres. C'est qu'elles personnifient les 6poques les plus 
brillantes de notre histoire locale. Elles 6voquent en 
nous les souvenirs des fastes de notre Industrie et af- 
firment toujours la conquSte de nos libert^s et franchises 
communales. Elles nous font revivre les temps, ou una 
savante princesse et un grand empereur dot6rent notre 
cit6 de maints privileges et prerogatives. 

Deux constructions diff^rentes ferment le quadrilat^re 
que nous d^signons : les Halles et le palais du Grand 
Conseil. 

La premiere fut commencee en i3i5, A I'endroit ou 
anterieurement d6ja, nos marchands faisaient le n6goce. 
Certaines parties des bitiments, d'un appareillage plus 



1 



— 4^6 — 

grand, appartiennent probablement aux halles premieres. 
La nouvelle Halle devait occuper tout remplacement, 
lorsqu'en i529, Charles-Quint jeta les bases d'un riche 
palais destine ^ la Cour de justice supreme des Pays- 
Bas. Une aile des Halles fut sacrifice et le genie des 
Keldermans crea le bijou d'architecture que nous admi- 
rons dans la rue de Beffer. Ce palais resta inacheve 
malheureusement; nous possedons toutefois aux archives 
communales, le plan original qui nous permet d'appre- 
cier Toeuvre entifere de Tartiste. La maison du Roi a 
Bruxelles, Thotel de ville de Gand et celui de Louvain 
ne depassent pas en beaut6 et n'atteignent pas le d6ve- 
loppement qu'aurait eu le palais du Grand Conseil, a 
Malines. 

Nous voila done en presence de deux monuments 
6galement int^ressants, mais dont Tun existe aux d6- 
pens de Tautre. Le probl^me se pose done : « Faut-il 
demolir le Palais du Grand Gonseil pour compl6ter les 
Halles? » 

II fut repondu affirmativement d. cette question; des 
plans, confus dans ce sens, virent le jour. D'autres, 
trouvant I'intrus plus beau que le premier occupant, vou- 
lurent congedier celui-ci pour faire r6gner le style des 
Keldermans sur les quatre faces; projet feerique s'il en 
fut, mais qui avait, p6cuniairement parlant, des chances 
de realisation tr6s douteuses. II s'en trouva meme qui 
jugerent bon de tout raser et d'eriger un nouvel hotel de 
ville sur les mines de cette architecture qualifiee jadis 
de barbare!!... 

Aujourd'hui, Tarcheologie ayant fait revivre de ses 
cendres la fi^re architecture- ogivale, il ne sera plus 
trouve un ignorant pour detruire Toeuvre de nos peres 
On se trouve cependant souvent devant T^cueil de Tal 
ternative : « ou supprimer pour completer, ou conservei 
^ une construction plus ancienne, des parties d'archi- 
tecture posterieures ». 



— 407 — 

Ici je conclus « a priori » qu'une oeuvre interessante, 
a quelque titre que ce soit, ne peut jamais disparaitre 
sous le simple pretexte d'en completer une autre, a 
moins que des inter^ts sup6rieurs ou des causes graves 
nous imposent ce sacrifice. 

Nous devons done conserver Tintegrite de la concep- 
tion premiere aux deux 6l6ments qui composent le mo- 
nument dont nous parlous; nous devons realiser le projet 
de Charles-Quint et retablir les Halles. 

Cet accouplement heterogene d6plaira-t-il ? 

Je vous mets sous les yeux une gravure confue dans 
ces conditions et je vous demande, Messieurs, d'exami- 
ner si les deux styles ne s'entendent pas. Pour nous, la 
Halle, sans paraitre mutilee, c6de volontiers sa droite au 
compagnon qu'un plus jeune si^cle lui fournit; elle ga- 
gnerait 4 la silhouette variee de ce bon voisinage. L'oeil 
complete d'ailleurs ais6ment le membre tronque du vieux 
monument. 

L'estbetique ne me parait pas s'opposer a ce compa- 
gnonnage des deux styles et Tarcheologie y gagne tout ! 
II se pose maintenant une sedbnde question : quelle des- 
tination donnerait-on au monument, ou pour mieux dire, 
aux monuments? 

D'abord, nous pretendons que les monuments restau- 
res d'apres leurs ordonnances anciennes, rigoureusement 
exactes, ne doivent pas seulement servir de specimen 
archeologique ; il faut qu'ils repondent a un but pratique, 
car un batiment inoccupe est un corps sans vie. II serait 
preferable sinon de respecter ces mines, les preservant 
uniquement des intemperies; la chaude patine des murs 
demanteles inspirerait au moins la palette du peintre. — 
Nous aliens m6me plus loin : le batiment occup6, il fau- 
drait, d'apres nous, que chacun de ses elements ait autant 
que possible une destination correspondante a celle qu'il 
devait avoir primitivement. Cest ainsi que le palais du 
Grand Conseil servirait d'hotel de ville; a Tetage destine 



— 4^8 — 

aux salles d'audience et de reception du Grand Conseil, 
on trouverait les m6mes salles pour nos ediles. Au rez- 
de-chaussee, les bureaux ordinaires de la maison com- 
munale, comme il fallait primitivement des appartements 
pour les greffiers, clercs et valets de plume du Grand 
Conseil. Dans les locaux des halles, on 6tablirait, outre 
la halle aux toiles qui existe toujours, un marche d'ar- 
ticles similaires ; k Tetage et dans la cour, on conserverait 
fort bien les antiquites, que nul mieux que ce vieux 
veteran pourrait garder et faire respecter. Le beflfroi 
aurait ses cloches : « Uur en werkklok ». 

Ce programme, comme vous voyez, Messieurs, r6pond 
assez bien aux conditions posees. La question ainsi 
r6solue, il me semble que les facades restaurees ne men- 
tiraient pas : en m6me temps qu'elles reproduiraient 
fid^lement Tceuvre des vieux maitres, elles serviraient de 
physionomie sincere aux membres int6rieurs. Pour finir, 
nous faisons un appel a tons les d6vouements, afin de 
r6aliser une restauration confue dans cet ordre d'id6es, et 
nous esperons, grace a nos persev6rants efforts, atteindre 
un jour notre but. 

Ph. Van Boxmeer. 




jm* Section I Arcbfolog^e 

VII"" QUESTION 

11c6 ^onnettcs bes B^nfecure ffialinois 

(XVI"-XV11" SlECLES) 

par le Comte de Marsy 

de I'Acidiniic Royilc d'AiJhialogic dc eclfnsiiE 

Que connait-on de I'ancienne Industrie Malinoise sircnommie, 
de la fonderie des cloches, clockcttes, carillons, sonncUcs, 
mortiers el pilces d'artillerie? 



J N demandant au Comit6 d'organisation de vou- 

loir bien inscrire au programme du Congrfes 

I question que je viens de transcrire, je dois 

\ avouer que j'avais surtout pour but de provo- 
quer des travaux de la part d'arch6ologues de Malines, 
beaucoup mieux places que moi pour pouvoir approfon- 
dir cette question, puisqu'ils auraient eu entre les mains, 
non seulement des specimens de cette labrication en 
beaucoup plus grand nombre que je n'en ai pu rencon- 
trer, mais encore des pieces d'archives pouvant nous 



— 4^^ — 

faire connaitre des marches relatifs a la vente de ces 
objets. 

Ce travail n'a pas, je crois, encore ete fait d'une ma- 
niere complete, et il m^rite de tenter quelque erudit. 

A defaut des etudes que j'esperais, je me bornerai a 
apporter quelques renseignements sur les plus modestes 
de ces produits, les clochettes a main ou sonnettes; per- 
mettez-moi de leur donner ce dernier nom de preference. 

L'etude de ces petits monuments a pris en France, 
depuis quelques annees, une certaine importance, et 
quelques archeologues du Midi se sont attaches k les 
faire connaitre et a les decrire avec autant de soin que 
s'il s'agissait d^emaux limousins, de figurines de Palissy 
ou de faiences de Saint-Porchaire. 

Sans vouloir mepriser les produits des ateliers des 
Van den Gheyn et de ceux de Van den Hende, plus 
connu sous le nom de Johannes a Fine, je ne crois pas 
qu'ils meritent, par la composition et le choix des sujets 
qui les decorent, Tattention dont ils sont Tobjet a Mon- 
tauban, notamment, ou la Societe archeologique de 
Tarn-et-Garonne semble s'etre attribue le monopole de 
leur recherche, comme la Societe archeologique de 
Brive a pris celui de Torfevrerie limousine, etc. (i). 

Cest ainsi qu'on pouvait lire dans un des derniers 
bulletins de la Society archeologique de Tarn-et-Ga- 
ronne, oil Mgr Barbier de Montault fait la description 
d'une clochette flamande ayant figur6 en iSgS k Texposi- 
tion d'Angers, les lignes suivantes : (2). 

<v La Societe archeologique de Tarn^et-Garonne, grace 



(i) M. Tabb^ L. Morillot a public en 1888, une Etude sur Femphides clo- 
cheiies chez Us ancicns et depuis le iriomphe du chrisiianisme, Dijon, Damongeot 
et C'®, in-8^, planches, dans laquelle il a fait connaitre presque toutes les 
clochettes flamandes du XV1"*<' siecle, conserv^es en France, et signals 
les publications dont elles ont ete Tobjet; mais les renseignements qu*il 
donne sont trop souvent mel6s de considerations etrang^res k son sujet. 

(2) 1896, p. 37. 



— 4" — 

a rintelligente initiative de son president, M. le clia- 
noine Pettier, s'est constituee, au sujet des clochettes 
flamandes, une speciality que personne ne peut lui dis- 
puter, par le groupement — car elles sont dispersees un 
peu partout — et la publication de celles connues jus- 
qu'ici. On ne saurait trop encourager pareilles etudes, 
qui profitent largement k la science sur un point deter- 
mine. Quand la serie sera complete ou a peu pr6s — en 
archeologie il y a toujours de Timprevu — , alors seule- 
ment il sera possible de proc6der a une etude d'ensem- 
ble; pour le moment, contentons-nous d'en recueillir les 
materiaux » (i). 

Peut-6tre le moment est-il arrive de tenter le classe- 
ment propose par le savant archeologue Poitevin, et nous 
allons essayer au moins d'en poser les jalons. 

Le nombre des monuments d6j^ recueillis s6mble nous 
y autoriser; du reste, parmi tous ceux qui ont ete decrits, 
si les vari6tes sont nombreuses, les types paraissent tres 
rest rein ts. 

Presque toutes les sonnettes qui ont ete decrites ap- 
partiennent au XVI"'' siecle et semblent sortir de deux 
fabriques principales, celle de Johannes a Fine, ou Jean 
Van den Hende, et celle des Van den Gheyn. 

Cette dernifere est la plus repandue, et comme les ren- 
seignements recueillis sur elle sont assez nombreux, c'est 
par elle que nous commencerons. 

Les Van den Gheyn ont leur filiation bien etablie, 
seulement, ce qui rend Tattribution de leurs produits 
plus difficile, c'est que pendant trois generations, ils ont 



(i) Peut-^tre ne serait-il pas hors de propos de rappeler ici que la Soci6t6 
de Borda, a Dax, encourag^c par la d^couverte de plusieurs sonnettes 
romanes ajour^es, marche sur les traces de la Soci6t6 de Montauban, en 
d^crivant celles qui ont ^t^ trouy^es dans les Landes, a Buglose et dans cinq 
autres localit^s du d^partement, et dont le type rencontre pour la premiere 
fois a Reims a €t6 d*abord d^crit par Didron et reproduit en moulage par 
Poussielgue-Rusand. Elles repr^sentent les symboles des evang^listes avec 
leurs noms. 



— 4^i — 

porte le m^me prenom, celui de Pierre, et que pendant 
plus d'un demi-si^cle, ils ont employe les memes moules, 
ce qui explique Palteration observ6e sur leurs produits 
les plus recents. 

Dans son guide de Malines (i), M. le Chanoine van 
Caster, s'aidant des recherches anterieures du chevalier 
Xavier van Elewyck (2), 6tablit ainsi la genealogie des 
Van den Gheyn, dont la descendance se continue encore 
aujourd'hui. 

I. Guillaume Van den Gheyn, originaire des environs 
de Bois-le-Duc, acquit le droit de bourgeoisie a Malines, 
le i5 juillet i5o6, mort avant i533. 

II. a) Pierre P', mort le 14 mars i56i; 

b) Guillaume, dont on trouvera plus loin la filiation. 

III. Pierre II. 

IV. Pierre III, mort sans enfants, en 1616. 

III. b) Jean, qui fut aussi fondeur, mort en t573. Son 
petit-fils, Pierre IV, s'associa en i638, avec son cousin 
germain, Pierre de Clercq, pour fondre le bourdon de 
Malines, Salvator. 

« Vers la fin du XVII"* siecle, 6crit M. van Caster, les 
Van den Gheyn quitt^rent la ville, pour aller chercher ail- 
leurs une fortune qui semblait vouloirlesabandonner ici ». 

lis s'etablirent alors k Saint-Trond, Tirlemont, Ni- 
velles et Louvain (3). 



(i) Descl6e et C", in-12, s. d. 

{2)Matkias Van den Gheyn, le plus grand organisUet cariUonneur helge duXVI 11^ 
siecle, et les celebres fondeurs de cloches de ce nom, depuis i4Sojusqu*d nos jours (Lou- 
vain, Peeters, 1862, m-8°). Toutefois M. van Caster ne partage pas Topmion 
de cet auteur, qui consid^re les Van den Gheyn comme ^tablis k Malines 
d^s i45o. II est a remarquer que la plus ancienne cloche connue des Van 
den Gheyn est celle de Notre-Dame au-deli de la Dyle, k Malines, datee 
de 1 5 16. Notre ami, M. Emile Travers, a consacre une note intdressante a 
cette question, k Toccasion de deux sonnettes de Pierre Van den Gheyn, 
dans son travail intitule : Les Expositions retrospectives de Londres (BuBeiin mo- 
numental, tome LVIII, p. 372, 1893). 

(3) M. Hermans, archiviste de Malines, a pr6sent^ au Congr^s de tres 
interessants extraits de documents, relatifs a la famille Van den Gheyn. 



— 4^3 — 

Quant a Jean Van den Hende, Johannes a Fine, il 
est certainement aussi malinois, ainsi qu'a bien voulu 
me Taffirmer M. Hermans, qui m*avait fait esperer qu'il 
lui serait possible de me fournir quelques indications 
sur sa vie. Etait-il le concurrent, et fut-il plus tard Tas- 
socie des Van den Gheyn? Cest une question que nous 
nous sommes poses, en voyant qu'ils employent exacte- 
ment les memes motifs, motifs pris sur la meme regie de 
fondeur, ainsi que le montrent certaines defectuosites. 

Ce qui m'a frappe surtout, c'est de voir mes compa- 
triotes rechercher avant tout les sonnettes qui portent la 
signature de Johannes a Fine, les cataloguer, en quelque 
sorte, piece a piece, et les numeroter, comme s'il s'agis- 
sait de cachets d'oculistes (i). 

Les oeuvres de Johannes a Fine remontent a 1544, et 
leur fabrication parait cesser en i555. 

Nous en avons releve une quinzaine de specimens, 
dont nous donnons les dates avec Tindication des col- 
lections, dans lesquelles elles sont conservees : 

1544. Musee d'Amsterdam (2). 

1547. Musee de Toulouse, 
id. Musee de Montauban. 
id. Musee historique d'Orl6ans. 

i55i. La Capelle-Livron. 

i552. Collection X. Cavillier, a Carrepuits[Somme](3). 



(1) Cest ainsi que dans un article intitule Cloches et chchefies, a propos (Tune 
fwttvelU clochette datle de 1S54, de Johannes a Fine, M. le baron de Rivieres, par- 
lant d*une clochette conservee dans I'eglise de Castell, annexe de Vernet- 
les-Bains, semblable a une pr6c6demment d^crite par M. de Bonnefoy, et 
qui se trouvait dans T^j^lise d'Elne (Pyr^n^es-Orientales), dit : « Les deux 
clochettes ont done m^me legende et meme millesime. Elles ajoutent deux 
anneaux a la future monographic des instruments campanaires du fondeur 
flamand et portent le nombre de ces timbres, aujourd'hui connus, oh chiffre 
de neiifn, {Bulletin de la Societe archeologique de Tarn-et-Garomte, i885.) 

(2) On a aussi attribue a 1544, la clochette du Mus^e de Langres; mais le 
catalogue la fixe a 1554. 

(3) Publi^e par M. Jos. Berthele, dans le Bulletin Archeologique du Comitc 
des Travaux hisioriques, 1893. 

27 



n 



— 414 — 

i553. Collection de M. de Quevauvilliers, k Paris, 
id, Musee de Bruges, 
id. Musee d'Alost. 
id. Londres. 
1554. Collection J. Ant. Bamps, a Bruxelles. 
id. Eglise d'Elne [Pyrenees orientales] (i). 
id. Mus6e de Langres. 
id. Eglisede Castell, pres Vernet-les-Bains. 
id. Eglise de Barbonvielle. 
i555. Chslteau de Brugny [Marne] (2). 
id. Eglise Saint-Jean, k Tarbes. 
s. d. Ancienne collection Baudot, i Dijon (3). 
Avant tout, fondeurs de pieces d'artillerie, de cloches 
pour les feglises et de clochettes pour les carillons, si 
nombreux encore en Belgique, les Van den Gheyn n'ont 
du consid6rer que comme une branche secondaire de 
leur fabrication, la confection des sonnettes et celle des 
mortiers, et ainsi pent s'expliquer le d6faut de variety 
dans le choix des sujets et la conservation de types us6s 
et qu'il aurait pourtant ete facile de refaire a peu de 
frais ; ItL est sans doute egalement le motif pour lequel 
un certain nombre de ces produits offrent un melange de 
sujets, jetes en quelque sorte au hasard dans le moule 
de la sonnette ou du mortier. 

Nous laisserons de cote les cloches et les canons et 
reviendrons a nos sonnettes. 

Examinons maintenant les pieces sorties de leurs ate- 
liers; les sujets representes sur celles qui sont datees et 
signees nous aideront dans Tattribution de celles qui 
sont anonymes. 



(i) Publi6e avec dessin, par le baron de Rivieres, BuUctin de la SocUU ar- 
chiologiqiu de Montauhan, i885. 

(2) Reproduite par Didron, dans les Antiales arckeologiques, t. II, p. 223(i853}. 

(3j M. Tabb^ Morillot donne, dans son ouvrage, pp. 169 176, liUndication 
des difT^rentes publications dans lesquelles sont d^crites ces sonnettes. II 
reproduit dans ses planches, celle de la collection Baudot. 



— 4^5 — 

Mais, d'abord, pour faire une 6tude complete, il ne 
faut pas nous borner aux sonnettes, il est nccessaire de 
parler aussi d'une autre serie, fabriqu6e egalemcnt dans 
leurs ateliers, ce sont les mortiers; nous retrouverons 
souvent sur eux les memes motifs de decoration que sur 
les sonnettes, et cet examen nous amenera peut-etre 
quelques* desillusions, car nous verrons que les sujets 
religieux ont egalement pris place dans la decoration de 
ces objets destines a piler les drogues des apothicaires 
ou A broyer les epices dans les cuisines (i). 

Pour montrer comment les fondeurs melaient sur leurs 
produits les sujets sacres et profanes, on pourrait citer 
un mortier du Mus6e d'Angers, du XVI™' siecle, dont le 
catalogue n'indique pas Torigine, mais qui est orne de 
figurines et de medaillons en relief, parmi lesquels on 
distingue : un Ecce homo, la Vierge, un 6veque, Mi- 
nerve, Pegase, etc. (2). 

L'Annonciation. — L'un des sujets representes le plus 
fr6quemment sur les sonnettes, est la scene de VAnnon- 
ciation. Nous en emprunterons la description detaillee a 
Tarticle que nous avons cite de Mgr Barbier de Montault : 

« L'archange Gabriel, debout, sans nimbe, les ailes 
courtes et presque au repos, remplit le message divin 
qui lui a ete confix ; aussi tient-il un sceptre pour attes- 
ter au nom de qui il parle. II est vetu d'une ample 
tunique talaire, imitee de ^antique, qui est retenue par 
une double ceinture. 

» La Vierge, nimbee, est agenouillee devant un prie- 
Dieu sur lequel pose un livre ouvert; la t6te nue, elle a 
un manteau sur sa robe, ceinte a la taille. Surprise a la 
voix de range, elle se d6tourne, temoignant son eton- 
nement par le geste de ses deux mains. 



(i) Le trop grand nombre de pieces fondues chez les Van den Gheyn, 
sonnettes et mortiers, ne nous permet pas d*en donner une liste, qui serait 
forc^xnent incomplete et n*of&irait pas d'aiUeurs un grand int^rSt. 

(2) Catalogue, Ed. de 1884, n<> z85o. 



— 4^6 — 

» Suivant la tradition iconographique, un vase est 
place sur le sol, entre les deux interlocuteurs, pour pro- 
clamer la virginite de Marie, que' respectera sa mater- 
nit6; de ce vase, muni de deux anses et godronne sur 
la panse, s'elance un lis, garni de deux fleurs et de trois 
boutons » (i). 

Ce sujet a fait donner ct nos sonnettes, par la- plupart 
des archeologues frangais, le nom de clochettes de TAn- 
gelus ou de TAve Maria. 

La fuite en Egypte. — Ce sujet est indique, avec des 
instruments de charpentier, sur une clochette portant la 
legende : EEN DRACHTIGE LIEF DE (amour con- 
cordant), dat6e de i553 (Coll. de Cannart d'Hamale, 
Exp. de Malines, i883, n° 276). 

Orphie. — Le motif d*0rph6e jouant du violon et 
charmant les animaux, figure aussi parmi ceux que Ton 
rencontre frequemment sur les sonnettes de differents 
fondeurs. 

II a parfois donne lieu a de singuli^res appreciations; 
c'est ainsi que, d'apres M. Tabbe Morillot, Mgr Barbier 
de Montault decrivant la clochette de Langres, a cru y 
voir « une traduction figuree du beau cantique Benedicitc 
omnia opera Domini Domino » (2). M. de Bonnefoy, etu- 
diant celle d^Elne, se rapprochait plus de la verite, en 
faisant du musicien un ApoUon; mais la veritable inter- 
pretation est celle qui fait de ce sujet Orphee, et elle se 
trouve, du reste, confirmee par d'autres specimens portant 
ORPHEVS ES MINEN NAEM (3). 



(i) Une triple reproduction de cette clochette, sign6e de P. Van den 
Gheyn, de iSyS, appartenant a M. du Chatellier a Kernuz, a 6t6 donnee 'par 
M. I'abbe Morillot, pi. IX de son ouvrajfe. Mgr Barbier de Montault en a 
donn6 une analogue, celle d' Angers, dans le Bulletin de la SocUie arch, de 
Montanhan, 1896, p. 40. 

(2) Op. cit., p. 173. 

(3) Collection de M. P. Daniels, a Zolder. Ex}^osition retrospective de 
Bruxelles, 1888, cat. cl. 7, 937. L' inscription porte de plus la date de 1445, 



— 417 — 

Ce type d*0rph6e que Ton trouve a partir de 1544, 
chez Johannes a Fine (Musee d'Amsterdam) et de i568, 
chez P. Van den Gheyn (i), continua a etre employe au 
XVII™' siecle, et nous le trouvons notamment sur una 
sonnette signee lACV DECLERCK. 1622 (Coll. G. van 
Melckebeke, Exp. de Malines, i883, n^ 243). 

Par une distraction qui prouve le peu de soin que Ton 
apportait au choix des sujets et des legendes, on trouve 
sur une sonnette de Pierre Van den Gheyn, de 1574, 
Orphee, et la legende O MATER DEI MEMENTO 
MEI (Coll. de M. le Senateur de Cannart d'Hamale, 
Exp. de Malines, i883, n^ 275). 

Sur une sonnette du Musee de Bruxelles {nP 654), 
Orphee est entoure des animaux suivants, qui sont sur 
une ligne qui commence par une sorte d'arbuste ou de 
rinceau. Un ours debout, un lion, Orphee jouant du vio- 
lon, un petit singe accroupi, un autre singe, imitant 
Orph6e et tenant un baton sur lequel il racle avec un 
autre baton, un lapin accroupi, une autruche (2), et un 
cheval avec un oiseau perche sur sa croupe (3). 

Le sujet d'Orphee se retrouve egalement sur un mor- 
tier, sorti evidemment de I'atelier des Van den Gheyn, 
ce qu'on reconnait a Tecusson aux armes de Malines, a 
trois pals. Ce mortier, qui appartient egalement au musee 
du Cinquantenaire a Bruxelles (n^ 2926 — ancien R. 3i 
de la Porte de Hal), porte sur la bordure inferieure, la 
legende suivante qui en fait connaitre la proprietaire : 
Ecusson. VRVV^E JOHANNA SANDES ABDESSE 
VAN OOST ECLOO. ANNO MDLXIII. 



qu'il faut evidemment corriger en 1545. IC BEN GHEGOTEN !N lAER 
M CCCC XLV. 

(i) Nous le trouvons aussi sur une sonnette de i558, du musee de Bru- 
xelles, sans nom (n° 1176). 

(2) Sur d*autres pieces I'autruche devient une cigogne. 

(3) La legende en caracteres gothiques, plac6e au bas de la robe de la 
clochelte, porte : GHEGOTEN INT lAR MDXLVII. ^. 



— 4i8 — 

Parmi les autres sujets, nous distinguons des motifs 
d'ornementation dans le style de la Renaissance, colon- 
nades avec guirlandes, cariatides (i). 

Une tres jolie sonnette, non signee, du musee de 
Bruxelles (n^ 1176), datee de i558, represente Orphee 
avec le singe Timitant, le chien retourne ct le petit ours, 
et le reste de la bande circulaire occupee par une ronde 
d'enfants courant sous une guirlande de rinceaux; Tun 
d'eux passe dans un cerceau. 

Ce motif, tr^s joli, se retrouve sur un mortier du 
m6me mus6e (2925) et plusieurs des animaux figurent 
egalement sur la sonnette n« 654. 

Avec le temps, les modeles dans lesquels on prenait 
les sujets s'alteraient, les ouvriers, comme le firent en 
d'autres circonstances les fondeurs pour les lettres, rem- 
placerent des personnages les uns par les autres; on 
m6la les di verses compositions et il n'est pas rare de 
trouver sur la meme cloche la Vierge et Orph6e, les 
anges et les satyres. 

Cest ce qui nous porte a dire qu'il n'y a pas lieu 
d'attacher aux sujets reproduits sur les sonnettes fla- 
mandes, Timportance que certaines personnes ont voulu 
y voir. Du reste, au XVI™*" siecle, le symbolisme, dont 
on a trop souvent exagere la port6e, a presque complete- 
ment disparu, et on ne doit pas s'etonner de ne plus en 
trouver de traces sur des objets qui, perdant leur desti- 
nation primitive, ne sont plus que des ustensiles de 
manage. 

Les legendes, nous Tavons dit, 6taient faites avec des 
lettres en cire, dont les empreintes 6taient prises sur la 
r^gle du fondeur; mais lorsque la lettre etait en mauvais 
etat, ou quand son attention n'etait pas suffisamment 



(i) Voir la reproduction de deux de ces clochettes dans Touvrage de 
rabb6 MoriUot, pi. VIII. 



— 419 — 

soutenue, le fondeur substituait une lettre k une autre, 
remplafait le v par Ta retourne, Ti par Tl, etc. (i). 
Void les legendes latines que nous rencontrons : 

♦ O MATER DEI. MEMENTO MEI [iSSg (sans 
nom), P. G. (P. Van den Gheyn) i564, 1574, i5y5] (2). 

SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM (sansdate), 
Musee de Gand, nP i375. 

AVE GRACIA PLENA. i56o (3). 

SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM. Musee de 
Gand, n^ i3y5. 

O MATER DEI MEMENTO MEI. 

Cette I6gende, tr6s fr6quemment rep6tee, se trouve 
avec la mention de la date de fonte indiquee en flamand 
(coll. J, Fresart, a Li^ge). 

AVE MARIA GRACIA PLENA. 
M6me observation sur Tindication de la date en fla- 
mand (1540). — M6me collection. 

Nous trouvons dans les inscriptions flamandes : 
MINT . GOD . BOVE • AL • INT • JAER ONS 

HERE . XV . XXI. 
(Aime Dieu par dessus tout. En Tan de notre Seigneur 

mil cinq cent vingt et un) Musee de Gand, n^ 1214. 



(1) Sur la sonnette 828 du mus6e de Bnixelles, GHEINEVS est 6crit 
GHEINEvS (1574); sur un mortier a M^^ Lestraete, k Mons, GHIEN, au 
lieu de GHEIN (Exp. de Mons, i885, n<> 861); sur la clochette de M. du 
Chatellier de Van den Gheyn, Pierre, iSyS, les lettres du mot fecit sont 
placees irr^gulierement. 

(2) Cette inscription se trouve aussi sur un mortier fondu en 1589, par 
P. Van den Gheyn. Vente Minard, 4 Gand, i883. Sect. VII, n« 269. 

(3) Avec Tannonciation et la date en flamand, Coll. Z. Fr6sart, 4 Liege. 



^ 



— 420 — 

LOF. (ou LOFT) GOT VAN AL. (Louez Dieu de 
tout) [de toutes ses oeuvres]. Musee de Gand, 1376 et 
nombre d'exemples. 

IC BEN GHEGOTEN INT (ou INT) lAER ONS 
HEEREN . . . (Je suis fondue en Tan de notre Sei- 
gneur . . .). 

ORPHEVS ES MINEN NAEM (Orphee est mon 
nom). Voir les exemples cites precedemment. 

De m6me que les legendes qui indiquent les sujets ou 
rappellent une invocation pieuse, les cioms des fondeurs 
et les dates se trouvent tantot en latin, tantot en flamand. 

Johannes a Fine signe toujours ses clochettes en latin, 
tandis que les Van den Gheyn employent indifferemment 
le latin et le flamand : 

Petrus a Gheine, i534, 1564. 

Jan van den Ghein, i553. 

Petrus Gheineus t566, i568, iS/S, iSyi (i) 1574, i575. 

Petrus van den Ghein 1578, i58o, i589, 161.. 

Peeter van den Ghein, 1648. 

La date est aussi indiquee tantot en flamand, tantot 
en latin : 

IN T JAER 1557. 

IN T lAER ONS HEEREN 1534. 

ICK BEN GEGHOTEN INT lAR 1569. 



(i) C'est 6videmment a tort que la date dei49i a 6t6 relev6e sur une do- 
chette conserv^e a rH6tel de villede Douvres, repr6sentant TAnnonciatioD. 
Cette lecture est inadmissible, d'abord, d*apres le type de la clochette qui 
est analogue a tous ceux qui precedent, et ensuite parce que jusqu'au milieu 
du XVl° si^cle, les dates mises par les Van den Gheyn sont indiqu^es en 
chifFres romains. Nous n'avons pu examiner cette clochette, et c'est dans 
le catalogue redige au moment de son exposition a Londres, que cette 
indication a 6t6 relevee par M. Emile Travers qui, comme nous, n'a pas 
h6site a la corriger en iSgi [Les Exfosiiions retrospectives de Londtes, loc. cit., 
p. 372). 



— 4±t — 
ANNO SALVTIS NOSTRE 1544. 

ANNO DOMINI MVCLXXII (1572); A^ i552. 

II est inutile de multiplier ces exemples. 

Certaines sonnettes portent en legende des noms qui 
ne paraissent pas avoir 6te ce\ix dcs fondeurs, mais bien 
ceux des possesseurs de ces objets. II en est pour les- 
quels aucun doute ne peut exister, par exemple, lasoh- 
nette aux armes de Guillaume van Liere, bourgmestre 
d'Anvers, avec Tinscription : f WILLEM f VAN f 
LIERE t BVRGMEESTER VAN ANTWERPEN. 
ANNO MCCCCC XXXI. (Musee d'antiquites du Steen, 
a Anvers, Serie O, n^ 1290); celle qui fut faite en i534, par 
Pierre Van den Gheyn, pour Philippe de Schoenhoven, 
doyen d'Arschot, avec les legendes suivantes : f OPVS 
PETRUS (sic) A GHEINE. ANNO M D XXXIIIL — 
t PHILIPPUS ■ DE . SCHOENHOVEA • DECANVS 
AERSCHOTEN (i). 

Mais il en est d'autres sur lesquels nous ne sommes pas 
suffisamment renseignes, par exemple sur une sonnette 
du Musee du Cercle archeologique de Mons, avec le 
nom de FRANCHOIS MOONS. iSgS (2). 

Une clochette de bronze du musee de Bruxelles, plus 
grande que la plupart de celles que Ton rencontre habi- 
tuellement, porte au-dessus d'un ecusson somme d'un 
casque a lambrequins : lOHANNl^S BURGERUYS. 
M. F. 1644 (n^ 2650). 

Les sonnettes malinoises sont munies d'un manche qui 
souvent est fondu en m^me temps que la piece elle- 
meme. Ces manches sont generalement formes de deux 
ou de trois figurines accolees, enfants, amours ou femmes 
nues et parfois de feuillages. 



(i^ Belle pi^ce expos^e a Mons, en i885 (n° 85), par M. A. Van den Hove, 
capitaine de cavalerie. 

(2) Clochette repr6sentant des figures d'animaux (Exp, de Mons, i885, n° 3g\ 
Nous n*avons pas vu cette piece. 

a8 



— 4^2 — 

La dimension des sonnettes est variable, les plus 
petites ont. environ o™o65 4 0*070 "". de hauteur et leur 
manche en^ o"o6o; les plus grandes atteignent o^ogo non 
compris Te manche, c*est-a-dire environ o™i5. 

Les m^mes motifs servent pour les sonnettes de diffe- 
rentes dimensions, mais il y a tantot une bordure avec 
legende dans le bas, tantot deux, dont une au cerveau 
de la clochette. 

II existe^aussi des clochettes de plus grandes dimen- 
sions, mais^elles n'etaient pas d'un debit courant, aussi 
portent-elles presque toujours le nom cm les ailnes de 
ceux qui les ont commandees. 

Les foiideurs malinois n'ont pas ete 1$6 seuls a fournir 
de cloches, de clochettes, de sonnettes et de mortiers, 
les Pays- Bias et m^me I'etranger; ils avaient de ^rieux 
concurrents, parmi lesquels il faut cit^ les Grongnart, 
ou Groignart, de Mons. Mais ce serafe sortir de notre 
sujet que d'en parler et, du reste, M. Leopold Devillers 
Ta fait beafucoup mieux que nous n'aurions pu le tenter. 

Les sonnettes des fondeurs malinois se sont vendues 
non seulement dans le Brabant et dans les Flandres, 
mais elles ont du faire Tobjet d'un important commerce 
d'export^tion, et c'est principalement par la voie mari- 
time qu'elles semblent s'6tre repandues ; on en trouve en 
Aiigleterre, dans les Municipalites du littoral (i); en 
France, c'est surtout dans le Midi qu'elles ont ete ren- 
contrees.Tout porte done k croire que, Gomme les oeuvres 
d'art ou d'industrie qui d'Anvers v^naient k Rouen 
d'abord et de la dans les ports de TOcean, a Bordeaux, 
a Bayonne et en Espagne, c'est par mer qu'elles ont 6te 
apport6e3 a une epoque ou la voie de terre que suivaient 
au moyen age les marchands gantois avait ete aban- 
donn6e (2). 



(i) Rye et Douvres. 

(2) On trOuve encore en Bretagne des ceuvres de fondeurs flamands ou 



Quel pouvait etre le prix des sonnettes flamandes, c*est 
ce que nous n'avons pu rechercher, et cependant nous ne 
doutons pas qu'un de ces jours, dans un compte de 
paroisse ou un inventaire apres deces, un de nos con- 
freres de Belgique n'arrive a trouver le prix d'achat ou 
la valeur des produits de Van den Gheyn ou de son con- 
current. 

Nous avions espere rencontrer quelques renseigne- 
ments k ce sujet dans Texcellente publication de MM. de 
la Grange et Cloquet, sur les artistes tournaisiens (i). 
Les mentions relatives aux fondeurs y sont nombreuses, 
on y voit de nombreuses fournitures de cloches pour les 
edifices publics, ainsi que de « cloquettes » ; mais ces der- 
ni^res, pesant 12, i5, 20 et 3o livres, etaient destinees k 
etre fixees dans la halle ou aux portes de la ville et mises 
en branle a Taide d'une corde. La seule indication qui 
nous soit donnee, est la « livrance » en 1723, par Jean 
Colin, de « deux clochettes de metaille, scavoir Tune 
pour la chambre de messeigneurs prevost et jures, et 
Tautre pour la chambre des enquestes, 4 livres « (t. II, 
p. 36o). 

Nos recherches ont porte surtout sur les objets conser- 
ves dans quelques Musees frangais, dans les Musees de 
Belgique, Bruxelles, Anvers, Gand et aussi dans les dit- 
ferentes expositions retrospectives qui ont eu lieu depuis 
une vingtaine d'annees. Nous avons dans ce but depouille 
les catalogues des expositions de Bruxelles, de 1880 et de 
1888, de Mons, de i885, de Malines, de i883, de Liege, 
de 1881, mais nous avons souvent regrette de n*avoir pu 
voir les objets eux-memes, parce que les descriptions 
sont souvent incompletes et parfois inexactes. 



hoUandais, lustres et chandeliers d*^glises, qui ont ^te apport^es dans des 
foires, jusqu'au milieu du siecle dernier. 

(i) Etudes sur I'art a Tournai ct sur les ancims artistes de cetle ville, Tournai, 
V« Casterman, 1887-1888, in-8*», 2 vol. 



— 4^4 — 

Nous ne terminerons pas cet article, pour lequel nous 
reclamons toute Tindulgence de nos confreres, sans adres- 
ser tous nos remerciements k nos amis, MM. Arthur 
Dlomme, president du Tribunal de Termonde, et Leon 
Germain de Maidy, secretaire perpetuel de la Societe 
d'archeologie lorraine, k Nancy, qui ont bien voulu 
nous communiquer les nombreuses notes recueillies par 
eux sur un sujet dont nous avons surtout cherche a faire 
ressortir Hnter^t, en montrant les petits probl6mes qu'il 
souldve. 




P. S. — Pendant le cours de Timpression de cette 
note, M. le baron Edmond de Rivieres a donn6, dans le 
Bulletin de la Societe arch6ologi(iuedeTarn-et-Garonne, 
une nouvellc collede de docket tes de Johannes a Fifie (1897, 
pp. 411-413), comprenant six pieces de la collection de 
M. Jules Domergue, a Paris, et ne presentant pas de 
variarites 4 relever; les dates que portent quatre d'entre 
elles, sont : 1547, 1548 et i55i. Mais ce qui va mettre la 
mort dans Tame des amateurs de ces bibelots, c'est qu'un 
mouleur a achete derni^rement un des modules, pour 
le surmouler, et que Paris et la province vont en etre 
inond6s. On en demande jusqu'a 60 francs; c'est bien 
plus, assurement, que ne coiitent les anciennes sonnetter 
authentiques. 



smc Section I Hlstolre 

XVI-' QUESTION 

L'OR IGI NE DU 

Conscil &e9 J^inances bcs Hnciens Jba^S'-Bas 

par Eug. Lameere 

DOCTEUH IN pH[LO>0Fint BT LiTTRIS 



, N posant la question : quelle est I'origine du. 
" Conseil des Finances des anciens Pays-Bas, 
[" nous avons cmis respoir que des membres du 
t Congr6s, plus autorises que nous, nous appor- 
teraient quelques renseignements nouveaux sur I'un des 
sujets les plus cuiieux de nos aiiciennes institutions. 

En m^me temps que Charles-Quint, a la mort de 
Marguerite d'Autriche, confiait, en i53r, la rdgence de 
nos provinces 4 sa sosur Marie de Hongrie, I'empereur 
modifiait Torganisation politique des Pays-Bas; il 6ta- 



1 



— 4^6 -T- 

blissait sur des bases durables des organismes charges de 
la gestion des affaires, a savoir : le Conseil d'Etat, le 
Cofiseil Priv6 et le Conseil des Finances qui, a partir 
de cette epoque, sont connus dans Thistoire sous le nom 
de Conseils coUateraux. 

Ces Conseils existaient deja avant i53i, mais encore a 
Tetat embryonnaire. 

L'origine du Conseil des Finances n'a pas encore ete 
tr^s nettement eclaircie; nos historiens nationaux se 
contentent de nous dire qu'il fonctionnait avant i53i, 
sans entrer dans de plus amples details. II n'en est pas 
de meme des Conseils Prive et d'Etat. L'examen rapide 
des ouvrages relatifs a leur creation fera mieux connaitre 
les liens qui uhissaient le Conseil des Finances au Con- 
seil Prive et au grand Conseil ambulatoire des dues de 
Bourgogne. 

En 1878, le Pere Brabant, professeur au college de la 
Paix, a Namur, avait deja attire Tattention des histo- 
riens sur rinstitution du Conseil ambulatoire par Phi- 
lippe le Bon, en exhumant des Bulletins de la Commis- 
sion royale d'histoire de Belgique, une ordonnance de 
1446, publiee naguere par Gachard (i), et qui devait etre 
la base de sa theorie (2), et recemment de celles de 
MM. Frcderichs et Gaillard. 

M. J. Frederichs, professeur a Tathcnee royal d'Os- 
tende, apporta au travail du P. Brabant quclques nou- 
velles observations pleines de bon sens et d'erudition, en 
relevant de legeres erreurs que Tauteur avait commises, 
et en poursuivant son etude jusqu*en i5o4, date de 



(i) Gacharo, Analecies hisiorUjues, 16® s^rie (Bulletin de la Commission roynh 
d*histoire de Belgique, 3° s6rie, t. XII, f)p. 141 a 147). 

(2) P. Brabant, Note sur le grand Conseil de Philippe le Bon (Bulletin de la 
Commission royale d'kistoire de Belgique, 4^ s^rie, t. V, pp. 145 a 160). 

Idem. Etude sur les Conseils des dues de Bourgogne, (Ibid,, 5® serie, t. I, pp. 90 
a 101). [Repouse a Tarticle de M. Frederichs ci-contre]. 



— 427 — 

cr6ation du veritable Conseil priv6 (i). La th^orie de 
M. Frederichs fut admise par M. Alexandre, dans son 
ouvrage sur Thistoire du Conseil priv6 dans les anciens 
Pays-Bas, 

M. Qaillard, chef de section aux archives du, royaume 
de Belgique, a ofejpiis sur pied toute la question en 1896, 
grace aux d6couvertes importantes qu'il a faites dans les 
archives de la CUambre des comptes de Brabant (2). 

L'opuscule- de M. Gaillard semble avoir definitive- 
nient fixe I'origine des Conseils ambulatoire et priv6, 
bien que sa theorie diflfere fort peu de celle de ses 
devanciers. 



De rOrigine 4^ Conseil ambulatoire d'apr&s les 
auteurs anciens et modernes^ avant le P^re 
Brabant. 

Toutes les controverses qui se sont elevees au sujet de 
Torigine du gravid Conseil ambulatoire des dues de 
Bourgogne, proviennent de Terreur ou sont tombes les 
auteurs anciens et modernes (3), par suite de la confiance 
qu'ils ont mise en les dires du cel^bre jurisconsulte 
Wielant(4). 



(1) Frederichs, Le gratid Conseil amhulaioire des dues de Bourgogne el des archi- 
dues d'Autricheii^^t-nbo^^, Contribution a T^tude du droit public des Pay^- 
Bas au XV™* siecle. {Ibid,, 4" s^rie, t. XVII, pp. 423 a 499). ' 

Idem. Suiie a ma notice sur le grand Conseil ambulatoire des dtics de Dourgrgne 
et des archiducs d'Autricke [1446-1504]. (Ibid., 5° s6riq, t. I, pp. 79 a 89). 

Idexi. Seconde suite a ma notice sur le grand Conseil des dues de Bourgogne, (Ibid,, 
5' serie, t. II, pp. 124 4 128). [R^ponse a I'article du P. Brabant, Etude sur 
Us Conseils des dues de Bourgogne], 

(2) Gaillard, Arthvr, UOrigin^ du grand Conseil et dn Conseil prive. Hiu- 
xelles, Hayez, 1896, 60 p. (Bulletin kle la Commission royale d'histoire de Belgique, 
5« s^rie, t. VI, n« 3). 

(3) P. Brabant, op. cit., p. 149; Fredlkichs, op. cit., p. 425. 

(4) Gaillard, op. cit., pp. i et 2. 



Philippe Wielant nous rapporte qu'en 1454, Philippe 
le Bon « fit tenir consistoire a son grand Conseil ». 

La plupart de nos historiens en ont conclu que c'etait 
en 1454 que Philippe le Bon avait cree le grand Conseil 
ambulatoire, sans s'apercevoir que Wielant faisait allu- 
sion a un Conseil deja existant (i), 

Le P. Brabant, MM. Frederichs et Gaillard ont par- 
faitement prouve que la date de creation du grand 
Conseil n*est pas 1454, mais bien 1446, en analysant 
minutieusement cette or'donnance de 1446, que Gachard 
publia en 1870, et a laquelle personne n'avait attache 
d'importance avant 1878. 



Les Grands Conseils de France et de Bourgogne 

Avant de passer a Texamen des circonstances par 
suite desquelles Philippe le Bon crea son grand Conseil 
ambulatoire, il irhporte d'examiner quelle a 6te Tinflu- 
ence des institutions frangaises sur celles de notre pays. 

Les dues de Bourgogne, princes frangais, ont trans- 
plante tout naturellement dans nos provinces les institu- 
tions de leurs ancetres; il n'est done pas etonnant de 
rencontrer chez nous, a leur epoque, des organismes qui 
ont beaucoup d'analogie. avec ceux de Tancienne France. 

M. Gaillard fait tres justement observer que les mots 
« grand Conseil » sont d'origine frangaise (2). Les souve- 
rains frangais du moyen age ont eu toujours un Conseil 
ayant ^ la fois une competence politique, judiciaire, 
administrative et financiere. Sous Louis IX, une partie 
des membres du Conseil eurent leurs attributions 
propres, les uns ne s'occuperent que de la justice, les 



(i) Fredericks, op. cit., p. 439. 
(2) Gaillard, op. cit., p. 17. 



— 439 — 

autres des finances, mais ils continuerent a ne former 
qu'un seul corps : la cour ou le Conseil du roi. 

Philippe le Bel, en i3o2, transforma le Conseil du roi 
en trois organismes nouveaux : la Chambre des comptes, 
le Parlement de Paris ou conseil du roi, et un grand 
Conseil ambulatoire. 

La Chambre des comptes avait la surveillance de la 
gestion financiere du royaume; le Parlement de Paris 
n'avait que des attributions judiciaires. Quant au grand 
Conseil, il fut charge de Tadministration des affaires 
publiques, de concert avec le roi. D6s le debut de son 
institution, le grand Conseil de France n'avait aucune 
competence judiciaire, mais, peu i peu, il reussit a 
soustraire de la juridiction du Parlement un certain 
nombre de proc6s; c'est a tel point que Charles VIII, 
le 2 aout 1497, Tinstalla definitivement a Paris, comme 
cour de justice souveraine (i). 

De meme qu'en France, il exis'tait aussi un grand 
Conseil en Bourgogne. L'histoire des institutions bour- 
guignonnes, sous les dues de la seconde race, a cte fort 
peu 6tudiee. 

Jusqu'a present on ne possede qu'un vicil ouvrage 
anonyme intitule : Memoires pour scrvir a I'histoire de 
France et de Bourgogne, qui nous donne quelques rensei- 
gnements sur Torganisation de la Cour des dues, a Dijon. 
L'auteur (de la Barre) de ces Memoires a compulse les 
archives de Dijon, et la plupart des faits qu'il avance 
sont, en general, appuyes sur un document authentique. 
Son oeuvre n'est qu'une bonne compilation, mais elle a 
cependant une certaine valeur. 

Dans ces Memoires, nous voyons que Philippe le. Bon 
institua pour la Bourgogne et la Franche-Comte quatre 
conseils : le Conseil etroit, compose de douze conseillers. 



(i) Gaillard, op. cit., p. 18. 



— 4^0 — 

par moitie laiques et ecclesiastiques, et ambulant; le 
grand Conseil, cour de justice jugeant en premiere in- 
stance ou en appel, et etg,blie a Dijon; le Conseil de 
guerre, charge de Tadministration des affaires militaires, 
et enfin le Conseil des finances, s'occupant des comptes 
du duche. 

En 1446, suivant notre auteur, le grand Conseil de 
justice fut r6forme et fit place A un grand Conseil ambu- 
latoire, qui n'est autre que le Conseil ambulatoire dont 
parle Tordonnance publiee par Gachard. 

A /c6te des Mimoires pour servir h I'histoire de France et 
de Botirgogne, nous poss6dons la relation d'Olivier de la 
Marche, sur Tetat de la maison du due Charles de Bour- 
gogne, Cour a peu pr6s en tous points semblable a celle 
des dues precedents. 

D'une maniere generale, en faisant abstraction de la 
mention d'un Grand Conseil en 1446, fournie dans ces 
Memoires du XVI 1 1"*" si^cle, on a pu dire, en presence 
des donn6es tr^s pauvres que Pon avait, que les dues de 
Bourgogne avaient quatre conseils : priv6, de justice, 
des finances et de guerre. 

On n'a cependant pas demontre jusqu'A present si les 
quatre conseils etaient exclusivement etablis pour la 
Bourgogne et la Franche-Comte et si leur- competence 
ne s'6tendait pas jusque dans les Pays-Bas. 

Nous ne nous arr^terons pas au Conseil intime ou 
prive des dues de Bourgogne, nous examinerons imme- 
diatement Tordon nance de Philippe le Bon, creant le 
grand Conseil ambulatoire en 1446. 

De cette ordonnance il r6sulte que Philippe le Bon, a 
cause des affaires toujours croissantes qui surgissaient 
dans ses domaines, se vit oblige d*instituer un orga- 
nisme capable de s'occuper d'une maniere eflficace de la 
justice, des finances et de Tadministration gen6rale de 
tons ses pays. Ce fut le grand Conseil ambulatoire. 

Ce conseil, comme son nom Tindique, devait suivre le 



— 43i — 

due partout dans ses voyages; neanmoins, quand le due 
devait aller en Bourgogne, il laissait une partie du con- 
seil pour gouverner les Pays-Bas en son absence. II se 
composait, comme le dit Tordonnanee, « de gens notables 
et de grande distinction ». 

Nous ne voulons pas nous arr^ter non plus a Pexamen 
de la competence du grand Conseil, apres 1446, nous y 
reviendrons plus tard. Qu'il nous suffise de dire pour le 
moment que, d'apres les travaux connus jusqu'a present, 
le Copseil des finances aurait son origine dans le grand 
Conseil ambulatoire de 1446. 

Le resume precedent que nous avons fait des etudes 
relatives a Torigine du grand Conseil ambulatoire etait 
necessaire pour faire mieux comprendre Tanalyse que 
nous voulons donner d'une ordonnanee, tres importante 
a notre avis, que nous avons decouverte dans un manus- 
crit de la bibliotheque de Tournai. 

II s'agit d'une ordonnanee de Philippe le Bon, donnce 
a Arras, le 12 Janvier 1437 (1438 n. St.), et reglant Torga- 
nisation de la cour du due de Bourgogne. Nous y lisons 
ceci : 

« Mondit seigneur le due pour luy aider a eonduire les 
w grands affaires qu'ii a et qui journellement luy sur- 
» viennent a cause des haultes seigneuries en fait de 
» justice, de guerre, finances ou aultrement et pour la 
» meilleure, plus seure et briesve expedition d'iceulx ses 
» affaires et des ceulx des personnes qui auront a besoi- 
» gner devers luy a ordonne et ordonne que dores enavant 
» en quelque lieu qu*il soit aura en sa court ung conseil 
» ordinaire qui se tiendra deux fois le jour, Tung devant 
» disner et Tautre apres disner, et pour icelluy conseil 
» tenir, a ordonne et ordonne les personnes cy apres 
» nommees ou ceulx d'entre eulx qui pour le temps 
» seront devers luy, lesquels seiont tenus de comparoir 
» et venir audit conseil a Theure de huit heures au matin 
» et de quattre heures apres disner, c*est assavoir : mon- 



— 4^2 — 

» seigneur le chancelier, monseigneur Tevesque de Tour- 
» nay, etc. 

» Lequel monseigneur le chancelier et en son absence 
» ledit monseigneur de Tournay chief du conseil mec- 
» tront en terme les mati^res qui seront a exp6dier, les- 
)) quelles monditseigneur veult et ordonne estre deman- 
» dees et deliberees bien et meurement par singulieres 
w opinions et icelles matiferes recueilleront comme il 
» appartiendra. 

)) Item pourront les dits chancelier ou chief de conseil 
» appeller audit conseil aulcuns aultres conseillers de 
» mondit seigneur demeurans et residens es lieux ou 
)) monseigneur sera, tels que bon leur semblera, tbutes et 
» qmantes fois, et selon que les matieres qui seront k 
» deiivrer, le requerront. 

» Item et lesdits du conseil auront advis, de et sur 
» toutes les choses touchant les droits seigneuriaulx de 
)) mondit seigneur soit de la justice de demaine, des 
^> aydes et d'aultres et aussi «ur les requetes des parties, 
» tant de requerrans, dons, offices, renouvellement de 
)) loix, comme d'aultres que Ton est accoustume de faire 
» a la personne demonditseigneur et a son conseil et de 
» ce qu'ilz auront ainsi advise sur les choses pour Toctroy 
» et conclusion desquelles conviendra parler i mondit- 
» seigneur de Tournay, chief du conseil pour au surplus 
» parluy ouir Tadvis dudit conseil, en estre faict et 
» ordonne et conclu tout a son bon plaisir. » 

Qu41 nous soit permis de « dissequer » ces quelques 
articles. 

Philippe le Bon se voit oblige de cr6er un « Conseil 
ordinaire » a cause de la multiplicite des affaires judi- 
ciaires, militaires et financieres de ses pays. Le nouveau 
conseil est ambulant : en quelque lieu qu'il soit, le 
due pourra convoquer ses membres deux fois par jour, 
« avant disner », d. 8 heures du matin, et « apres disner », 
a 4 heures. 






— 4^^ - 

Le conseil est preside par le chancelier, et, en son 
absence, par Teveque de Tournay. Ces deux fonction- 
naires devront demander Tavis des membres du conseil 
avant d'expedier une affaire; ils pourront du reste con- 
voquer au conseil, des autres conseillers du due, qui 
resideraient pr6s de lui. 

Les membres de ce conseil s'occupent de tout ce qui 
regarde les droits seigneuriaux du due; leurs decisions 
devaient etre remises i Teveque de Tournay. 

Des differents passages que Ton prut rapprocher dans 
ces deux ordonnances, il resulte que c*est Timportance 
des affaires qui oblige Philippe le Bon k instituer un 
Conseil aupr^s de sa personne, conseil qui le suivra par- 
tout, conseil qui sera preside par le chancelier ou, en son 
absence, par Teveque de Tournay, chef du conseil. 

Les autres points des deux ordonnances n'ont pas 
beaucoup de points de contact. Les heures de convoca- 
tion different : en 1438, c'est le matin, a 8 heures et k 4 
heures Taprfes-midi ; en 1446, le conseil se r6unit « a telles 
heures et par tant de fois le jour qu'il sera avis6 et 
ordonn6 ». En 1438, le chancelier ou I'eveque de Tour- 
nai pourra appeler au conseil des autres conseillers du 
due, 14 oil il sera. 

Dans Tordonnance de 1438, le conseil doit s'occuper 
de droits seigneuriaux : justice de domaine, ayde, 
requetes, dons, offices, renouvellement de lois; en 1446, 
sa competence est un peu plus etendue, puisqu'il avait a 
pourvoir aux offices vacants. 

Constatons cependant que Tordonnance de 1438 est 
impersonnelle, en ce sens que le protocole initial de tout 
Tacte se trouve apres le dispositif, tandis qu'en 1446, le 
document est parfaitement conform® aux redactions ordi- 
naires des chartes. 

Nous remarquons dans le texte de ce protocole, que 
eette ordonnance a et6 faite par « grande et meure delibe- 
ration de conseil », qu'elle doit 6tre respect6e par tout 



— 4^4 — 

Tentourage du due et par ses fonctionnaires dans tous ses 
pays ; qu'enfin elle doit 6tre enregistree par chacune des 
Chambres des comptes du due. 

Nous trouvons-nous done en presenee d'un Conseil 
ambulatoire, embryon du eonseil de 1446? Selon toute 
vraisemblance, nous sommes presque certain d'y voir 
une ebauehe du eonseil ambulatoire, surtout si nous 
eomparons la liste des personnages qui nous est fournie 
par eette ordonnanee de 1446 avee eelle d'un etat aulique 
que M. Frederichs avait primitivement date de 1427 
et qu'il attribue plus tard au grand Conseil en 1446. En 
examinant ces deux listes, nous voyons qu'elles sont par- 
faitement identiques. 

Sans trop nous hasarder, nous eroyons pouvoir dire 
qu'il ne faut pas etre trop cat6gorique en deelarant que le 
eonseil ambulatoire a 6te eree de toutes pi^ees en 1446, 
mais qu'il existait deja avant eette date. 

De meme pour le eonseil des finanees, nous ne pou- 
vons dire qu'il tire son origine de eette ordonnanee de 
1446, paree que eette meme ordonnanee nous dit que le 
grand Conseil s'oeeupait A la fois des affaires politiques 
et administratives de tous les Pays-Bas. 

Nous eroyons qu'a eette epoque le eoUege des finances 
deliberait simplement avec les membres du grand Con- 
seil, dont il formait une section, peu importante des 
Tabord, mais qui devait sans cesse s'aeeroitre. 

Mais une question ici se pose : si le grand Conseil 
ambulatoire et sa section finlaneiere s'oeeupent des affaires 
de tous les pays soumis a la domination dueale, quelle 
est la competence des conseils etablis en Bourgogne et 
dont nous avons mentionne Texistence en rappelant les 
renseignements qui nous sont fournis par Tauteur des 
memoires pour servir a Thistoire de France et de Bour- 
gogne? 

Nous savons que, d'apres cet auteur, il existait un 
Conseil des finanees pour la Bourgogne. Ce conseil 



— 4^5 — 

etait-il le mfime pour les Pays-Bas? Oui. De m6me qu*il 
n*y eut qu'nn grand Conseil ambulatoire, de nieme, k 
notre sens, il n'y eut qu'un Conseil des finances pour 
tous les domaines des dues. Plusieurs faits le prouve 
ront, Quelques bribes de phrases prises dans les ordon- 
nances que nous allons passer en revue suffiront pour 
montrer qu*il n'existait qu'un Conseil des finances. 

La premiere mention que nous ayons trouv6e, relative 
a un college des finances, est encore dans cette ordon- 
nance de 1438. Nous y lisons en effet : « Item pour la 
» conduicte du faict des finances de monditseigneur, icel- 
» luy monseigneur ordonne et prend les personnes qui 
» s'ensuivent, c'est assavoir monseigneur le chancel ier, 
» monseigneur de Tournay, mtenseigneur de Croy, mon- 
♦) seigneur de Charny, monseigneur de Ternant, monsei- 
» gneur de Crevecoeur, monsieur le Prevost<le St-Omer, 
» monsieur le President, monsieur de Hebourdin, mon- 
» sieur de Mesnil, Jehan de Brimeu, et maitre G6rard 
» Vyon avec les gens des finances, et deffend mondit 
» seigneur audits gens des fiitances qu'ils ne prendent 
» argent a finances, ne facent aucune finance a la charge 
» de mondit seigneur sans Tadvis que pour le temps 
» seront devers mondit seigneur pour en sea voir son bon 
» plaisir avant que Ton face iceile finance ». 

La meme ordonnancc nous donne quelques details 
encore sur le mode de repartition des revenus du due. 
Le due leur prescrit de bien gerer ses finances et de faire 
rentrer ses revenus dans ses caisses. A cote de ces trois 
commissaires, Philippe le Eon nomme un receveur ge- 
neral et un clerc, qui seront charges de la recette gene- 
rale et des recettes part icu litres. 

Nous venons de voir que la premiere ordonnance que 
Ton croyait jusqu'a present avoir etabli le grand Conseil 
ambulatoire en 1446, semble attribuer atous les membres 
du conseil des attributions financieres. En r6alite, il n'y 
eut qu'une partie des membres du Conseil qui eut d«s 



1 



— 436 — 

fonctions financi^res : en effet, des Tannee suivante de 
la pseudo creation du Conseil ambulatoire, le 14 aout 
1447, nous voyons Philippe le Bon edicter a Bruges, 
une ordonnance par laquelle il nomme « commissaires 
sur le faict des finances trois de ses conseillers notables ». 

L'ordonnance fixe minutieusement toutes les regies a 
observer pour la bonne gestion financi^re de tous les 
pays du due. En effet, nous lisons dans le dispositif de 
Tacte : « Savoir vous faisons que pour le gouvernement 
de toutes nos finances en tout qu'il concerne la recepte et 
la distribution d'icelle nous avons par grant ad vis et 
meure deliberation de conseil fait, deliber6, et conclu 
les ordon nances cy dessus transcriptes »i 

Ceci est done une premiere preuve de Texistence unique 
d'un conseil des finances sous Philippe le Bon. Nous en 
voyons encore une autre dans une ordonnance du 8 
fevrier 1467 (1468. n. St.), edictee par Charles le Teme- 
raire, a Bruxelles. Le due de Bourgogne adressant son 
ordonnance aux membres de la Chambre des comptes de 
Lille, leur dit : « Savoir ^vous faisons que pour le faict 
et gouvernement de toutes nos finances, tant en recepte 
que en despfence nous avons fait faire les ordonnances 
cy dessus escriptes ». 

Le college des finances se compose alors de cinq 
seigneurs, d'un receveur general, d'un argentier, d*un se- 
cretaire seul signant en finances : Taudiencier de la 
chancellerie. 

Ce n'est qu'a Tavenement de Marie de Bourgogne que 
nous trouvons de nouvelles ordonnances relatives au col- 
lege des finances. 

Pendant cet espace de dix ans, nous croyons qu'il sub- 
sista tel quel, malgre la creation, en 1473, du parlement 
de Malines, et la chambre des comptes de Malines. 

En effet, nous savons qu'en 1473, par Tedit de Thion- 
ville, Charles le Temeraire crea le Parlement de Ma- 
lines, Les attributions judiciaires du Grand Conseil 



— 47 - 

pass^rent au nouveau Parlement. Quant a scs autrc^ 
attributions — notamment financieres — , le P. Brabant 
et M. Frederichs ne sont pas d'accord pour affirmer si 
elles lui furent conservees ou si elles pass^rent 4 la 
Chambre des comptes de Malines ou a la Chambre du 
tresor (i). Pour M. Gaillard, le Grand Conseil ne perdit 
que ses attributions judiciaires et conserva toutes les 
autres (2), 

A la mort du T6meraire, le Parlement de Malines et 
le Grand Conseil furent supprimes et remplaces par un 
nouveau Grand Conseil. Cette m6me annee 1477, Marie 
et Maximilien nomment un superintendant de leurs 
finances pour les Pays-Bas (la Bourgogne etait retournee 
k la couronne de France). 

En 1487, Maximilien et Philippe le Beau designent 
six seigneurs pour gerer les finances des Pays-Bas. Le 
chancelier, le premier chambellan, les chefs du Grand 
Conseil, les officiers qui avaient Thabitude de servir aux 
finances, avaient entree dans le Conseil des finances. Le 
terme « conseil » est pour la premiere fois usite. On 
retrouve encore le mot conseil accole a celui du terme 
finances, dans une ordonnance de Maximilien, relative 
au domaine en 1495. 

Enfin, en 1497, par une nouvelle ordonnance, le Con- 
seil* des finances se compose d'un chef principal, d'un 
tresorier, de trois commis, d'un receveur general, d'un 
secretaire signant en finances, et d*un greffier. Les per- 
sonnagesformaientune Chambre sous laquelle ils avaient 
seuls entree, en meme temps que le chancelier et le pre- 
mier chambellan. 

A partir de 1497, le Conseil des Finances est etabli 
d'une fagon stable. En effet, Tordonnance de Charles- 



(i) P. Brabant, Eiude sun les Consdis des dues de Bcurgogue, C. R. II., 5*" r., 
1. 1, n" III, p.. 98. 
(2) Gaillard, op. cit., p. 36. 

29 



-438 — 
Quint, de t5i4, relative d. ce Conseil, n'est que la copie 
de celle de 1497, et les principales dispositions de celle- 
ci se retrouveront dans les ordonnances subs6quentes, k 
savoir celles de i5i4, que nous venons de citer, celles de 
i5iy, i520, i522 et i53i, date de la reorganisation des 
Conseils dits collat^raux (i). 



(0 Pour les ordonoances du Conseil des Finance!:, Cf. maousciit, 
a" 11459, d« la Biblioth^ue Royale a Biuxelles. 



a»e Section i Hlstoire 



V"" QUESTION 



0mprunts faits par les viUes be Blan&rc 

dc ijjo it 166; 



>t E regne de Charles-Quint avait presente une 

A suite continuelle de guerres. La treve de Vau- 

p celles-lez-Cambrai ne dura que douze mois, 

% puis les hostilit6s recommencerent. Le 10 aoiit 

1557, les fran^ais perdirent la bataille de St-Quentin. Si 

le traite de Cateau-Carabresis fit cesser pour quelque 

temps la guerre avec la France, les reformes, soutenus 

par le prince d'Orange, ne tard^rent pas a exciter des 

troubles dans les Pays-Bas. Le due d'Albe en avait ete 

nomme gouverneur en i567; il les reprima avec rigueur, 

mais les r^voltes, soutenus par les protestants d'Angle- 

terre at d'AUemagne et meme par la France, continuerent 

la lutte sous ses successeurs de Requesens, don Juan 

d'Autriche et Alexandre Farnese. A la mort de ce dernier, 

arrivee en 1596, I'archiduc Albert fut envoye pour le 



— 440 — 

remplacer. II trouva la lutte engag6e avec Henry IV 
depuis iSgS; la paix de Vervins y mit fin en iSgS, et un 
armistice fiit conclu avec la HoUande, en 1607, suivi 
d'une tr^ve de douze ans, en 1609; mais la guerre re- 
commenga ensuite entre les deux nations, en 162 1. Enfin, 
on tonclut la paix en i63o, et les Pays-Bas jouirent d*une 
tranquillite bien necessaire jusqu'en i653, oH la France 
chercha k reprendre une partie des conqu6tes qu'elle 
avait perdue pendant la Fronde. Aidee des Anglais, elle 
alia assi6ger Dunkerque, gagna la bataille des Dunes et 
prit diverses villes de Flandre ; la paix des Pyrenees les 
fit rendre a TEspagne. Mais Louis XIV recommenfa la 
guerre en i665, et en trois mois conquit la Flandre fran- 
faise. 

Ce n'etait pas sans de grands sacrifices en hommes et 
en argent que les rois d'Espagne avaient soutenu la lutte, 
et ils avaient du s'adresser souvent, pour trouver les res- 
sources necessaires, a leurs bonnes villes de Flandre, qui 
ne refuserent jamais leur aide et leur appui au monarquc 
tr6s Chretien; mais comme les impots ordinaires ne suf- 
fisaient pour fournir Targent qu'on leur demandait, il 
fallut recourir a Temprunt, car le gouvernement avait 
besoin de suite des fonds votes, et on crea des rentes 
rachetables, « moyen le plus prompt et le plus expedient 
pour recevoir les sommes promptement w. 

La Flandre beige se composait alors des districts de 
Gand, d'Ypres, de Bruges et du Franc de Bruges (i). Ces 
quatre membres du pays et comte de Flandre ^taient ad- 
ministres par les premiers echevins, les echevins et le con- 
seil de la ville de Gand, par le bourgmestre et les echevins 
et le conseil de la ville de Bruges, par Tavoue, les eche- 



(i) Bruges s*^tant montree fort arrogantc, un certain nombre de villages 
obtinrent de Philippe d*Alsace, comte de Flandre, et malgr^ les habitants 
de cette ville, une cour et justice s^par^e compos^e de 27 Echevins, qu*on 
appela le Franc de Bruges (voir Guichardin, Description (Us Pays-Bos). 



— 441 — 

vins et le conseil de la ville d'Ypres, par le bourgmestre 
et les echevins du Pays du Franc de Bruges. Pour sub- 
venir a leurs emprunts, ils avaient deux moyens : la « re- 
partition a la charge de toutes les villes et chatellenies, 
sur le pied du transport de Flandre, et lors chagun etait 
oblige de trouver sa quote-part, soit par emprunt, soit 
autrement, sans que la province s'en ait mele plus avant. » 
L'autre moyen consistait k ce que les etats de Flandre 
imposassent des droits sur les chevaux, vaches, moutons, 
vins, eaux-devie et sur les grains consommes par le 
peuple dans sa famille, ce qu'on appelait droit de moii- 
laige. On donnait ces droits, comme garantie, des em- 
prunts (i). 

Nous allons indiquer les emprunts dont nous avons 
trouve trace a partir de i55i. 

Le 26 Janvier i55i, les quatre villes consentent a 
donner au roy d'Espagne, 400,000 couronnes de 48 gros 
en deniers comptants. Cette somme etait destinee i payer 
les gens de guerre «'estants au service du Roy pour la 
defense et conservation de ses pays de Pardega ». Pour 
avoir promptement les sommes, elles creerent des rentes 
rachetables au denier 12, 14 ou i5 et au-dessus, hypo- 
thequees sur le pays de Flandre. Le Roy en accorda 
Toctroi le 9 fevrier i55i. On lit dans les contrats : « nous 
nous obligeons pour nous tous Tun pour Tautre ct cha- 



(i) On discutait parfois entre ces quatre villes, sur le produit de certains 
droits, pour savoir si on devait le partager en quatre parties ou I'attribuer a 
une ou plusieurs des quatre villes; ainsi on disait que le produit de la 
barque de Gand a Bruges devait appartenir a la province, parce qu'elle 
avait rendu la riviere navigable k ses frais, tandis que le produit de la 
barque d*Ypres a Nieuport devait appartenir a Ypres, a Texclusionde la pro- 
vince, le canal 6tant ci-devant une riviere rendue navigable aux frais de cette 
ville. Mais la province objectait qu'elle Tavait nettoye et approfondi en 
diverses ann6es, par ordre du roi. Cependant I'emprunt fait dans ce but 
avait 6te hypoth^que siu: le moulaige d*Ypres. 

Un canal avait 6X6 construit entre Bruges, Furnes et Dunkerque; la d6- 
pense et le revenu avaient 6t€ attribuds a ces trols villes. 



— 44i — . 

cun^ pour le tout et partout, tous impots et assises, 
rentes, revenus et autres biens appartenant auxdits 
quatre membres et autres villes et places situes dans 
ledit pays de Flandre, nulles exceptes et aussy nos biens 
et des autres habitants dudit pays, la ou ils peuvent etre 
situes et gisants et ou ils seront trouves. Nous soumet- 
tons et abandonnons pour etre a leur execution par-de- 
vant tous seigneurs et justices, juges et lois pour par 
arret de nos personnes et de nosdits biens, nous et nos 
successeurs contraindre au paiement des arrera:ges avec 
tous les dommages que Tacheteur ou ayant cause aura 
expose et paye a ce sujet, etc., nous renongons par ceste 
k toutes graces, prolongations et repits que nous pour- 
rions implorer de Notre Saint Pere le Pape, de Sa Ma- 
jeste Royale, etc. « si les lettres par feu ou autre mechef 
fussent gatees, voices, lacerees ou egarees » sur le ser- 
ment de Tinteresse, on promet de leur donner de nou- 
velles lettres ». 

Voici en quels termes le roi d*E§pagne autorisait en 
general ces emprunts : « re^eu avons Fhumble supplica- 
tion de noz bien aimes les quatre membres de nostre 
pays et comte de Flandre contenant qu'ils nous accorde- 
raient un regiment de six enseignes de gens'de pied et 
cent arquebusiers a cheval, leves par ordonnance de nostre 
bien cTier et tres aime cousin, chevalier de notre ordre, le 
due d'Alve (d'Albe), marquis de Corree, etc., nagu^res 
seigneur lieutenant gouverneur et capitaine general de 
noz pays de Parde^a, sous la charge et conduite de notre 
cousin le comte de Roeulx estants encore prfets, comme 
ils ont fait declarer par leur dernier accord, de continuer 
ledit paiement tant qu'il nous plaise tenir en service les 
gens de guerre, mais comme Taidc qui se traite presen- 
tement n*est encore liquide et qu'il ne leur est possible 
de continuer ledit paiement estants les vingtiemes deniers 
du revenu des annees i5yi et iSya totalement consom- 
mes en iceluy paiement et de maniere qu'auxdits gens de 



— 443 — 

guerre serait de bief deuz cinq mois de gages sans leur en 
faire aucun paiement dont iceulx suppliants se trouvent 
journellement interpellez et presses tant par les capi- 
taines que soldats n'ayant autre moyen de vivre et d6si- 
rant leur donner contentement pour oter a iceulx toute 
occasiott de foule*et mangerie tant prejudiciabld au pays 
et A noz aydes et n'ayant pu adviser moyen plus prompt 
ou convenable que par vendition de rentes, ils nous ont 
tr6s hiimblement suppliez et requis que en regard de ce 
que dit est, il nous plait de consentir et permettre de 
vendre rentes sur les pays de Flandre, etc., et sur ce 
faire depficher nos lettres patentes en ce cas pertinentes 
sfavoir faisons que les choses susdites consid6rees et sur 
lesquelles en Tadvis de nos amis et f6aulx les chiefs tre- 
sorier general et com mis de noz domaines et finances 
inclinant favorablement a la supplication et requite de 
noz quatre membres de Flandre supplians, leur avons 
par la deliberation de nostre tr6s cher et trfes ame cou- 
sin don Loys de Requesens et de Lumga, grand com- 
mandeur de Castille et capitaine general de noz pays de 
Pardefa octroye, consenti et accorde, octroyons, consen- 
tons et accordons en leur donnant congie et licence de 
gr^ce speciale par ces presentes que pour satisfaire au 
paiement des gens de guerre dessiis mentionnes ils 
peuvent et pourront charger noStre dit pays et comte de 
Flandre par tradition de rentes h6riti6res et aux ache- 
teurs desdites rentes faire expedier lettres de constitu- 
tions en bonne et ample forme a la suret6 d'iceulx; d, 
quoi les avons autoris6s et autorisons par lesdites pre- 
sentes, pourvu que les dits suppliants seront tenus de 
racheter icelles rentes par les memes moyens qui leur 
seraient accordes pour le fournissement de leur quote de 
deux millions et aussy rendre compte de la lev6e des 
ladite somme et ensemble de I'employ d'icelle par devant 
tels nos commissaires qu'a cet effet ils seront tenus re- 
qu^rir de nous et en surplus de faire presenter ces mes- 



n 



— 444 — 

mes originales tant au conseil de noz finances qu'a la 
chambre de noz comptes a Lille pour icelles estrfe res- 
pectivement verifies, enterines et enregistres la et ainsy 
qu'il appartiendra. Sy donnons en mandement a noz 
ames et feaulx les chief president et gens de noz prive et 
grand consaulx, president et gens de nostre conseil en 
Flandre au president et gens de nos comptes a Lille et 
a tous autres ,noz justiciers, ofliciers et sujets qui ce 
regardera que nostre presente grcLce, octroi, consentement 
et accord aux conditions selon et en la forme et maniere 
que dit est, ils fassent, souffrent et laissent lesdits quatre 
membres de Flandre suppliants, plainement et paisible- 
ment joyr et user sans leur faire mettre ou donner ni 
souffrir este fait mis ou donne aucun trouble ou empe- 
chement, au contraire car ainsy nous plaist... Donne en 
nostre ville d'Anvers, le 17 septembre 1574 ^^ (^)- 

Le 19 mars i552, les quatre villes sont autorisees a 
emettre pour 600,000 couronnes de rentes heritieres au 
denier 12 et au-dessus hypothequees sur la generalite 
des corps et communaut6s desdits pays et comte de Flan- 
dre. Cette somme etait destinee a Tentretien des gens de 
guerre « estans au service du Roy tant pour la defense 
et consei-vation de ses pays de Pardefa que pour Toffen- 
sive et Tinvasion des ennemis d'iceluy )>. 

Le i5 avril i554, nouVfelle autorisation pour emettre 
480,000 florins de 40 gros la piece de rentes heritieres 
rachetables au denier 12 ou de rentes viageres a une vie 
au denier 12 ou ci deux vies au denier 8. Cette somme 
devait sei"vir a I'entretien de la gendarmerie et de Tin- 
fanterie levees contre le roy de France et pour la surete, 
conservation et defense des pays patrimoniaux de Sa 
Majeste de Pardega. 

Le 24 septembre de la mcme annee i554, Charles- 



(i) Ccci est extrait des archives de la chambre des comptes a Lille, re- 
gistre des chartes, commencement de juillet 1574, f' 94. 



— 445 — 

Quint tdcha de relever le prestige de ses armes, qui 
avaient subi un grave echec au siege de Metz, de i553. 
Le comte de Flandre cree encore 480,000 florins de 40 
gros de Flandre la piece de rentes h6ritablement rache- 
tables au denier 12 et au-dessus et de rentes viag6res a 
une vie au denier 6 et a deux vies au denier 8. Ces 
sommes devaient etre employees pour le meme but que 
dans Temprunt precedent. 

La treve de Vaucelles et le traite de Cateau-Cambre- 
sis suspendent quelque temps les emprunts; mais en 
1 565, la guerre civile et la guerre contre la HoUande en 
necessitent de nouveaux, pour payer les gens de guerre. 
Le comte emprunte, le 12 Janvier, 25o,ooo florins et un 
autre emprunt est contracts le 12 septembre. 

Le 8 novembre i567, deux emprunts : un de 100,000 
florins, Tautre de 78,000. La premiere somme etait des- 
tinee pour le paiement des gens de guerre; la seconde 
pour I'entretien de Tinfanterie des villes fronti^res et for- 
teresses de pardega. 

Le 12 mars i568, nouvel emprunt de 340,000 florins 
fait a des negociants d'Anvers. La somme devait etre 
versee k Sa Majeste au mois de novembre. 

En 1 569, le Roy d'Espagne proposa aux etats du comte 
de Flandre, de racheter le droit du dixieme et du ving- 
tieme denier, impose sur la vente des biens meubles et 
immeubles. Les quatre villes consentent a verser dans 
ce but et pendant deux ans, commengant le i3 aout i56g, 
65o,ooo florins de 40 gros monnaie de Flandre. Elles 
consentirent et cr6ferent des rentes hypothequees sur les 
impots, entre autres sur le droit de 3 livres tournois leve 
sur chaque piece de vin. Le comte de Flandre off'rit cette 
meme annee 1569, 70,000 florins pour don gratuit, a Toc- 
casion de la joyeuse entree de la reine d'Espagne en la 
ville de Nimeghen, il falliit encore creer des rentes pour 
avoir cette somme de suite. 



— 44^ — 

En 1 570, nouvel emprunt de i,3oo,cx)o florins. 

En 1574, les quatre villes sont autoris6es a creer des 
rentes heriti^res rachetables au denier 16, 14 ou 12 at 
des rentes viag^res a une vie (i). 

Le 17 septembre i5y5^ nouvelies lettres patentes ob- 
tenues pour emprunter au denier 16, 14 ou 12, 200,000 
livres tournois de 40 gros la livre, en rentes rachetables. 
Cet argent devait servir 4 payer licentier, et reformer les 
gens de guerre dans le pays de Flandre. 

Le i3 avril 1576, les etats de Flandre consentent d 
donner au Roy d'Espagne, en plusieurs annees, 3, 800,000 
florins. Le 11 septembre, ils sont autorises pour donner 
a- valoir 400,000 livres tournois a 40 gros la livre, a faire 
un emprunt de cette importance en rentes heritieres ra- 
chetables au denier 16, 14 et 12, et en rentes viageres 
au denier 8 ou 6. Cette somme etait destinee au paie- 
ment de gens de guerre allemands, presentement en 
garnison en Flandre, et i Tentretien des autres gar- 
nisons. 

Le 16 mai 1608, les villes emprunt^rent 3oo,(XX) flo- 
rins, plus i5o,ooo. Le 16 avril 1619 et le 22 Janvier 1620, 
on fit de nouveaux emprunts. La paix de Vervins avait 
mis fin k la guerre avec la France, en i5g8; mais elle 
recommenga avec les Hollandais, en 162 1. 



(i) Cest pour cet emprunt que nous avons reproduit ci-avant Tautorisa- 
tion royale, denude en 1641, pour Tachevement de divers ouvrages de 
defense entre la ville de Damme et les forteresses de la Sluse (L*£cluse), 
ensemble pour Tentretien de quelques r^duits au long de la riviere condui- 
sant de Bruges a Damme. Les commis du Moulaige au quart ier du Franc 
lev^rent de personnes difl^rentes notables, la somme de 36o,ooo florins, 
avec promesse faite au nom du Roy aux rentiers de, pour leur charity faire 
avoir a un chacun a concurrence de leurs deniers. 

Les ouvrages de Dunkerque ^taient en mauvais ^tat; le Roi d*£spagne, 
pour les r^tablir, imposa en i633, pour un certain temps, les marchandises 
entrant et sortant par ce port; 11 donna deux tiers du produit au magistrat 
de la ville, a la charge d'entretenir toutes les fortiiications et les jeters 
et de surveiller Tentretien. En 1640, on renouvela cet impot, dont le terme 
etait arrive, aux m^mes termes et conditions. 



— 447 — 

Le 3o mars 1626, les quatre villes obtinrent, pour 
Texploit de la ville de Sluse (I'^cluse) et autres places 
occup6es par Tennemy en Flandre, Tautorisation de con- 
tinuer la levee de 6 patars sur chaque sac de grains, 
mesure de Flandre, qui se moud en Flandre; c'est le 
droit de moulaige dont nous avons parle plus haut. Pour 
avoir des fonds promptement, le Roy les autorisa a 
repartir entre les villes et chatelleines de Flandre, les 
rentes a creer au denier 16, d'apr^s les lettres d'em- 
prunt, (c a Tavenant, chacune sa quote-part comme depuis 
peu la repartition a 6te faite selon la part d'un chacun 
devant lesdits grains reduits en pains et par ce est-il 
que nous par meme deliberation avis et conseil et par 
consentement mutuel ensemble de nos notables et com- 
munautes chacun dans le sien avons reconnu et recon- 
naissons au profit de (ici le nom de Temprunteur et la 
somme), etc. ». 

Le 16 aout 1644, emprunt de 5oo,ooo florins, pour 
recouvrer Gravelines assi6gee par les frangais et pour se- 
courir le Sas de Gand, attaque par les hoUandais. Cette 
meme annee, le 16 avril, nouvel emprunt, pour subvenir 
aax frais de la guerre, en outre par Tentremise de Dom 
Francisco de Mello, gouverneur des Pays-Bas, le roi 
accorda une patente de 84,000 florins de principal k son 
profit, au moyen de rentes au denier 16 hypothequ6es 
sur le tiers du produit de Toctroi et solidairement sur 
le produit du tonlieu de Dunkerque et des Espiers de 
Bruges et a la rigueur sur les aides de Flandre. 

Les quatre villes de Flandre empruntaient aussi par- 
fois pour des travaux d'utilite publique; ainsi le i3 juil- 
let i635, elles emprunt6rent 3oo,ooo florins pour le canal 
d'Ypres a Nieuport; le 10 aout 1664, 63o,ooo florins, 
avec octroi du roi, plus sans octroi, 176,321 florins, 
pour Tapprofondissement du canal de Gand a Bruges et 
de Bruges k Pesquendal, dans le but de faire fleurir le 
commerce. Le 6 juillet i665, octroi est accorde au magi- 



— 448 — 
strat d'Ypres, de lever k la charge de la province, les 
deniers necessaires pour rachcvement de I'ouvrage de la 
Sluse, nomm6 la corne du diable, et pour nettoyer la 
rivifere d'Ypres ^ Nieuport, 

C" G. DE Hauteclocque. 



ire Section t Btndes pr^litstorlqnes 

VII"- QUESTION 



EPOQUE FRANQUE A TONGRES 



f ' HuYBRiGTS expose qu'il a trouve r^cemment 
au cimeti^re Romain 'k Test de Tongics, une 
importante sepulture franque, d 4 m. de pio- 
■ fondeur, contenant des vases remarquables et 
un beau Mton de commandement, en jayet, artistement 
travaill6 (i). 




(i) Le 19 Kvrier 1898, M. C. Aldenhoven, conservateur du Mus^e Wallraf- 
Richartz, 4 Cologne, a envoys 4 M. Huybrl^s. une reproduction du b&ton 
en jayet de son mus^e. d'^gaJes longueur et ^paisseur, et d'un travail abso- 
lument analogue k celul trouv^ par ce dernier. 

Ce biton faisait partie d'une trouvaille importante, d6terr4e i 3 m. de 
profondeur, au Molktstrasje, a Cologne, composfee de vases noirs en terre, 
de vases en bronze et en verre. 

M. le Directeur de ce mua^e, par lettre du 19 f^vrier 1893, affirme que 
tous ces objets sont de I'^poque romaine. 

M. Huybrigts est d'avis que ces objets, comme ceux de la sepulture qu'il 
a trouvdelei9dftcembre 1896, iToagtes, sont de I'^poquc franque. En effet, 
dit-il, le jayet a 6t6 fort )ieu utilise a I'epoque romaine, aucune sepulture 
a Incineration ou m£me chrdtieone du Haul Empire n'en a fouroi. On a 
trouv6 parfois un petit £chantillon dans des sepultures romaines du Bas 
Empire au contralre, les sepultures franques.faciles k disllnguer des sepul- 
tures romaines, tant par le mobilier fun^raire que par la profondeur conside- 
rable de renterrement (4 m. environ), cd ont iournt plusieurs echantillons. 

3° M, Lambert, professeui emerite des mines a Tuiuversite de Louvaia, 



— 4^0 — 
Parnii les objets de la sepulture se trouve aussi une 
anse de cofFre, en bronze, admlrablement grav6e, qui a 



declare, par lettre du 12 f^viiei 1S98, que le mot jayet est d6riv6 du mot 
gagas, qui d^signait une rivi^ie de Lycie. pr^s de tatiuelle on a trouv£ 
anciennement cette substance. Rare dans I'antiquit^. on la trouve aujour- - 
dliuj en couches minces, en AUemagne, en Angleterre, ea Am^iique et 
m€me en Belgique. 

CaracUrea. Poids spScifique, 1.26, assez dur pour pouvoir htie travailli 
autour, combustible en r^pandaat quelquefois une sensation aromatique. 

Le grand m6ritc de la piice, ajoute cet Eminent professeur, est dono6 



Bcb. II J 

par le choix de cette substance, quasi indestructible, ses dimensions et sa 
belle conservation, malgi^ la frajjilit^ de cette plerre. 

3° Le nom de b4toii de commandement a iti donn^, parce que feu 
M. Ubaghs, page 11 de son Catalogue de iSas, et M. Fraipont, professeur 
k I'unlversitS de Liege, pjge 161, de son ouvrage, ks Cavernes, ont dona^ la 
m£me designation a des biltons analogues, en os. des nations primitives. 

En&n, I'orne mentation du b^ton indique ctairement qu'il est destine a 
*tre tenu en main; en effet, la moiti^ sup^rieure est plus mince que la par- 
tie inf^rieure, de plus, les huit ai^tes de la partie sup^rleuie sont barbel^es 
dans les deux sens, tandis que celles de la partie inf^ricure sont lisses, afin 
de pouvoir iae tenue als^meot. 



— 4^1 — 

appartenu A, un petit coffret qui doit avoir 6t6 plac6 d 
rintirieur du grand cercueil. 

De ce coffret on a trouv6 des debris doubles de plaques 
de bronze, mais une seule anse, qui doit avoir et6 plac6e 
au-dessus du couvercle, car malgr6 de minutieuses re- 
cherches, qui ont ete continuees pendant deux jours, on 
n'a pu trouver une seconde (i). 

A Tongres, ajoute M. Huybrigts, on trouve de nom- 
breux ornements francs du V"* si6cle. Le mus6e de Liege 
en possede beaucoup, provenant de Tongres et des envi- 
rons ; on en rencontre egalement dans les collections de 
M. Christiaens et de M. le chevalier Schaetzen, a Ton- 
gres, Huygen de Hoesselt, Fr6sart de Lifege; une magni- 
fique fibule franque, en or, d'un travail remarquable, 
appartient au tresor de Teglise N.-D. de Tongres, elle 
doit avoir servi k fixer le manteau d'un chef ou roi franc. 

Les francs, dit-il, d'au-dela du Rhin se sont install6s, 
apres Tinvasion des Chauques, qui s'est faite vers 176 



(i) Une analyse de Tanse, faite par M. de Koninck, professeur de T Uni- 
versity de Li^ge, a donn^ le rdsultat suivant : 

cuivre 70 a 75 p. % zinc 20 4 23 p. % 

6tain z a 2 p. ^/o plomb 1/2 dip. ^lo 

fer traces. 

Cette analyse prouve que Tanse est formee d*une composition de mati^res 
approximativement identiques a celles de tons les bronzes romains des 
cinq premiers siecles de notre 6re. 

MM. Laminnc et de Girardot, qui* ont fait beaucoup d*analyses de 
bronzes romains. ont trouv^ le r^sultat moyen suivant : 

cuivre 8o.56e 

zinc 1S.427 

fer 0.910 

plomb 0.075 

piste 9.027 

100. » 
On publiera bient6t tous les r^sultats de ces analyses. 
Toutes les anses modernes des XVI""*, XVII"« et XVIII™« si6cles, dit 
M. Huybrigts, sont en cuivre; le cuivre coCite beaucoup moins cher que le 
bronze et forme une mati^re tres malleable et ^lastique. 

Aux 6poques romaines et franques, le bronze seul ^tait en usage, tout en 
^tant abaolument cassant, ne resistant ni aux d^ormations ni aux chocs. 



1 



— 4^2 — 

apres J.-C, le long du Demer, du cote de Diest, c'est-a- 
dire a une epoque ou le pays n'etait plus occupe par une 
legion Romaine. 

Aux 1 11"^ et I V""" si^cles, les francs, allies des remains, 
faisaient partie des legions auxiliaires et ont ainsi appris 
Tart de la guerre, le travail des metaux et de la poterie. 

Apr^s la destruction de la Tongrie, vers 406, par les 
Vandales, les francs se sont install6s sans opposition, k 
Tongres, d, Tinterieur des fortifications, en partie d6mo- 
lies, de Diocletien. 

Cest 1^ qu'ils ont pu constituer la race M6rovingienne, 
car Clodion doit etre ne, a Tongres, vers le commence- 
ment du V"*" siecle, peu apres Tarrivde de son p6re dans 
ce pays. 

Le pere de Clodion a occup6 en meme temps le Cas- 
tellum de Diocletien, sur la colline ou se trouve actuel- 
lement Teglise N.-D. et Timportante villa romaine, aban- 
donnee, devenue au V™' siecle villa franque, dont les 
substructions se trouvent a la limite de Lowaige, Tan- 
cien Lagium. 

Cette villa a regu ainsi le nom de Koninxheim. 

Les nombreuses sepultures franques et surtout les 
trouvailles de plus de 1000 monnaies singulieres, ap- 
partenant a sa collection, trouvees, dispersees dans les 
champs et jardins vers Koninxheim, prouvent qu'incon- 
testablement les Francs ont occupe les fortifications 
d'Auguste et de Diocletien, a Tongres, apr^s Tinvasion 
des Vandales. 

Cos monnaies sont frappees par les rois francs, a Teflfi- 
gie des empereurs remains Honorius, Constantin III, 
Arcadius, Valentinien III, etc., etc., qui tous ont regne 
a Rome ou en Orieint, au V"^ siecle. 

On ne connait pas de monnaies frappees a Teffigie des 
rois francs du V'"'' siecle. 

Notons que les fortifications romaines de Tongres 
formaient a cette epoque, la defense la plus septentrio- 






— 453 — 

nale de la contree; aussi, c'est ^ Tinterieur de ces fortifi- 
cations que s'est forme, au commencement du V"'' si6cle, 
le premier noyau d'ou est sorti la nation frangaise ; et le 
premier roi franc, reconnu par I'histoire, y est n6. 

En resume, a) a Tongres, les francs se sont installes 
dans le castellum de Diocletien, dont les substructions 
des murs subsistent (i). 

Le castellum d'Auguste,dont les murs subsistent aussi, 
a remplace le camp germain des Aduatiques dans le 
pays des Eburons. 

Le camp des Aduatiques a remplace une occupation 
gauloise ou Celtique, comme le prouve le depot de baches 
en piei're et en bronze que Ton trouve dans* les decom- 
bres a 3 et 4 m.ide profondeur. 

b) Au point de vue de Thistoire des Francs, deux 6ve- 
nements sont k retenir : 

L'invasion, vers 176, de la Tongrie par les Chauques, 
qui a permis aux Francs de s'installer aux fronti^res sans 
trop de contestations de la part des romains battus. 

L'invasion des Vandales en 406, qui a livre aux Francs, 
les fortifications abandonnees d'Auguste et de Diocletien 
de Tunique ville de la Tongrie existant a cette epoque. 

F. HUYBRIGTS. 




(1) On peut utilement consulter le plan des substructions el des routes 
romaines, au vol. XVII da bulletin de la SDciete scientifique et litteraire 
du Limbourg. On peut acheter le bulletin au prix de 2 fr., a Tongres, k la 
bibliotheque de la Soci^te. 

3o 



n 



3ne Section i Arch^olofiTle 

IX°" QUESTION 
QUELQUES CONSIDfiRATIONS 

A PHOI'OS I IE 

La Polychromie des Eglises 

surtoiit ail point de vuc cstkitiqne 




Messieurs, 

., N demandant aux Comites organisateurs des 
' Congr6s de Gand et de Malines d'insciire a 
' leur programme la question : « Quelles sont 
; les regies a suivre dans la polychromie des 
figlises, surtout au point de vue esthetique », il n'entrait 
nullement dans mes intentions de rouvrir le debat sur la 
question posee jadis par M. le Chanoine Van den Gheyn, 
et expos^e par lui avec tant de clarte et de competence : 
« Comment faut-il restaurer les eglises au point de vue 
de la polychromie; faut-il, oui ou non, polychromer les 
eglises? », debat qui, entame d'abord au Congres de 
Bruges, au mois d'aout 1887, fut continue ensuite a celui 



— 456 — 

de Charleroi, Tannic suivante, et se cldtura enfin au 
Congrte d'Anvers-Middelbourg, en septembre 1889, par 
Tadoption des deux voeux suivants : 

« 1° La polychromie est rachfevement desirable des 
» 6difices; n^anmoins, la sage application de la polychro- 
» mie aux monuments anciens qui ne conservent plus de 
» traces suffisahtes d'une polychromie ant6rieure, etant 
» d'une tjrfes grande difficulte, il n'y a lieu de la decider 
» qu'avec unetr6s grande circonspection. 

» 2^ Le Congrfes 6met le voeu que le Gouvernement 
» veille non seulement k la conservation des restes des 
» peintures murales decouvertes dans les anciennes 
» 6glises, mais qu'il prenne la genereuse initiative de 
» restaurer celles qui ofFrent pour Tart un veritable 
» inter6t ». 

Cettie question, Messieurs, a donn6 lieu jadis a bien 
des controverses, a des discussions longuqs et animees. 
Ce n'est pas seulement au sein de nos soci6t6s d'archeo- 
logie qu'elle a provoque des joutes oratoires brillantes 
et m6mes passionn6es. 

D6s i863, la polychromie et la peinture murale occu- 
paient les discussions de la Chambre des representants 
pendant quatre longues seances cons6cutivcs, et don- 
n^rent lieu k plusieurs remarquables di^ours de nos 
anciens partementaires, notamment de MM, Kervyn de 
Volkaersbeke, Charles Rogier, Alphonse Van den Peere- 
boom, Barthelemy Du Mortier, Louis Hymans, de 
Montpellier, Tack, Mgr de Haerne, Janssens, De Boe 
et Jacquemyns. 

Cette m6me question a 6te plusieurs fois agit6e dans 
les reunions de la Commission royale des Monuments, 
et le plus recent d6bat sur cet objet eut lieu, si je ne me 
trompe, k Tassemblee generale des catholiques k Malines, 
au mois de septembre 1891, et qui donna lieu k un rap- 
port tr6s 6tudie et tres consciencieux de M. Jules Helbig. 
Si aujourd'hui, Messieurs, j'ai tenu k vous en reparler, 



^'^^ 






. if^Vi 






— 457 — 

c'est parce que bien des fois, depuis que nos congrfes s'en 
sont occup6s et en d6pit de Textrfime r6serve pr6ch6e par 
eux, j'ai vu des critiques, parfois am^res, surgir au sujet 
de la polychromie ou de la restauration de peintures 
murales de telle ou telle 6glise ou edifice. 

Je pourrais citer plusieurs exeraples, rappeler notam- 
ment des pol6miques vives dont la presse s'est fait 
Torgane, mais je ne veux citer aucun monument en par- 
ticulier, de peur d'eveiller de justes susceptibilites. 

Je suis d'ailleurs persuade que beaucoup d'entre vous 
se souviennent, comme moi, de bien des appreciations 
6mises par les journaux et les revues sur la question qui 
nous occupe. 

Dans le but d'6viter ces mal entendus et ces critiques, 
parfois justifiees, mais toujours regrettables, j'ai pris la 
liberte de poser au Congr6s la question de savoir s'il n'y 
a pas lieu de prescrire certaines regies plus precises k 
suivre dans Temploi de la polychromie et dans la restau- 
ration picturale des edifices. 

S'il entre dans les vues du Congres de donner a la dis- 
cussion de cet objet d'autres developpements, je n'y vois 
aucun inconvenient et je ne m'y oppose en aucune fa?on. 

Pour ma part, je me bornerai ^ resumer la question 
aussi succinctement que possible et en m'appuyant sur 
des faits bien connus et sur des principes, qui, j'esp^re, 
rencontreront les suffrages presque unanimes de Tas- 
semblee. 

Le coloris charme notre vue et Tharmonie des couleurs 
repond a un sentiment instinctif inherent a notre nature, 

Partant de ce principe, la peinture a ete, d^s la plus 
haute antiquite, consid6r6e comme un art et comme le 
complement indispensable des edifices. 

Tous les peuples ont use de la peinture arch itectu rale 
ou murale, les Egyptiens, les Assyriens, les Perses, les 
Indous, les Scandinaves, etc. lis Tappliquaient tant k Tin- 
t^rieur qu'a TeKterieur, et parfois jusqu'aux plus infimes 



— 4^S - 

batiments. Quoiqu^on ne Tait dccouvert que tardivemcnt, 
les Grecs en faisaient un large usage et levetaient meme 
d'un enduit de couleur leurs statues de marbre. Les 
Romains, malgre plus de sobriete, ont imite cct exemple. 

Les parois des catacombes etaient ornees de peintures 
polychromes et le mode de d6corer de cette fagon les 
murs des eglises et des 6difices religieux etait en hon- 
neur d6s les temps les plus recules du christianisme. 

Cette tradition a ete suivie pendant tout le moyen age, 
dans les divers pays Chretiens, en France, en Allemagne 
et meme dans le Nord de I'Europe. « En France et en 
Allemagne, on a meme retrouve des traces de peintuie 
decorative a Texterieur d'un grand nombre de monu- 
ments » (i). 

Cette tradition atteignit son apogee aux xii™* et xiii"*" 
•siecles, et dura jusqu'A la Renaissance. Pendant la se- 
conde moitie du xv™* siecle et surtout a:u commencement 
du XVI™* siecle, la peinture decorative tomba en deca- 
dence, Plusieurs precedes ont ete en faveur; je citerai 
notamment la detrempe, la fresque, la peinture a Ten- 
caustique et la peinture a Thuile. 

Pendant toute cette longue periode du moyen age, le 
grand, le principal merite de la peinture monumentale 
etait non de nuire k Tddifice, mais de le completer, « d'en 

faire ressortir Timportance et la valeur L'architecture 

et la peinture etaient unies dans une entente intime » (2), 
la seconde toujours subordonnee a la premiere. 

« La mission de la peinture », dit Reusens, « etait 
» de faire valoir les formes architectu rales, d'orner les 
» surfaces laissees a la disposition du peintre, de les 
» couvrir de peintures en quelque fafon dogmatiques, 
» legendaires ou simplement decoratives; jamais elle n'a 



(i) ReI'Sens, Elements d'archeologic chrctiemie, 2*^® Edition, tome I, p. 414. 
(2) VioLLET-LE-Duc, DtctioHuain raisonne dc V architecture fran^isc, tome VII, 
page 57. 



— 459 - 

» cherche a jouer un role independant ou preponderant, 
» en appelant sur ses creations Tinterct exclusif d'un 
» monument (i). » 

A partir de la Renaissance, la peinture s'est affranchie 
de Tarchitecture, Tunion a ete rompue et cette separation 
s'est surtoitt accentuee de nos jours. On n'a pas assez 
tenu compte des dispositions architectoniques et on en 
est arrive k decorer d'enluminures manquant de tout 
gout et de toutes regies esthetiques, des vaisseaux qui 
auraient du etre traites d'une tout autre mani^re. On 
n'a pas assez songc aux dangers r^els qu'il y a d'une part 
a decorer de peintures murales des espaces considerables 
dans des edifices dont les pierres ont acquis par le temps 
une teinte et une patine incomparables, et de Tautre a 
faire usage de decorations polychromes dont les proc6d6s 
materiels 6taient mieux mis en pratique, si pas mieux 
connus, et les traditions mieux observees par nos ancfetres 
que par nos contemporains. 

« Aujourd'hui », dit encore Reusens, « que les prin- 
» cipes de la peinture murale sont pour ainsi dire incon- 
» nus et ne regoivent plus guere d'application, il est 
» d'autant plus difficile de faire bien comprendre les 
» systemes auxquels ces principes ont donne naissance, 
» que les ceuvres de cet art sont plus rares et qu'il n'en 
» existe pour ainsi dire pas qui soient parvenues intactes 
» jusqu'a nous » (2). 

Et VioUet-le-Duc ajoute, de son c6te : « Alors qu'on 
» peignait tous les interieurs des edifices, les plus riches 
» comme les plus pauvres, on avait necessairement des 
» donnees, des regies qu'on suivait par tradition; les 
» artistes les plus ordinaires ne pouvaient ainsi s'6garer. 
» Mais aujourd'hui ces traditions sont absolun^ent per- 
» dues, chacun cherche une loi inconnue; il ne faut done 



(i) Reusens, EUmetUs d'archeohgU chfUUnne, 2^" Edition, tome I, p. 409. 
'W Idem. 



— 4^0 — 

)) pas s'etonner si la plupart des essais tentes n'ont pro- 
» duit que des r6sultats peu satisfaisants » (i). 

Comment obvier i ces craintes et a ces inconvenients? 
Peut-etre qu'4 Theure presente les dangers signales na- 
gu6re par ces deux eminents auteurs ne sont plus aussi 
reels ni aussi graves qu'auparavant, peut-etre est-on 
mieux k meme, qu'il y a quelques annees, d'aGhever les 
oeuvres architectu rales par des decorations picturales? 

Des ouvrages des plus estimes, vrais guides en Toccur- 
rence, ont et6, dans ces derniers temps, publies en Su6de 
et Norwege, en Allemagne, en France, en Angleterre et 
meme en Belgique. — Peut-etre s'est-on mieux penetre 
aussi de cette necessity que tout travail de decoration 
picturale doit faire Tobjet d'une etude approfondie et 
minutieuse, qu'il ne peut fetre con fie au premier venu, et 
aussi qu'il doit 6tre avant tout en harmonic avec le style 
et le caractere de I'edifice qu'il s'agit de polychromer? 

Et malgre cela, il y a eu et il y a encore des mecomptes 
et des disillusions; on s'est heurt6 a des ecueils qu'on 
aurait pu eviter. — Sans doute n'a-t-on pas toujours assez 
reflechi ^ tout le parti qu'on peut tirer das materiaux 
employes dans la construction des monuments et ne 
s'est-on pas demande s'il ne valait pas mieux les laisser 
apparents ou m6me leur rendre, par un heureux decre- 
pissage, leur ton et couleur propres. 

M. J. Helbig, dans son remarquable rapport, dont 
j'ai parle tout a I'heure, disait en 1891 : « Je dois deplo- 
» rer cette manie du grattage, qui prend de plus en plus 
» un ddveloppement qui me semble peu justifie. 

» II est certain que pour plusieurs monuments, comme 
» pour la metropole de St-Rombaut, k Malines, et quan- 
» tite d'autres eglises, ce n'est pas lA un procede bien 
» artistique. Je trouve meme que c'est une mani^re assez 



(1) ViOLLET-LE-Duc, DkHoftnair 6 raisoHHe dc V architecture fruHfaise, tome VII, 
page 59. 



— 4^1 — 

» barbare de traiter un monument de cette nature 

» On est tres charme aujourd'hui, de voir des murs bien 
» appareill6s, on trouve cela amusant. Mais cette pro- 
» prete ne restera pas et cet appareil n'est pas fait pour 
» rester visible ». Et M. Helbig ajoutait : u Le grattage 
n des monuments n'est nullement k conseiller, et on doit 
» eviter d'y proceder quand on n'a pas quelque chose de 
» meilleur a mettre a la place du blanchissage ». 
. Je ne sais, Messieurs, si aprfes Tessai de decrepissage 
fait tout recemment a la cathedrale de St-Rombaut, sous 
la direction immediate de M. le Chanoine van Caster, 
et dont nous avons tons pu nous rendre compte, hier, 
lors de notre visite k Teglise M6tropolitaine, je ne sais, 
dis-je, si M. le rapporteur de 1891 parlerait encore de la 
m^me fagon. En tous cas, pour ma part, je n'h6site pas 
a Tavouer, je ne saurais plus partager son exclusivisme, 
et j'estime que bien des congressistes penseront comme 
moi et diront que le decrepissage commence, loin d'etre 
blame, doit 6tre encourage. 

D'autre part, quelques-uns d'entre vous ont jug6 pro- 
bablement malheureux, comme je me suis permis de 
le faire moi-meme, Tessai de restauration ebauchee dans 
une chapelle lat^rale du pourtour du choeur, dans une 
autre eglise, que nous avons 6galement visitee hier. 
II y avait 1^, parait-il, des vestiges tres apparents et 
encore passablement bien conserves, de polychromie. 
On les a enleves pour les remplacer par une sorte de 
badigeon imitant la pierre blanche, avec des lignes de 
teinte grislitre simulant des jointures, et qui s'effacent au 
moindre frottement. 

Tout ceci, Messieurs, prouve que, malgre toutes les 
precautions prises, malgre toute la circonspection, malgre 
tous les conseils et les avis les plus sages et les plus 
eclaires, on n'a pas encore fait assez, et cela m'am^ne 
tout naturellement au cote pratique de ma proposition. 

Ainsi que je le disais dans les courtes considerations 



— 4^2 — 

que j'ai fait inserer au programme du Congres, ne pour- 
rait-on pas, tout en maintenant les voeux precedemment 
adoptes par la Federation, y ajouter certaines prescrip- 
tions generales dont il y aurait lieu de tenir comptc, 
surtout dans la restauration des monuments anciens? • 

Ou bien faut-il tout simplement se croiser les bras, 
laisser les fautes s'accumuler et garder une striate si pas 
coupable expectative? 

Dans une recente brochure (i), M. Josef Neve, chef de 
division au Ministere des Beaux-Arts, preconisait, pour 
la peinture decorative, quelques regies matcrielles dont 
voici la quintescence : Toute restauration de pcvttiirc primi- 
tive devrait d'abord etre precedie d'un levS exact ct complct des 
parties ancicmtes, et ensuite de la production d'une esquisse 
detaillee de tout le projet de restitution. 

Au point de vue esthetique, ne serait-il pas utile de 
prescrire des conseils semblables et d'emettre les conclu- 
sions suivantes que je soumets aux deliberations du 
Congres : 

1^ Dam les edifices oil une coloration fzaturelle pcut etrc 
tiree de I'cffet produit par les materiaux eux-mcmes, par les 
pierres, les marbres, les briques, etc, il est desirable qu'aucun 
autre travail de decoration pictural n'intervienne (2). 

2^ Tout travail de peinture ou de dicoration polychrome doit 
etre en harmojiie parfaite avec I'ceuvre archil ectur ale, tant an 
poifit de vue du systeme de coloration que du style du monument. 

Zech-Du Biez. 




(i) J. Neve, Quelques remarques a proj^os de la restauration des monuments d'art 
ancien, pp. iSetiQ. 

(2) Deja en Belgique, on pent citer plusietirs ^glises qui sont dans ce cas : 
Sainte Waudru, a Mons ; Salnte Gudule, a BiTixelles ; Saint Gommaire, a 
Liene, etc. 



DE L'ETUDE 

Tissus orn6s dans les Tableaux 

DES ANCIENS PEINTRES FLAMANDS 



Messieurs, 

J. HAQUE fois que dans un Musee ou une collcc- 
) tion particuliere nous rencontrons une ceuvre 
S d'un de vos vieux peintres de I'Ecole flamande, 
r nous sonimes portes a lui attribuer ie nom 
de vos maitres les plus connus, Memelirg, Van Eyck, 

Van de Weyden 

Ces tableaux ne sent pas signes et c'est aux critiques 
d'art qu'il appartient de leconnaitre a !a composition, au 
dessin, a la couleur, Tattribution qu'il semble juste de 
leur donrter; mais ces attributions sont condamn6es i. 
rester presque toujours douteuses, a moins que quelque 
document ancien, commande ou marche, ne vienne cor- 
roborer I'opinion de I'liistonen, 

Ne serait-il pas possible de cheicber un moyen pra- 



— 464 — 

tique, soit de reconnaitre Toeuvre d'un maitre, soit tout 
au moins de preciser les panneaux sortis d'un m6me 
atelier ? 

J'ai pense qu'on pourrait tenter ces identifications en 
etudiant dans les oeuvres des maitres flamands certains 
details et notamment les etoffes dont sont revfetus les 
person nages de ces compositions. 

Ces etoffes sont le plus souvent couvertes de dessins, 
de fleurons, qui n'ont pas ete inventus par les peintres, 
mais copies par eux sur des modules qui se trouvaient 
sous leurs yeux. 

C'est ainsi notamment que dans les trois grands 
panneaux attribues i Memeling, entres recemment aa 
musee d'Anvers, on reconnait a cote d'etoffes brochees, 
d'origine italienne, des bandes qui offrent absolument les 
caracteres des tissus orientaux, avec leurs decorations en 
losanges, leurs grecques et leurs croix gammees. 

Je proposerais done : 

1° De r6unir en quelques planches les motifs des 
etoffes qui se trouvent sur des tableaux dont Tattribution 
est certaine ; 

2° de reproduire de m6me les motifs qui figurent sur 
des oeuvres de maitres inconnus, et qui, lorsqu'ils se 
trouvraient r6petes sur plusieurs tableaux, permettraient 
tout au moins de fournir un element de critique, en 
groupant les compositions sorties d'une meme atelier, et 
de les attribuer par suite a un auteur ou tout au moins a 
ses eleves. 

Je ne crois pas que jusqu'a present on ait execute un 
semblable travail, ou, du moins, si quelqu'un en a eu la 
pensee, je n'en ai vu nulle part la realisation. 

Cette suite de croquis, independamment de Tinteret 
qu'elle presenterait pour le but que j'indique, fournirait 
aussi aux fabricants d'etoffes et aux brodeurs, de precieux 
guides pour la composition de leurs dessins et prendrait 
utilement place k cote de la publication de Dupont- 



— 465 — 
Auberville, sur tes tissus et du bel ouvrage sur la broderie 
de Louis de Farcy. 

Telle est !'id6e que je soumets au Congres, laissant 4 
des maitres, comme notre confrere, M. Henry Hymans, 
le soin d'en apprdcier I'opportunitd et de chercher les 
moyens d'en poursuivre la realisation. 



Comte DE Marsy, 

Direcleur de la Soci/'li Fraiifahe iTA rckiahgU. 



Compiegne, 3 aout 1897. 



n 



.1 



sax Section t Arcta^olOKl* 

XII- QUESTION 



RECHERCHES & fiTUDE 

^uelques peinturee t»c 'Roger Dan &er TRae^bcn 

EN FRANCE 

par M. Emile Deligni^re 

Avocit, PitsIdcDI de U Sociiti d'EmuUtioa d'AbbcTille 



(OGER Van der Weyden, qui fut 6l6ve de Jean 

^ Van Eyck,a laiss6 un certain nombre d'osuvres 

< qu'on retrouve notamment 1 Anvers. k Bru- 

i xelles, 4 Berlin, ^ Madrid. Cellesqui existent 

en France, sont le Christ au tombeau, au musee du Louvre, 

le Jugement dernier, a I'hopital de Beaune, et la Passion, i 

I'eglise d'Ambierle, en Roannais; ce dernier a ete I'objet 

d'une etude tr^s approfondie de M. Jeannez, dans la 

Gazette d'archiologie; ces peintures sont consider6es gen6- 

ralement comme bien authentiques. 



-466 — 

II existe a Abbeville, une suite de panneaux fort 
remarquables, dont trois surtout paraissent, par leur 
origine, par leur histoire, et enfin par certains caractferes 
particuliers, pouvoir etre attribues d'une maniere presque 
certaine, ^ Roger Van der Weyden. 

Ces panneaux, qui sont les restes d'un grand retable 
polyptique, sont, a n'en pas douter, des peintures origi- 
nales, toutes en bon etat de conservation (H. i m. 60, L, 
0,490"™). lis proviennent d'une ancienne abbaye de 
Chartreux qui existait, tres florissante, sous le vocable de 
S. Honore, ev6que d'Amiens, au VP si^cle, dans un des 
faubourgs d'Abbeville, celui de Thuison. lis etaient 
places sur le grand autel de la chapelle ou ils sont 
figures, d'une maniere naive, mais qui ne laisse subsister 
aucun doute, dans un manuscrit dont une copie exacte 
est conservee i la Biblioth^que d'Abbeville. 

D'apr^s une note du Kalendarium, manuscrit conserve 
^ la grande Chartreuse, note relevee par M. Tabbe Le- 
febvre, dans son Histoire de la Chartreuse de Thuison, ces 
peintures avaient ete donnees de 1437 k 1440, a la Char- 
treuse, sous le priorat de Dom Firmin le Ver, par Phi- 
lippe-le-Bon, due de Bourgogne, dont Roger Van der 
Weyden fut, apr6s Jean Van Eyck, Tami et le confident. 
Ils avaient et6 places sur le grand autel. 

Trois de ces panneaux, tout particuli6rement la Cene, 
I' Ascension et la Pentecote, presentent tous les caract^res 
distinctifs que Ton remarque dans les peintures de Van 
der Weyden : le groupement habile et tr6s etudie des 
personnages, la longueur des v^tements, les details 
d'architecture, le peu de souci de la beaute dans les 
figures des apotres, dont les traits sont bien accentues, 
energiques et presque rudes, Tabsence d'anatomie dans 
les uns, les doigts des mains surtout trop longs ; d'autre 
part, on admire les types du Christ, de la Vierge et de 
S. Jean, qu'on retrouve les memes dans d'autres peintures 
du meme maitre; Tintensite de vie qui se degage des 



— 469 — 

ycnx do la plipj: 1 dcs personnages et (jue Von vcm:u'(\i\e 
noiamment, d'une maniere frappante, dans Ics sept sacre- 
ments du musee d*Anvers, Texquise delicatesse et le fini 
avec lesquels sont traites certains details, tels que les 
fleurettes qui emaillent le sol au premier plan dans 
r Ascension, la perspective et le charme du paysage qui se 
deroule au loin dans le panneau, avec la reproduction a 
vol d'oiseau d'une ville flamande du moyen ^ge, Techap- 
pee sur un carrefour dans la Cene, etc. 

Quatre de ces peintures, qui etaient appliqu6es sur 
Texterieur des volets, paraissent 6tre, d'apres Tarchitec- 
ture et les differences dans Texecution, d'une epoque 
post6rieure ; ils representent les figures en pied, dans des 
niches surmontees de dais, de la Ste Vierge, de S. Htigues, 
^v^que de Lincoln, dont la Chartreuse possedait les 
reliques, de S. Jean I'evangeliste et de S. Honord. EUes 
sont non moins remarquables; mais on ne saurait, eii 
egard aux differences, les attribuer a Tauteur des pein- 
tures de la parol interieure des volets, et, a defaut d'ele- 
ments de comparaison bien etablis, on ne peut que les 
supposer peints par des eleves ou par des successeurs 
de Van der Weyden. 

Dans tous les cas, ces peintures etaient peu connues, 
et il y avait quelqu'interet a appeler Tattention sur ces 
nouveaux specimens en France du grand art flamand au 
moyen age. 




5t 



QUELQUES SILEX TAILLES 

recueillis le long du tilloral beige 
PAR LE D-^ D. RAEYMAEKERS 



I t]A en 1875, M. le Professeur Crocq avait eu 
I'occasion de trouver sur la plage, k mai-6e 
basse, entre Ostende et Mariakerke et pr6s du 
fort Wellington, un couteau en silex mesu- 
rant 7,5 cent, de longueur, 3.5 cent, de largeur et 
environ o.5 mill, d'epaisseur (i). 

Par sa lettre du 22 avril i8gi , outre les renseigncments 
qui precedent, notre confrere decrit le silex en question 
de la fafon suivante : u. II constitue une plaque dent 
» Tune des faces est plane, leg^rement concave, tandis 
» que I'autre est divisee en trois fa^ettes par des bords 



(i) Congres d'Arrhiologit tt d'Hisloin, Session d'Aiivers, iSgs, p. 264. BiilUliu 
di la s/itielc d'Anthrol'oh.^if, s»;ance du 18 ilt^rpmbre 1S93, p. 244, lomc XII, 
1893- 189^. 



— 472 — 
» qui se rencontrent au formant des angles tres obtus. 11 
» ofFre une couleur blanchatre 16gferement noir^tre vers la 
» base et le bord gauche. II presente d'une fafon incon- 
» testable le caract^re de la taille intentionnelle «. 

II y a une quinzaine d'annees, un parent de M. Gerard 
Vincent, Conservateur au Musce d'Histoire Naturelle 



de Bruxelles, fit la d^couverte sur la plage devant 
Ostende, d'une hache taillee en silex et de petite taille. 
Nous ignorons la destinee de cette piece et les renseigne- 
ments complementaires nous manquent. 

Au mois d'octobre 1884, un de nos confreres, M. Jules 
Theunis, medecin a Hasselt, nous remit un beau couteau 



-473 - 
en silex, qu'il avait recueilli au mois d'aoiit de la m^me 
annee, sur la greve i. Ostende, a mar6e basse, i environ 
loo m. du fort Wellington. Cette pifece en silex noir, 
translucide quand on la place devant le jour, parait se 
rapprocher de ceuxde I'assise de Spiennes. EUe pr^sente 
les dimensions suivantes : longueur, 5 cent.; largeur 21 
millim.; 6paisseur 2^3 milUmfetres environ. Elle montre 
deux faces, dont I'une est plane et I'autre pr6sente les .3 
fa^ettes d'eclatement. Les bords lat6raux sent orn6s 
d'une serie de petits fecials alignes, denotant un travail 
intentionnel indfeniable. 

Ci (a c6t6) deux photographies de ce couteau, executfees 
au double de la grandeur naturelle. 

En 1887, M. I'avocat Cumont, charg6 de faire le 
compte-rendu analytique* pour les sciences anthropolo- 
giques au Congr6s d'Archiologie et d'Histoire de Bruges, 
fit part, dans le bulletin de la Socifete d'anthropologie de 
Bruxelles de la meme annee (i), de la trouvaille, sur la 
plage de Middelkerke, d'une belle pointe 
de fl^che A p6doncules latferaux. Celle-ci 
fut trouvee par la petite fille de sa soeur, 
M"" de Dorlodot. Grice 4 I'obligeance 
bien connue de notre collogue, nous pou- 
vons en donner un bon dessin, fait A. la 
plume, et representant I'objet en grandeur 1 
naturelle. Les bords montrent une quantite de fins feclats, 
et la matifere premiere est en silex blond translucide. 

Le 26 novembre 1894, M. E. Van Overloop, rappelant 
les decouvertes antferieures faites par MM. Crocq et 



(i) BuUitiH de la SocUti d' AnIhropohpU di Bruxelles, tome VI. 1887-1S8S, 
p. i53. — R ipport par M, Cumoat, sur le Congr^s d'Arch^ologic el d'His- 
toire, session de Bruges, du 21 au 2S aoiit 1887. — ^T 'moires dit Cottffris d'Ar- 
ekeolcMte et d'Histoire, session d'AHVCrs, 1S9:. p. 264. — Communication de 
M. E. Van Ovkbloop, projet de carte prehiilprique de la Belgiqiie, du BuUetin it 
It sociiti d'Archiologit dt Bruxelles, t. Xll, 1893-94, p. 344. 



— 474 — 

Cumont, signale sur la plage de Middelkcrkc, la presence 
de silex tallies (i). 

Recemment, M. E. Delheid nous annon^ait qu'il avait 
trouve sur la greve, 4 Middelkerke, un petit couteau en 
silex noir, Cette pi6ce fut rencontree a 60 m. des dunes 
et en face de I'Institut Roger de Grimberghe. Un hume- 
rus humain, des ossements de mammiferes et d'oiseaux, 
q^ue Tauteur consid^re comme provenant egalement de la 
tourbe, se trouvaient k Tentour de cet instrument (2). 

En 1896 encore, M. le baron Ch. Gill^s de Pelichy 
mentionne la rencontre d'une belle lame de silex sur la 
plage d'Ostende, a Mariakerke (3). 

Telles sont les d6couvertes de silex qui se sont faites 
jusqu'^ present le long du littoral beige et qui, ^ Texcep- 
tion d'une seule, ont toutes ete relatees dans les bulletins 
des Societes scientifiques. EUes sont done au nombre 
de 7 et ont toutes ete faites entre Ostende et Middel- 
kerke. II y a lieu egalement de remarquer la petitesse 
relative de tous les instruments connus; ce qui tendrait 
a les rapprocher de ceux qu'on trouve dans les Flandres 
et dans le Pays de Waes, en particulier k la surface ou 
a peu de profondeur dans le sol. L'abondance relative 
des couteaux, par rapport aux autres instruments. Mid- 
delkerke et le nord du fort Wellington semblent etre 
deux stations priviligiees. Jusqu'cl. present, on n'a pas 
encore trouve a la surface du littoral, des haches polies 
ou autres pieces de la periode neolithique. Toutefois, 
par extension et en se rappelant les decouvertes qui ont 
ete faites en France et en HoUande, a la surface de la 
plage battue par la mer du Nord et la Manche, et parti- 



(i) Gcofiraphie prchisiorique de la basse Beki^tie, par E. Van Over loop. Du 
Bulleiin de la societe d'Anthropologie de Bruxclles, t. XIII, 1894-95, pp, 379-380. 

(2) Proces- verbal du 12 septembre 1896, Societe royaU tnalacologujue de 
Bel/;ifjue, p. lxvii. 

(3) Cofigrds d'Archeologie et d'Histoin, section de Gand, i8g6, p. 3o. 



-475- 
cuH^rement dans les tourbifires, on peut croire a 
tence de I'homme n^olithique en Belgique, le Ic 
notre Zone maritime. Tous les auteurs qui ont s 
la presence de silex 6clat6s le long de la cote 
s'accordent i admettre le puissant d6p6t tourbeu 
terrain comme etant le gisement de ces objets. 
d'eux n'a eu I'occasion heureuse de les trouver in 51 

En 1888, A Ostende, hors de la porte de Bru{ 
prSs du bois de Boulogne, nous avons pu pren 
coupe suivante, dans les travaux n^cessitfis pour 1 
struction des murs d'une 6cluse. Pr6s de la po 
recluse et 4 la cote 7.75 environ au-dessus du niv< 
la mer, nous avons note : 

a) terre v6g6tale, sable brun&tre, un peu tasse. 
0.25 cent. 6pa 

1° Sable gris-blancha,tre, grossier, quartzeux, ave 
cailloux 6pars; morceaux de tourbe durcie avec tra 
pholades, fragments de briques et de bois flottd, 

Mollusques observes : 

Buccinum undatum L. rare, 

Cardium edule L. cc. 

Mytilus edulis L. cc. 

Donax vittatus. Da Costa, a. rare. 

La masse est travers^e en tous sens par des jon 
n'ont laiss6 que leur enveloppe ext^rieure. 

Epaisseur, i.^i 

2** Argile grise-bleuatre, fetide, plastique, sat 
montrant des traces de joncs qui ont cru pend 
sedimentation de la roche. Argile d'Ostende o 
poldres. 

Mollusques observes : 

Bythinia ulvoe Pennant. o 

Littorina littorea, L. a. 



1 



N 



— 476 — 

Cardium edule L. var. rusticum. cc. — bivalves. 
Tellina baltica L. c. 

Scrobicularia piperita. Gmelin. cc. 

Mytilus edulis L. rare. 

Mya arenaria L. a. c. 

Nous y avons recueilli egalement une monnaie en 
cuivre, de Philippe IV, frappee a Anvers. 

La partie superieure de Targile est assez ravince par 
le sable sus-jacent. Epaisseur = 0.70 cent. 

3° Sable gris blanchatrc, assez doux, avec noyaux de 
sable colore en vert clair, humide. devenant graveleux 
vers le bas. — Par ci par la, on rencontre quelques rares 
cailloux en silex, patin6s, entiers ou fragmentes. 

' Coquilles : 

Cardium edule L, valves isolees, assez abondant. 
Cardita planicosta Lmk du paniselien de Thorizon 
d'Aeltre, i valve. 

A une profondeur de 3. 80 cent, sous la surface du sol, 
par consequent a la cote -f- 3.95, nous avons recueilli 
egalement un femur humain droit, dont la ligne ^ipre 
est fortement usee. Les trochanters et la tete fcmorale 
ont disparu ainsi que les condyles avec la poulie condy- 
lienne. La minceur du tissu osscux compacte ef le 
developpement exuberant du tissu medullaire font ad- 
mettre, avec d'autres caracteres anatomiques, qu'il s'agit 
d'un OS long ayant appartenu a une fern me de petite 
taille, delicate, S.gee de plus de 5o ans. Epaisseur du 
sable, 2.85 cent. 

40 Tourbe compacte, noire, montrant un melange de 
plantes terrestres et d*eau-douce. En cassant parfois des 
blocs desseches de cette roche, on y observe des debris 
de feuilles et des fragments de fruits de noisetier. Epars, 
gisent des troncs et des souches appartenant au chene^ au 



~ 477 — 
bouleau, au noisetier et au merisier. La masse envclop- 
pante est formee par la destruction des Hypnum, aujour- 
d'hui meconnaissables. 

A une piofondeur de 6.i5 
cent, par rapport k la surface 
du sol, soil a la cote -[- i-Go, 
nous avons retire de la couche 
tourbeuse, le petit grattoir dont 
, Ic croquis figure ci-contre. 

II mesure outre 38 et Sg mill, 
de largeur et 55 mill, environ 
de longueur sur i5 mill, environ 
d'6paisseur. Sa surface est grise 
brunitre et son lieu d'origine 
doit ^tre la craie de Spiennes, 

Nous avons entrevu la tourbe 
sur unc epaisseur de 2.3o cent, et toute la coupe avait 
une profondeur de 7 m. 5o cent, environ. 

Cette decouverte est interessante, car elle fixe d'une 
fa^on "definitive la position des silex tailles et expliquc 
Icur presence a la surface du littoral de notre pays. 

Note ajoiUec pendant l' impression , ■ — Dans la seance de 
decembie 1896, de la societe d'AnthropnIogie de Bru- 
xelles, M. Marcel De Puydt a donne lecture d'unc note 
relative i la decouverte d'un nucleus a Middelkerke. 
Dans la seance du 25 octobre 1897, de la meme associa- 
tion, M. Cels a donne une communication sur la decou- 
verte de silex tailles sur la plage de Knocke. Les volumes 
de 1896 et de 1897 de cette Societe n'ayant pas encore 
paru, nous ignorons encore t'importance de ces trou- 
vailles. 

Tirlemont, le 4 aout 1897. 



ire Section t Etudes Pr£- et Protohlstoiiques 



ioRSQiE sur la rive droite de la Lesse, on suit 
la vallee au nord de Belvaux, on arrive a un 
immense mamelon calcaire, bois6 d'^n cote 
% et rocheux de I'autre, qui surplombe la riviere 
d'une hauteur de 80 metres environ. Sous les aiguilles 
du rocher, au nord, existe une grotte de peu de profon- 
deur, dans un coin de laquelle s'ouvrent des crevasses 
donnant, assure-t-on, acc^s a un souterrain qui s'allonge 
au loin dans la montagne. On nomme ce mamelon le 
chession de Han-sur- Lesse, et plus rarement le plateau 
du Rond-bois. Chession, c'est un synonyme de chatelet 
(castdlum), et cela evoque I'idee d'un lieu qui fut occupy 
par des hommes armes. A une altitude de ig8 metres on 
voit, au pied du versant septentrional de la colline, des- 
cendre I'eau du ruisseau de Faule, venant de la commune 
de Wavreille ; son versant meridional penche sur le vallon 
de Heroigne. La colline n'est aisement abordable que 
A I'Est. Sa longueur est de 255 metres, sa largeur de 84. 
La sapinidre qui la touche au nord, partage sa denomi- 
nation, et Ton appelle Nive-Escoisse le bois la Hmitant 
du mSme cote. 

Le plateau, d'une aridite extreme, a peine couvert 



— 4^0 — 

d'une mince couche de terre vegfetale, est parsem6 de 
roches et de rocailles qui y affluent, surtout au Sud. Qk 
et 1^ de sombres genevriers en rendent Taspect d'autant 
plus lugubre que l*on ne tarde pas k s'aperfevoir que Ton 
se trouve stir Templacement d'une necropole dont Ten- 
semble des monuments, que le travail du cultivateur n'a 
point encore aneantis, frappe Tesprit par sa singularite. 

Des Tentree, a TEst, on remarque un arrangement 
symetrique de centaines de marchets alignes a perte de 
vue, sur quatre lignes paralleles. Charges d'aubepines et 
de prunelliers, ces marchets ont une certaine variete de 
formes et se distinguent particulierement par des con- 
tours de pierres fichees dans le sol d'une mani^re regu- 
liere, et par le monolithe qui les surmonte le plus sou- 
vent. L'une de ces tombelles a sept metres de diametre ; 
une autre, plus grande, affaissee au centre, a un dia- 
metre de vingt metres, et une hauteur de 2 m. 5o. Dans 
la deuxi6me rangee, vers le Nord, un marchet concen- 
trique a, jusqu'a la circonference int^rieure, 4 m. de 
diametre sur o m. 5o de hauteur, un pourtour large de 
3 m. 5o, puis une couronne de 2 m. de largeur et de 
o m. 3o d'elevation. Toutes les pierres exterieures de la 
couronne sont enfonc6es dans le sol. Des sepultures 
isol6es, en evidence, se produisent parfois entre les 
alignements. Nous avons constate cette particu]arite en 
plusieurs endroits. Serait-ce des tombes de chefs? On 
pent repondre affirmativement. 

Deux marchets sont dessines en amande. 

La plupart d'entre eux, revetus d'humus, paraissent 
tr^s anciens. Sur certaines lignes, ils sont presque con- 
tigus, ailleurs plus espaces. Generalement ils sont circu- 
laires. L'un, en ovale, par exception, a 5 metres de lon- 
gueur sur un m6tre de largeur. L'autre, d'apparatcelui-la, 
se dresse au point central de la premiere section du pla- 
teau : il forme un cone tronque, d'un diametre de 12 m., 
d'une hauteur de i m. 5o. Au nord de cette plaine, et au 



— 481 — 

m6me niveau, un bois de sapins renferme des marchets 
plus clairsemes, mais de dimensions considerables. On 
en trouve aussi en alignement. Bon noriibre sont surmon- 
tes de monolithes. L'une des tombes a i m. de hauteur, 
une autre i m. 5o. Vers le milieu de la sapiniere, un 
marchet ovo'i'de, haut de i m. 5o et entoure d'un cercle 
de pierres, mesure dans son ensemble 20 metres de lon- 
gueur sur 12 metres de largeur. 

A 125 metres en avant de Tentree du plateau, un 
retranchement de pierres et de terre non-cimente, d*une 
largeur moyenne de huit metres, barre du nord au sud 
le passage jusqu'aux parties declives. II est distant de 
5o metres d'un second retranchement, qui ne se prolonge 
pas sur toute la largeur de la plaine et qu'un tertre avec 
st^le et pierres d'orientation en evidence termine a Tex- 
tremite septentrionale. Dans les interstices des pierres 
du premier retranchement, qui est le principal, pierres 
la plupart couvertes de mousses et de lichens seculaires, 
naissent quelques coudriers rabougris, et des plantes 
telles que Teuphorbe et le dompte-venin, a la fleur d'un 
blanc jauncltre. A deux pas de let, le versant au sud-est 
s'embellit par la candide blancheur d'une multitude de 
phalangies a fleurs de lys. 

Entre les deux retranchements, le plateau se resserre; 
Tenceinte devient plus petite, mais deux allees de mar- 
chets s'y continuent parall^les jusqu'i leur rencontre avec 
une ligne de sepultures, qui coupe le terrain du Sud au 
Nord. Au-del^ de cette ligne, trois marchets se placent 
en triangle, a distance egale. 

Puis, le second retranchement depasse, Talignement 
des marchets se produit a nouveau. Un ensemble rec- 
tangulaire de tombes, ensemble de 20 metres de lon- 
gueur sur 10 metres de largeur, se presente ensuite, et 
au Sud-Ouest de ce groupe, se trouvent encore des 
sepultures, tandis que vers le Nord un autre alignement 
aboutit a un tertre assez grand. 






— 4«2 — 

Presque a rextremit6 du plateau, unc varictc dc tom- 
belles est di^tribuee sans ordre sur le tcrrnin. 

Nous considcrons le chcssion de Han-sur-Lcsse commc 
une vaste necropole, dans laquelle les tertres en relief 
designent les sepultures des chefs. L'ethnologie com- 
paree nous apprend qu'en Tunisie, les anciens Berberes 
avaient adopte exceptionnellement des sepultures entou- 
rees d'un cercle de pierres. Ce mode n'etait employe que 
lorsqu'il s'agissait d*un personnage important que ses 
hauts faits, ses vertus avaient illustre. Le but que ce 
peuple voulait atteindre par la 6tait de marquer le res- 
pect professe eilvers le ddfunt, de consacrer en quelque 
sorte Templacement qu'il occupait. Nos barbares auront 
voulu aussi honorer la memoire des leurs. Ces centaines 
de marchets disposes en allees appartiennent evidem- 
ment a la meme population, aux m^mes usages, mais 
sont certainement Toeuvre de plusieurs generations. 

Les retranchements nous paraissent n'avoir constitue 
dans le principe que de simples separations pour les 
membres des tribus. Plus tard, elles ont pu revetir en 
meme temps un caractere guerrier; le chession a pu etre 
occupe par un peuple conquerant qui s'y defendait au 
milieu de ses tombes. 

La necropole de Han-sur-Lesse offre un ensemble 
d'une disposition symbolique evidente, Elle contient les 
premiers lineaments d'un systeme de monuments tumu- 
laires que nous voyons plus tard atteindre son apog6e a 
Carnac. Une influence 6trangere a dii modifier ici le 
mode primitif d*inhumation. 

Le petit marchet antique fait place a une tombelle 
plus considerable; des tertres avec pierre centrale et 
pierres apparentes, indiquant les points cardinaux, des 
cercles concentriques, des cromlechs circulaires ou rec- 
tangulaires, tout un art emanant du genie gothique se 
fait jour et revele incontestablement les rites d'une reli- 
gion etablie. 



— 4^3 — 

Quelle 6tait cette religion (jui d'autre part substituait 
a rinhumation Tusage de Tincin^ration des corps hu- 
mains? 

La religion qui op^re ces transformations, c'est la 
religion scandinave. Son astrol^trie pr6sentait Odin, le 
dieu supreme, sous la forme du soleil; Freya, sa fille, 
avec laquelle il s'etait uni, sous la forme de la lune. Des 
trente-six nains enfantes par les dieux et les geantes, 
quatre symbolisaient les points cardinaux du del; d'au- 
tres rappelaient la fusion des metaux. Dans son essence, 
cette religion excitait 4 Tamour de la gloire et des com- 
bats, exaltait le courage guerrier, poussait au mepris de 
la mort. Odin, le soldat vainqueur divinis6, etait depeint 
comme relevant les vaillants tombes sur les champs de 
bataille, pour en composer un long cortege, avec lequel 
il parcourait les airs. II ordonnait de bruler les corps et 
de dresser des monuments, sous forme de grandes col- 
lines, a ceux qui avaient illustre leur vie par quelque 
haut fait. Les grands marchets erig6s en Thonneur des 
guerriers defunts, les alignements des tombeaux, le mo- 
nolithe central de la sepulture dedie a Odin, personni- 
fiant, sous le nom d'Irminsul la lumi6re du jour, les 
quatre pierres en saillie, destinees a Torientation et A 
rendre un culte aux nains qui personnifiaient les points 
cardinaux, tout ce symbolisme n*est-il pas compl^tement 
appliqu6 dans la necropole de Han-sur-Lesse? 

Ce sont les Beiges, les Fir-Bolgs, qui import^rent ces 
croyances dans nos Ardennes, sept si6cles avant notre 
ere. lis firent passer nos tribus aborigines d'un 6tat 
d'abrutissement et de degradation a une demi-civilisa- 
tion ; elles franchirent de la sauvagerie i la barbarie le 
premier echelon du progres social. Armes du bronze et 
du fer, les conqu6rants introduisirent dans nos contrees 
leurs dieux, leurs rites funeraires, et notamment le mode 
de rincineration des morts. 

Deux sidcles plus tard, les Fir-Bolgs effectuerent une 



•'41 



-4^4 - 
migration en Angleterre. Ce fut Ic scui pcuplc du conti- 
nent qui s'y rendit i cette epoque eloignce, puis il passa 
en Irlande. N'est-il pas interessant dc constater que cette 
race, issue de la grande famille gothiquc, y introduisit 
toutes les varietes de I'art funeraire megalithique, notam- 
ment les cercles concentriques, en meme temps que le 
mode de I'incineration? Les fouilles pratiquces dans 
presque tous les monuments funebres de I'lrlande four- 
nissent, quant k ce dernier point, la preuve de notre 
assertion, soit par des ossements humains a demi-con- 
sum6s, soit par des urnes renfermant des cendres. 
L'amenagement de leurs necropoles constitue I'un des 
caracteres essentiels des Fir-Bolgs. A cet egard, les 
soixante-dix monuments de Carrowmore, situes ^ moins 
de cinq kilometres de la villa de Sligo, offrent, sur un 
plateau 6Ieve, d'oii Ton aper^oit un paysage plein 
d'attraits, un groupe de sepultures dont I'importance 
n'est surpassee que par les avenues grandioses de Carnac. 
Mais personne n'ignore que la realisation des alignements 
si imposants et si pittoresques de ce lieu celfebre du Mor- 
bihan a cte de beaucoup facilitee par I'abondance enorme 
de granits qui, emergeant le plus souvent du sol, ont 6t6 
laiss^s ou la nature les avait jetes, 

Adrif.n Hock. 



— 486 — 

I. — IRclcvt ^es formes anclennes 

1. Le travail preliminaire consiste a recueillir les 
diverses graphics des noms, c'est-a-dire les differentes 
formes sous lesquelles ils figurent dans les textes anciens, 

Les sources a utiliser pour ce travail, sont : 

a) Les diplomes et les chartes ; 

b) Les comptes, les pouilles et les livres censaux. 
Parmi ces derniers il y a lieu dc signaler specialement 
le registre de Freckenhorst, ecrit en langue vulgaire de 
la Westphalie, au xr"" siecle (i). Ce document est des 
plus precieux, parce que les noms de lieux y apparaissent 
dans un etat qui permet de reconnaitre encore la nature 
de leurs elements constitutifs, et que ces elements se 
retrouvent dans d'autres contrees, sous des formes deri- 
vees, dans beaucoup de noms tudesques. Un autre registre, 
celui de Tabbaye de VVerden (2), ecrit au ix™^ siecle, est 
interessant au meme titre, car, bien qu'il soit redige en 
latin, les noms de lieux n'y sont pas latinises; 

c) Les annales et les chroniques; 

d) Les chansons de geste ; 

e) Les monnaies et les sceaux. 

■m 

2. La forme ancienne et la forme actuelle, ou la forme 
romane et la forme germanique d*un meme nom peuvent 
differer Tune de Tautre, au point qu'a premiere vue il 
semble n'exister aucun rapport entre elles. Qui se dou- 
terait, par exemple, que Angclgiagas, Wamblinis, Halitt 
et Hasnoth sont des formes correspondant aux noms 

actuels de Jose, Wemmel, Hasselt et Assent? (3). 



(i) Publi6 d&ns Heyne, Kleiucre altniederdeuische DenkmdUr, pp. 67 85. 

(2) Public dans Lacomblet, Archiv fur die Geschickte der Niedcrrheims, II, 
pp. 217-249, et III, pp. i8o-i85. 

(3) Nous reproduisons en caracteres gras les formes actueUes des noms, 
et en italiques, leurs formes anciennes, fournies par des documents; celles 
en italiques. pr6cedees d*un ast^risque, sont hypoth^tiques. 



~ 47 - 

II est dangereu-x, d*autre part, de se baser uniquement 
sur la ressemblance plus ou moins grande de certaines 
graphies anciennes avee des noms modernes, pour en 
conclure a leur identite. 

En notant les vieilles formes, il ne faut done pas se 
hater trop de les considerer comme des noms tombes en 
desuetude. II faut, d'autre part, s'assurer s'il y a des 
raisons suffisantes pour les identifier avec tel ou tel 
nom actuellement en usage. 

Un travail d'identification de ce genre a ete fait pour 
une partie de la Belgique, par Grandgagnage (i). Ce 
travail contient, a certains egards, d'excellentes indica- 
tions. II serait desirable qu'on le completat, ou, mieux 
encore, qu*on le reprit par provinces, en dressant pour 
les diverses localites de chacune d'elles la liste des formes 
anciennes de leurs noms. 

3. Les formes recueillies doivent etre accompagnees 
de rindication de la date ou de Tepoque a laquelle a ete 
fait le manuscrit ou elles figurent. Cette indication doit 
servir a taire le classement chronologique des formes, et a 
etablir Tordre dans lequel elles derivent Tune de Tautre. 

4. En citant les diverses graphies d'un nom, il con- 
vient d'indiquer si elles ont ete relevees dans un texte 
original ou dans une copie. 

Les copistes n'ont pas toujours respecte la physiono- 
mie des noms. Quand ils savaient a quels endroits ils se 
rapportaient, ils en ont sou vent rajeuni la forme; parfois 
aussi il leur est arrive de les transcrire fautivement. 

Les copies n'offrent par consequent, ni au point de vue 
de Tanciennete des formes, ni au point de vue de leur 



(i) Mimoire sur Us anciens noms de lieux dans la Belgujiu orientaU, dans le t. 
XXVI des Memoir es couronnes, etc, puhlies par V Academie Roy ale de Belqiqne, 
lxi-4«, et Vocabulaire des anciens noms de lieux de la Belgique orientale, Liege, 
1859. 



— 488 — 

exactitude, les m^mes garanties que les documents ori- 
ginaux. 

5. II y a lieu egalement de tenir compte de Tendroit 
d'ou les ecrits sont originaires. 

Un acte 6manant de la chancellerie lomaine, par 
exemple, ne merite pas, au point de vue de la fidelity de 
Torthographe des noms de lieux des contrees tudesques, 
une aussi grande confianqe qu'un document 6crit dans 
ces contrees mfimes. 

6. II faut enfin indiquer la langue dans laquelle sont 
congus les textes d'oii Ton a tire les graphies. 

Cette langue est generalement celle k laquelle les gra- 
phies appartiennent, lorsque les textes sont en langue 
vulgaire. . 

Dans les textes latins, on pent avoir affaire a des 
formes latinis6es. 

Bien que latinisees, ces formes sont cependant inte- 
ressantes, car ce ne sont, en realite, que des formes 
vulgaires, auxquelles a ete adaptee une desinence decli- 
nable. 

Ces latinisations sont parfois tres anciennes, et leur 
usage s^est perpetue longtemps apres que de nouvelies 
formes s'etaient produites dans la langue vulgaire. 

Ainsi Namiiciim, qui ne differe pas beaucoup de la gra- 
phic Namticho d'un diplome merovingien de Tan 692 (i), 
a 6t6 employe dans les actes en langue latine durant 
tout le moyen-age, et cependant on trouve deja Nantor 
dans le roman de P arise la duchcsse (2), et Namur dans 
celui d'Ogier I'Ardenois (3), ecrits tous deux, en roman, 
au XII™*' siecle. 

Mais on ne trouve pas que des formes latinisees dans 



(i) Brequigny et Pardessus, Diplomatay II, p. 225. 

(2) Edition Techener, p. 73. 

(3) Edition Techener, II, p. 309. 



- 489 - 

les anciens textes latins; on y rencontre egalement, et 
m^me plus souvent qu'on ne le pense, des formes vul- 
gaires. 

Parfois elles sont ttts reconnaissables. Telle est la 
graphie Naumene dont se sert, au xi"'' siecle, Onulf, 
moine de Gand, dans le Vita Popponis{i), et qui est bien 
certainement la forme tudesque du nom de Namur. 

Mais il arrive aussi qu'elles se presentent avec les 
apparences de latinisations. 

Si Tensemble du texte prouve que le scribe savait 
6crire le latin correctement, on les reconnait parfois alors 
a ce fait que leur desinence, bien qu*elle paraisse etre 
celle d*une declinaison latine, n'est pas celle du cas 
qu'exige la fonction du nom dans la phrase. Ainsi, par 
exemple, on trouve in Gemblaus, apiidThenis. Ce sont deux 
formes ronjtanes. De la premiere derive le nom. actuel de 
Getnbloux* Quant a Tautre, c'est une forme interm6- 
diaire de Thinnas et de Thines; la mutation de a en i, puis 
en e, dans la desinence as, est absolument reguli^re dans 
les noms de lieux romans, et pent se demontrer par de 
nombreux exemples. 

II. — dlassemcnt bes formes ancicnnes 

Les diverses formes d'un nom etant recueillies, on en 
fait le classement. 

Une forme post6rieure a une autre n'en derive pas 
necessairement. D'un meme primitif procfedent parfois 
plusieurs derives appartenant a des idiomes diffferents. 

II arrive aussi que, dans un m6me idiome, il se soit 
produit, par suite de traitements locaux divers, plusieurs 
derivations distinctes. Ainsi pour Malines il existe deux 
formes romanes procedant du type Maslines; Tune est 



_ (x) PB&I2,^MlWl^lfto, SS. XI, p* 3lO. 



Malines, resultant de la chute du premier s, Tautre Mar- 
lines, resultant du changement de cet s en r. 

ll ne faut done pas seulement tenir compte, dans le 
classement des formes, de Tordre indiqu6 par leur 
anciennet6, mais aussi de celui dans lequel elles pro- 
cedent I'une de Tautre en vertu des lois de transfor- 
mation. 

III. — Xois &e transformation 

1. Les lois en vertu desquelles se sont produites les 
formes successives des noms de lieux, sont generalement 
celles qui regissent la transformation des mots dans les 
idiomes auxquels appartiennent les formes qui sont a 
considerer comme derivees. 

2. La connaissance de ces lois, requise pour faire le 
classement dent il s'est agi plus haut, sert encore parfois 
a trouver la voie pour arriver a Tidentification de noms 
qui se rencontrent sous une forme ancienne. 

Ainsi dans une charte, delivree en ii25, par Alberon, 
ev6que de Liege, est mentionne un endroit appele Vel- 
duntipu mieux, sans doute, Veldunc), qui d'apres la charte 
elle-meme, etait situe incomitatn Hoyensi (i). On consulte 
en vain les cartes ou les dictionnaires geographiques con- 
cernant les contrees qui doivent avoir fait partie du comte 
de Huy; on n'y apergoit aucun nom qui ressemble a 
Velduiic. Mais le groupe el se changeant, en roman, en o, 
Veldunc pent regulierement etre devenu Vodunc, Or, 
Vodtinc est apparemment bien la meme chose que Vodon, 
forme qu^avait, en 1262, Wodon, nom actuel d'une 
dependance de Cortil. Si les indications fournies par la 
charte de ii25 peuvent se rapporter a Wodon, Tidentite 
de Veldunc et de Wodon n'est pas douteuse. 



(i) BttlUHn de la SocUted*ari et d'histoire du diocese de Liege, VIII, p. 348. 



r 



— 491 — 

3. La notion des regies gen6rales de derivation ne 
suffit pas en matiere de toponymie. 

II est n6cessaire de noter aussi le traitement que 
subissent certains groupes de lettres, et surtout certaines 
desinences. Par exempie,' le changement de iacas en ies, 
y ou e, en passant par eies, eis ou ees, que montrent notam- 
ment les formes successives Angelgiagas, Engelzeies, Engho- 
zeies, Enjozeis, Enjosees, Jose. 

4. Certaines mutations ayant un caractere absolument 
regional, sont egalement a noter. Tel est le changement 
de k ou ch en is ou tz. Ce phenomene, qui s'observe en 
frison, reparait dans la zone s'etendant de PEscaut a la 
Meuse, et comprenant Lierre, Aerschot, Diest etTongres. 
Archelar devient Aertselaer; Rochelar, Rotselaer; 
Buchele, Butzel; Beche, Betz; a Kachenges correspond 
Ketzingen. 

Tel est aussi le changement des groupes de in ou ain 
en et, propre a toute une circonscription, dont Namur 
est le centre. Jallain devient Jallet; Bokain, Boquet; 
Mettin, Mettet; Chatelin, Ch^telet. 

IV. — aper^tt 6ttt Ics noms Wlinoues 

1. Certains noms dc lieux ont une double forme : Tune 
tudesque, Tautre romane. 

L'etude de ces formes est des plus interessantes, car 
elles constituent, en quelque sorte, une equation suscep- 
tible d'une solution qui donne lieu a la decouverte d*in- 
connues. 

2. Ces formes doivent etre considerees comme derivant 
d'un type commun. Leur dissemblance, parfois tres 
grande, resulte avant tout de Taction exercee par Tac- 
cent tonique dans le phenomene de la transformation. 

En roman, cet accent se trouve sur la fin des mots; 



L 



— 492 — 

dans les formes tudesques, au contraire, il est place au 
commencement. Mais les syllabes accentu6es se mainte- 
nant le mieux, la partie finale du type commun se reflete 
plus exactement dans les derives romans, et la partie 
initiale, dans les derives tudesqUes. 

Ces deux sortes de derives fournissent ainsi des indi- 
cations qui, en se completant, permettent souvent de 
reconstituer le type commun. 

3. L'exemple qui suit, montre comment une semblable 
reconstitution peut se faire. 

Les noms romans ayant la desinence -age, ont des 
formes tudesques correspondantes terminees par -th, t 
ou de. 

Rom. Br-age = tud. Beer-th 

» Wars-age — » Wers-t 
» Gammer-age = » Galmaer-de. 

Dans la finale -age, Va ne peut 6tre inorganique; cette 
voyelle appartient par consequent au type commun. EUe 
s'est maintenue, parce qu'elle ctait accentuee, tandis 
qu'elle s*est perdue dans les formes tudesques, ouelle etait 
devenue atone. On peut done la restituer a ces dernieres 
formes, et Ton obtient ainsi : 

""Beer-ath 
* Wers-at 
^Gahnaer-ade. 

Quant au g roman, il a la valeur de tj ou dj, comme 
rindique la graphie Asnatgia, forme ancienne d'Ernage. 
II equivaut par consequent aux consonnes th, t ou d -\- j\ 

Restituons cej\ et ajoutons encore IV roman final, qui 
est une voyelle primitive assourdie. Ces restitutions 
donnentj: 



— 494 — 

On voit par la que ce suffixe ne constitue pas une 
partie essentielle des noms qui le possedent. C'est appa- 
remment un equivalent du suffixe latin -efisis, servant a 
former des adjectifs qui, pris substantivement, designent 
la population. 

5. Les formes des noms bilingues ne procedent pas 
necessairement du type primitif de ces noms. Elles 
peuvent deriver d'un type intermediaire, c'est-i-dire deja 
derive lui-meme. 

Ainsi Haudrut, forme romane, et son correspondant 
tudesque Hauwaert (i), viennent de *Haltaruth, forme 
reduite de *Haltarothja, qui doit etre aussi la forme pri- 
mitive de deux autres noms, Tun tudesque, et Tautre 
roman, k savoir : Haeltert et Hautrage. 

Le tableau qui suit indique comment toutes ces formes 
se rattachent au m^me primitif. 

*Haltar'Othja 



*HaHar'Hth Haut (a) r-Age (rom). 

H&elter-t (tud.) ^Hautar-ut 



Hduder-t (tud.) Haudr-ui (rom.) 



H^uwaer-t = Hdu (d) er-t, avec insertion d'un w euphonique 

a la place du <f qui est tomb^. 

Les noms romans en -age sont d'origine germanique 
tout comme ceux en -ut, et les uns et les autres ont posse- 
d6 a Torigine une m^me desinence, seulement la romani- 
sation des derniers doit s'6tre produite i une epoque 
post6rieure a celle des premiers. II semble y avoir la 
une source d'indications utiles pour Thistoire de I'em- 
ploi des langues dans les contrees ou ces differents types 
se rencontrent. 



(i) Dependance de Maeter. On trouve Haudrttt, en 1198 et en 1221 ; Hati 
d^ri, en 1248. Voir Piot, Cartulaired'Eenamc, pp. 86, 109, 252 et 254. 



— 495 — 



V. — XCB formes primittpcd 

1. Les mutations et les contractions auxquelles sont 
dues les transformations des noms, ont parfois modifie 
ceux-ci au point que toute trace de leur etat primordial 
a disparu dans leurs d6riv6s actuels. 

Ensuite, le m6me primitif subissant des traitements 
divers, s'est modifie ici d'une maniere, et ailleurs d'une 
autre, de sorte que des noms, absoluraent semblables a 
Torigine, ont produit des derives tout difTerents. 

Tels sont Assent et Emage. Le premier derive dc 
Hasnoth de la fa?on suivante : le h aspire s'est perdu, Vo 
est tomb6, et la rencontre des trois consonnes s, n et th 
a provoque le developpement de la muette e devant n. 
Quant k Ernage, il procfede de Asnatgia par changement 
de s en r. Or, Hasnoth est une forme reduite de "Hasnothja, 
qui doit etre aussi le primitif de Asnatgia (*Hasftatgia). 

II resulte clairement de ce qui precede, que r6tat 
actuel des noms ne permet pas toujours de se rendre 
compte des elements dont ils sont formes, et qu'il est 
necessaire, pour reconnaitre ces elements, de poss6der la 
forme primitive des noms, ou du moins une forme qui 
s*en rapproche de pr6s, 

2. Mais les textes anciens nefournissent pas toujours dc 
telles formes. On essaie alors de les retablir, en en resti- 
tuant les differentes parties, en se basant sur les indica- 
tions que fournissent les transformations observ6es ail- 
leurs. Tel radical, telle desinence ou telle lettre deri- 
vant de tels autres dans tels noms, on en induit qu'il 
pent en 6tre de m^me partout od ce radical, cette desi- 
nence ou cette lettre se rencontrent. 

Cette fafon de proceder ne conduit, il est vrai, d'abord 
qu'i des hypotheses, mais celles-ci se changent en certi- 



— 496 — . 

tudes plus ou moins grandes, si les formes intermediaires 
connues viennent les confirmer. 

Ainsi, de ce que la finale e, dans Jos6y precede de 
iacas, conclure qu'il en est de m6me dans Vis6, serait 
une erreur. Les formes anciennes de ce nom, qui sont 
Veosatum et Viosaz, et sa forme tudesque qui est Wezet, 
indiquent une autre origine. Mais par contre, on peut 
regarder comme certain que le primitif de Harzee est 
*Harisiacas, parce que Ton trouve pour ce nom la graphic 
Harizeis, et que i, dans Jose, precede de iacas, en pas- 
sant par eies, eis. 

Jl est done absolument indispensable, dans la restitu- 
tion des primitifs, de se guider d^apres les formes inter- 
mediaires que fournissent les documents. 



VI. — D^composttlon ^eB noms 



I. La decomposition des noms consiste k separer les 
uns des autres les elements dont ils sont formes. 

Bicn que ces Elements se trouvent pleinement deve- 
loppes dans les formes primitives, il est parfois difficile 
de les determiner exactement. II arrive, en effet, qu'on 
ne sait pas si certaines lettres doivent se rattacher k ce 
qui suit ou a ce qui precede, ou si elles ne constituent 
pas un element par elles-memes. 

Ces difficultes peuvent se r^soudre en procedant de la 
maniere suivante. 

On prend un nom renfermant un element dont la 
nature n'est pas douteuse, par exemple Heri-vurth. La 
desinence vurih est bien certainement le mot germanique 
ayant le sens de gu6. On peut done Teliminer, et le groupe 
Heri- qui reste, constitue necessairement un tout sepa- 
rable i son tour dans les noms ou il se rencontre, tels que 



— 497 - 

Hari-mala 
Hari'Stalio 
Heri-warda 
Here-bac. 

Les desinences -mala, -stalio, -warda et -bac, que Ton 
obtient en 6liminant Hari- ou Heri- dans ces divers 
noms, forment toute une categoric d'6l6ments qui, ^ leur 
tour, pourront etre isoles ailleurs, et servir ainsi 4 de- 
terminer de nouveaux elements. 

II importe d'examiner ensuite si les elements obtenus 
de cette fa?on, sont simples ou composes. C'est au moyen 
du m^me procede que Ton parvient A r6soudre cette 
question. 

Ainsi, parmi les noms formes au moyen de Telement 
di^sinentiel -mala, se trbuve Wactar-mala, 

Le rapprochement de Wac-tar avec Wack-inio montre 
que tar est un element. 

2. Les elements qui entrent dans la composition des 
noms de lieux peuvent se diviser en trois categories. 

I. Les radicaux. — Par radical il ne faut pas entendre, 
en mati6re de toponymie, la partie initiale des noms. II 
convient mieux de designer par la Telement principal, 
c'est-a-dire celui qui exprime Tidee la plus generale, et 
auquel les autres elements viennent s*ajouter pour modi- 
fier cette idee en la precisant. Ainsi danc Boc-holt, bois 
de h^tres, holt, qui exprime Tidde generale de bois, est le 
radical. Dans Ros-tith, au contraire, qui est un collectif, 
c'est roS', roseau, qui est le radical. 

II. Les prefixes. — On designe ainsi les elements 
qui se placent devant un radical, pour preciser Tidee 
qu'il exprime. Boc-, hetre, dans Boc-holt, bois de hetres, 
est un prefixe servant a indiquer la nature du bois. 



-498 - 

III. Les suffixes. — Le sufiixe est une particule qui, 
n'ayant aucun sens par elle-m6me, ne s'emploie jamais 
isol6ment, mais qui s'ajoute soit a un radical, soit a un 
prefixe, pour en modifier le sens. 

Dans Ros-nth, uth est un suffixe de collectivity uni au 
radical ros-, roseau. Dans Ipp-ingo-haim, ingo est un 
suffixe joint au prefixe Ipp. 

Les suffixes sont simples ou composes. 

3. D'apr6s leu r composition, lesnoms de lieux peuvent 
se ranger en cinq classes. 

i^ Les noms consistant dans un nom commun, sans 
addition de pr6fixe ou de suffixe, 

Leur nombre parait tr6s restreint. En voici quelques- 
uns : 

A a, cours d'eau; Mom, montagne; Nivelle, d6divit6; 
cf. anglo-saxon nive, neovol, neol, nifel, praeceps, pro- 
clivis. 

2^ Les noms form6s d'un radical et d'un suffixe. 

Birch-i, Hes4, Tiul-i, Bas-iu, IVal-iu, Sith-iu, Hreot-io, 
BaC'io, Ur-io, Leod-io, Birc-la, Sit-ila, Wid-ila, Giv-ila, 
Rik'ilo, Brak-ela. 

y^ Les noms formes d'un radical et de plusieurs suf- 
fixes combin6s. 

Fel-egnies ("Fel-in-ja-cds), Geld-onge (^Geld-on-ja), Ros- 
tith (*RoS'Otk'ja), BurS'itia ("Bors-ifh-jaJ, Hal-ahtron, Bar- 
ahtron, Bri-asiro, Bal-astra, Bar-astro, Hal-ostron, etc. 

4<^ Les noms form6s d'un prefixe et d'un radical. 

Fal'beki, Boc-holt, Lit-mala, Lit-beke, Hal-beke, Hal-vur- 
di, Hal'inala, etc. 

5° Les noms form6s d'un radical pr6ced6 d'un prefixe 
auquel on a joint un suffixe. 

Ipp'ingO'haim , Pap-inga-lant, Btmn-inge-rotha, Btirs-ii- 
bace, Buch-ilo-munti, Wac-tar-mala, Hos-en-heim, Hos-en- 
mont, Lit-en-zele, Buck-en-holt, Wis-ar-aha, Wis-en-male, 
etc. 



— 499 — 

4. Avant de faire un travail d'ensemble sur les elements 
qui entrent dans la composition des noms, il faudrait les 
etudier chacun en particulier dans des monographies. 
Tel radical, tel prefixe, tel suffixe devrait faire Tobjet 
d'etudes speciales dans lesquelles on indiquerait les 
noms ou chacun d'eux se rencontre,, et les differentes 
formes qu'il rev^tdans les derives. 



VII. — 3nterpr«ation fees noms 

1. Les elements qui ont servi k former les noms 
de lieux sont evidemment puises aux vocabulaires des 
langues parlees jadis par les populations qui ont cre6 
ces noms. 

Quelques-uns de ces elements se sont conserves avec 
leur sens, soit dans les idiomes actuellement encore en 
usage, soit dans les monuments ecrits anciens, et Tinter- 
pr6tation des noms qui en sont formes exclusivement, 
n'offre pas de difficulte. 

Ces noms montrent que les noms de lieux, de meme 
que tout autre nom, designent leur objet en en indiquant 
la nature et les particularites distinctives. 

2. Parfois il a suffi de designer Tendroit dont on par- 
lait, par sa configuration, ou par Tetat dans Icquel il se 
trouvait, et de dire : la riviere, la montagnc, la declivite. 
De la des noms simples tels que ceux cites plus haut : 

Aa, Mons, Nivelles. 

Dans la meme categorie doivent etre ranges les collec- 
tifs ayant pour radical un nom d'arbre ou de plante. Par 
exemple : Bockt (sous Perck), Bok-eth; Berquy (sous 
Grez-Doiceau) , Birc-niii; Rosoux, Ros-tith; Varent, 
Farn-oth; Elst, Els-tUh; Helmet, Elm-eth; Hasselt, 
Hassel'th, Ces noms indiquent des lieux produisant res- 



— 5oi — 

au moycn de ce meme suffixe, designent apparemment 
aussi des arbres ou des plantes; tel est notamment Han- 
dans Han-ut. 

On vient de voir aussi plusieurs noms composes se 
terminant en bcke, ruisseau, et holt, bois, dont le premier 
membre est le nom du vegetal qui croit dans le lit du 
ruisseau ou dans le bois. II est tout naturel de supposer 
qu'il en est de meme dans les autres noms finissant par 
un vocable ayant le sens de cours d'eau, ou de bois. 

La signification. d*un element' obscur s'explique d'au- 
tant mieux que Ton parvient a rassembler plus de noms 
le montrant reuni chacun k un element intelligible dif- 
ferent, comme c'est le cas pour haviicas. 

On trouve : 

H avuca-bnmno 
HavocaS'broc 
Haikikes-donc 
Havigis'dail. 

Les elements -bmnno, -broc, -done et dail sighifiant 
source, marecage, eminence au sein d'un marais et vallon, 
il est evident que haviicas designe un objet propre aux 
lieux bas et humides, ce qui, selon toute vraisemblance, 
ne pent ^tre qu'uhe plante aquatique, 

5. Veut-on arriver a un sens plus precis encore, il faut 
recourir aux lumi^res de la linguistique, en faisant des 
rapprochements que Ton etend, au besoin, k toutes les 
langues indo-europeennes et a leurs racines communes, 
Ces rapprochements peuvent etre utiles, parce que, perdu 
dans une branche de cette famille de langues, un vocable 
5St souvent conserve dans une ou plusieurs autres 
.ranches, avec un sens plus ou moins analogue. 

Edg. de Marneffe. 



33 



— 5o5 — 

naies des Cyclades, d'Athfenes, de Smyrne, d'Ery three, 
d'Aradus, de Parium, de Ceos, d'Elyrius, d'Hybla, de 
Camarine en Sicile, etc. (i). Le Britisch Museum de 
Londres, la Bibliotheque nationale de Paris et le Musee 
du Vatican en poss6dent quelques specimens. 

Eph^se portait aussi unc grosse abeille au ievcrs de 
medailles autonomes, parce que les Ephesiens so disiiient 
descendus d'une colonie d'Atheniens, conduite par les 
Muses, sous la forme d'abeilles, lesquelles etaient un 
attribut des Muses et des colonies humaines, sorte d'es- 
saimage. 

Qu'est-ce que les invasions des Barbares, au inoyen 
age, si ce n'est Tessaimage de vaillantes colonies? 

Cela infirme quelque peu Topinion d'apres laquelle les 
joyaux trouv6s dans la tombe et qui ornaient le manteau 
de Childeric, n'auraient rien de commun avec Tinsecte, 
mais representeraient plutot des angons, des fers de 
lance decoupes, des sommites de francisque ou des fleurs 
de lys mal ciselees. M. le baron de Baye a public na- 
guere, dans les Memoir es de la Societe nationale des Anti- 
quaires de France (tome LIV), un travail intitule « Note 
sur les bijoux barbares en forme de mouches ». II declare 
que son point de depart est Le meme qui a servi dc base 
aux travaux de Tabbe Cochct; de sorte qu'il s*agit bien 
de « mouches ou abcilles «, dont Tautcur sigiiale diverses 
analogies archeologiques trouvees dans d'autres tom- 
beaux francs et qu'il considere comme des reminiscences 
'des abeilles de Childeric. Le baron de Baye donne divers 
dessins de broches en .forme de mouche ou de cicade, con- 
servees au Musee national de Budapest, et qui par.leur 
^«nect se rapprochent des abeilles exhumees k Tournai. 

Peu importe du reste si les ailes, aux contours plus ou 

3ins recourbes, dissimulent entierement Tabdomen; 

sait, en effet, que dans Tdcriture hieroglyphique et 



^ Diciionnaire des attfiquite's grecques et romaines, par Daremberg et Saglio. 



— 5o6 — 

surtout dans Tecriture hieratique ou demotique, les an- 
ciens Egyptians ne reproduisaient pas non plus toujours 
les images dans leur ensemble ; ils se bornaient a quel- 
ques-unes de leurs parties. En des temps beaucoup moins 
eloign6s, certaines figures symboliques n'6taient 6gale- 
ment representees que par des contours grossiers, exage- 
res, parfois par une silhouette, la partie pour le tout; 
s'agit-il d'oiseaux, par exemple, la forme est souvent si 
mal d6finie, qu'on hesite pour decider si Tartiste a voulu 
figurer un perroquet ou un corbeau, alors qu*on doit y 
decouvrir plutot un faucon, un epervier'ou un aigle. 
C'est ce que fait observer Henri Havard (i), en parlant 
des « abeilles grossieres » qui, d'apres lui, ortiaient le 
manteau de Child6ric. 

Notre confrere, M' Fourdrignier, Ed ., de Sevres, auteur 
de fouilles dont le produit est au musee de Saint-Ger- 
main, me signale ce qui suit : 

cc Collection Caranda, de Fr. Moreau-Armenti6res 
(planche i8, nouvelle serie, fig. Ill et planche 21, fig. I) : 
plaque, contre-plaque et appendice avec abeilles. — 
Reminiscence des abeilles de Childeric. 

» Voir aussi, album de la Sablonniere, une fibulc avec 
abeille trouv6e le i5 avril 1876 (Merovingien). 

)) Period© Mycenienne. — Voir representation de 
mouches ou abeilles sur les plaques dier trouvees par 
Schliman dans le troisi^me tombeau, au centre de Tagora 
de Mycenes ; il y avait pres de 700 de ces plaques avec 
ornements curvilignes, spiraliformes et representations 
d'insectes, etc. » 

Le mcme archeologue m'envoie en outre une planche 
d'un travail qu'il a donne en 1876, ou peut-6tre on pour- 
rait voir un repousse representant des mouches f^^ ^ 
une ceuvre nettement datee du iv"^ siecle, au 



(i) Histoire de Vorfevrerit fran^aise, ouvrage tr^s considerable. 



— 5o7 — 

avant notre 6re. Y aurait-il precursion des abeilles 
m^rovingiennes ? Peut-etre, dit M. Fourdrignier. 

N6us avons rappele au Congrds de Tournai, que la 
dynastie napoleonienne, ainsi qu'une douzaine de villes 
franfaises, ont porte sur leurs ecussons Tabeille legen- 
daire. N0U5. aurions pu ajouter que le m6me insigne 
figure largement, au chateau de Pierrefonds, dans les 
decorations commandees k Viollet-le-Duc, par Napo- 
leon III. Pourquoi ne serait-ce pas la continuation de 
reminiscences des Francs inerovingiens? 

L'abeille (blason) est au nombre des petites pieces h6ral- 
diques, en signifiatice d'indnstrie, disent les anciens 
auteurs : « Aussi bien est-il rare qu'elle ne soit pas d'or, 
et voyons-nous peu d'anciennes families en porter dans 
leurs ecus, ou ie plus souvent ne servent-elles que pour 
accompagner des fasces ou des chevrons, a titre de 
remplissage, on pourrait dire ». Mais cette opinion, 
accreditee par le P. Anselme (xvii'' siecle), est au moins 
susceptible de controverse; car il se trouve des abeilles 
sur plusieurs. sceaux du xiv* siecle et sur des embl^mes 
gothiques,en signe de vindication. Plusieurs families fran- 
9aises, dont Torigine est anterieure a Tepoque des premiers 
anoblissements, en ont egalement dans leurs armoiries. 

Au xviT siecle, le pape Urbain VIII, chef de la puis- 
sante famille des Barberin, son frere et deux dc ses 
neveux, eleves par lui au cardinalat, portaient un 6cus- 
son d*azur a trois abeilles d'or. Cet ecusson fort artis- 
tique est reproduit en tete de I'ouvrage de Petra Sancta, 
avec les mots : Prcesidiiim et dulce decus. 

Les Franfais qui croyaient Urbain VIII plus attaches 
r parti qu'i celui des Espagnols, mirent au-dessus de 
usson ce vers latin : 

Gallis mella ddbuiit, Hispair's spicula figent. 

Ales donneront le miel aux Frangais et leur aiguillon 
Espagnols.) 




— 5o8 — 
Un Espagnol r^pondit : 

Spiciila si figent, emorientur apes. 

(Si elles nous dardent, elles en mourront.) 

Le pape fit r6pondre d'une mani^re encore plus inge- 

»ieuse, et comme il convient au p6re commun des 

chr6tiens : 

Cunctis mella dabunt, null! sua spicula figeht. 
Spicula nam princeps figere nescit apum. 

(Elles donneront du miel 3t tous et n'infligeront de 
piqtire i personne; car le prince des abeilles ne sait 
piquer.) — Oil sait, en eflFet, que Tabeille-m^re (reine) 
est inoffensive, m6me quand on la prend avec la main. 

Quantity de maisons nobles de tous pays ont egale- 
ment a^opte Tabeille ou la ruche dans leurs amoiries (i). 

Mentionnons en outre Tecusson d*une famille montoise 
portant, au xvi^ siecle : ecartele : au i et au 4, de gueules 
a trois abeilles d'argent qui est Bekault; au 2 et au 3, de 
gueules au lion d'argent, qui est Ravenne (2). 

Petra Sancta a public, sur les armes de noblesse, un 
grand ouvrage oil il reproduit, entre mille autres choses, 
une cornaline gravee, fort ancienne, qui repr6sente une 
abeille arm6e d'un fouet et dirigeant une charrue attel6e 
de deux de ses compagnes : allusion aux labeurs bien- 
faisants de Tagriculture, sans doute par reminiscence de 
ces deux vers de Virgile : 

Sic vos, non vobis, fertis aratra, boves; 
Sic vos, non vobis, meUificatis, apes« 

(De m^me c'est vous qui trainez la charrue p 



(i) Voir T Armorial gcneraly par Rietstap, et surtout le DkHonnai,^^ 
hcraldiqucs, par le comte de Renesse (tome III). 

(2) Gencalogie dc la famille Malapert, dress6e en 1642 et publiee sous 1 
nage du Cercle archeologique de Mons. 



— Sog — 

autres, 6 boeufs ; de mSme, c'est vous qui faites le miel 
pour les autres, 6 abeilles.) 

Lors de la calibration du mariage d' Anne-Louise de 
Bourbon, petite-fille du Grand Conde, avec le due du 
Maine, fils naturel de Louis XIV, les courtisans imagi- 
n^rent pour elle un emblSme et une devise. Comme elle 
6tait vive et presque naine, — ce qui la faisait appeler 
par ses belles-soeurs une ponpee de sang^ — ils choisirent 
une mouche a miel, avec ces mots tir6s de rAminta du 
Tasse : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » . (Elle est 
petite, mais elle fait de cruelles blessures.) 

Ce furent cet emblfime et Cette devise que la duchesse 
ressuscita, lorsqu'il lui vint k Tesprit de fonder un ordre 
qu'elle pourrait distribuer A son entourage. 

Que vo^ns-nous dans le trait6 d^iconographie chrc- 
tienne de Mgr Barbier de Montault : 

« ABEILLE. Travail, justice, activite. Le br6viaire 
romain dit de sainte Cecile : Quasi apis argumentosa, 
Symbole de la Vierge, attribut de TEsperance, de saint 
Ambroise, de saint Jean Chrysostome et de saint Ber- 
nard, surnomme : Apis melliflua ou Doctor mcllifluiis. Les 
abeilles presagerent leur eloquence, w 

De m6me, saint Basile le Grand (i) est nomme par les 
auteurs de son office : « Divine abeille de I'Eglise ». 

Saint Ambroise, une des plus nobles figures du iv*" 
sifecle, est represents a cote d'une ruche, dont les habi- 
tants voltigent autour de lui. Encore au berceau, tandis 
qu'il dormait, la bouche ouverte, dans la cour du palais 
de son p6re, on avait vu des mouches d'un essaim y 
entrer et en sortir les unes aprSs les autres, ce qui fut 
"egarde comme un presage de sa future eloquence. 

Ce symbolisme du beau langage remonte bien au-dela 

J r^re chretienne, comme on pent le voir dans les bio- 



) n s'agit du cel6bre archev^que de C6sar6e, dont le corps fiit apport^ a 
iges, en logS, par le comte de Flandre, a son retour de Jerusalem. 



— 5io — 

graphics de Pindare et de Caton, et personne n'ignore 
que Xenophon fut surnomme rabcille attique, par allu- 
sion a son talent d'ecrivain. 

Selon Platon, les abeilles ont quelque etincelle de la 
fureur celeste qui anime les poetes, et il conseillait a ses 
disciples qui voulaient conserver leur repos~ de les mena- 
ger, ainsi que les poetes : Genus irritabilc vafum, comme 
disait Horace, et Fenelon rendait la meme pensee par 
ces mots : « Les abeilles ne sont pas plus faciles a irriter 
que le coeur des poetes ». 

Leur dard (je parle de celui des abeilles) reste ordi- 
nairement dans la plaie, ce qui les prive de la vie. De la 
cette autre apostrophe de Fenelon : « Votre colere, qui 
pique vos ennemis, vous donne la mort, et votre folle 
cruaute vous fait plus de mal qu'a personne ».- 

Souvent des mouches d'or ont et6 decernees par des 
societes savantes a titre de recompense : « Les ecrivains, 
disait Balzac, sont des abeilles dont les naturalistes ont 
oublie la classification ». Nous allons tacher de leur en 
donner une. 

Un critique consciencieux adoptera comme devise une 
abeille avec ces mots : sponte favos, cegre spiciila (le miel 
de gre, le dard a regret). 

Plusieurs abeilles et ore Icgunt soholem^ se rapportcnt 
aux predicateurs; une seule abeille voltigeant sur des 
fleurs, avec : Ut prosim, au savant qui consacre ses veilles 
a Tutilite publique. 

Avec ce mot d'Horace : stiidiosa flonim (amie des fleurs), 
Tabeille est la devise d'un brillant litterateur; avec Utile 
diilci, celle du savant qui joint Tutile a Tagreable : le 
sceau des ingcnieurs sortis de I'ecole provincials ^'^^^ 
mines, a Mons, porte une abeille entouree de ce ^^ 
Phedre : Nisi utile est quod facimus stulta est gloria 
est notre gloire si nous ne nous rendons utile) 
Labor o^nnibus unus, elle designe une societe de gc 
travaillent de concert : c'est le chacun pour tous et tons ^ 



— 5ii — 

chacun; enfin, avec Acta non verba (plus faire que dire) ou 
avec les mots : Plus etre que paraitre, elle designe Thomrae 
modeste, actif et serieusement utile. 

Je lis dans Melusine (tome VIII, n^ 4) ce proverbe 
breton : 

Petra lar ar gvvenan ? 
Vit dartum, kemer poan. 

(Que disent Ics abeilles? Pour amasser prends de la 
peine). 

Une qualite que les legendes ont exaltee et qu'on ne 
contestera pas a nos travailleuses, c'est Tesprit dc pro- 
prete. EUes sont dix mille, trente mille et plus dans un 
panier, et le plancher reste exempt de souillures! Et 
cependant il n'y a nulle part apparence de water-closet. 
On en a conclu qu'elles iwgerent, cftgerent, mais n^cxz- 
gerent pas (i). 

Qui le croirait? la virginite des abeilles fut un dogme 
admis par tous les auteurs de Tantiquite; ils les faisaient 
naitre surtout de la poussiere des fleurs. 

Saint Ambroise, parlant de la Vierge retiree du monde, 
a dit : « Ce n'est pas sans raison que TEcriturc la com- 
pare k Tabeille laborieuse et chaste, ne se nourrissant que 
des rosees du ciel et du sue des fleurs. Ainsi la Vierge se 

nourrit de la parole divine Elle travaille en commun; 

elle amasse, mais pour les pauvres, etc. ». 

Nous craindrions de trop nous etendre en rappelant — 
nous Tavons fait ailleurs (2) — les multiples comparai- 
sons, proverbes, dictons que les poetes, les philosophes 
et le langage vulgaire ont puises dans les moeurs ou dans 
les produits de ces insectes. Leur habitat lui-meme est 
"-'Tnbolique. Montlaucon, dans son grand ouvrage : Uan- 



C*est un pen exagcrer ; elles ^vacuent hors de la maisou, eu volant; 
3mme elles ne consomment jamais au-dela du n^cessaire — ce en quoi 
' nous sont sup^rieures — , elles ^;ragerent pen. 

Voir VAheilU a travers Us ages, volume de 200 pages (Office de PuhlioU ou 

' ^ Lihrairic, a Bruxelles). 



— 5l2 — 

tiqiiite expliquie, donne une figure de TEsperance, avec 
une ruche du haut de laquelle s'elevent des epis et des 
fleurs : « La ruche, ajoute-t-il, se rapporte i TEspdrance 
par les doux fruits qu'on esp6re en tirer ». 

Rappelons incidemment le m.ot de Lamennais : « La 
terre est une grande ruche, et les hommes sont com me 
les abeilles ». 

« La ruche, a dit Toussenel, est un immense labora- 
toire oil regne Tautorite, Tordre, la libcrte, Tegalite et le 
travail ». \ 






Quand on a observe nos semillantes moissonneuses, 
ctrangeres a nos faiblesses, qui se partagent et partagent 
avec rhomme le fruit de leur incessant labeur; quand 
on a admire leur prevoyance, leurs moeurs, cette disci- 
pline, cet amour du travail qui, d'apres Varron, leur 
fait detester le paresseux, on comprend que ces amies de 
rhomme ont tenu une place importante dans les tradi- 
tions, les presages et les superstitions populaires des dif- 
ferents peuples, Entre ces diverses traditions ou super- 
stitions on remarquera certains points de conformite. 

« Pour les abeilles, dit Petrone (i), disciple d'Epi- 
cure, je les crois des betes celestes; car elles crachcnt 
le miel, bien qu'on disc que c'est Jupiter qui nous 'rap- 
porte; et si elles piquent, c'est qu'il n'est point de dou- 
ceur qu'on ne trouve melee d^amertume ». 

Virgile, Plutarque, Quintillien et bien d'autres leur 
accordaient aussi quclque chose de divin. 

Un essaim d'abeilles venant se poser en grapoe sur 
les aigles ou etendards, sur un arbre, dans le 1. 
dans les camps, sur le toit des maisons et des ten 
etait regarde comme un mauvais presage. 



(i) Le Satyncott, LVI. 



— 5i3 — 

On salt combien la divination par les songes avait de 
credit chez nos p^res. Dans le Bulletin beige de Folklore 
(tome II), se trouve la reproduction d'un assea long ma- 
nuscrit namurois ant6rieur au xvi"* si^cle, ou nous lisons : 

« Qui en son soinge voit eis (abeilles) combattre, c'est 
signe que on ara noise et debat a meschant homme et de 
petit estat. Mais qui en son soinge voit es (abeilles) alans 
et volans, et portans leur pastures, c'est signe de gain- 
gnage ». 

En Belgique comme en Angleterre, en Germanie, en 
Bretagne et en Suisse, il est<ie tradition que les mouches 
sont sensibles arrx plaisirs et aux peines de leurs propri6- 
taires : elles se dispersent s'ils negligent de leur faire 
part des evenements qui int6ressent la maison. Dans 
cette croyance, on attached leurs ruches un morceau 
d'etofie noire en cas de mort, d'6toffe rouge en cas de 
mariage ou de tout autre fete (i). ' 

Cest surtout dans la Germanie que le folklore brille 
dans tout son eclat : selon certaines traditions qui y 
sont en vigueur, les abeilles, creees expressement pour 
rhomme, suivirent Adam et Eve quand ils furent chassis 
du Paradis. Elles comprennent le langage humain et il 
faut bien se garder de medire d'elles ou de dire devant 
elles ce qu'elles ne doivent pas entendre. Le bruit, les 
disputes, le disaccord les empechent de profiter. Aussi 
sont-elles Tobjet d'une sorte de culte. 

-Nous lisons, dans un ouvrage ecrit en allemand (2), que 
lors d'un mariage certains mettent au-dessus des ruches 
un linge blanc et les presentent au jeune couple en les 
priant de lui rester fiddles. 

En Neerlande, un essaim possede une fprce magique : 



Pareilles coutumes ne font de mal a personne; mais comment voulez- 

s que ces dames, toujoars k Touvrage et absorbees par de multiples 

^occupaUons d'un si nombreux manage, pulssent s*int6resser a ce point i 

erens qui ne ne se donnent pas seulement la peine de se faire presenter ? 

WoESTE, Traditions poptdaircs. 



— 5i4 — 

un arbre qui en a port6 a ete vendu tres cher. Les filles 
qui portent une branche de cette arbre ont beaucoup de 
danseurs. Si le rameau qui a porte Tessaim se desseche. 
le proprietaire de Tarbre niourra bientotT Une maisoii 
choisie par un essaim sera detruite par Tincendie. 

C'est une croyance vulgaire en certaines contrees de 
France, les abeilles possedent le don de sagesse' et ont 
Targent et Pavarice en grande horreur. Elles veulent bien 
servir Thomme, mais non pas en etre exploitees. Aussi ne 
permettent-elles pas qu'on change le prix de leur miel, 
qui doit rester toujours le meme tel qu'il fut fixe dans 
Tancien temps. Et si quelqu'un, par desir de trop 
gagner, se hasardait a Taugmenter, ne fut-ce que d'un 
sou, alors, ce ne serait pas long, les abeilles essaimeraient 
au loin, laissant Tavare seul a se lamenter devant ses 
ruches vides. hes Nouveaiix contes dc Noel, par Paul Arene, 
renferment a ce sujet une charmante anecdote qui, bien 
que d'hier, nous ramene a la simplicite de ces ages pri- 
mitifs ou, sur la terre pure encore, sans ambition, sans 
besoins, heureux et bons comme des dieux, les hommes 
vivaient en communaute avcc la nature. 

Nos folkloristes beiges, Monseur, Teirlinck et autres, 
nous ont renseigne diverses traditions de Tespece. Dans 
certains villages beiges, comme cn-bien d'autres lieux, on 
cherche a amadouer les mouches par des flatteries, des 
chansons, parfois avec des litanies empruntees au culte 
et ou naturellement le latin est massacre de la fagon la 
plus satisfaisante. Mais toutes ces pratiques tendent a 
tomber en desuetude. 






Parmi les produits apicoles, la cire merite de fix.. 
particuli6rement Tattention des archeologues : elle «. j 
un role important pour Tauthenticite des vieux pa^' 
mins, objets de leur predilection. La cire avail d^?'^ 



. — 5i5 — 

d'autres emplois dignes de fixer la curiosite des antiquai- 
res et remontant jusqu'a Torigine de Thistoire et m6me 
jusque dans les temps mythologiques. Avons-nous besoin 
de rappeler Icare s'echappant du labyrinthe, gr^ce ti des 
ailes de cire? Ne voyons-nous pas dans les pontes de 
rantiquit6 que Pan fut le premier k joindre plusieurs 
chalumeaux avec de la cire ? 
Anacr6on, s'adressarit a un excellent peintre, lui dit : 
a Peins les riantes Bacchantes jouant de leurs doubles 
flutes et, si la cire le permet, peins aussi les lois de ceux 
qui aiment. » 

La cire entrait done dans les couleurs. Aussi, pour 
depeindre une beaut6 simple et naive, Petrone dit dans 
ses Fragments poitiqws : 

Nee ceram in faciem : mel habet ilia sum. 

Traduction : EUe offre, au lieu de fard, le miel de 
son sourire. 

Sincere vient done du latin sine et cera, sans cire ou sans 
fard; autrement dit sans deguisement. 

Les anciens Egyptiens croyaient a la r6surrection de 
la chair, mais pensaient que Fhomme ne se reveillait de 
son sommeil, apres la mort, et n'entrait dans Teternite 
que dans le cas oix son corps demeurait intact. II fallait 
done que le cadavre echappat i toute corruption, si on 
voulait que Tame demeurat pr^s de son enveloppe mate- 
rielle; si la putrefaction gagnait ses restes, T^me infor- 
tunee devait passer des milliers d'annees dans le corps 
des animaux. Les anciens Egyptiens avajent done plu- 
sieurs modes d'embaumements ; souvent les corps etaient 
plonges dans le miel ou la cire fondue, qui les penetrait, 

I impregnait et les saturait de toutes parts (i). 

'Zhez lesPerses, les Spartiatesetautrespeuples anciens, 



) Rites funiraires, inhumations ei cremations, par le D' Bauwens (traduction 
D' Z.), un vol. in-S®, Bruxelles, 1897. 



— 5i6 — 

on enduisait aussi de cire ou de miel les cadavres qu'on 
voulait conserver, cette espece de vernis s'opposant en 
effet k Tabsorption de Thumidite et de Toxygene de Tair. 
Nousenavons relate ailleursdesexemples memorables(i). 

La cire, cette' mati^re plastique, malleable et fine par 
excellence, qui se prfete si bien a Tebauchoir et obeit si 
iidelement i la moindre pression du doigt,6tait tout indi- 
quee aux statuaires. Aussi, des la plus haute antiquite, 
se sont-ils appliques k lui donner la chaleur et la vie, par 
une foule de productions plus au moins artistiques. 

A Rome, on reproduisait en cire la t^te des citoyens 
qui avaient exerce deslnagistratures cumles. 

II est probable que Tusage de conserver en cire les 
visages des morts est venu aux Romains des Etiiisques, 
leurs maitres en tout ce qui touche Tart et Tindustrie (2). 

D'apres Thistorien Lampridius, Tempereur H6lioga- 
bale, le Sardanapale de Rotne, se faisait servir des repas 
ou tous les mets qu'il mangeait en nature 6taient imites 
en cire pour ses convives, 

Apres etre sortie de fleurs, ou elle prend son origine, 
cette mati^re premiere fut transformee k son tour en de 
nouvelles fleurs ou en fruits, creations d'une tonalite 
seduisante qui, chez nos p^res, s'epanouirent longtemps 
sous des vitrines, reposant la vue et exhalant k defaut 
d'autre parfum le parfum du passe. 

Sous Louis XIV, un artiste celebre, Antoine Benoist, 
etait qualifie « peintre du roi, et son unique sculpteur en 
cire >^. On conserve a Versailles, dans la chambre i 
coucher du grand prince, son portrait en cire coloree, 
d*un realisme surprenant. Louis XIV confera la noblesse 
a Benoist, dont les armoiries etaient d'or a trois abeilles 
de sable. 



(i) Uaheille a travers les d^^s, chap. VII. 

(2) L'a>t eirusque, ouvrage couronn^ par TAcad^inie des Inscnm 
BeUes-Leltres. Paris, iSSg, p. 3o5. 



-5i7- 

Ce portraitiste attitre de la cour ayant fait les bustes 
en cire de tout Tentourage de la reine Anne d'Autriche, 
un privilege lui fut accorde pour les exhiber a Paris et 
en province. L'exhibition de ces figures pleines de vie lui 
acquit un tres grand renom. 

Gr4ce a la grande vogue que lui acquit son exposition 
d\x cercle d'Anne d'Autriche, Berioist fit fortune. Aussi ne 
tarda- t-il pas 4 trouver des imitateurs. 

Vers 1780, un AUemand nomm6 Curtius vint'inaugurer 
i Paris deux veritables musees de figures de cire, dans 
un theatre clos avec gradins et dont le succes eclatant se 
prolongea j usque dans les premieres annees de notre 
sifecle. Curtius promena ^ la fin son musee au congres de 
Rastadt, montrant les principaux revolutiontiaires, Dan- 
ton en tete. 

On vit en 1788, un sieur Foulon, qualifie de 
« sculpteur-figuriste en cire », parcourir la Basse-Nor- 
mandie avec des tetes de Voltaire tres ressemblantes et 
model6es -d'apres Toriginal. Parmi d'autres bizarre ries 
de Tepoque, on cite le fait de la comtesse d'Harcourt, 
qui, aprfes la mort de son mari, ordonna de « jeter 
en cire la figure en grand du comte, la fit revetir de 
sa robe de charabre et placer dans un fauteuil ^ cote 
de son lit ». * 

Aux xiv% xv% xvi*, XVI 1* siecles, il etait d'usage, dans 
les funerailles des princes et des grands personnages, 
d'exposer leur effigie en cirQ, revctue d'insignes. Cette 
coutume d*effigies funeraires revfitues d'insignes se conti- 
nua en France jusqu'a la fin du xvii^ siecle. La dernicre 
dont nous avons. rencontre la mention, est celle du prince 
de Conde, en 1686. La reine Marie-Therese d'Autriche 

, parait-il, la premiere personne royale pour laquelle 

ceremonial n'eut plus lieu. 
hez les Egyptiens notamment, la cire fut employee 
bonne heure a faire des amulettes et des figurines 
^[iques. Un papyrus du temps de Ramses III nous 

34 



— 5r8 — 

apprend qu'un conspirateur avait fabriqud des hommes 
de cire, recitfe sur eux des mots cabalistiques, pour 
gagner Tamour des femmes du Pharaon et s'introduire 
dans le harem royal. 

C'est aux Remains que ies premiers rois de France 
ont emprunte Temploi de la cire pour leurs sceaux. Elle 
variait de couleur non seulement selon Ies temps, mais 
encore selon la qualite des personnes et Ja nature des 
affaires, sans qu'il y ait a cet egard de regie generate 
bien absolue. On scellait en cire verte Ies edits royaux 
et autres lettres de longU3 duree commen^ant par : 
A ions presents et a vemr, Les Jettres royalcs con tenant 
des concessions pour un temps 6taient scell6es en- cire 
blanche; les actes et commissions de justice en cire 
jaune. 

La plupart des sceaux des rois merovingiens, carlovin- 
giens et des premiers capetiens sont en cire blanche, 
quoique, par v6tuste, ils paraissent bruns. 

II se faisait autrefois une consommation si variee et si 
considerable de ce produit de Tabeille, qu*il fallait bien 
saisir toutes les occasions de s'en procurer. En effet, 
nous voyons que, Tan de Rome 571 (181 ans avant J.-C), 
le preteur Pinarius, apres une sanglante defaite infligee 
aux habitants de Tile de Corse, les taxa de 100.000 livres 
de cire, et cette contribution fut doublee deux ans 
apr^s (i). 

Le petrole, le gaz, Telectricite, Tacetylene et toutes 
ces lampes perfection nees qui, aujourd'hui, nous donnent 
le plein jour en pleine nuit, ne datant que d*hier; on pent 
dire qu'une'meche entource de cire fut le supreme des 
eclairages pour un grand nombre de generati'^riQ T 'q- 
beille ne leur eiit-elle donne que la lumi6re, 
deja un titre suffisant a sa gloire. 



(i) DiOD. Sic. el Tit. Liv, 



— Sig 



♦ « 



Voulant marquer Tabondance de la Terre promise^ 
TEcriture disait aussi qu'elle decoulait de lait et de 
miel (i), ce qui n'est pas si hyperbolique qu'on pourrait 
le croire; car les abeilles sauvages se logeant souvent 
dans le creux des rochers, il arrive que, pendant les 
grandes chaleurs, leur miel, devenu tr6s liquide, coule 
et se repand par les fentes de la pierre; des pelerins ont 
vu recemment suihter le miel le long des flancs de cer- 
taines roches poreuses. Ainsi se verifie a la lettre ce que 
dit Moise (2), que Dieu a voulu placer Israel dans un 
pays oil il siicerait le miel de la pierre. 

Voulant de m6me annoncer un etat de grande prospe- 
rite, David s'exprimait ainsi (Psaume 80) : « Mais Israel 
sera nourri de la fleur du plus pur froment; je tirerai de 
la pierre m6me un miel dont je vous rassasierai, 6 mon 
peuple ». 

De quelqu'un a qui Ton veut du bien, certains disent : 
« Dieu le conserve! » Les anciens avaient Tequivalent 
dans : Mella fliiant illi (3) [que le miel lui coule dans la 
bouche], et Ton se le passait autrefois ^ la fin du repas, 
avec la formulc : « Dieu vous donne lasante ! » 

Nos peres en preconisaient Tusage comme remede dans 
une foule de cas. 

he far cum melle connu des Egyptiens, des Grccs et des 
Romains de Tantiquite tenait ci-devant un rang distin- 
gue sur les menus, meme dans les repas de cour. 

A toutes les epoques de Phistoire, on vit Temploi du 
miel apprecie, non seulement pour les aliments solides, 

is aussi pour boissons diverses, sous les noms d'aqtia 

^'^a, apomeli, oximel, hydromel, etc., etc. 



Exod., C. Ill, V. 8, etc. 
Dent,, C. XXXII, V. i3. 
Voir la 3® ^glogue de Virgile. 



'h 



— 520 •— 

II parait que le falerne vieux, melange de miel, etait 
si enivrant que les femmes avaient defense d'en boire. 

Quand Fred^gonde voulut empoisonner le Seigneur 
indiscret qui lui reprochait le meurtre de Teveque Pre- 
textat, elle se servit de vin d*absinthe au miel, dans 
lequel, subrepticement, cette mechante reine avait intro- 
duit un consomme de cigue. 

Par les temps de chaleur, nos peres buvaient volontiers 
Toximel ou melange de miel et de vinaigre, qu'ils tempe- 
raient avec beaucoup d'eau pour se rafraichir. 

L'hydromel {miel fermente), miod du Nord, etait la 
boisson favorite des anciens habitants de la Germanie et 
de la Gaule, alors couvertes de forets, qui fournissaient 
une prodigieuse quantite de miel sauvage. Plus tard, ils 
Tallierent a la biere. 

Nous voyons dans Thistoire de Flandres que Philippe- 
le-Bel, Toi de France, supprima, en i3oi, les impots 
preleves a Gand sur la biere et Thydromel, afin de se 
concilier la faveur des Gantois : le vin et Thydromel se 
disputaierit les faveurs des gourmets. 

Apres le meli-melo qui precede, il ne nous reste plus 
qu*a signaler certaines pratiques vulgaires des mouche- 
tiers et les evolutions de leur art, en evoquant a cette 
occasion quelques souvenirs bibliographiques. 



* 
* * 



L'usage de faire un vacarme d'enfer sur les poelons, 
chaudrons, pelles ou vieilles faulx, quand un essaim 
s'envole a la recherche d'un nouvel abri, etait autrefois 
tres repandu. 

On lit dans les lois de Platon (liv. VIII) : 
(( Si, se laissant aller a la passion des abei. 
s'approprie les essaims d'autrui et qu'on les attir-" 
soi en frappant sur des vases d'airain, on dedomr, 
celui a qui ces essaims appartiennent », 



— 521 — 

Des lors. done on s'imaginait que les mouches sont sen- 
sibles aux appels qu'on leur fait 4 Taide de sons n^etal- 
liques. 

Ce prejuge sur rinfluence des sons metalliques s'est 
perpetu6 jusqu'a hotre epoque. Cast ainsi que dans le 
Glossaire de I'aneien theatre frangais^ on lit : « II neTaut 
pas faire tant de bruit; ce ne sont pas des abeilles : on ne 
les assemble pas aii son du chaudron » (i). 

Aristote, dont les ecrits pendant un grand nombre de 
siecles poserent la^ borne du savoir humain, s'occfupe 
beaucoup des abeilles dans son Histoire des animaiix, et 
il resume a peu pr6s toute la science apicole de son 
temps. Virgile n'a fait que la rev^tir des charmes de la 
poesie. Caton, Pline, Varron, Columelle, Palladius et 
d'autres auteurs venus ensuite n'ont fait, pour ainsi dire, 
que copier Aristote. En somme, ils n*avaient que des 
idees fort incompletes sur la physiologie de Pinsecte. 

Le mot ruche parait avoir une etyjnologie celte qui 
signifie a la fois ecorce et ruche. De meme dans notre 
ancienne \diX\gMe^ riisquc, en bas latin rusca, signifiait a la 
fois ecorce d'arbre et ruche, parce que les ruches etaient 
faites d'un seul ou de plusieurs morceaux d'ccorce, ainsi 
que Virgile nous Tapprend lui-meme : 

Ipsa autem, seu corticihus tibi suta cavatis (2). 

Les syst^mes de ruche ont vari6 selon les epoques et 
se sont multiplies a Tinfini. Souvent ce fut simplement 
un tronc d'arbre excave; on en fit en terre cuite, en 
ecorce, en li6ge surtout, ou bien en jonc tjesse, en paille 



(i) On peut donner deux explications plus raisonnables a cct immemorial 
sage, Quand le toonerre gronde aii loin, les apiarides s'erapressent de 
etourner a la ruche. Certains villag^eois veuleut done imiter la foudie pour 
:mp^cher Tessaim de sVloigncr. D*autre part, ce vacarme avertit les voi- 
ins de la ppursuite d'un essaim, moyennant (juoi le propri^taire de I'es- 
lim peut suivre son vol jusque sur le terrain du voisin ct Ty recueillir, sans 
^pondre d*autre chose que des d^gats qu*il pourrait y occasionner, 

2) G<orgiqHCs, IV, 33. 



522 -r 

mastiquee avec de la terre glaise ou de la bouse de 
vache, etc. 

On a decouvert, a Pompei, une ruche artificielle en 
metal, dont la figure assez singuliere se trouve dans le 
Dictiofinaire des antiquites grccqiics et romahics de Dakem- 
BEF<G et Saglio. Montfaucon donne une ruche d'aprcs un 
bas-relief remain, dans ses Antiquites expliquees (I, 204). 
Longtemps, dans la Gaule et ailleurs, on logca Tabeille 
dans des espfeces de fours construits en briques, ce qui 
ne devait pas etre tres commode. Enfin, Plinc nous ap- 
prend que sous Tempire romain, on faisait des ruches en 
cornc transparente ou en pierre spcculaire, permettant 
d'observer plus ou moins Tinterieur. 

La generalite des anciens qui nous ont laisse des ecrils 
sur Teconomie rurale, regardaient le rucher comme devant 
tenir une place importante dans toute exploitation; ce 
qui est d'autant moins ctonnant, qu'on ne connaissait 
d'autre sucre que le miel, lequel jouait un grand role, 
non seulement dans Talimentation, mais aussi dans les 
ceremonies du culte et des funerailles. La cire etait aussi 
un objet de premiere necessite. 

Voulant enseigner les devoirs et les principes qui 
doivent regner, surtout dans le gouvernement des mai- 
sons religieuses, principes de Tobservation dcsquels 
depend le bonheur, Thomas de Cantimpre, ecrivain 
ascetique du xvii*" siecle, n*a pas dedaigne de faire un 
volume ayant titre : Bonimt universale de apibiis (le bien 
universel tire des abeilles). La traduction fran^aise, im- 
primce a Bruxclles, en i65o, prend soin de rappeler que 
Tauteur a cu pour but de faire « voir la tres ceitaine doc- 
trine de TEglise, reluire et esclater en la nature, es admi- 
rables emploies et industrieuses oeuvres des abeille^ ^^ 



(1) Voir dans les bulletins de 1 Acadtmie royale da Belj;i(|ur (t. .v*... 
partie, i852), une dissertation intitulee : Thomas de Catiiimpri iitfiujue coh 
wu des sources oil Albert le Grand ei surtout Maerlnut ont puise Us mn*^^'^' 
leurs ecriis stir Vhisioire natureJle, par Bormans. 



— 523 — 

Quant 4 Tapiculture, le* plus ancien traite flamand 
qu'on connaisse est celui de Clutius, ou Augier Cluyt, 
ne a Leyden. En voici le titre traduit en fran?ais : des 
abeilles, de leur origine merveilletise, nature, propriiti, 
oiivrages inou'is et tares. 

L'apiculture, cette supreme poesie de la vie rurale, 
fut presque toujours encouragee chez nos a'l'eux. Henri IV 
se fit gloire de la stimuler par des recompenses, et, au 
si6cle dernier, Marie-Th6rese, imperatrice d'Autriche, 
tetita de lutter contre Tindifferencfe : elle institua des 
cours speciaux, et un 6tudiant d'Erfurt 6crivit, en 1770, 
pour Tobtention du grade de doctetir dans la faculte de 
philosophie, une dissertation latine en 82 paragiaphes, 
traitant de cette industrie chami5etre. 

Nqus avons vu, a la Bibliotheque royale de Belgique, 
que I'abbaye de Postel possedait 2.344 ruches, et le 
menwDire statistique de M. Thomassin porte qu'il y avait 
en 1806, rien que dans le depart ement de FQurthe, 
12,798 ruches. 

Les m6thodes raisonnees furent tres lentes a remplacer 
Tempirisme. 

II 3^ a moins d'un si^cle, les masses croyaient encore 
que la cire provient tout simplement de la poussi6re des 
6tamines. De la cette devinette calembourique et tinta- 
maresque connue dans nos Flandres : 

Wat was was 
E^r was was was? 

Traduction : Qu'etait la cire avant que la cire ne fut 
cire? La reponse etait : poussiere de fleur. 

Enfin, on vit se produire successivement les veritables 
elateurs de Tapiculture moderne. 

la suite du bruit fait autour des trois remarquables 

rages publics par Schirach, la Societe des Sciences 

'les Arts de Bruxelles eut Tidee d'ouvrir, en 1777, un 

'".ours sur les meilleures m6thodes i suivre pour la 



- 524 - . 
culture des abeilles. Trois prix fureiit decernes, le pic- 
mier a un M. Seghers, cure de St-Leonard, pres d'Hoog- 
straetcn. Les memoires recompenses, qui se trouvent a 
la Bibliothfeque Royale de Bruxelles, ne sont pas sans 
me rite. 

Parmi les observateurs les plus distingu6s, on cite par- 
ticulierement Francois Huber, 116 a Geneve, en i75o, 
qui, quoique aveugle, en remontra aux plus clairvoyants, 
grace au concours actif, zele et intelligent que lui pr6- 
tait son fiddle domestique Burnens. 

Mais nous ne pouvoiis abuser de la bienveillante 
attention du lectcur, 

Bornoiis i;i iiotre carriers : 

Les lonys ouvraijes .me font jiPiit; 

Loin d'^^uLser une mali^re, 

11 n'en fjut prendie que la lleur. 

Jules De Soignie, 



RAPPORTS 



SUR LES 



XTravaui 6es Soci^t^s Ut>tttcB 




BELGIQUE 



Soci^U Arch^ologique de Bruges 

i ARM! les piincipales acquisitions faites au 

' couis de I'exercice 1897, par la Socicte Ar- 

cheologique de Bruges, nous mentionnerons 

les suivantes, d'apres I'ordre d'entree : 

1° Vase en terre cuite, apode et sans anses (xiv™' siccle) ; 

2° Un pendentif de balustrade d'escalier en bois de 

chene (xvn"" siecle); 

i° Tableau obituaire de Franfoise de Beer, 6pouse de 
Nicolas de Schiefere (xvn"'" siecle); 

4" Plan du manoir >< Ter panne » a Coolkeike 
(xv"" si6cle); 

5° Plan terrier'de la place du grand marcho a Bruges, 
ec indication nominative des maisons et monuments 
blics qui bordent cette place (1760); 
')" Taque de foyer, representant le jugement de Salo- 
■n (xvii""^ siecle) ; 

" Taque de foyer, representant I'adoration des mages 
vii"" siecle); 



— 528 — 

8^^ Trois flutes de dimensions diverses, dont une petite 
en bois rtoir (xviii™^ siccle); 

9^ Horloge en cuivre, forme cartel losange (xvni"*' 

siecle) ; 

lo^ Tableau obituaire en losange de Jean-Lopez Gallo, 

baron de Maele (xvi"''* siecle); 

iio Briquet a armature de pistolet avec crosse (xviii'"' 

siecle) ; 

12° Trepied, support de fer a repasser, avec plaque en 
cuivre ajouree (xviii'"*-" siecle); 

i3^ Fac-simile do la peinture d'un tornbeau decouvert 
place St-Jean, a Bruges (xv"" siecle); 

14^ Fac*simile de la peinture d'un tornbeau decouvert 
dans la chapelle St-Basile, a Bruges (xv"^*^ siecle) ; 

i5« Taque de foyer avec inscription : Joannes Baptista, 
{1640); 

16° Treize grenades, dont quelques-unes munies de 
leur porte-meche en bois, et 16 silex pour armes a feu 
(xviii"''' siecle) ; 

170 Six panneaux de lambrissage en bois (xvii™'' siecle) ; 

18'' Fragment d'arcature en pierre des Ecaussines, 
avec sculpture en ogive (i528); 

19^^ Madone sculptee en bois de chene (xv™*" siecle); 

20*^ Reliure en vcau brun jaspe, aux embl^mes dores 
de la corporation des chirurgiens (xvii"''' siecle) ; 

21° Etouffoir en terre de poterie rouge (xviii"'*" siecle) ; 

22^ Chaise a porteurs pour malades et infirmes (xviii"''' 
siecle) ; 

23^ Branche de luminaire en fer forge, aux armes de.,. 
(xvii™*-" siecle) ; 

24^ Huche a bois, en bois de chenc, avec oanneauj 
sculptes en feuillcs dc parchemin (xvi"'^ siecle); 

25° Reproduction sur carton d'une peinture ... 
dccouverte dans Teglise St-Basile (xv"""" siecle) ; 

26° Jeton en cuivre a I'effigie de Philippe II v;c 
banal frangais (xvi"""' siecle) ; 



X 



— 529 — 

270 Fer a gaufres representant en creux Tagneau pascal 
et un ecu heraldique (xvii"''' siecle); 

28" Huche a bois, en bois de chene, avec panneaux 
sculptes en feuilles de parchemin (xv"''' siecle); 

29° Lot de briques recueillies a Coxide-lez-Furnes, sur 
Templacement jadis occup6 par Pabbaye des Dunes (xiii"'*' 
siecle) ; 

3o<^ Une boite en bois avec poids de balance de preci- 
sion, pour medecin (xvii""' siecle); 

3i^ Boulets en pierre Ou projectiles de canon. Divers 
formats (xvi™^ siecle) [i3 exemp. j; 

32" Pierre schisteuse renfermant Tempreinte d'un 
lezard (antediluvien) ; 

33^ Quatre panneaux de jube en chene sculpte, aux 
attributs ^le la musique (xviii™'' siecle) ; 

34"^ Une huche 'k bois, en bois de chene portant six 
panneaux sculptes (xv'"*-* siecle); 

35'' Douzc cuiliers en etain, de forme ronde (1641);. 

36° Medallion en fonte, representant en relief et de 
profil, Teffigie du graveur de Meulemeester, nc a Bruges 
en 1774. 

37^' Peintures mu rales decouvertes dans I'eglise Ste- 
Walburge, a Furncs, iStoiles (xv"'*" siecle) ; 

38" Caissc de clavecin avec couvercle. decorc d'un 
paysage peint a Thuile (xviii"'*' siecle); 

39^^ Une lampc dc tisserand et une petite cruche en 
terrc cuitc (xvi""" siecle). 

Grace a la generosite de TAdministratioii communale 
et a celles de plusieurs de nos concitoyens, nos collec- 
tions se sont accrues dans des proportions tres satis- 
faisantes. 

Le musee, qui occupe une partie notable du rez-de- 

:haussee des Halles, continue a recevoir de nombreux 

isitcurs. Tons Ics dimanches de Tannee il est accessible 

'1 public, gratuitement, de 11 a i heures. Aux autres 

iirs de la semaine, il est ouvert contre payement d'un 



— 53o — - 

droit proportionnel, a savoir : pendant la periode d'hiver 
les mardi et vendredi matin, de lo a midi, de 2 a 4 
heures; pendant la periode d'ete, tous les jours ouvrables, 
le matin, de 10 a i heures, et Tapres-midi, de 2 a 5 
heures. 

Le Comite Directeur de notre Societe est compos6 
comme suit : Prisident, Mgr le chanoine baron F. 
Bethune; i'^'' Vice-president, M. le docteur de Meyer; 
2*" Vice-president, M. Alfred Ronse, membre de la Cham- 
bre des Representants; Tresorier, M, Alf. Van de Walle, 
conseiller communal; Conservateur, M. A. Maert, archi- 
tecte provincial; Conservateiir-adjoint, M. Ch. de Wulf, 
architecte communal; Secretaire, M. Jules Colens, con- 
servateur des archives de TEtat; Mcmbres, MM. Vincent 
Steyart; L. de la Censerie, architecte; E. Feys, comte 
Herwyn et baron J.-B. Bethune, membre de la Depu- 
tation permanente de la Flandre Occidentals 

Le membre SccreUiire, Le President, 

Jules Colens. B" F6lix Bethune. 



Societe d'Emulation pour T^tude de I'Histoire 
et des Antiquites de la Flandre 

Pendant Tannee 1897, I21 Societe d'Emulation pour 
TEtude de THistoire et des antiquites de la Flandre a 
distribue le tome X de la 5'"* serie de ses Annates. 

Ce volume de 514 pages romprend L'mivre de Jean 
Brito, prototypographc brugeois, par M. Gilliodts-Van 
Severen, archiviste de la ville de Bruges. 

L^auteur donnc d'abord Texpose des opini< 

textes des principaux biographes qui ont traite ant 
rement, surtout a la fin du sicclc dernier, de V--' 
et de la valeur de Jean Brito. 



— 53i — 

II s'occupe ensuite de ses ouvrages connus et des pieces 
nouvelles qui ont ete decouvdrtes aux archives de Bruges. 
Puis il s'eiforce de remettre le personnage dans sa verite 
historique, de combattre les preventions, de dissiper les 
erreurs qui ont ete accumulees pour Tobscurcir et Tamoin- 
drir; en un mot, de le poser dans sa vraie lumiere, en 
le montrant dans sa double qualite de prototypographe 
et de litterateur. 

II conclut que, conformement 4 la fameuse inscription 
latine de son « Doctrinal », Jean Brito etait brugeois, 
qu'il etait imprimeur et qu'il etait inventeur de Tart de 
rimprimerie. II demontre la veracite de la triple affirma- 
tion de Brito, a Taide de faits et de textes authentiques, 
irrecusables, et apr^s Tavoir justifiee, il detruit, par la 
critique, les assertions contraires des bibliographes. 

L'auteur ajoute, en fac-simile, trois feuillets du « Doc- 
trinal )), d'apres des epreuves qui ont 6t6 trouvees par 
son prcdecesseur M. Bossaert^ dans la couverture d'un 
vieux registre du depot confie ^ sa garde. L'un d'eux 
contient pr6cis6ment, a la suite de VExplicit, le sixtain 
latin precite. 

II cite, entre autres, un document de la plus grande 
importance, un texte des Memoriaux de jfean-le- Robert, 
abbe de Saint- Aubert, i Cambrai, disant que deux 
exemplaires d'un « Doctrinal » imprime en caracteres 
monies, jetes en moule (geste en mollc), furent achetes a 
Bruges, en Janvier 1445 (v. s.). 

II existait done a Bruges un ouvrage imprime en ca- 
racteres mobiles, 12 ans avant Tapparition de la fameuse 
Bible de Gutenberg, qui date de 1457. 

Or, di verses sentences echevinales de 1403 et de 1426 
ouvent qu'il eut ete mat6riellement et moralement 
^possible, a Bruges, au xv™* siecle, de vendre des pro- 
lits de la typographic etrangere. D'autre part, cc 
Doctrinal » imprime ne pent 6tre que le a Doctrinal » 
Gerson^ imprime i Bruges, par Brito, et dont il 



— 532 — 

n'existe plus (]u'un seal exeniplaire connu : car il est 
caracterise par les termes memes dc la souscription,^t'//6' 
en mollc, C^est un volume de 32 feuiilets, sans date, con- 
serve a la Bibliotheque de Paris, et les 3 feuiilets trouves 
a Bruges en sont des epreuves. 

L'auteur prouve ensuite que les premiers ouvrages im- 
primes a Bruges, par Colard Mansion, ont paru en 1453 
et meme en 1450, assurant ainsi a Bruges Thonneur de 
la decouverte de Timprimerie en caract^res mobiles, en 
lettres moulees, car Tart de Timprimerie xylographique 
existait deja anterieurement et 6tait en usage a Bruges. 

Le savant archiviste etablit, en outre, que la Bible de 
Gutenberg n'est pas imprimee au moyen de caracteres 
en fonte, mais que la composition en a 6te.faite tout au 
plus en caracteres mobiles, mais syllabiques et graves ou 
tailles. 

Le veritable inventeur de Timprimerie fut celui qui, le 
premier, imagina dc graver en relief des poinfons, d'en 
frapper des matrices et d'y couler des caracteres; d'im- 
primer au moyen dc caracteres coules dans un moule, 
jetes dans ua moule, gcttc en inollc, 

M. Gilliodts produit ainsi, en favour de Tecole de 
Bruges, un monument typographique, piece reelle, 
tangible, d'une authenticitc incontestable; specimen dc 
caracteres mobiles en fonte, non tailles, par lames ou 
graves par planches, portant le nom du typographe et 
Tattcstation de sa triple qualite de citoyen de Bruges, 
d'imprimeur et d'inventeur. 

La ville de Bruges n'est pas seule interessee dans 
cctte question. La Belgique tcute entiere y rcvendique 
sa part. 

Au Congrcs, dont la session a etc tenue a Ma 
1897, par la Federation des socictcs archeolog.v.^ 
historiques, M. Henri Cordemans a fait conna- 
decouverte de trois incunables qui prouvent qu'on ^ 
mait deja en cette ville en 1457, peut-etre m^^v 



— 533 — 

1455, au couvent de Bcth'anie, Le fait qu'on imprimait 
A Malines des 1457 so comprend facilement, s'il est vrai 
que Jean Brito, bourgeois de Bruges, fut Hnventeur de 
rimprimerie, et imprimait en caracteres typographiques 
avant I'annee 1446, et il n'etonnera plus ceux qu'au pre- 
mier abord il a surpris et peut-etre laisses incrediiles. 

Le Secretaire^ Le Vice-President, 

L6ON DE FOERE. FeYS. 



BRUXELLES 
Society d'Arch^ologie de Bruxelles 

Nombre des meinbrcs, — La Societe, a la fin de Tannee 
1897, comptait 717 membres. 

Seaftces. — Elle a tenu, au cours de cet exercice, trente 
s6ances, qui se denonibrent comme suit : une seance 
generale annuelle; neuf seances gencrales mensuclles; 
dix seances de la commission administrative; huit seances 
de la commission des publications et deux seances <de la 
commission des fouilles. 

Communications. — Au cours des seances gencrales, ses 
membres out suivi la lecture ou entendu Texpose de 
nombreux rapports et etudes sur les sujets les plus divers 
de Tarcheologie et de Thistoire de Tart. 

MM. J. Destree, le docteur Raeymaekers, Van Haver- 
maet, Tabbe J, Claerhout, Bigvvoord, Sibenaler, Foils, 
Depoin, le docteur Tihon, A. Joly, van Malderghem, 
Hankar, de Raadt, G. Cumont, Ed. Laloire, Lhoest, 
He Latre du Bosqueau, C.-A. Scrrure, Lcclerq, Merghe- 

nck, Vannerus, Schweisthal, Michel, Chibert, Bekaert 
t le B"" de Loe ont entretenu tour a tour leur confreres 
»o Taccroissement de nos musses, de nos excursions, du 



— 534 — 

resultat de nos fouilles scientifiqucs, de la protection des 
monuments, des procedes ^ employer pour assurer la 
conservation des objets d'antiquite exhumes, de Thistoire 
proprement dite, de Tarcheologie des monuments anciens 
de Java, de Tart barbare, de numismatique, d'heraldique 
et de genealogie, de nos anciens sculpteurs et peintres, 
de rhistoire des arts somptuaires, de la tapisserio, de la 
ceramique d'art, des armes et des armures, enfin, de 
rhistoire des confreries flamandes a Tetranger. 

Expositions. — D'interessantes exhibitions d'objets 
anciens ont, en outre, precede chaque seance generale. 
Une mention toute speciale est due a deux expositions 
qui ont ete offertes a la Societe, en dehors de ses locaux 
et de ses seances. 

Le 3 fevrier, M. A. Hannay recevait chez lui les 
membres de la Societe qu'interesse particulierement 
Tetude de la ceramique d'art. Cette obligeante pensec a 
permis a un grand nombrc dc nos confreres d'admirer et 
d'etudier la collection trcs complete d'objets de ce genre 
qu'il a reunie. 

Les 5, 6 et 7 avril suivant, M. et M'"* Paul Errera 
ouvraient aux membres de la Societe, leur h6tel de la rue 
Royale, oil ils avaient fait disposer les nombreuses et 
remarquables pieces que composent leur collection 
d'etoffes, de tapisseries et de tissus anciens. 

Coftfereiiccs., — M. Jules Leclerq, le voyageur intrepide 
et erudit bien connu, a entretenu la Societe des monu- 
ments de la civilisation hindoue qu*il avait pu etudier au 
cours d'un voyage aux Indes neerlandaises, accompa- 
gnant son interessante conference de projections de vues 
photographiques. 

Fouilles. — Des fouilles ont et6 faites sur pk 
points differents du pays : a Anderlecht, a Sair 
Sart, a Tirlemont, a Pietrain, a Noduwez, a Mari 
Enines, a Op-Heylissem, a Florenville, a Mar 
Champion, a Menil-Hotton, a Helderghem, a Ou 



— 535 — 

Liedekerke, ^ Teralphene, ^ Santberghen, a Jodoigne, 
etc... 

Collediofis d'itude. — Nos collections d'6tude se sent 
enrichies d'un certain nombre d'objets int6ressants legus^ 
de la commission des fouilles surtout, ou offerts par de 
genereux donateurs. 

Bibliothiqtie . — L'exercice 6coule a ete satisfaisant aussi 
en ce qui concerne les accroissements de la bibliotheque : 
au point de vue des periodiques, nous echangeons' a ce 
jour nos annales contre i5o publications d'anthropologie, 
d'archeologie et d'histoire. Quant a la bibliotheque pro- 
prement diie, elle s'est augmentee de 3i5 ouvrages. 

Excursions. — Rappelons aussi les excursions fort 
attrayantes et toutes tr6s suivies que nous avons faites a 
Floreffe et a Namur, a Villers-la-Ville et a Tongres. 

Publications. — Nous avons fait paraitre le tome XI de 
nos Annales et notre Annuaire 1897, tome VIII. 

Le premier represente un beau volume in-8^ de 488 
pages, illustre de i3 planches, dont une en couleur, et 
de 7 dessins dans le texte. 

Le second constitue une importante brochure in- 12 de 
i5i pages. 

Le Secreiaire-GeHeral, 

B°" Alfred de Lofi. 
• Bruxelles, le 14 mars 1898. 



BRUXELLES 
Soci6te royale de numismatique de Belgique 

a societe royale de numismatique tient chaque annee 
ax assemblies generales, au cours desquelles sont 
ites des sujets interessant la science des monnaies, 
''t de la medaille. En 1897, ces reunions ont eu lieu ^ 



— 536 — 

Tournai, le 25 avril, a la Halle aux draps, et a Bruxellcs, 
le i8 juillet, au Palais des Academies. Diverses com- 
munications y ont ete faites. A Tournai, par MM. Van 
Hende, Simonis, Bordeaux, Vanden Broeck, comte de 
Limburg-Stirum et A. de Witte; a Bruxelles, par MM. 
Picque, baron Bethune, abbe Daniels, Alvin, Vicomte 
B. de Jonghe et A. de Witte. Cette derniere assemblee 
a ete marquee par une petite manifestation en Thonneur 
de M. Ed. Vanden Broeck, qui rendait compte, pour la 
trente-troisieme et derni6re fois, de sa gestion de tre- 
sorier de la Societe. 

Le volume de la Revue beige de numismatique, que 
chaque annee fait paraitre la Soci6te, contient cette fois : 

I. — Monnaies en or des empereurs Tr6bonien Galle 
et Volusien, par M. J. -A. Blanchet (France) ; 

II. — Monnaies de Reckheim, par M. le Vicomte B. 
de Jonghe; 

IIL Monnaies des comtes de Limburg-sur-la-Lenne, 
par M. le Comte T. de Limburg-Stirum; 

IV. — Sous tapes et sous marques, par M. F. Alvin; 
r V. — Les pieces d*or et cVargent a reffigie de Tempe- 
reur Francois P% frappiics a Anvers, en lySi, par M. A. 
de Witte ; 

VI. — La mcdaillc de Genevieve d'Urfe, duchesse de 
Croy, par M. C. Picque; 

VII. — Notes sur quclques plateaux de balance, par 
M. Maxe-Werly (France); 

VIII. — Les deniers consulaires restitues par Trajon, 
par M. M. Bahrfeldt (Aliemagne); 

IX. — Les jetons et les medailles d'inauguration. 
frappes par ordre du gouvernement general aux 

Bas Autrichiens (1717-1794), par M. A. de Witte 

X. — Medailles de Tecolc des Beaux-Arts d"^ 
de Lille et origines de cet etablissement, par ^y^. _. 
Meunynck (France); 



— 537 -- 

XI. — Le nom de Jesus employe comme type sur les 
monuments numismatiques du xv'"* siecle, principale- 
en France et dans les pays voisins, par M. J. Rouyer 
(France) ; 

XII. — Un sceau de Burckard, seigneur de Fenes- 
trange ou Vinstingen, par M. le V"JB. de Jonghe; 

XIII. — Un denier frappe a Mayence, par I'Empereur 
Lothaire I", avant le traite de Verdun (843), par M. le 
V^^ B. de Jonghe; 

XIV. — Une conclusion, par M. Lemairc; 

XV. — Quelques mots sur deux monnaies Okha- 
niennes, par Mubarek Ghalib bey (Turquie); 

XVI. — Deux testons inedits de Sebastien de Mont- 
faucon, eveque de Lausanne, par M. C.-F. Trachsel 
(Suisse) ; 

XVII. — Des fausses monnaies, par M. J.-E. Ter 
Gouw (Pays- Bays); 

XVIII. — Pierre Lorthior, graven r en medailles du 
Roi, par M. E. van Hende (France); 

XIX. . — Un cinquienne d'ecu de Philippe II, frappe k 
Arras, en i582, par M. le Y"" B. de Jonghe; 

XX. — Le « civitat » de Jeanne de Merweede, par M, 
Tabbe P. Danids; 

XXI. — Les ducats d'or d'Aymon de Montfaucon, par 
M. C.-F. Trachsel (Suisse); 

XXII. — Medaille gravee de Marie de la Chatre, 
dame de Chateauneuf-sur-Cher, femme de Guillaume de 
TAubespine, maitre des requetes de THolel du Roi, par 
M. J. Rouyer (France); 

XXIII. — Note sur les sceaux des corporations de 
netiers de la ville de Hasselt, par M. C. Bamps. 

Les melanges qui rendent compte des menus faits de 

L numismatique, ont ete fournis par MM. Bordeaux 

^France;), Ed. Vanden Broeck, Vicomte B. de Jonghe, 

baron de Chestret de Haneffe, chevalier Von Ernst (Au- 



— 538 — 

triche), F. Alvin, L. Blancard (France), J. Mayor (Suisse), 
van der Beken, Ter Gouw (Pays-Bas), Comte T. de 
Limburg-Stirum, Baion Bethune, J. Simonis, Lemaire 
et A. de Witte. 

Les medailles beiges contemporaines ont ete decrites 
par M. A. de Witte. Le comit6 directeur de la Revue 
beige se composait, pour Tannee 1897, de MM. le Vi- 
comte B. de Jonghe, Comte T. de Limburg-Stirum et 
A. de Witte. . 

Au i" octobre dernier, la Societe royale de Numisma- 
tique de Belgique comptait en tout 207 membres. 

• Le Sccretaire-Bibliothecaire, 

Alphonse de Witte. 



Soci6t6 Centrale d' Architecture de Belgique 

La tache qui nous incombe aujourd'hui de vous pre- 
senter le rapport des travaux effectues cette annee par 
la Societe Centrale d'Architecture, nous est particulie- 
rement agreable et facile. 

Une solcnnite importante a marque Texercice ecoule. 
La Societe Centrale d^Architecture a celebre avec eclat 
le XXV"'*' anniversaire de sa fondation. C'est pour nous 
un veritable plaisir, a cette occasion, de rendre un horn- 
mage merite a ceux qui, en 1872, constituaient la modeste 
association qui devait etre le noyau de Timportante 
Societe d^aujourd'hui, a ceux qui ont realise cette idee 
de grouper tous les architectes du pays, d'unir leurs 
efforts unanimes pour la prosperite de TArt archite'^*'" 
et la revendication integrale de nos droits. 

Depuis vingt-cinq ans, ces memes hommes n'ont v 
de travailler dans ce but; les idees qu*ils ne cessc. 
d'cmettre et dont Tapplication ne pouvait que conc*^ 



— 539 — 

au bien-etre de tous, ont aujourd'hui triomphe. L'utilite 
des mesures A prendre, dont I'initiative leur revient sans 
partage, Torganisation d'expositions retrospectives et 
modernes, tant d*autres travaux sont leur oeuvre et font 
honneur a ces vaillants. 

L'ann6e 1897 a et6 marquee pour nous d'un autre 
fleuron de gloire. 

Je veux parler du Congres international des Archi- 
tectes, tenu k Bruxelles, du 28 aoiit au 2 septembre, sous 
le haut patronage de S. M. le Roi, Congres auquel vous 
avez tous assistes, et dont vous avez pu apprecier Tindis- 
cutable et probant succes, qui a surpasse nos esperances. 

De toutes parts nos confreres sont accourus, empresses 
et nombreux. Trois cent trente-sept architectes ont pris 
part a ces int6ressantes assises ; parmi eux se trouvaient : 
JO AUemands, 7 Autrichiens, i53 Beiges, 5 Am6ricains, 
69 Franjais, 10 Anglais, 3 Italiens, 10 Hollandai's, 
I Portugais, 2 Russes, 4 Suedois, i Suisse, i Turc et 
I Egyptien. 

Je n'entreprendrai pas de rendre compte ici du detail 
des travaux effectues par ce Congres, ni des solennites 
auxquelles ont donne lieu ces assemblees. Vous en avez 
tous et6 t6moins et tous nous avons le droit d'etre fiers 
du r6sultat de Tentreprise. Qu'il me soit simplement per- 
mis de constater que le Congres, qui vient a peine de 
se clore, a puissamment servi non seulement la cause des 
architectes et affirme une fois de plus le bien fonde de 
leurs revendications ; mais qu'il a servi egalement la 
cause de TArt, dont nous sommes les adeptes, et qui fut 
et restera notre preoccupation constante. 

Permettez-moi egalement, Messieurs, d'exprimer en- 
core en votre nom a tous, nos remerciments a notre 

3voue president, M. V. Dumortier, qui a conduit et 

irige les travaux du Congres, non seulement avec 
iitant de tact et d'autorite, mais encore avec la courtoi- 

a et la cordiality d'un confrere et d'un ami. 



— 540 — 

Grace aux circulaires que nous avons envoydes i tous 
les architectes beiges, grace surtout aux demarches per- 
sonnelles de notre president, Teffectif de notre Societe 
est considerablement augmente. Notre Association compte 
actuellement 3o membres d'honneur, gi membres eft'ec- 
tifs, 1 35 membres correspondants beiges et 43 corres- 
pondants etrangers. Elle est, de plus, en rapport avec 
27 societes correspondantes. 

Malheureusement, il nous est penible, Messieurs, de 
devoir consigner les pertes irreparables que nous avons 
eprouvees par la mort de M. Felix Laureys, architecte, 
membre de TAcademie royale de Belgique, membre 
d'honneur de notre Societe, et par celle de M. Pinchart, 
membre effectif. 

Lors des funerailles de ces regrettes confreres, notre 
president s'est fait un devoir de rappeler les qualites de 
ces artistes universellement respectes. 

La Societe a pris part a la souscription ouverte pour 
Terection d'un monument commcmoratif a la memoire 
de M. Pierre Dustin, afin de^prouver sa reconnaissance 
a celui qui a toujours defendu avec tant de desinteresse- 
ment les interets de la Societe. 

Nous avons demande et obtenu la mise au concours 
de riiopital et de Tecole de gaifons a Etterbeek, et de 
Tecole d'Huyssinghen. 

L'administration communale de Schaerbeek, accedant 
a notre desir, a mis au concours les facades appelees a 
encadrer la maison communale, ce qui a donne a plu- 
sieurs d'entre nous Toccasion de se distinguer. 

MM. Van Massenhove, Van Beesen et Grothaest ont 
I obtenu de nombreux prix a ce concours. 

Puisque nous parlous de succes, signalons la proi 
tion ou la nomination dans I'ordre de Leopold, de \! 
Bordiau (commandeur), Blomme, Delacenserie (officie 
Cloquet, Maukels, Licot, Senten, Saintenoy et Thiric 
nommes chevalier. 



— ^41 — 

La Spciete, toujours fifere de Thonneur qui est fait a 
ses membres, a regu solennellement ces messieurs, et le 
president l.eur a adresse un discours empreint d^une 
parfaite cordialite. 

L'exposition de Bruxelles 1897, ce grand element 
d'emulation, a 6te egalement pour nos membres une 
cause de succ^s. 

Nous devons signaler, parmi ceux qui se sont distin- 
gu6s : 

Pour Tarchitecture : MM. Saintenoy, De Wulf, Thi- 
rion et Verhelle. 

Pour la sculpture : M. Samuel. 

Pour les habitations ouvri^res : MM. Defontaine, Van 
Beesen, Gelle et Van Dormael. 

Hygiene publique : MM. Poupihel et Fernand Symons. 

Architecture, Industrie du batiment : M. Brunfaut. 

Ameublement : M. Crespin. 

Industrie du batiment : MM. Delpy, Ghysen, Lam- 
bot et Marcq. 

M. Lucas membre d'honneur, obtient la medaille d'ar- 
gent pour la Caisse de defense mutuelle des architectes 
franfais. 

Nos coi\freres hollaHdais ont c6lebre avec eclat, le 17 
mai dernier, le 70"' anniversaire de M. Cuypers, Temi- 
nent architecte hoUandais, et membre d'honneur de notre 
Societd, qui a obtenu la medaille d'or de Pinstitut royal 
des Architectes britanniques. 

De grandes fetes ont ete donnees a Amsterdam, a cette 
occasion. Nous nous sommes associes a ces manifesta- 
tions, en envoyant des telegrammes de felicitations a 
notre membre d'honneur. 

VInstitut royal des Architectes britanniques a celebre, 

te annee aussi, son So""*" anniversaire. 

Sfous avons egalement temoigne a nos confreres anglais 

ite notre sympathie en cette solennelle occasion. 
n Congres national des aKchitectes frangais avait lieu 

^0 



— 54? — 

cette annee, a Lille, le i8 juin dernier. Votre Comite, 
de commun accord avec la Socicte Regionale des Archi- 
tectes du Nord, organisa une excursion qui a duse bor- 
ner, faute de temps, a la visite sommaire de Tournai, 
Bruxelles et Anvers. 

Soixante-sept congressistes, sous la conduite de MM. 
Lucien Etienne, Boileau, Poupinel et Georges, respec- 
tivement Vice-President, Secretaire general et Secretaire 
de la Society Centrale des Architectes fran^ais, et de 
M. Dubuisson, President de la Societe des Architectes 
du Nord de la France, ont pris part a ces excursions. 

Ces Messieurs ont ete refus ^ Tournai, par une dele- 
gation de la Societe Centrale d'Architecture de Belgique, 
et par nos confreres tournaisiens, sous la conduite des- 
quels ils ont visite les principaux monuments. lis sont 
arrives le soir a Bruxelles, nous les avons regus dans 
notre local, ou nous avions organist un raout en leur 
honneur. 

Le lendemain, nous leur avons fait voir les differents 
monuments de la ville, le nouveau quartier Nord-Est 
et TExposition de Bruxelles 1897; le jour suivant, les 
congressistes et les membres de la Societe ont visite 
Anvers, sous la direction de nos confreres anversois. 

De retour a Bruxelles, les architectes frangais prennent 
le train pour Paris, enchantes de leur reception en Bel- 
gique et en promettant de revenir lors du Congres inter- 
national du mois d'aout. 

Nous avons vu que ces Messieurs ont tenu parole et 
nous avons etc heureux de les recevoir en grand nombre 
lors de notre Congres. 

Independamment des travaux du Congres, notre So- 
ciete s^est occupee, cette annec, de questions de 1? - 
haute importance, entrc autres de la nomination d'e:. 
aupres des tribunaux. L'annce derniere deja, vous ' 
decide de tenter un accord entre les Societes des C^ 
rations des Geometres, des Entrepreneurs, des Ing*^"! 



L 



et se mettle d'accord avec I'auteur. 

Les excursions qui ont et6 faites cette annee sont les 
suivantes : 

!•> Chateau des Comtes, a Gand ; 

2" Visite aux travaux de la gare d'Anvers ; 

3° Visite auxtravaux de I'Exposition de BnixellcB, 1897. 

M. Daniel Franken vous a lu un tr6s int^ressant rap- 
nort sur les deux premieres excursions, et M. Gaston 

nciaux, un non moins int6ressant sur la troisifeme. 

Les membres ont eu ^galement la bonne fortune de 

siter en detail, au mois de juillet dernier, la section 
js Sciences t I'Exposition de Bruxelles 1897. 



— 544 — ^ 

Guides par MM, Dollo, Van den Broek et Cuvelier, 
ils ont successivement parcouru TExposition des marbres 
et des materiaux de construction. 

Notre bibliotheque s'est enrichie, cette annee, de nom- 
breux volumes : volumes de la Federation des Archi- 
tectes allemands; volume des Congr^s internationaux 
des Architectes fran^ais; ouvrage interessant de M. Otto 
Wagner; splendides photographies de monuments des 
Etats-Unis. 

Nous possedons actuellement 2,000 volumes et 60 col- 
lections de periodiques, dont la plupart sont echangees — 
contre le journal I' Emulation. 

Puisque nous parlons du journal rEmiilation, permet- 
tez-moi d'adresser tous nos eloges et nos sinceres remer- 
ciments a ses devoues collaborateurs, 

Lors de Torganisation du Congres, le journal, par ses 
publications, nous a ete un pr^cieux auxiliaire; grace au 
devouement et a Tactivite de tous ses membres, rEmula- 
Hon reste Tune des premieres publications d'architecture. 

Nous terminons, Messieurs, ce rapport, qui rappelle 
aussi fidelement que possible le resultat des travaux de 
la Societe. Comme nous le disons plus haut, Tavenir 
s'ouvre ^ nous sous d'heureux auspices; cefte annee nous 
a fait voir la force de notre association; cependant, de 
nombreuses et importantes questions restent encore sans 
resultat et demandent a 6tre reetudiees. Ne nous repo- 
sons pas trop sur les lauriers obtenus, roais que chacun 
apporte, dans la mesure de ses aptitudes, une part de 
travail dans Tinteret general. 

Le Secretaire, 

H. Bernimo 



tr^ 



— 545 — 



ENGHIEN 
Cercle Arch^ologique d'Enghien 

Le Cercle a termini la publication du tome V de ses 
Annates, il contient notamment une notice de M. le comte 
d'Auxy de Lauhois, sur une pierre tombale retrouvee au 
chateau de Warelles, a Petit-Enghien; une bonne mono- 
graphie de la commune de Bievene, par MM. Delvin et 
Guignies, ornee d'un ancien plan de ce village; une note 
sur la grange dcs pauvres a Braine-le-Comte, par Ernest 
Matthieu; une biographie de Benjamin et Edouard 
Mary, par le meme; une lettre de M. G. Cumont, sur 
des monnaies du xv™*" siecle, decouvertes a Hoves ; des 
Melanges et des Notices necrologiques. 

En conformite de la resolution prise dans Tassemblee 
generale de cloture du Congres de Malines, le Cercle 
archeologique d'Enghien.s'occupe activement d'organiser 
de la maniere la plus fructueuse, la XII 1"'^ session de la 
Federation des societes d'archeologie et d'histoire de 
Belgique. 

Le Secretaire, 

E. Matthieu. 



HASSELT 

Society chorale et litteraire « Les Melophiles » 

de Hasselt 

Comme le titre Tindique, la Societe comprend deux 

ictions : une musicale, qui organise des concerts et des 

Is, et une scientifique et litteraire, qui organise des 



/ 



— 546 — 

conferences donnees par ses membres ou des Strangers 
et qui public chaque annee un bulletin de loo a 3*X) 
pages, comprenant des travaux historiques ou archeolo- 
giques concernant surtout la province de Limbourg. Le 
34"'' volume de ces bulletins annuels est en ce moment 
sous presse. La Societe envoie ses bulletins a toutes les 
societ6s qui lui en proposent Techange. Elle met i la 
disposition de ses membres, une bibliotheque d'environ 
2000 volumes. 



LIEGE 

Societe Geologique de Belgique 

Nous avons acheve la publication des tomes XXII et 
XXIII de nos Annates et fait paraitre le premier fascicule 
du tome XXIV. Les retards proviennent des planches. 

La session extraordinaire de cette annee s'est tenue 
aux environs de Huy, sous la direction de MM. H. Forir 
et Lohest. 

Nos seances se sont tenues regulierement. Voici le 
releve des communications qui y ont ete faites. 

Pour la mineralogie, M. Buttgenbach nous a fait diffe- 
rentes communications sur VOrientation des cristanx d'an- 
glesite de quelques localites, les Cristanx de ceruse de Mores- 
net, une Forme nouvelle de la calcite, les Cristanx de pyrite 
accompagnant ta Ziinyite, le Gypse dans la Richellite, Une 
forme nouvelle de la calamine et un Nouveau trapezoedre tri- 
gonal du quartz de Nil-St-Vinccj^t. M. G. Cesaro nous a 
fait connaitre le Trapezoedre a \ dans la galene, la Py. 
Muso (Nouvelle-Grenadc) et la Pyrite du Bois des £.,.. 
pres de Maisieres, dans la craie grise; avec son dis^i 
M. Buttgenbach, il nous a aussi donne une- note , 
minaire Sur un sulfate basiqtie de cuivre qui semble con'' 



V~l 



\ 



— 547 — 

unc nouvelle espece mimrale; avec M. P. Destincz, il nous 
a tait connaitre du Gre^iat en roche a Sahn-Chdican. M. H. 
Forir nous a renseigne un gisement de Chalcopyrilc, azu- 
rite et malachite a Chanly, et dom G. Fournier, le Quartz 
violet de Mare'dsotis ^et'la. Decoiivertc de wavellite it Bionh. 
M. L. De Koninck nous a fait une communication Snr 
le chlorure de sodium du terrain hotdller ; MM. Lohest nous 
a presente du phyllade salmien renfermant des nodules 
de siderite qui font penser a des fossiles; M. E. Nihoui 
nous a donne une note bibliographique sur un travail de 
M. Schloesing, fils^ Efude sur la cdmposition du grisou; 
enfin, j'ai presente une limonite de Bovigny et des arbori- 
sations de pyrite, simulant des feuilles de fougeres, sur 
du schiste houiller de nos environs. 

Pour la geologic, nous devons a M. C. Malaise une 
liste d'Especes nouvcllcs du Caradoc en Belgique, une autre 
d'Esphes nouvcllcs de la bande siluricnne de Sambre-et-Meuse, 
la Decouvtrte de Monograptus voiiierinus et de Retiolites 
Geinitzianus dans le massif silurien du Brabant, et enfin la 
Decouverte de graptolitcs a Almaden, province de Ciudad-Real, 
Espagne. II nous a annonce aussi qu'il rapporte a Lingu- 
locaris lingulcccomes des traces de fossiles qu41 considera 
jadis com me Lingu la. 

Pour le systeme devonien, dom G. Fournier nous a 
fait connaitre Unnouveau fossile de I'etage couvinien, Harpes 
macrocephalus, dont M. C. Malaise a indique une autre 
localite. J*ai signale un nouveau gite de fossiles givetiens 
dan's Tancien poudingue de Burnot, a Cornessc. Enfin, 
M. J. Gosselet nous a envoye une Reponse a la note de 
M, Forir sur la serie rhcnane des planchettes de Felenne, de 
Vcncimont et de Pondrome, laquelle a donne lieu a une 
Reponse de M. H. Forir. 

Pour le carbonifere, nous avons a enregistrer un 

fi6motre de M. A. Briart, Lcs couches du Placard (Marie- 

.AontL suite de ses etudes sur la structure du bassin 

houiller du Hainaut dans le massif du Centre; deux 



— 548 — 

notices de M. P. Destincz, Tunc sur Qnclqites fossilcs dc 
Pair (Claviel),_ Tautre Sur deux Diplodus d un Chomato- 
dus dc Vampelitc alimifere de Chokie et sur deux Cladodus 
de Vise. M. M. Lohest nous a aiinonce la presence de 
fossilesmarins, Produdus et Spirifer, dans le schiste du 
toit, d'une couche de houille au charbonnage d'Ouspensk 
(Donetz). 

Cest ici le lieu de mentionner le grand travail de 
M.J. Cornet, Observations sur les terrains a7iciens du Katan- 
ga, faites au cours de r expedition Bia-Franqui (i8gi-i8g3). 

Pour le groupe tertiaire, j'ai donne une notice Sur le 
forage de Wyneghem et presente Cardita pldnicosta, trouve 
dans les sables scaldisiens d'Anvers, par M. Rollier, ce 
qui nous a valu un article de M. Raeymackers, A propos 
de Cardita planicosta des couches d'Anvers, et un autre du 
meme confrere, Siir la presence d'un corps gazeux fetide dans 
les sables et les ossements des couches tertiaircs d'Anvcrs. Nous 
devons a M. G. Velge, un memoire Sur I'dge des sables 
boldericns et un autre sur La carte geologique de la Campifie 
et les grands sondagcs d' exploration. MM. le baron^ O. van- 
Ertborn et G. Velge nous ont donne un autre memoire 
sur Lr puits artesien de Wester loo; observations nouvcllessur 
les etagcs led i en et lackenie^i, 

Enfin, M. M. De Puydt nous a adresse une lettrc sur 
les Silex de Fouron-le-Comte, qui ne sont point tailles. 
Nous avons rapporte la Declinaison viagnetique a Paris, au 
i'' Janvier iSgj, et donne une notice sur U exploit at ioji dc 
ror en Ardenne, une note sur La diabase du Pouhon des 
Ciives, a Malmedy (Prusse) et une communication preli- 
minaire sur Le granit de la Helle, a la frontiere prus- 
sienne, dans THertogenwald. M. Halleux nous a fait une 
communication sur I' Amelioration de la ^istribut^ 
a Spa, laquelle a amene des Observations de r 
observations qui ont amene M. Forir et Tauteu" 
rer qu'ils ne croyaient pas opportun de repond'" 
nant, mais qu^ls maintenaient tout leur article 



ir\.fi 



— 55o — 

vies : nos confreres ont Toccasion de s'y initier a des 
etudes qui ne sont pas sans importance et embrassent les 
niultiples subdivisions du vaste domaine qui comprend 
les beaux-arts, Tarcheologie, Thistoire, le folklore, etc. 
La breve nomenclature des communications faites dans 
le courant de Tann^e, en temoigne : 

M. CoNiNCKx. Notes sitr les fondairs d'artillcric malinois; 
Qiielqucs signatures dc notaires nialinois des XIV', XV' et 

XVPsiecles; 
Een woord over het graf der Berthouders in Sint Rombouts- 

kerk; * 

C hoses d'antanf 
Une chasuble brodee du XV' siecle, a Veglise SS. Pierre ei 

Paul, a M alines; 
Les sculptures des poutres de la salle du rez-de-chaussee de 

I'anciennc maiso7t khevinale a Malifws; 
Les lais d'Aristote, d'Hippocrate et de Virgile, leur ori- 

ginCf leur reproduction plastique au moycn age (a propos 

des sculptures ci-dessus); 
Fay d' her be et les religieux d* H answyck pendant la cojistruc- 

tion de leur eglise; 
Etude sur la stabilite de la rotonde d'Hansivyck; 
La Saint-Nicolas (Etude de traditionnisvie compare), 

M. DE Marneffe. Originc der. maisons de Berthout et de 

Grimbergcn; 
La vie au temps de la feodalite ; 
Extrait d*une lettre de Marie de Hongrie it Charles-Quint, 

au sujet de I'explosion de la Sant-Poort. 

M. DE WouTERS. La decoration polychrome de I* eglise No- 
tre-Dame au-dela de la Dyle (ii prropos dc decouvertcs 
recent es de pcintures 7nurales). 

Keydams. Acquisition d^un ecus svigneurial cji Campi) 
L,-J. Mazarini, due de Nivernais; 
Une descendaiice au XIX' siecle, de Gerard de M^ 
Marie Est or. 



— 55i — 

Louis Stroobant. Notes sitr les ancienncs prisons dc M alines; 
Genealogie des Kerremans de M alines ; 
Notes sur des artistes malinois ; 
Notes sur lesfondeurs malinois. 

VAN Caster. La chaussiire aux siecles passes. 

Fr. Van den Bergh. Herinneringen aan de slachtoffers van 

Van Doorslaer. Mdlanges d'art et d'histoire; . 
Notes sur desfondeurs de cloches malinois, 

Paul Andr:6. U indifference et l' injustice beiges en matiere 
littiraire (conference publique 4 Thotel de ville). 

Nous avons organise des excursions; notamment au 
chateau de Gaesbeek, visite les collections de M. Som- 
zee etle Palais du Roi, i Bruxelles, et ce, independam- 
ment des promenades archeologiques faites a Malines 
meme. Ceux de nos confreres que Tobjet dc leurs prefe- 
rences archeologiques designaient tout specialement pour 
nous servir de cicerone, se sont acquittes de leur mission 
avec la plus- parfaite bonne grace. lis ont vivement 
eveille Tattention de leurs camarades, par des commen- 
taires et des renseignements des plus utiles. 

Nous nous sommes surtout interesses a la conservation 
ou a la restauration des monuments du passe, encore 
nombreux a Malines. Toutes les fois qu*il nous a etc 
possible d'exercer une action favorable dans ce sens, 
nous n'avons pas failli a notre mission. 

Cest ainsi qu'un tableau en faience de Delft, d'environ 

six metres carres de superficie, et d'une conservation 

admirable, sera transports au Musee. Jusqu'a ce jour il 

etait encastre dans un mur. d'une ecole de la ville, expose 

par consequent a subir des degradations de la part des 

leves (en general peu conservateurs). Nous avons signale 

it etat de choses a Tadministration communale, qui 

est emprcssee de faire droit a notre demande. 

Nous avons ete moins heureux dans nos demarches 



— 552 — 

pour eviter la construction de batisses sur Tancienne 
place St-Pierre, qui fait face i la fafade lat6rale de notre 
magnifique palais de justice. 

La desaffectation de la place en question est desor- 
mais un fait accompli. Les nouveaux proprietaires n'ont 
rien eu de plus presse que d'utiliser le terrain qu'ils 
venaient d'acqudiir, et ce coin pittoresque de Malines 
vient de perdre definitivement son caract^re archaiqxie, 
de banales maisons modernes cachant Tartistique fafade 
de Tancien palais de Marguerite d'Autriche. 

Le Secrclain, 
H. CONINCKX. 



MONS 



Societe des Sciences, des Arts et des Lettres 

du Hainaut 

La situation de la Societe est prosp^re. Les concours 
triennaux portant sur les sciences historiqucs, les sciences 
physiques, chimiques ct mathe'mathiqiws, la philologie, la liite- 
ratiire franqaisc, les sciences philosophiques, le droits les 
sciences natnrelles et medicates, les beaux-arts, les sciences 
sociales, donncnt des resultats tres satisfaisants. 

L'impression des Memoires et Publications se poursuit 
regulierement; le tome IX (5™' serie) sera prochainement 
distribue; il comprend notamment un savant travail de 
M. le docteur Nuyens, d^Anvers, sur Valimentation des 
enfants nouveaux-nes, et unc tres interessante etude de M. 
Jules Decleve sur les Complaintes celebres. 

Les conferences organisees par la Societe, avc^ 
cours de savants beiges et .etrangers, obtiennen^ "" 
grand succes. 

Le Secret.. 

Emile Htt^ 



553 



MONS 

■ 

Cercle Archeologique de Mons 

Le Cercle archeologique a public, en 1897, les tomes 
XXVI et XXVII de ses Annates. Le tome XXVI conlient 
les Annates de Pabbayede St-Ghislain, par Baudry et Du- 
rot, avec introduction et notes par le P. Albert Poncelet, 
Bollandiste. Les memoires et notices que comprend le 
tome XXVII sont : Excursion archiologiqtie A Wiers; Hugues 
Capet et ses en/ants Hainuycrs et Brabango7is ; La ligendc du 
scribe de Pabbaye de Liessies; Jean CrignoH, facteur d'orgues 
A Mons; Les oetivres de Jean le Maire; Ellezelles. Lieux dits 
anciens et modernes; Observations sur quelques camps romains 
de la Belgique et du nord de la France; La ferine de I' abb aye 
d'Alne a la Lotwiere; La litterature du sacrilege de Cambron; 
Monographies des villages de Noir chain et de Vir cites; Le 
tilegraphe en Belgique; Les silex de Spienncs; Ellezelles. 
Industrie et commerce; La procession de Mons; Exorcismes 
A Attre et a Chievres, en i6yS; Concours de tir it I' arc ct 
Neufville, en iSSi ; Decouvcrte d'antiquites belgo-romaines a 
Maffies; Rapport sur la fouille de Montignies-lez-Lens ; Pri- 
vileges de Veglise de Saint e-Wandru, a Mons; La chart e de 
Vergfte; Une illustration Montoise; Varietes, 

Le premier fascicule des Bulletins des seances du 
Cercle a paru (1895-1897). 

Plusieurs objets ont ete offerts ou achetes pour les 
collections, notamment un denier d'argent frapp6 t 

ons, des chefs-d'oeuvre de la corporation des serruriers 
cette ville, des medailles, etc. 

Pour le Secriiaire, Le President, 

Ch, Hodevaere. Leop. Devillers. 



534 



Soci^te des Bibliophiles beiges, s^ant k Mons 

Primitivement composee de vingt-cinq fauteuils, elle 
avait, le 12 novembre 1893, decide de doubler le nombre 
de ses associes et d'y comprendre les Compagnies sa- 
vantes du pays et de Tetranger, lesquelles auraient la 
faculte de se faire representer par un delegue aux assem- 
Mees generates. Les exemplaires destines au commerce 
furent en meme temps supprimes et les publications sur 
papier de choix, sont depuis reservees aux seuls mem- 
bres, sauf au bureau a decider un plus grand tirage. 

I. — Cette annee, le nombre de cinquante a ete atteint 
parmi lequel la Societe a Thonneur de compter, outre 
un grand nombre de savants nationaux : le british mu- 
seum de Londres; les Bollandistes de Bruxelles; les 
Bibliotheques de Berlin, de Strasbourg, de Saint-Peters- 
bourg et de la Cour Imperiale et Royale de Vienne. 

1° La publication actuellement sous presse, est le 
tournoi de Chauvency, narration prdcieuse revue avec le 
plus grand soin sur le manuscrit unique qui repose a la 
bibliolheque publique de notre ville. Ce poeme de 4499 
vers, oeuvre anonyme de Jacques BRETEX oq BRE- 
TIANS, d*une ecriture de la fin du xiii™*' au commen- 
cement du xiv""*" siecle, fut public en i835, par Henri 
Delmotte, d^apres la copie de Philibert Delmotte, son 
pere. Mais par suite des decouvertcs recentes de Tarcheo- 
logie et de la philologie, une nouvelle edition s'impo- 
sait. M. le capitaine Gaetan Hecq s'est charge de cette 
lourde tache et il s'en est acquitte avec honneur. L'^rt 
de la guerre, les usages somptuaires, I'histoire d" ' 
tume et des instruments de musique de cette e^^, 
eloignee sont cxpliqucs dans un glossaire archeology'' 
marque au coin de la science actuelle la plus certi 
Un lesumc fait d'abord connaitre ce curieux poerr 



ville, elle a reconnu une serie de has fourneaux a fer 
remontant a I'epoque romaine. Elle fit fouiller a Emp- 
tiniies, Vodecee et Franchimont, des tombcs belgo-ro- 
maines, franques et gauloises. 

Ses travaux dans la forteresse antique de jemelle furent 
repris en juillet. jusqu'i ce jour, n'avaient et6 mis a de- 
couvert, que la premiere muraille exterieure et les tours 
avec la poite d'entree. Ces defenses avaient ete recon- 
nues comme appartenant a une epoque de decadence et 
datant de la fin de I'empire remain. Les fouilles dc 1897 
sont venues confirmer cette piemiere supposition. 

Dans un cimetifere mSrovingien, a Bouvigncs, fut re- 
Cueiilie une grande boucle en bronze, sur laquelle est 
gravee I'imagc de Daniel dans la fosse aux lions : sujet 
que les premiers Chretiens aimaient i reproduire sur 
leurs monuments. Quelques menus objets ont encore 



— 556 — 

ete recueillis dans un petit cimetiere franc situe a 
Dinant. 

Dans le courant de Tannee 1897, ^^i Societc a public 
la suite de Thistoire des Seigneuries et terres feodales 
du Comte de Namur, ainsi qu'une autre livraisoil de ses 
Annales contenant les etudes suivantes : i^ une notice 
biographique sur la fondatrice des soeurs de la Charite 
k Namur; 2" la relation des^fouilles du riche cimetiere 
franc de Pry, formant un essai historique; 3*^ Thistoire 
de la tannerie a Dinant et des curieux batiments dans 
lesquels cette Industrie se pratiquait; 4^ une notice sur 
la corporation des mafons a Naratir et leur ermitage. 
De nombreuses planches, dont une en couleurs, accom- 
pagnent cette livraison. 

Le President, 

Alph. Bequet. 



SOIGNIES 

Cercle Archeologique du canton de Soignies 

Notre Cercle, fonde en 1893, compte actuellement 
i3o membres effectifs et 20 membres corresppndants, 
-*44 a organise pendant Tannee sociale 1896-1897, quatre 
excursions et donne six conferences. 

Le musee archeologique, ouvert Tannee derniere, est 
accessible au public le premier dimanche de chaque 
mois, de 10 heures du matin a 4 heures de relevde. 

Le Seer eta , 
. F^LIX NOEFN'^ 



- 557 - 



TONGRES 
Soci6t4 scientifique et litteraire du Limbourg 

But de la SocUte, — Elle a ete fondee en d6cembre 
i85i, dans le but de sauver les choses du pass6 de la des- 
truction et de Toubli. Ce but, des le principe, n'a jamais 
ete perdu de vue, et la Compagnie pers6v6re avec cou- 
rage dans la voie oil elle s'est librement engagee. 

Nombrc de membres. — Elle compte des membres 
effectifs, des membres honoraires et des membres cor- 
respondants. Les membres effectifs, actuellement au 
nombre de 5o, choisissent dans leur sein un Comite 
ex6cutif dcr 9 membres. 

Publications. - — Elle a, depuis sa fondation, publie 
XVI tomes in-8^ de ses divers tijivaux, avec plans, gra- 
vures, reproductions et fac-simile. Le fascicule du tome 
XVII, n° I, a paru; les fascicules 2 et 3 du meme tome 
sont a rimpression. 

Collections. — Si les collections de la Compagnie 
laissent i desirer sous le rapport de la quantite et de 
Teclat, elles se recommandent cependant par la qualite ; 
car, nonobstant les moyens restreints dont la Compa- 
gnie dispose, ses collections renferment quelques objets 
aussi rares que precieux. En tous cas, son exemple a 
fructifie, et elle a, de fagon efficace, developpe autour 
d'elle Tesprit collectionneur et conservateur. 

Exposition. — La preuve en est dans la remarquable 
Exposition d*Art ancien qu'elle a su organiser aux mois 
d'aout et de septembre derniers. De tous cotes, des ama- 
teurs distingu6s sont venus nous confier leurs tresors, 
parfois inestimables, et la grande salle de I'hotel de ville 
de Tongres, a, pendant ces jours trop tot ecoules, pre- 
ente une accumulation vraiment saisissante d'objets 

37 



— 558 — 

anciens, trouves la plupart dans et sur notre vieux sol 
gallo- remain. Monnaies, m6dailles, vases antiques, 
bronzes, dinanderies, tombes, plans, manuscrits, livres^ 
tableaux, gravures, etc, ont 6veill6 Tattention du public 
et revele Timportance de notre domaine arch^ologique. 
Aussi, plus de 1200 personnes ont visite notre Exposition 
et les gens des Flandres, d'Anvers, du Brabant, du pays 
de Li6ge, meme de Tetranger, nous ont honore de leurs 
presence. 

Des departs obliges, des maladies, des d6ces, etc., ont, 
pendant quelque temps, apporte un arr^t sensible dans 
Tactivite de la Compagnie; mais elle a repris vigueur, 
et nous osons croire qu'elle continuera vaillamment son 
ceuvre si utile et si eminemment nationale. 

Le Secretaire, Le President, 

Bertrand. Comte de Grunne. 



TOURNAI 
Soci^t6 historique et litt^raire de Toumai 

Communications faites dans les seances mensuelles : 

Un chiriirgien toiirnaisien du xviij"*' Steele, note bibliogra- 
phique. 

Un ehirographe de 1340, deux notes relatives a des tour- 
naisiens. 

Un manuscrit des qffiees de Ciceron, execute k Tourn^i- 

Note sur le tornbeau de ChiUUric, par M. le coro^f* 
Marsy. 

Le seing nianuel de Jacques d'Ableiges, une lettre de 
Bonteiller, par M. A. Allord. 

Un carreau en terre cuite du xviii""" siecle. Substn 



— 5^9 — 

tions de Tancienne halte des Consaux, par M. R. Des- 
cl6e. 

Note sur la domination frangaise en Belgique, deM.de 
Laborie, par M. Maurice Houtart. 

Lettres de remission pour Jacqmart Bouteiller et 
Guillaume de Moriaumez. Notices n6crologiques sur 
Emile Desmaziferes, le chanoine Huguet, Justin Bruy- 
enne. Notes de voyage en Bretagne. Une bague en or 
de Tepoque Merovingienne, par M, E. Soil. 

Recherches sur la maison de Condet dite de Bailleul 
et de Moriamez. Note sur Pierre d'Oudegherst. Un jeton 
de la ville d'Amiens, par le comte P. 'du Chastel. 

La troisieme enceinte de Tournai et le Pont des Trous, par 
M. A. de la Grange. 

Un plan-relief de Tournai en ijoi, cofiservi a F hotel des 
Invalides it Paris, par MM. R. Desclee et E. Soil. 

La soci6t6 a apporte quelques modifications k son 
rfeglement; elle a modifi6 son titre de societe historique 
et litt6raire, en celui de sociiti historique et afcheologique ; 
elle a commence la publication d'une nouvelle serie de 
ses travaux qui portera le nom dHAnnales. Le premier 
volume de cette nouvelle serie, paru au mois de d6cembre 
1896, renferme les proc6s-verbaux des seances du 12 
avril 1894 au 9 juillet 1896, et les travaux qui ont 6te 
communiques a ces stances. 

Le Secretaire, 

E.-J. Soil. 



56o 



Etranger 



ABBEVILLE 
Society d'Emulation d' Abbeville 

Fondee le 4 octobre 1797, d'apres les recherches les 
plus recentes, elle a celebie son centenaire avec un cer- 
tain eclat en juillet dernier, au moyen d'une exposition 
d'oeuvres d'art et de curiosites qui a ete remarqude; c^etait 
la premiere en ce genre a Abbeville. 

La societe d'Emulation d'Abbeville, reconnue d'utilite 
publique, compte 25 membres titulaires residants et un 
nombre illimite de membres correspondants ; ce nombre, 
qui ne cesse de s'accroitre ct qui s'eleve aujourd'hui a 
145, indique as^ez que cette societe qui a son siege dans 
un chef-lieu d'arrondissement, est en pleine voie de pros- 
perite, correspond avec i35 societes tant de la France 
que de Tetranger, par I'echange des publications. 

Les travaux sont publics sous trois formes differentes 
et comprennent : i« des bulletins se composant des 
ext raits des proces-verbaux dresses a chacune des seances 
qui ont lieu une fois par mois, et des travaux courants; 
2° des volumes des memoires dans le format in- 8^ et 
paraissant regulierement chaque annee; 3<^-des fascicules 
sous le format in-4^, renfermant des travaux particuliers; 
ce dernier mode de publication, inaugure il y a quelques 
annees, comprend a ce jour une importante etu. 
M. Alcius Lhdieu, sur les niiurcs arfistiques et ar?) 
de la Bibliotheqiic Commitnale d'Abbeinlle, avec planch 
catalogue raisonne de M. Emile DELioNifeRES, de I 
grave de Jacques Aliamct, graveur Abbanllois, rel" 



r 



— 56i — 

egalement de planches, le Cartulaire du Ponlhieu, releve 
avec autant de soin que de methode par M. Ernest 
Fraroud, qui va faire paraitre dans le meme format la 
traduction par le Marquis le Ver, de la Chroniquc de 
Saint Riquier du moine Hariulfe, augmentee de tables et 
des notes par Tauteur de la publication, 

Lfes autres travaux de la Society d'Emulation d'Abbe- 
ville ont 6te releves dans le rapport adresse en 1897, ^ la 
suite du Congres de Gaud de i8g6, et qui a paru dans les 
Annates de la Federation archiologiqtie et htstorique de Bel- 
giqtie, tome XI, seconde partie. 

Le volume des memoires, format in-octavo, et qui a 
paru r6cemment, contient : Notice historiqite sur les trots 
villages de Marquivellers, Griselleurs et Armancourt, par M. 
Tabbe J. Gosselin, Brodoux, graveiir d' Abbeville, biographie 
et etude de son ceuvre, par M. Em. DELiGNifeuEs; Bray-lez- 
Marcuve, par M. F. Mallet; Creation du franc marche 
d' Abbeville, iSod'-iSig, par M. Alcius Ledie:u. 

Et dans les derniers bulletins, de nombreuses commu- 
nications par MM. Tabbe Danicouit, Alcius Ledieu, 
Henri Macqueron, comte de Brandt de Galametz, F. 
Mallet, comte de Marsy, correspondant, et Emile Deli- 
gnieres. Le releve detaille nous entrainerait trop loin. 

Em. Delignieres. 



BEAUVAIS (Oise) 

Societe academique d'arch^ologie, sciences et arts 

II resulte du compte rendu des seances de Tannee 
1897, comprenant 63 pages, que M. le chanoine Marsaux 
a bien voulu communiquer au secretariat general, que 
la Societe academique de Beauvais a tenu reguii^rement 



— 562 — 

ses reunions. De nombreux et interessants travaux y ont 
ete lus, notamment par MM.Wuilhorgne, sur Gui Patin; 
Bellon, sur le conventionnel Franca^el; Gouyer, sur des 
enlumineurs du moyen age; de Carrere^ sur la decouverte 
d'une tombe gallo-romaine ; le chanoine Marsaux, sur 
Texcursion dans la vallee de TAunette; le chanoine 
Muller, sur Tornementation des eglises; Thorel-Perrin, 
sur des documents de Tepoque revolutionnaire ; Vignon, 
sur des poteries gallo-romaines, etc., ete. 



DUNKERQUE (Nord) 

Comity flamand de France 

Lc comile flamand de Frame compte - actuellement 22 
membres d'honneur, 253 membres titulaires et 20 
membres correspondants. II se reunit trimestriellement 
et a tour de role, dans chacune des villes de I'ancienne 
Flandre maritime. II se fait representer a chaque session 
des congres de la Federation archeologique et historique 
de Belgique. 

II a publie, en 1897, le tome XXII I™^ de ses Annales. 

Ce volume contient les memoires suivants : 

La keure d'llazebrouck de i336, traduite et commentee 
par MM. Edw. Gaillard et A. Vermast. 

Notice genealogique sur la maison d'Hondschoote, par 
MM. Bonvarlet et Bouly de Lesdain. 

Le culte de Saint Thomas de Cantorbery a la Motte-au-Bois, 
par M. Tabbe R. Flahault. 

Poperinghe et ses seigneurs, par M. Tabb^ J. Opdedrinck. 

M . de Calonne, candidal aux Etats-ghidraux it BailU 
L'assemblee de la noblesse de la Flandre maritime, de " 
par M. E. Cortyl. 

Deux chdtelains de Bourbourg, du XI T" siecle. Themaru 
Martyr et Henri-le-Glorieux, par M. Tabbd G. Monte"^^ 



— ^64 — 

savantes communications de notre collegue M. Tilmant, 
par exemple, celles relatives a la division decimale de 
I'heure, touchent i la mathematique. Les questions de 
statistique deviennent attrayantes quand elles sont pre- 
sentees par M. Turquan, sous la forme d'un voyage en 
Tunisie et en Algerie, ou bien quand elles s'appellent 
recensement en Russie, avec M. Haumant. Le brillant 
professeur a TUniversite de Lille avait d6ja montre 
toute sa competence en matiere d'ethnographie, dans sa 
conference sur la Bulgarie et les Bulgares. On peut dire 
que M. de Lanessan nous a fait un veritable cours de 
philosophic, quand il nous a parle des puissances euro- 
peennes en Extreme-Orient. Nous avons fait de Thar- 
cheologie avec M. Vieuille, et son etude sur les armeg 
des peuples anciens. 

Nous avons meme fait de la geQgraphie ! M. Guillot, 
notre ami de la premiere heure, nous a resume dans une 
magistrale conference, Thistoire deTexplorationafricaine; 
c'etait nous preparer a mieux entendre les explorateurs 
eux-memes, le commandant Toutee venant nous raconter 
son voyage du Dahomey au Sahara par le Niger; le lieu- 
tenant de vaisseau Hourst, exposant devantnous, avec 
quelle chaleur et quelle conviction, vous vous en souve- 
nez tous, cette belle traversee du Niger, accomplie pour 
la premiere fois par un Europeen et sous pavilion fran- 
fais! Enfin le capitaine Voulet et le lieutenant Chanoine, 
que nous avons ecoutes avec une emotion extraordinaire, 
parce qu'il est bon, il est reconfortant de voir ainsi des 
jeunes gens, avec des moyens si modestes, accomplir 
simplement et sans pose des choses aussi considerables 
que leurs exploits au Mossi et au Gourounsi. Vous — '™ 
comment tous les explorateurs nous ont honores (^^ 
presence. Faut-il vous rappeler que nous n'avonSj^.* 
eu un moment d^inquictude sur le sort de la misr 
Marchand; comment, le premier en France, M. Ci\ 
s'est trouve en mesure de dementir les nouvelles '"' 



— 565 — 

mistes; et cela, gr^ce k un Lillois, membre de I'expedi- 
tion, qui confond lil-bas dans un meme sentiment d'affec- 
tion.... laissez-moi dire filiale, notre Soci6te de Geo- 
graphic etsonsidigne President. 



NANCY 



Soci^te d'Archeologie Lorraine et du Musee 
Historique Lorrain 

Notre Societ6 qui, elle aussi est ^ la fin arch^ologique 
et historique, maniieste son activity de deux manifires : 
d'une part pour I'entretien et I'accroissement de son 
Mus^e, et d'autre part pour ses publications. 

Du Mus6e historique lorrain, je puis dire seulement 
que de nombreux dons et acquisitions sont venus, 
comme tous les ans, grossir ses collections, et que 
notamment la Society a execute ou subventionne plu- 
sieurs fouilles qui ont produit d'heureux r^sultats. 

Quant aux publications, nous avons 6dite, suivant 
notre coutume, deux volumes : I'un de Mimoires, I'autre 
forme par la reunion des fascicules de notre Journal 
mensuel. 

Le tome 47° de nos M6moires est un in-octavo de 
520- XXII I pages, avec onze planches ou figures. Les 
travaux qui le composent sont les suivants : 

Histoire de I'abbayc de St-Sativeur et de Domivre, i " par- 
tie, par M. I'abbe Chatton. 

Note siir le pritcndii lombcau dc Henri V, sire du Blamont, 
par M. le commandant Larguillon. 

Note iconograpkiqiie siir le tombean d'lin cotnle de Solm, 
par M. L. Germain. 



— 566 — 

Etudes sur Ics voies romaines dam la region de Metz, par 
M. le colonel Gentil. ^ 

Le chapelet, embleme dii roi Keni, par M. L. Germain. 

L'abbaye de Kcmrimont, par M. Tabbe Didier-Laurent. 

Etablissenient dii Seminaire de Totil, par M, Tabbe E. 
Martin. 

Le Journal, volume in-8^ de 288 pages, avec g 
planches ou figures, comprend outre les proces-verbaux 
des seances et les rapports divers lus a la Societe, un tres 
grand nombre de travaux sur des sujets forts varies, qui 
temoignent du zele et. de la competence de nos colla- 
borateurs. 

J'ajouterai enfin que la Societe compte plus de 5oo 
membres, non seulement en Lorraine, mais dans toute 
la France et a TEtranger, et qu'elle se propose de cele- 
brer en 1898, le cinquantenaire de sa fondation. 

Le President de la Societe d*A rcheologii lor rained 

Ch. Guyot. 



ST-OMER (Pas de Calais) 

Societe des Antiquaires de la Morinie 

La Societe des Antiquaires de la Morinie, dans le 
courant de Tannee 1897, a fait paraitre le tome XXIV de 
scs Memoires, consacrc a la premiere partie de VHistoire 
du Baillage de St-Omcr, de M. Pagart d*Hermansart. La 
competence de Tauteur en ce qui concerne Tetude do*? 
aulres villes de la region, ou les representants du p 
voir central avaient, a cote des libertes communales 
attributions analogues dont Tetude se rattache a t' 
les branches de Thistoire administrative. 

La Societe a entrepris egalement la publicat'^Ti 



notices et monographies 5p6ciales et a donne place i de 
nombreuses communications arch6ologiques numisma- 
tiques, 6pigraphiques, etc. 

Outre ces travaux ordinaires, la Socifete a continue 
r^dition dfes chartes de St-Bertin. Get important travail, 
continue sans interruption, malgre les difficultfes de tout 
ordre qui se sont rencontrees, s'est toujours maintenu a 
la hauteur de I'int^r^t exceptionnel qu'il apportait d6s le 
debut 4 I'histoire du Nord de la France et des provinces 
occidentales de la Belgique. Le dernier volume a ete 
commence par la publication, en 1897, d'un premier fasci- 
cule, le second est actueliement en cours d'impression et 
paraitra en i8cj8.- 




!lti8te bes flDembres bu Congrcs 

(addenda et errata) 



Bruylant, Jacques, ^tud'aot, rue des Vaclies, 95, Maline!>. 

Crels, G. rue des L^rreux, 14, Malines. 

Coolen. avocal, rue de I'Empcreur, Malines. 

De Cocq, Ed., avoca', rue du Bruel, 71, Malines. 

Guertin (M""), rue Lemercier, z3, Amiens. 

Helsen, L., cur^-doyen de Motre-D. me. Anvers. 

Henemans, Directeur de I'Ecole Moyenne, rue du Bfuel, 117, Malines. 

Honhon. L., Prieur des chaitoines Croisiets, Diest. 

Jamart, Ed., cur^ a Bauleis. 

Leyten, Fr., curt-doyen a. Assche. 

Morlier, Et., architecle, quai des AuRuslins, Gand. 

Noel, L. (abb^), rue Conscience, So, Malines. 

Peelers, J., chanoine, 6conome du Petit Siminatro, Malines. 

Romniel, chanoine, inspecteur de I'easeiHaement moyen, BruKCS, 

Rosier, J., directeur de I'Acad^mie des Beaux-Arts, rue Ltopold, Malines, 

membre honoraire. 
Somers, brasseur, rue des Tanneurs, Malines, 



— 570 — 

Steinmetz, ing^nieur, quai de la M^Iane, Malines. 

Stroobant, Eu;^., cur^ a Hulshout. ' 

Suelens. J:, Bailies de fer, Mallnes. 

Van Ballaer, J,, curt de N.-D. du Sablon, nie de Ruysbroeck, 6, Bruxelles. 

Van den Branden de Reelh, archev^que de Tyr,' rue du Bruel, 61, Malines, 

membre honoralre. 
Van den Brande, F., Boulevard dcs Capucins, Malincs. 
van Hoobroeck de Ten-Hulle, Gentbrugge. 

Van Reusel, Ch., Professeur k I'EcoIe Moyenne, rue du Bruel, 43, Malines. 
Van Roey. J. (abb6), directeur de I'lnsHtul St-Josse, rue de Spa, Bnucellea. 
Verhaegen, A., jng^nieur-architecte, Quai au bois, 3i, Gand. 
"743. Verhavert, Ed., cur* & Cobbef^hem.